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Inventaires > Dictionnaire des Idées et Méthodes

C

C. - La lettre C sert en logique classique √† deux usages, selon qu'elle est plac√©e au commencement ou dans le corps des mots. Au commencement des mots, elle sert d'abord d'initiale au mode Celarent de la premi√®re figure et on la donne ensuite pour initiale aux noms des modes des autres figures qui doivent se modeler sur le mode Celarent, quand on veut les ramener √† la premi√®re figure. 

Dans le corps des mots, la lettre C indique que la proposition désignée par la voyelle précédente doit être convertie par contraposition, quand on veut ramener le mode désigné à la première figure. (G. P.).

En math√©matiques, d√©signe l'ensemble des nombres complexes (voir plus bas). (,+,*) a une structure de corps commutatif.

Calcul (mathématiques). - Expression générale qui désigne ordinairement l'ensemble des opérations qui ont pour but d'obtenir soit un résultat numérique, soit une expression littérale répondant à. une question déterminée (opérations arithmétiques, calcul algébrique, résolution des équations, etc.). Plusieurs parties spéciales de l'analyse mathématique portent le nom de calcul suivi d'une épithète qui particularise la branche de mathématiques dont il s'agit.

Calcul différentiel. - C'est un type de calcul qui a pour but de calculer les différentielles, et de les appliquer à diverses questions d'analyse et de géométrie.

Calcul int√©gral. - C'est l'inverse du calcul diff√©rentiel : il consiste √† remonter d'une d√©riv√©e ou d'une diff√©rentielle donn√©e √† la fonction d'o√Ļ elle a pu √™tre d√©duite. Soit une fonction f de la variable x, on note f(x).dx sa diff√©rentielle; et f(x).dx son int√©grale.

Calendrier. - Système de division du temps en années, mois, semaines et jours.

Calorimétrie. - Branche de la physique consacrée à l'étude des quantités de chaleur et plus largement à l'étude des échanges thermiques.

Camestres : mode de la deuxième figure du syllogisme.

Cambridge (√©coles de). - On conna√ģt sous ce nom : a) l'√©cole platonicienne de Cambridge, au XVIIe si√®cle (J. Smith, Ralph Cudworth, Henry More, Shaftesbury, Samuel Clarke).  - b) l'√©cole analytique de Cambridge, qui correspond  √† un ensemble de logiciens du XXe si√®cle, qui partagent moins une doctrine qu'une m√©thode, et chez qui on discerne l'influence des travaux de G. E. Moore : Alfred J. Ayer, R. B. Braithwaite, K. Britton, A. E. Duncan-Jones, Margaret MacDonald, C. A. Mace, John Wisdom, etc.

Canon (Kan√īn = barre, r√®gle) : a) r√®gles pratiques des m√©thodes inductives; Stuart Mill , en particulier, a donn√© le nom de canons √† ses quatre m√©thodes d'induction : concordance, diff√©rence, r√©sidus, variations concomitantes.; b) Kant appelle ainsi l'ensemble des principes a priori de l'usage l√©gitime de certaines facult√©s de conna√ģtre. La raison sp√©culative n'a pas de canon; car elle est incapable d'arriver seule √† la connaissance de l'objet. Kant se borne donc √† donner le canon de la raison pratique

Canonique : nom donn√© √† la partie logique du syst√®me d'Epicure (Epicurisme), qui, lui-m√™me, en avait √©crit les principes dans un livre intitul√© Canon. La Canonique est le fondement de la Physique d'√Čpicure, laquelle, √† son tour, sert de base √† sa Morale. Destin√©e √† donner aux humains le moyen de discerner le vrai du faux, elle enseigne que toute √©vidence r√©side dans les sensations, comme en physique toute r√©alit√© r√©side dans les corps. C'est des sensations que l'√©vidence se transmet aux anticipations ou prolepses, qui sont la repr√©sentation collective d'un grand nombre de ph√©nom√®nes ant√©rieurement per√ßus, l'empreinte que laisse de soi la sensation plusieurs fois r√©p√©t√©e; ce qui correspondrait aux notions g√©n√©rales form√©es par abstraction, si ces derni√®res ne comportaient une extension illimit√©e qu'on ne trouve pas dans la prolepse d'Epicure. Ainsi, celle-ci ne consistant que dans la sensation r√©it√©r√©e, et n'ayant, √† ce titre, d'autre √©vidence que celle de la sensation, la Canonique est, en somme, une logique toute mat√©rialiste, parfaitement en rapport avec la physique des atomes et la morale du plaisir. (B-E).

Capacité. - On nomme capacité (du latin capere, contenir) l'aptitude de l'esprit à subir des modifications, telles que les sensations, les sentiments, les idées. Ce mot s'oppose à celui de faculté, qui signifie le pouvoir qu'a l'esprit de produire par lui-même des phénomènes, tels que les déterminations volontaires, les opérations intellectuelles, et certains mouvements du corps. Les capacités sont passives, et les facultés actives. On attribue à la sensibilité les sensations, les sentiments, etc.; à l'intelligence, les idées; à l'activité, tous les actes de l'esprit; par conséquent, la sensibilité et l'intelligence sont de vraies capacités, et l'activité seule est une faculté. Mais l'usage prévaut de donner le nom commun de faculté à toutes les puissances de l'esprit. (B.).

Capital (Capitalis, de caput = tête). - Le sens étymologique est capitalis pars debiti, c'est-à-dire la somme due par opposition aux intérêts ; or cette somme constitue le principal. - Définition au sens économique : tout bien économique applicable à la production.

Capitalisme : ce mot signifie tant√īt : a) les abus que les possesseurs du capital peuvent commettre dans leurs rapports avec les travailleurs; b) le r√©gime √©conomique dans lequel les capitaux (au sens d'instruments de production de la richesse) n'appartiennent pas √† ceux qui les rendent productifs par leur travail.

Caract√®re (Charakt√®r = empreinte, signe distinctif, de charass√ī = marquer d'une empreinte) : a) Tout attribut ou qualit√© faisant partie de la compr√©hension d'une notion : d'o√Ļ, par exemple, les caract√®res essentiels, accidentels, propres, communs, dominateurs, subordonn√©s. - b) Mani√®re habituelle de penser, sentir et agir qui distingue un individu d'un autre. 

Caract√©ristique (Charakteristikos  = ce qui sert √† distinguer) : a) les signes caract√©ristiques sont des marques qui, sans avoir la rigueur d'une d√©finition, servent √† distinguer un objet. -b) En math√©matiques on appelle caract√©ristique la partie enti√®re d'un logarithme.

Caract√©ristique universelle : c'est un syst√®me de caract√®res qui seraient combin√©s de fa√ßon √† exprimer toutes les id√©es. Leibniz con√ßut le projet de composer une Caract√©ristique universelle ou Sp√©cieuse (c'est-√†-dire Alg√®bre) g√©n√©rale, qui aurait √©t√© tout ensemble une langue philosophique internationale et une logique algorithmique. D√®s l'√Ęge de dix-neuf ans, ce philosophe avait expos√© quelques-unes de ses vues √† ce sujet et en avait essay√© certaines applications dans une dissertation intitul√©e : de Arte combinatoria (t. II de l'√©dition de Dutens). Son dessein √©tait de fixer un certain nombre de caract√®res "r√©pondant √† l'analyse des pens√©es" (Commercium epistolium, epist. VII ad D. Bourguet), et dont les combinaisons simples et faciles eussent permis d'op√©rer ta composition et la d√©composition de toutes les id√©es, avec l'exactitude des op√©rations alg√©briques. Leibniz ne donna pas suite √† ce projet; mais diff√©rents passages de ses √©crits et son √Čloge par Fontenelle attestent l'importance qu'il n'avait pas cess√© d'y attacher. (B-E).

Cardinal : nombre d'√©l√©ments dans un ensemble fini. 

Carpologie (botanique), de karpos = fruit, et logos = description. - On nomme ainsi l'étude du fruit dans son ensemble.

Carr√©. - En arithm√©tique, c'est la seconde puissance d'un nombre. Le carr√© de x est not√© x¬≤ et vaut x multipli√© par x (ex. : 3¬≤ = 3x3=9); en g√©om√©trie, un carr√© est une figure plane de quatre c√īt√©s √©gaux et quatre angles droits.

Carte*. - En géographie, c'est une représentation plane, à une échelle réduite, d'une portion plus ou moins grande du globe terrestre. - On peut aussi construire sur le même principe des cartes du ciel (cartes célestes) qui sont des représentations du ciel.

Cartel : association économique, fondée entre producteurs de marchandises ou denrées similaires, dans le but de prévenir la surproduction et d'empêcher la baisse des prix.

Cart√©sianisme. - Ce mot designe la philosophie et l'√©cole de Descartes (en latin Cartetesius).  Il d√©signe ainsi d'une mani√®re g√©nerale le le mouvement philosophique qui s'est accompli au XVIIe si√®cle sous l'influence de ce philosophe.

Quand Auguste Comte met les mathématiques à la base des sciences, il se montre pénétré de l'esprit cartésien, dont la tendance générale consiste à tout expliquer mathématiquement et à ramener le problème de l'univers à un problème de mécanique.

Cependant Leibniz a pu dire que ¬ę le cart√©sianisme est l'antichambre de la v√©rit√© ¬Ľ, car il surajoutait son dynamisme au m√©canisme de Descartes. C'est vers le milieu du XVIIIe si√®cle, √†, l'√©poque o√Ļ les doctrines de Locke et un peu plus tard, dans la pr√©face de l'Encyclop√©die, celles de Bacon firent √©chec aux doctrines de Descartes qu'il faut placer la fin de l'√©cole cart√©sienne proprement dite.

Leibniz a dit encore que le spinozisme est un ¬ę-cart√©sianisme immod√©r√© ¬Ľ, et, par Spinoza, Descartes a exerc√© une grande influence sur la philosophie allemande du XIXe si√®cle.

Cart√©siennes (courbes). - On appelle cart√©siennes ou ovales de Descartes les courbes qui ont en coordonn√©es bipolaires des √©quations lin√©aires, on les appelle aussi courbes aplan√©tiques; elles jouissent d'une propri√©t√© optique remarquable : si un rayon lumineux √©man√© d'un p√īle se r√©fracte sur la courbe, il vient apr√®s r√©fraction passer par l'autre p√īle, pourvu que l'indice de r√©fraction bien entendu ait une valeur qui d√©pend des constantes qui entrent dans l'√©quation de la courbe.

Les Cartésiennes sont des anallagmatiques et peuvent se définir des courbes du 4e degré ayant les ombilics du plan pour points de rebroussement. L'équation d'une cartésienne peut se ramener à la forme :

(x² + y² +px + k²)2 + c (x² + y²) = 0,

p, k, c désignant des constantes. (H. Laurent.)

Cartographie. - Partie de la science géographique qui s'occupe de la confection des cartes

Cette science a √©t√© tr√®s imparfaitement connue des Anciens, et les a jet√©s. souvent dans des erreurs consid√©rables. Elle servit n√©anmoins aux Modernes; mais elle para√ģt, s'√™tre perdue √† partir du Ve si√®cle de notre √®re. On la voit repara√ģtre au XVe s  o√Ļ elle a produit d'importants et nombreux travaux; mais ce n'est que dans la seconde moiti√© du XVIe si√®cle que la cartographie rena√ģt v√©ritablement. Elle a acquis plus de perfection aux XVIIe et XVIIIe si√®cles, et de nos jours, notamment gr√Ęce √† l'informatique, qui est est √† la base des SIG (syst√®mes d'information g√©ographique).
Casualisme (de casus, hasard) : doctrine suivant laquelle les événements et leur succession ne sont que l'effet du hasard. (B.).

Casuistique (de Casuiste, de casus = cas de conscience) : c'est la partie de l'√©thique qui √©tudie l'application des principes d'une morale aux cas particuliers que font na√ģtre les conflits des devoirs.

Catadioptrique. - Compos√© des deux mots catoptrique et dioptrique, et r√©sumant les deux branches de la physique, et plus sp√©cialement de l'optique, qui ont pour objet l'√©tude de la r√©flexion de la lumi√®re √† la surface des corps et l'√©tude de la transmission de la lumi√®re au travers des corps transparents. La catadioptrique s'applique √† tout ce qui appartient √† la fois √† ces deux branches et particuli√®rement √† l'√©tude des instruments d'optique qui r√©unissent les effets combin√©s de la r√©flexion et de la r√©fraction. 

Cataleptique (du grec katalamban√©in, saisir, embrasser, comprendre), se disait, dans la philosophie sto√Įciennne, d'une id√©e que l'√Ęme a la facult√© de saisir, de recevoir d'un objet r√©ellement, existant, dont elle conna√ģt par l√† m√™me la nature et les caract√®res, imprim√©s dans l'id√©e comme la forme exacte du cachet sur la cire. C'est ce que l'on appelle une id√©e conforme √† son objet.

Catasyllogisme, nom que les commentateurs du temps de la Renaissance des lettres donn√®rent √† un d√©faut de raisonnement, ou plut√īt √† une imprudence d'argumentation indiqu√©e par Aristote (Premiers analytiques, 1. II, ch. 19), et qui consiste √† laisser l'adversaire prendre ses avantages, en lui accordant trop facilement les propositions √† l'aide desquelles il pourra d√©montrer syllogistiquement la th√®se qu'il soutient. (B-E).

Catégorématique (Katègorèmatikos, de katègorèma = spécification du sujet) : un terme catégorématique est celui qui a par lui-même une signification (par exemple, les substantifs) : homme, chaise. - S'oppose à Syncatégorématique.

Cat√©gor√®me, en grec kat√®gor√®ma, terme de logique, synonyme d'attribut, de pr√©dicat et d'universaux, para√ģt avoir √©t√© employ√© surtout par les dialecticiens de l'√Čcole sto√Įcienne.  Il est mentionn√© dans ce sens par Cic√©ron dans un passage des Tusculanes (IV, 9). (B.).

Cat√©gorie (Kat√®goria, de kat√®gore√ī = affirmer : a) Les Cat√©gories ou Pr√©dicaments sont les diff√©rentes classes auxquelles on peut ramener les id√©es g√©n√©rales et qui ne peuvent √™tre ramen√©es √† aucune autre au-dessus d'elles. C'est, le sens des Aristot√©liciens et des Scolastiques. - b) Pour Kant, ce sont les concepts fondamentaux de l'entendement pur.

Cat√©gorique. - Aristote appelle proposition cat√©gorique  la proposition universelle affirmative, ou simplement la proposition affirmative,, par opposition √† la proposition hypoth√©tique. Le syllogisme ou raisonnement cat√©gorique est celui qui est compos√© de de propositions cat√©goriques. - Kant et d'autres √©crivains modernes entendent par propositions cat√©goriques celles qui expriment la simple, attribution, par opposition aux propositions modales, qui joignent √† l'attribution l'indication de sa contingence ou de sa n√©cessit√©. Dans la philosophie de Kant, l'imp√©ratif cat√©gorique c'est la loi morale en tant qu'elle s'impose √† la conscience comme un devoir absolu. (B-E).

Causale (proposition). - Une proposition causale est une proposition composée contenant deux propositions liées par, un de ces mots qui impliquent entre elles un rapport de cause à effet, tels que parce que, afin que, en tant que, et leurs synonymes. On peut réduire à ces sortes de propositions celles qu'on appelle réduplicatives ( la Logique de Port-Royal, Ile partie chap. IX). (B-E).

Causalit√© (d√©riv√© de Causal). - La causalit√© est l'acte de la cause en tant que cause, le lien r√©el qui unit la cause √† soit effet. Ce mot s'emploie surtout dans l'expression principe de causalit√©. Le principe de causalit√© ne doit pas √™tre formul√© ¬ę Tout effet a une cause ¬Ľ, ce qui n'est qu'une tautologie, mais ¬ę Tout ce qui commence d'exister, tout ce qui arrive a une cause-¬Ľ. La conscience nous fournit l'id√©e de cause, et la raison nous fait concevoir le principe de causalit√©.

Cause (Causa, primitivement signifie proc√®s; probablement de caveo = prendre garde) : sens g√©n√©ral : la cause est ce en vertu de quoi un √™tre est ce qu'il est; c'est le principe d'une nouvelle existence, ce qui fait qu'une chose est ou s'op√®re. Cette d√©finition convient aux diverses esp√®ces de causes. Distinctions : a) Cause premi√®re, Dieu. - b) Causes secondes, les cr√©atures. - c) Cause occasionnelle( du bas latin occasionalis, de occasio = occasion), conditionnelle, l'occasion et la condition, qui ne sont pas de vraies causes; elles ne sont que ce qui facilite  ou rend possible l'activit√© de la cause.) . - c) Causes intrins√®ques : la cause formelle (Formalis, de forma = forme), qui est ce qui d√©termine une chose a √™tre telle; la cause mat√©rielle (Materialis, de materia = mati√®re) , qui est est l'√©l√©ment ind√©termin√© dont une chose est faite. - d) Causes extrins√®ques : la cause efficiente (Efficiens, de efficere = ex-facere = produire) : force capable de produire quelque chose (c''est la cause par excellence); la cause finale (Finalis, de finis = fin) : ce en vue de quoi une chose est faite. -e) - Cause exemplaire (Exemplaris, de exemplar = mod√®le) : c'est l'id√©e, le type, d'apr√®s lequel l'agent r√©alise son oeuvre. - f) On distingue encore la cause prochaine et la cause √©loign√©e, imm√©diate et m√©diate, etc. - Axiomes scolastiques : Il n'est pas d'effet sans cause, ou, pour √©viter toute √©quivoque, Rien n'arrive ou rien ne se fait sans cause (Non datur effectus sine causa). - Rien ne peut √™tre √† soi-m√™me sa propre cause; car l'acte et la puissance, l'agent et le patient, le moteur et le mobile sont n√©cessairement distincts. - La cause de la cause est aussi la cause de l'effet (Causa causae est etiam causa causati). - En supprimant la cause, on supprime l'effet (Causa sublata, tollitur effectus). Il s'agit ici de la cause qui agit comme telle et donne incessamment l'existence √† son effet. - En posant la cause, on pose l'effet (Posita causa, datur effectus). M√™me observation. - L'effet varie avec sa cause (Variante causa, variatur effectus). - Propter quod unumquodque tale et illud magis. Cela revient √† dire que la force de l'effet ou de la conclusion doit se retrouver dans le principe et mieux encore. - La cause seconde doit √™tre appliqu√©e par la cause premi√®re. Car elle est mue par la cause premi√®re, elle n'agit qu'en vertu d'elle, tout en agissant conform√©ment √† sa propre nature : librement, si elle est libre; n√©cessairement, si elle est n√©cessaire.

Causes occasionnelles (Th√©orie des). - C'est une th√©orie par laquelle les Cart√©siens expliquent la correspondance de mouvements entre le corps et l'√Ęme, substances auxquelles ils n'attribuaient pas d'action r√©ciproque l'une sur l'autre. Cette th√©orie, qui s'√©tend non seulement aux rapports de la substance corporelle et de la substance spirituelle, mais aux rapports de toutes les substances en g√©n√©ral, supprime toutes les causes efficientes dans l'ordre des contingents, et fait d√©pendre imm√©diatement de la volont√© de Dieu tous les mouvements des corps et toutes les pens√©es des esprits; de sorte que ces mouvements et pens√©es ne sont, les uns √† l'√©gard des autres, que des occasions ou causes occasionnelles, √† propos desquelles Dieu intervient et produit des effets pour lesquels sa volont√© seule est efficace. Ainsi, les causes occasionnelles et la vision en Dieu sont le m√™me syst√®me sous deux aspects diff√©rents. Dans la vision en Dieu, Dieu est auteur de nos pens√©es √† l'occasion des mouvements des corps; et, dans les causes occasionnelles, il est l'auteur des mouvements √† propos des pens√©es. La th√©orie des causes occasionnelles (Occasionalisme) est, pour ainsi dire, partout dans Malebranche; cependant nous citerons particuli√®rement, comme en pr√©sentant l'expression tr√®s nette et tr√®s arr√™t√©e, le VIIe entretien sur la m√©taphysique et la Ve m√©ditation chr√©tienne. (B-E).

Cause (sophisme de la) : sophisme qui consiste √† prendre pour cause ce qui n'est pas cause. Ainsi, les anciens physiciens expliquaient l'ascension de l'eau dans un tube priv√© d'air, en disant que la nature a horreur du vide. Expliquer, comme les premiers philosophes de la Gr√®ce, l'origine de toutes choses par l'eau, l'air, le feu ou la terre, c'est prendre la condition mat√©rielle; du monde pour la cause de sa formation. Attribuer, comme les astrologues  (Astrologie); les inclinations d'un humain ou les √©v√©nements de sa vie √† l'influence de l'astre sous lequel il est n√©, ou bien, comme les philosophes sensualistes, mettre dans la sensation le principe de la connaissance, et la cause de la sensation dans l'√©branlement nerveux qui la pr√©c√®de, c'est faire des sophismes de la cause. Les pa√Įens attribuaient tous les maux de l'Empire romain √† l'√©tablissement du christianisme; St Augustin, dans la Cit√© de Dieu, r√©fute ce sophisme, en prouvant que les m√™mes maux avaient d√©j√† afflig√© le peuple romain avant la naissance de J√©sus. (H. D.).

Caverne (Caverna, de cavus = creux) : a) mythe de la caverne chez Platon : cette all√©gorie, que l'on trouve dans le VIIe livre de la R√©publique, illustre son concept de la r√©alit√© et de la connaissance, ainsi que sa vision de l'√©ducation et de la philosophie. L'all√©gorie de la caverne raconte l'histoire de prisonniers encha√ģn√©s √† l'int√©rieur d'une caverne depuis leur naissance. Ils sont forc√©s de regarder un mur devant eux, sur lequel des ombres sont projet√©es par la lumi√®re d'un feu situ√© derri√®re eux. Ces ombres repr√©sentent la seule r√©alit√© que les prisonniers connaissent. Ils per√ßoivent ces ombres comme la seule v√©rit√© et ne r√©alisent pas qu'il y a un monde ext√©rieur √† la caverne. Un jour, l'un des prisonniers est lib√©r√© et se dirige vers la sortie de la caverne. Au d√©but, la lumi√®re du soleil ext√©rieur l'√©blouit et il a du mal √† s'adapter √† cette nouvelle r√©alit√©. Cependant, il finit par s'habituer √† la lumi√®re et d√©couvre le monde ext√©rieur, bien plus vaste et complexe que ce qu'il avait connu dans la caverne. Il se rend compte que les ombres projet√©es n'√©taient que des imitations et des illusions de la v√©ritable r√©alit√©. En se familiarisant avec ce monde ext√©rieur, le prisonnier lib√©r√© ressent le d√©sir de retourner dans la caverne pour lib√©rer les autres prisonniers et les √©duquer sur la vraie nature de la r√©alit√©. Cependant, lorsqu'il retourne dans la caverne et tente de leur expliquer ce qu'il a d√©couvert, ils le prennent pour un fou et refusent de croire en sa version de la r√©alit√©. Pour eux, les ombres qu'ils ont toujours vues sont la seule v√©rit√©. L'all√©gorie de la caverne est une m√©taphore complexe qui symbolise la qu√™te de la v√©rit√©, la distinction entre les apparences et la r√©alit√©, ainsi que l'importance de l'√©ducation et de la philosophie dans la recherche du savoir authentique. Pour Platon, les prisonniers encha√ģn√©s repr√©sentent les individus qui vivent dans l'ignorance du monde des id√©es √©ternelles et immuables, tandis que le prisonnier lib√©r√© repr√©sente le philosophe qui cherche √† acc√©der √† la connaissance pure et √† la v√©rit√©.

- b) Bacon parle des Idoles de la caverne (idola spec√Ľs) pour d√©signer les erreurs qui proviennent de cette atmosph√®re de pr√©jug√©s que cr√©ent autour de nous les influences de l'h√©r√©dit√© et de l'√©ducation. 
Bacon consid√®re que chaque personne a sa propre caverne mentale, o√Ļ ses propres exp√©riences, pr√©jug√©s, croyances et perspectives influencent la mani√®re dont elle per√ßoit et interpr√®te le monde. Ces influences subjectives peuvent conduire √† des erreurs de raisonnement, √† des g√©n√©ralisations h√Ętives et √† des conclusions biais√©es. Bacon encourageait les scientifiques √† se m√©fier de leurs propres idoles de la caverne et √† s'efforcer de s'√©lever au-dessus de leurs propres pr√©jug√©s et perspectives personnelles pour parvenir √† une compr√©hension plus objective de la r√©alit√©. Cette notion fait partie de la philosophie empirique de Bacon, qui cherchait √† mettre en place une m√©thode scientifique plus objective et bas√©e sur l'observation pour parvenir √† la connaissance.

Celantes : mode indirect de la première figure du syllogisme.

Celarent. - Terme de logique classique qui designe un mode de la premi√®re figure du syllogisme, o√Ļ la majeure est universelle n√©gative (E), la mineure universelle affirmative (A) et la conclusion universelle n√©gative (E). 

Ex.: Aucun être fini n'est exempt d'erreur, - tous les humains sont des êtres finis, - donc aucun homme n'est exempt d'erreur.
Célébrisme (de Celeber, celebris = fréquenté, célébré, célèbre) : nom donné par Fourier a la passion de la gloire.

C√©nesth√©sie. - Ensemble des sensations vagues qui conduisent √† la notion de notre propre existence. Cette notion est tir√©e de nos relations avec le monde ambiant, le moi, c'est-√†-dire la conscience ne changeant pas, alors que les impressions que nous recevons se modifient incessamment, d'o√Ļ cette d√©duction que nous sommes distincts des choses ext√©rieures. Si les excitations p√©riph√©riques multiples (musculaires, visc√©rales, cutan√©es) qui sont l'origine de cette limitation de notre moi, dont le champ est uniquement celui de la synergie nerveuse, sont normalement confuses en arrivant aux centres, c'est probablement qu'elles sont habituelles, constantes, et per√ßues seulement sous cette forme d'existence pr√©sente et distincte, bien qu'elles puissent devenir douloureuses quand elles s'exasp√®rent. Aussi, comme le remarque Ch. Richet, est-il absolument impossible de localiser nettement le si√®ge pr√©cis de notre propre existence, ou de notre moi. Dans une telle hypoth√®se, la suppression de toute impression ou excitation devrait conduire, ainsi que l'a soutenu Strumpell, √† l'ac√©nesth√©sie (du grec a privatif., et de c√©nesth√©sie). Il n'en est rien en r√©alit√©, car, par suite de l'√©ducation et de l'exp√©rience ant√©rieures, nous avons conscience, m√™me dans l'immobilit√©, le silence et la nuit, de la limitation de notre synergie nerveuse et, par cons√©quent, de notre existence ind√©pendante et distincte de celle du monde ext√©rieur.

Centre (géométrie). - Le centre d'une courbe est un point tel que, pour un rayon mené de ce point à la courbe, il en existe un autre qui lui est égal et directement opposé; en sorte que tous les points sont deux à deux symétriquement placés par rapport au centre. Le caractère analytique d'une courbe qui possède un centre, c'est que si l'on y porte l'origine des coordonnées, l'équation étant satisfaite par x=a, y =b, devra l'être aussi par x = - a, y = -b. En d'autres termes, si l'on change dans l'équation x en -x et y en -y, elle devra conserver les mêmes solutions. Or, pour cela il faut, si elle est algébrique, que ses termes soient tous de degré pair, ou bien tous de degré impair et sans terme connu; dans ce dernier cas, le centre est sur la courbe. Cette dénomination de centre est empruntée à la théorie du cercle dans lequel tous les rayons sont égaux. Il n'en est pas toujours ainsi. Dans une ellipse, par exemple, il y a un centre, mais les rayons qui en émanent n'ont pas tous la même longueur; toutefois deux rayons opposés sont toujours égaux. (E. R.).

Centrifuge (force). -  Force qui s'exerce sur un corps mat√©riel dont la trajectoire est courbe, mais que son inertie tendrait √† √™tre rectiligne.

Cercle. - Figure géométrique formée de tous les points situés à la même distance d'un point donné, appelé le centre du cercle.

Cercle vicieux. - En logique, on appelle cercle ou cercle vicieux un pseudo-raisonnement dans lequel, gr√Ęce √† des diff√©rences purement accidentelles d'expression, on para√ģt tirer des pr√©misses une conclusion diff√©rente d'elles, tandis qu'en r√©alit√© on ne fait que r√©p√©ter les pr√©misses dans la conclusion. On n'apporte donc pas une preuve, mais une simple r√©p√©tition d'une opinion pr√©con√ßue. Ce sophisme prend chez certains auteurs le nom de p√©tition de principe. Le cercle vicieux n'est en r√©alit√© qu'une vari√©t√© de la p√©tition de principe, et ne doit pas √™tre confondu avec ce que le philosophe Aristote appelle d√©monstration circulaire, qui n'est autre chose que la d√©monstration r√©ciproque. Dans le cercle vicieux, pr√©tendant d√©montrer une v√©rit√© ind√©montrable par essence, on est oblig√©, en vertu de cette fausse position, de chercher le point d'appui de cette v√©rit√© en elle-m√™me, ce qui occasionne le cercle. Ainsi, par exemple, toutes les fois qu'un philosophe dogmatique a voulu, contre toute raison, entreprendre de d√©montrer la v√©racit√© de l'intelligence humaine, il ne l'a pu qu'en s'appuyant sur des principes fournis par son intelligence, dont, par cons√©quent, la v√©racit√© est suppos√©e. Il d√©montre donc la v√©racit√© de l'intelligence par cette v√©racit√© m√™me, ce qui fait le cercle. (G. F.).

Certitude (Certitudo, de certus, ancien participe pass√©, pour certus, de certum, supin de cernere = trier, distinguer). - La certitude est l'adh√©sion ferme et immuable de l'esprit √† ce qu'il conna√ģt. Elle exclut le doute; elle est le contraire de l'ignorance; elle n'admet ni degr√©s ni diff√©rences.

Elle n'admet pas de degrés on est certain ou on ne l'est pas, il n'y a pas de milieu et une presque certitude n'est qu'une grande probabilité.

Elle n'admet pas de différences, c'est-à-dire que les diverses espèces de certitude, certitude métaphysique, mathématique, physique, morale, s'équivalent.

Par certitude morale on entend à la fois celle qui résulte du témoignage des humains et celle qui se fonde sur le témoignage de la conscience psychologique et de la conscience morale.

Le criterium ou signe infaillible de la certitude est l'évidence. Comme l'évidence, la certitude peut donc étre immédiate ou intuitive, ou bien médiate ou discursive, c'est-à-dire obtenue parla démonstration.
On distingue encore, surtout depuis Kant, la certitude objective et la certitude subjective : celle-ci n'est qu'une conviction bien arr√™t√©e et r√©sulte de l'accord de l'esprit avec lui-m√™me; celle-l√† porterait sur l'objet m√™me de la pens√©e (inaccessible en soi, selon Kant) et r√©sulterait de l'accord de la pens√©e avec la r√©alit√©. 

Cerveau dans la cuve (Le). - Exp√©rience de pens√©e propos√©e par Hilary Putman destin√©e √† interroger la possibilit√© de conna√ģtre la r√©alit√© objective et soul√®ve des questions sur la nature de la connaissance et de la r√©alit√© : imaginez que vous √™tes un cerveau dans une cuve, maintenu en vie par un scientifique malin qui simule toute votre r√©alit√© sensorielle. Vous percevez et exp√©rimentez un monde qui semble r√©el, mais tout cela est g√©n√©r√© artificiellement. 

Cesare. - Terme de logique classique qui d√©signe un mode de la deuxi√®me figure du syllogisme, o√Ļ la majeure est universelle n√©gative (E), la mineure universelle affirmative (A), et la conclusion universelle n√©gative (E). 

Ex. : aucun poisson ne respire par des poumons; - tous les c√©tac√©s respirent par des poumons; - donc aucun c√©tac√© n'est poisson. 
La lettre C marque que, pour être prouvé, ce mode doit être ramené à un Celarent de la première figure; la lettre S indique que cette opération doit se faire en convertissant simplement la majeure.

Césarisme. - Dans la philosophie sociale, sorte de monarchie à l'image de celle qui fut créée par César; elle s'appuie Sur l'armée et le peuple.

Champ (Campum = terrain plat, espace uni) : champ visuel : √©tendue que l'oeil peut voir √©tant immobile. Cette √©tendue est limit√©e par un c√īne dans lequel, pour produire une sensation visuelle, les objets doivent √™tre compris. - Champ de la conscience : quantit√© plus ou moins grande de ph√©nom√®nes psychologiques que la conscience peut embrasser √† un moment donn√©.

Changement (de Changer, du bas latin cambiare) : chez Aristote, le changement (metabolè) signifie le passage d'un contraire à l'autre (ex. : le passage
de la puissance à l'acte constitue le mouvement (kinèsis)).

Chaos. - C'est, en physique, une situation qui appara√ģt quand la valeur d'une grandeur caract√©ristique d'un ph√©nom√®ne ne peut pas √™tre donn√©e  par un calcul √† fait √† partir de la valeur d'autres param√®tres caract√©risant le ph√©nom√®ne. Cela aura √©t√© une grande d√©couverte de la physique math√©matique du XXe si√®cle que de comprendre que le d√©terminisme dans les ph√©nom√®nes ne garantit pas leur pr√©dictibilit√©.

Chartres (Ecole de). - Nom qu'il est convenu de donner aux repr√©sentants du renouveau des √©tudes platoniciennes au XIIe si√®cle et dont l'√©cole-cath√©drale de Chartres a √©t√© le berceau sous l'impulsion de Fulbert, l'√©v√™que de la ville. Parmi les acteurs de  ce r√©veil, on citera : Bernard de Chartres, Gilbert de la Porr√©e, Thierry de Chartres, Guillaume de Conches, Clarembaud d'Arras, et encore Jean de Salisbury.

Chiffre. - Caract√®re utilis√© pour repr√©senter les nombres. En base d√©cimale, on peut √©crire n'importe quel nombre √† partir de dix caract√®res en base dix, dits chiffres arabes : 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9. En notation binaire (base 2), le 0 et le 1 suffisent. En base hexad√©cimale, on ajoute aux dix chiffres arabes les lettres A, B, C, D E et F. 

Dans un nombre écrit en chiffres arabes en base dix, chaque chiffre a deux valeurs l'une qui lui est propre et qui porte le nom de valeur absolue; l'autre qui vient de la place que le chiffre occupe dans le nombre et que l'on nomme valeur relative; elle sert à indiquer l'espèce d'unités représentées par le chiffre, en se fondant sur ce principe que tout chiffre placé à la gauche d'un autre représente des unités dix fois plus fortes (Numération).

On emploie aussi d'autres caractères appelés chiffres romains, ainsi que l'indique le tableau suivant :

I ... Un
II .... Deux.
III .... Trois.
IV .... Quatre.
V .... Cinq.
VI .... six.
VII .... Sept.
VIII .... Huit.
IX .... Neuf.
X .... Dix.
XL .... Quarante.
L .... Cinquante.
C .... Cent.
D .... Cinq cents.
M.... Mille.

Pour écrire un nombre, on met à gauche les plus fortes unités du nombre, en continuant ainsi de gauche à droite; ainsi mil huit cent cinquante-huit s'écrira : MDCCCLVIII, et Deux-mil-deux : MMII.

Chimie. - Branche des sciences physiques qui √©tudie les propri√©t√©s, les combinaisons et les transformations des corps. 

Chose (Causa = cause, mais avec le sens de res = objet déterminé) : a) l'objet quelconque d'une pensée. - b) Le sujet, par opposition au prédicat. - c) Chose en soi : ce qui subsiste en soi-même sans supposer autre chose. Kant a appliqué cette expression aux noumènes-: ce qui subsiste en dehors de la représentation. - d) Ce qui ne s'appartient pas : chose opposée à personne.

Chr√©matistique (du grec chr√©mata, les biens, tout ce dont on use) :  mot employ√© par Aristote pour d√©signer l'art d'acqu√©rir des biens et de les conserver, et qu'on a ensuite appliqu√© √† l'√©conomie politique, qui s'occupe de la richesse

Chronologie. - Branche de l'histoire qui s'emploie à associer aux événements une date sur un calendrier.

Cinématique (Kinèmatikos, de kinèma = mouvement)-: mot créé par Ampère. Il indique cette partie de la mécanique qui traite du mouvement, abstraction faite des forces. Leibniz et Kant l'appelaient phoronomie (de phora = déplacement, nomos = loi).

Cin√©tique (kin√®tikos = qui se meut, de kine√ī = mouvoir)-: l'√©nergie cin√©tique est l'√©nergie actuelle qui se manifeste par du mouvement. Se dit par opposition l'√©nergie potentielle.

Circonf√©rence. - Ensemble des points d'une courbe ferm√©e. 

Circonscrit. - En géométrie, c'est une figure entièrement située à l'intérieur d'une autre figure.

Circonscrite (Présence) : être présent dans un lieu d'une manière circonscrite (de l'adverbe scolastique Circumscripte, d'une manière délimitée), c'est y être comme les corps, dont chaque partie occupe la partie correspondante du lieu, de sorte que le tout est limité, circonscrit par le lieu.

Circuit. - En math√©matiques, on appelle circuit, dans la th√©orie des int√©grales d√©finies prises entre des limites imaginaires, une ligne ferm√©e compos√©e d'une tr√®s grande ligne droite partant d'un point d√©termin√© O, d'un cercle d√©crit du point O comme centre avec un rayon infini et d'une droite parall√®le √† la premi√®re infiniment voisine de celle-ci; un circuit est un contour d'int√©gration qui contient tous les points critiques de la fonction que l'on int√®gre, et qui alors n'admet pas l'infini pour point critique. Ind√©pendamment des circuits que nous venons de d√©finir et, que l'on appelle circuits de premi√®re esp√®ce, on consid√®re aussi des circuits de seconde esp√®ce qui diff√®rent de ceux  que nous venons de d√©finir en ce que le point O est √† l'infini et en ce que la circonf√©rence ne contient aucun point critique. (H. Laurent).

Circulaire (argument). - Argument illusoire qui, tournant comme dans un cercle, revient à son point de départ et arrive à conclure l'hypothèse qui servait de majeure.

Circulaire (nombre). - Nombre d'un seul chiffre, dont le carré, et par conséquent toutes les puissances, ont ce chiffre même aux unités. Ce sont les nombres 1, 5 et 6, dont les puissances sont 1, 25, 125, etc.; 36, 216, etc. (Cette dénomination est aujourd'hui inusitée).

Circulaire (fonction). - Une fonction circulaire est une expression analytique d'une ligne trigonom√©trique quelconque ou de l'arc correspondant. Non g√©n√©rique des sinus, cosinus et autres lignes trigonom√©triques.  Les fonctions qu'on nomme circulaires ont √©t√© imagin√©es pour servir √† noter les relations entre les √©l√©ments lin√©aires et angulaires d'une m√™me figure. La g√©om√©trie √©l√©mentaire fournit des exemples de relations not√©es entre grandeurs lin√©aires ou entre grandeurs angulaires, mais on n'y voit formul√©e aucune relation directe entre des longueurs et des angles. La th√©orie des fonctions circulaires a re√ßu de ses applications √† la r√©solution des triangles rectilignes ou sph√©riques le nom de trigonom√©trie.

Circulus . - Ancienne théorie qui enseignait que la matière organisée végétale et animale se forme aux dépens de la matière inorganique. - La chimie agricole s'est approprié ce principe et en a fait la base de ses enseignements. Liebig a démontré que la consommation des aliments ne détruit pas toute leur utilité, au point de vue de la reproduction, pour la végétation, si l'on sait employer les engrais qui en dérivent, ainsi que les détritus des hommes et des animaux disparus. Quelques sociologues, Pierre Leroux en particulier, reprenant l'idée religieuse sur l'humain : Pulvis es et in pulverem reverteris ( = Tu es poussière et tu retourneras en poussière), ont voulu fonder le droit de vivre de l'individu sur la puissance de reproduction de la matière.

Civilit√©. - On nomme civilit√© l'exacte observation des biens√©ances sociales.  Elle embrasse toutes les mani√®res honn√™tes d'agir et de converser dans le monde. √Ēter son chapeau pour saluer, rendre le salut, c√©der le pas √† une personne √Ęg√©e, ne pas trop √©lever la voix en parlant dans une r√©union, n'y pas chuchoter √† l'oreille de son voisin, n'interrompre jamais ceux qui parlent, etc., voil√† des actes de civilit√©. La civilit√© n'est pas une vertu, comme le pense Cic√©ron; elle ne fait pas la personne meilleure, mais elle la rend plus sociable; sous le poli qu'elle lui donne, elle lui laisse sa nature enti√®re. La politesse est la civilit√© perfectionn√©e : non contente d'√©viter ce qui peut d√©plaire, elle recherche ce qui doit plaire. La civilit√©, consistant en usages communs √† un certain pays, √† un certain temps, peut se concilier avec le manque d'√©ducation; la politesse est le fruit de l'√©ducation. L'absence de civilit√© nous blesse, l'exc√®s de politesse nous importune.

Clair (Clarum = brillant) : a) pour Descartes : ce qui est ¬ę manifeste √† un esprit attentif ¬Ľ (Principes, Part. I, ¬ß 45). - b) Pour Leibniz : id√©e telle qu'en distingue son objet de tout autre.

Clan (emprunt√© au ga√©lique Clann) : les sociologues d√©signent ainsi le groupe familial primitif, o√Ļ le mariage entre membres de ce groupe (l'endogamie) √©tait prohib√©. L'extension du clan est moindre que celle de la tribu qui, d'ordinaire, admet l'endogamie.

Classe (Classis, peut-√™tre de kl√®sis = appel, kale√ī = appeler) : collection r√©elle ou id√©ale; genre plus ou moins √©tendu, ordonn√© par rapport √† d'autres genres. Le mot classe pr√©sente par lui-m√™me un sens un peu vague, mais qui se pr√©cise dans la langue technique de chaque science. - a) En Logique, l'id√©e g√©n√©rale, au point de vue extensif, repr√©sente une classe. - b) En Sociologie, c'est un ensemble d'individus que la loi ou l'opinion range dans la m√™me cat√©gorie sociale. De sa nature, une classe est ouverte aux individus de la classe inf√©rieure gui en peuvent faire l'ascension, tandis que la caste est ferm√©e. -c) a) En zoologie et en botanique, la classe ne tient un rang plus subalterne : elle a au-dessus d'elle l'embranchement, qui est une subdivision du phylum. Chaque classe est divis√©e en ordres; chaque ordre en familles, etc. La cohorte, s'ins√®re entre la classe et l'ordre. On peut √©galement rencontrer l'adjonction des niveaux de la super-classe, de la sous-classe et de l'infra-classe. - d) En min√©ralogie, la classe est la premi√®re division du r√®gne, le groupe sup√©rieur au-dessous duquel on trouve successivement les ordres, les familles, les tribus, les genres et les esp√®ces.

Classification (du latin scientifique classsificatio, de classis et facere = constituer une classe) : manière de répartir, d'une façon coordonnée, des objets ou des concepts.

Classer, c'est distribuer ou répartir les individus en groupes distincts d'après leurs caractères communs. Il y a des classifications dans toutes les sciences, mais ce sont surtout les sciences naturelles qui en offrent des exemples.

On distingue deux sortes de classifications : les classifications naturelles et les classifications artificielles. Les premières sont fondées sur les caractères essentiels des êtres et servent à faire ressortir leurs ressemblances et leurs différences, en un mot, leurs rapports; les secondes sont fondées sur des caractères qui peuvent être naturels et même importants, mais qui sont choisis arbitrairement en vue de faciliter l'étude ou d'aider la mémoire.

Les classifications d√©terminent les id√©es suivantes: r√®gnes, embranchements, classes, ordres, familles, tribus, genres, esp√®ces, vari√©t√©s. 

On peut citer comme exemple de classification dite naturelle celle de Jussieu en histoire naturelle, fondée sur les principes de l'affinité générale, de la subordination des caractères, de la série naturelle. Celle de Linné, fondée uniquement sur le caractère sexuel des plantes, est une classification artificielle.

Les classifications des sciences de Bacon, d'Ampère, de Comte fournissent de bons exemples des différents points de vue auxquels on peut se placer pour classer les connaissances humaines.

Toute classification suppose comme conditions préalables l'abstraction, la généralisation et la définition.

Climatologie. - Etude du climat, c'est-à-dire des phénomènes météorologiques envisagés sur de longues périodes de temps.

Coaction. - Violence, contrainte. Elle exclut la liberté corporelle, celle de la main, mais non la liberté intérieure, celle de l'esprit et du coeur. La liberté de coaction est donc la liberté extérieure : c'est la spontanéité laissée à elle-même.

Coeur. - Pris dans un sens figuré, le mot coeur a reçu de l'usage plusieurs acceptions. Dans ce vers de la Phèdre de Racine (acte IV, sc. 2)

Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon coeur, 
le coeur est employ√© pour l'√Ęme elle-m√™me, pour la conscience; et les croyants disent de m√™me que Dieu voit le fond des coeurs. Souvent le coeur est consid√©r√© comme le si√®ge des sentiments et des passions; en ce sens Vauvenargues a dit : " Les grandes pens√©es viennent du coeur; " et le chapitre de La Bruy√®re intitul√© Du coeur traite principalement de l'amour et de l'amiti√©. On recommande √† l'orateur qui veut √©mouvoir de parler le langage du coeur. Le coeur tressaille de joie; on a le coeur navr√©; on √©prouve des peines de coeur; on a le coeur sur la main. Comme les sentiments et les passions d√©terminent fr√©quemment nos actes, le mot coeur est devenu encore synonyme de courage et de volont√© : ainsi l'on dit un homme de coeur, un coeur faible, etc.; on fait contre fortune bon coeur; et la locution un homme sans coeur signifie tout √† la fois un homme qui manque de sensibilit√© et un l√Ęche. Quand La Rochefoucauld formule cette maxime : " L'esprit est toujours la dupe du coeur", il exprime l'influence que la partie sensible et affective de notre √™tre exerce sur la partie intelligente et raisonnable. Dire qu'un homme a bon coeur et mauvaise t√™te, c'est localiser, en les distinguant, les affections et l'intelligence. (B.).

Cogitative (du latin scolastique Cogitativus, de cogitatum, supin de cogitare, soit cum = avec; agitare = agiter) : la potentia cogitativa est, d'apr√®s les Scolastiques, une sorte de jugement instinctif, qui fait conna√ģtre √† l'humain l'utile et le nuisible dans les choses sensibles. - La facult√© correspondante chez les autres animaux est appel√©e estimative.

Cogito, ergo sum ( = Je pense, donc je suis). - Axiome philosophique de Descartes. Lorsque ce philosophe eut rompu avec les doctrines du passé, qu'il eut dans son esprit fait table rase de tous les principes qu'on lui avait enseignés, afin de reconstruire la doctrine sur l'évidence et la raison, il reconnut comme première vérité la réalité de son existence, à, ce signe, qu'il pensait; penser, c'est être : Cogito, ergo sum (Je pense, donc je suis), et ce fut le point de départ de son système philosophique.

¬ę Lorsque quelqu'un dit : Je pense, donc je suis ou j'existe, il ne conclut pas son existence de sa pens√©e comme par la force de quelque syllogisme, mais comme une chose connue de soi ; il la voit par une simple inspection de l'esprit. ¬Ľ (Descartes, R√©ponse aux deuxi√®mes objections)
Cognition (de l'anglais Cognition = connaissance, du latin cognoscere = conna√ģtre).  - Synonyme de connaissance, mais plus sp√©cialement de perception, interpr√©tation des donn√©es des sens ou repr√©sentations sensibles.

Dans la langue de Kant, les intuitions deviennent des cognitions quand elles sont rapportées à un objet par le moyen d'un concept qui ramène la multiplicité à l'unité. L'animal a des intuitions, mais il n'a pas de cognition parce qu'il ne pense pas par catégories.

Cognoscibilit√© (de Cognoscibilis, qui peut √™tre connu, de co-gnoscere = apprendre, conna√ģtre) : qualit√© de ce qui est connaissable. L'intelligibilit√© a un sens plus restreint; elle s'entend plut√īt de la possibilit√© d'une connaissance rationnelle.

Cohérent, Cohérence (Cohaereris, cohaerentia, de cum, avec; haerere = être lié) : un système cohérent est celui dont toutes les partie; sont bien liées. - La cohérence distingue : a) la perception de l'hallucination, du rêve; b) le souvenir de la fiction imaginative.

Colère. - Passion qui traduit un violent mécontentement est s'exprime généraement par de l'agressivité.

Collectif (logique). - Un terme collectif diff√®re bien d'un terme g√©n√©ral. On appelle nom collectif en logique celui qui d√©signe une somme d'individus composant tel tout d'assemblage ou de juxtaposition, par exemple la flotte grecque de Salamine, la for√™t de S√©nart, le 1er r√©giment de ligne fran√ßais, le jury criminel de la Seine. Flotte, for√™t, r√©giment, jury sont en eux-m√™mes des noms g√©n√©raux d√©signant chacun un genre entier de touts collectifs, desquels les exemples ci-dessus d√©signent l'un, et celui-l√† seul, pris en particulier. Le terme collectif est donc commun (au sens d'indivis) par rapport aux unit√©s d√©finies, prises ensemble, qui composent la collection nomm√©e ; mais il est terme individuel ou singulier par rapport √† la classe enti√®re ou au genre des collections de m√™me sorte. 

Tandis que le nom g√©n√©ral, homme, for√™t, r√©giment, se dit de toute la classe des humains, des for√™ts, etc., et convient √† chacun des cas ou individus (cet humain-ci, ce r√©giment-ci), au contraire, le nom collectif, par exemple, le 1er  r√©giment de ligne, ne se dit pas de chacun des individus composant la collection, il ne convient qu'√† leur ensemble. Le nom collectif est l'appellatif indivis des parties ou unit√©s en tant que rassembl√©es en leur tout, et n'est pas le nom des parties du tout ; il ne signifie pas quelque chose de commun, pr√©sent dans tous les individus de la collection, mais seulement leur pr√©sence en commun ou leur groupement. (P. Souquet).

Collectivisme (de Collectivus = collectif) : forme de socialisme substituant la propriété collective à la propriété privée pour les moyens de production.

Colligation (Colligatio, de colligatum, supin de colligare = cum-ligare = lier ensemble) : opération logique qui consiste à exprimer, dans une formule, une propriété dont la présence a été constatée chez un certain nombre d'individus. Elle ne s'étend pas, comme l'induction, aux cas qui n'ont pas été directement observés. - L'hypothèse est un moyen de colliger les faits dispersés.

Combinatoire (analyse). - C'est la partie des math√©matiques qui √©tudie les permutations et les arrangements, et qui joue un r√īle notamment dans le calcul des probabilit√©s.

Combinatoire (Art) (de Combinatum, supin de combinare = réunir) : pour Leibniz, l'art combinatoire est cette partie de la logique, qui consiste à déterminer toutes les combinaisons possibles des différents concepts et à étudier leurs propriétés et leurs rapports. Il se confond avec l'art d'inventer.

Commun (Communis, de cum = avec, et de la racine qui a donné munus, = fonction) : ce qui appartient à plusieurs objets à la fois. S'oppose à Propre.

On appelle quelquefois notions communes les v√©rit√©s universelles essentielles √† toute intelligence humaine, principes premiers, jugements intuitifs, v√©rit√©s du sens commun ou, comme disaient les anciens dans un sens un peu moins pr√©cis, anticipations et pr√©notions. Lees math√©maticiens grecs disaient koinai ennoiai; ce sont  les axiomes, les principes rationnels.

Communauté (du bas latin Communalitatem, de communalis = communal, de communis =commun) : caractère de ce qui est commun. - Kant appelle Communauté la troisième catégorie (Action et Réaction = Réciprocité) qui se rapporte à la Relation. Elle sert de fondement à la troisième des analogies de l'expérience, que Kant formule ainsi : Toutes les substances, en tant qu'elles peuvent être perçues comme simultanées dans l'espace, sont dans une action réciproque générale.

Communisme (de Commun) : Forme de socialisme supprimant complètement la propriété individuelle, pour lui substituer la propriété commune. - Organisation sociale exposée par Platon dans la République.

Si les partisans de ce syst√®me admettent que l'√Čtat doit en donner la jouissance √©gale √† tous les citoyens, c'est un communisme √©galitaire; s'ils veulent que l'√Čtat accorde √† chacun selon ses oeuvres et tiennent compte des capacit√©s (les Saint-simoniens), l'√©galit√© qui semble d√©truite est r√©tablie en r√©alit√©.

Commutative (du latin scolastique Commutativus, de commutare, = cum-mutare = échanger) : a) Justice commutative : égalité dans les échanges, - b) Loi ou propriété commutative : propriété de l'addition et de la multiplication logiques, et plus généralement, de toute loi de composition (*) telle que pour tout couple d'éléments a et b d'un ensemble, on ait a*b = b*a.

Comparaison : acte de l'intelligence rapprochant et examinant simultan√©ment deux o√Ļ plusieurs faits, deux ou plusieurs id√©es, pour en appr√©cier les ressemblances et les diff√©rences, ou, plus g√©n√©ralement, les rapports quels qu'ils soient. La comparaison sert de pr√©liminaires √† d'autres op√©rations. Si, entre deux id√©es que l'on rapproche, abstraction faite de leurs diff√©rences secondaires ou simplement accidentelles, on trouve des ressemblances assez intimes pour les embrasser, avec beaucoup d'autres id√©es peut-√™tre, dans une notion collective, et pour leur appliquer une qualification commune, on est conduit √† la g√©n√©ralisation. Si l'on trouve seulement que l'une de ces id√©es convient √† l'autre et peut en √™tre affirm√©e, le r√©sultat est une attribution de la premi√®re id√©e √† la seconde, c'est-√†-dire un jugement. Lorsqu'au lieu de comparer directement deux id√©es entre elles, on les compare √† une ou √† plusieurs id√©es interm√©diaires destin√©es √† en op√©rer indirectement le rapprochement, la suite de jugements li√©s entr√© eux qui se produit alors constitue un raisonnement.

Complet (Completus, de completum, supin de complere = cum-pleo = remplir, achever) : Leibniz appelle notion complète celle qui représente entièrement un objet individuel. Les notions abstraites sont donc incomplètes. - S'oppose à Incomplet.

Complexe (Complexus, de complexum, complecti, de cum et plectere = plier avec, embrasser, assembler). - Terme complexe celui qui, form√© de l'assemblage de plusieurs mots, ne constitue cependant, dans la proposition consid√©r√©e au point de vue logique, qu'un seul terme. L'addition, qui complique un terme simple, est : a) tant√īt une explication;  (par ex. : l'homme, qui est un animal raisonnable; b) tant√īt une d√©termination, (ex. :  l'homme, qui craint la loi). - Proposition complexe : celle dont le sujet, le verbe ou l'attribut sont des termes complexes (ex.:  l'homme, qui craint la loi, est sage). - Syllogisme complexe : celui dans lequel le grand ou le petit terme et complexe, ou dans lequel la conclusion est une proposition modale. - ll ne faut pas confondre complexe et compos√©. - S'oppose √† Simple.

Complexe (nombre). - C'est un nombre c tel que c = a+ib, avec a et b qui sont deux réels et i qui est tel que i²=1. Si b = 0, c est un nombre réel. Si a = 0, c est dit imaginaire. Les nombres complexes peuvent s'additionner et se multiplier comme les nombres réels, selon les règles habituelles de l'algèbre. Il suffit de remplacer i² par 1 à chacune de ces occurences.

Complexe : employé substantivement, ce mot désigne un tout dont les éléments distincts ne sont pas seulement juxtaposés, mais sont organisés.

Compos√© (de Composer, de componere = cum-ponere = mettre ensemble) ce qui est form√© de plusieurs parties ou de plusieurs termes.  - Distinctions : a) Compos√© physique :  r√©sulte de parties physiques : ainsi l'humain est compos√© d'organes, eux-m√™mes compos√©s de tissus, etc. -b) Compos√© m√©taphysique : r√©sulte de parties m√©taphysiques : ainsi l'humain est compos√© de puissance et d'acte, d'essence et d'existence. - c) Compos√© logique r√©sulte de parties logiques : ainsi l'humain encore est compos√© de genre et de diff√©rence, d'animalit√© et de raison. d) Compos√© substantiel : il est form√© de parties r√©unies en une m√™me substance : ainsi la plante, l'animal. e) Compos√©, accidentel : il est form√© de parties unies seulement d'une mani√®re accidentelle : ainsi les compos√©s artificiels, une maison, un tas de pierres.

Composantes. - Ce sont les coordonnées d'un vecteur dans un repère cartésien.

Composition. En logique, ce mot s'entend de l'art de disposer les id√©es ou les mati√®res dans l'ordre qu'elles doivent garder entre elles, suivant leur nature, leur caract√®re et le but qu'on se propose. 

Le sophisme de composition consiste √† affirmer, des choses jointes ensemble, ce qui n'est vrai que quand elles sont prises s√©par√©ment, √† confondre les uns avec les autres des objets divers par l'esp√®ce, ou des faits distincts par le lieu ou par le temps. 

En grammaire, la composition des mots consiste à fondre, à combiner deux ou plusieurs mots en un seul, terminé par une désinence unique qui appartient au mot tout entier et lui donne de l'unité (Mots composés), ou à joindre aux mots certains affixes qui en modifient la valeur ou le sens.

En littérature, la composition est l'ensemble des opérations qui constituent l'art d'écrire. (B.).

Composition (Compositio, de compositum, supin de componere = mettre ensemble). - Union de parties destinées à ne former qu'un tout. La composition suppose donc l'imperfection dans les parties prises isolément. - L'union, au contraire, peut exister entre des êtres parfaits en eux-mêmes avant tout rapprochement.

Composition (loi de). - En mathématiques, c'est une application qui à tout couple (a,b) d'éléments appartenant respectivement à deux ensembles E et F fait correspondre un élément de E. Si E = F, on parle de loi de composition interne; sinon, il s'agit d'une loi de composition externe. Les lois de composition peuvent avoir diverses propriétés (commutativité, associativité, distributivité).

Composition des applications. - Soit deux applications f et g  telles que f : E ‚Üí F et g : G ‚Üí H (l'ensemble F √©tant suppos√© inclus ou √©gal √† G). Ce qu'on appelle la composition des applications f et g correspondra alors aux deux √©tapes suivants : 1¬į)  f associe √† tout √©l√©ment x de E un √©l√©ment not√© f(x) de F; 2¬į g associe encuite f(x) a un √©l√©ment de H not√© g(f(x)). Il r√©sulte de l√† que la composition fait appara√ģtre une nouvelle application, not√©e gof (lire "g rond f"), telle que gof : E ‚Üí H. 

Compossible (du latin scolastique compossibilis, de cum = ensemble; possibilis  = possible) : pour les Scolastiques, c'est la simultan√©it√© de plusieurs possibles. Leibniz dit que tous les possibles ne sont pas compossibles, pour signifier que tous les possibles ne sont pas simultan√©ment r√©alisables dans le m√™me monde.

Compr√©hensif, Compr√©hension (Comprehensivus, Comprehensio, de Comprehensum, supin de comprehendere = cum-prehendere = prendre avec) : ensemble des notes ou √©l√©ments ¬ę compris ¬Ľ dans une id√©e ou un terme. - Le mot compr√©hension s'emploie quelquefois pour signifier l'acte ou la facult√© de comprendre. Mais cet usage est √©quivoque en raison du sens logique de ce terme.

Comprendre (Comprehendere = prendre avec) : ce mot signifie, entendu a) largement : saisir le sens de quelque chose; - b) strictement : saisir la nature ou la raison de quelque chose.

Comtisme : c'est le Positivisme, la philosophie d'Auguste Comte.

Conatif (de Conatum, supin de conari = s'efforcer) : caractéristique des faits volitifs d'après Hamilton.

Conation (de Conatio, de conari, conatum = s'efforcer) : mot usité chez les philosophes de langue anglaise. Certains voudraient l'employer en français pour signifier l'effort ou la tendance prise dans un sens indéterminé.

Concentration. - Expression figur√©e, employ√©e en philosophie et en psychologie pour d√©signer l'effort par lequel, √† un moment donn√©, nous appliquons exclusivement, √† un objet d√©termin√©, toute l'√©nergie d'une de nos facult√©s; ainsi l'on dit qu'il y a concentration de la conscience ou que la conscience se concentre sur les ph√©nom√®nes de la vie int√©rieure pour en saisir le d√©veloppement (autres expressions figur√©es) et en d√©couvrir les lois. La concentration, en ce sens, est l'effet de la volont√© et caract√©rise toutes les op√©rations de l'esprit dans lesquelles nous nous rendons attentifs. Jouffroy, dans une th√©orie ing√©nieuse de la sensibilit√© (M√©langes philosophiques : De l'amour de soi), a nomm√© concentration, par opposition au mouvement expansif, dit-il, qui suit la sensation agr√©able, ¬ę le mouvement r√©actif par lequel la sensibilit√©  d√©sagr√©ablement affect√©e se resserre en elle-m√™me. ¬Ľ

Sans condamner d'une manière absolue l'usage de ces métaphores, dont Aristote déjà reprochait à Platon d'abuser, mais auxquelles le langage philosophique, de même que le langage ordinaire, est contraint à chaque instant d'avoir recours, faute d'expressions propres et abstraites, nous avons à dire qu'il est bon de les éviter autant que possible, ou tout ou moins de se tenir en garde contre une interprétation trop littérale, de peur de prendre pour l'expression exacte des faits, ce qui ne les représente qu'en vertu d'une analogie plus ou moins éloignée. (B-E.).

Concept (Conceptus, de conceptum, supin de concipere = cum-capere = prendre √† la fois, concevoir)-: l'id√©e abstraite et g√©n√©ral, l'id√©e, l'appr√©hension qui sert ensuite de mati√®re au jugement. Dans la philosophie de Kant, le concept (Begriff) est une notion g√©n√©rale sans √™tre absolue. Kant distingue : 1¬į les concepts purs de l'entendement, c'est-√†-dire ceux qui, d'apr√®s lui, sont ind√©pendants de l'exp√©rience ; ce sont les cat√©gories; 2¬į les concepts empiriques, qui doivent tout √† l'exp√©rience : ainsi les notions de couleur et de plaisir; 3¬į les concepts mixtes. - Distinction : Concept formel, concept objectif. Le premier, qui est le verbe mental, est l'id√©e en elle-m√™me, consid√©r√©e comme un principe et un moyen de connaissance. Le second c'est l'id√©e consid√©r√©e dans ce qu'elle exprime. Les concepts formels sont l'objet de la logique; les concepts objectifs sont l'objet de la m√©taphysique.

Conception (Conceptio, de conceptum, supin de concipere = prendre, saisir, recueillir) : a) Opération intellectuelle par opposition à celles de l'imagination et des sens : la connaissance du monde est une conception de l'esprit. - b) Opération qui consiste à former ou à saisir un concept.

Conceptionnisme (de Conception) : façon d'expliquer la perception extérieure par opposition au Perceptionnisme ou perception immédiate.

Conceptualisme (du latin scolastique Conceptualis, de Conceptus = concept). -  On appelle ainsi le syst√®me d'Ab√©lard, qui essaya de trouver un moyen terme entre le nominalisme et le r√©alisme : nos id√©es g√©n√©rales ou universaux sont, selon Ab√©lard, plus que de simples noms (nominialisme), sans avoir pourtant de r√©alis√© correspondante hors de l'esprit (r√©alisme}; leur r√©alit√©, qui est ind√©niable, est toute subjective, car ce sont des conceptions tr√®s r√©elles de notre esprit. Sous les mots, il y a un sens, un concept. Le conceptualisme n'est qu'un nominalisme d√©guis√©.

On a aussi appelé conceptualisme la doctrine de Kant sur la nature des idées générales.

Concevable, Concevabilité (de Concevoir, de concipere) : ce qui n'implique pas contradiction. - S'oppose à Inconcevable, Inconcevabilité.

Conchyliologie (zoologie). - Science des coquilles; ce terme pris dans son acception la plus générale comprendrait non seulement les Mollusquesà coquille externe ou interne, mais encore un grand nombre de Protozoaires, d'Echinodermes, de Vers, etc., dont le test ou l'enveloppe protectrice a plus ou moins la consistance et souvent la forme d'une coquille. Employé sensu stricto, ce mot désigne simplement les Mollusques.

Conciliation (Conciliatio, de cocciliatum, supin de conciliare = r√©unir; de cum = avec; calare = appeler) : elle consiste √† d√©gager de chaque syst√®me ¬ę l'√Ęme de v√©rit√© ¬Ľ qu'il peut contenir. C'est ce que les Anglais nomment une doctrine de ¬ę reconciliation ¬Ľ, qui √©quivaut √† un √©clectisme temp√©r√©.

Concluant, Conclusion (Conclusio, de conclusum, supin de concludere = cum-claudere = enfermer, terminer). - La conclusion est une proposition qui r√©sulte de propositions pos√©es comme pr√©misses. Conclusion se dit, dans un sens √©tendu, des cons√©quences de toute esp√®ce de raisonnement, mais s'applique plus sp√©cialement aux cons√©quences du raisonnement d√©ductif et du syllogisme. Dans le syllogisme, la conclusion √©nonce le rapport trouv√© entre un certain sujet (petit terme) et un certain attribut (grand terme) √† l'aide du moyen terme. On ignore si C peut √™tre attribu√© √† A en totalit√©; mais on sait d'avance ou l'on peut s'assurer facilement qu'il peut √™tre attribu√© √† B, et B de la m√™me mani√®re √† A; on en conclut que C peut √™tre attribu√© √† A : 

Tout A est B;
Tout B est C :
Donc tout A est C.
La conclusion dérive nécessairement des prémisses; et les rapports de ses termes, par suite la nature de la conclusion elle-même, varient suivant les rapports exprimés dans les prémisses. Ce serait une erreur de croire que n'importe quelles propositions rapprochées l'une de l'autre puissent toujours servir de prémisses et donner une conclusion. Ainsi, de ce que nul A n'est B et nul B n'est C, on ne peut rien conclure du rapport de A et de C. (B-E)

Concomitance, Concomitant (Concomitani, accompagner; de cum, avec; comitari = suivre; de comes, comitis, de cum-ire, -itum = aller avec), en termes de philosophie, r√©union de deux ph√©nom√®nes dont l'un accompagne l'autre en un m√™me point de l'espace. Elle diff√®re de la simultan√©it√©, qui est l'√©tat de deux choses existantes dans un m√™me temps. Dans la th√©ologie de l'√Čglise catholique, concomitance se dit de la coexistence indivise du corps et du sang de J√©sus sous chacune des esp√®ces eucharistiques. (B.).

Concret (Concretus, de concretum, supin de concrescere = cum-crescere = s'accro√ģtre par r√©union, se condenser) : c'est le r√©el, l'individuel. - Mot oppos√© √† abstrait, et qui se dit, en logique, des id√©es que nous concevons √† l'imitation des objets r√©els, sans op√©rer mentalement la s√©paration de la substance et des diff√©rents modes. Toute id√©e individuelle est concr√®te; car la r√©union de divers attributs √† une substance d√©termin√©e est n√©cessaire pour constituer l'individu, et cette r√©union doit √™tre maintenue dans l'id√©e que nous concevons de celui-ci. Au contraire, toute id√©e g√©n√©rale est abstraite, l'esprit, pour la former, √©tant oblig√© de s√©parer au moins de l'id√©e des attributs propres √† chaque individu celle des caract√®res communs au genre tout entier et par lesquels on le d√©finit.

En grammaire, le concret est la qualit√© consid√©r√©e dans un sujet; la beaut√©, le beau, sont des termes abstraits; mais une belle ville, un beau jardin, sont des termes concrets. Quelques grammairiens appellent concrets les verbes attributifs, par opposition au verbe substantif, qu'ils appellent abstrait. Quelquefois un terme abstrait suivi d'un d√©terminatif joue le r√īle du concret, surtout dans le style po√©tique grec et latinlabor Herculeus est √©quivalent de laboriosus Hercules. (B.).

Concr√©tion (Concretio = agr√©gation, de concretum, supin de concrescere = se condenser) : ¬ęOp√©ration pur laquelle l'esprit, √† ses d√©buts et d'une mani√®re g√©n√©ralement inconsciente, a construit le toutdit concret, que l'abstraction, et l'analyse d√©composeront plus tard.

Concupiscence (concupiscentia, de concupiscere =- cum-cupiscere, de cupere = d√©sirer ardemment, convoiter) :  a) les Scolastiques emploient ce mot pour distinguer les app√©tits sensibles ou passions qui s'opposent aux tendances raisonnables. - b) D√©sir ardent et √©go√Įste. 

Concupiscible (du latin scolastique Concupiscibilis, qui peut √™tre convoit√©) ce qui est le principe du d√©sir, ce qui pousse √† convoiter. 

Concurrence (de Concurrent, de Concurrens, de concurrere = cum-currere = courir ensemble) : lutte entre deux tendances qui s'efforcent de se supplanter l'une l'autre.

Condillacisme (deCondillacus, traduction latine de Condillac) : Système de Condillac, appelé encore système de la sensation transformée et sensualisme (Sensualisme).

Condition (Conditio, Condicio = convention; condition, de cum = avec; dicere) : a) Ce qui enl√®ve l'obstacle √† l'activit√© de la cause. - b) Ce dont la pr√©sence est n√©cessaire pour que quelque chose existe (pour Kant, par exemple, le temps et l'espace sont les conditions de l'exp√©rience. - c) Assertion de laquelle une autre d√©pend, de sorte que, si la premi√®re est fausse, la seconde l'est aussi  (ex. : jugement conditionnel ou hypoth√©tique : S'il est jour, il fait clair). - d) Mani√®re d'√™tre, situation : ex. : condition des femmes.

Conditionn√© (adjectif participe de Conditionner) : ce qui est soumis √† certaines conditions, comme le relatif. - Pour Hamilton : le conditionn√© c'est ¬ę ce qui d√©pend de quelque chose d'autre quant √† son √™tre. ¬Ľ Il √©nonce ainsi la Loi du conditionn√© : ¬ę Penser, c'est conditionner-¬Ľ ( ¬ę To think is to condition ¬Ľ). - D'apr√®s Kant, le conditionn√© c'est le cons√©quent consid√©r√© dans sa d√©pendance de l'ant√©c√©dent. - S'oppose √† Inconditionn√©.

Conditionnel (Conditionalis, Condicionalis, de conditio, condicio) : ce qui dépend d'une condition.

Conditionnel (syllogisme)  : esp√®ce de syllogisme conjonctif qui a pour majeure une proposition conditionnelle : "Si l'√Ęme est spirituelle, elle est immortelle; or, elle est spirituelle, donc, etc. ".

Conditionnelle (proposition). - C'est une proposition subordonn√©e exprimant dans quel cas ou √† quelle condition a lieu ou aurait lieu ce qui est √©nonc√© par la proposition principale. Ex. : "Si nous voulons jouir de la paix, il faut faire la guerre. - La m√©moire se fortifie, √† condition que vous l'exerciez. - Je refuserai son offre, d√Ľt-il se f√Ęcher. ¬Ľ La proposition dont d√©pend la proposition conditionnelle a son verbe au conditionnel, lorsque celui de la proposition conditionnelle a le sien √† l'imparfait ou au plus-que-parfait : ¬ę Je serais venu, si vous l'aviez ordonn√© :- J'accepterais ses offres, si elles √©taient honorables. ¬Ľ Quelquefois la proposition conditionnelle prend le tour interrogatif : ¬ę Ils ne viendront pas? On agira sans eux. - Voudriez-vous nous tromper? Nos pr√©cautions sont prises. ¬Ľ C'est comme s'il y avait : ¬ę S'ils ne viennent pas ; si vous vouliez nous tromper. ¬Ľ (P).

Conditionnement. - En psychologie, c'est : a) la pratique qui consiste à obtenir un comportement particulier à partir d'un stimulus donné. - b) le résultat de cette pratique.

Conduite (Substantif participe de Conduire, de conducere = cum-ducere = mener ensemble) : manière d'agir ou de réagir de manière à s'adapter à une situation. L'étude des conduites est l'objetc de la psychologie contemporaine.

C√īne. - Volume engendr√© par la r√©volution autour d'un axe d'un triangle rectangle.

Conflit (Conflictus, de conflictum, supin de confligere = cum-fligere = heurter) opposition et lutte entre deux pouvoirs ou deux principes √† propos d'un m√™me objet. - Conflit : a) des droits; b) des devoirs; - c) de deux pouvoirs, qui √©mettent sur nn m√™me point des pr√©tentions oppos√©es. - Conflit ¬ę de la raison avec elle-m√™me ¬Ľ : c'est pour Kant l'ensemble des contradictions o√Ļ tombe la raison, quand elle s'efforce de rattacher les ph√©nom√®nes √† un inconditionn√©, d'o√Ļ ils d√©pendraient tous comme conditionn√©s c'est le heurt des antinomies. 

Confus (Confusus, de confusum, supin de confundere = cum-fundere, mélanger) : concept, ou perception, dont le contenu est mal défini. - S'oppose chez les Cartésiens à Distinct.

Confusion (Confusio, de confusum, supin de confundere = cum-fundere = m√©langer) : acte par lequel l'esprit confond en un seul deux concepts distincts. 

Congénital (de Congenitus = cum-genitus = né avec) : se dit de tout caractère, qui existe chez un individu dès sa naissance, par opposition au caractère acquis dans le cours de son développement ultérieur.

Congruence (mathématiques). - Quand deux nombres sont tels que leur différence est un multiple d'un nombre donné, on dit qu'ils sont congrus; le nombre qui divise leur différence s'appelle module. Le signe de congruence est formé de trois traits horizontaux (); ainsi, AB veut dire que les deux nombres A et B sont congrus ou congruents entre eux. La théorie des congruents a été donnée par Gauss dans le célèbre ouvrage Disquisitiones arithmeticae.

Coniques (sections). - Figures form√©es par l'intersection d'un plan avec un c√īne. Ce sont le cercle, l'ellipse, la parabole, l'hyperbole.

Conjonctif (syllogisme) (Conjonctivus, de conjuctum, supin de conjungere = cum-jungere = atteler ensemble) : syllogisme o√Ļ le moyen terme est joint aux deux autres termes, non pas seulement successivement dans la majeure et dans la mineure, mais simultan√©ment dans la majeure, de telle sorte que celle-ci contient d'avance toute la conclusion

" Si un √Čtat √©lectif est sujet aux divisions, il n'est pas de longue dur√©e; or, un √Čtat √©lectif est sujet aux divisions; donc il n'est pas de longue dur√©e "
On distingue trois sortes de syllogismes conjonctifs : 
1¬į le syllogisme conditionnel, dont le pr√©c√©dent est un exemple;

2¬į le syllogisme disjonctif, qui a pour type le dilemme;

3¬į le syllogisme copulatif.

Connaissance (de Conna√ģtre) : 
a) Subjectivement : acte de la pens√©e qui prend un objet en tant qu'objet de repr√©sentation. 

b) Objectivement : ce m√™me acte consid√©r√© en tant qu'il repr√©sente plus ou moins le contenu de l'objet. 

c) Contenu de la connaissance  (ex.-: l'ensemble des connaissances humaines).

La connaissance, en tant qu'acte propre de l'intelligence, peut donc se diviser comme les notions et les idées : connaissance abstractive, intuitive, discursive. Plus généralement on distingue la connaissance sensible et la connaissance rationnelle, c'est-à-dire la connaissance par les sens et par la raison.

Quand on joint au mot connaissance l'√©pith√®te intuitive, on veut d√©signer la connaissance imm√©diate, sans interm√©diaires, par vue directe de l'esprit; quand on emploie l'√©pith√®te discursive, on veut indiquer la connaissance indirecte et d√©montr√©e; enfin l'√©pith√®te compr√©hensive ou ad√©quate s'applique √† la connaissance compl√®te de l'objet connu. Comme ¬ę-nous ne savons le tout de rien ¬Ľ, il y a peu de connaissances ad√©quates.

On appelle th√©orie de la connaissance les recherches qui ont pour but d'expliquer l'origine de nos id√©es, la source premi√®re des principes directeurs de la facult√© de conna√ģtre. Elle √©num√®re nos id√©es premi√®res et formule les principes de la raison; elle donne aussi le criterium de la v√©rit√© et les r√®gles essentielles de la d√©monstration, sans se confondre avec la logique proprement dite. Elle a un caract√®re sp√©cialement m√©taphysique et psychologique : la psychologie seule peut nous renseigner sur l'origine de nos id√©es.

Conna√ģtre (Cognoscere = cum-gnoscere) : terme g√©n√©rique, qui indique simplement qu'un objet est pr√©sent√©, pr√©sent √† l'esprit. Les esp√®ces de ce genre sont : percevoir, concevoir comprendre, etc.

Connexe (Connexus, de connectum, supin de connectere = cum-nectere = lier ensemble).

Connexion (Connexio, de connexum, supin de connectere = cum-nectere = lier ensemble) : nécessité de la liaison entre le sujet et l'attribut. - Nécessité de la liaison entre les prémisses et la conclusion du syllogisme.

Connotatif, Connotation, Connoter (du latin scolastique Connotare = cum-notare, Supin connotatum = indiquer avec) : la connotation est l'ensemble des caractères impliqués par un terme donné. - Les Scolastiques disaient d'un terme qu'il connote, pour signifier qu'il implique un ensemble de caractères. Stuart Mill leur a emprunté ce mot. - S'oppose à Dénotation.

Conscience '(Conscientia, de conscire = cum-scire = savoir avec). - Facult√© qui permet de revenir sur soi-m√™me et de conna√ģtre ses √©tats int√©rieurs, dits √©tats de conscience . - Distinctions :  a) Conscience sensitive : ce n'est autre chose que ce sens commun qui est compt√© par les scolastiques parmi les sens internes, et en vertu duquel l'humain et les autres animaux sentent qu'ils voient, qu'ils entendent, qu'ils souffrent, etc. -b) Conscience intellectuelle, psychologique, morale : la conscience intellectuelle, qui est la conscience proprement dite, n'est autre chose que l'intelligence en tant qu'elle se prend elle-m√™me pour objet ou consid√®re les actes des autres facult√©s. 

Elle se divise en conscience psychologique (=  perception intuitive qu'a l'esprit de ses √©tats et de ses actes) et en conscience morale. Cette derni√®re est la facult√© qu'a l'humain de porter des jugements sur la valeur morale de ses actes, ¬ę l'instinct divin ¬Ľ dont parle Jean-Jacques Rousseau, la ¬ę raison pratique ¬Ľ de Kant.

De la différentes expressions ou entre le mot conscience : un examen de conscience est une méditation pratique sur nos actes et leurs intentions; la liberté de conscience est la liberté de se faire une opinion personnelle sur un dogme, une religion, une analyse politique.

On oppose quelquefois la science et la conscience pour marquer le conflit des lois fatales de la nature avec la liberté de la volonté.

Consécutif (Consecutus = qui suit, de Consecutum, supin de consequi = cum-sequi = suivre de près) : les sensations consécutives ou rémanentes (de remanens, remanere = demeurer), sont celles qui persistent après que leur cause extérieure a cessé d'agir sur l'organe. . - Les images consécutives (il s'agit surtout des images visuelles) sont : a) positives, quand les clairs et les noirs de l'image correspondent aux clairs et aux noirs de l'objet (par exemple, si l'un ferme les yeux après avoir regardé un objet brillant, on le voit encore quelques instants). - b) négatives, quand aux noirs de l'objet correspondent les blancs de l'image et vice hersa (par exemple, si après avoir fixé un objet brillant, on regarde un écran blanc, on perçoit une image consécutive négative). Si l'objet fixé est coloré, les couleurs de l'objet sont remplacées par leurs complémentaires dans l'image consécutive négative.

Consentement (de Consentir, de consentire = cum-sentire = consentir) : acquiescement de la volont√©. - Consentement universel (Omnium in consensus naturae vox est, Cic√©ron, Quaest. Tuscul. L. I, ch. 15) :  crit√©rium de la v√©rit√©.

Cons√©quence  (Consequentia, de consequi = cum-sequi = suivre, s'ensuivre) : en termes de logique, liaison de la conclusion d'un raisonnement avec les pr√©misses.  C'est la forme du raisonnement d√©ductif. - Ce mot signifie √©galement la proposition qui d√©coule des pr√©misses, c'est-√†-dire la conclusion. Une conclusion peut √™tre vraie, quoique la cons√©quence soit fausse : il suffit pour l'une qu'elle √©nonce une v√©rit√©, et pour l'autre qu'elle n'ait aucune liaison avec les pr√©misses. Une conclusion peut √™tre fausse, quoique la cons√©quence soit vraie : c'est que la conclusion √©nonce alors un jugement faux, tout en ayant une liaison n√©cessaire avec les pr√©misses, dont l'une, au moins dans ce cas, est elle-m√™me fausse.

Cons√©quent (Consequens, participe pr√©sent de consequi = cum-sequi = suivre, s'ensuivre) : a) employ√© substantivement, c'est la  seconde proposition d'un enthym√®me; conclusion, par rapport aux pr√©misses ou √† l'ant√©c√©dent. Se dit aussi du second terme d'un rapport. C'est le nom qu'Aristote, dans sa Logique (Premiers Analytiques), donne aux termes qui peuvent √™tre employ√©s comme attributs d'autres termes, ceux-ci √©tant les ant√©c√©dents de ceux-l√†. Les sujets individuels, Socrate, Cl√©on, Callias, ne peuvent jamais √™tre qu'ant√©c√©dents; les attributs les plus g√©n√©raux ne peuvent √™tre que cons√©quents; mais entre ces sujets et ces attributs se placent un grand nombre de notions interm√©diaires, cons√©quents par rapport √† certains termes, ant√©c√©dents par rapport √† d'autres. Ainsi humain est cons√©quent par rapport √† Socrate, et ant√©c√©dent par rapport √† animal, etc. La recherche des cons√©quents et des ant√©c√©dents est, selon Aristote, d'une grande importance pour la d√©couverte du moyen terme dans le raisonnement, et, par suite, pour toute la d√©monstration. -b)  - Employ√© adjectivement, il signifie : 1) ce qui est conforme aux r√®gles de la logique (ex. : raisonnement cons√©quent); - 2) s'oppose √† Ant√©c√©dent (ex. : volont√© cons√©quente).

Constance (Constantia, de constare = cum-stare = se tenir avec, être ferme) : qualité de celui qui ne cesse pas d'être le même.

Constitutif (de Constitutus, participe passif de constituere = poster, établir de cum-stare = se tenir debout) : ce qui est essentiel dans une chose.

Constitution (Constitutio, de constitutum, supin de constituere = cumstatuere = établir, de cum-stare = se tenir debout) : manière dont une chose est établie dans son organisation essentielle.

Constructivisme. - Terme servant de fa√ßon g√©n√©rale √† qualifier toute doctrine mettant l'accent sur la notion de construction. On parle par exemple, √† propos des math√©matiques, de constructivisme, l'approche qui consid√®re les entit√©s math√©matiques comme le r√©sultat d'une construction √† partir d'axiomes et de r√®gles, ind√©pendamment de toute r√©f√©rence √† la r√©alit√© concr√®te. 

Contact (géométrie). - Deux courbes sont en contact en un point, lorsqu'à ce point elles ont une tangente commune. L'ordonnée de ce point est la même, et la dérivée de l'ordonnée y a la même valeur pour chacune des deux courbes. Si les dérivées d'ordre supérieur sont aussi égales, le contact devient plus intime, et il se mesure par l'ordre des plus hautes dérivées communes aux deux courbes. Ainsi le contact est du second ordre, si l'ordonnée et ses deux premières dérivées sont égales pour les deux courbes. Le cercle qui en un point de la courbe a avec elle un contact du second ordre est dit cercle osculateur : on l'appelle aussi cercle de courbure.

Contemplatif, Contemplation (Contemplativus, Contemplatio, de contemplatum, supin de contemplor = cum- templum, observer une partie du ciel; le carré tracé dans le ciel par l'augure pour observer les présages s'appelle templum) : attention sans effort. -
Pour Platon, Aristote et les Scolastiques, la contemplation est une activit√© intellectuelle intuitive, qui correspond √† la pens√©e sp√©culative (the√īrein) et s'oppose √† une activit√© tourn√©e vers la pratique (prattein) ou vers la r√©alisation d'oeuvres ext√©rieures √† l'agent . - Pour les N√©oplatoniciens, c'est moins un acte qu'un √©tat intuitif, dans lequel l'esprit jouit de la vue de son objet.

Contenu (Contenir, du latin populaire contenire, pour continere = tenir de tous c√īt√©s) : ce qui est dans autre chose. Le contenu d'un concept c'est sa compr√©hension,. - Dans les op√©rations intellectuelles on distingue g√©n√©ralement : a) la norme; b) la mati√®re ou contenu.

Contigu√Įt√©. -  La contigu√Įt√© dans le temps et dans l'espace, c'est-a-dire la succession imm√©diate et le contact, est une loi de l'association des id√©es.

Contingent, contingence (Contengentia, contingens, de contingere = cum-tangere = toucher, atteindre, arriver). - Aristote dit : ce qui peut être) : a) Le contingent : ce qui peut être ou ne pas être. - b) En Logique : proposition contingente : celle dont la vérité est garantie par l'expérience et non par la raison. - Les futurs contingents sont les actes et événements futurs qui dépendent de la volonté libre des humains,.

Contingentisme (de Contingent) : On nomme quelquefois ainsi la ¬ę philosophie de la contingence ¬Ľ , telle qu'√Čmile Boutroux l'a expos√©e.

Continu (Continuus, de, continere = cum-tenere = tenir ensemble, s'étendre) ce mot s'applique à la quantité dont les parties ne sont pas séparées, de sorte que la fin de l'une est le commencement de l'autre. On distingue le continu a) permanent : celui dont toutes les parties sont données simultanément; b) successif : celui dont les parties sent données l'une après l'autre; c) formel : il serait constitué par des êtres étendus, dont l'unité ne comporte aucune distinction intrinsèque actuelle, mais qui sont cependant réellement divisibles. Telle est la continuité admise généralement dans la nature par les Scolastiques; d) virtuel : il serait constitué par des êtres simples, dont l'activité résistante serait le fondement de l'espace réel et impénétrable. Telle est la continuité imaginée par Leibniz, Boscovich, Palmieri.

Continuit√© (Continuitas, de continuus = continu) : liaison non interrompue. 

Continuit√© (loi de la). - Loi pos√©e par Leibniz, et d'apr√®s laquelle il existe un encha√ģnement continu des cr√©atures, une √©chelle d'organisation successive depuis le min√©ral jusqu'au v√©g√©tal, √† l'animal et √† l'humain. Cette loi, que Charles Bonnet devait d√©velopper plus tard, Leibniz l'a formul√©e en ces termes : Natura non facit saltus (= la Nature ne fait pas de sauts). Comme le plus stupide des humains est plus raisonnable que le plus intelligent des animaux, il supposait, dans quelque autre monde, des esp√®ces moyennes entre l'humain et la b√™te, de m√™me que, pour aller des humains √† Dieu, il supposait des √™tres raisonnables sup√©rieurs √† nous. En vertu de la loi de la continuit√©, Leibniz soutenait qu'il n'y a aucune interruption dans les actes de la conscience, qui pense toujours, comme le sang circule toujours, sans que l'homme s'en aper√ßoive. Transport√©e √† l'espace, cette m√™me loi lui faisait rejeter toute id√©e de vide; appliqu√©e aux math√©matiques, elle le conduisit √† l'invention du calcul diff√©rentiel.

Contradictio in adjecto : contradiction entre un terme et ce qui lui est ajouté : (ex. entre un substantif et son adjectif : cercle carré, voyage immobile).

Contradictio in terminis : contradiction que les termes m√™mes manifestent (ex. : le d√©placement d'un immeuble). 

Contradiction (Contradictio, de contradictum, supin de contra-dicere = contredire) : opposition de deux √©nonciations absolument inconciliables, telles que : Nul humain n'est parfait; quelque humain est parfait; d'o√Ļ le nom de contradictoires donn√© aux propositions qui sont oppos√©es √† la fois en quantit√© et en qualit√©. Elles ne sauraient √™tre toutes deux vraies ou fausses en m√™me temps. On dit, aussi absolument, qu'il y a contradiction, qu'une proposition implique contradiction, qu'elle est contradictoire, lorsqu'elle est inconciliable avec des principes dont la v√©rit√© est solidement √©tablie : ainsi, il y a contradiction √† ce que, dans un triangle, des angles in√©gaux soient oppos√©s √† des c√īt√©s √©gaux. Tel √©v√©nement est advenu sans cause est aussi une proposition contradictoire. Contradictoire, en ce sens, est synonyme d'absurde, et la d√©monstration par l'absurde n'est autre chose que la mise en √©vidence d'une contradiction flagrante. (B-E.).

Contradiction (principe de) : principe général dans lequel viennent se résoudre et par lequel sont condamnées toutes les contradictions particulières. On l'énonce ordinairement ainsi : Il est impossible qu'une chose soit et ne soit pas en même temps. Kant, trouvant que la valeur logique de ce principe ne doit pas être restreinte par les rapports de temps, attendu qu'une même chose peut successivement être et n'être pas, veut qu'on en modifie l'expression de la manière suivante : Un attribut qui répugne à une chose ne lui convient pas. Le principe de contradiction est encore susceptible d'autres formules; celles-ci, par exemple : Ce qui est vrai du genre est vrai de toute espèce contenue dans ce genre; Ce qui est vrai des quantités en général est vrai des nombres; autrement, étant vrai des quantités, et faux des nombres qui sont eux-mêmes des quantités, il serait vrai et faux tout à la fois; - ou bien encore : Si une idée est contenue dans une autre, et celle-ci dans une troisième, la première est contenue dans la troisième. C'est sous cette dernière forme qu'on applique le plus commodément le principe de contradiction à la théorie du raisonnement démonstratif (Démonstration), dont tout le mécanisme est fondé sur les rapports que présentent entre eux les termes dont il se compose. (B-E.).

Contradictoire (Contradictorius, de contradictum, supin de contra-dicere = contredire) : ce qui est relatif à deux termes ou propositions entre lesquels existe une contradiction.

Contraire (Contrarius, de contra = en face de, contre) : indique une opposition entre deux termes qui différent par l'affirmation et la négation d'un même élément spécifique ; - ou entre deux propositions universelles, de mêmes termes, dont l'une est affirmative et l'autre négative. Exemple : - Tous les humains sont, justes. Tous les humains sont injus tes. Si les deux propositions opposées en qualité étaient particulières, on les appellerait subcontraires. Exemple : - Quelques humains sont justes. Quelques humains sont injustes.

Chez les anciens philosophes, les contraires désignaient les éléments opposés des choses : le chaud et le froid; le pair et l'impair; l'amour et la haine, etc.

Contraires (propositions). - Des propositions contraires sont des propositions form√©es avec le m√™me sujet et le m√™me attribut, oppos√©es en qualit√©, c.-√†-d. l'une affirmative et l'autre n√©gative, leur quantit√© √©tant la m√™me. 

On les appelle proprement contraires lorsqu'elles sont toutes deux universelles (Tout nombre est exactement divisible; nul nombre n'est exactement divisible), et subcontraires lorsqu'elles sont particuli√®res (Quelques nombres sont exactement divisibles, quelques nombres ne sont pas exactement divisibles). 

Les propositions contraires ne peuvent jamais être vraies ensemble, mais elles peuvent être fausses toutes deux; c'est ce qui a lieu dans l'exemple ci-dessus; les subcontraires peuvent être toutes deux vraies, mais ne peuvent être toutes deux fausses. (Logique de Port-Royal, 2e partie, ch. IV). (B-E.).

Contraposition, Contreposition (Contrapositio, de contrapositum, supin de contra-ponere = poser en face, opposer) . - Cette expression, par contreposition, s'emploie dans la théorie du syllogisme pour désigner la conversion des propositions que l'on obtient en affectant d'une négation chacun de leurs termes, ce qui les rend indéterminés.

Contrat (Contractus, de contractum, supin de contrahere = cum-trahere = rassembler, lier) : ¬ę Le contrat est une convention par laquelle une ou plusieurs personnes s'engagent envers une ou plusieurs autres √† donner, √† faire ou √† ne pas faire quelque chose ¬Ľ (Code civil). - Contrat bilat√©ral ou multilat√©ral : celui qui comprend une r√©ciprocit√© d'engagements. - Origine de la propri√©t√© d'apr√®s Grotius, Pufendorf, etc.

Contrat social, d'apr√®s Hobbes et Rousseau. Termes de l'accord qui existe entre les membres d'une soci√©t√©, ou entre les gouvernants et les gouvern√©s. Le statut social s'oppose au contrat social. 

Contre-√©preuve : c'est, dans la m√©thode exp√©rimentale, une seconde op√©ration, inverse de la premi√®re et destin√©e √† la contr√īler.

Convergence (de Convergent, de Convergens, de convergere = cum-vergere, tendre ensemble vers) : tendance à se réunir en un même point. - a) Convergence s'oppose à différenciation, quand un ensemble de transformations tend à produire une ressemblance croissante des éléments qui se transforment. - b) Loi esthétique de concentration ou de convergence.

Conversion (Conversio, de conversum, supin de convertere = cum-vertere = tourner, changer). 

a) Proc√©d√© de d√©duction imm√©diate. 

b) Conversion morale : changement radical dans la conduite.

La conversion des propositionsest le changement qu'on leur fait subir en mettant le sujet à la place de l'attribut, mais de telle sorte que la vérité de la proposition soit maintenue. Les logiciens en distinguent de plusieurs sortes : conversion simple, conversion par limitation, conversion par négation ou contreposition.

Convertible (Convertibilis, de convertere, changer) : une proposition est convertible quand elle peut être convertie simplement. c'est-à-dire sans changement d'extension. - L'être est convertible avec l'un, le vrai, le bien, le beau.

Conviction (Convictio, de convictum, supin de convincere = cum-vincere = convaincre, démontrer) : conviction s'oppose à persuasion. Elle implique, au sens rigoureux, la certitude rationnelle; mais, dans la pratique, on l'emploie comme synonyme d'adhésion de l'esprit reposant sur une très grande probabilité et suffisante pour nous déterminer à agir. - Kant appelle conviction le fondement sur lequel repose l'adhésion subjectivement et objectivement suffisante de la certitude stricte.

Coopératif, Coopération (Cooperatio, de cooperatum, supin de cooperari = cum-operari = travailler avec, aider) : part prise à une oeuvre.

Coopératisme (de Coopération) : forme de Socialisme.

Coordination (Coordinatio, de cum = avec, et ordinare = mettre en ordre): coordination de concepts : relation de concepts placés sur le même rang dans une classification (ex. : deux espèces du même genre)..

Coordonné (composé de la particule latine co = cum = avec et ordonner, de ordinare).

Coordonnées. - Nombres qui définissent la position d'un point par rapports aux axes s'un système de référence. Dans un plan, deux nombres suffisent : l'un de ces nombres est appelé l'abscisse, l'autre ordonnée.

Copulatif (Copulativus, de copulatum, supin de copulare, pour co-apulare = unir, du verbe archa√Įque apere = attacher) : ce qui unit. 

Copulatif (syllogisme) : espèce de syllogisme conjonctif, dans lequel on prend une proposition copulative négative, dont on établit ensuite une partie, pour retrancher l'autre.

Copule (Copula = liaison) : tout verbe joue, dans le jugement, le r√īle de copule ou de lien, en tant qu'il exprime la relation que le jugement affirme entre ses termes.

Cornutum (Argumentum) : nom donné au Dilemme.

Corde (géométrie). - Droite qui joint les extrémités d'un arc de cercle . II existe pour les cordes d'un cercle différentes propriétés, dont voici les principales :

Le diamètre est la plus grande corde que l'on puisse mener dans un cercle.

Dans une même circonférence, des cordes égales sous-tendent des arcs égaux.

Dans une même circonférence, de deux cordes inégales la plus grande sous-tend le plus grand arc pourvu que les arcs soient moindres qu'une demi-circonférence.

La perpendiculaire abaissée du centre sur une corde la partage en deux parties égales; et réciproquement toute perpendiculaire menée par le milieu d'une corde passe par le centre.

Dans une même circonférence, deux cordes égales sont à la même distance du centre, et de deux cordes inégales la plus grande en est la plus rapprochée.

Deux cordes parallèles interceptent des arcs égaux, etc.

Corollaire (Corollarium, de corolla = petite couronne donn√©e en cadeau; suppl√©ment de salaire, d'o√Ļ le sens figur√© d'addition) : cons√©quence imm√©diate d'une proposition d√©montr√©e. Etant d√©montr√© le th√©or√®me de l'√©galit√© des angles d'un triangle √† deux droits, on en tire comme corollaires : 
1¬į Tout angle d'un triangle est le suppl√©ment de la somme des deux autres; 

2¬į Dans un triangle rectangle, les angles aigus sont compl√©mentaires, etc.

Dans un ordre d'id√©es auquel la m√©thode de d√©monstration g√©om√©trique a √©t√© appliqu√©e √† tort, il est vrai, Spinoza rattache de m√™me des corollaires √† ses d√©monstrations m√©taphysiques. Ainsi, de la proposition : "Il ne peut exister et on ne peut concevoir aucune autre substance que Dieu," il tire ces corollaires : "Dieu est unique; la chose √©tendue et la chose pensante sont des attributs de Dieu, etc." 

II n'y a pas, √† proprement parler, de diff√©rence notable entre un corollaire et un th√©or√®me; tout th√©or√®me √©tant aussi la cons√©quence de propositions pr√©c√©dentes, d√©montr√©es ou √©videntes par elles-m√™mes, et certains corollaires n'ayant pas moins d'importance que les th√©or√®mes sur lesquels ils s'appuient. 

Ce qu'on peut dire, c'est que, quand il s'agit d'un corollaire, le raisonnement nécessaire pour en établir la vérité est assez simple pour qu'on puisse le supprimer sans grand inconvénient. (B-E.).

Corpor√©it√© (du latin scolastique Corporeitas, de corpus = corps) : nom donn√© par les Scolastiques √† la forme substantielle, par laquelle un corps est constitu√© corps. Les uns, les Thomistes, soutiennent que la corpor√©it√© n'est pas r√©ellement distincte du principe vital des √™tres vivants, de sorte que ceux-ci doivent √† leur principe vital et d'√™tre corps et d'√™tre vivants. Cons√©quemment, √† la mort d'un vivant, la fonction de corpor√©it√©, que remplissait l'√Ęme, principe vital, est exerc√©e par une autre forme qui a √©t√© nomm√©e forme cadav√©rique (forma cadaverica). - D'autres Scolastiques admettent au contraire la pluralit√© des formes substantielles : la corpor√©it√© et le principe vital sont donc r√©ellement distincts.

Corps (Corpus) : tout objet matériel que nous percevons comme étendu et stable. Ce mot s'emploie souvent comme synonyme de matière, mais il désigne proprement la matière unie à la forme qui la détermine.

Corps (structure de). - En math√©matiques, un corps est un structure alg√©brique qui r√©pond aux conditions suivantes.  Soit E  un ensemble muni des lois de compositions internes ‚ÄĘ et ‚Ć; (E, ‚Ć,‚ÄĘ) est un corps si et seulement si :

1¬į) (E, ‚ÄĘ) est un groupe ab√©lien;

2¬į) (E, ‚ÄĘ ) est un groupe;

3¬į) La loi ‚ÄĘ  est distributive par rapport √† la loi ‚Ć dans E.

Corpuscule (Corpusculum = petit corps, de corpus) : on entend par philosophie corpusculaire le système de ceux qui expliquent (par exemple, Gassendi, Descartes, etc.) les phénomènes physiques par certains groupements de particules que leur petitesse rend invisibles.

Corrélatif (du latin scolastique Correlativus, de cum-referre, relatum = avoir rapport à) : ce qui implique des rapports mutuels.

Corrélation (du latin scolastique Correlatio, de cum-referre = relation, avoir rapport à) : relation réciproque, constante, entre deux choses ou deux mots. - On appelle loi de corrélation des forces la loi physique en vertu de laquelle rien ne se perd et rien ne se crée, bien que tout se transforme. La même quantité de chaleur produit toujours la même quantité de mouvement et réciproquement.

Corruption (Corruptio, de corruptum, supin de corrumpere = cum-rumpere = rompre, détruire) : les Scolastiques, après Aristote, opposent corruption à génération, comme les deux faces de toute transformation substantielle (Corruptio unius est generatio alterius). Aristote emploie les mots
phthora (destruction) et genesis (génération).

Cosmique (Kosmikos; de kosmos = univers) : relatif à l'univers pris dans son ensemble.

Cosmochronologie. - Branche de la cosmologie scientifique qui s'occupe de dater les événements dans l'histoir de l'expansion de l'univers.

Cosmogonie (Kosmogonia, de kosmos = monde et gignomai = se produira) : système explicatif de la formation du monde.

a) On a d'abord d√©sign√© par ce mot les plus anciennes th√©ories sur la mani√®re dont le monde s'est form√©, par l'eau chez Thal√®s, par le feu chez H√©raclite, etc. Les cosmogonies anciennes sont des r√™veries de po√®tes et de philosophes; elles ont pr√©c√©d√© les cosmologies et l'astronomie moderne comme l'alchimie a pr√©c√©d√© la chimie, comme l'astrologie a pr√©c√©d√© l'astronomie. Platon a sa cosmogonie (dans le Tim√©e) aussi bien qu'H√©siode (dans les Travaux et les Jours), et il n'y a pas moins d'arbitraire et de fantaisie personnelle chez le philosophe que chez le po√®te. La m√™me chose peut √™tre dite de la cosmogonie indienne, de la cosmogonie m√©sopotamienne (celle qui appara√ģt dans l'Enuma Elish ou le Po√®me de la cr√©ation),  la cosmogonie biblique (celle de livre de la Gen√®se) ou de n'importe laquelle des cosmogonies mythiques produites dans toutes les civilisations.

b) Laplace, dans son Exposition du Syst√®me du monde (1797) a produit une premi√®re cosmogonie scientique, mais limit√©e seulement √† la formation du Syst√®me solaire. Une cosmogonie scientifique concernant l'univers dans son ensemble n'a pu commencer √† √™tre √©labor√©e qu'√† partir des premi√®res d√©cennies du XXe si√®cle, gr√Ęce aux outils th√©oriques fournis par la relativit√© g√©n√©rale d'Einstein, aux concepts issus de la physique des particules, et aux observations de l'univers lointain (expansion cosmique). La th√©orie actuelle dite du big bang (avec ses divers amendements, comme la th√©orie de l'inflation), est ainsi la th√©orie cosmogonique la plus √† m√™me de rendre compte des proc√©ssus qui ont conduit √† l'univers tels que nous l'observons. 

Cosmographie. - Branche de l'astronomie spécialement dédiée à la description du Système solaire.

Cosmologie (Kosmologia, de kosmos = monde et logos = discours) : étude de l'univers dans son ensemble. - Kant entend par Cosmologie rationnelle l'ensemble des problèmes relatifs à l'origine et à l'essence du monde envisagé comme réel. Ces problèmes aboutissent aux antinomies kantiennes.
La prétendue preuve cosmologique de l'existence de Dieu est fondée sur l'existence et la contingence du monde.

La cosmologie scientifique actuelle repose sur les m√™mes bases que la cosmogonie scientifique donn√©es plus haut. Elle nous donne l'image d'un univers en expansion, processus commenc√© il y a 13 ou 14 milliards d'ann√©es par le big bang. Un univers dans lequel la mati√®re ordinaire constitue une part minime, l'essentiel √©tant constitu√© par  des composantes dites sombres (mati√®re et √©nergie) et de nature encore sp√©culative.

Cosmopolitisme (de Cosmopolite, de kosmos = monde et polit√®s = citoyen) : doctrine qui pousse l'homme √† consid√©rer comme fr√®res ses semblables de toutes nations, √† les confondre dans une vaste communion d'id√©es, de sentiments et d'int√©r√™ts, et qui tend √† supprimer les limites de la patrie et les liens d'affections locales. Le cosmopolite fait profession d'√™tre citoyen du monde entier, et de n'avoir en vue que les int√©r√™ts du genre humain. Le cosmopolitisme gagne √† mesure que le patriotisme devient moins √©troit et moins intraitable. La diffusion des lumi√®res, la multiplicit√© et la rapidit√© des communications, la suppression des barri√®res √©lev√©es entre les peuples par des pr√©jug√©s ou des int√©r√™ts aveugles, favorisent ses progr√®s. On lui a repproch√©, de fa√ßon assez simpliste, de risquer de diviser √† l'infini l'affection de l'humain pour ses semblables, et de la rendre ainsi inefficace : l'ami de tout le monde n'est que trop souvent l'ami de personne, mais cette affirmation pourrait tout aussi bien s'appliquer au patriotisme. L'un et l'autre cr√©ent aussi une apparence de vertu dont on s'accommode volontiers : tel homme, disait J.-J. Rousseau, confondant malencontreusement cosmopolitisme et go√Ľt de l'exotisme, fait profession d'aimer les Chinois, afin d'√™tre dispens√© d'aimer ses voisins. Peut-√™tre les termes d'humanisme ou d'universalisme rendraient-ils mieux les conceptions positives renferm√©es dans le mot cosmopolitisme, et √©viteraient-il les contre-sens. (B.).

Cosmos : ce mot grec, qui signe primitivement ordre, en vint à signifier l'ordre dans l'univers, puis l'univers lui-même. Les Pythagoriciens l'avaient déjà employé en ce sens.

Cosmothétique (kosmos = monde; tithèmi = placer) : Hamilton admet que nous avons la conscience immédiate du non-moi, du monde extérieur. Il appelle Idéalisme cosmothétique (Lectures on Metaphysics, Lect. XVI) le système de ceux qui rejettent cette doctrine.

C√īt√©. - En g√©om√©trie, c'est un segment de droite d'un polygone.

Courage. - Force morale face √† l'adversit√©, le danger, la soufrance. C'est une des quatre vertus reconnues par les Anciens (sagesse ou prudence, justice, courage, temp√©rance). Les Sto√Įciens d√©finissaient le courage  comme la vertu luttant pour l'√©quit√©. Il faut l'entendre le plus souvent dans le sens de grandeur d'√Ęme.

Courbe. - Ensemble de points qui forment une ligne continue.

Courbure (g√©om√©trie). - L'id√©e qui s'attache dans le langage ordinaire au mot courbure est √©videmment celle de d√©viation par rapport √† la forme rectiligne. : plus cette d√©viaion est brusque, plus la courbure est prononc√©e. Quand on compare des cercles de diff√©rents rayons, on dit que leur courbure est d'autant plus prononc√©e, que leur rayon est plus petit. Si l'on consid√®re, en effet, divers cercles tangents au m√™me point d'une droite, on reconna√ģt que plus leur rayon est petit plus vite ils se s√©parent de la droite. On est ainsi naturellement conduit √† prendre la fraction 1/R pour mesurer la courbure d'un cercle de rayon R. Mais s'il s'agit d'une courbe quelconque, la courbure change √©videmment d'un point √† l'autre; le cercle est la seule courbe plane o√Ļ elle soit constante.

Cr√©atianisme (de Creatio, de creatum, supin de creare = cr√©er) : doctrine d'apr√®s laquelle l'√Ęme humaine est cr√©√©e par Dieu au moment de la conception ou quand le corps est suffisamment pr√©par√©. (Traducianisme).

Création (de Creationem, de creatum, supin de creare = créer) : a) Sens strict Est factio alicujus de nihilo (Albert le Grand,Summa de Creaturis, Tract. I,
Quaest. I, Art. 2). Acte par lequel Dieu a tir√© du n√©ant tout ce qui existe. La doctrine de la cr√©ation est oppos√©e √† la th√©orie de l'√©manatioh et aux autres formes de panth√©isme. - Distinctions : Cr√©ation, an√©antissement, transformation, g√©n√©ration. La cr√©ation est la production d'une chose sans ma ti√®re pr√©existante (ex nihilo sui et subjecti); l'an√©antissement est la cessation totale de l'existence d'un √™tre, dans sa fore et sa mati√®re; la transformation est le passage d'une forme √† l'autre; la g√©n√©ration  est  une transformation substantielle propre aux √™tres vivants. -  Axiome : Rien ne se cr√©e, rien ne se perd, c'est-√†-dire que rien de nouveau n'est cr√©√© dans le monde sensible, et rien n'est an√©anti : il n'y a que des transformations.  - b) Cr√©ation continu√©e, nom que donne Descartes √† la conservation des choses par le Cr√©ateur. - c) Sens artistique : production de la forme d'une oeuvre d'art au moyen d'√©l√©ments pr√©existants. 

Créationnisme (de Création) : système qui explique l'origine du monde par l'action créatrice de Dieu.

Crédibilité (du latin scolastique Credibilitas, de credibilis = croyable, de credere = se fier) : ce qui rend une chose digne de créance. Les motifs de crédibilité sont les motifs qui donnent à la foi un fondement raisonnable.

Créditivité (de Creditum, supin de credere = se fier) : tendance naturelle qui nous porte à croire sur parole, sans preuves, ce que l'on nous dit. Elle tient le milieu entre l'incrédulité, qui refuse de croire malgré des motifs raisonnables de crédibilité, et la crédulité, qui ajoute foi à ce qui ne le mérite pas.

Cr√©dulit√© (Credulitas, de credulus, de credere = se fier)  : penchant de l'esprit √† admettre sans examen comme vrai tout ce qui est affirm√© par autrui. Cette facilit√© √† croire s'attache aux id√©es et aux faits qu'elles repr√©sentent; elle diff√®re donc de la confiance, qui repose sur les sentiments des autres, et qui est un penchant du coeur. Celle-ci est le propre d'une nature sensible, na√Įve et g√©n√©reuse; celle-l√† est le fait d'une intelligence faible et √©troite. La cr√©dulit√© a sa source dans l'ignorance et le manque de jugement aussi la trouve-t-on tr√®s d√©velopp√©e chez les enfants. C'est √† leur √Ęge qu'on peut en tirer parti pour les instruire, tandis que, si elle se prolonge et devient l'√©tat en quelque sorte normal de l'esprit, on ne l'exploite gu√®re qu'au profit de l'erreur. S'appliquant √† des r√©cits miraculeux et surnaturels, √† des visions, √† des apparitions, la cr√©dulit√© s'appelle superstition. Le penchant √† croire a pour corr√©latif la v√©racit√© ou le penchant √† dire vrai, et c'est sur ce double fondement que s'appuie l'autorit√© du t√©moignage des humains. La cr√©dulit√© est un instinct d'apr√®s Reid. (B.).-

Crible d'Eratosthène (arithmétique). - Tableau comprenant tous les nombres entiers, depuis 1 jusqu'à un nombre déterminé et dans lequel on barre tous ceux qui ne sont pas premiers absolus, de manière à n'avoir à la fin que ceux-ci. Pour arriver à ce résultat, à partir de 2 non compris, on barre tous les nombres de 2 en 2, puis à partir de 3 on les barre de 3 en 3, et ainsi de suite en partant du premier non effacé.

Crit√®re, Crit√©rium (Kriterion = ce qui sert √† juger, de krit√®s = juge, krin√ī = discerner, juger) : caract√®re d'un objet qui permet de le juger. - Le criterium ou le crit√®re est le signe, la marque distinctive de la v√©rit√©. On dit que l'√©vidence est le criterium de la v√©rit√© ou de la certitude.

Les scolastiques appellent critériologie la partie de la logique qui traite des critériums et en particulier de l'évidence.

Crit√©riologie (de krit√®rion = ce qui sert, √† juger, de krin√ī, discerner; logos = discours) : partie de la logique qui traite de la v√©rit√©, de l'erreur et de leurs crit√®res.

Criticisme (de Critique, d'apr√®s le type factice Criticismus) : 

a) au sens strict, le criticisme est la philosophie de Kant et de ses disciples. Kant, dans ses trois Critiques (de la Raison pure, de la Raison pratique et du Jugement), se propose pour but principal de d√©terminer la nature et les limites de nos facult√©s de conna√ģtre. 

La conclusion de la critique de la raison pure est que la raison ne peut p√©n√©trer dans le monde des √™tres v√©ritables, des noum√®nes et qu'elle tombe dans des contradictions in√©vitables (antinomies) toutes les fois qu'elle veut sp√©culer sur l'absolu. Elle ne peut donc affirmer sur les objets transcendantaux ni le pour, ni le contre. 

Par conséquent, ce scepticisme provisoire laisse le champ libre à la raison pratique qui, par le moyen des postulats (c'est-à-dire des conséquences qu'implique la loi morale ou l'impératif catégorique), rétablit notre croyance à la liberté, à la vie future, à Dieu. Il n'y a donc pas, comme on l'a répété trop souvent, de contradiction entre les deux principales critiques : la seconde complète la première et vient au secours de la raison convaincue d'impuissance.

La critique du jugement est une √©tude d'esth√©tique (jugement du go√Ľt) et une th√©orie des causes finales (jugement t√©l√©ologique.

Au criticisme de Kant (dont l'idée fondamentale se trouve dans David Hume qui eut le mérite, selon un mot bien connu, de réveiller Kant de son sommeil dogmatique) se rattache le mouvement philosophique de l'Allemagne et de tout le XIXe siècle : l'idéalisme subjectif de Fichte, l'idéalisme objectif de Hegel et le pessimisme de Schopenhauer.

Le n√©ocriticisme est l'√©cole fran√ßaise de Renouvier, qui a repris, en les corrigeant et en les compl√©tant, toutes les th√®ses fondamentales de Kant et a exerc√© une grande influence sur le mouvement philosophique en France et m√™me en Europe. 

¬ę Quelque chose manque chez Hume, dit Pillon l'id√©e de loi. Quelque chose est de trop chez Kant : l'id√©e de substance conserv√©e sous le nom de noum√®ne [...]. Il fallait tenir au ph√©nom√©nisme de Hume, l'apriorisme de Kant : √ß'a √©t√© l'oeuvre accomplie, au commencement de la seconde moiti√© du XIXe si√®cle, par M. Renouvier. ¬Ľ 
Pillon ajoute qu'il suffit de joindre l'apriorisme au phénoménisme pour rendre ce dernier compatible avec les croyances morales et avec les croyances postulées par la morale.

b) au sens large, le mot criticisme s'entend de toute doctrine qui donne à la question de la nature de la connaissance une solution subjectiviste ou idéaliste, c'est-à-dire fait dépendre la connaissance de la nature de l'esprit connaissant;

c) au sens tr√®s large, ce mot  d√©signe la tendance √† prendre, comme base de toute recherche philosophique, le probl√®me de la nature de la connaissance, quelle que soit d'ailleurs la solution qui y soit apport√©e.

Critique (Criticus, kritikos = qui d√©cide de quelque chose, de krin√ī = discerner , juger) : en g√©n√©ral, c'est l'examen d'une chose au point de vue de sa valeur. - On en distingue une grande vari√©t√© : Critique d'art : partie de l'esth√©tique, . - Critique de la v√©rit√© : c'est la logique critique, qui s'occupe des crit√®res.  - Critique de la valeur de la connaissance : partie de la m√©taphysique, etc.

Croyance (altération de créance, dérivé de croire) :

a) Sens large : synonyme d'opinion. 

b) Sens strict : confiance accord√©e √† un t√©moin. 

c) c'est le mode g√©n√©ral de conna√ģtre (Renouvier). 

d) science et croyance sont deux modes diff√©rents mais certains de conna√ģtre (Scolastiques).

Conna√ģtre ou savoir, c'est donner son adh√©sion √† une v√©rit√© √©vidente ou d√©montr√©e; croire, c'est donner son adh√©sion √† une proposition dont on affirme la certitude tout en reconnaissant l'impossibilit√© d'en donner une d√©monstration rigoureuse. La certitude morale implique toujours un √©l√©ment de croyance. D'une mani√®re g√©n√©rale, on peut dire que toute connaissance implique la croyance, mais si on n'emploie pas ce mot quand il s'agit d'√©nonc√©s rigoureusement d√©montr√©s, c'est qu'il semble que la croyance suppose toujours une certaine libert√© d'adh√©sion.

Cruciale (Exp√©rience) (de Crux, crucis = croix) : Bacon d√©signe par l'expression d'exp√©rience cruciale l'exp√©rience qui, √† elle seule, suffit pour entra√ģner l'adh√©sion et d√©cider l'esprit qui h√©site entre deux hypoth√®ses.

Cryptographie. -  Technique permettan de correspondre secr√®tement au moyen de signes convenus entre les parties int√©ress√©es.

Cubature (g√©om√©trie). - Faire la cubature ou le cubage d'un solide, c'est en √©valuer alg√©briquement ou num√©riquement le volume. Les m√©thodes g√©n√©rales pour la cubature des volumes constituent une des applications importantes du calcul int√©gral. 

Cube. - a) En arithm√©tique, c'est la troisi√®me puissance d'un nombre, c'est-√†-dire produit obtenu en faisant le produit de trois facteurs √©gaux √† ce nombre, ainsi 343 est le cube de 7, parce que 343 = 7 X 7 X 7; on exprime cela d'une mani√®re abr√©g√©e en √©crivant 73=343. - b) En g√©om√©trie,  c'est un poly√®dre compris sous six faces qui sont des carr√©s √©gaux, perpendiculaires les uns sur les autres. II peut facilement s'obtenir en prenant un carr√© quelconque, √©levant par ses quatre sommets des perpendiculaires √† son plan ayant m√™me longueur que son c√īt√©, et joignant les extr√©mit√©s de ces perpendiculaires par des lignes parall√®les aux c√īt√©s du carr√© de base. Au point de vue de la g√©om√©trie, le cube est un cas particulier du parall√©l√©pip√®de rectangle.

Curieux, curiosit√© (Curiosus, curiositas = soin √† rechercher, de cura = soin) : d√©sir, besoin de conna√ģtre.

Cybern√©tique (Kybern√®tik√®, de kybern√®r = pilote). - C'est Amp√®re qui a introduit ce terme en 1834 pour d√©signer la science qui s'occupe des modes de gouvernement. Norbert Wiener a repris ce terme en 1949 en d√©finissant la cybern√©tique comme "la science qui √©tudie les syst√®mes de contr√īle, et sp√©cialement d'autocontr√īle, tant des organismes que des machines".

Cyclo√Įde. - Courbe trac√©e par le d√©placement d'un point donn√© d'un cercle roulant sur une droite.

Cylindre. - Solide de r√©volution engendr√© par la r√©volution d'un rectangle BCDL tournant autour d'un de ses c√īt√©s CD, qu'on appelle axe du cylindre. La surface engendr√©e pendant le mouvement par la r√©volution du c√īt√© BL forme la surface lat√©rale du cylindre. Les cercles d√©crits par CR et DL constituent ses bases et les circonf√©rences d√©crites par B et L les circonf√©rences des bases. BL se nomme le c√īt√© ou l'ar√™te du cylindre; CD forme sa hauteur. - La surface lat√©rale d'un cylindre a pour mesure le produit de la circonf√©rence de sa base par la hauteur. - Le volume d'un cylindre est √©gal au produit de sa base par sa hauteur. - Le volume d'un cylindre est trois fois plus grand que celui du c√īne ayant m√™me base et m√™me hauteur. - On d√©signe d'une fa√ßon plus g√©n√©rale, en g√©om√©trie, sous le nom de surface cylindrique, toute surface engendr√©e par une ligne qui se meut parall√®lement √† elle-m√™me, l'un de ses points √©tant d'ailleurs assujetti √† suivre le contour d'une ligne donn√©e.

Cynique (Ecole), Cynisme  (Cynicus, kynikos, de ky√īn = chien) : fond√©e par Antisth√®ne. Elle fut nomm√©e ainsi √† cause du lieu,  le Cynosarge (Kynosarges), gymnase  d'Ath√®nes situ√© pr√®s du temple d'H√©racl√®s, o√Ļ il enseignait, et du genre de vie adopt√© par lui, qui se qualifiait de vrai chien, aploky√īn (aplous = simple ; kyon = chien), et par ses disciples, notamment Diog√®ne, dit Diog√®ne le Chien ou Diog√®ne le Cynique.

Les cyniques professaient que la vertu est le seul bien et qu'en cons√©quence les richesses, les arts ne sont que des superfluit√©s condamnables qui nous √©loignent de la nature. Ils prenaient pour patron H√©racl√®s, dieu de la force par cette id√©e de la force identifi√©e avec la nature ils eurent une r√©elle influence sur la philosophie sto√Įcienne qu'ils pr√©par√®rent. Antisth√®ne avait √©t√© disciple de Socrate.

Le mot cynisme, appliqu√© d'abord √† l'√Čcole cynique, signifie en g√©n√©ral le d√©dain des convenances sociales et des lois de la morale.

Cyr√©na√Įque (Ecole), Cyr√©na√Įsme (de Kyr√®na√Įkos, de Cyr√®ne, ville de la Pentapole de Lybie, en Afrique). - L'√©cole de Cyr√®ne fut fond√©e par Aristippe, disciple de Socrate, mais disciple peu fid√®le a la doctrine du ma√ģtre. Il enseignait que le plaisir est le seul bien; qu'il faut passer, selon les circonstances, d'un plaisir √† un autre plaisir, puisque ceux des sebs valent ceux de l'esprit.

Le cyr√©na√Įsme pr√©para l'√©picurisme, mais Epicure distingua les plaisirs en repos et les plaisirs en mouvement, c'est-√†-dire, au fond, ceux de l'esprit et ceux des sens, en recommandant de chercher les premiers et de fuir les autres l'√©picurisme transforma donc le cyr√©na√Įsme en une morale presque aust√®re. Ce sont n√©anmoins deux formes de la morale du plaisir. (H√©donisme).

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