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Dictionnaire des idées et méthodes
C
C. - La lettre C sert en logique classique √† deux usages, selon qu'elle est plac√©e au commencement ou dans le corps des mots. Au commencement des mots, elle sert d'abord d'initiale au mode Celarent de la premi√®re figure et on la donne ensuite pour initiale aux noms des modes des autres figures qui doivent se modeler sur le mode Celarent, quand on veut les ramener √† la premi√®re figure. 

Dans le corps des mots, la lettre C indique que la proposition désignée par la voyelle précédente doit être convertie par contraposition, quand on veut ramener le mode désigné à la première figure. (G. P.).

En math√©matiques, d√©signe l'ensemble des nombres complexes (voir plus bas). (,+,*) a une structure de corps commutatif.

Cabale ou Kabbale. -  S√©rie de sp√©culations consid√©r√©es comme une partie de la philosophie juive. C'est une tradition √©sot√©rique et mystique qui se consacre √† la compr√©hension des suppos√©s enseignements cach√©s de la Torah (les textes sacr√©s du juda√Įsme) et √† la recherche de la connaissance mystique de Dieu. Elle est divis√©e en plusieurs √©coles de pens√© (Cabale juive classique (ou Lourianique), Cabale hassidique, etc.). La Cabale a profond√©ment influenc√© la pens√©e religieuse et √©sot√©rique, y compris l'√©sot√©risme chr√©tien (il existe une cabale chr√©tienne)  et la franc-ma√ßonnerie. Elle a √©galement inspir√© de nombreux √©crivains, artistes et penseurs. La Cabale utilise souvent la gematria, un syst√®me num√©rique h√©breu, pour attribuer des valeurs num√©riques aux lettres h√©bra√Įques et aux mots. Ces valeurs num√©riques sont ensuite utilis√©es pour d√©couvrir des significations cach√©es dans les textes sacr√©s.

Calcul (mathématiques). - Ce terme général désigne ordinairement l'ensemble des opérations qui ont pour but d'obtenir soit un résultat numérique, soit une expression littérale répondant à. une question déterminée (opérations arithmétiques, calcul algébrique, résolution des équations, etc.). Plusieurs parties spéciales de l'analyse mathématique portent le nom de calcul suivi d'une épithète qui particularise la branche de mathématiques dont il s'agit.

Calcul différentiel. - C'est un type de calcul qui a pour but de calculer les différentielles, et de les appliquer à diverses questions d'analyse et de géométrie.

Calcul int√©gral. - C'est l'inverse du calcul diff√©rentiel : il consiste √† remonter d'une d√©riv√©e ou d'une diff√©rentielle donn√©e √† la fonction d'o√Ļ elle a pu √™tre d√©duite. Soit une fonction f de la variable x, on note f(x).dx sa diff√©rentielle; et f(x).dx son int√©grale.

Calendrier. - Système de division du temps en années, mois, semaines et jours.

Calorimétrie. - Branche de la physique consacrée à l'étude des quantités de chaleur et plus largement à l'étude des échanges thermiques.

Camestres : mode de la deuxième figure du syllogisme.

Cambridge (√©coles de). - On conna√ģt sous ce nom : a) l'√©cole platonicienne de Cambridge, au XVIIe si√®cle (ci-dessous).  - b) l'√©cole analytique de Cambridge, qui correspond  √† un ensemble de logiciens du XXe si√®cle, qui partagent moins une doctrine qu'une m√©thode, et chez qui on discerne l'influence des travaux de G. E. Moore : Alfred J. Ayer, R. B. Braithwaite, K. Britton, A. E. Duncan-Jones, Margaret MacDonald, C. A. Mace, John Wisdom, etc.

Cambridge (platoniciens de). - L'√©cole platonicienne de Cambridge s'est d√©velopp√©e au XVIIe si√®cle √† l'universit√© de Cambridge en Angleterre et a jou√© un r√īle important dans la diffusion des id√©es platoniciennes en Europe occidentale. Elle  notamment contribu√© √† la r√©flexion sur la m√©taphysique, la religion et l'√©thique.

‚ÄĘ John Smith (1618-1652) √©tait un th√©ologien et philosophe qui a jou√© un r√īle cl√© dans le d√©veloppement de la philosophie platonicienne √† Cambridge. Il est surtout connu pour ses Select Discourses ( = Discours choisis) dans lesquels il discute des id√©es platoniciennes sur l'√Ęme et la connaissance.

‚ÄĘ Ralph Cudworth (1617-1688) √©tait un philosophe et th√©ologien, auteur de The True Intellectual System of the Universe ( = Le v√©ritable syst√®me intellectuel de l'univers), un ouvrage qui a d√©fendu les id√©es platoniciennes et a critiqu√© le mat√©rialisme m√©caniste de l'√©poque.

‚ÄĘ Henry More (1614-1687) √©tait un philosophe et un ami proche de Cudworth. Il  a √©crit sur des sujets tels que l'√Ęme, la religion et la m√©taphysique.

‚ÄĘ Anthony Ashley Cooper, comte de Shaftesbury (1671-1713), bien qu'il soitoit g√©n√©ralement associ√© √† l'√©cole platonicienne de Cambridge, est venu plus tard, √† la fin du XVIIe si√®cle. Il a toutefois lui aussi contribu√© √† populariser certaines id√©es platoniciennes en Angleterre et a jou√© un r√īle dans le d√©veloppement de la philosophie morale.

 ‚ÄĘ Samuel Clarke (1675-1729) √©tait un th√©ologien et un philosophe n'√©tait peut-√™tre pas strictement li√© √† l'√©cole platonicienne de Cambridge, mais il a toutefois contribu√© lui aussi √† la promotion de la philosophie platonicienne en Angleterre.

Cancel culture = culture de l'annulation. - Ph√©nom√®ne social o√Ļ les individus ou les entreprises sont cibl√©s et critiqu√©s publiquement, souvent sur les m√©dias sociaux (qui favorisent et amplifient les effets de meute) en raison de leurs actions ou de leurs propos consid√©r√©s comme offensants, inappropri√©s ou socialement inacceptables. Cela peut se traduire par des appels √† boycotter des personnes, des produits, des entreprises, ou encore √† exiger des sanctions, d√©bouchant sur des pertes d'emplois ou de contrats. Les raisons de cette annulation peuvent varier, allant de discours haineux et de comportements discriminatoires √† des opinions politiques controvers√©es. Les partisans de la cancel culture (qui parfois sont tellement enferm√©s dans cette perspective de l'annulation vont jusqu'√† son existence...) soutiennent qu'elle permet de responsabiliser les individus ou les organisations pour leurs actes nuisibles, d'amener des changements positifs dans la soci√©t√© et de donner une voix aux groupes marginalis√©s. En revanche, ses critiques estiment que la cancel culture peut aller trop loin, poussant √† des r√©actions excessives, √† des atteintes √† la libert√© d'expression et √† la culture du lynchage public. Certains consid√®rent que la cancel culture peut favoriser un climat de peur o√Ļ les gens s'autocensurent de peur des cons√©quences potentielles. (Wokisme).

Canon (Kan√īn = barre, r√®gle) : a) r√®gles pratiques des m√©thodes inductives; Stuart Mill , en particulier, a donn√© le nom de canons √† ses quatre m√©thodes d'induction : concordance, diff√©rence, r√©sidus, variations concomitantes.; b) Kant appelle ainsi l'ensemble des principes a priori de l'usage l√©gitime de certaines facult√©s de conna√ģtre. La raison sp√©culative n'a pas de canon; car elle est incapable d'arriver seule √† la connaissance de l'objet. Kant se borne donc √† donner le canon de la raison pratique

Canonique : nom donn√© √† la partie logique du syst√®me d'Epicure (Epicurisme), qui, lui-m√™me, en avait √©crit les principes dans un livre intitul√© Canon. La Canonique est le fondement de la Physique d'√Čpicure, laquelle, √† son tour, sert de base √† sa Morale. Destin√©e √† donner aux humains le moyen de discerner le vrai du faux, elle enseigne que toute √©vidence r√©side dans les sensations, comme en physique toute r√©alit√© r√©side dans les corps. C'est des sensations que l'√©vidence se transmet aux anticipations ou prolepses, qui sont la repr√©sentation collective d'un grand nombre de ph√©nom√®nes ant√©rieurement per√ßus, l'empreinte que laisse de soi la sensation plusieurs fois r√©p√©t√©e; ce qui correspondrait aux notions g√©n√©rales form√©es par abstraction, si ces derni√®res ne comportaient une extension illimit√©e qu'on ne trouve pas dans la prolepse d'Epicure. Ainsi, celle-ci ne consistant que dans la sensation r√©it√©r√©e, et n'ayant, √† ce titre, d'autre √©vidence que celle de la sensation, la Canonique est, en somme, une logique toute mat√©rialiste, parfaitement en rapport avec la physique des atomes et la morale du plaisir. (B-E).

Capabilit√©. - Capacit√© ou l'aptitude d'une personne, d'une organisation ou d'un syst√®me √† accomplir une t√Ęche, √† atteindre un objectif ou √† r√©pondre √† un besoin sp√©cifique. L'approche des capabilit√©s a √©t√© d√©velopp√©e par Amartya Sen (n√© en 1933) et Martha Nussbaum (n√©e en 1947), qui se sont concentr√©s sur la capacit√© des individus √† mener la vie qu'ils souhaitent, en mettant l'accent sur les ressources et les possibilit√©s dont ils disposent pour atteindre leurs objectifs, plut√īt que sur leur revenu ou leur richesse mat√©rielle.

Capacité. - On nomme capacité (du latin capere, contenir) l'aptitude de l'esprit à subir des modifications, telles que les sensations, les sentiments, les idées. Ce mot s'oppose à celui de faculté, qui signifie le pouvoir qu'a l'esprit de produire par lui-même des phénomènes, tels que les déterminations volontaires, les opérations intellectuelles, et certains mouvements du corps. Les capacités sont passives, et les facultés actives. On attribue à la sensibilité les sensations, les sentiments, etc.; à l'intelligence, les idées; à l'activité, tous les actes de l'esprit; par conséquent, la sensibilité et l'intelligence sont de vraies capacités, et l'activité seule est une faculté. Mais l'usage prévaut de donner le nom commun de faculté à toutes les puissances de l'esprit. (B.).

Capital (Capitalis, de caput = tête). - Le sens étymologique est capitalis pars debiti, c'est-à-dire la somme due par opposition aux intérêts ; or cette somme constitue le principal. - Définition au sens économique : tout bien économique applicable à la production.

Capitalisme : ce mot signifie tant√īt : a) les abus que les possesseurs du capital peuvent commettre dans leurs rapports avec les travailleurs; b) le r√©gime √©conomique dans lequel les capitaux (au sens d'instruments de production de la richesse) n'appartiennent pas √† ceux qui les rendent productifs par leur travail.

Caract√®re (Charakt√®r = empreinte, signe distinctif, de charass√ī = marquer d'une empreinte) : a) Tout attribut ou qualit√© faisant partie de la compr√©hension d'une notion : d'o√Ļ, par exemple, les caract√®res essentiels, accidentels, propres, communs, dominateurs, subordonn√©s. - b) Mani√®re habituelle de penser, sentir et agir qui distingue un individu d'un autre.

Caract√©ristique (Charakteristikos  = ce qui sert √† distinguer) : a) les signes caract√©ristiques sont des marques qui, sans avoir la rigueur d'une d√©finition, servent √† distinguer un objet. -b) En math√©matiques on appelle caract√©ristique la partie enti√®re d'un logarithme.

Caract√©ristique universelle : c'est un syst√®me de caract√®res qui seraient combin√©s de fa√ßon √† exprimer toutes les id√©es. Leibniz con√ßut le projet de composer une Caract√©ristique universelle ou Sp√©cieuse (c'est-√†-dire Alg√®bre) g√©n√©rale, qui aurait √©t√© tout ensemble une langue philosophique internationale et une logique algorithmique. D√®s l'√Ęge de dix-neuf ans, ce philosophe avait expos√© quelques-unes de ses vues √† ce sujet et en avait essay√© certaines applications dans une dissertation intitul√©e : de Arte combinatoria (t. II de l'√©dition de Dutens). Son dessein √©tait de fixer un certain nombre de caract√®res "r√©pondant √† l'analyse des pens√©es" (Commercium epistolium, epist. VII ad D. Bourguet), et dont les combinaisons simples et faciles eussent permis d'op√©rer ta composition et la d√©composition de toutes les id√©es, avec l'exactitude des op√©rations alg√©briques. Leibniz ne donna pas suite √† ce projet; mais diff√©rents passages de ses √©crits et son √Čloge par Fontenelle attestent l'importance qu'il n'avait pas cess√© d'y attacher. (B-E).

Cardinal : nombre d'√©l√©ments dans un ensemble fini. 

Care (√©thique du) (en anglais : to care = se soucier). - Courant philosophique et √©thique qui met l'accent sur l'importance des relations interpersonnelles, du soin mutuel et de l'attention aux besoins des autres, ainsi que sur le r√īle central des √©motions et des sentiments dans la moralit√© et l'√©thique. Car, contrairement √† certaines approches √©thiques qui privil√©gient la rationalit√© et la logique, l'√©thique du care que les  √©motions et les sentiments  sont des √©l√©ments cruciaux dans le processus de prise de d√©cision √©thique. Les √©motions sont consid√©r√©es comme des signaux importants pour identifier les besoins des autres et y r√©pondre de mani√®re appropri√©e. L'√©thique du care est aussi une √©thique de la responsabilit√© envers les autres, en particulier envers les individus vuln√©rables ou n√©cessitant de l'attention et des soins. Elle encourage une sollicitude active envers les autres et la soci√©t√© dans son ensemble. Cette √©thique trouve ses racines dans les mouvements f√©ministes et dans la critique de la vision traditionnelle de l'√©thique, souvent centr√©e sur des principes universels et abstraits. Elle remet en question ces approches et souligne l'importance de prendre en compte les contextes concrets, les diff√©rences individuelles et les rapports de pouvoir. Plusieurs philosophes ont contribu√© de mani√®re significative √† la formulation et √† l'expansion de l'√©thique du care en tant que champ philosophique distinct. Citons :

‚ÄĘ Carol Gilligan est consid√©r√©e comme l'une des pionni√®res de l'√©thique du care. Son livre Une voix diff√©rente : Pour une √©thique du care" (1982) a eu un impact majeur en mettant en lumi√®re les diff√©rences de perception √©thique entre les hommes et les femmes. Elle a soulign√© l'importance des relations, de l'empathie et de la responsabilit√© dans les d√©cisions morales.

‚ÄĘ Nel Noddings est une philosophe de l'√©ducation. Elle a contribu√© de mani√®re significative √† l'√©thique du care  en d√©veloppant le concept d'√©thique de la sollicitude dans ses travaux, et en soulignant l'importance des relations et de la sollicitude mutuelle comme fondements de l'√©thique.

 ‚ÄĘ Eva Feder Kittay est une philosophe et militante qui s'est in√©tress√©e aux probl√©matiques en relation avec les personnes ayant des besoins sp√©ciaux et les personnes en situation de handicap. Elle a promu l'id√©e de la sollicitude maternelle comme mod√®le d'√©thique du care.

  ‚ÄĘ Virginia Held est une philosophe qui a soulign√© l'importance de la relation et de la confiance mutuelle dans la prise de d√©cisions √©thiques. Elle a √©crit plusieurs ouvrages influents, dont The Ethics of Care: Personal, Political, and Global (2006).

  ‚ÄĘ Joan Tronto est une philosophe politique qui a travaille sur la relation de l'√©thique du care avec la politique. Elle a d√©velopp√© une th√©orie √©largie de la citoyennet√© qui int√®gre les principes de sollicitude et d'attention dans le domaine politique.

 ‚ÄĘ Annette Baier a analys√© les notions de confiance et de d√©pendance dans les relations √©thiques. Elle a √©tudi√© la fa√ßon dont ces √©l√©ments influencent nos obligations morales.

Carpologie (botanique), de karpos = fruit, et logos = description. - On nomme ainsi l'étude du fruit dans son ensemble.

Carr√©. - En arithm√©tique, c'est la seconde puissance d'un nombre. Le carr√© de x est not√© x¬≤ et vaut x multipli√© par x (ex. : 3¬≤ = 3x3=9); en g√©om√©trie, un carr√© est une figure plane de quatre c√īt√©s √©gaux et quatre angles droits.

Carte*. - En géographie, c'est une représentation plane, à une échelle réduite, d'une portion plus ou moins grande du globe terrestre. - On peut aussi construire sur le même principe des cartes du ciel (cartes célestes) qui sont des représentations du ciel.

Carte conceptuelle = carte mentale = diagramme conceptuel. - Outil visuel qui permet de repr√©senter des id√©es et des concepts de mani√®re structur√©e  et hi√©rarchique. Les cartes conceptuelles sont utilis√©es pour organiser l'information, clarifier les relations entre les concepts et faciliter la compr√©hension, la m√©morisation et la communication des connaissances. Au centre de la carte conceptuelle, on trouve un concept ou une id√©e principale qui est le sujet ou le th√®me principal de la carte. C'est √† partir de ce concept central que les autres id√©es se ramifient. Celles-ci sont repr√©sent√©s sous forme de noeuds ou de bulles. Ces noeuds sont reli√©s au concept central par des branches qui montrent la relation entre le concept central et les concepts associ√©s. Des mots-cl√©s ou des phrases courtes sont utilis√©s pour repr√©senter les concepts. Les branches peuvent √™tre √©tiquet√©es pour pr√©ciser la nature de la relation (par exemple, "cause de", "exemples de", "cons√©quences de", etc.). Les cartes conceptuelles peuvent √™tre organis√©es de mani√®re hi√©rarchique, avec des concepts plus g√©n√©raux en haut de la carte et des concepts plus sp√©cifiques en bas. Elles peuvent aussi se d√©velopper en arborescence, avec des sous-concepts qui se ramifient √† partir de concepts plus g√©n√©raux. Cela permet de mieux saisir la complexit√© des relations repr√©sent√©es.

Cartel : association économique, fondée entre producteurs de marchandises ou denrées similaires, dans le but de prévenir la surproduction et d'empêcher la baisse des prix.

Cart√©sianisme. - Ce mot designe la philosophie et l'√©cole de Descartes (en latin Cartetesius).  Il d√©signe ainsi d'une mani√®re g√©nerale le mouvement philosophique qui s'est accompli au XVIIe si√®cle sous l'influence de ce philosophe.

Quand Auguste Comte met les mathématiques à la base des sciences, il se montre pénétré de l'esprit cartésien, dont la tendance générale consiste à tout expliquer mathématiquement et à ramener le problème de l'univers à un problème de mécanique.

Cependant Leibniz a pu dire que ¬ę le cart√©sianisme est l'antichambre de la v√©rit√© ¬Ľ, car il surajoutait son dynamisme au m√©canisme de Descartes. C'est vers le milieu du XVIIIe si√®cle, √†, l'√©poque o√Ļ les doctrines de Locke et un peu plus tard, dans la pr√©face de l'Encyclop√©die, celles de Bacon firent √©chec aux doctrines de Descartes qu'il faut placer la fin de l'√©cole cart√©sienne proprement dite.

Leibniz a dit encore que le spinozisme est un ¬ę-cart√©sianisme immod√©r√© ¬Ľ, et, par Spinoza, Descartes a exerc√© une grande influence sur la philosophie allemande du XIXe si√®cle.

Cart√©siennes (courbes). - On appelle cart√©siennes ou ovales de Descartes les courbes qui ont en coordonn√©es bipolaires des √©quations lin√©aires, on les appelle aussi courbes aplan√©tiques; elles jouissent d'une propri√©t√© optique remarquable : si un rayon lumineux √©man√© d'un p√īle se r√©fracte sur la courbe, il vient apr√®s r√©fraction passer par l'autre p√īle, pourvu que l'indice de r√©fraction bien entendu ait une valeur qui d√©pend des constantes qui entrent dans l'√©quation de la courbe.

Les Cartésiennes sont des anallagmatiques et peuvent se définir des courbes du 4e degré ayant les ombilics du plan pour points de rebroussement. L'équation d'une cartésienne peut se ramener à la forme :

(x² + y² +px + k²)2 + c (x² + y²) = 0,

p, k, c désignant des constantes. (H. Laurent.)

Cartographie. - Partie de la science géographique qui s'occupe de la confection des cartes

Cette science a √©t√© tr√®s imparfaitement connue des Anciens, et les a jet√©s. souvent dans des erreurs consid√©rables. Elle servit n√©anmoins aux Modernes; mais elle para√ģt, s'√™tre perdue √† partir du Ve si√®cle de notre √®re. On la voit repara√ģtre au XVe s  o√Ļ elle a produit d'importants et nombreux travaux; mais ce n'est que dans la seconde moiti√© du XVIe si√®cle que la cartographie rena√ģt v√©ritablement. Elle a acquis plus de perfection aux XVIIe et XVIIIe si√®cles, et de nos jours, notamment gr√Ęce √† l'informatique, qui est est √† la base des SIG (syst√®mes d'information g√©ographique).
Cas paradigmatique (argument du). - Raisonnement qui repose sur des exemples ou des cas typiques pour illustrer ou soutenir une id√©e, une th√®se ou une argumentation. Cet argument est souvent utilis√© pour montrer que quelque chose est correct, appropri√©, ou qu'il existe une norme √©tablie bas√©e sur des cas exemplaires. L'id√©e est que si un cas particulier est un exemple typique d'une cat√©gorie, alors il peut √™tre utilis√© pour justifier des g√©n√©ralisations ou des conclusions plus larges. L'argument du cas paradigmatique peut √™tre un outil puissant pour illustrer des principes, √©tablir des normes ou renforcer une th√®se. Cependant, ce type d'argument repose sur des g√©n√©ralisations √† partir de cas particuliers, ce qui peut parfois √™tre probl√©matique si les exemples donn√©s ne sont pas v√©ritablement repr√©sentatifs de la cat√©gorie ou si des exceptions significatives existent. 

Casualisme (de casus, hasard). - Point de vue suivant lequelles √©v√©nements et leur succession peuvent comporter une part de hasard. (Le casualisme s'oppose g√©n√©ralement au d√©terminisme, qui affirme que chaque √©v√©nement est d√©termin√© par des causes ant√©rieures de telle mani√®re que, √©tant donn√©es certaines conditions initiales, l'avenir est in√©luctable. Le casualisme soutient plut√īt que les √©v√©nements sont influenc√©s par des causes, mais que l'avenir n'est pas n√©cessairement pr√©d√©termin√© et peut comporter une certaine dose d'ind√©termination ou de libert√©. Le casualisme est souvent li√© √† la question du libre arbitre et √† celle de la responsabilit√© morale. Si l'on adh√®re √† une perspective casualiste, on peut soutenir que les individus ont une certaine marge de manoeuvre pour agir de mani√®re ind√©pendante des causes ext√©rieures, ce qui peut avoir des implications pour la mani√®re dont nous comprenons la responsabilit√© de nos actions. La question du casualisme a des implications importantes dans les domaines de la philosophie de l'action, de l'√©thique, de la m√©taphysique etde  la philosophie de la science. Certains philosophes ont cherch√© √† concilier le casualisme avec le d√©terminisme, tandis que d'autres ont d√©fendu des positions plus radicalement casualistes. 

Casualité. - Relation établie entre la cause et l'effet. Le sens de ce terme est plus large que celui de la causalité, car la casualité n'implique pas un déterminisme strict entre la cause et l'effet.

Casuistique (de Casuiste, de casus = cas de conscience) : c'est la partie de l'√©thique qui √©tudie l'application des principes d'une morale aux cas particuliers que font na√ģtre les conflits des devoirs.

Catadioptrique. - Compos√© des deux mots catoptrique et dioptrique, et r√©sumant les deux branches de la physique, et plus sp√©cialement de l'optique, qui ont pour objet l'√©tude de la r√©flexion de la lumi√®re √† la surface des corps et l'√©tude de la transmission de la lumi√®re au travers des corps transparents. La catadioptrique s'applique √† tout ce qui appartient √† la fois √† ces deux branches et particuli√®rement √† l'√©tude des instruments d'optique qui r√©unissent les effets combin√©s de la r√©flexion et de la r√©fraction. 

Cataleptique (du grec katalamban√©in, saisir, embrasser, comprendre), se disait, dans la philosophie sto√Įciennne, d'une id√©e que l'√Ęme a la facult√© de saisir, de recevoir d'un objet r√©ellement, existant, dont elle conna√ģt par l√† m√™me la nature et les caract√®res, imprim√©s dans l'id√©e comme la forme exacte du cachet sur la cire. C'est ce que l'on appelle une id√©e conforme √† son objet.

Catasyllogisme, nom que les commentateurs du temps de la Renaissance des lettres donn√®rent √† un d√©faut de raisonnement, ou plut√īt √† une imprudence d'argumentation indiqu√©e par Aristote (Premiers analytiques, 1. II, ch. 19), et qui consiste √† laisser l'adversaire prendre ses avantages, en lui accordant trop facilement les propositions √† l'aide desquelles il pourra d√©montrer syllogistiquement la th√®se qu'il soutient. (B-E).

Catégorématique (Katègorèmatikos, de katègorèma = spécification du sujet) : un terme catégorématique est celui qui a par lui-même une signification (par exemple, les substantifs) : homme, chaise. - S'oppose à Syncatégorématique.

Cat√©gor√®me, en grec kat√®gor√®ma, terme de logique, synonyme d'attribut, de pr√©dicat et d'universaux, para√ģt avoir √©t√© employ√© surtout par les dialecticiens de l'√Čcole sto√Įcienne.  Il est mentionn√© dans ce sens par Cic√©ron dans un passage des Tusculanes (IV, 9). (B.).

Cat√©gorie (Kat√®goria, de kat√®gore√ī = affirmer : a) Les Cat√©gories ou Pr√©dicaments sont les diff√©rentes classes auxquelles on peut ramener les id√©es g√©n√©rales et qui ne peuvent √™tre ramen√©es √† aucune autre au-dessus d'elles. C'est, le sens des Aristot√©liciens et des Scolastiques.  Dans sa M√©taphysique, Aristote classait l'√™tre en en diff√©rentes cat√©gories ou genres, qui forment une hi√©rarchie :

‚ÄĘ La substance (ousia  ti estin) est l'essence m√™me d'un √™tre, ce qui le rend ce qu'il est. Il distingue deux types de substances :
 + La substance premi√®re est une entit√© individuelle et concr√®te, comme un objet particulier ou un √™tre vivant sp√©cifique.

+ La substance seconde est l'essence générale d'une classe d'individus, c'est-à-dire la nature commune à tous les membres d'une même espèce. Par exemple, l'essence commune à tous les hommes.

‚ÄĘ La quantit√© (poson) : La quantit√© concerne la mesure et l'√©tendue spatiale d'un √™tre. Cela inclut des concepts comme la taille, la longueur, la largeur, etc.

 ‚ÄĘ La qualit√© (poion) : Les qualit√©s d√©terminent ce qu'est une substance. Elles peuvent √™tre des propri√©t√©s physiques (comme la couleur), des propri√©t√©s intellectuelles (comme la sagesse), etc.

‚ÄĘ La relation (pros ti) : Les relations expriment la mani√®re dont une chose est li√©e √† une autre. Par exemple, la parent√©, la ma√ģtrise, etc.

‚ÄĘ Le temps (pote) est la mesure du changement dans le monde. Il permet de situer les √©v√©nements dans une s√©quence chronologique.

‚ÄĘ La situation (keisthai) concerne la mani√®re dont une substance est dispos√©e par rapport √† d'autres. Elle englobe des concepts comme la posture, la position, etc.

 ‚ÄĘ Le lieu (pou)  est l'endroit o√Ļ une substance existe. Il s'agit de la position spatiale d'un √™tre.

‚ÄĘ L'action (poiein) repr√©sente ce qu'une substance fait ou peut faire. C'est l'expression de la capacit√© d'agir d'une entit√©.

 ‚ÄĘ La passion (paschein) concerne ce qui arrive √† une substance, ce qu'elle subit. Cela peut inclure des √©v√©nements ext√©rieurs qui affectent la substance.

- b) Pour Kant, ce sont les concepts fondamentaux de l'entendement pur.

Cat√©gorielle (fermeture). - Concept  souvent associ√© √† la pens√©e de Wilfrid Sellars (1912-1989) et √† son ouvrage influent intitul√© Empiricism and the Philosophy of Mind ( = Empirisme et la philosophie de l'esprit). Dans son travail, Sellars d√©veloppe l'id√©e de la fermeture cat√©gorielle pour discuter de la relation entre les concepts empiriques (bas√©s sur l'exp√©rience sensorielle) et les concepts scientifiques ou th√©oriques dans la philosophie de l'esprit. Il soutient que la philosophie traditionnelle, en particulier l'empirisme classique, souffrait d'une lacune entre les concepts empiriques et les concepts scientifiques. Il a utilis√© l'id√©e de la fermeture cat√©gorielle pour illustrer cette faille. Selon Sellars, les concepts empiriques, tels que les descriptions sensorielles et les croyances bas√©es sur l'exp√©rience, ne peuvent pas rendre compte d'eux-m√™mes ni expliquer pleinement les concepts scientifiques. En d'autres termes, il y a une discontinuit√© entre le domaine des ph√©nom√®nes observables et le domaine des entit√©s th√©oriques ou non observables, telles que les particules subatomiques en physique. Le philosophe plaide d√®s lors en faveur de la n√©cessit√© de surmonter cette fermeture cat√©gorielle en d√©veloppant une image scientifique du monde, o√Ļ les concepts empiriques sont int√©gr√©s dans un cadre conceptuel plus large qui englobe les concepts scientifiques. Il a sugg√©r√© que les entit√©s th√©oriques et les concepts scientifiques devraient √™tre trait√©s comme faisant partie int√©grante de notre vision du monde, et que la philosophie devrait contribuer √† cette int√©gration.

Cat√©gorique. - Aristote appelle proposition cat√©gorique  la proposition universelle affirmative, ou simplement la proposition affirmative, par opposition √† la proposition hypoth√©tique. Le syllogisme ou raisonnement cat√©gorique est celui qui est compos√© de de propositions cat√©goriques. - Kant et d'autres √©crivains modernes entendent par propositions cat√©goriques celles qui expriment la simple, attribution, par opposition aux propositions modales, qui joignent √† l'attribution l'indication de sa contingence ou de sa n√©cessit√©. Dans la philosophie de Kant, l'imp√©ratif cat√©gorique c'est la loi morale en tant qu'elle s'impose √† la conscience comme un devoir absolu. (B-E).

Catharsis (du grec őļő¨őłőĪŌĀŌÉőĻŌā, katharsis). - Concept philosophique et litt√©raire qui a √©t√© introduit par Aristote dans sa Po√©tique, et qui a √©t√© interpr√©t√© de diff√©rentes mani√®res au fil de l'histoire de la philosophie et de la th√©orie litt√©raire. Aristote associe la catharsis √† la trag√©die grecque. Il sugg√®re que la trag√©die a la capacit√© de susciter la catharsis des √©motions chez le spectateur, en particulier de la piti√© et de la terreur. Il explique que la trag√©die permet au spectateur de ressentir ces √©motions de mani√®re purgative, ce qui a pour effet de purifier l'√Ęme et d'apporter une forme de soulagement √©motionnel. Apr√®s lui, certains ont vu encore la catharsis comme un processus de purification ou de gu√©rison des √©motions, tandis que d'autres l'ont interpr√©t√© comme une forme de sublimation des √©motions en art. Dans tous les cas, la catharsis est souvent associ√©e √† la fonction de l'art et de la litt√©rature, en particulier de la trag√©die, dans la soci√©t√© en tant qu'outil pour analyser les √©motions et les exp√©riences humaines.

Causale (proposition). - Une proposition causale est une proposition composée contenant deux propositions liées par, un de ces mots qui impliquent entre elles un rapport de cause à effet, tels que parce que, afin que, en tant que, et leurs synonymes. On peut réduire à ces sortes de propositions celles qu'on appelle réduplicatives ( la Logique de Port-Royal, Ile partie chap. IX). (B-E).

Causalit√© (d√©riv√© de Causal). - La causalit√© est l'acte de la cause en tant que cause, le lien r√©el qui unit la cause √† son effet. Ce mot s'emploie surtout dans l'expression principe de causalit√©. Le principe de causalit√© ne doit pas √™tre formul√© ¬ę Tout effet a une cause ¬Ľ, ce qui n'est qu'une tautologie, mais ¬ę Tout ce qui commence d'exister, tout ce qui arrive a une cause-¬Ľ. La conscience nous fournit l'id√©e de cause, et la raison nous fait concevoir le principe de causalit√©.

Causalit√© (perception de la). - Identification des causes qui conduisent √† des effets ou fait de reconna√ģtre comment certaines actions ou √©v√©nements sont responsables de r√©sultats sp√©cifiques. Cette capacit√© est un aspect essentiel de notre cognition,. Elle nous permet d'√©laborer notre compr√©hension du monde et de la r√©alit√©. Elle nous permet aussi de faire des pr√©dictions, de prendre des d√©cisions, d'apprendre de nos exp√©riences, et de cr√©er des mod√®les mentaux de la fa√ßon dont les choses fonctionnent. Nous la mettons en oeuvre en utilisant des indices et des observations pour tirer des conclusions sur les causes possibles d'un √©v√©nement ou d'un ph√©nom√®ne; c'est l'inf√©rence causale. Par exemple, si nous voyons un objet tomber, nous faisons l'inf√©rence que la gravit√© est la cause de cette chute. Lorsque nous sommes capables de relier des √©v√©nements apparemment ind√©pendants en identifiant une relation de cause √† effet, on parle d'appariement des causes et des effets. La perception de la causalit√© est √©troitement li√©e √† notre capacit√© d'apprendre par l'exp√©rience. Nous tirons des le√ßons des cons√©quences de nos actions et des √©v√©nements que nous observons, ce qui nous permet de nous adapter √† notre environnement. Notre perception de la causalit√© n'est pas toujours parfaite. Parfois, nous pouvons faire des erreurs en attribuant une cause incorrecte √† un effet ou en ne reconnaissant pas la v√©ritable relation de cause √† effet. Les biais cognitifs peuvent influencer notre perception de la causalit√©.

Cause (Causa, primitivement signifie proc√®s; probablement de caveo = prendre garde) : sens g√©n√©ral : la cause est ce en vertu de quoi un √™tre est ce qu'il est; c'est le principe d'une nouvelle existence, ce qui fait qu'une chose est ou s'op√®re. Cette d√©finition convient aux diverses esp√®ces de causes. Distinctions : a) Cause premi√®re, Dieu. - b) Causes secondes, les cr√©atures. - c) Cause occasionnelle( du bas latin occasionalis, de occasio = occasion), conditionnelle, l'occasion et la condition, qui ne sont pas de vraies causes; elles ne sont que ce qui facilite  ou rend possible l'activit√© de la cause.) . - c) Causes intrins√®ques : la cause formelle (Formalis, de forma = forme), qui est ce qui d√©termine une chose a √™tre telle; la cause mat√©rielle (Materialis, de materia = mati√®re) , qui est est l'√©l√©ment ind√©termin√© dont une chose est faite. - d) Causes extrins√®ques : la cause efficiente (Efficiens, de efficere = ex-facere = produire) : force capable de produire quelque chose (c''est la cause par excellence); la cause finale (Finalis, de finis = fin) : ce en vue de quoi une chose est faite. -e) - Cause exemplaire (Exemplaris, de exemplar = mod√®le) : c'est l'id√©e, le type, d'apr√®s lequel l'agent r√©alise son oeuvre. - f) On distingue encore la cause prochaine et la cause √©loign√©e, imm√©diate et m√©diate, etc. - Axiomes scolastiques : Il n'est pas d'effet sans cause, ou, pour √©viter toute √©quivoque, Rien n'arrive ou rien ne se fait sans cause (Non datur effectus sine causa). - Rien ne peut √™tre √† soi-m√™me sa propre cause; car l'acte et la puissance, l'agent et le patient, le moteur et le mobile sont n√©cessairement distincts. - La cause de la cause est aussi la cause de l'effet (Causa causae est etiam causa causati). - En supprimant la cause, on supprime l'effet (Causa sublata, tollitur effectus). Il s'agit ici de la cause qui agit comme telle et donne incessamment l'existence √† son effet. - En posant la cause, on pose l'effet (Posita causa, datur effectus). M√™me observation. - L'effet varie avec sa cause (Variante causa, variatur effectus). - Propter quod unumquodque tale et illud magis. Cela revient √† dire que la force de l'effet ou de la conclusion doit se retrouver dans le principe et mieux encore. - La cause seconde doit √™tre appliqu√©e par la cause premi√®re. Car elle est mue par la cause premi√®re, elle n'agit qu'en vertu d'elle, tout en agissant conform√©ment √† sa propre nature : librement, si elle est libre; n√©cessairement, si elle est n√©cessaire.

Causes occasionnelles (Th√©orie des). - C'est une th√©orie par laquelle les Cart√©siens expliquent la correspondance de mouvements entre le corps et l'√Ęme, substances auxquelles ils n'attribuaient pas d'action r√©ciproque l'une sur l'autre. Cette th√©orie, qui s'√©tend non seulement aux rapports de la substance corporelle et de la substance spirituelle, mais aux rapports de toutes les substances en g√©n√©ral, supprime toutes les causes efficientes dans l'ordre des contingents, et fait d√©pendre imm√©diatement de la volont√© de Dieu tous les mouvements des corps et toutes les pens√©es des esprits; de sorte que ces mouvements et pens√©es ne sont, les uns √† l'√©gard des autres, que des occasions ou causes occasionnelles, √† propos desquelles Dieu intervient et produit des effets pour lesquels sa volont√© seule est efficace. Ainsi, les causes occasionnelles et la vision en Dieu sont le m√™me syst√®me sous deux aspects diff√©rents. Dans la vision en Dieu, Dieu est auteur de nos pens√©es √† l'occasion des mouvements des corps; et, dans les causes occasionnelles, il est l'auteur des mouvements √† propos des pens√©es. La th√©orie des causes occasionnelles (Occasionalisme) est, pour ainsi dire, partout dans Malebranche; cependant nous citerons particuli√®rement, comme en pr√©sentant l'expression tr√®s nette et tr√®s arr√™t√©e, le VIIe entretien sur la m√©taphysique et la Ve m√©ditation chr√©tienne. (B-E).

Cause (sophisme de la) : sophisme qui consiste √† prendre pour cause ce qui n'est pas cause. Ainsi, les anciens physiciens expliquaient l'ascension de l'eau dans un tube priv√© d'air, en disant que la nature a horreur du vide. Expliquer, comme les premiers philosophes de la Gr√®ce, l'origine de toutes choses par l'eau, l'air, le feu ou la terre, c'est prendre la condition mat√©rielle; du monde pour la cause de sa formation. Attribuer, comme les astrologues  (Astrologie); les inclinations d'un humain ou les √©v√©nements de sa vie √† l'influence de l'astre sous lequel il est n√©, ou bien, comme les philosophes sensualistes, mettre dans la sensation le principe de la connaissance, et la cause de la sensation dans l'√©branlement nerveux qui la pr√©c√®de, c'est faire des sophismes de la cause. Les pa√Įens attribuaient tous les maux de l'Empire romain √† l'√©tablissement du christianisme; St Augustin, dans la Cit√© de Dieu, r√©fute ce sophisme, en prouvant que les m√™mes maux avaient d√©j√† afflig√© le peuple romain avant la naissance de J√©sus. (H. D.).

Caverne (Caverna, de cavus = creux) : a) mythe de la caverne chez Platon : cette all√©gorie, que l'on trouve dans le VIIe livre de la R√©publique, illustre son concept de la r√©alit√© et de la connaissance, ainsi que sa vision de l'√©ducation et de la philosophie. L'all√©gorie de la caverne raconte l'histoire de prisonniers encha√ģn√©s √† l'int√©rieur d'une caverne depuis leur naissance. Ils sont forc√©s de regarder un mur devant eux, sur lequel des ombres sont projet√©es par la lumi√®re d'un feu situ√© derri√®re eux. Ces ombres repr√©sentent la seule r√©alit√© que les prisonniers connaissent. Ils per√ßoivent ces ombres comme la seule v√©rit√© et ne r√©alisent pas qu'il y a un monde ext√©rieur √† la caverne. Un jour, l'un des prisonniers est lib√©r√© et se dirige vers la sortie de la caverne. Au d√©but, la lumi√®re du soleil ext√©rieur l'√©blouit et il a du mal √† s'adapter √† cette nouvelle r√©alit√©. Cependant, il finit par s'habituer √† la lumi√®re et d√©couvre le monde ext√©rieur, bien plus vaste et complexe que ce qu'il avait connu dans la caverne. Il se rend compte que les ombres projet√©es n'√©taient que des imitations et des illusions de la v√©ritable r√©alit√©. En se familiarisant avec ce monde ext√©rieur, le prisonnier lib√©r√© ressent le d√©sir de retourner dans la caverne pour lib√©rer les autres prisonniers et les √©duquer sur la vraie nature de la r√©alit√©. Cependant, lorsqu'il retourne dans la caverne et tente de leur expliquer ce qu'il a d√©couvert, ils le prennent pour un fou et refusent de croire en sa version de la r√©alit√©. Pour eux, les ombres qu'ils ont toujours vues sont la seule v√©rit√©. L'all√©gorie de la caverne est une m√©taphore qui symbolise la qu√™te de la v√©rit√©, la distinction entre les apparences et la r√©alit√©, ainsi que l'importance de l'√©ducation et de la philosophie dans la recherche du savoir authentique. Pour Platon, les prisonniers encha√ģn√©s repr√©sentent les individus qui vivent dans l'ignorance du monde des id√©es √©ternelles et immuables, tandis que le prisonnier lib√©r√© repr√©sente le philosophe qui cherche √† acc√©der √† la connaissance pure et √† la v√©rit√©.

- b) Bacon parle des Idoles de la caverne (idola spec√Ľs) pour d√©signer les erreurs qui proviennent de cette atmosph√®re de pr√©jug√©s que cr√©ent autour de nous les influences de l'h√©r√©dit√© et de l'√©ducation. 
Bacon consid√®re que chaque personne a sa propre caverne mentale, o√Ļ ses propres exp√©riences, pr√©jug√©s, croyances et perspectives influencent la mani√®re dont elle per√ßoit et interpr√®te le monde. Ces influences subjectives peuvent conduire √† des erreurs de raisonnement, √† des g√©n√©ralisations h√Ętives et √† des conclusions biais√©es. Bacon encourageait les scientifiques √† se m√©fier de leurs propres idoles de la caverne et √† s'efforcer de s'√©lever au-dessus de leurs propres pr√©jug√©s et perspectives personnelles pour parvenir √† une compr√©hension plus objective de la r√©alit√©. Cette notion fait partie de la philosophie empirique de Bacon, qui cherchait √† mettre en place une m√©thode scientifique plus objective et bas√©e sur l'observation pour parvenir √† la connaissance.

Celantes : mode indirect de la première figure du syllogisme.

Celarent. - Terme de logique classique qui designe un mode de la premi√®re figure du syllogisme, o√Ļ la majeure est universelle n√©gative (E), la mineure universelle affirmative (A) et la conclusion universelle n√©gative (E). 

Ex.: Aucun être fini n'est exempt d'erreur, - tous les humains sont des êtres finis, - donc aucun homme n'est exempt d'erreur.
Célébrisme (de Celeber, celebris = fréquenté, célébré, célèbre) : nom donné par Fourier a la passion de la gloire.

C√©nesth√©sie. - Ensemble des sensations vagues qui conduisent √† la notion de notre propre existence. Cette notion est tir√©e de nos relations avec le monde ambiant, le moi, c'est-√†-dire la conscience ne changeant pas, alors que les impressions que nous recevons se modifient incessamment, d'o√Ļ cette d√©duction que nous sommes distincts des choses ext√©rieures. Si les excitations p√©riph√©riques multiples (musculaires, visc√©rales, cutan√©es) qui sont l'origine de cette limitation de notre moi, dont le champ est uniquement celui de la synergie nerveuse, sont normalement confuses en arrivant aux centres, c'est probablement qu'elles sont habituelles, constantes, et per√ßues seulement sous cette forme d'existence pr√©sente et distincte, bien qu'elles puissent devenir douloureuses quand elles s'exasp√®rent. Aussi, comme le remarque Ch. Richet, est-il absolument impossible de localiser nettement le si√®ge pr√©cis de notre propre existence, ou de notre moi. Dans une telle hypoth√®se, la suppression de toute impression ou excitation devrait conduire, ainsi que l'a soutenu Strumpell, √† l'ac√©nesth√©sie (du grec a privatif., et de c√©nesth√©sie). Il n'en est rien en r√©alit√©, car, par suite de l'√©ducation et de l'exp√©rience ant√©rieures, nous avons conscience, m√™me dans l'immobilit√©, le silence et la nuit, de la limitation de notre synergie nerveuse et, par cons√©quent, de notre existence ind√©pendante et distincte de celle du monde ext√©rieur.

Cénoscopique (ontologie), des mots grecs koinos = commun et skopein = observer. - Cadre conceptuel qui relève de la philosophie et de l'informatique (notamment de l'intelligence artificielle), et se concentre sur la manière dont les connaissances sont structurées et organisées. L'ontologie cénoscopique se penche sur la nature des entités et des concepts qui existent dans le monde et dans nos esprits (comment ces entités et concepts sont-ils interconnectés et organisés? Quelles sont leurs relations (inclusion, exclusion, hiérarchie,composition, etc.)? Comment peut-on classer les entités et les concepts en catégories, classes ou ensembles? L'ontologie cénoscopique aborde aussi la signification des entités et des concepts en s'interrogeant sur la manière dont les symboles, les mots et les représentations sémantiques sont associés à la réalité. Elle propose souvent par ailleurs une formalisation ou une modélisation formelle des connaissances, utilisant des outils tels que les ontologies informatiques (l'Ontologie orientée objet) pour représenter et organiser les entités et les concepts de manière logique et structurée.

Centre (géométrie). - Le centre d'une courbe est un point tel que, pour un rayon mené de ce point à la courbe, il en existe un autre qui lui est égal et directement opposé; en sorte que tous les points sont deux à deux symétriquement placés par rapport au centre. Le caractère analytique d'une courbe qui possède un centre, c'est que si l'on y porte l'origine des coordonnées, l'équation étant satisfaite par x=a, y =b, devra l'être aussi par x = - a, y = -b. En d'autres termes, si l'on change dans l'équation x en -x et y en -y, elle devra conserver les mêmes solutions. Or, pour cela il faut, si elle est algébrique, que ses termes soient tous de degré pair, ou bien tous de degré impair et sans terme connu; dans ce dernier cas, le centre est sur la courbe. Cette dénomination de centre est empruntée à la théorie du cercle dans lequel tous les rayons sont égaux. Il n'en est pas toujours ainsi. Dans une ellipse, par exemple, il y a un centre, mais les rayons qui en émanent n'ont pas tous la même longueur; toutefois deux rayons opposés sont toujours égaux. (E. R.).

Centrifuge (force). -  Force qui s'exerce sur un corps mat√©riel dont la trajectoire est courbe, mais que son inertie tendrait √† √™tre rectiligne.

Cercle. - Figure géométrique formée de tous les points situés à la même distance d'un point donné, appelé le centre du cercle.

Cercle vicieux. - En logique, on appelle cercle ou cercle vicieux un pseudo-raisonnement dans lequel, gr√Ęce √† des diff√©rences purement accidentelles d'expression, on para√ģt tirer des pr√©misses une conclusion diff√©rente d'elles, tandis qu'en r√©alit√© on ne fait que r√©p√©ter les pr√©misses dans la conclusion. On n'apporte donc pas une preuve, mais une simple r√©p√©tition d'une opinion pr√©con√ßue. Ce sophisme prend chez certains auteurs le nom de p√©tition de principe. Le cercle vicieux n'est en r√©alit√© qu'une vari√©t√© de la p√©tition de principe, et ne doit pas √™tre confondu avec ce que le philosophe Aristote appelle d√©monstration circulaire, qui n'est autre chose que la d√©monstration r√©ciproque. Dans le cercle vicieux, pr√©tendant d√©montrer une v√©rit√© ind√©montrable par essence, on est oblig√©, en vertu de cette fausse position, de chercher le point d'appui de cette v√©rit√© en elle-m√™me, ce qui occasionne le cercle. Ainsi, par exemple, toutes les fois qu'un philosophe dogmatique a voulu, contre toute raison, entreprendre de d√©montrer la v√©racit√© de l'intelligence humaine, il ne l'a pu qu'en s'appuyant sur des principes fournis par son intelligence, dont, par cons√©quent, la v√©racit√© est suppos√©e. Il d√©montre donc la v√©racit√© de l'intelligence par cette v√©racit√© m√™me, ce qui fait le cercle. (G. F.).

Certitude (Certitudo, de certus, ancien participe pass√©, pour certus, de certum, supin de cernere = trier, distinguer). - La certitude est l'adh√©sion ferme et immuable de l'esprit √† ce qu'il conna√ģt. Elle exclut le doute; elle est le contraire de l'ignorance; elle n'admet ni degr√©s ni diff√©rences.

Elle n'admet pas de degrés on est certain ou on ne l'est pas, il n'y a pas de milieu et une presque certitude n'est qu'une grande probabilité.

Elle n'admet pas de différences, c'est-à-dire que les diverses espèces de certitude, certitude métaphysique, mathématique, physique, morale, s'équivalent.

Par certitude morale on entend à la fois celle qui résulte du témoignage des humains et celle qui se fonde sur le témoignage de la conscience psychologique et de la conscience morale.

Le criterium ou signe infaillible de la certitude est l'évidence. Comme l'évidence, la certitude peut donc étre immédiate ou intuitive, ou bien médiate ou discursive, c'est-à-dire obtenue parla démonstration.
On distingue encore, surtout depuis Kant, la certitude objective et la certitude subjective : celle-ci n'est qu'une conviction bien arr√™t√©e et r√©sulte de l'accord de l'esprit avec lui-m√™me; celle-l√† porterait sur l'objet m√™me de la pens√©e (inaccessible en soi, selon Kant) et r√©sulterait de l'accord de la pens√©e avec la r√©alit√©. 

Cerveau dans la cuve (Le). - Exp√©rience de pens√©e propos√©e par Hilary Putnam destin√©e √† interroger la possibilit√© de conna√ģtre la r√©alit√© objective et soul√®ve des questions sur la nature de la connaissance et de la r√©alit√© : imaginez que vous √™tes un cerveau dans une cuve, maintenu en vie par un scientifique malin qui simule toute votre r√©alit√© sensorielle. Vous percevez et exp√©rimentez un monde qui semble r√©el, mais tout cela est g√©n√©r√© artificiellement. 

Cesare. - Terme de logique classique qui d√©signe un mode de la deuxi√®me figure du syllogisme, o√Ļ la majeure est universelle n√©gative (E), la mineure universelle affirmative (A), et la conclusion universelle n√©gative (E). 

Ex. : aucun poisson ne respire par des poumons; - tous les c√©tac√©s respirent par des poumons; - donc aucun c√©tac√© n'est poisson. 
La lettre C marque que, pour être prouvé, ce mode doit être ramené à un Celarent de la première figure; la lettre S indique que cette opération doit se faire en convertissant simplement la majeure.

Césarisme. - Dans la philosophie sociale, sorte de monarchie à l'image de celle qui fut créée par César; elle s'appuie Sur l'armée et le peuple.

Ceteris paribus = en l'√©galit√© des circonstance, toutes chotes choses √©tant √©gales, toutes choses √©tant √©gales par ailleurs, etc. - Expression latine souvent utilis√©e en √©conomie, en sciences sociales, en physique et dans d'autres domaines pour isoler l'effet d'une variable en maintenant les autres constantes, afin d'analyser comment un changement dans une variable particuli√®re affecte un ph√©nom√®ne donn√©. Le recours √† la notion de ceteris paribus permet de simplifier l'analyse en supposant que d'autres facteurs qui pourraient potentiellement influencer le r√©sultat restent inchang√©s, de mani√®re √† mieux comprendre l'impact d'une variable sp√©cifique. 

Chalmers (probl√®me difficile de). - On d√©signe ainsi un d√©fi philosophique pos√© par la compr√©hension de l'exp√©rience subjective et de la conscience d'un point de vue scientifique et philosophique. Il a √©t√© en introduit en 1990 introduit par David Chalmers (n√© en 1966). Celui-ci distingue  deux types de probl√®mes li√©s √† la conscience. Le probl√®me facile, qui est le probl√®me de la capacit√© √† expliquer les aspects fonctionnels et cognitifs du comportement humain en termes de m√©canismes neurobiologiques, de processus c√©r√©braux et d'autres ph√©nom√®nes physiques, et qui rel√®ve du domaine o√Ļ les sciences cognitives et la neurobiologie ont fait des progr√®s significatifs. Le probl√®me difficile concerne, lui, la mani√®re dont nous faisons l'exp√©rience de quelque chose. Il soul√®ve la question de pourquoi et comment certaines activit√©s c√©r√©brales et processus physiques sont accompagn√©s d'une exp√©rience subjective. En d'autres termes, pourquoi l'activation de certaines zones du cerveau est-elle corr√©l√©e √† des exp√©riences conscientes sp√©cifiques? Chalmers affirme que, m√™me si nous pouvions comprendre toutes les activit√©s c√©r√©brales et processus physiques associ√©s √† une exp√©rience consciente, cela ne nous donnerait pas une compr√©hension compl√®te de l'exp√©rience subjective elle-m√™me. Il insiste sur le fait que la science, telle qu'elle est actuellement comprise, ne peut pas expliquer pourquoi ces processus sont accompagn√©s d'une exp√©rience subjective. 

Champ (Campum = terrain plat, espace uni) : champ visuel : √©tendue que l'oeil peut voir √©tant immobile. Cette √©tendue est limit√©e par un c√īne dans lequel, pour produire une sensation visuelle, les objets doivent √™tre compris. - Champ de la conscience : quantit√© plus ou moins grande de ph√©nom√®nes psychologiques que la conscience peut embrasser √† un moment donn√©.

Changement (de Changer, du bas latin cambiare). - Chez Aristote, le changement (metabolè) signifie le passage d'un contraire à l'autre (ex. : le passage
de la puissance à l'acte constitue le mouvement (kinèsis)).

Chaos. - C'est, en physique, une situation qui appara√ģt quand la valeur d'une grandeur caract√©ristique d'un ph√©nom√®ne ne peut pas √™tre donn√©e  par un calcul √† fait √† partir de la valeur d'autres param√®tres caract√©risant le ph√©nom√®ne. Cela aura √©t√© une grande d√©couverte de la physique math√©matique du XXe si√®cle que de comprendre que le d√©terminisme dans les ph√©nom√®nes ne garantit pas leur pr√©dictibilit√©.

‚ÄĘ La th√©orie du chaos est une branche des math√©matiques qui √©tudie le comportement des syst√®mes dynamiques tr√®s sensibles aux conditions initiales, et qui, par suite, bien que d√©terministes, peuvent afficher un comportement chaotique ( = complexe et impr√©visible). Dans de tels syst√®mes une petite variation des conditions initiales peut conduire √† des r√©sultats drastiquement diff√©rents √† long terme. (Cela est souvent d√©crit par l'expression populaire d'effet papillon, sugg√©rant qu'un battement d'ailes de papillon au Br√©sil pourrait d√©clencher une s√©rie d'√©v√©nements conduisant √† une tornade au Texas). La th√©orie du chaos a √©merg√© dans les ann√©es 1960 et 1970 gr√Ęce au travail de chercheurs tels que Edward Lorenz, Beno√ģt Mandelbrot et Stephen Smale. 
Charit√© (principe de). - Principe qui guide l'interpr√©tation des √©nonc√©s ou des propos d'autrui de mani√®re favorable et charitable, en supposant que l'orateur a une intention de communiquer de mani√®re coh√©rente et rationnelle, m√™me si son discours peut sembler vague, ambigu ou confus. Ainsi, le principe de charit√© encourage √† interpr√©ter les propos d'une mani√®re qui les rend aussi coh√©rents et logiques que possible, en supposant que l'orateur est rationnel et que ses d√©clarations ont un sens : lorsque nous rencontrons une d√©claration qui peut sembler contradictoire ou √©nigmatique, nous devrions rechercher des interpr√©tations qui rendent le discours de l'orateur aussi raisonnable que possible, plut√īt que de pr√©sumer qu'il est irrationnel, incoh√©rent ou absurde. Le principe de charit√© est souvent consid√©r√© comme un outil important dans la communication et la compr√©hension mutuelle, car il favorise un dialogue ouvert et une interpr√©tation respectueuse des propos d'autrui. Il peut √™tre particuli√®rement utile dans les situations o√Ļ les locuteurs utilisent un langage ambigu, po√©tique, m√©taphorique ou technique, car il permet d'√©viter des malentendus et de favoriser une communication plus efficace. Cependant, il a ne signifie pas que nous devons accepter aveugl√©ment toutes les affirmations ou interpr√©tations possibles, m√™me si elles semblent tr√®s improbables. Il s'agit plut√īt d'une incitation √† faire preuve de g√©n√©rosit√© interpr√©tative dans un contexte de communication, tout en maintenant une attitude critique et rationnelle lorsque cela est justifi√©.

Chartres (Ecole de). - Nom qu'il est convenu de donner aux repr√©sentants du renouveau des √©tudes platoniciennes au XIIe si√®cle et dont l'√©cole-cath√©drale de Chartres a √©t√© le berceau sous l'impulsion de Fulbert, l'√©v√™que de la ville. Parmi les acteurs de  ce r√©veil, on citera :

‚ÄĘ Bernard de Chartres est consid√©r√© comme l'un des premiers ma√ģtres de l'√Čcole de Chartres. Il a jou√© un r√īle cl√© dans la promotion de l'√©tude des textes classiques, notamment de la philosophie grecque, et a influenc√© de nombreux √©tudiants.

 ‚ÄĘ Jean de Salisbury, √©galement connu sous le nom de Johannes Saresberiensis, √©tait un philosophe et un th√©ologien important de l'√Čcole de Chartres. Il a √©crit sur la philosophie, la logique et la politique. Son  Metalogicon est un trait√© sur la logique et la rh√©torique. 

 ‚ÄĘ Guillaume de Conches √©tait un autre membre √©minent de l'√Čcole de Chartres. Il a √©crit sur la philosophie naturelle, la cosmologie et la th√©ologie, en cherchant √† concilier les enseignements de la philosophie antique avec la religion chr√©tienne. Son Philosophia Mundi est l'un de ses travaux les plus connus.

 ‚ÄĘ Thierry de Chartres a √©crit des commentaires sur des oeuvres philosophiques classiques et a √©t√© un partisan de la conciliation de la foi et de la raison.

‚ÄĘGilbert de la Porr√©e est surtout connu pour ses travaux en logique et en m√©taphysique, en particulier avec son Liber Sex Principiorum ( = Le Livre des Six Principes). Il a abord√© des questions li√©es √† la trinit√©, √† la logique modale et √† la philosophie de la langue.

‚ÄĘ Clarembaud d'Arras a √©crit sur la philosophie naturelle. Son ouvrage intitul√©Philosophia est un dialogue philosophique qui aborde diverses questions sur la nature, l'√Ęme et la connaissance.

‚ÄĘ Richard de Fournival, bien qu'il soit surtout connu pour ses travaux en po√©sie et en litt√©rature, a √©galement contribu√© √† la pens√©e de l'√Čcole de Chartres.

Ch√Ęrv√Ęka = Lokayata. - Ecole de pens√©e philosophique mat√©rialiste et sceptique de l' Inde ancienne. Elle prosp√©r√© principalement aux alentours du VIe si√®cle avant notre √®re, bien que des traces de ses id√©es puissent √™tre trouv√©es dans des textes ant√©rieurs. Les Ch√Ęrv√Ęka croyaient que seul le monde mat√©riel existait, rejetant l'id√©e de r√©alit√©s transcendantes ou spirituelles. Ils soutenaient que la conscience n'√©tait qu'un produit de processus mat√©riels. Les Ch√Ęrv√Ęka privil√©giaient l'exp√©rience directe et la perception sensorielle comme la source la plus fiable de connaissance. Ils rejetaient les enseignements des textes religieux ou des autorit√©s religieuses en faveur de l'observation et de l'exp√©rience personnelle. Contrairement √† de nombreuses autres √©coles philosophiques indiennes, les Ch√Ęrv√Ęka rejetaient l'id√©e de la r√©incarnation ou du karma. Ils consid√©raient ces concepts comme d√©nu√©s de preuves et les rejetaient.

Chiffre. - Caract√®re utilis√© pour repr√©senter les nombres. En base d√©cimale, on peut √©crire n'importe quel nombre √† partir de dix caract√®res en base dix, dits chiffres arabes : 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9. En notation binaire (base 2), le 0 et le 1 suffisent. En base hexad√©cimale, on ajoute aux dix chiffres arabes les lettres A, B, C, D E et F. 

Dans un nombre écrit en chiffres arabes en base dix, chaque chiffre a deux valeurs l'une qui lui est propre et qui porte le nom de valeur absolue; l'autre qui vient de la place que le chiffre occupe dans le nombre et que l'on nomme valeur relative; elle sert à indiquer l'espèce d'unités représentées par le chiffre, en se fondant sur ce principe que tout chiffre placé à la gauche d'un autre représente des unités dix fois plus fortes (Numération).

On emploie aussi d'autres caractères appelés chiffres romains, ainsi que l'indique le tableau suivant :

I ... Un
II .... Deux.
III .... Trois.
IV .... Quatre.
V .... Cinq.
VI .... six.
VII .... Sept.
VIII .... Huit.
IX .... Neuf.
X .... Dix.
XL .... Quarante.
L .... Cinquante.
C .... Cent.
D .... Cinq cents.
M.... Mille.

Pour écrire un nombre, on met à gauche les plus fortes unités du nombre, en continuant ainsi de gauche à droite; ainsi mil huit cent cinquante-huit s'écrira : MDCCCLVIII, et Deux-mil-deux : MMII.

Chiffre. - Selon Karl Jaspers, mani√®re dont l'objet est donn√© au sujet. Un chiffre est la fa√ßon dont un individu code ou interpr√®te le monde, en utilisant un langage mental ou une structure de signification qui lui est propre. L'id√©e de chiffre sugg√®re que chaque personne a sa propre mani√®re unique de percevoir et de donner un sens au monde. Cette perception est influenc√©e par son exp√©rience personnelle, sa culture, sa conscience, sa subjectivit√©, ses croyances, etc. 

Chimie. - Branche des sciences physiques qui √©tudie les propri√©t√©s, les combinaisons et les transformations des corps. 

Choix (axiome du) ou AC. - Formul√© au d√©but du XXe si√®cle par  Ernst Zermelo, l'axiome du choix est l'un des principaux axiomes de la th√©orie des ensembles. Cet axiome stipule que pour tout ensemble non vide X, il existe une fonction appel√©e fonction de choix qui attribue √† chaque √©l√©ment de X un √©l√©ment unique d'un sous-ensemble de X. En d'autres termes, l'axiome du choix permet de choisir un √©l√©ment sp√©cifique √† partir de chaque ensemble non vide, m√™me lorsque ces ensembles sont infinis. L'axiome du choix est souvent utilis√© pour prouver l'existence de certaines structures  et est essentiel dans de nombreuses branches des math√©matiques, telles que l'analyse fonctionnelle, la th√©orie des ensembles, la topologie, et d'autres domaines.

Choix social (théorie du). - Théorie qui étudie comment agréger les préférences individuelles pour parvenir à des choix collectifs ou sociaux. Elle vise à élaborer des règles ou des mécanismes permettant de prendre des décisions collectives à partir des préférences individuelles souvent divergentes.

Des théorèmes fondamentaux, tels que le théorème d'impossibilité d'Arrow, ont été développés pour montrer qu'il est difficile de concevoir un système de choix collectif qui respecte certaines propriétés souhaitables, comme la transparence, la non-dictature, la rationalité et l'universalité.

En combinant les concepts de l'économie du bien-être et de la théorie du choix social, on tente de créer des cadres et des mécanismes qui permettent de formuler des politiques publiques visant à améliorer le bien-être global en tenant compte des différentes préférences individuelles et des contraintes sociales.

Chose (Causa = cause, mais avec le sens de res = objet déterminé) : a) l'objet quelconque d'une pensée. - b) Le sujet, par opposition au prédicat. - c) Chose en soi : ce qui subsiste en soi-même sans supposer autre chose. Kant a appliqué cette expression aux noumènes-: ce qui subsiste en dehors de la représentation. - d) Ce qui ne s'appartient pas : chose opposée à personne.

Chr√©matistique (du grec chr√©mata, les biens, tout ce dont on use) :  mot employ√© par Aristote pour d√©signer l'art d'acqu√©rir des biens et de les conserver, et qu'on a ensuite appliqu√© √† l'√©conomie politique, qui s'occupe de la richesse

Chronologie. - Branche de l'histoire qui s'emploie à associer aux événements une date sur un calendrier.

Cinématique (Kinèmatikos, de kinèma = mouvement)-: mot créé par Ampère. Il indique cette partie de la mécanique qui traite du mouvement, abstraction faite des forces. Leibniz et Kant l'appelaient phoronomie (de phora = déplacement, nomos = loi).

Cin√©tique (kin√®tikos = qui se meut, de kine√ī = mouvoir). - L'√©nergie cin√©tique est l'√©nergie actuelle qui se manifeste par du mouvement. Se dit par opposition l'√©nergie potentielle.

Circonf√©rence. - Ensemble des points d'une courbe ferm√©e. 

Circonscrit. - En géométrie, c'est une figure entièrement située à l'intérieur d'une autre figure.

Circonscrite (Présence) : être présent dans un lieu d'une manière circonscrite (de l'adverbe scolastique Circumscripte, d'une manière délimitée), c'est y être comme les corps, dont chaque partie occupe la partie correspondante du lieu, de sorte que le tout est limité, circonscrit par le lieu.

Circonstances. - Conditions ou  facteurs sp√©cifiques qui entourent un √©v√©nement, une action, ou une situation donn√©e. Les circonstances sont des √©l√©ments contextuels qui peuvent influencer ou modifier la signification, la moralit√©, la pertinence ou la compr√©hension d'un acte ou d'une situation.

Circuit. - En math√©matiques, on appelle circuit, dans la th√©orie des int√©grales d√©finies prises entre des limites imaginaires, une ligne ferm√©e compos√©e d'une tr√®s grande ligne droite partant d'un point d√©termin√© O, d'un cercle d√©crit du point O comme centre avec un rayon infini et d'une droite parall√®le √† la premi√®re infiniment voisine de celle-ci; un circuit est un contour d'int√©gration qui contient tous les points critiques de la fonction que l'on int√®gre, et qui alors n'admet pas l'infini pour point critique. Ind√©pendamment des circuits que nous venons de d√©finir et, que l'on appelle circuits de premi√®re esp√®ce, on consid√®re aussi des circuits de seconde esp√®ce qui diff√®rent de ceux  que nous venons de d√©finir en ce que le point O est √† l'infini et en ce que la circonf√©rence ne contient aucun point critique. (H. Laurent).

Circulaire (argument). - Argument illusoire qui, tournant comme dans un cercle, revient à son point de départ et arrive à conclure l'hypothèse qui servait de majeure.

Circulaire (nombre). - Nombre d'un seul chiffre, dont le carré, et par conséquent toutes les puissances, ont ce chiffre même aux unités. Ce sont les nombres 1, 5 et 6, dont les puissances sont 1, 25, 125, etc.; 36, 216, etc. (Cette dénomination est aujourd'hui inusitée).

Circulaire (fonction). - Une fonction circulaire est une expression analytique d'une ligne trigonom√©trique quelconque ou de l'arc correspondant. Non g√©n√©rique des sinus, cosinus et autres lignes trigonom√©triques.  Les fonctions qu'on nomme circulaires ont √©t√© imagin√©es pour servir √† noter les relations entre les √©l√©ments lin√©aires et angulaires d'une m√™me figure. La g√©om√©trie √©l√©mentaire fournit des exemples de relations not√©es entre grandeurs lin√©aires ou entre grandeurs angulaires, mais on n'y voit formul√©e aucune relation directe entre des longueurs et des angles. La th√©orie des fonctions circulaires a re√ßu de ses applications √† la r√©solution des triangles rectilignes ou sph√©riques le nom de trigonom√©trie.

Circulus . - Ancienne théorie qui enseignait que la matière organisée végétale et animale se forme aux dépens de la matière inorganique. - La chimie agricole s'est approprié ce principe et en a fait la base de ses enseignements. Liebig a démontré que la consommation des aliments ne détruit pas toute leur utilité, au point de vue de la reproduction, pour la végétation, si l'on sait employer les engrais qui en dérivent, ainsi que les détritus des hommes et des animaux disparus. Quelques sociologues, Pierre Leroux en particulier, reprenant l'idée religieuse sur l'humain : Pulvis es et in pulverem reverteris ( = Tu es poussière et tu retourneras en poussière), ont voulu fonder le droit de vivre de l'individu sur la puissance de reproduction de la matière.

Civilisation. -  Stade avanc√© du d√©veloppement social, politique, √©conomique et culturel d'une soci√©t√©. Soci√©t√© qui est parvenue √† ce stade. - Les civilisations sont caract√©ris√©es par des institutions sociales et politiques plus formelles, telles que des gouvernements, des lois, des villes, des syst√®mes d'√©criture, des technologies, etc. Alors que la culture est souvent sp√©cifique √† un groupe particulier, une civilisation peut englober divers groupes culturels. Par exemple, la civilisation grecque antique incluait diverses cit√©s-√©tats ayant leurs propres cultures.

Civilit√©. - On nomme civilit√© l'exacte observation des biens√©ances sociales.  Elle embrasse toutes les mani√®res honn√™tes d'agir et de converser dans le monde. √Ēter son chapeau pour saluer, rendre le salut, c√©der le pas √† une personne √Ęg√©e, ne pas trop √©lever la voix en parlant dans une r√©union, n'y pas chuchoter √† l'oreille de son voisin, n'interrompre jamais ceux qui parlent, etc., voil√† des actes de civilit√©. La civilit√© n'est pas une vertu, comme le pense Cic√©ron; elle ne fait pas la personne meilleure, mais elle la rend plus sociable; sous le poli qu'elle lui donne, elle lui laisse sa nature enti√®re. La politesse est la civilit√© perfectionn√©e : non contente d'√©viter ce qui peut d√©plaire, elle recherche ce qui doit plaire. La civilit√©, consistant en usages communs √† un certain pays, √† un certain temps, peut se concilier avec le manque d'√©ducation; la politesse est le fruit de l'√©ducation. L'absence de civilit√© nous blesse, l'exc√®s de politesse nous importune.

Clair (Clarum = brillant) : a) pour Descartes : ce qui est ¬ę manifeste √† un esprit attentif ¬Ľ (Principes, Part. I, ¬ß 45). - b) Pour Leibniz : id√©e telle qu'en distingue son objet de tout autre.

Clan (emprunt√© au ga√©lique Clann) : les sociologues d√©signent ainsi le groupe familial primitif, o√Ļ le mariage entre membres de ce groupe (l'endogamie) √©tait prohib√©. L'extension du clan est moindre que celle de la tribu qui, d'ordinaire, admet l'endogamie.

Classe (Classis, peut-√™tre de kl√®sis = appel, kale√ī = appeler) : collection r√©elle ou id√©ale; genre plus ou moins √©tendu, ordonn√© par rapport √† d'autres genres. Le mot classe pr√©sente par lui-m√™me un sens un peu vague, mais qui se pr√©cise dans la langue technique de chaque science. - a) En Logique, l'id√©e g√©n√©rale, au point de vue extensif, repr√©sente une classe. - b) En Sociologie, c'est un ensemble d'individus que la loi ou l'opinion range dans la m√™me cat√©gorie sociale (Classe sociale, ci-dessous). De sa nature, une classe est ouverte aux individus de la classe inf√©rieure qui en peuvent faire l'ascension (mobilit√© sociale), tandis que la caste est ferm√©e. -c)  En zoologie et en botanique, la classe ne tient un rang plus subalterne : elle a au-dessus d'elle l'embranchement, qui est une subdivision du phylum. Chaque classe est divis√©e en ordres; chaque ordre en familles, etc. La cohorte, s'ins√®re entre la classe et l'ordre. On peut √©galement rencontrer l'adjonction des niveaux de la super-classe, de la sous-classe et de l'infra-classe. - d) En min√©ralogie, la classe est la premi√®re division du r√®gne, le groupe sup√©rieur au-dessous duquel on trouve successivement les ordres, les familles, les tribus, les genres et les esp√®ces.

Classe sociale. - Cat√©gorie sociologique qui sert √† regrouper les individus en fonction de caract√©ristiques socio-√©conomiques (revenu, richesse, profession, √©ducation, acc√®s aux ressources, etc.), de positions sociales et de r√īles au sein de la soci√©t√©. Les classifications varient d'une soci√©t√© √† l'autre, mais on trouve souvent des cat√©gories telles que la classe ouvri√®re, la classe moyenne, la classe sup√©rieure, etc. Le concept de classe sociale est important pour analyser les dynamiques de pouvoir au sein d'une soci√©t√©. C'est aussi un moyen d'aborder la question des in√©galit√©s √©conomiques et sociales. Les individus appartenant √† des classes sociales diff√©rentes peuvent avoir des opportunit√©s et des niveaux de vie tr√®s diff√©rents. Les in√©galit√©s de classe peuvent conduire √† des tension, et aussi des conflits sociaux et √©conomiques, qui, dans la terminologie marxiste, sont appel√©s la lutte des classes.

Classification (du latin scientifique classsificatio, de classis et facere = constituer une classe) : manière de répartir, d'une façon coordonnée, des objets ou des concepts.

Classer, c'est distribuer ou répartir les individus en groupes distincts d'après leurs caractères communs. Il y a des classifications dans toutes les sciences, mais ce sont surtout les sciences naturelles qui en offrent des exemples.

On distingue deux sortes de classifications : les classifications naturelles et les classifications artificielles. Les premières sont fondées sur les caractères essentiels des êtres et servent à faire ressortir leurs ressemblances et leurs différences, en un mot, leurs rapports; les secondes sont fondées sur des caractères qui peuvent être naturels et même importants, mais qui sont choisis arbitrairement en vue de faciliter l'étude ou d'aider la mémoire.

Les classifications d√©terminent les id√©es suivantes: r√®gnes, embranchements, classes, ordres, familles, tribus, genres, esp√®ces, vari√©t√©s. 

On peut citer comme exemple de classification dite naturelle celle de Jussieu en histoire naturelle, fondée sur les principes de l'affinité générale, de la subordination des caractères, de la série naturelle. Celle de Linné, fondée uniquement sur le caractère sexuel des plantes, est une classification artificielle.

Les classifications des sciences de Bacon, d'Ampère, de Comte fournissent de bons exemples des différents points de vue auxquels on peut se placer pour classer les connaissances humaines.

Toute classification suppose comme conditions préalables l'abstraction, la généralisation et la définition.

Climatologie. - Etude du climat, c'est-à-dire des phénomènes météorologiques envisagés sur de longues périodes de temps.

Clinamen. - Concept philosophique √©troitement associ√© √† la philosophie √©picurienne de la nature et de l'atomisme et qui a √©t√© popularis√© par le philosophe √©picurien Lucr√®ce dans son po√®me √©pique De rerum natura ( = Sur la nature des choses). Le clinamen, √©galement appel√© d√©viation ou d√©clinaison, est une id√©e selon laquelle les atomes, qui sont les constituants fondamentaux de la mati√®re dans la philosophie √©picurienne, ne se d√©placent pas strictement en ligne droite, mais subissent une l√©g√®re d√©viation al√©atoire de leur trajectoire. Cette d√©viation al√©atoire des atomes est consid√©r√©e comme la source de la libert√© dans un monde d√©terministe. Lucr√®ce a utilis√© le clinamen pour expliquer comment les √™tres vivants, √† commencer par les √™tres humains, pouvaient avoir une certaine autonomie et une capacit√© de choix, m√™me si tout dans l'univers √©tait soumis √† des lois naturelles. Selon cette id√©e, c'est gr√Ęce √† la clinamen que les atomes peuvent s'assembler de mani√®re al√©atoire pour cr√©er la mati√®re et les √™tres vivants.

Coaction. - Violence, contrainte. Elle exclut la liberté corporelle, celle de la main, mais non la liberté intérieure, celle de l'esprit et du coeur. La liberté de coaction est donc la liberté extérieure : c'est la spontanéité laissée à elle-même.

Coeur. - Pris dans un sens figuré, le mot coeur a reçu de l'usage plusieurs acceptions. Dans ce vers de la Phèdre de Racine (acte IV, sc. 2)

Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon coeur, 
le coeur est employ√© pour l'√Ęme elle-m√™me, pour la conscience; et les croyants disent de m√™me que Dieu voit le fond des coeurs. Souvent le coeur est consid√©r√© comme le si√®ge des sentiments et des passions; en ce sens Vauvenargues a dit : " Les grandes pens√©es viennent du coeur; " et le chapitre de La Bruy√®re intitul√© Du coeur traite principalement de l'amour et de l'amiti√©. On recommande √† l'orateur qui veut √©mouvoir de parler le langage du coeur. Le coeur tressaille de joie; on a le coeur navr√©; on √©prouve des peines de coeur; on a le coeur sur la main. Comme les sentiments et les passions d√©terminent fr√©quemment nos actes, le mot coeur est devenu encore synonyme de courage et de volont√© : ainsi l'on dit un homme de coeur, un coeur faible, etc.; on fait contre fortune bon coeur; et la locution un homme sans coeur signifie tout √† la fois un homme qui manque de sensibilit√© et un l√Ęche. Quand La Rochefoucauld formule cette maxime : " L'esprit est toujours la dupe du coeur", il exprime l'influence que la partie sensible et affective de notre √™tre exerce sur la partie intelligente et raisonnable. Dire qu'un homme a bon coeur et mauvaise t√™te, c'est localiser, en les distinguant, les affections et l'intelligence. (B.).

Cogitative (du latin scolastique Cogitativus, de cogitatum, supin de cogitare, soit cum = avec; agitare = agiter) : la potentia cogitativa est, d'apr√®s les Scolastiques, une sorte de jugement instinctif, qui fait conna√ģtre √† l'humain l'utile et le nuisible dans les choses sensibles. - La facult√© correspondante chez les autres animaux est appel√©e estimative.

Cogito. - On d√©signe ainsi l'axiome que Descartes a pris pour point de d√©part de sa r√©flexion philosophique. Ce terme se r√©f√®re √† l'expression latine utilis√©e par le philosophe : cogito  ergo sum, je pense donc je suis. C'est l'√©vidence dont on ne peut douter. Penser, c'est √™tre. Ainsi, le cogito repr√©sente la premi√®re certitude indubitable qu'il a trouv√©e : la certitude de l'existence de soi en tant que sujet pensant. Cette id√©e a eu une grande influence sur la philosophie ult√©rieure et est devenue un point de d√©part fondamental pour l'√©pist√©mologie. Elle a √©galement √©t√© interpr√©t√©e de diverses mani√®res par d'autres philosophes au fil des si√®cles.

Cognition (de l'anglais Cognition = connaissance, du latin cognoscere = conna√ģtre).  - Synonyme de connaissance, mais plus sp√©cialement de perception, interpr√©tation des donn√©es des sens ou repr√©sentations sensibles.

Dans la langue de Kant, les intuitions deviennent des cognitions quand elles sont rapportées à un objet par le moyen d'un concept qui ramène la multiplicité à l'unité. L'animal a des intuitions, mais il n'a pas de cognition parce qu'il ne pense pas par catégories.

Cognition situ√©e. - Cadre th√©orique en sciences cognitives qui s'oppose √† la vision traditionnelle de l'esprit comme une entit√© isol√©e et universelle. Les tenants de la  cognition situ√©e insistent sur le fait que la cognition est √©troitement li√©e √† la situation, √† l'environnement physique et social dans lequel elle se manifeste. Les processus cognitifs ne sont pas vus comme √©tant g√©n√©r√©s exclusivement par le cerveau, mais sont co-construits par l'interaction entre le cerveau, le corps et le monde ext√©rieur. La cognition est ancr√©e dans des contextes sp√©cifiques. Nos actions, nos perceptions et nos pens√©es sont fa√ßonn√©es par notre corps et notre interaction directe avec le monde qui nous entoure. La mani√®re dont nous pensons, comprenons, r√©solvons des probl√®mes et prenons des d√©cisions est profond√©ment influenc√©e par le contexte et l'environnement dans lequel nous nous trouvons. La connaissance est consid√©r√©e comme √©tant incarn√©e dans nos exp√©riences et nos actions corporelles. Elle n'est pas s√©par√©e du corps et de l'action, mais en est une partie int√©grante. D'o√Ļ l'importance l'importance de l'incorporation (embodiment) et de l'interaction avec l'environnement physique, social et culturel. Les processus sensoriels (perception) et moteurs (action) sont fondamentaux pour la cognition. La cognition situ√©e d√©bouche sur la notion d'apprentissage ancr√© (anchored learning), qui est une forme d'apprentissage int√©gr√© dans des situations et des contextes concrets. L'apprentissage est ainsi li√© √† des exp√©riences r√©elles et significatives. 

Cognitives (sciences). - Domaine interdisciplinaire réunissant des sciences et des champs d'études (psychologie, neurosciences, intelligence artificielles, linguistique, anthropologie et sociologie cognitives, divers courants de la philosophie, etc.) qui s'occupent de comprendre les processus mentaux et les mécanismes qui sous-tendent la cognition humaine et animale. Ces sciences étudient la manière dont les individus acquièrent, traitent, stockent et utilisent l'information provenant de leur environnement, ainsi que comment ils prennent des décisions et interagissent avec le monde qui les entoure. La psychologie cognitive se concentre sur l'étude des processus mentaux tels que la perception, l'attention, la mémoire, le raisonnement, la résolution de problèmes, le langage et les fonctions exécutives. Les neurosciences examinent les bases biologiques de la cognition en analysant le fonctionnement du cerveau, les réseaux neuronaux, les neurotransmetteurs, etc. La linguistique cognitive s'intéresse à la manière dont le cerveau traite et produit le langage, ainsi que les mécanismes cognitifs sous-jacents à la compréhension du langage, à la formation des mots, à la grammaire, etc. L'anthropologie cognitive est tournée vers la façon dont les influences culturelles, sociales et environnementales jouent sur les processus cognitifs et les représentations mentales. L'intelligence artificielle et l'informatique cognitive visent à créer des modèles et des algorithmes informatiques qui simulent des comportements cognitifs humains, comme l'apprentissage machine, la reconnaissance des formes, le traitement du langage naturel, etc. La philosophie de l'esprit et la philosophie cognitive abordent des questions philosophiques liées à la nature de l'esprit, de la conscience, de l'intelligence et de la compréhension, ainsi que leur relation avec le cerveau et le corps.

Cognitivisme. -  Courant de pens√©e et paradigme th√©orique en psychologie et en sciences cognitives qui se concentre sur l'√©tude des processus mentaux internes, tels que la perception, l'attention, la m√©moire, le langage, la r√©solution de probl√®mes et le raisonnement. Il propose une approche de l'√©tude de l'esprit en se basant sur des analogies avec le fonctionnement des ordinateurs : le cerveau humain est un syst√®me de traitement de l'information, qui traite et manipule des donn√©es. Le cognitivisme consid√®re que le traitement de l'information se fait de mani√®re s√©quentielle, √©tape par √©tape, et que ces √©tapes sont interconnect√©es dans un r√©seau complexe de traitements. Les chercheurs en cognitivisme d√©veloppent des mod√®les informatiques et des simulations pour repr√©senter les processus mentaux et les op√©rations cognitives pour mettre en lumi√®re comment l'information est trait√©e, stock√©e et utilis√©e pour g√©n√©rer des comportements. ( Connexionnisme, Enactivisme).

Cognoscibilit√© (de Cognoscibilis, qui peut √™tre connu, de co-gnoscere = apprendre, conna√ģtre) : qualit√© de ce qui est connaissable. L'intelligibilit√© a un sens plus restreint; elle s'entend plut√īt de la possibilit√© d'une connaissance rationnelle.

Cohérent, Cohérence (Cohaereris, cohaerentia, de cum, avec; haerere = être lié) : un système cohérent est celui dont toutes les partie; sont bien liées. - La cohérence distingue : a) la perception de l'hallucination, du rêve; b) le souvenir de la fiction imaginative.

Coh√©rentisme. - Th√©orie √©pist√©mologique  dont le principe fondamental est que la justification d'une croyance est d√©termin√©e par son degr√© de coh√©rence avec le reste du syst√®me de croyances de l'individu. Une croyance est justifi√©e si elle s'int√®gre sans contradiction dans un r√©seau interconnect√© de croyances. Plus une croyance s'harmonise avec les autres croyances, plus elle est justifi√©e. 

Le cohérentisme est l'une des principales alternatives au fondationalisme en épistémologie. Il a été développé, notamment par Quine, en réaction aux limites perçues de cette doctrine. Il offre, par exemple une solution au problème de la régression infinie souvent soulevé contre le fondationalisme. Le cohérentisme accepte la possibilité de circularité épistémique : certaines croyances peuvent contribuer à justifier mutuellement d'autres croyances. Cela permet un réseau de justification sans qu'il soit nécessaire de rechercher une croyance fondationnelle.

Différentes personnes peuvent avoir des systèmes de croyances cohérents différents. La justification peut ainsi varier d'une personne à l'autre en fonction de leur propre système de croyances, et le cohérentisme peut impliquer que, pour maintenir la cohérence, une personne doive réviser certaines de ses croyances lorsque de nouvelles informations ou expériences entrent en conflit avec le système existant.

Les critiques du cohérentisme portent souvent sur le fait qu'une cohérence pure ne garantit pas la vérité ou la justesse des croyances. De plus, il peut être difficile de déterminer quel est le bon système cohérent parmi plusieurs possibilités. Pour tenter de pallier ces difficultés, certains épistémologues adoptent des approches mixtes qui intègrent des éléments du fondationalisme et du cohérentisme. Quelques noms associés au cohérentisme :

‚ÄĘ Clarence Irving Lewis est souvent consid√©r√© comme l'un des fondateurs du coh√©rentisme moderne. Il a d√©velopp√© l'id√©e que la justification des croyances repose sur leur coh√©rence avec d'autres croyances du syst√®me.

 ‚ÄĘ Josiah Royce a formul√© des id√©es sur la v√©rit√© en termes de coh√©rence et d'inclusion dans un syst√®me plus vaste de croyances.

‚ÄĘ Brand Blanshard a d√©fendu une version du coh√©rentisme dans laquelle la v√©rit√© est d√©termin√©e par la coh√©rence du syst√®me de croyances avec certaines croyances fondamentales et auto-√©videntes.

‚ÄĘ Hilary Putnam a contribu√© √† la discussion sur le coh√©rentisme en formulant des critiques et des d√©fenses du coh√©rentisme dans le contexte de la philosophie de la connaissance et de l'√©pist√©mologie contemporaine.

‚ÄĘ Bonnie Kent a travaill√© sur le coh√©rentisme et ses implications pour la justification √©pist√©mique.

Col√®re. - Passion ou √©tat √©motionnel intense qui traduit un violent m√©contentement est s'exprime g√©n√©ralement par de l'agressivit√©. La col√®re  a √©t√© √©tudi√©e et discut√©e en philosophie depuis l'Antiquit√©.  Dans sa Rh√©torique, Aristote a examin√© la col√®re en tant qu'√©motion et a soulign√© son r√īle dans la persuasion rh√©torique. Il a √©galement discut√© des conditions sous lesquelles la col√®re peut √™tre justifi√©e, par exemple, en r√©ponse √† une injustice r√©elle. S√©n√®que a abord√© la col√®re dans ses lettres et trait√©s philosophiques dans une perspective sto√Įcienne. Il consid√©rait la col√®re comme une √©motion destructrice et nuisible (les Sto√Įciens pr√īnaient le contr√īle des √©motions par la vertu de la sagesse). √Čpict√®te, autre philosophe sto√Įcien, a enseign√© que la col√®re est le r√©sultat de jugements erron√©s sur les √©v√©nements. Il a pr√©conis√© la pratique de la ma√ģtrise de soi pour √©viter de r√©agir de mani√®re excessive √† des situations contrariantes. Descartes, dans ses Passions de l'√Ęme (1649), a discut√© de la col√®re en termes de mouvements corporels et de r√©actions physiologiques. Il a √©galement abord√© la question de la ma√ģtrise de la col√®re par la raison. David Hume a √©tudi√© la col√®re dans le contexte de sa th√©orie sur les √©motions. Il voyait dans la col√®re une r√©action naturelle √† une menace per√ßue et a examin√© les m√©canismes psychologiques qui la sous-tendent. 
Albert Camus (1913-1960)  a examin√© les aspects existentiels de la col√®re dans ses oeuvres, notamment dans L'Homme r√©volt√©. Il a r√©fl√©chi sur les r√©voltes individuelles et collectives et sur la r√©action humaine face √† l'injustice. Jean-Fran√ßois Lyotard (1924-1998) a r√©fl√©chi sur la mani√®re dont les r√©cits de la col√®re sont utilis√©s pour influencer l'opinion publique et la politique. Pour la philosophe contemporaine, Martha Nussbaum (n√©e en 1947), la col√®re peut √™tre justifi√©e dans certaines circonstances, mais il est essentiel de la ma√ģtriser pour √©viter la violence et l'injustice. Sa th√©orie des capacit√©s centrales voit dans la ma√ģtrise de la col√®re comme une comp√©tence morale et √©motionnelle importante pour mener une vie √©thique.

Collectif (logique). - Un terme collectif diff√®re bien d'un terme g√©n√©ral. On appelle nom collectif en logique celui qui d√©signe une somme d'individus composant tel tout d'assemblage ou de juxtaposition, par exemple la flotte grecque de Salamine, la for√™t de S√©nart, le 1er r√©giment de ligne fran√ßais, le jury criminel de la Seine. Flotte, for√™t, r√©giment, jury sont en eux-m√™mes des noms g√©n√©raux d√©signant chacun un genre entier de touts collectifs, desquels les exemples ci-dessus d√©signent l'un, et celui-l√† seul, pris en particulier. Le terme collectif est donc commun (au sens d'indivis) par rapport aux unit√©s d√©finies, prises ensemble, qui composent la collection nomm√©e ; mais il est terme individuel ou singulier par rapport √† la classe enti√®re ou au genre des collections de m√™me sorte. 

Tandis que le nom g√©n√©ral, homme, for√™t, r√©giment, se dit de toute la classe des humains, des for√™ts, etc., et convient √† chacun des cas ou individus (cet humain-ci, ce r√©giment-ci), au contraire, le nom collectif, par exemple, le 1er  r√©giment de ligne, ne se dit pas de chacun des individus composant la collection, il ne convient qu'√† leur ensemble. Le nom collectif est l'appellatif indivis des parties ou unit√©s en tant que rassembl√©es en leur tout, et n'est pas le nom des parties du tout ; il ne signifie pas quelque chose de commun, pr√©sent dans tous les individus de la collection, mais seulement leur pr√©sence en commun ou leur groupement. (P. Souquet).

Collectivisme (de Collectivus = collectif) : forme de socialisme substituant la propriété collective à la propriété privée pour les moyens de production.

Colligation (Colligatio, de colligatum, supin de colligare = cum-ligare = lier ensemble) : opération logique qui consiste à exprimer, dans une formule, une propriété dont la présence a été constatée chez un certain nombre d'individus. Elle ne s'étend pas, comme l'induction, aux cas qui n'ont pas été directement observés. - L'hypothèse est un moyen de colliger les faits dispersés.

Colonialisme. - Processus par lequel une puissance étrangère établit et maintient sa domination politique, économique et culturelle sur un territoire et ses habitants.

Combinatoire (analyse). - C'est la partie des math√©matiques qui √©tudie les permutations et les arrangements, et qui joue un r√īle notamment dans le calcul des probabilit√©s.

Combinatoire (Art) (de Combinatum, supin de combinare = réunir). - Pour Leibniz, l'art combinatoire est cette partie de la logique, qui consiste à déterminer toutes les combinaisons possibles des différents concepts et à étudier leurs propriétés et leurs rapports. Il se confond avec l'art d'inventer.

Comme si. - Expression souvent utilis√©e en philosophie pour introduire une id√©e ou une hypoth√®se qui n'est pas n√©cessairement affirm√©e comme √©tant vraie ou r√©elle, mais qui est pos√©e comme une supposition. Cela permet aux philosophes de tester des id√©es de mani√®re hypoth√©tique ou fictionnelle, des th√©ories, ou d'ouvrir des voies de r√©flexion sans n√©cessairement souscrire √† une croyance particuli√®re.  Le comme si est un outil heuristique qui facilite la pens√©e. Il a un statut √©pist√©mologique de supposition ou d'hypoth√®se. - Hans Vaihinger (1852-1933) a d√©fendu l'id√©e que les humains op√®rent souvent avec des comme si plut√īt qu'avec une repr√©sentation directe et exacte de la r√©alit√©.

Commun (Communis, de cum = avec, et de la racine qui a donné munus, = fonction) : ce qui appartient à plusieurs objets à la fois. S'oppose à Propre.

On appelle quelquefois notions communes les v√©rit√©s universelles essentielles √† toute intelligence humaine, principes premiers, jugements intuitifs, v√©rit√©s du sens commun ou, comme disaient les anciens dans un sens un peu moins pr√©cis, anticipations et pr√©notions. Lees math√©maticiens grecs disaient koinai ennoiai; ce sont  les axiomes, les principes rationnels.

Communautarisme. - Concept souvent controvers√© qui fait r√©f√©rence √† l'identification et √† l'engagement d'individus envers des groupes sociaux plus restreints, tels que des communaut√©s culturelles, religieuses, ethniques ou sociales. Ces groupes partagent souvent des valeurs, des croyances, des coutumes ou des traditions communes. Le communautarisme peut favoriser la solidarit√© et le soutien mutuel entre les membres de la communaut√©, renfor√ßant ainsi les liens sociaux. Les communaut√©s cherchent souvent √† pr√©server leur autonomie culturelle et √† d√©fendre leurs int√©r√™ts particuliers dans une soci√©t√© plus vaste. Cependant, le communautarisme peut √©galement soulever des pr√©occupations. Dans certains cas, le communautarisme peut mener √† une segmentation de la soci√©t√© en groupes distincts, entra√ģnant ainsi une s√©gr√©gation et une fragmentation sociales. Les diff√©rences entre les communaut√©s peuvent parfois conduire √† des conflits, de la discrimination et de la m√©fiance mutuelle. Certains critiques affirment par ailleurs que le communautarisme peut entraver l'int√©gration sociale en mettant en avant les int√©r√™ts de groupes particuliers au d√©triment de l'harmonie sociale.

Communautarisme et universalisme. - L'opposition de ces deux concepts (pas n√©cessairement mutuellement exclusifs) pose les termes d'un d√©bat philosophique et politique qui concerne la mani√®re dont les individus s'identifient, interagissent et participent √† la soci√©t√©. Le communautarisme met l'accent sur l'identit√©, les valeurs et les droits sp√©cifiques √† chaque communaut√© (culturelle, religieuse, ethnique, etc.) et consid√®re l'appartenance √† une communaut√© comme un aspect central de l'identit√© individuelle. Il accorde d√®s lors la priorit√© aux int√©r√™ts et aux besoins de la communaut√© √† laquelle un individu appartient. (On voit ici que le nationalisme est un communautarisme particulier, dans lequel la communaut√© prend le nom de nation). L'universalisme quant √† lui se concentre sur les droits et les valeurs communes √† toute l'humanit√©. Il consid√®re que ces droits et valeurs transcendent les appartenances communautaires, et que chaque individu, en tant qu'√™tre humain, a des droits fondamentaux universels qui doivent √™tre prot√©g√©s. Ajoutons que le communautarisme reconna√ģt et soutient l'implication de l'√Čtat dans la pr√©servation et la promotion des cultures et des identit√©s communautaires, tandis que l'universalisme, pr√©conise souvent un √Čtat la√Įc et neutre, qui garantit l'√©galit√© des droits pour tous les individus sans favoriser aucune communaut√© sp√©cifique. Ainsi, autant du point de vue de la place de l'individu dans le groupe social que du r√īle attribu√© √† l'Etat, il appara√ģt que le communautarisme d√©fend plut√īt des valeurs conservatrices, alors que les valeurs de l'universalisme sont plut√īt progressistes. 

Communauté (du bas latin Communalitatem, de communalis = communal, de communis =commun) : caractère de ce qui est commun. - Kant appelle communauté la troisième catégorie (Action et Réaction = Réciprocité) qui se rapporte à la Relation. Elle sert de fondement à la troisième des analogies de l'expérience, que Kant formule ainsi : Toutes les substances, en tant qu'elles peuvent être perçues comme simultanées dans l'espace, sont dans une action réciproque générale.

Communication. - Processus qui implique la transmission d'informations, de messages et de significations entre des individus, des groupes ou des entit√©s. C'est un aspect essentiel de la vie humaine et de la soci√©t√©, ainsi que de nombreux autres organismes et syst√®mes complexes. 

Communisme(de Commun). - Forme de socialisme supprimant compl√®tement la propri√©t√© individuelle, pour lui substituer la propri√©t√© commune. - Organisation sociale expos√©e par Platon dans la R√©publique. Si les partisans de ce syst√®me admettent que l'√Čtat doit en donner la jouissance √©gale √† tous les citoyens, c'est un communisme √©galitaire; s'ils veulent que l'√Čtat accorde √† chacun selon ses oeuvres et tiennent compte des capacit√©s (les Saint-simoniens), l'√©galit√© qui semble d√©truite est r√©tablie en r√©alit√©.

Commutative (du latin scolastique Commutativus, de commutare, = cum-mutare = échanger) : a) Justice commutative : égalité dans les échanges, - b) Loi ou propriété commutative : propriété de l'addition et de la multiplication logiques, et plus généralement, de toute loi de composition (*) telle que pour tout couple d'éléments a et b d'un ensemble, on ait a*b = b*a.

Compatibilit√©, compatible. - a) En philosophie,  ces termes sont utilis√©s pour discuter de l'existence simultan√©e de deux ou plusieurs √©l√©ments, concepts ou positions philosophiques sans qu'ils ne soient en conflit les uns avec les autres. La compatibilit√© signifie que ces √©l√©ments peuvent coexister ou √™tre harmonis√©s d'une mani√®re qui ne contredit pas leurs principes ou leurs exigences fondamentales. - b) En math√©matiques et en logique, le terme compatibilit√© se r√©f√®re g√©n√©ralement √† la possibilit√© pour deux concepts, th√©ories, syst√®mes ou propositions de coexister sans conflit, c'est-√†-dire sans cr√©er de contradictions logiques ou math√©matiques.

Comparaison : acte de l'intelligence rapprochant et examinant simultan√©ment deux o√Ļ plusieurs faits, deux ou plusieurs id√©es, pour en appr√©cier les ressemblances et les diff√©rences, ou, plus g√©n√©ralement, les rapports quels qu'ils soient. La comparaison sert de pr√©liminaires √† d'autres op√©rations. Si, entre deux id√©es que l'on rapproche, abstraction faite de leurs diff√©rences secondaires ou simplement accidentelles, on trouve des ressemblances assez intimes pour les embrasser, avec beaucoup d'autres id√©es peut-√™tre, dans une notion collective, et pour leur appliquer une qualification commune, on est conduit √† la g√©n√©ralisation. Si l'on trouve seulement que l'une de ces id√©es convient √† l'autre et peut en √™tre affirm√©e, le r√©sultat est une attribution de la premi√®re id√©e √† la seconde, c'est-√†-dire un jugement. Lorsqu'au lieu de comparer directement deux id√©es entre elles, on les compare √† une ou √† plusieurs id√©es interm√©diaires destin√©es √† en op√©rer indirectement le rapprochement, la suite de jugements li√©s entr√© eux qui se produit alors constitue un raisonnement.

Compl√©mentarit√©. - Relation dans laquelle deux √©l√©ments ou aspects diff√©rents se compl√®tent, renforcent mutuellement ou s'associent pour former un tout coh√©rent ou √©quilibr√©.  Le concept de compl√©mentarit√© est d'abord associ√© √† la physique quantique gr√Ęce aux travaux de Niels Bohr, qui en est le cr√©ateur, Werner Heisenberg, et d'autres. Dans ce contexte, il stipule que dans certains ph√©nom√®nes quantiques, des propri√©t√©s telles que la position et la vitesse d'une particule ne peuvent √™tre mesur√©es simultan√©ment avec une pr√©cision totale. Ainsi, des paires de propri√©t√©s sont compl√©mentaires et ne peuvent √™tre connues qu'√† des degr√©s de pr√©cision limit√©s. La compl√©mentarit√© vise ici √† √©lucider la relation entre la physique classique et la physique quantique. Mais, selon le voeu m√™me de Bohr, ce concept a √©galement trouv√© des applications et des interpr√©tations dans d'autres domaines, mais sans avoir atteint (encore?) la profondeur philosophique et la port√©e ontologique que le physicien avait su lui donner.

Dans la philosophie contemporaine, la compl√©mentarit√© est abord√©e en relation avec les dualismes, les antinomies et les contradictions dans la pens√©e. Elle est souvent utilis√©e pour √©voquer l'id√©e que des perspectives diff√©rentes peuvent √™tre toutes valides et compl√©mentaires sans n√©cessairement √™tre en conflit. Dans la psychologie, la compl√©mentarit√© est utilis√©e pour d√©crire des traits de personnalit√© oppos√©s qui se compl√®tent et cr√©ent un √©quilibre. Par exemple, l'introduction des concepts d'introversion et d'extraversion par Carl Jung peut √™tre consid√©r√©e comme une forme de compl√©mentarit√© psychologique. Dans le contexte des relations interpersonnelles, la compl√©mentarit√© fait r√©f√©rence √† des r√īles, des comportements ou des comp√©tences diff√©rents qui se compl√®tent et contribuent √† la stabilit√© et √† l'√©quilibre de la relation. Par exemple, des styles de communication compl√©mentaires peuvent am√©liorer la dynamique d'une relation. Les r√īles compl√©mentaires entre les individus dans une soci√©t√© peuvent cr√©er un √©quilibre fonctionnel. Dans le domaine de l'√©conomie, la compl√©mentarit√© est utilis√©e pour d√©crire la relation entre des biens ou des facteurs de production qui sont interd√©pendants et qui se renforcent mutuellement. Par exemple, le travail et le capital sont souvent consid√©r√©s comme compl√©mentaires dans le processus de production. En biologie, la compl√©mentarit√© est souvent utilis√©e pour d√©crire les relations symbiotiques o√Ļ diff√©rentes esp√®ces interagissent de mani√®re b√©n√©fique pour les deux parties. Par exemple, dans la relation entre les plantes et les pollinisateurs. On parle aussi de compl√©mentarit√© en r√©f√©rence √† la relation entre diff√©rentes parties, structures ou processus qui se combinent pour former un syst√®me fonctionnel. Par exemple, la compl√©mentarit√© des bases azot√©es dans l'ADN, o√Ļ l'ad√©nine compl√©mente toujours la thymine et la cytosine compl√©mente la guanine.

Complet (Completus, de completum, supin de complere = cum-pleo = remplir, achever) : Leibniz appelle notion complète celle qui représente entièrement un objet individuel. Les notions abstraites sont donc incomplètes. - S'oppose à Incomplet.

Compl√©tude. - a) En math√©matiques et en logique, un syst√®me formel est dit complet s'il peut d√©montrer chaque √©nonc√© vrai qui peut √™tre exprim√© dans ce syst√®me. En d'autres termes, aucun √©nonc√© vrai ne peut √©chapper √† la capacit√© du syst√®me √† le prouver. Par exemple, la logique du premier ordre est compl√®te, ce qui signifie qu'elle peut prouver toutes les v√©rit√©s logiques exprimables dans cette logique (Incompl√©tude). - b)  En philosophie ou dans les sciences, la compl√©tude peut √™tre li√©e √† la capacit√© d'un syst√®me conceptuel ou d'une th√©orie √† rendre compte de tous les aspects d'un domaine donn√©. Par exemple, une th√©orie compl√®te de la physique tenterait de rendre compte de tous les ph√©nom√®nes physiques. D√®s que l'on sort des syst√®mes formels, la compl√©tude souvent une notion id√©ale, confront√©e aux limites de la connaissance humaine, aux ambigu√Įt√©s du langage, aux d√©fis de la logique, et aux complexit√©s de la r√©alit√©. 

Complexe (Complexus, de complexum, complecti, de cum et plectere = plier avec, embrasser, assembler). - Un terme complxe est un terme, form√© de l'assemblage de plusieurs mots, qui ne constitue cependant, dans la proposition consid√©r√©e au point de vue logique, qu'un seul terme. L'addition, qui complique un terme simple, est : a) tant√īt une explication;  (par ex. : l'homme, qui est un animal raisonnable; b) tant√īt une d√©termination, (exemple :  l'homme, qui craint la loi). - Proposition complexe : celle dont le sujet, le verbe ou l'attribut sont des termes complexes (ex.:  l'homme, qui craint la loi, est sage). - Syllogisme complexe : celui dans lequel le grand ou le petit terme et complexe, ou dans lequel la conclusion est une proposition modale. - ll ne faut pas confondre complexe et compos√©. - S'oppose √† Simple.
 

Complexe. - Employé substantivement, ce mot désigne un tout dont les éléments distincts ne sont pas seulement juxtaposés, mais sont organisés.

Complexe (nombre). - C'est un nombre c tel que c = a+ib, avec a et b qui sont deux réels et i qui est tel que i²=1. Si b = 0, c est un nombre réel. Si a = 0, c est dit imaginaire. Les nombres complexes peuvent s'additionner et se multiplier comme les nombres réels, selon les règles habituelles de l'algèbre. Il suffit de remplacer i² par 1 à chacune de ces occurences.

Complexit√©. - Concept qui fait r√©f√©rence √† la nature interconnect√©e et diversifi√©e des ph√©nom√®nes, syst√®mes, ou structures, compos√©s d'une grande diversit√© d'√©l√©ments, chacun avec ses caract√©ristiques et son comportement sp√©cifique, mis dont l'interconnexion, justement, emp√™che de les r√©duirer √† des entit√©s simples et isol√©es. Les nombreuses relations et interconnexions entre les √©l√©ments d'un syst√®me peuvent √™tre lin√©aires ou non lin√©aires (dans ce dernier cas, l'effet d'un changement dans un √©l√©ment peut avoir des effets disproportionn√©s sur d'autres parties du syst√®me). En raison de leur nature dynamique et interconnect√©e, les syst√®mes complexes peuvent √™tre difficiles √† pr√©voir et √† comprendre enti√®rement. L'incertitude est souvent un aspect inh√©rent √† la complexit√©. Dans les syst√®mes complexes, de nouvelles propri√©t√©s, comportements ou mod√®les, appel√©s propri√©t√©s √©mergentes, peuvent √©merger du fonctionnement collectif des √©l√©ments du syst√®me, mais elles ne peuvent pas √™tre r√©duites √† la simple somme de ces √©l√©ments. Les syst√®mes complexes ont souvent la capacit√© de s'adapter et de s'ajuster √† des changements internes ou externes. Cette adaptabilit√© est essentielle pour la survie et la durabilit√© du syst√®me. Certains syst√®mes complexes ont la capacit√© de s'auto-organiser, c'est-√†-dire de g√©n√©rer des structures et des mod√®les ordonn√©s √† partir de l'interaction des √©l√©ments individuels sans qu'il y ait un contr√īle centralis√©. Ajoutons que la complexit√© peut exister √† diff√©rents niveaux d'une hi√©rarchie. Par exemple, un syst√®me complexe peut √™tre compos√© de sous-syst√®mes, chacun √©tant lui-m√™me un syst√®me complexe.

Complication, implication, explication. - Terminologie utilis√©e par Nicolas de Cues et qui fait partie de sa r√©flexion sur la compr√©hension de la connaissance et de la r√©alit√©. 

‚ÄĘ La complication concerne la complexit√© inh√©rente √† la r√©alit√© et √† la connaissance. Cues a reconnu que la r√©alit√© et la compr√©hension des id√©es peuvent √™tre intrins√®quement complexes et que la compr√©hension v√©ritable implique de reconna√ģtre et de travailler avec cette complexit√©. Le terme complication souligne que la r√©alit√© et la connaissance ne sont pas simplistes, mais plut√īt nuanc√©es et complexes.

‚ÄĘ L'implication, pour ce philosophe, se r√©f√®re √† la mani√®re dont les id√©es ou les concepts sont impliqu√©s les uns dans les autres. Il pensait que chaque id√©e ou concept contenait des implications inh√©rentes, de sorte que la compr√©hension d'une id√©e implique la compr√©hension d'autres id√©es li√©es. Il a √©tudi√© la mani√®re dont les concepts se rapportent les uns aux autres et comment ils sont interconnect√©s.

‚ÄĘ L'explication, dans ce contexte, se rapporte √† la mani√®re dont on peut expliquer ou rendre intelligible ces implications conceptuelles. Cues a cherch√© √† √©laborer des m√©thodes ou des outils pour clarifier et expliquer les relations conceptuelles afin d'approfondir la compr√©hension.

Complotisme = pensée conspirationniste. - Tendance à expliquer des événements complexes ou des phénomènes sociaux par l'intermédiaire de complots secrets, souvent impliquant des groupes puissants ou des organisations cachées qui manipuleraient la vérité ou agiraient dans leur intérêt propre, au détriment du public. Cela signifie aussi une remise en question l'intégrité et les motivations des élites, des institutions gouvernementales, des entreprises et d'autres organisations influentes, les présentant souvent comme manipulatrices et malveillantes. Les personnes qui adhèrent au complotisme cherchent des motifs cachés, souvent néfastes, derrière des événements ou des faits qui sont généralement considérés comme résultant de causes plus simples ou évidentes. Les adeptes du complotisme ont souvent un fort scepticisme envers les sources d'information conventionnelles, comme les gouvernements, les médias, les experts et les scientifiques, qu'ils considèrent comme peu fiables ou manipulés. Ils ont tendance à sélectionner et à accepter des informations qui confirment leurs croyances préexistantes, tout en rejetant ou en minimisant celles qui les contredisent. Ils construisent souvent des narrations alternatives basées sur des preuves anecdotiques, des interprétations subjectives et des corrélations causales non étayées. Internet et les réseaux sociaux ont facilité la diffusion rapide des théories du complot en permettant aux individus partageant des croyances similaires de se regrouper et d'amplifier leurs idées. En produisant de la désinformation, le complotisme peut avoir des conséquences néfastes sur la santé publique et la cohésion sociale. (Post-vérité).

Comportement. - Ensemble des actions, réactions et réponses observables d'un individu ou d'un groupe d'individus dans une variété de contextes.Le comportement englobe la manière dont une personne agit, parle, interagit avec son environnement, les autres personnes et elle-même. Il peut être influencé par divers facteurs, comme les traits de personnalité, les émotions, les motivations, les normes sociales, les valeurs, les croyances, et les circonstances environnementales. L'étude du comportement appartient à la psychologie, la sociologie et l'éthologie (étude du comportement animal).

Compos√© (de Composer, de componere = cum-ponere = mettre ensemble) ce qui est form√© de plusieurs parties ou de plusieurs termes.  - Distinctions : a) Compos√© physique :  r√©sulte de parties physiques : ainsi l'humain est compos√© d'organes, eux-m√™mes compos√©s de tissus, etc. - b) Compos√© m√©taphysique : r√©sulte de parties m√©taphysiques : ainsi l'humain est compos√© de puissance et d'acte, d'essence et d'existence. - c) Compos√© logique r√©sulte de parties logiques : ainsi l'humain encore est compos√© de genre et de diff√©rence, d'animalit√© et de raison. d) Compos√© substantiel : il est form√© de parties r√©unies en une m√™me substance : ainsi la plante, l'animal. e) Compos√©, accidentel : il est form√© de parties unies seulement d'une mani√®re accidentelle : ainsi les compos√©s artificiels, une maison, un tas de pierres. f) Sens compos√© (sensus composatus) : pour Descartes,  repr√©sente l'ensemble de la perception, y compris la perception correcte et trompeuse, une fois qu'elle est int√©gr√©e dans notre esprit. Le philosophe a sugg√©r√© que notre esprit est responsable de la synth√®se de toutes nos perceptions sensorielles pour former une image coh√©rente du monde. M√™me si les sens peuvent √™tre trompeurs, l'esprit a la capacit√© de discerner les erreurs et de former une compr√©hension plus pr√©cise. S'opposes √† Sens divis√©.

Composantes. - Parties qui constituent un objet math√©matique plus vaste. La mani√®re dont ces composantes sont organis√©es, mesur√©es ou combin√©es d√©pend du contexte math√©matique sp√©cifique dans lequel elles sont utilis√©es. - Ainsi, une matrice est une structure rectangulaire d'√©l√©ments num√©riques. Les composantes d'une matrice sont les valeurs individuelles qui la composent. - Un vecteur est souvent d√©fini par ses composantes. Par exemple, dans un espace tridimensionnel, un vecteur peut √™tre d√©crit par trois composantes, g√©n√©ralement not√©es (x, y, z). - Un vecteur propre d'une matrice est un vecteur qui est multipli√© par un scalaire (la valeur propre) lorsqu'il est transform√© par la matrice. Les composantes d'un vecteur propre sont les √©l√©ments du vecteur. - Les composantes de coordonn√©es se r√©f√®rent aux valeurs num√©riques qui d√©crivent la position d'un point dans un espace √† plusieurs dimensions. Par exemple, dans un espace bidimensionnel, les composantes de coordonn√©es d'un point peuvent √™tre (x, y). - Les composantes d'un polyn√īme sont les coefficients des termes individuels. - Dans la th√©orie des ensembles, un ensemble est constitu√© de ses √©l√©ments individuels qui sont ses composantes. - Dans la th√©orie des graphes, un graphe est constitu√© de sommets (ou nŇďuds) et d'ar√™tes (ou liens) qui les relient. Les sommets et les ar√™tes sont les composantes d'un graphe.

Composition. En logique, ce mot s'entend de l'art de disposer les id√©es ou les mati√®res dans l'ordre qu'elles doivent garder entre elles, suivant leur nature, leur caract√®re et le but qu'on se propose. 

Le sophisme de composition consiste à affirmer, des choses jointes ensemble, ce qui n'est vrai que quand elles sont prises séparément, à confondre les uns avec les autres des objets divers par l'espèce, ou des faits distincts par le lieu ou par le temps.

En grammaire, la composition des mots consiste à fondre, à combiner deux ou plusieurs mots en un seul, terminé par une désinence unique qui appartient au mot tout entier et lui donne de l'unité (Mots composés), ou à joindre aux mots certains affixes qui en modifient la valeur ou le sens.

En littérature, la composition est l'ensemble des opérations qui constituent l'art d'écrire. (B.).

Composition (Compositio, de compositum, supin de componere = mettre ensemble). - Union de parties destinées à ne former qu'un tout. La composition suppose donc l'imperfection dans les parties prises isolément. - L'union, au contraire, peut exister entre des êtres parfaits en eux-mêmes avant tout rapprochement.

Composition (loi de). - En mathématiques, c'est une application qui à tout couple (a,b) d'éléments appartenant respectivement à deux ensembles E et F fait correspondre un élément de E. Si E = F, on parle de loi de composition interne; sinon, il s'agit d'une loi de composition externe. Les lois de composition peuvent avoir diverses propriétés (commutativité, associativité, distributivité).

Composition des applications. - Soit deux applications f et g  telles que f : E ‚Üí F et g : G ‚Üí H (l'ensemble F √©tant suppos√© inclus ou √©gal √† G). Ce qu'on appelle la composition des applications f et g correspondra alors aux deux √©tapes suivants : 1¬į)  f associe √† tout √©l√©ment x de E un √©l√©ment not√© f(x) de F; 2¬į g associe encuite f(x) a un √©l√©ment de H not√© g(f(x)). Il r√©sulte de l√† que la composition fait appara√ģtre une nouvelle application, not√©e gof (lire "g rond f"), telle que gof : E ‚Üí H. 

Compossible (du latin scolastique compossibilis, de cum = ensemble; possibilis  = possible). - Pour les Scolastiques, c'est la simultan√©it√© de plusieurs possibles. Leibniz dit que tous les possibles ne sont pas compossibles, pour signifier que tous les possibles ne sont pas simultan√©ment r√©alisables dans le m√™me monde.

Compr√©hensif. - Qui embrasse  ou ¬ę comprend ¬Ľ un ensemble d'√©lements ou de termes dans une m√™me id√©e. 

 Compr√©hension (Comprehensivus, Comprehensio, de Comprehensum, supin de comprehendere = cum-prehendere = prendre avec). - Acte ou facult√© de comprendre. La compr√©hension implique g√©n√©ralement la capacit√© d'appr√©hender, d'interpr√©ter et de donner un sens √† quelque chose, que ce soit une id√©e, un concept, un ph√©nom√®ne, un texte ou une r√©alit√©. Cependant, la compr√©hension peut d√©passer la simple accumulation de faits ou d'informations pour inclure une appr√©ciation plus profonde du sens et de la signification. Certains philosophes, comme Platon, ont soutenu que la v√©rit√© √©tait la condition pr√©alable √† la compr√©hension. D'autres, comme les pragmatistes, ont fait valoir que la compr√©hension √©tait une partie int√©grante de la recherche de la v√©rit√©. De leur c√īt√©, les philosophes de l'herm√©neutique ont mis en lumi√®re l'importance de l'interpr√©tation dans le processus de compr√©hension. Ils ont insist√© sur la mani√®re dont les pr√©jug√©s, les contextes historiques et culturels, et les interpr√©tations influencent la mani√®re dont nous comprenons. La compr√©hension est √©galement √©troitement li√©e au contexte. Comprendre quelque chose signifie souvent le situer dans un contexte plus large, que ce soit un contexte historique, culturel, linguistique ou conceptuel.

Comprendre (Comprehendere = prendre avec) : ce mot signifie, entendu a) largement : saisir le sens de quelque chose; - b) strictement : saisir la nature ou la raison de quelque chose.

Compromis. - Accord ou r√©solution de conflit dans lequel deux parties acceptent de renoncer partiellement √† leurs positions, souvent oppos√©es, afin de parvenir √† un r√©sultat accept√© par les deux parties. Le compromis appara√ģt ainsi comme une r√©ponse pragmatique aux conflits et aux dilemmes, qui implique la  reconnaissance que des solutions id√©ales ou parfaites peuvent √™tre hors de port√©e. Dans le domaine de l'√©thique, le concept de compromis s'aborde alors en termes de r√©solution de dilemmes moraux. De tels dilemnes surviennent lorsque des valeurs ou des principes √©thiques entrent en conflit, obligeant une personne √† faire des compromis en renon√ßant √† certains principes fondamentaux pour prendre une d√©cision. La philosophie politique aborde souvent la question du compromis en relation avec la gouvernance et la prise de d√©cision politique. Les d√©mocraties, par exemple, sont fond√©es sur le compromis, car elles impliquent que des groupes divers aient √† trouver un terrain d'entente pour gouverner ensemble. Le contractualisme (V. ci-dessous), par exemple, se penche sur la question de savoir comment les individus peuvent n√©gocier des compromis sociaux pour vivre ensemble dans une soci√©t√©. 

Computationalisme. - Perspective philosophique et cognitive qui suggère que les processus mentaux peuvent être expliqués en termes de mécanismes computationnels. En d'autres termes, que l'esprit peut être compris comme fonctionnant de manière similaire à un ordinateur, traitant l'information à travers des algorithmes et des représentations symboliques. Cette perspective a des implications importantes dans des domaines tels que l'intelligence artificielle et les sciences cognitives. Les partisans du computationalisme estiment que les fonctions cognitives humaines peuvent être modélisées ou simulées en utilisant des processus computationnels.

Comtisme. - Philosophie d'Auguste Comte., qui t consid√©r√© comme le fondateur du Positivisme, un courant philosophique qui met l'accent sur l'importance de l'observation empirique, de la science et de la m√©thode scientifique pour comprendre le monde. Ce qui caract√©rise le positivisme d'Auguste Comte c'est l'importance qu'il accorde √† la primaut√© de la science et de la m√©thode scientifique comme moyen de comprendre la r√©alit√©. Comte a encourag√© l'observation empirique, l'exp√©rimentation et l'analyse des faits concrets. Il a cherch√© par exemple √† appliquer la m√©thode scientifique √† l'√©tude de la soci√©t√© et des ph√©nom√®nes sociaux. Sa vision de la sociologie √©tait bas√©e sur l'id√©e de comprendre les lois et les r√©gularit√©s sociales de mani√®re empirique. Cela l'a aussi conduit √† √©noncer la loi des trois √©tats pour d√©crire l'√©volution de la pens√©e humaine, qui passerait d'abord par l'√©tat th√©ologique ou fictif, puis par l'√©tat m√©taphysique ou abstrait, et enfin par  l'√©tat positif ou scientifique. Comte a, par ailleurs, d√©velopp√© la notion de la religion de l'Humanit√© en tant que syst√®me de croyance la√Įque qui servirait de base morale et sociale √† la soci√©t√©. Il a propos√© des rituels et des c√©r√©monies pour promouvoir la solidarit√© et la coop√©ration au sein de la soci√©t√©.

Conatif (de Conatum, supin de conari = s'efforcer) : caractéristique des faits volitifs d'après Hamilton.

Conation (de Conatio, de conari, conatum = s'efforcer). Mot usité chez les philosophes de langue anglaise. Certains voudraient l'employer en français pour signifier l'effort ou la tendance prise dans un sens indéterminé.

Conatus. - Concept d√©velopp√© par Spinoza dans son √Čthique (1677). Pour lui, le conatus est l'effort naturel et intrins√®que de chaque chose √† pers√©v√©rer dans son existence. C'est un principe fondamental qui anime tous les √™tres. Il repr√©sente l'impulsion qui pousse les √™tres √† maintenir leur existence, √† se d√©velopper, √† se reproduire et √† √©viter la destruction. Chaque individu, qu'il soit une plante, un animal ou un √™tre humain, poss√®de un conatus, c'est-√†-dire cette force ou cette tendance inn√©e √† pers√©v√©rer dans sa propre existence. ans la philosophie de Spinoza, le conatus est li√© √† sa conception d√©terministe de la r√©alit√©. Il soutient que tout ce qui se produit dans l'univers est d√©termin√© par des lois de la nature, et le conatus lui-m√™me est soumis √† ces lois. Cela signifie que les individus agissent en fonction de leur conatus de mani√®re pr√©visible et d√©termin√©e par des causes naturelles. Le conatus est √©galement li√© √† des concepts tels que l'amour et la joie : les √™tres humains √©prouvent de la joie lorsqu'ils agissent conform√©ment √† leur conatus, c'est-√†-dire lorsqu'ils pers√©v√®rent dans leur existence et poursuivent ce qui contribue √† leur bien-√™tre. √Ä l'inverse, la tristesse survient lorsque les individus vont √† l'encontre de leur conatus.

Concentration. - Expression figur√©e, employ√©e en philosophie et en psychologie pour d√©signer l'effort par lequel, √† un moment donn√©, nous appliquons exclusivement, √† un objet d√©termin√©, toute l'√©nergie d'une de nos facult√©s; ainsi l'on dit qu'il y a concentration de la conscience ou que la conscience se concentre sur les ph√©nom√®nes de la vie int√©rieure pour en saisir le d√©veloppement (autres expressions figur√©es) et en d√©couvrir les lois. La concentration, en ce sens, est l'effet de la volont√© et caract√©rise toutes les op√©rations de l'esprit dans lesquelles nous nous rendons attentifs. Jouffroy, dans une th√©orie ing√©nieuse de la sensibilit√© (M√©langes philosophiques : De l'amour de soi), a nomm√© concentration, par opposition au mouvement expansif, dit-il, qui suit la sensation agr√©able, ¬ę le mouvement r√©actif par lequel la sensibilit√©  d√©sagr√©ablement affect√©e se resserre en elle-m√™me. ¬Ľ Sans condamner d'une mani√®re absolue l'usage de ces m√©taphores, dont Aristote d√©j√† reprochait √† Platon d'abuser, mais auxquelles le langage philosophique, de m√™me que le langage ordinaire, est contraint √† chaque instant d'avoir recours, faute d'expressions propres et abstraites, nous avons √† dire qu'il est bon de les √©viter autant que possible, ou tout ou moins de se tenir en garde contre une interpr√©tation trop litt√©rale, de peur de prendre pour l'expression exacte des faits, ce qui ne les repr√©sente qu'en vertu d'une analogie plus ou moins √©loign√©e. (B-E.).

Concept (Conceptus, de conceptum, supin de concipere = cum-capere = prendre √† la fois, concevoir). - Lid√©e abstraite et g√©n√©ral, l'id√©e, l'appr√©hension qui sert ensuite de mati√®re au jugement. Dans la philosophie de Kant, le concept (Begriff) est une notion g√©n√©rale sans √™tre absolue. Kant distingue : 1¬į les concepts purs de l'entendement, c'est-√†-dire ceux qui, d'apr√®s lui, sont ind√©pendants de l'exp√©rience ; ce sont les cat√©gories; 2¬į les concepts empiriques, qui doivent tout √† l'exp√©rience : ainsi les notions de couleur et de plaisir; 3¬į les concepts mixtes. - Distinction : Concept formel, concept objectif. Le premier, qui est le verbe mental, est l'id√©e en elle-m√™me, consid√©r√©e comme un principe et un moyen de connaissance. Le second c'est l'id√©e consid√©r√©e dans ce qu'elle exprime. Les concepts formels sont l'objet de la logique; les concepts objectifs sont l'objet de la m√©taphysique.

Conception (Conceptio, de conceptum, supin de concipere = prendre, saisir, recueillir) : a) Opération intellectuelle par opposition à celles de l'imagination et des sens : la connaissance du monde est une conception de l'esprit. - b) Opération qui consiste à former ou à saisir un concept.

Conceptionnisme (de Conception). - 1) Fa√ßon d'expliquer la perception ext√©rieure par opposition au perceptionnisme ou perception imm√©diate. Le conceptionnisme affirme que les id√©es, les concepts et la connaissance ne sont pas uniquement d√©riv√©s de l'exp√©rience sensorielle, mais sont le produit d'une activit√© intellectuelle, d'une conceptualisation et d'une interpr√©tation. Les conceptionnistes soutiennent que notre esprit joue un r√īle actif dans la construction de la r√©alit√© et de la connaissance. Ils insistent sur le fait que les id√©es ne sont pas simplement une r√©flexion passive des impressions sensorielles. Cette perspective peut √™tre li√©e √† l'id√©alisme ou au constructivisme, qui affirment que la r√©alit√© d√©pend de la mani√®re dont elle est interpr√©t√©e par l'esprit humain. - 2) Id√©e selon laquelle la r√©alit√©, en particulier les aspects ordonn√©s de la nature, est le produit d'un acte de conception ou de cr√©ation intellectuelle. Le conceptionnisme est souvent associ√© √† des croyances religieuses ou m√©taphysiques qui soutiennent que l'univers est le r√©sultat d'une intention ou d'un dessein divin. 

Conceptualisation. - Processus de cr√©ation de concepts, qui sont des id√©es abstraites ou des repr√©sentations mentales g√©n√©rales qui regroupent et organisent des informations, des exp√©riences et des objets similaires en cat√©gories ou en notions distinctes. C'est un √©l√©ment cl√© dans la mani√®re dont nous comprenons et interagissons avec le monde qui nous entoure, en nous permettant de simplifier et de donner un sens √† la complexit√© de notre environnement. La formation de concepts implique d'identifier des caract√©ristiques communes ou des mod√®les r√©currents parmi les objets, les id√©es ou les exp√©riences. La conceptualisation consiste ainsi √† abstraire des caract√©ristiques importantes des objets ou des exp√©riences et √† ignorer les d√©tails sp√©cifiques qui ne sont pas pertinents pour le concept en question. Les concepts r√©sultent souvent de la g√©n√©ralisation, o√Ļ des exp√©riences individuelles sont regroup√©es en un concept plus large qui repr√©sente une classe d'objets ou d'id√©es similaires. La cat√©gorisation appara√ģt alors comme un √©l√©ment central de la conceptualisation. Le langage joue un r√īle essentiel dans le processus de conceptualisation, car il nous permet d'exprimer et de communiquer nos concepts, de les affiner et de les enrichir √† travers des interactions sociales et culturelles. La conceptualisation aide √† adapter nos processus cognitifs en nous permettant de g√©rer des informations complexes, de r√©soudre des probl√®mes et de prendre des d√©cisions. La culture et la soci√©t√© dans lesquelles nous vivons influent sur la mani√®re dont nous conceptualisons le monde en nous fournissant des sch√©mas, des normes et des valeurs sp√©cifiques. Il s'ensuit que  les concepts, au m√™me titre que les valeurs et les normes, peuvent √©voluer et se modifier avec le temps en r√©ponse √† de nouvelles informations, √† des changements sociaux et culturels, et √† des avanc√©es dans la compr√©hension humaine.

Conceptualisme (du latin scolastique Conceptualis, de Conceptus = concept). -  On appelle ainsi le syst√®me d'Ab√©lard, qui essaya de trouver un moyen terme entre le nominalisme et le r√©alisme : nos id√©es g√©n√©rales ou universaux sont, selon Ab√©lard, plus que de simples noms (nominialisme), sans avoir pourtant de r√©alis√© correspondante hors de l'esprit (r√©alisme}; leur r√©alit√©, qui est ind√©niable, est toute subjective, car ce sont des conceptions tr√®s r√©elles de notre esprit. Sous les mots, il y a un sens, un concept. Le conceptualisme n'est qu'un nominalisme d√©guis√©.

On a aussi appelé conceptualisme la doctrine de Kant sur la nature des idées générales.

Concevable, Concevabilit√© (de Concevoir, de concipere). - Est concevable ce qui peut √™tre imagin√© ou pens√© de mani√®re coh√©rente, m√™me si cela ne signifie pas n√©cessairement que cette chose est r√©elle ou possible dans le monde r√©el. Par exemple, il est concevable d'imaginer une licorne, bien que les licornes n'existent pas dans le monde r√©el. La concevabilit√© est souvent utilis√©e dans le raisonnement philosophique pour √©tudier des possibilit√©s et des limites conceptuelles. Descartes sugg√®re par exemple que le simple fait de pouvoir concevoir quelque chose (m√™me si c'est tr√®s improbable ou paradoxal) peut r√©v√©ler des aspects de la connaissance et de la v√©rit√©. Il imagine ainsi l'existence d'un malin g√©nie trompeur, bien que cela puisse sembler improbable, mais cela lui sert pour son √©lucidation des notions de certitude et du doute. Une question souvent abord√©e de nos jours en philosophie de l'esprit comme en √©pist√©mologie est celle de la relation entre la concevabilit√© et la possibilit√©. Est-ce que ce qui est concevable est n√©cessairement possible? En d'autres termes, est-ce que tout ce que nous pouvons concevoir dans notre esprit peut √™tre r√©alis√© dans le monde r√©el? 

Concevabilit√© (argument de). -  Argument reposant sur le principe selon lequel tout ce qui est concevable est possible. Chalmers a formul√© l'argument de la possibilit√© concevable en mettant en avant que si nous pouvons concevoir mentalement un zombie sans contradiction, cela sugg√®re que la conscience est potentiellement distincte de la mati√®re et que les arguments physiques et fonctionnels ne suffisent pas √† expliquer la conscience. Cette id√©e a conduit √† la distinction entre les aspects mat√©riels et ph√©nom√©naux de la conscience. Elle  a √©galement des implications pour les discussions sur le probl√®me difficile de la conscience, c'est-√†-dire la question de savoir pourquoi et comment nous avons des exp√©riences subjectives.

Conchyliologie (zoologie). - Science des coquilles; ce terme pris dans son acception la plus générale comprendrait non seulement les Mollusquesà coquille externe ou interne, mais encore un grand nombre de Protozoaires, d'Echinodermes, de Vers, etc., dont le test ou l'enveloppe protectrice a plus ou moins la consistance et souvent la forme d'une coquille. Employé sensu stricto, ce mot désigne simplement les Mollusques.

Conciliation (Conciliatio, de cocciliatum, supin de conciliare = r√©unir; de cum = avec; calare = appeler) : elle consiste √† d√©gager de chaque syst√®me ¬ę l'√Ęme de v√©rit√© ¬Ľ qu'il peut contenir. C'est ce que les Anglaisnomment une doctrine de ¬ę reconciliation ¬Ľ, qui √©quivaut √† un √©clectisme temp√©r√©.

Concluant, Conclusion (Conclusio, de conclusum, supin de concludere = cum-claudere = enfermer, terminer). - La conclusion est une proposition qui r√©sulte de propositions pos√©es comme pr√©misses. Conclusion se dit, dans un sens √©tendu, des cons√©quences de toute esp√®ce de raisonnement, mais s'applique plus sp√©cialement aux cons√©quences du raisonnement d√©ductif et du syllogisme. Dans le syllogisme, la conclusion √©nonce le rapport trouv√© entre un certain sujet (petit terme) et un certain attribut (grand terme) √† l'aide du moyen terme. On ignore si C peut √™tre attribu√© √† A en totalit√©; mais on sait d'avance ou l'on peut s'assurer facilement qu'il peut √™tre attribu√© √† B, et B de la m√™me mani√®re √† A; on en conclut que C peut √™tre attribu√© √† A : 

Tout A est B;
Tout B est C :
Donc tout A est C.
La conclusion dérive nécessairement des prémisses; et les rapports de ses termes, par suite la nature de la conclusion elle-même, varient suivant les rapports exprimés dans les prémisses. Ce serait une erreur de croire que n'importe quelles propositions rapprochées l'une de l'autre puissent toujours servir de prémisses et donner une conclusion. Ainsi, de ce que nul A n'est B et nul B n'est C, on ne peut rien conclure du rapport de A et de C. (B-E)

Concomitance, Concomitant(Concomitani, accompagner; de cum, avec; comitari = suivre; de comes, comitis, de cum-ire, -itum = aller avec), en termes de philosophie, r√©union de deux ph√©nom√®nes dont l'un accompagne l'autre en un m√™me point de l'espace. Elle diff√®re de la simultan√©it√©, qui est l'√©tat de deux choses existantes dans un m√™me temps. Dans la th√©ologie de l'√Čglise catholique, concomitance se dit de la coexistence indivise du corps et du sang de J√©sus sous chacune des esp√®ces eucharistiques. (B.).

Concordance (m√©thode de). - 1) Approche d'analyse textuelle qui vise √† identifier des motifs, des th√®mes ou des id√©es r√©currentes dans un corpus de textes. Elle est souvent utilis√©e en recherche qualitative, en analyse litt√©raire, en herm√©neutique, en sciences sociales et dans d'autres domaines o√Ļ l'analyse de texte est pertinente. - 2) En √©pist√©mologie, la m√©thode de concordance est une approche de la recherche qui consiste √† examiner diff√©rentes sources, m√©thodes ou points de vue pour identifier des concordances ou des consensus en ce qui concerne une question ou un sujet donn√©. Cette m√©thode est souvent utilis√©e pour √©valuer la validit√©, la fiabilit√© ou la cr√©dibilit√© des informations ou des r√©sultats en confrontant diff√©rentes perspectives.

Concordance et de diff√©rence (m√©thode de). - Approche √©pist√©mologique inductive d√©velopp√©e par John Stuart Mill, notamment expos√©e dans son Syst√®me de logique d√©ductive et inductive (1843). Elle est con√ßue pour √©valuer la causalit√© en examinant les concordances (corr√©lations) et les diff√©rences (absence de corr√©lations) entre diff√©rents √©v√©nements ou ph√©nom√®nes. La premi√®re √©tape consiste √† rechercher des cas o√Ļ un ph√©nom√®ne A (par exemple, une cause pr√©sum√©e) est pr√©sent et o√Ļ un ph√©nom√®ne B (par exemple, un effet pr√©sum√©) se produit √©galement. Si, √† plusieurs reprises, la pr√©sence de A est suivie par la pr√©sence de B, on parle de concordance. Cette r√©p√©tition de corr√©lation entre A et B sugg√®re une relation potentielle de cause √† effet. Ensuite, il faut examiner des cas o√Ļ A est absent et v√©rifier si B est √©galement absent. Si, √† plusieurs reprises, l'absence de A est suivie de l'absence de B, cela indique une absence de corr√©lation, ce qui renforce l'hypoth√®se de la relation de cause √† effet. On ajoute √† cela la m√©thode de la variation concomitante qui consiste √† v√©rifier si, lorsque A varie, B varie √©galement de mani√®re correspondante. Si une augmentation de A s'accompagne d'une augmentation de B, et une diminution de A s'accompagne d'une diminution de B, cela renforce √©galement l'id√©e d'une relation de cause √† effet. Une autre √©tape est la m√©thode des r√©sidus. Celle-ci  implique de soustraire les effets de toutes les causes connues (C, D, E, etc.) sur B et d'observer s'il reste une variation r√©siduelle que l'on peut attribuer √† A. Si cette variation r√©siduelle est coh√©rente avec l'effet attendu de A, cela renforce encore davantage l'hypoth√®se de la relation de cause √† effet. L'objectif final de cette m√©thode est de construire une argumentation solide en faveur de la causalit√© entre A et B. Mill a √©galement introduit la notion de "conjonction de conditions" pour expliquer que la cause est g√©n√©ralement une combinaison de facteurs et non pas un seul facteur isol√©. La m√©thode de concordance et de diff√©rence n'apporte pas n√©cessairement une preuve d√©finitive de causalit√© et est sujette √† des limitations, notamment la n√©cessit√© d'examiner toutes les variables pertinentes et de prendre en compte d'autres causes possibles.

Concret (Concretus, de concretum, supin de concrescere = cum-crescere = s'accro√ģtre par r√©union, se condenser) : c'est le r√©el, l'individuel. - Mot oppos√© √† abstrait, et qui se dit, en logique, des id√©es que nous concevons √† l'imitation des objets r√©els, sans op√©rer mentalement la s√©paration de la substance et des diff√©rents modes. Toute id√©e individuelle est concr√®te; car la r√©union de divers attributs √† une substance d√©termin√©e est n√©cessaire pour constituer l'individu, et cette r√©union doit √™tre maintenue dans l'id√©e que nous concevons de celui-ci. Au contraire, toute id√©e g√©n√©rale est abstraite, l'esprit, pour la former, √©tant oblig√© de s√©parer au moins de l'id√©e des attributs propres √† chaque individu celle des caract√®res communs au genre tout entier et par lesquels on le d√©finit.

En grammaire, le concret est la qualit√© consid√©r√©e dans un sujet; la beaut√©, le beau, sont des termes abstraits; mais une belle ville, un beau jardin, sont des termes concrets. Quelques grammairiens appellent concrets les verbes attributifs, par opposition au verbe substantif, qu'ils appellent abstrait. Quelquefois un terme abstrait suivi d'un d√©terminatif joue le r√īle du concret, surtout dans le style po√©tique grec et latinlabor Herculeus est √©quivalent de laboriosus Hercules. (B.).

Concrétion (Concretio = agrégation, de concretum, supin de concrescere = se condenser) : Opération pur laquelle l'esprit, à ses débuts et d'une manière généralement inconsciente, a construit le tout dit concret, que l'abstraction, et l'analyse décomposeront plus tard.

Concupiscence (concupiscentia, de concupiscere =- cum-cupiscere, de cupere = d√©sirer ardemment, convoiter) :  a) les Scolastiques emploient ce mot pour distinguer les app√©tits sensibles ou passions qui s'opposent aux tendances raisonnables. - b) D√©sir ardent et √©go√Įste. 

Concupiscible (du latin scolastique Concupiscibilis, qui peut √™tre convoit√©) ce qui est le principe du d√©sir, ce qui pousse √† convoiter. 

Concurrence (de Concurrent, de Concurrens, de concurrere = cum-currere = courir ensemble) : lutte entre deux tendances qui s'efforcent de se supplanter l'une l'autre.

Condillacisme (deCondillacus, traduction latine de Condillac). - Syst√®me de Condillac, appel√© encore syst√®me de la sensation transform√©e (Sensualisme). Condillac soutient que toute connaissance d√©coule de l'exp√©rience sensorielle, que la source de toute connaissance r√©side dans l'exp√©rience et l'observation du monde ext√©rieur. Il distingue ainsi entre deux √©tapes de la perception et de la connaissance. La premi√®re √©tape est celle de la sensation, o√Ļ les donn√©es sensorielles brutes sont per√ßues. La deuxi√®me √©tape est celle de la r√©flexion, o√Ļ les impressions sensorielles sont transform√©es en id√©es, concepts et pens√©es. Condillac affirme par ailleurs que le langage est essentiel pour organiser et structurer la pens√©e. Selon lui, les concepts et les id√©es abstraites se d√©veloppent √† partir des noms de sensations et d'actions, et le langage est l'instrument qui permet de formuler et de communiquer ces concepts. Le philosophe a √©galement discut√© du statut des id√©es abstraites, affirmant que toutes les id√©es abstraites peuvent √™tre r√©duites √† des id√©es bas√©es sur l'exp√©rience sensorielle.En ce sens le condillacisme peut √™tre consid√©r√© comme une forme de r√©ductionnisme √©pist√©mologique.

Condition (Conditio, Condicio = convention; condition, de cum = avec; dicere) : a) Ce qui enl√®ve l'obstacle √† l'activit√© de la cause. - b) Ce dont la pr√©sence est n√©cessaire pour que quelque chose existe (pour Kant, par exemple, le temps et l'espace sont les conditions de l'exp√©rience. - c) Assertion de laquelle une autre d√©pend, de sorte que, si la premi√®re est fausse, la seconde l'est aussi  (ex. : jugement conditionnel ou hypoth√©tique : S'il est jour, il fait clair). - d) Mani√®re d'√™tre, situation : ex. : condition des femmes.

Conditionn√© (adjectif participe de Conditionner) : ce qui est soumis √† certaines conditions, comme le relatif. - Pour Hamilton : le conditionn√© c'est ¬ę ce qui d√©pend de quelque chose d'autre quant √† son √™tre. ¬Ľ Il √©nonce ainsi la Loi du conditionn√© : ¬ę Penser, c'est conditionner-¬Ľ ( ¬ę To think is to condition ¬Ľ). - D'apr√®s Kant, le conditionn√© c'est le cons√©quent consid√©r√© dans sa d√©pendance de l'ant√©c√©dent. - S'oppose √† Inconditionn√©.

Conditionnel (Conditionalis, Condicionalis, de conditio, condicio) : ce qui dépend d'une condition.

Conditionnel (syllogisme)  : esp√®ce de syllogisme conjonctif qui a pour majeure une proposition conditionnelle : "Si l'√Ęme est spirituelle, elle est immortelle; or, elle est spirituelle, donc, etc. ".

Conditionnelle (proposition). - C'est une proposition subordonn√©e exprimant dans quel cas ou √† quelle condition a lieu ou aurait lieu ce qui est √©nonc√© par la proposition principale. Ex. : "Si nous voulons jouir de la paix, il faut faire la guerre. - La m√©moire se fortifie, √† condition que vous l'exerciez. - Je refuserai son offre, d√Ľt-il se f√Ęcher. ¬Ľ La proposition dont d√©pend la proposition conditionnelle a son verbe au conditionnel, lorsque celui de la proposition conditionnelle a le sien √† l'imparfait ou au plus-que-parfait : ¬ę Je serais venu, si vous l'aviez ordonn√© :- J'accepterais ses offres, si elles √©taient honorables. ¬Ľ Quelquefois la proposition conditionnelle prend le tour interrogatif : ¬ę Ils ne viendront pas? On agira sans eux. - Voudriez-vous nous tromper? Nos pr√©cautions sont prises. ¬Ľ C'est comme s'il y avait : ¬ę S'ils ne viennent pas ; si vous vouliez nous tromper. ¬Ľ (P).

Conditionnement. - En psychologie, c'est : a) la pratique qui consiste à obtenir un comportement particulier à partir d'un stimulus donné. - b) le résultat de cette pratique.

ConductismeBehaviorisme.

Conduite (Substantif participe de Conduire, de conducere = cum-ducere = mener ensemble). Manière d'agir ou de réagir de manière à s'adapter à une situation spécifique ou à des circonstances précises.

C√īne. - Volume engendr√© par la r√©volution autour d'un axe d'un triangle rectangle.

Confiance. - Concept qui fait r√©f√©rence √† la croyance ou √† l'assurance envers la fiabilit√©, la v√©rit√©, la force ou l'int√©grit√© d'une personne, d'un groupe, d'une id√©e, d'une entit√© ou d'un syst√®me. La confiance repose souvent sur l'exp√©rience pass√©e, la fiabilit√© d√©montr√©e, la r√©putation, l'int√©grit√© per√ßue et les interactions pr√©c√©dentes avec la personne ou l'entit√© en question. Dans les relations personnelles et professionnelles, la confiance implique la croyance en la loyaut√©, l'honn√™tet√©, la comp√©tence et le respect mutuel entre les individus. La confiance peut √™tre plac√©e dans des institutions telles que le gouvernement, les m√©dias, les organisations et les entreprises. Elle repose souvent sur la transparence, l'impartialit√©, la responsabilit√© et la l√©gitimit√© per√ßue de ces institutions. La confiance joue un r√īle important dans le contrat social qui r√©git la coop√©ration et l'interaction entre les membres d'une soci√©t√©. Elle est cruciale pour le fonctionnement harmonieux de la soci√©t√©. La confiance en soi un autre aspect de la confiance. C'est la croyance en ses propres capacit√©s, comp√©tences et valeur en tant qu'individu. La confiance peut √™tre bris√©e et n√©cessite parfois du temps et des efforts pour √™tre reconstruite.

Confirmation. - Processus par lequel une proposition, une hypoth√®se ou une th√©orie est renforc√©e ou valid√©e en fonction des preuves, des observations ou des donn√©es disponibles. La confirmation joue un r√īle essentiel dans la m√©thode scientifique et dans la philosophie de la connaissance (√©pist√©mologie). L'un des probl√®mes classiques li√©s √† la confirmation est le probl√®me de l'induction. David Hume a notamment soulev√© ce probl√®me, qui remet en question la validit√© de l'induction pour confirmer des g√©n√©ralisations. Selon Hume, il est impossible de d√©duire des g√©n√©ralisations √† partir d'observations individuelles, ce qui pose un d√©fi majeur pour la confirmation inductive. Une approche contemporaine de la confirmation repose sur la th√©orie de la probabilit√© bay√©sienne (Th√©or√®me de Bayes). Selon cette approche, la confirmation est quantifiable et peut √™tre calcul√©e √† l'aide du calcul des probabilit√©s. La th√©orie bay√©sienne de la confirmation permet d'√©valuer les preuves et d'ajuster les croyances en fonction des nouvelles donn√©es. La question de la confirmation est souvent li√©e au d√©bat entre la v√©rification et la falsification. Elle est √©galement est souvent li√©e √† la r√©vision des croyances. Lorsque de nouvelles preuves ou observations confirment une hypoth√®se, les individus sont g√©n√©ralement encourag√©s √† maintenir cette hypoth√®se comme vraie. Cependant, si les preuves contredisent l'hypoth√®se, il peut √™tre n√©cessaire de r√©viser ou de rejeter cette hypoth√®se.

Conflit (Conflictus, de conflictum, supin de confligere = cum-fligere = heurter). - Opposition et lutte entre deux pouvoirs ou deux principes √† propos d'un m√™me objet. - Conflit : a) des droits; b) des devoirs; - c) de deux pouvoirs, qui √©mettent sur nn m√™me point des pr√©tentions oppos√©es. - Conflit ¬ę de la raison avec elle-m√™me ¬Ľ : c'est pour Kant l'ensemble des contradictions o√Ļ tombe la raison, quand elle s'efforce de rattacher les ph√©nom√®nes √† un inconditionn√©, d'o√Ļ ils d√©pendraient tous comme conditionn√©s c'est le heurt des antinomies

Confucianisme. - Tradition philosophique chinoise, qui repose  sur les enseignements et les id√©es de Confucius (VIe si√®cle av. JC).

Confus (Confusus, de confusum, supin de confundere = cum-fundere, m√©langer). - Concept, ou perception, dont le contenu est mal d√©fini. - S'oppose chez les Cart√©siens √† Distinct. - Le terme est g√©n√©ralement utilis√© pour d√©crire un √©tat d'esprit dans lequel la compr√©hension ou la perception d'une id√©e, d'un concept ou d'une situation est trouble, impr√©cise ou ambigu√ę. Le concept soul√®ve des questions sur la clart√©, la compr√©hension et la formation de croyances justifi√©es et aussi sur la mani√®re dont les croyances confuses peuvent influencer la prise de d√©cision.

Confusion (Confusio, de confusum, supin de confundere = cum-fundere = m√©langer). - Acte par lequel l'esprit confond en un seul deux concepts distincts. En philosophie de l'esprit, la confusion cognitive d√©signe un √©tat mental o√Ļ les croyances, les concepts ou les id√©es sont mal d√©finis, incoh√©rents ou ambigus.  - Les philosophes de la perception √©tudient la fa√ßon dont les sens et l'exp√©rience influencent la compr√©hension du monde. En √©pist√©mologie, la confusion peut √™tre li√©e √† la question de la validit√© et de la fiabilit√© de la connaissance. Les √©pist√©mologues se demandent comment nous pouvons distinguer la connaissance claire et bien fond√©e de la croyance confuse et non fond√©e. Ils s'interrogent √©galement sur la mani√®re dont les erreurs cognitives et les biais de confirmation peuvent conduire √† la confusion dans le processus de formation des croyances. Les philosophes moraux se penchent sur les situations o√Ļ des choix moraux peuvent sembler confus, car ils impliquent des dilemmes √©thiques difficiles. Les philosophes de l'√©ducation s'int√©ressent √† la fa√ßon dont l'enseignement peut contribuer √† la clarification de la pens√©e et √† la r√©duction de la confusion chez les apprenants. Les philosophes du langage examinent comment la s√©mantique, la signification des mots et la logique peuvent contribuer √† clarifier ou √† embrouiller la communication. De fa√ßon g√©n√©rale, la question de la confusion est, pour les philosophes, celle de la possibilit√© et des moyens de surmonter  la confusion afin de parvenir √† une compr√©hension plus pr√©cise et plus √©clair√©e du monde qui nous entoure. 

Congénital (de Congenitus = cum-genitus = né avec) : se dit de tout caractère, qui existe chez un individu dès sa naissance, par opposition au caractère acquis dans le cours de son développement ultérieur.

Congruence (mathématiques). - Quand deux nombres sont tels que leur différence est un multiple d'un nombre donné, on dit qu'ils sont congrus; le nombre qui divise leur différence s'appelle module. Le signe de congruence est formé de trois traits horizontaux (); ainsi, AB veut dire que les deux nombres A et B sont congrus ou congruents entre eux. La théorie des congruents a été donnée par Gauss dans le célèbre ouvrage Disquisitiones arithmeticae.

Coniques (sections). - Figures form√©es par l'intersection d'un plan avec un c√īne. Ce sont le cercle, l'ellipse, la parabole, l'hyperbole.

Conjonctif (syllogisme) (Conjonctivus, de conjuctum, supin de conjungere = cum-jungere = atteler ensemble) : syllogisme o√Ļ le moyen terme est joint aux deux autres termes, non pas seulement successivement dans la majeure et dans la mineure, mais simultan√©ment dans la majeure, de telle sorte que celle-ci contient d'avance toute la conclusion

" Si un √Čtat √©lectif est sujet aux divisions, il n'est pas de longue dur√©e; or, un √Čtat √©lectif est sujet aux divisions; donc il n'est pas de longue dur√©e "
On distingue trois sortes de syllogismes conjonctifs : 
1¬į le syllogisme conditionnel, dont le pr√©c√©dent est un exemple;

2¬į le syllogisme disjonctif, qui a pour type le dilemme;

3¬į le syllogisme copulatif.

Conjonction. - Op√©ration qui connecte deux propositions, indiquant que les deux propositions doivent √™tre vraies pour que la proposition globale soit vraie.  La conjonction est g√©n√©ralement repr√©sent√©e par la particule connective (connecteur lognique) et, ou par les symboles ‚ąß ou ‚ą©. Par exemple, si A repr√©sente "Il pleut" et B repr√©sente "Il fait froid", alors A ‚ąß B signifie "Il pleut et il fait froid".

Connaissance (de Conna√ģtre) : 

a) Subjectivement : acte de la pens√©e qui prend un objet en tant qu'objet de repr√©sentation. 

b) Objectivement : ce m√™me acte consid√©r√© en tant qu'il repr√©sente plus ou moins le contenu de l'objet. 

c) Contenu de la connaissance  (ex.-: l'ensemble des connaissances humaines).

La connaissance, en tant qu'acte propre de l'intelligence, peut donc se diviser comme les notions et les idées : connaissance abstractive, intuitive, discursive. Plus généralement on distingue la connaissance sensible et la connaissance rationnelle, c'est-à-dire la connaissance par les sens et par la raison.

Quand on joint au mot connaissance l'√©pith√®te intuitive, on veut d√©signer la connaissance imm√©diate, sans interm√©diaires, par vue directe de l'esprit; quand on emploie l'√©pith√®te discursive, on veut indiquer la connaissance indirecte et d√©montr√©e; enfin l'√©pith√®te compr√©hensive ou ad√©quate s'applique √† la connaissance compl√®te de l'objet connu. Comme ¬ę-nous ne savons le tout de rien ¬Ľ, il y a peu de connaissances ad√©quates.

On appelle th√©orie de la connaissance les recherches qui ont pour but d'expliquer l'origine de nos id√©es, la source premi√®re des principes directeurs de la facult√© de conna√ģtre. Elle √©num√®re nos id√©es premi√®res et formule les principes de la raison; elle donne aussi le criterium de la v√©rit√© et les r√®gles essentielles de la d√©monstration, sans se confondre avec la logique proprement dite. Elle a un caract√®re sp√©cialement m√©taphysique et psychologique : la psychologie seule peut nous renseigner sur l'origine de nos id√©es.

Conna√ģtre (Cognoscere = cum-gnoscere) : terme g√©n√©rique, qui indique simplement qu'un objet est pr√©sent√©, pr√©sent √† l'esprit. Les esp√®ces de ce genre sont : percevoir, concevoir comprendre, etc.

Connective (particule). - 1) En linguistique, √©l√©ment grammatical ou lexical qui est utilis√© pour indiquer les relations entre les √©l√©ments (mots et id√©es) d'une phrase ou d'un texte. Exemples : et, ou que, si, car, donc, malgr√©, avant, apr√®s, etc. - 2) En logique, op√©rateur logique ou mot qui est utilis√© pour connecter des propositions ou des termes  dans une expression. Les particules connectives servent √† construire des √©nonc√©s complexes √† partir de propositions plus simples. Exemples : la conjonction (et), la disjonction (ou), l'implication (si...alors), la n√©gation (non), l'√©quivalence (si et seulement si), etc. 

Connexe, connexit√© (Connexus, de connectum, supin de connectere = cum-nectere = lier ensemble). - Terme utilis√© dans divers contextes math√©matiques, philosophies ou logiques, pour d√©crire les propri√©t√©s de la continuit√©, de l'absence de lacunes, de la coh√©rence ou de l'unit√©. 

a) Math√©matiques. - En topologie, un espace topologique est dit connexe s'il ne peut pas √™tre s√©par√© en deux ensembles disjoints non vides par des ouverts : il existe un seul composant connexe dans l'espace topologique, et tout autre d√©coupage conduit √† une situation incoh√©rente. - En analyse math√©matique, un intervalle est dit connexe s'il ne contient aucun point isol√©, : il n'y a pas de lacunes entre les points de l'intervalle. - Dans la th√©orie des graphes, un graphe est dit connexe s'il existe un chemin reliant chaque paire de sommets : le graphe est un ensemble unique et coh√©rent, sans parties isol√©es. -  En g√©om√©trie, un espace est dit connexe s'il n'est pas divis√© en parties distinctes (par exemple, dans la g√©om√©trie euclidienne, un ensemble est dit connexe s'il n'y a pas de points isol√©s et que chaque paire de points peut √™tre reli√©e par un segment de droite √† l'int√©rieur de l'ensemble). -  En th√©orie des ensembles, une partie d'un ensemble est dite connexe si elle ne peut pas √™tre divis√©e en deux parties disjointes non vides : elle est unitaire et ne peut pas √™tre d√©compos√©e en sous-ensembles s√©par√©s. - En th√©orie des ordres partiels, un ensemble partiellement ordonn√© est dit connexe s'il n'y a pas de paires d'√©l√©ments incomparables : pour chaque paire d'√©l√©ments de l'ensemble, il existe un chemin (dans la relation d'ordre) qui les relie. 

b) Logique et philosophie. - En logique, la notion de  connexit√© renvoit √† la propri√©t√© de certains syst√®mes de logique ou de raisonnement qui garantit que toutes les propositions ou tous les √©nonc√©s peuvent √™tre reli√©s par des r√®gles de d√©duction, de mani√®re √† ce qu'il soit possible d'√©tablir des relations logiques entre eux. La connexit√© est li√©e √† la coh√©rence logique et √† la validit√© des raisonnements. Cette notion est particuli√®rement pertinente dans le contexte de la logique classique, o√Ļ les r√®gles de d√©duction, telles que le modus ponens (si A alors B, A, donc B) et le modus tollens (si A alors B, non B, donc non A), permettent d'√©tablir des relations logiques claires et incontestables entre des propositions. Cependant, il existe des syst√®mes logiques non-connexes o√Ļ toutes les propositions ne peuvent pas n√©cessairement √™tre reli√©es de mani√®re coh√©rente par des r√®gles de d√©duction. Dans de tels syst√®mes, certaines propositions peuvent √™tre ind√©pendantes les unes des autres en ce qui concerne leur v√©rit√© ou leur fausset√©, et les relations logiques entre les propositions peuvent √™tre plus complexes. - La connexit√© est √©galement li√©e √† la logique propositionnelle et √† la logique des pr√©dicats, o√Ļ les r√®gles de d√©duction sont utilis√©es pour √©tablir des conclusions √† partir de pr√©misses. Dans ces syst√®mes, la validit√© des raisonnements d√©pend souvent de la mani√®re dont les propositions sont connect√©es et de la structure des d√©ductions. - La question de la connexit√© int√©resse aussi la philosophie de la logique et la philosophie de la connaissance, car elle soul√®ve des questions sur la nature des relations logiques et sur la mani√®re dont les raisonnements sont construits. Certains philosophes de la logique ont √©tudi√© des syst√®mes non-connexes pour comprendre les implications de la non-connexit√© sur la logique et la connaissance.

Connexion (Connexio, de connexum, supin de connectere = cum-nectere = lier ensemble) : nécessité de la liaison entre le sujet et l'attribut. - Nécessité de la liaison entre les prémisses et la conclusion du syllogisme.

Connexionnisme. - Perspective philosophique et épistémologique qui se concentre sur l'étude des systèmes complexes, en particulier les systèmes cognitifs, à travers le prisme des réseaux de connexions. Elle s'appuie sur le paradigme des réseaux de neurones artificiels et sur l'idée que le comportement et la cognition peuvent être expliqués en termes de connexions et d'interactions entre de simples unités de traitement, analogues aux neurones biologiques.

Les mod√®les cognitifs sont con√ßus comme des r√©seaux de neurones interconnect√©s, o√Ļ chaque neurone artificiel repr√©sente une unit√© de traitement √©l√©mentaire.  Les connexions entre les neurones sont ajust√©es et renforc√©es par l'apprentissage supervis√© ou non supervis√© √† partir d'exemples fournis par l'environnement. Le comportement cognitif √©merge des interactions  entre les unit√©s de traitement et les connexions dans le r√©seau. Les propri√©t√©s du syst√®me global ne sont pas simplement la somme des propri√©t√©s individuelles des composants. Les informations et les repr√©sentations sont distribu√©es √† travers le r√©seau, ce qui signifie que diff√©rentes parties du r√©seau contribuent √† divers aspects de la repr√©sentation et du traitement de l'information.
Cette perspective trouve ses racines dans les travaux de chercheurs comme Warren McCulloch et Walter Pitts dans les années 1940, et elle a été grandement développée depuis lors.

Connotatif, Connotation, Connoter (du latin scolastique Connotare = cum-notare, Supin connotatum = indiquer avec) : la connotation est l'ensemble des caractères impliqués par un terme donné. - Les Scolastiques disaient d'un terme qu'il connote, pour signifier qu'il implique un ensemble de caractères. Stuart Mill leur a emprunté ce mot. - S'oppose à Dénotation.

Conscience '(Conscientia, de conscire = cum-scire = savoir avec). - Facult√© qui permet de revenir sur soi-m√™me et de conna√ģtre ses √©tats int√©rieurs, dits √©tats de conscience . - Distinctions :

a) Conscience sensitive : ce n'est autre chose que ce sens commun qui est compté par les scolastiques parmi les sens internes, et en vertu duquel l'humain et les autres animaux sentent qu'ils voient, qu'ils entendent, qu'ils souffrent, etc.

b) Conscience intellectuelle, psychologique, morale : la conscience intellectuelle, qui est la conscience proprement dite, n'est autre chose que l'intelligence en tant qu'elle se prend elle-m√™me pour objet ou consid√®re les actes des autres facult√©s. 

Elle se divise en conscience psychologique (=  perception intuitive qu'a l'esprit de ses √©tats et de ses actes) et en conscience morale. Cette derni√®re est la facult√© qu'a l'humain de porter des jugements sur la valeur morale de ses actes, ¬ę l'instinct divin ¬Ľ dont parle Jean-Jacques Rousseau, la ¬ę raison pratique ¬Ľ de Kant.

De la différentes expressions ou entre le mot conscience : un examen de conscience est une méditation pratique sur nos actes et leurs intentions; la liberté de conscience est la liberté de se faire une opinion personnelle sur un dogme, une religion, une analyse politique.

On oppose quelquefois la science et la conscience pour marquer le conflit des lois fatales de la nature avec la liberté de la volonté.

Aujourd'hui, la philosophie de l'esprit et de la conscience se concentre sur la nature de la conscience, de l'intentionnalité, de l'identité personnelle, du libre arbitre et des relations entre le cerveau et l'esprit.

Consécutif (Consecutus = qui suit, de Consecutum, supin de consequi = cum-sequi = suivre de près) : les sensations consécutives ou rémanentes (de remanens, remanere = demeurer), sont celles qui persistent après que leur cause extérieure a cessé d'agir sur l'organe. . - Les images consécutives (il s'agit surtout des images visuelles) sont : a) positives, quand les clairs et les noirs de l'image correspondent aux clairs et aux noirs de l'objet (par exemple, si l'un ferme les yeux après avoir regardé un objet brillant, on le voit encore quelques instants). - b) négatives, quand aux noirs de l'objet correspondent les blancs de l'image et vice hersa (par exemple, si après avoir fixé un objet brillant, on regarde un écran blanc, on perçoit une image consécutive négative). Si l'objet fixé est coloré, les couleurs de l'objet sont remplacées par leurs complémentaires dans l'image consécutive négative.

Consensus gentium ( = consensus des peuples, consensus universel, en latin). - Expression est souvent utilisée en philosophie et en épistémologie pour se référer à l'idée qu'un consensus général ou universel parmi les différentes cultures, les peuples ou les sociétés sur un sujet particulier peut être un critère de vérité, de validité ou de crédibilité. En d'autres termes, si une croyance, une idée ou une proposition est largement acceptée ou partagée par différentes cultures ou sociétés à travers le temps, cela peut être considéré comme un argument en faveur de sa validité ou de sa vérité. Cependant, le consensus gentium ne peut en aucune façon être considéré comme une preuve concluante de la vérité.

Consentement (de Consentir, de consentire = cum-sentire = consentir) : acquiescement de la volont√©. - Consentement universel (Omnium in consensus naturae vox est, Cic√©ron, Quaest. Tuscul. L. I, ch. 15) :  crit√©rium de la v√©rit√©.

Cons√©quence  (Consequentia, de consequi = cum-sequi = suivre, s'ensuivre) : en termes de logique, liaison de la conclusion d'un raisonnement avec les pr√©misses.  C'est la forme du raisonnement d√©ductif. - Ce mot signifie √©galement la proposition qui d√©coule des pr√©misses, c'est-√†-dire la conclusion. Une conclusion peut √™tre vraie, quoique la cons√©quence soit fausse : il suffit pour l'une qu'elle √©nonce une v√©rit√©, et pour l'autre qu'elle n'ait aucune liaison avec les pr√©misses. Une conclusion peut √™tre fausse, quoique la cons√©quence soit vraie : c'est que la conclusion √©nonce alors un jugement faux, tout en ayant une liaison n√©cessaire avec les pr√©misses, dont l'une, au moins dans ce cas, est elle-m√™me fausse.

Cons√©quent (Consequens, participe pr√©sent de consequi = cum-sequi = suivre, s'ensuivre) : a) employ√© substantivement, c'est la  seconde proposition d'un enthym√®me; conclusion, par rapport aux pr√©misses ou √† l'ant√©c√©dent. Se dit aussi du second terme d'un rapport. C'est le nom qu'Aristote, dans sa Logique (Premiers Analytiques), donne aux termes qui peuvent √™tre employ√©s comme attributs d'autres termes, ceux-ci √©tant les ant√©c√©dentsde ceux-l√†. Les sujets individuels, Socrate, Cl√©on, Callias, ne peuvent jamais √™tre qu'ant√©c√©dents; les attributs les plus g√©n√©raux ne peuvent √™tre que cons√©quents; mais entre ces sujets et ces attributs se placent un grand nombre de notions interm√©diaires, cons√©quents par rapport √† certains termes, ant√©c√©dents par rapport √† d'autres. Ainsi humain est cons√©quent par rapport √† Socrate, et ant√©c√©dent par rapport √† animal, etc. La recherche des cons√©quents et des ant√©c√©dents est, selon Aristote, d'une grande importance pour la d√©couverte du moyen terme dans le raisonnement, et, par suite, pour toute la d√©monstration. -b)  - Employ√© adjectivement, il signifie : 1) ce qui est conforme aux r√®gles de la logique (ex. : raisonnement cons√©quent); - 2) s'oppose √† Ant√©c√©dent (ex. : volont√© cons√©quente).

Cons√©quentialisme. - Approche √©thique qui √©value la moralit√© d'une action en se basant principalement sur les cons√©quences de cette action. Selon le cons√©quentialisme, une action est moralement bonne si elle produit de bonnes cons√©quences, et elle est moralement mauvaise si elle entra√ģne des cons√©quences n√©gatives. Parmi les th√©ories cons√©quentialistes (th√©ories de l'√©thique des cons√©quences), on peut mentionner :

‚ÄĘ L'utilitarisme, la plus c√©l√®bre des th√©ories cons√©quentialistes, qui affirme que la moralit√© d'une action est d√©termin√©e par le principe du plus grand bonheur pour le plus grand nombre. Le bien est mesur√© en termes de bonheur, de plaisir, ou de satisfaction des pr√©f√©rences.

 ‚ÄĘ L'√©thique cons√©quentialiste de la vertu affirme que la moralit√© d'une action doit √™tre √©valu√©e en fonction de la mani√®re dont elle contribue au d√©veloppement de traits de caract√®re vertueux. Les cons√©quences positives sont mesur√©es en termes de caract√®re moral plut√īt que de r√©sultats externes.

Le conséquentialisme fournit un cadre clair pour évaluer les actions. Mais les préoccupations éthiques peuvent être ignorées au profit du résultat global. La difficulté de prédire avec certitude toutes les conséquences possibles d'une action limite aussi la portée de cette approche.

Conservatisme. - Idéologie politique qui vise à maintenir et à perpétuer les institutions, les valeurs traditionnelles, les normes sociales, les hiérarchies et les coutumes existantes. Il met l'accent sur la stabilité, l'ordre et la continuité sociale, s'opposant généralement à des changements radicaux ou rapides dans la société.

Consilience. - Concept contraversé selon lequel différentes branches de la connaissance, en particulier les sciences naturelles et les sciences sociales, devraient converger pour former une compréhension unifiée du monde. Ce terme a été popularisé par William Whewell au XIXe siècle, mais il a été développé plus récemment par le biologiste Edward O. Wilson dans Consilience: The Unity of Knowledge (1998). La consilience implique également l'idée que les principes et les lois fondamentaux qui gouvernent le monde naturel devraient être applicables à d'autres domaines de la connaissance, y compris la sociologie, l'économie, la psychologie et la philosophie.

Consistance. - Qualit√© d'un syst√®me ou d'un ensemble de propositions qui ne contient pas de contradiction interne. La consistance garantit que les √©l√©ments d'un syst√®me logique ou d'une th√©orie sont compatibles entre eux. - En math√©matiques, la consistance d√©signe le fait qu'un ensemble d'axiomes ou de propositions ne conduise pas √† des contradictions logiques. En logique formelle, la consistance est une propri√©t√© d'un ensemble de propositions o√Ļ il est impossible de d√©river une contradiction, c'est-√†-dire de prouver √† la fois une proposition et sa n√©gation. En philosophie, la consistance est li√©e √† la coh√©rence logique des id√©es et des arguments. Une philosophie ou une th√©orie est consid√©r√©e comme consistante si elle ne contient pas de contradictions internes. La consistance est une condition pr√©alable √† la cr√©dibilit√© d'une philosophie.

Consistant. - Adjectif utilisé pour décrire quelque chose qui est cohérent, harmonieux, et qui ne contient pas de contradictions internes. Il indique que les éléments ou les parties d'un ensemble, d'un système, d'une théorie, ou d'un argument s'accordent les uns avec les autres d'une manière qui est logiquement conforme. Par exemple, un argument est dit consistant lorsqu'il ne contient pas de contradictions internes et que ses prémisses soutiennent logiquement sa conclusion sans créer de conflits logiques.

Consommation (soci√©t√© de). - Mod√®le √©conomique et social dans lequel la consommation de biens et de services occupe une place centrale dans la vie quotidienne des individus. La soci√©t√© de consommation est critiqu√©e pour ses implications sociales et environnementales, notamment en ce qui concerne la surconsommation, le gaspillage et l'√©puisement des ressources naturelles. 

Constance (Constantia, de constare = cum-stare = se tenir avec, être ferme) : qualité de celui qui ne cesse pas d'être le même.

Constante. - En math√©matiques, c'est un param√®tre qui conserve toujours la m√™me valeur, ind√©pendamment du contexte ou de la situation. Par exemple, le nombre pi (ŌÄ) est une constante. - Dans les sciences physiques, une constante est une quantit√© qui reste invariable dans un contexte donn√©. Par exemple, la vitesse de la lumi√®re dans le vide (c), la constante de Planck (h). - En programmation informatique, c'est une valeur qui ne change pas au cours de l'ex√©cution d'un programme. En logique,  c'est un symbole qui repr√©sente une valeur de v√©rit√© fixe, soit vrai (V) soit faux (F).  - Dans la philosophie, le terme constante peut √™tre utilis√© pour d√©signer des id√©es ou des principes qui sont consid√©r√©s comme universels et invariables, tels que les lois de la logique ou les principes moraux fondamentaux.

Constitutif (de Constitutus, participe passif de constituere = poster, établir de cum-stare = se tenir debout) : ce qui est essentiel dans une chose.

Constitution (Constitutio, de constitutum, supin de constituere = cumstatuere = établir, de cum-stare = se tenir debout) : manière dont une chose est établie dans son organisation essentielle.

Construction sociale. - Les normes, les valeurs, les croyances, les identit√©s, les r√īles et d'autres √©l√©ments de la soci√©t√© ne sont pas des r√©alit√©s absolues ou naturelles, mais sont plut√īt fa√ßonn√©s par les interactions sociales, les institutions, les langages, les cultures et d'autres influences collectives. On donne le nom de construction sociale au processus par lequel ces diff√©rents aspects sont cr√©√©s, partag√©s, appris et int√©rioris√©s par les individus au sein d'un groupe social donn√©. La construction sociale, comme les normes sur lesquelles elle s'appuie, sont historiques et culturelles. Elles √©voluent avec le temps en r√©ponse aux changements culturels, aux mouvements sociaux, aux avanc√©es technologiques, aux d√©couvertes scientifiques et aux diverses influences externes.

Construction sociale de la réalité. - Idée que la réalité et nos conceptions de celle-ci sont influencées et construites socialement par des normes, des valeurs, des croyances et des institutions. C'est un thème important de la philosophie contemporaine.
La construction sociale est √©troitement li√©e aux interactions et aux relations entre les individus au sein d'une soci√©t√©. Les perceptions et les significations des choses √©voluent √† travers ces interactions et sont influenc√©es par les normes et les attentes sociales.  Les normes sociales, qui sont des r√®gles implicites ou explicites r√©gissant le comportement des individus dans une soci√©t√© donn√©e, jouent un r√īle essentiel dans ce processus. M√™me chose pour la famille, l'√©ducation, la religion, le gouvernement, les m√©dias et les autres institutions sociales, qui diffusent et renforcent les normes, les valeurs et les croyances qui contribuent √† la cr√©ation de la r√©alit√© sociale. Le langage et les syst√®mes de communication jouent ici un r√īle particulier car ils permettent de partager et de transmettre des id√©es, des croyances et des normes au sein de la soci√©t√©. Le langage influence la perception et la compr√©hension du monde qui nous entoure.

Constructive (preuve). - D√©monstration qui va au-del√† de la simple existence d'un objet math√©matique. Ce concept qui rel√®ve de la logique intuitionniste et des math√©matiques constructives implique √©galement la construction effective ou la pr√©sentation d'une m√©thode pour obtenir cet objet. En d'autres termes, une preuve constructive d√©montre non seulement qu'une proposition est vraie, mais fournit √©galement un moyen pratique de construire la preuve. Cela conduit √† renoncer aux m√©thodes de preuves par l'absurde et au principe du tiers exclu, qui sont souvent utilis√©s dans la logique classique.Cela conduit √©galement √† adopter le principe de Brouwer-Heyting-Kolmogorov, selon lequel la signification d'une proposition est √©quivalente √† la sp√©cification d'une m√©thode constructive pour prouver cette proposition. 

Constructivisme. - Terme servant de fa√ßon g√©n√©rale √† qualifier toute doctrine mettant l'accent sur la notion de construction. On parle par exemple, √† propos des math√©matiques, de constructivisme, pour d√©signer l'approche qui consid√®re les entit√©s math√©matiques comme le r√©sultat d'une construction √† partir d'axiomes et de r√®gles, ind√©pendamment de toute r√©f√©rence √† la r√©alit√© concr√®te. Dans un cadre constructiviste, une preuve est plus qu'une simple d√©claration de l'existence d'un objet math√©matique. Elle doit √©galement inclure une description ou une proc√©dure permettant de construire cet objet. Les preuves math√©matiques doivent √™tre algorithmiques, c'est-√†-dire qu'elles peuvent √™tre effectu√©es m√©caniquement par une proc√©dure ou un algorithme. Cela contraste avec les approches non-constructivistes, qui peuvent admettre des preuves par l'absurde ou des preuves indirectes. Les math√©matiques constructives rejettent le principe du tiers exclu, qui affirme qu'une proposition est soit vraie, soit fausse. En constructivisme, une proposition peut √™tre vraie, fausse ou ni vraie ni fausse (ind√©cidable) en l'absence d'une preuve constructive. 

Constructivisme social. - Th√©orie qui rel√®ve de la psychologie sociale et de l'√©ducation, et qui met l'accent sur le r√īle actif et cr√©atif des individus dans la construction de leur propre compr√©hension de la r√©alit√© sociale √† travers l'interpr√©tation des informations disponibles, en int√©grant ces informations avec leurs exp√©riences pass√©es et en les reliant √† leurs croyances et valeurs. Cette perspective soutient que la connaissance et la compr√©hension ne sont pas simplement  d√©couvertes ou assimil√©es √† partir du monde ext√©rieur, mais qu'elles sont activement construites par l'individu √† travers l'interaction sociale, le langage, la culture et les exp√©riences personnelles.

Constructivit√©. - Id√©e selon laquelle pour pour qu'une assertion math√©matique soit consid√©r√©e comme vraie, il doit exister une proc√©dure ou une m√©thode constructive permettant d'obtenir une preuve de cette assertion. Une v√©rit√© math√©matique doit ainsi √™tre d√©montrable de mani√®re effective, plut√īt que simplement prouv√©e par l'existence d'un objet math√©matique sans donner de moyen concret de le construire. La notion de constructivit√© interroge certaines des bases traditionnelles des math√©matiques classiques et propose une vision alternative de la nature des objets math√©matiques et de la validit√© des √©nonc√©s math√©matiques.

Contact (géométrie). - Deux courbes sont en contact en un point, lorsqu'à ce point elles ont une tangente commune. L'ordonnée de ce point est la même, et la dérivée de l'ordonnée y a la même valeur pour chacune des deux courbes. Si les dérivées d'ordre supérieur sont aussi égales, le contact devient plus intime, et il se mesure par l'ordre des plus hautes dérivées communes aux deux courbes. Ainsi le contact est du second ordre, si l'ordonnée et ses deux premières dérivées sont égales pour les deux courbes. Le cercle qui en un point de la courbe a avec elle un contact du second ordre est dit cercle osculateur : on l'appelle aussi cercle de courbure.

Contemplatif, Contemplation (Contemplativus, Contemplatio, de contemplatum, supin de contemplor = cum- templum, observer une partie du ciel; le carré tracé dans le ciel par l'augure pour observer les présages s'appelle templum) : attention sans effort. -
Pour Platon, Aristote et les Scolastiques, la contemplation est une activit√© intellectuelle intuitive, qui correspond √† la pens√©e sp√©culative (the√īrein) et s'oppose √† une activit√© tourn√©e vers la pratique (prattein) ou vers la r√©alisation d'oeuvres ext√©rieures √† l'agent . - Pour les N√©oplatoniciens, c'est moins un acte qu'un √©tat intuitif, dans lequel l'esprit jouit de la vue de son objet.

Contemporaine (philosophie). - Si l'on manque de recul pour caract√©riser vraiment la philosophie contemporaine, au moins peut-on en relever sa diversit√©, son interdisciplinarit√© et son engagement envers les probl√®mes du monde actuel. Elle se trouve aussi confront√©e √† la rapidit√© d'apparition de nouveaux enjeux et √† la n√©c√©ssit√© d'int√©grer les d√©couvertes et les avanc√©es dans divers domaines de la connaissance. Un certain nombre concepts et termes nouveaux refl√®tent les pr√©occupations, les id√©es et les d√©veloppements intellectuels qui lui sont propres, ou qui en tout cas t√©moignent des nouvelles perspectives, des changements sociaux et des d√©fis intellectuels auxquels elle est confront√©e. En voici quelques-uns (accompagn√©s des noms de philosophes et intellectuels qui leur sont associ√©s) : Pot-modernisme (Jean-Fran√ßois Lyotard, Jean Baudrillard, Michel Foucault, Jacques Derrida); d√©construction ( Derrida); construction sociale de la r√©alit√© (Peter Berger, Thomas Luckmann); intersectionnalit√© (Kimberl√© Crenshaw); Pragmatisme (William James, John Dewey, Charles Sanders Peirce, Richard Rorty, Hilary Putnam), √©cologie profonde (Arne Naess); √©thique de la vertu (Alasdair MacIntyre, Martha Nussbaum); bio√©thique (Tom Beauchamp, James F. Childress,  Peter Singer); alt√©rit√© ( Emmanuel Levinas).

Contenu (Contenir, du latin populaire contenire, pour continere = tenir de tous c√īt√©s) : ce qui est dans autre chose. Le contenu d'un concept c'est sa compr√©hension,. - Dans les op√©rations intellectuelles on distingue g√©n√©ralement : a) la norme; b) la mati√®re ou contenu.

Contexte. - Environnement ou circonstances qui entourent quelque chose, que ce soit une situation, un √©v√©nement, un texte, une conversation ou une action. Le contexte joue un r√īle essentiel pour comprendre pleinement ce qui se passe et ce qui est dit. Il fournit des informations suppl√©mentaires qui aident √† interpr√©ter et √† donner un sens √† ce qui est observ√© ou communiqu√©.

On parle de contexte temporel pour se r√©f√©rer au moment ou la p√©riode dans laquelle quelque chose se produit (par exemple, une d√©claration faite pendant une r√©union peut avoir un sens diff√©rent selon qu'elle a √©t√© faite au d√©but ou √† la fin de la r√©union); de contexte spatialpour pointer lieu o√Ļ quelque chose se d√©roule (les informations sur le lieu peuvent √™tre cruciales pour comprendre ce qui se passe : le sens d'une sc√®ne dans un film, par exemple,peut d√©pendre du lieu o√Ļ elle se d√©roule); de contexte social pour en appeler aux relations entre les personnes impliqu√©es, aux normes sociales, aux r√īles et aux attentes sociales (lee contexte social peut influencer la mani√®re dont les gens se comportent et communiquent); de contexte culturel pour se ref√©rer aux valeurs, aux croyances, aux coutumes et aux pratiques d'une culture donn√©e, qui toutes peuvent avoir  un impact sur la compr√©hension et l'interpr√©tation de divers √©l√©ments; de contexte historique pour  parler des √©v√©nements et des tendances historiques qui ont conduit √† la situation actuelle; de contexte linguistique pour parler des mots ou les phrases qui entourent un mot ou une expression particuli√®re dans un texte ou une conversation (le contexte linguistique peut changer la signification d'un mot ou d'une phrase); de contexte textuel pour d√©signer les phrases et les paragraphes qui entourent un passage donn√©, et qui aident √† clarifier son sens; de contexte conceptuel pour se r√©f√©rer aux id√©es et aux concepts qui sont pertinents pour la discussion en cours.
Contextualisme. - Approche qui reconna√ģt que la signification ou la v√©rit√© d'une d√©claration peut d√©pendre du contexte dans lequel elle est faite. - En √©pist√©mologie, le contextualisme soutient que la signification et l'√©valuation de l'√©nonc√© "S sait que P" d√©pendent du contexte dans lequel il est utilis√©. Cela signifie que les normes de connaissance peuvent varier en fonction du contexte et des conditions entourant la d√©claration. Certains contextualistes √©pist√©miques √©tendent cette id√©e √† la justification, affirmant que ce qui compte comme une justification suffisante peut varier en fonction du contexte. - Dans la philosophie du langage, le contextualisme linguistique propose que le sens des termes ou des √©nonc√©s d√©pende du contexte dans lequel ils sont utilis√©s. Par exemple, le sens d'un mot peut √™tre diff√©rent dans un contexte informel par rapport √† un contexte formel. - Le contextualisme de la v√©rit√© sugg√®re que la v√©rit√© d'une d√©claration d√©pend du contexte dans lequel elle est √©valu√©e. Cela peut inclure des variations en fonction des normes de v√©rit√© ou des exigences de v√©rit√© selon le contexte. - Dans l'√©thique, le contextualisme peut √©galement jouer un r√īle en reconnaissant que les √©valuations √©thiques peuvent d√©pendre du contexte culturel, social ou individuel. Ce point de vue peut √™tre associ√© √† des approches √©thiques qui mettent l'accent sur la relativit√© des normes morales, bien que contextualisme et relativisme ne puissent pas √™tre confondus : lLe relativisme affirme que la v√©rit√© elle-m√™me peut varier en fonction du point de vue ou du cadre culturel, tandis que le contextualisme se concentre davantage sur la mani√®re dont la v√©rit√© est √©valu√©e dans un contexte particulier.

Contextualisme linguistique Th√©orie des indices.

Contigu√Įt√©. -  La contigu√Įt√© dans le temps et dans l'espace, c'est-a-dire la succession imm√©diate et le contact, est une loi de l'association des id√©es.

Contingent, contingence (Contengentia, contingens, de contingere = cum-tangere = toucher, atteindre, arriver). - Aristote dit : ce qui peut être) : a) Le contingent : ce qui peut être ou ne pas être. - b) En Logique : proposition contingente : celle dont la vérité est garantie par l'expérience et non par la raison. - Les futurs contingents sont les actes et événements futurs qui dépendent de la volonté libre des humains.

Contingence absolue. -   Id√©e selon laquelle tout ce qui existe est fondamentalement contingent, c'est-√†-dire qu'il pourrait ne pas exister ou √™tre autrement qu'il n'est. Cela signifie que rien n'a une existence n√©cessaire ou intrins√®que :  tout dans l'univers, y compris l'univers lui-m√™me, est contingent, n'ayant pas d'existence n√©cessaire. Aucun √©l√©ment de la r√©alit√© n'est in√©luctable ou ind√©pendant des conditions, des circonstances ou des causes qui le font exister ou prendre une forme sp√©cifique. L'id√©e de contingence absolue est associ√©e en particulier √† l'existentialisme, et √† des conceptions qui soulignent le caract√®re incertain et contingent de l'existence humaine et de la r√©alit√© en g√©n√©ral. Selon cette perspective, l'individu et le monde sont  sujets √† des changements impr√©visibles.

Contingentisme (de Contingent) : On nomme quelquefois ainsi la ¬ę philosophie de la contingence ¬Ľ , telle qu'√Čmile Boutroux l'a expos√©e.

Continu (Continuus, de, continere = cum-tenere = tenir ensemble, s'étendre) ce mot s'applique à la quantité dont les parties ne sont pas séparées, de sorte que la fin de l'une est le commencement de l'autre. On distingue le continu a) permanent : celui dont toutes les parties sont données simultanément; b) successif : celui dont les parties sent données l'une après l'autre; c) formel : il serait constitué par des êtres étendus, dont l'unité ne comporte aucune distinction intrinsèque actuelle, mais qui sont cependant réellement divisibles. Telle est la continuité admise généralement dans la nature par les Scolastiques; d) virtuel : il serait constitué par des êtres simples, dont l'activité résistante serait le fondement de l'espace réel et impénétrable. Telle est la continuité imaginée par Leibniz, Boscovich, Palmieri.

Continu (hypothèse du). - Problème fondamental en mathématiques et en particulier en théorie des ensembles, qui concerne la taille ou la cardinalité des ensembles infinis et qui a été formulée par le mathématicien allemand Georg Cantor au XIXe siècle. L'hypothèse du continu pose la question de savoir s'il existe un ensemble infini, appelé "ensemble du continu," dont la cardinalité est la plus petite possible après celle de l'ensemble des nombres naturels (c'est-à-dire l'ensemble dénombrable). Plus précisément, l'hypothèse du continu se pose comme suit :

Si l'ensemble des nombres réels (les nombres décimaux) a la même cardinalité que l'ensemble des nombres entiers (dénombrable), alors il existe un ensemble infini qui a la même cardinalité que les nombres réels.
En d'autres termes, l'hypothèse du continu suppose qu'il n'y a pas d'ensemble d'ordre intermédiaire entre les ensembles dénombrables (comme l'ensemble des entiers) et l'ensemble des nombres réels. Cette hypothèse s'inscrit dans le cadre de la théorie des ensembles. C'est l'un des 23 problèmes non résolus présentés par David Hilbert au début du XXe siècle. En 1963, Paul Cohen a montré que l'hypothèse du continu est indépendante des axiomes de la théorie des ensembles de Zermelo-Fraenkel (ZF) avec l'axiome du choix (AC). Cela signifie qu'elle ne peut pas être prouvée ni réfutée à l'intérieur de ce cadre théorique. Cependant, en 2019,Hugh Woodin a indiqué une autre voie possible pour résoudre cette énigme.

Continuit√© (Continuitas, de continuus = continu) : liaison non interrompue. En math√©matiques, cette notion concerne la mani√®re dont les fonctions se comportent globalement ou au voisinage de chaque point de leur domaine de d√©finition. 

Une fonction f d√©finie sur l'ensemble E est continue en un point a de E si, pour tout őĶ positif, il existe un őī  positif tel que, pour tous les x appartenant √† E, si |x - a| < őī, alors |f(x) - f(a)| < őĶ. En d'autres termes, la valeur de f(x) se rapproche de f(a) lorsque x se rapproche de a. Une fonction f est dite continue sur un intervalle donn√© si elle est continue en chaque point de cet intervalle. Une fonction f est dite globalement continue si elle est continue sur l'ensemble de son domaine de d√©finition. Si une fonction ne satisfait pas aux conditions de continuit√© en un point donn√©, elle est dite discontinue en ce point. Les discontinuit√©s peuvent √™tre de diff√©rents types, notamment des discontinuit√©s simples, des discontinuit√©s √©vitables, des discontinuit√©s infinies, etc.
La continuité des fonctions est essentielle dans l'étude de leurs propriétés et de leurs comportements. Elle permet de définir des notions telles que les dérivées, les intégrales et les limites.

Continuit√© (loi de la). - Loi pos√©e par Leibniz, et d'apr√®s laquelle il existe un encha√ģnement continu des cr√©atures, une √©chelle d'organisation successive depuis le min√©ral jusqu'au v√©g√©tal, √† l'animal et √† l'humain. Cette loi, que Charles Bonnet devait d√©velopper plus tard, Leibniz l'a formul√©e en ces termes : Natura non facit saltus (= la Nature ne fait pas de sauts). Comme le plus stupide des humains est plus raisonnable que le plus intelligent des animaux, il supposait, dans quelque autre monde, des esp√®ces moyennes entre l'humain et la b√™te, de m√™me que, pour aller des humains √† Dieu, il supposait des √™tres raisonnables sup√©rieurs √† nous. En vertu de la loi de la continuit√©, Leibniz soutenait qu'il n'y a aucune interruption dans les actes de la conscience, qui pense toujours, comme le sang circule toujours, sans que l'homme s'en aper√ßoive. Transport√©e √† l'espace, cette m√™me loi lui faisait rejeter toute id√©e de vide; appliqu√©e aux math√©matiques, elle le conduisit √† l'invention du calcul diff√©rentiel.

Continuit√© narrative. - Concept philosophique li√© √† l'identit√© personnelle. Elle se r√©f√®re √† la mani√®re dont nous donnons un sens et une coh√©rence √† notre vie en racontant une histoire ou un r√©cit sur nous-m√™mes. Cette histoire cr√©e un lien entre notre pass√©, notre pr√©sent et notre avenir, et joue un r√īle central dans la construction de notre identit√© en reliant les √©v√©nements de notre vie de mani√®re significative et en leur attribuant des motifs, des th√®mes et des significations. √Ä travers la continuit√© narrative, nous interpr√©tons nos exp√©riences pass√©es en les int√©grant dans un r√©cit coh√©rent. Cela nous permet de donner un sens √† nos actions, √©motions, succ√®s et √©checs. La continuit√© narrative implique un regard r√©trospectif sur notre pass√©, ainsi qu'une projection prospective vers notre futur. Elle nous aide √† comprendre d'o√Ļ nous venons et o√Ļ nous allons. En racontant notre histoire, nous avons l'opportunit√© de r√©fl√©chir √† nos choix, nos valeurs et nos croyances. Cela peut nous aider √† nous adapter, √† changer et √† √©voluer en tant qu'individus. Mais on ne doit pas oublier ici que nos r√©cits individuels sont aussi souvent influenc√©s par les r√©cits culturels plus larges qui entourent notre soci√©t√©, nos groupes sociaux et nos traditions. Ces r√©cits ont aussi leur r√īle dans notre vision du monde et la d√©finition de notre identit√© personnelle.

Contractualisme. - Th√©orie politique et √©thique qui repose sur l'id√©e que la soci√©t√© et le gouvernement sont le r√©sultat d'un contrat ou d'un accord entre les individus. Cette th√©orie, apparue principalement √† l'√©poque moderne, vise √† fonder la l√©gitimit√© du pouvoir politique et des normes morales sur le consentement des individus. Cependant, les variantes  existantes du contractualisme proposent des visions diff√©rentes de la mani√®re dont ce contrat social doit √™tre con√ßu et interpr√©t√©. On peut y rattacher les noms, notamment, de Hobbes, Locke, Rousseau et Kant. 

Contradictio in adjecto : contradiction entre un terme et ce qui lui est ajouté : (ex. entre un substantif et son adjectif : cercle carré, voyage immobile).

Contradictio in terminis : contradiction que les termes m√™mes manifestent (ex. : le d√©placement d'un immeuble). 

Contradiction (Contradictio, de contradictum, supin de contra-dicere = contredire) : opposition de deux √©nonciations absolument inconciliables, telles que : Nul humain n'est parfait; quelque humain est parfait; d'o√Ļ le nom de contradictoires donn√© aux propositions qui sont oppos√©es √† la fois en quantit√© et en qualit√©. Elles ne sauraient √™tre toutes deux vraies ou fausses en m√™me temps. On dit, aussi absolument, qu'il y a contradiction, qu'une proposition implique contradiction, qu'elle est contradictoire, lorsqu'elle est inconciliable avec des principes dont la v√©rit√© est solidement √©tablie : ainsi, il y a contradiction √† ce que, dans un triangle, des angles in√©gaux soient oppos√©s √† des c√īt√©s √©gaux. Tel √©v√©nement est advenu sans cause est aussi une proposition contradictoire. Contradictoire, en ce sens, est synonyme d'absurde, et la d√©monstration par l'absurde n'est autre chose que la mise en √©vidence d'une contradiction flagrante. (B-E.).

Contradiction (principe de) : principe général dans lequel viennent se résoudre et par lequel sont condamnées toutes les contradictions particulières. On l'énonce ordinairement ainsi : Il est impossible qu'une chose soit et ne soit pas en même temps. Kant, trouvant que la valeur logique de ce principe ne doit pas être restreinte par les rapports de temps, attendu qu'une même chose peut successivement être et n'être pas, veut qu'on en modifie l'expression de la manière suivante : Un attribut qui répugne à une chose ne lui convient pas. Le principe de contradiction est encore susceptible d'autres formules; celles-ci, par exemple : Ce qui est vrai du genre est vrai de toute espèce contenue dans ce genre; Ce qui est vrai des quantités en général est vrai des nombres; autrement, étant vrai des quantités, et faux des nombres qui sont eux-mêmes des quantités, il serait vrai et faux tout à la fois; - ou bien encore : Si une idée est contenue dans une autre, et celle-ci dans une troisième, la première est contenue dans la troisième. C'est sous cette dernière forme qu'on applique le plus commodément le principe de contradiction à la théorie du raisonnement démonstratif (Démonstration), dont tout le mécanisme est fondé sur les rapports que présentent entre eux les termes dont il se compose. (B-E.).

Contradictoire (Contradictorius, de contradictum, supin de contra-dicere = contredire) : ce qui est relatif à deux termes ou propositions entre lesquels existe une contradiction.

Contraire (Contrarius, de contra = en face de, contre) : indique une opposition entre deux termes qui différent par l'affirmation et la négation d'un même élément spécifique ; - ou entre deux propositions universelles, de mêmes termes, dont l'une est affirmative et l'autre négative. Exemple : - Tous les humains sont, justes. Tous les humains sont injus tes. Si les deux propositions opposées en qualité étaient particulières, on les appellerait subcontraires. Exemple : - Quelques humains sont justes. Quelques humains sont injustes.

Chez les anciens philosophes, les contraires désignaient les éléments opposés des choses : le chaud et le froid; le pair et l'impair; l'amour et la haine, etc.

Contraires (propositions). - Des propositions contraires sont des propositions form√©es avec le m√™me sujet et le m√™me attribut, oppos√©es en qualit√©, c.-√†-d. l'une affirmative et l'autre n√©gative, leur quantit√© √©tant la m√™me. 

On les appelle proprement contraires lorsqu'elles sont toutes deux universelles (Tout nombre est exactement divisible; nul nombre n'est exactement divisible), et subcontraires lorsqu'elles sont particulières (Quelques nombres sont exactement divisibles, quelques nombres ne sont pas exactement divisibles).

Les propositions contraires ne peuvent jamais être vraies ensemble, mais elles peuvent être fausses toutes deux; c'est ce qui a lieu dans l'exemple ci-dessus; les subcontraires peuvent être toutes deux vraies, mais ne peuvent être toutes deux fausses. (Logique de Port-Royal, 2e partie, ch. IV). (B-E.).

Contraposition, Contreposition (Contrapositio, de contrapositum, supin de contra-ponere = poser en face, opposer) . - Cette expression, par contreposition, s'emploie dans la théorie du syllogisme pour désigner la conversion des propositions que l'on obtient en affectant d'une négation chacun de leurs termes, ce qui les rend indéterminés.

Contrat (Contractus, de contractum, supin de contrahere = cum-trahere = rassembler, lier) : ¬ę Le contrat est une convention par laquelle une ou plusieurs personnes s'engagent envers une ou plusieurs autres √† donner, √† faire ou √† ne pas faire quelque chose ¬Ľ (Code civil). - Contrat bilat√©ral ou multilat√©ral : celui qui comprend une r√©ciprocit√© d'engagements. - Origine de la propri√©t√© d'apr√®s Grotius, Pufendorf, etc.

Contrat social, d'apr√®s Hobbes et Rousseau. Termes de l'accord qui existe entre les membres d'une soci√©t√©, ou entre les gouvernants et les gouvern√©s. Le statut social s'oppose au contrat social. 

Contre-√©preuve : c'est, dans la m√©thode exp√©rimentale, une seconde op√©ration, inverse de la premi√®re et destin√©e √† la contr√īler.

Conventionnalisme. - Approche philosophique selon laquelle certaines normes, r√®gles, concepts, ou cat√©gories sont le r√©sultat de conventions humaines ou sociales, plut√īt que d'√™tre des r√©alit√©s ou des v√©rit√©s objectives et immuables, elles sont d√©finies et accept√©es comme telles en raison d'accords ou de conventions entre les individus, les groupes ou les soci√©t√©s, plut√īt que d'√™tre intrins√®quement d√©termin√©es par la nature ou la r√©alit√©. Le conventionnalisme est souvent oppos√© √† des th√©ories r√©alistes qui soutiennent que certaines normes, valeurs ou concepts sont objectivement fond√©es ou correspondent √† une r√©alit√© ind√©pendante. Il souligne le r√īle de la soci√©t√©, de la culture et de l'accord humain dans la construction de nos cat√©gories de pens√©e et de nos syst√®mes de croyances.

Dans le domaine de la s√©mantique, le conventionnalisme affirme que la signification des mots et des symboles linguistiques est le r√©sultat de conventions sociales et linguistiques. Les mots n'ont pas de sens intrins√®que, mais ils obtiennent leur signification par consensus.  En √©pist√©mologie, le conventionnalisme peut √™tre appliqu√© √† la fa√ßon dont la connaissance est structur√©e. Par exemple, la classification des connaissances en disciplines acad√©miques est souvent bas√©e sur des conventions √©tablies par les institutions √©ducatives. En √©thique, le conventionnalisme moral sugg√®re que les normes morales et les valeurs sont d√©termin√©es par des conventions sociales. Ce qui est consid√©r√© comme bien ou mal peut varier d'une soci√©t√© √† l'autre en fonction des normes accept√©es. Dans la philosophie politique, le conventionnalisme soutient que les syst√®mes politiques, les institutions, et les lois sont le r√©sultat de conventions et de contrats sociaux. Les formes de gouvernement et les droits varient en fonction des accords sociaux. Certains philosophes ont √©galement d√©fendu l'id√©e que les math√©matiques sont une cr√©ation humaine bas√©e sur des conventions. Les axiomes et les r√®gles math√©matiques ne sont pas des d√©couvertes objectives, mais des choix conventionnels.
Convergence (de Convergent, de Convergens, de convergere = cum-vergere, tendre ensemble vers) : tendance √† se r√©unir en un m√™me point. - a) Convergence s'oppose √† diff√©renciation, quand un ensemble de transformations tend √† produire une ressemblance croissante des √©l√©ments qui se transforment. - b) Loi esth√©tique de concentration ou de convergence. - c) En math√©matiques, concept qui concerne le comportement des suites num√©riques, des s√©ries et des fonctions lorsque l'on se rapproche d'une limite. 
‚ÄĘ Une suite num√©rique est convergente si ses termes se rapprochent de plus en plus d'une valeur limite unique √† mesure que l'on consid√®re des termes de plus en plus √©loign√©s dans la suite. Formellement, une suite (an) converge vers une limite L si, pour tout őĶ positif donn√©, il existe un entier N tel que, pour tout n ‚Č• N, |an - L| < őĶ. En d'autres termes, les termes de la suite deviennent arbitrairement proches de L √† mesure que n devient suffisamment grand.

 ‚ÄĘ Une s√©rie infinie est convergente si la somme partielle des termes de la s√©rie tend vers une limite finie √† mesure que l'on prend de plus en plus de termes. La convergence des s√©ries est √©tudi√©e en utilisant des crit√®res tels que le crit√®re de convergence de Cauchy ou le crit√®re du rapport.

‚ÄĘ Une fonction est convergente en un point si, lorsque les valeurs de la variable ind√©pendante se rapprochent de ce point, les valeurs de la fonction se rapprochent d'une limite sp√©cifique. Par exemple, une s√©quence de fonctions fn(x) est dite convergente si, pour tout x, la limite de fn(x) lorsque n tend vers l'infini existe et est √©gale √† une fonction limite f(x).

Conversion (Conversio, de conversum, supin de convertere = cum-vertere = tourner, changer). 
a) Proc√©d√© de d√©duction imm√©diate. 

b) Conversion morale : changement radical dans la conduite.

La conversion des propositionsest le changement qu'on leur fait subir en mettant le sujet à la place de l'attribut, mais de telle sorte que la vérité de la proposition soit maintenue. Les logiciens en distinguent de plusieurs sortes : conversion simple, conversion par limitation, conversion par négation ou contreposition.

Convertible (Convertibilis, de convertere, changer) : une proposition est convertible quand elle peut être convertie simplement. c'est-à-dire sans changement d'extension. - L'être est convertible avec l'un, le vrai, le bien, le beau.

Conviction (Convictio, de convictum, supin de convincere = cum-vincere = convaincre, démontrer) : conviction s'oppose à persuasion. Elle implique, au sens rigoureux, la certitude rationnelle; mais, dans la pratique, on l'emploie comme synonyme d'adhésion de l'esprit reposant sur une très grande probabilité et suffisante pour nous déterminer à agir. - Kant appelle conviction le fondement sur lequel repose l'adhésion subjectivement et objectivement suffisante de la certitude stricte.

Coopératif, Coopération (Cooperatio, de cooperatum, supin de cooperari = cum-operari = travailler avec, aider) : part prise à une oeuvre.

Coopératisme (de Coopération) : forme de Socialisme.

Coordination (Coordinatio, de cum = avec, et ordinare = mettre en ordre): coordination de concepts : relation de concepts placés sur le même rang dans une classification (ex. : deux espèces du même genre)..

Coordonné (composé de la particule latine co = cum = avec et ordonner, de ordinare).

Coordonnées. - Nombres qui définissent la position d'un point par rapports aux axes s'un système de référence. Dans un plan, deux nombres suffisent : l'un de ces nombres est appelé l'abscisse, l'autre ordonnée.

Copenhague(√©cole et  interpr√©tation de). - L'Ecole de Copenhague est groupe de physiciens r√©unis autour de Niels Bohr dans les ann√©es 1920 √† l'Institut de Physique th√©orique de Copenhague. Tous ces physiciens partageaient la m√™me id√©e sur le sens √† donner √† la th√©orie quantique. Un point de vue que l'on a appel√©  l'interpr√©tation de Copenhague, et qui consiste √† affirmer que le caract√®re probabiliste de la m√©canique quantique rend compte de la r√©alit√© √† l'√©chelle microscopique et n'est pas une insuffisance de la th√©orie. La physique classique s'est construite sur la conjonction du principe de causalit√© et de la pr√©sentation des ph√©nom√®nes dans l'espace et dans le temps. Mais cela ne vaut plus pour la physique quantique qui reconna√ģt une disjonction entre ce deux aspects. Il s'ensuite que, selon cette interpr√©tation, seules les grandeurs observables ont une r√©alit√© physique. Les propri√©t√©s non observables, telles que la trajectoire pr√©cise d'une particule entre deux mesures, n'ont pas de r√©alit√© physique. L'interpr√©tation de Copenhague, bien qu'elle ait eu des opposants aussi √©minents qu'Einstein,  a √©t√© largement accept√©e par de nombreux physiciens et est toujours largement enseign√©e et utilis√©e en m√©canique quantique. Elle soul√®ve toujours des questions philosophiques profondes sur la nature de la r√©alit√©. Parmi les principaux repr√©sentants de l'√©cole de Copenhague, on nommera :

‚ÄĘ Niels Bohr (1885-1962), le fondateur de l'√©cole de Copenhague a jou√© un r√īle cl√© dans le d√©veloppement de la m√©canique quantique et a formul√© de nombreux principes fondamentaux de cette interpr√©tation, tels que le principe de compl√©mentarit√©.

‚ÄĘ Werner Heisenberg (1901-1976) est l'auteur de formulation matricielle de la m√©canique quantique. Il  formul√© le principe d'ind√©termination et a contribu√© de mani√®re significative √† l'interpr√©tation de Copenghague

‚ÄĘ Paul Dirac (1902-1984) a r√©uni la m√©canique quantique √† la relativit√© restreinte. Cele lui a permis de pr√©dire l'existence de l'antimati√®re. 

‚ÄĘ Wolfgang Pauli (1900-1958) est l'auteur du principe d'exclusion qui porte son nom 

‚ÄĘ Max Born (1882-1970) a lui aussi travaill√© √† la formulation math√©matique de la m√©canique quantique. C'est lui qui en a donn√© l'interpr√©tation probabiliste.

 ‚ÄĘ L√©on Rosenfeld (1904-1974),  qui a travaill√© aux c√īt√©s de Niels Bohr, a aussi contribu√© √† l'√©laboration de l'interpr√©tation de Copenhague.

Copulatif (Copulativus, de copulatum, supin de copulare, pour co-apulare = unir, du verbe archa√Įque apere = attacher) : ce qui unit. 

Copulatif (syllogisme) : espèce de syllogisme conjonctif, dans lequel on prend une proposition copulative négative, dont on établit ensuite une partie, pour retrancher l'autre.

Copule (Copula = liaison) : tout verbe joue, dans le jugement, le r√īle de copule ou de lien, en tant qu'il exprime la relation que le jugement affirme entre ses termes.

Cornutum (Argumentum) : nom donné au Dilemme.

Corde (géométrie). - Droite qui joint les extrémités d'un arc de cercle . II existe pour les cordes d'un cercle différentes propriétés, dont voici les principales :

Le diamètre est la plus grande corde que l'on puisse mener dans un cercle.

Dans une même circonférence, des cordes égales sous-tendent des arcs égaux.

Dans une même circonférence, de deux cordes inégales la plus grande sous-tend le plus grand arc pourvu que les arcs soient moindres qu'une demi-circonférence.

La perpendiculaire abaissée du centre sur une corde la partage en deux parties égales; et réciproquement toute perpendiculaire menée par le milieu d'une corde passe par le centre.

Dans une même circonférence, deux cordes égales sont à la même distance du centre, et de deux cordes inégales la plus grande en est la plus rapprochée.

Deux cordes parallèles interceptent des arcs égaux, etc.

Corollaire (Corollarium, de corolla = petite couronne donn√©e en cadeau; suppl√©ment de salaire, d'o√Ļ le sens figur√© d'addition) : cons√©quence imm√©diate d'une proposition d√©montr√©e. Etant d√©montr√© le th√©or√®me de l'√©galit√© des angles d'un triangle √† deux droits, on en tire comme corollaires :
1¬į Tout angle d'un triangle est le suppl√©ment de la somme des deux autres; 

2¬į Dans un triangle rectangle, les angles aigus sont compl√©mentaires, etc.

Dans un ordre d'id√©es auquel la m√©thode de d√©monstration g√©om√©trique a √©t√© appliqu√©e √† tort, il est vrai, Spinoza rattache de m√™me des corollaires √† ses d√©monstrations m√©taphysiques. Ainsi, de la proposition : "Il ne peut exister et on ne peut concevoir aucune autre substance que Dieu," il tire ces corollaires : "Dieu est unique; la chose √©tendue et la chose pensante sont des attributs de Dieu, etc." 

II n'y a pas, √† proprement parler, de diff√©rence notable entre un corollaire et un th√©or√®me; tout th√©or√®me √©tant aussi la cons√©quence de propositions pr√©c√©dentes, d√©montr√©es ou √©videntes par elles-m√™mes, et certains corollaires n'ayant pas moins d'importance que les th√©or√®mes sur lesquels ils s'appuient. 

Ce qu'on peut dire, c'est que, quand il s'agit d'un corollaire, le raisonnement nécessaire pour en établir la vérité est assez simple pour qu'on puisse le supprimer sans grand inconvénient. (B-E.).

Corpor√©it√© (du latin scolastique Corporeitas, de corpus = corps). - a) Etat d'√™tre corporel. - b) Les Scolastiques donnaient le nom de corpor√©it√© √† la forme substantielle, par laquelle un corps est constitu√© corps. Les uns, les Thomistes, soutenaient que la corpor√©it√© n'est pas r√©ellement distincte du principe vital des √™tres vivants, de sorte que ceux-ci doivent √† leur principe vital et d'√™tre corps et d'√™tre vivants. Cons√©quemment, √† la mort d'un vivant, la fonction de corpor√©it√©, que remplissait l'√Ęme, principe vital, est exerc√©e par une autre forme qui a √©t√© nomm√©e forme cadav√©rique (forma cadaverica). D'autres Scolastiques ont admis au contraire la pluralit√© des formes substantielles : la corpor√©it√© et le principe vital √©taient donc selon eux r√©ellement distincts. - c) Dans une perspective contemporaine, on d√©signe sous le nom de corpor√©it√© l'nsemble des caract√©ristiques physiques et sensorielles qui d√©finissent l'existence en tant qu'entit√© corporelle. - Ce terme est utilis√© pour d√©crire l'exp√©rience subjective de l'incarnation, la conscience et la pr√©sence du corps, ainsi que les interactions et la relation entre le corps et l'esprit. Cela peut impliquer la sensation et la perception consciente du corps,  le sentiment de pr√©sence corporelle, les sensations tactiles, proprioceptives  et kinesth√©siques, la douleur, le plaisir, le confort, l'inconfort. La corpor√©it√© joue d√®s lors un r√īle fondamental dans la cognition. La mani√®re dont nous percevons, pensons, et traitons l'information est influenc√©e par notre exp√©rience corporelle, nos sch√©mas moteurs et notre interaction sensorielle avec le monde. La corpor√©it√© est √©galement li√©e √† la conscience de soi, √† la perception de notre propre existence en tant qu'entit√© corporelle distincte. Elle contribue √† notre identit√© et √† notre compr√©hension de nous-m√™mes, tout en √©tant elle-m√™me d√©finie en partie √† partir des facteurs ext√©rieurs (normes sociales et culturelles,  attitudes, croyances et repr√©sentations collectives concernant le corps).

Corps (Corpus) : tout objet matériel que nous percevons comme étendu et stable. Ce mot s'emploie souvent comme synonyme de matière, mais il désigne proprement la matière unie à la forme qui la détermine.

Corps (structure de). - En math√©matiques, un corps est un structure alg√©brique qui r√©pond aux conditions suivantes.  Soit E  un ensemble muni des lois de compositions internes ‚ÄĘ et ‚Ć; (E, ‚Ć,‚ÄĘ) est un corps si et seulement si :

1¬į) (E, ‚ÄĘ) est un groupe ab√©lien;

2¬į) (E, ‚ÄĘ ) est un groupe;

3¬į) La loi ‚ÄĘ  est distributive par rapport √† la loi ‚Ć dans E.

Corpuscule (Corpusculum = petit corps, de corpus) : on entend par philosophie corpusculaire le système de ceux qui expliquent (par exemple, Gassendi, Descartes, etc.) les phénomènes physiques par certains groupements de particules que leur petitesse rend invisibles.

Corrélatif (du latin scolastique Correlativus, de cum-referre, relatum = avoir rapport à) : ce qui implique des rapports mutuels.

Corrélation (du latin scolastique Correlatio, de cum-referre = relation, avoir rapport à). - Relation réciproque, constante, entre deux choses ou deux mots. - On appelle loi de corrélation des forces la loi physique en vertu de laquelle rien ne se perd et rien ne se crée, bien que tout se transforme. La même quantité de chaleur produit toujours la même quantité de mouvement et réciproquement.

Corrélationnisme. - Concept introduit et développé par Quentin Meillassoux (Après la finitude : Essai sur la nécessité de la contingence, 2006) pour décrire une approche philosophique qui met en avant la dépendance mutuelle entre la conscience et l'objet de connaissance, ce qui limite notre compréhension du monde à cette relation. C'est une caractéristique fondamentale de la philosophie contemporaine, en particulier dans la tradition phénoménologique et post-kantienne. Le corrélationnisme repose sur le principe selon lequel notre connaissance du monde est toujours médiatisée par la relation entre notre conscience (ou sujet) et l'objet de notre connaissance. En d'autres termes, la réalité telle que nous la connaissons est toujours interprétée dans le cadre de cette relation entre le sujet cognitif et l'objet connu. Ainsi, notre accès au monde se fait toujours à travers cette corrélation entre la conscience et ce à quoi elle est consciente. Dans cette perspective, la vérité, la réalité ou la connaissance sont définies dans le contexte de cette corrélation. Les concepts, les idées ou les objets n'ont de sens que par rapport à notre expérience subjective de ces concepts, idées ou objets. Il en découle que la vérité est relative au sujet connaissant et ne peut être comprise indépendamment de cette relation. Meillassoux critique le corrélationnisme en soutenant qu'il limite notre compréhension de la réalité en ne considérant que le champ des possibles défini par cette corrélation. Il plaide pour une philosophie post-corrélationniste qui envisage la possibilité d'une réalité indépendante de la conscience humaine, ce qu'il appelle le réel ou l'absolu.

Correspondance (r√®gles de). - En math√©matiques et en logique, ce sont des r√®gles ou des principes qui d√©crivent comment les √©l√©ments d'un ensemble ou d'un domaine sont associ√©s ou mis en relation avec les √©l√©ments d'un autre ensemble ou domaine. 

Corroboration. -  Processus de confirmation ou de v√©rification de la validit√©, de la v√©racit√© ou de la coh√©rence d'une information, d'une affirmation ou d'une hypoth√®se √† l'aide de preuves, de t√©moignages ou d'autres moyens.

Corruption (Corruptio, de corruptum, supin de corrumpere = cum-rumpere = rompre, détruire) : les Scolastiques, après Aristote, opposent corruption à génération, comme les deux faces de toute transformation substantielle (Corruptio unius est generatio alterius). Aristote emploie les mots
phthora (destruction) et genesis (génération).

Cosmique (Kosmikos; de kosmos = univers) : relatif à l'univers pris dans son ensemble.

Cosmochronologie. - Branche de la cosmologie scientifique qui s'occupe de dater les événements dans l'histoir de l'expansion de l'univers.

Cosmogonie (Kosmogonia, de kosmos = monde et gignomai = se produira) : système explicatif de la formation du monde.

a) On a d'abord d√©sign√© par ce mot les plus anciennes th√©ories sur la mani√®re dont le monde s'est form√©, par l'eau chez Thal√®s, par le feu chez H√©raclite, etc. Les cosmogonies anciennes sont des r√™veries de po√®tes et de philosophes; elles ont pr√©c√©d√© les cosmologies et l'astronomie moderne comme l'alchimie a pr√©c√©d√© la chimie, comme l'astrologie a pr√©c√©d√© l'astronomie. Platon a sa cosmogonie (dans le Tim√©e) aussi bien qu'H√©siode (dans les Travaux et les Jours), et il n'y a pas moins d'arbitraire et de fantaisie personnelle chez le philosophe que chez le po√®te. La m√™me chose peut √™tre dite de la cosmogonie indienne, de la cosmogonie m√©sopotamienne (celle qui appara√ģt dans l'Enuma Elish ou le Po√®me de la cr√©ation), la cosmogonie biblique (celle de livre de la Gen√®se) ou de n'importe laquelle des cosmogonies mythiques produites dans toutes les civilisations.

b) Laplace, dans son Exposition du Syst√®me du monde (1797) a produit une premi√®re cosmogonie scientique, mais limit√©e seulement √† la formation du Syst√®me solaire. Une cosmogonie scientifique concernant l'univers dans son ensemble n'a pu commencer √† √™tre √©labor√©e qu'√† partir des premi√®res d√©cennies du XXe si√®cle, gr√Ęce aux outils th√©oriques fournis par la relativit√© g√©n√©rale d'Einstein, aux concepts issus de la physique des particules, et aux observations de l'univers lointain (expansion cosmique). La th√©orie actuelle dite du big bang (avec ses divers amendements, comme la th√©orie de l'inflation), est ainsi la th√©orie cosmogonique la plus √† m√™me de rendre compte des proc√©ssus qui ont conduit √† l'univers tels que nous l'observons. 

Cosmographie. - Branche de l'astronomie spécialement dédiée à la description du Système solaire.

Cosmologie (Kosmologia, de kosmos = monde et logos = discours) : étude de l'univers dans son ensemble. - Kant entend par Cosmologie rationnelle l'ensemble des problèmes relatifs à l'origine et à l'essence du monde envisagé comme réel. Ces problèmes aboutissent aux antinomies kantiennes.
La prétendue preuve cosmologique de l'existence de Dieu est fondée sur l'existence et la contingence du monde.

La cosmologie scientifique actuelle repose sur les m√™mes bases que la cosmogonie scientifique donn√©es plus haut. Elle nous donne l'image d'un univers en expansion, processus commenc√© il y a 13 ou 14 milliards d'ann√©es par le big bang. Un univers dans lequel la mati√®re ordinaire constitue une part minime, l'essentiel √©tant constitu√© par  des composantes dites sombres (mati√®re et √©nergie) et de nature encore sp√©culative.

Cosmologique (argument). - Type d'argument philosophique qui vise √† expliquer l'origine ou l'existence de l'univers, en se basant sur des principes logiques et m√©taphysiques. Il offre une perspective sur la question de savoir pourquoi il y a quelque chose plut√īt que rien. Il existe plusieurs variantes de cet argument cosmologique, mais l'id√©e g√©n√©rale est que l'univers n√©cessite une cause ou une explication qui fait appel √† l'existence d'une une cause premi√®re ou √† un principe fondamental. 

Platon et Aristote consid√©raient que le r√©el appara√ģt comme une chose mobile et changeante, chose p√©rissable, qui n'a pas en soi la raison de son existence, ni dans un autre r√©el qui lui ressemble; il ne peut s'expliquer que par un principe supr√™me (objet de la m√©taphysique, dira-t-on apr√®s Aristote). Aristote l'appelait premier moteur, ou cause premi√®re, ou l'√™tre n√©cessaire que r√©clame tout √™tre contingent, ou l'absolu que suppose toujours le relatif. 

Diodore de Tarse a tir√© d'Aristote l'id√©e d'introduire cet argument dans la th√©ologie chr√©tienne pour justifier l'existence de Dieu (on parle de la preuve cosmologique de l'existence de Dieu). Dans le kalam (= th√©ologie musulmane rationnelle), l'argument repose sur la notion de causalit√© temporelle :  l'univers a eu un commencement dans le temps et  tout ce qui commence √† exister doit avoir une cause. Par cons√©quent, il doit y avoir une cause premi√®re non cr√©√©e qui a mis l'univers en mouvement.

Ce que Leibniz appelle preuve par la contingence du monde, et Kant preuve cosmologique se fonde sur la distinction entre ce qui est n√©cessaire (qui doit exister par sa nature) et ce qui est contingent (qui pourrait ne pas exister). Selon cet argument l'univers est compos√© d'√™tres contingents, et doit donc y avoir une cause n√©cessaire qui explique pourquoi l'univers existe. 

L'argument cosmologique de la causalité est basé, quant à lui, sur le principe de causalité, qui stipule que chaque événement a une cause. Il affirme que l'univers est un événement ou une série d'événements et qu'il doit y avoir une cause première qui explique pourquoi ces événements se produisent. Enfin, l'argument cosmologique de la simplicité repose sur l'idée que l'univers est complexe et qu'une cause première doit être simple ou non composée. Il soutient que la simplicité de la cause première est nécessaire pour expliquer la complexité de l'univers.

Cosmopolitisme (du grec kosmopolit√™s (őļőŅŌÉőľőŅŌÄőŅőĽőĮŌĄő∑Ōā), qui se compose de kosmos (őļŌĆŌÉőľőŅŌā) = monde et polit√™s (ŌÄőŅőĽőĮŌĄő∑Ōā) = citoyen). - Perspective philosophique et √©thique qui met l'accent sur l'id√©e que tous les √™tres humains font partie d'une seule et m√™me communaut√© mondiale, souvent appel√©e le ¬ę cosmos ¬Ľ ou le ¬ę monde ¬Ľ. En tant que tels, ils ont des responsabilit√©s et des devoirs envers tous les autres individus, ind√©pendamment de leur nationalit√©, de leur culture ou de leur origine. Le cosmopolitisme propose ainsi l'id√©e de citoyennet√© du monde, o√Ļ les individus sont consid√©r√©s comme des citoyens de la plan√®te avant d'√™tre citoyens d'un √Čtat-nation particulier. Cette notion souligne la n√©cessit√© de d√©passer les fronti√®res nationales et de promouvoir une citoyennet√© globale,

Le cosmopolitisme est un humanisme. Il n'a en vue que les int√©r√™ts du genre humain. Les cosmopolites pr√īnent l'√©galit√© des droits et le respect mutuel entre tous les individus, en mettant en avant que chaque personne a une valeur intrins√®que et des droits fondamentaux qui doivent √™tre respect√©s. Ils tirent de l√†, qu'avec la citoyennet√© mondiale vient la responsabilit√© de prot√©ger les droits et le bien-√™tre de l'ensemble de la communaut√© mondiale, ainsi que de contribuer √† r√©soudre les probl√®mes mondiaux tels que la pauvret√©, les conflits, le changement climatique et autres. Le cosmopolitisme, reposant sur des valeurs d'universalit√©, d'√©quit√© et de respect mutuel, cherche √† √©tablir un ordre mondial bas√© sur la justice, garantissant l'√©galit√© d'acc√®s aux ressources et aux opportunit√©s, ainsi que la protection des droits humains √† l'√©chelle internationale. Les cosmopolites embrassent la diversit√© et le pluralisme en reconnaissant la richesse des diff√©rentes cultures, perspectives et id√©es dans le monde. Ils encouragent le dialogue interculturel et la tol√©rance envers les diff√©rentes cultures, cherchant √† promouvoir la compr√©hension mutuelle et la coop√©ration entre les individus et les peuples. 

Le cosmopolitisme gagne √† mesure que le patriotisme devient moins √©troit et moins intraitable. La diffusion des lumi√®res, la multiplicit√© et la rapidit√© des communications, la suppression des barri√®res √©lev√©es entre les peuples par des pr√©jug√©s ou des int√©r√™ts aveugles, favorisent ses progr√®s. Cependant, on lui a reproch√©, de fa√ßon assez simpliste, de risquer de diviser √† l'infini l'affection de l'humain pour ses semblables, et de la rendre ainsi inefficace : l'ami de tout le monde n'est que trop souvent l'ami de personne, mais cette affirmation pourrait tout aussi bien s'appliquer au patriotisme. L'un et l'autre cr√©ent aussi une apparence de vertu dont on s'accommode volontiers : tel homme, disait J.-J. Rousseau, confondant malencontreusement cosmopolitisme et go√Ľt de l'exotisme, fait profession d'aimer les Chinois, afin d'√™tre dispens√© d'aimer ses voisins. (B).

Cosmos : ce mot grec, qui signe primitivement ordre, en vint à signifier l'ordre dans l'univers, puis l'univers lui-même. Les Pythagoriciens l'avaient déjà employé en ce sens.

Cosmothétique (kosmos = monde; tithèmi = placer) : Hamilton admet que nous avons la conscience immédiate du non-moi, du monde extérieur. Il appelle Idéalisme cosmothétique (Lectures on Metaphysics, Lect. XVI) le système de ceux qui rejettent cette doctrine.

C√īt√©. - En g√©om√©trie, c'est un segment de droite d'un polygone.

Courage. - Force morale face √† l'adversit√©, le danger, la soufrance. C'est une des quatre vertus reconnues par les Anciens (sagesse ou prudence, justice, courage, temp√©rance). Les Sto√Įciens d√©finissaient le courage  comme la vertu luttant pour l'√©quit√©. Il faut l'entendre le plus souvent dans le sens de grandeur d'√Ęme.

Courbe. - Ensemble de points qui forment une ligne continue.

Courbure (g√©om√©trie). - L'id√©e qui s'attache dans le langage ordinaire au mot courbure est √©videmment celle de d√©viation par rapport √† la forme rectiligne. : plus cette d√©viaion est brusque, plus la courbure est prononc√©e. Quand on compare des cercles de diff√©rents rayons, on dit que leur courbure est d'autant plus prononc√©e, que leur rayon est plus petit. Si l'on consid√®re, en effet, divers cercles tangents au m√™me point d'une droite, on reconna√ģt que plus leur rayon est petit plus vite ils se s√©parent de la droite. On est ainsi naturellement conduit √† prendre la fraction 1/R pour mesurer la courbure d'un cercle de rayon R. Mais s'il s'agit d'une courbe quelconque, la courbure change √©videmment d'un point √† l'autre; le cercle est la seule courbe plane o√Ļ elle soit constante.

Coutume. - Le terme a plusieurs significations en fonction du contexte, mais en g√©n√©ral, il se r√©f√®re √† un comportement, une pratique ou une norme √©tablie au sein d'une soci√©t√© ou d'une culture. Une coutume culturelle est une pratique ou un comportement traditionnellement suivi par un groupe de personnes ou une soci√©t√© donn√©e. Cela concerne les traditions, les rituels, les c√©r√©monies, les f√™tes, les habitudes alimentaires, les v√™tements, les gestes de salutation, et d'autres pratiques sp√©cifiques √† une culture. Les philosophes examinent comment les coutumes culturelles influencent la mani√®re dont les individus comprennent le monde, se comportent, interagissent les uns avec les autres et d√©veloppent leur identit√©. Ils peuvent aussi examiner comment les coutumes influencent nos jugements moraux et la mani√®re dont nous √©valuons le bien et le mal. Ils peuvent √©galement r√©fl√©chir sur la moralit√© des coutumes culturelles sp√©cifiques. Les coutumes sociales sont des normes de comportement qui guident les interactions entre les individus au sein d'une soci√©t√© (r√®gles de politesse, attentes sociales,  normes de conduite, etc.). Les philosophes politiques peuvent ainsi se pencher sur la mani√®re dont les coutumes influencent la formation de la l√©gitimit√© politique, les normes de comportement civique et les conceptions de la justice politique. Dans le domaine du droit, une coutume est une pratique qui a acquis force de loi en raison de sa long√©vit√© et de son application continue. Les coutumes l√©gales peuvent varier d'un pays √† l'autre et peuvent influencer les syst√®mes juridiques (Le Droit coutumier).

Craig (théorème de). - Résultat résultat fondamental en logique modale classique, développé par William Craig. En logique modale, les formules modales expriment des propositions sur la nécessité, la possibilité, l'obligation, etc., et sont étudiées en utilisant des mondes possibles ou des cadres sémantiques spécifiques. C'est dans ce contexte que le théorème de Craig a été démontré. Il énonce que l'ensemble des formules modales de la logique modale classique est décidable. En d'autres termes, il existe un algorithme qui, pour toute formule donnée dans cette logique, déterminera si elle est vraie ou fausse dans n'importe quel modèle sémantique de la logique modale classique. Ainsi, contrairement à de nombreuses autres logiques modales, la logique modale classique est décidable, ce qui facilite la vérification automatique des formules dans cette logique.

Cr√©atianisme (de Creatio, de creatum, supin de creare = cr√©er) : doctrine d'apr√®s laquelle l'√Ęme humaine est cr√©√©e par Dieu au moment de la conception ou quand le corps est suffisamment pr√©par√©. (Traducianisme).

Création (de Creationem, de creatum, supin de creare = créer) : a) Sens strict Est factio alicujus de nihilo (Albert le Grand,Summa de Creaturis, Tract. I,
Quaest. I, Art. 2). Acte par lequel Dieu a tir√© du n√©ant tout ce qui existe. La doctrine de la cr√©ation est oppos√©e √† la th√©orie de l'√©manatioh et aux autres formes de panth√©isme. - Distinctions : Cr√©ation, an√©antissement, transformation, g√©n√©ration. La cr√©ation est la production d'une chose sans ma ti√®re pr√©existante (ex nihilo sui et subjecti); l'an√©antissement est la cessation totale de l'existence d'un √™tre, dans sa fore et sa mati√®re; la transformation est le passage d'une forme √† l'autre; la g√©n√©ration  est  une transformation substantielle propre aux √™tres vivants. -  Axiome : Rien ne se cr√©e, rien ne se perd, c'est-√†-dire que rien de nouveau n'est cr√©√© dans le monde sensible, et rien n'est an√©anti : il n'y a que des transformations.  - b) Cr√©ation continu√©e, nom que donne Descartes √† la conservation des choses par le Cr√©ateur. - c) Sens artistique : production de la forme d'une oeuvre d'art au moyen d'√©l√©ments pr√©existants. 

Créationnisme (de Création) : système qui explique l'origine du monde par l'action créatrice de Dieu.

Crédibilité (du latin scolastique Credibilitas, de credibilis = croyable, de credere = se fier) : ce qui rend une chose digne de créance. Les motifs de crédibilité sont les motifs qui donnent à la foi un fondement raisonnable.

Créditivité (de Creditum, supin de credere = se fier) : tendance naturelle qui nous porte à croire sur parole, sans preuves, ce que l'on nous dit. Elle tient le milieu entre l'incrédulité, qui refuse de croire malgré des motifs raisonnables de crédibilité, et la crédulité, qui ajoute foi à ce qui ne le mérite pas.

Cr√©dulit√© (Credulitas, de credulus, de credere = se fier). - Penchant de l'esprit √† admettre sans examen comme vrai tout ce qui est affirm√© par autrui. Cette facilit√© √† croire s'attache aux id√©es et aux faits qu'elles repr√©sentent; elle diff√®re donc de la confiance, qui est un √©l√©ment essentiel des relations humaines. La cr√©dulit√© repr√©sente, au mieux, un d√©s√©quilibre dans cette confiance. Les individus cr√©dules peuvent √™tre plus vuln√©rables aux manipulations, car ils sont enclins √† accepter des informations sans √©valuation rigoureuse. La cr√©dulit√© peut ainsi influencer n√©gativement la prise de d√©cision en permettant √† des informations erron√©es ou trompeuses de jouer un r√īle important dans les choix personnels, les d√©cisions financi√®res, les choix de sant√©, etc. S'appliquant √† des r√©cits miraculeux et surnaturels, √† des visions, √† des apparitions, la cr√©dulit√© s'appelle superstition. Le penchant √† croire a pour corr√©latif la v√©racit√© ou le penchant √† dire vrai, et c'est sur ce double fondement que s'appuie l'autorit√© du t√©moignage des humains. La cr√©dulit√© est un instinct d'apr√®s Reid. (B.).-

Crible d'Eratosthène(arithmétique). - Tableau comprenant tous les nombres entiers, depuis 1 jusqu'à un nombre déterminé et dans lequel on barre tous ceux qui ne sont pas premiers absolus, de manière à n'avoir à la fin que ceux-ci. Pour arriver à ce résultat, à partir de 2 non compris, on barre tous les nombres de 2 en 2, puis à partir de 3 on les barre de 3 en 3, et ainsi de suite en partant du premier non effacé.

Crise. - Période ou phase de bouleversement, de questionnement ou de conflit dans un domaine particulier de la pensée, de la société ou de la culture.

Crit√®re, Crit√©rium (Kriterion = ce qui sert √† juger, de krit√®s = juge, krin√ī = discerner, juger) : caract√®re d'un objet qui permet de le juger. - Le criterium ou le crit√®re est le signe, la marque distinctive de la v√©rit√©. On dit que l'√©vidence est le criterium de la v√©rit√© ou de la certitude.

Les scolastiques appellent critériologie la partie de la logique qui traite des critériums et en particulier de l'évidence.

Crit√©riologie (de krit√®rion = ce qui sert, √† juger, de krin√ī, discerner; logos = discours) : partie de la logique qui traite de la v√©rit√©, de l'erreur et de leurs crit√®res.

Criticisme (de Critique, d'apr√®s le type factice Criticismus) : 

a) au sens strict, le criticisme est la philosophie de Kant et de ses disciples. Kant, dans ses trois Critiques (de la Raison pure, de la Raison pratique et du Jugement), se propose pour but principal de d√©terminer la nature et les limites de nos facult√©s de conna√ģtre. 

La conclusion de la critique de la raison pure est que la raison ne peut p√©n√©trer dans le monde des √™tres v√©ritables, des noum√®nes et qu'elle tombe dans des contradictions in√©vitables (antinomies) toutes les fois qu'elle veut sp√©culer sur l'absolu. Elle ne peut donc affirmer sur les objets transcendantaux ni le pour, ni le contre. 

Par conséquent, ce scepticisme provisoire laisse le champ libre à la raison pratique qui, par le moyen des postulats (c'est-à-dire des conséquences qu'implique la loi morale ou l'impératif catégorique), rétablit notre croyance à la liberté, à la vie future, à Dieu. Il n'y a donc pas, comme on l'a répété trop souvent, de contradiction entre les deux principales critiques : la seconde complète la première et vient au secours de la raison convaincue d'impuissance.

La critique du jugement est une √©tude d'esth√©tique (jugement du go√Ľt) et une th√©orie des causes finales (jugement t√©l√©ologique.

Au criticisme de Kant (dont l'idée fondamentale se trouve dans David Hume qui eut le mérite, selon un mot bien connu, de réveiller Kant de son sommeil dogmatique) se rattache le mouvement philosophique de l'Allemagne et de tout le XIXesiècle : l'idéalisme subjectif de Fichte, l'idéalisme objectif de Hegel et le pessimisme de Schopenhauer.

Le n√©ocriticisme est l'√©cole fran√ßaise de Renouvier, qui a repris, en les corrigeant et en les compl√©tant, toutes les th√®ses fondamentales de Kant et a exerc√© une grande influence sur le mouvement philosophique en France et m√™me en Europe. 

¬ę Quelque chose manque chez Hume, dit Pillon l'id√©e de loi. Quelque chose est de trop chez Kant : l'id√©e de substance conserv√©e sous le nom de noum√®ne [...]. Il fallait tenir au ph√©nom√©nisme de Hume, l'apriorisme de Kant : √ß'a √©t√© l'oeuvre accomplie, au commencement de la seconde moiti√© du XIXe si√®cle, par M. Renouvier. ¬Ľ 
Pillon ajoute qu'il suffit de joindre l'apriorisme au phénoménisme pour rendre ce dernier compatible avec les croyances morales et avec les croyances postulées par la morale.

b) au sens large, le mot criticisme s'entend de toute doctrine qui donne à la question de la nature de la connaissance une solution subjectiviste ou idéaliste, c'est-à-dire fait dépendre la connaissance de la nature de l'esprit connaissant;

c) au sens tr√®s large, ce mot  d√©signe la tendance √† prendre, comme base de toute recherche philosophique, le probl√®me de la nature de la connaissance, quelle que soit d'ailleurs la solution qui y soit apport√©e.

Critique (Criticus, kritikos = qui d√©cide de quelque chose, de krin√ī = discerner , juger) : en g√©n√©ral, c'est l'examen d'une chose au point de vue de sa valeur. - On en distingue une grande vari√©t√© : Critique d'art : partie de l'esth√©tique, . - Critique de la v√©rit√© : c'est la logique critique, qui s'occupe des crit√®res.  - Critique de la valeur de la connaissance : partie de la m√©taphysique, etc.

Critique (théoriel'Ecole de Francfort.

Croyance (altération de créance, dérivé de croire) :

a) Sens large : synonyme d'opinion.

b) Sens strict : confiance accord√©e √† un t√©moin. 

c) c'est le mode g√©n√©ral de conna√ģtre (Renouvier). 

d) science et croyance sont deux modes diff√©rents mais certains de conna√ģtre (Scolastiques).

Conna√ģtre ou savoir, c'est donner son adh√©sion √† une v√©rit√© √©vidente ou d√©montr√©e; croire, c'est donner son adh√©sion √† une proposition dont on affirme la certitude tout en reconnaissant l'impossibilit√© d'en donner une d√©monstration rigoureuse. La certitude morale implique toujours un √©l√©ment de croyance. D'une mani√®re g√©n√©rale, on peut dire que toute connaissance implique la croyance, mais si on n'emploie pas ce mot quand il s'agit d'√©nonc√©s rigoureusement d√©montr√©s, c'est qu'il semble que la croyance suppose toujours une certaine libert√© d'adh√©sion.

Cruciale (exp√©rience) (de Crux, crucis = croix) : Bacon d√©signe par l'expression d'exp√©rience cruciale l'exp√©rience qui, √† elle seule, suffit pour entra√ģner l'adh√©sion et d√©cider l'esprit qui h√©site entre deux hypoth√®ses.

Cryptographie. -  Technique permettan de correspondre secr√®tement au moyen de signes convenus entre les parties int√©ress√©es.

Cubature (g√©om√©trie). - Faire la cubature ou le cubage d'un solide, c'est en √©valuer alg√©briquement ou num√©riquement le volume. Les m√©thodes g√©n√©rales pour la cubature des volumes constituent une des applications importantes du calcul int√©gral. 

Cube. - a) En arithm√©tique, c'est la troisi√®me puissance d'un nombre, c'est-√†-dire produit obtenu en faisant le produit de trois facteurs √©gaux √† ce nombre, ainsi 343 est le cube de 7, parce que 343 = 7 X 7 X 7; on exprime cela d'une mani√®re abr√©g√©e en √©crivant 73=343. - b) En g√©om√©trie,  c'est un poly√®dre compris sous six faces qui sont des carr√©s √©gaux, perpendiculaires les uns sur les autres. II peut facilement s'obtenir en prenant un carr√© quelconque, √©levant par ses quatre sommets des perpendiculaires √† son plan ayant m√™me longueur que son c√īt√©, et joignant les extr√©mit√©s de ces perpendiculaires par des lignes parall√®les aux c√īt√©s du carr√© de base. Au point de vue de la g√©om√©trie, le cube est un cas particulier du parall√©l√©pip√®de rectangle.

Culpabilit√©. - Sentiment qui se produit lorsqu'on pense qu'on a fait quelque chose de mal ou ou qu'on a transgress√© une r√®gle, une norme ou une valeur personnelle. La culpabilit√© est sp√©cifiquement li√©e √† une action ou un comportement particulier et implique g√©n√©ralement un sentiment de responsabilit√© pour cet acte. L'anthropologue Ruth Benedict (1887-1948) a introduit l'id√©e que certaines cultures accordent une importance particuli√®re √† la notion de culpabilit√© (Etats-Unis, par exemple), alors que d'autres donnent un r√īle analogue au sentiment de honte (Japon, notamment).

Culture. - Ensemble des aspects intellectuels constitutifs d'une civilisation, mais qui ne représente qu'une partie de l'ensemble des caractéristiques associées à cette civilisation. Parmi les manières possibles d'envisager la culture, on retiendra ici :

‚ÄĘ La culture comme ensemble de pratiques, de comportements, de coutumes et de traditions qui sont partag√©s au sein d'un groupe de personnes ou d'une soci√©t√© donn√©e. On consid√®re ici la langue, la religion et les rituels, la cuisine, la musique, l'art, la danse, les normes sociales, et bien d'autres aspects de la vie quotidienne. 

‚ÄĘ La culture comme syst√®me de signification. La culture permet aux individus de donner un sens au monde qui les entoure, par la mani√®re dont les symboles, les signes, les mythes et les r√©cits sont utilis√©s pour interpr√©ter la r√©alit√© et pour transmettre des valeurs, des croyances et des connaissances.

 ‚ÄĘ La culture comme identit√© collective. - La culture joue un r√īle important dans la formation de l'identit√© collective d'un groupe de personnes. Elle contribue √† d√©finir qui nous sommes en tant que membres de ce groupe, en soulignant nos similitudes et nos diff√©rences par rapport √† d'autres groupes culturels.

‚ÄĘ La culture comme ensemble de normes et de valeurs.  La culture √©tablit des normes et des valeurs qui d√©finissent ce qui est consid√©r√© comme acceptable ou inacceptable au sein d'une soci√©t√© donn√©e. Ces normes et valeurs influencent les comportements et les jugements des individus.

‚ÄĘ La culture comme apprentissage social. La culture est transmise de g√©n√©ration en g√©n√©ration par un processus d'apprentissage social. Les individus apprennent les pratiques culturelles, les croyances et les comportements par l'observation, l'interaction sociale, l'√©ducation et l'exp√©rience.

 ‚ÄĘ La culture comme dynamique et changeante. La culture n'est pas statique, elle √©volue avec le temps en r√©ponse aux √©volutions sociales, politiques, √©conomiques et technologiques. Les cultures sont en constante transformation.

Curieux, curiosit√© (Curiosus, curiositas = soin √† rechercher, de cura = soin) : d√©sir, besoin de conna√ģtre.

Cybern√©tique (Kybern√®tik√®, de kybern√®r = pilote). - C'est Amp√®re qui a introduit ce terme en 1834 pour d√©signer la science qui s'occupe des modes de gouvernement. Norbert Wiener a repris ce terme en 1949 en d√©finissant la cybern√©tique comme "la science qui √©tudie les syst√®mes de contr√īle, et sp√©cialement d'autocontr√īle, tant des organismes que des machines".

Cyclo√Įde. - Courbe trac√©e par le d√©placement d'un point donn√© d'un cercle roulant sur une droite.

Cylindre. - Solide de r√©volution engendr√© par la r√©volution d'un rectangle BCDL tournant autour d'un de ses c√īt√©s CD, qu'on appelle axe du cylindre. La surface engendr√©e pendant le mouvement par la r√©volution du c√īt√© BL forme la surface lat√©rale du cylindre. Les cercles d√©crits par CR et DL constituent ses bases et les circonf√©rences d√©crites par B et L les circonf√©rences des bases. BL se nomme le c√īt√© ou l'ar√™te du cylindre; CD forme sa hauteur. - La surface lat√©rale d'un cylindre a pour mesure le produit de la circonf√©rence de sa base par la hauteur. - Le volume d'un cylindre est √©gal au produit de sa base par sa hauteur. - Le volume d'un cylindre est trois fois plus grand que celui du c√īne ayant m√™me base et m√™me hauteur. - On d√©signe d'une fa√ßon plus g√©n√©rale, en g√©om√©trie, sous le nom de surface cylindrique, toute surface engendr√©e par une ligne qui se meut parall√®lement √† elle-m√™me, l'un de ses points √©tant d'ailleurs assujetti √† suivre le contour d'une ligne donn√©e.

Cynique (Ecole), Cynisme  (Cynicus, kynikos, de ky√īn = chien) : fond√©e par Antisth√®ne. Elle fut nomm√©e ainsi √† cause du lieu,  le Cynosarge (Kynosarges), gymnase  d'Ath√®nes situ√© pr√®s du temple d'H√©racl√®s, o√Ļ il enseignait, et du genre de vie adopt√© par lui, qui se qualifiait de vrai chien, aploky√īn (aplous = simple; kyon = chien), et par ses disciples, notamment Diog√®ne, dit Diog√®ne le Chien ou Diog√®ne le Cynique.

Les cyniques professaient que la vertu est le seul bien et qu'en cons√©quence les richesses, les arts ne sont que des superfluit√©s condamnables qui nous √©loignent de la nature. Ils prenaient pour patron H√©racl√®s, dieu de la force par cette id√©e de la force identifi√©e avec la nature ils eurent une r√©elle influence sur la philosophie sto√Įcienne qu'ils pr√©par√®rent. Antisth√®ne avait √©t√© disciple de Socrate.

Le mot cynisme, appliqu√© d'abord √† l'√Čcole cynique, signifie en g√©n√©ral le d√©dain des convenances sociales et des lois de la morale.

Cyr√©na√Įque (Ecole), Cyr√©na√Įsme (de Kyr√®na√Įkos, de Cyr√®ne, ville de la Pentapole de Lybie, en Afrique). - L'√©cole de Cyr√®ne fut fond√©e par Aristippe, disciple de Socrate, mais disciple peu fid√®le a la doctrine du ma√ģtre. Il enseignait que le plaisir est le seul bien; qu'il faut passer, selon les circonstances, d'un plaisir √† un autre plaisir, puisque ceux des sebs valent ceux de l'esprit.

Le cyr√©na√Įsme pr√©para l'√©picurisme, mais Epicure distingua les plaisirs en repos et les plaisirs en mouvement, c'est-√†-dire, au fond, ceux de l'esprit et ceux des sens, en recommandant de chercher les premiers et de fuir les autres l'√©picurisme transforma donc le cyr√©na√Įsme en une morale presque aust√®re. Ce sont n√©anmoins deux formes de la morale du plaisir. (H√©donisme).

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Dictionnaire Idées et méthodes
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