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La
théologie (du grec théos, Dieu, et logos, discours,
traité) est la science de Dieu, ou, plus
convenablement, la science relative à Dieu et aux choses divines. Les
Anciens donnaient le nom de théologiens aux poètes qui vivaient à l'époque
de l'école dite École de la vieille théologie, et qui comprenait des
personnages peut-être symboliques, tels que Orphée
et Musée, jusqu'à Hésiode. La théologie ne
devint une science proprement dite qu'Ã partir d'Aristote,
qui en fit une partie de la philosophie. Si Jean
Damascène est, parmi les écrivains chrétiens,
le premier qui l'ait soumise à l'appareil des règles dialectiques, dans
son livre de la Foi orthodoxe. Chez les Romains, on distinguait
: la théologie mystique, celle des premiers poètes de la Grèce; la théologie
physique, qui s'unissait à la philosophie; la théologie civile, fondée
par les législateurs. Avec le christianisme,
la théologie prend un autre caractère.
Au Moyen âge, non
seulement elle se confond avec la philosophie, mais elle cherche à l'annuler,
sans y réussir entièrement. C'est le règne de la théologie scolastique.
Les docteurs de cette époque la traitent avec les procédés de la méthode
en usage, et au nom du principe d'autorité. Le nombre des écrits théologiques
d'alors est trop grand pour être tous cités; il suffit de rappeler ceux
d'Abélard, Sic et non (oui et non),
Introduction à la théologie, et Théologie chrétienne
de Pierre Lombard, Le Maître des sentences;
d'Alexandre de Halès, la Somme théologique;
d'Albert le Grand, la Somme de Théologie,
et l'Abrégé de Théologie; enfin du plus grand de tous, de St
Thomas, la Somme théologique, et la Somme contre les Gentils.
Ces grands docteurs eurent des continuateurs, parmi lesquels on remarque
: Suarès, Tournély, Gabriel Vasquez, Jean de Salas, Billuart, Collet,
dom Liguori, le P. Péronne, etc.
A mesure que la philosophie
prenait une position plus indépendante, la théologie arrivait à se distinguer
en deux sortes : la théologie naturelle, qui se base sur des conceptions
et sur des principes rationnels ( Wolf,
Theologia naturalis methodo scientifica pertractata); la théologie
révélée, qui se distingue, au point de vue de l'enseignement, en théologie
positive ou dogmatique, qui comprend le dogme, et théologie morale ,
ce qu'il faut pratiquer ( la Théologie
dogmatique de Schleiermacher).
A l'étude de la
théologie se rattache nécessairement celle de la Bible ,
la critique sacrée et l'exégèse, ce qui a donné lieu, en Allemagne,
a une sorte de théologie rationnelle, qui explique avec une grande liberté
les textes sacrés et les monuments sur lesquels repose l'enseignement
religieux. (A19).
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En
bibliothèque - Les traités de théologie
les plus suivis en France dans l'enseignement ont été ceux de Mgr Gousset,
de Mgr Bouvier, de Bailly, de Carrière. On a aussi sur cette matière
un Dictionnaire des sciences théologiques de Richard, 1670; un
Dictionnaire théologique de Bergier, 1789, complété par Mgr Donnet;
l'Histoire de la Théologie par Noël-Bonav.
d'Argonne (jusqu'Ã St Bernard),
Lucques 1785, et par Staüdlin, en allemand, Goettingen, 1810-11; un Dictionnaire
encyclopédique de la Théologie catholique, publié par Wetzer et
Welte, et trad. de l'allemand par Goschler, 25 vol.
Bernard
Quilliet, L'acharnement théologique, Fayard, 2007. - L'humanité
ne se nourrit pas que de pain! Les affrontements permanents qu'a connus
le monde chrétien depuis quinze siècles
au moins (et on trouve quelques signes annonciateurs dans l'Ancien
Testament) sur le péché et sur la grâce le montrent surabondamment.
Si le Christ est mort sur la Croix pour racheter
les péchés du monde, est-ce pour sauver toute l'humanité? Le baptême,
qui efface le péché transmis de génération en génération depuis la
faute d'Adam, suffit-il pour faire le salut éternel
de tous, ou bien Dieu opère-t-il entre les hommes
un choix - une "élection" - en vertu de critères qui relèvent de Lui
seul? A peu près toutes les controverses théologiques qui ont agité
le christianisme - occidental et dans une moindre mesure oriental - tournent
depuis le IVe siècle autour de ces thématiques. On y trouve des figures
illustres comme Augustin d'Hippone, Thomas
d'Aquin, Luther, Jansénius,
Pascal, mais aussi une foule de controversistes
aujourd'hui bien oubliés, mais qui ont alimenté le dossier à leur façon.
A lire la synthèse passionnante et vivante de Bernard Quilliet, on se
prend à penser que l'Histoire est faite d'événements, de guerres, de
conquêtes, mais aussi que les idées également peuvent provoquer le bruit
et la fureur. (couv.).
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