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La
Bible (du grec biblion, livre) est le nom sous lequel on désigne,
depuis St Jean Chrysostome, une large collection
de textes anciens considérés par les Juifs
et les Chrétiens
comme d'inspiration divine. La Bible des Chrétiens contient 2 parties
fort inégales, l'Ancien
et le Nouveau Testament ,
c.-Ã -d. l'ancienne et la nouvelle alliance entre Dieu
et les humains. La Bible des Juifs n'est constituée que de la première
partie, composée de livres écrits av. J.-C., renferme l'histoire de la
création du monde, de la chute de l'humain, du Déluge ,
de la dispersion du genre humain, la vie des patriarches, la loi de Moïse ,
divers traités de morale,
l'histoire du peuple de Dieu, etc.. La deuxième comprend les livres écrits
depuis la mort de J.-C., par ses apôtres ,
ou plus sûrement par certains de ses disciples.
Les Hébreux divisaient
l'Ancien Testament en 3 parties, la Loi, les Prophètes
et les Testaments. C'est encore la division des Juifs. La Loi
comprend
les 5 livres attribués à Moïse
ou Pentateuque*, c'est-à -dire la Genèse ,
l'Exode, le Lévitique ,
les Nombres et le Deutéronome .
Les Prophètes se partagent en Anciens (ce sont les livres de Josué ,
des Juges ,
de Samuel ,
et des Rois ),
et en Nouveaux; ces derniers se subdivisent en grands prophètes (Isaïe,
Jérémie,
Ézéchiel, Daniel) et petits prophètes (Osée, Joël, Amos ,
Abdias; Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie).
Les Écritures comprennent les Hagiographes, c.-à -d. le livre de
Job ,
les Proverbes, les Psaumes, le Cantique des cantiques ,
l'Ecclésiaste ,
Ruth ,
Jérémie, Esther .
En raison de l'usage restreint de l'écriture pendant plusieurs siècles,
on pense généralement que la réunion des diverses parties de la Bible
en collection et la rédaction de plusieurs d'entre elles sont d'une époque
relativement assez récente. Ainsi, les livres qui composent la Loi
et une partie des Prophètes n'auraient été réunis que vers l'époque
de la captivité de Babylone; la 2e
partie des Prophètes daterait de la fin du Ve
siècle av. J.-C., et la collection des Écritures, commencée vers la
seconde moitié du IVe siècle, n'aurait
été terminée qu'au milieu du IIe.
Les Samaritains ne
reconnaissaient pour divins que les cinq livres de Moïse; c'était leur
Canon, c.-à -d: la règle de leur foi. Pour les Hébreux, les livres canoniques
étaient au nombre de 22 : la Genèse ,
l'Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome ,
Josué,
les Juges, Ruth, les Rois, les Paralipomènes,
les liv. I et II d'Esdras, les Psaumes, les Proverbes,
l'Ecclésiaste, le Cantique des cantiques, Isaïe, Jérémie,
Daniel, Ézéchiel, Job, Esther, et les Petits prophètes. L'Église
catholique
admet tous ces livres, sous le nom de proto-canoniques, en y ajoutant,
dans le Nouveau Testament : les quatre Évangiles
de St Matthieu, St Marc, St Luc, et St Jean; les Actes des Apôtres ,
14 Épîtres de St Paul (1 aux Romains,
2 aux Corinthiens, 1 aux Galates, 1 aux Ephésiens, 1 aux Philippiens,
1 aux Colossiens, 2 aux Thessaloniciens, 2 à Timothée,
1 à Tite, 1 à Philémon, 1 aux Hébreux); la 1re Epître
de St Pierre, et la 1re de St Jean. Elle
appelle deutérocanoniques
certains livres admis dans le canon plus tard que les autres; ce sont Tobie,
Judith ,
la Sagesse, l'Ecclésiastique ,
Baruch ,
les livres I et Il des Maccabées ,
l'Épître de St Paul aux Hébreux, celles de St Jacques et de St Jude,
la 2e et la 3e
de St Jean, ainsi que son Apocalypse .
Les protestants rejettent les deutéro-canoniques.
Un certain nombre
de livres hébraïques, qui ne figurent pas dans le Canon des Juifs sont
regardés par l'Église catholique comme apocryphes ;
ce sont : le livre d'Hénoch ,
les liv. III et IV d'Esdras, les liv. III et IV des Maccabées.
Les Chrétiens considèrent aussi comme apocryphes, dans l'Ancien Testament
: l'Oraison de Manassès dans les fers, qui est à la fin des éditions
anciennes de la Bible; le Sepher Jecirah, espèce de monologue
placé dans la bouche d'Abraham ,
et qui vient de la Cabale ;
un livre d'Adam, compilation absurde, attribuée aux Manichéens ;
le Testament des douze patriarches; les sept derniers chapitres
du livre d'Esther; à la fin du livre de Job, un supplément
qui, contient la généalogie de Job
et un discours de sa femme; un Psaume de l'édition grecque de la
Bible,
qui n'est pas du nombre des 150; Ã la fin du livre de la
Sagesse,
un discours de Salomon ,
tiré du 8e chap. du 3e
livre des Rois; le Dialogue de Salomon et Marculfe, composition
bizarre, fort goûtée au Moyen âge, et inspirée sans doute par la réputation
qu'eut Salomon d'être grand devineur d'énigmes etc. ( Fabricius,
Codex
pseudepigraphus Veteris Testamenti). Parmi les apocryphes du Nouveau
Testament, citons : l'Epître de St Barnabé; les prétendues
Épîtres de St Paul aux Laodicéens et
à Sénèque la lettre de Jésus à Abgar;
plusieurs faux Actes des Apôtres; plusieurs fausses
Apocalypses;
plusieurs faux Évangiles; le livre d'Hermas ,
intitulé le Pasteur; la Lettre de St Pierre à St Jacques; les
Lettres
de Ponce Pilate et de Lentulus à Tibère,
etc.
La forme sous laquelle
les livres de la Bible nous sont parvenus n'est pas parfaitement
pure : s'il n'est pas toujours prouvé qu'il y ait eu des falsifications
destinées à favoriser telle ou telle doctrine, on ne peut nier que des
interpolations, à bonne intention même, y aient été faites, et que
des erreurs aient été commises dans la reproduction des manuscrits. La
critique moderne n'évalue pas à moins de 80 000 le nombre des variantes
qui en sont résultées. Ce fut Euthalius, diacre à Alexandrie,
qui imagina, vers 462, la division en versets (sticoi). La division
en chapitres ne date que du XIIIe siècle,
époque ou elle fut introduite par le cardinal Hugo. Les titres et épigraphes
sont d'origine plus récente encore.
Le Nouveau Testament
fut écrit presque tout entier en grec; l'Ancien, en hébreu. Parmi
les traductions grecques de ce dernier, faites sur le texte hébreu original,
la plus remarquable est celle des Septante, faite à Alexandrie
sous le règne de Ptolémée Philadelphe (IIIe
siècle av. J.-C.). Celles d'Aquila, de Thédotion et de Symmaque datent
de la fin du IIe siècle de l'ère chrétienne. Toutes ces traductions,
avec des fragments de quelques autres dont les auteurs sont inconnus, ont
été réunies dans les Hexaples d'Origène.
Il existe, dans la bibliothèque de Saint-Marc à Venise,
une traduction grecque de plusieurs livres de l'Ancien Testament,
faite au XIVe siècle; elle a été publiée
par Villoison (Strasbourg, 1784) et par Ammon (Erlangen, 1790). C'est sur
l'hébreu qu'ont été faites également: les traductions chaldéennes
(Targumim ),
dont le texte a beaucoup souffert; la traduction samaritaine du Pentateuque;
la traduction dite Peschito (c.-à -d. simple., fidèle), adoptée par les
chrétiens de Syrie les traductions arabes, provenant, soit directement
de l'hébreu, soit du texte samaritain; la traduction persane du Pentateuque,
oeuvre d'un juif nommé Jacob; enfin la traduction latine de St Jérôme,
connue sous le nom de Vulgate. II existe encore une traduction syriaque
du Nouveau Testament, Ã l'exception de l'Apocalypse, faite
en 508 par ordre de Philoxène, évêque d'Hiérapolis ,
et revue en 616 par Thomas de Charkel (Héraclée).
C'est sur la version
grecque des Septante qu'ont été faites : la traduction latine, connue
sous le nom d'Itala, qui date des premiers temps du christianisme,
et qui a été publiée par Martianay, Paris, 1695; la traduction syriaque
faite; en 617 par Paul, évêque de Tela; l'Interpretatio figurata,
autre version syriaque, presque entièrement perdue aujourd'hui, et que
Jacob d'Édesse critiqua au VIIIe siècle;
la traduction éthiopienne ,
faite par les chrétiens vers le Ve siècle;
deux traductions égyptiennes de la fin du IIIe
siècle, l'une en dialecte copte ou de Memphis,
l'autre en dialecte saïdique ou de la Thébaïde; la traduction gothique
d'Ulphilas ( Le Manuscrit d'Argent );
la traduction arménienne de Mesrob, au Ve
siècle; la traduction géorgienne ou grusinienne. du VIe
siècle; la traduction slave du IXe siècle,
attribuée à Cyrille
et à Methodius.
Chez les modernes,
les traductions de la Bible en langue vulgaire ont été nombreuses.
En France, dès l'an 1170, l'hérésiarque Pierre Valdo faisait traduire
le Nouveau Testament en provençal par Étienne d'Aure. D'autres
versions furent faites pour St Louis en 1227,
et pour Charles V en 1380. Signalons ensuite
les traductions de Des Moulins (1477, 1546), de Lefêvre d'Étaples (1523-1528),
et d'Olivétan (1535-1545). Cette dernière, revue en 1551 par Calvin,
puis par Théodore de Bèze, est connue sous le
nom de Bible de Genève, et est devenue le texte officiel pour l'Église
calviniste; quelques modifications y ont été cependant apportées dans
l'édition de la Vénérable Compagnie, publiée en 1588 sous la direction
de Bertram, et un nouveau Commentaire genevois y a été ajouté
en 1805 et en 1835. La Bible catholique dite de Louvain a été
revue en France par les jansénistes Lemaistre de Sacy, Arnauld et Nicole;
leur version, appelée Bible de Mons par suite d'une indication
fausse du lieu d'impression, fut condamnée par le pape Clément
IX. La Bible a encore été traduite en
français par l'abbé de Carrières, 1701-1718; par l'abbé de Vence, 1738-1743;
par l'abbé de Genoude, 1818; et par Cahen (celle-ci sur le texte hébreu
et dans l'esprit hébraïque).
En Angleterre, il
y eut une version anglo-saxonne de la Bible, faite d'après l'Itala;
Thorpe l'a publiée à Londres en 1845. A
la fin du XIVe siècle, l'hérésiarque
Wiclef,
fit une traduction anglaise des livres saints, imprimée à Londres en
1757 et en 1810. Au XVIe siècle, il y
eut des tentatives de traduction par W. Tindal (1527), par Taverner (1539),
par Matthew (1540) par les Puritains Coverdale et Gilbie, par Cranmer (1561).
En 1568, sous le règne d'Élisabeth, et par les soins de l'archevêque
Parker, l'Angleterre reçut la Bible épiscopale; en 1611, Jacques 1er
fit publier la Royal version, Ã laquelle 47 savants avaient
travaillé pendant sept ans. L'Angleterre a entrepris avec ardeur la propagation
de la Bible en toutes les langues : Ã l'exposition de Londres en
1851, on l'a vue en 130 idiomes différents.
Dix-sept traductions
allemandes de la Bible entre autres celle de Jean Huss, avaient
précédé la traduction de Luther, qui est devenue
essentiellement populaire. La meilleure qu'on ait publiée depuis ce réformateur
est celle de De Wette. Les Hollandais avaient eu déjà , avant la Réforme,
une version nationale de la Bible, publiée à Delft en 1477; le
synode protestant de Dordrecht, en 1637, leur a donné une Bible officielle.
La Suède possède aussi une Bible officielle, rédigée depuis
1774.
En Suisse, avant
la publication de la Bible de Genève, Zwingle, secondé par Léon
Judae et Gaspard Grossmann, avait donné une traduction de la Bible. Elle
en a reçu une autre de J.-H. Hottinger, C. Sincer, P. Füsslin, etc.,
1665 et 1772.
Dans les États
méridionaux de l'Europe, les bibles en langue vulgaire sont plus rares.
On en fit une en Espagne sous Alphonse X (XIIIe
siècle); d'autres traductions parurent en 1478 et en 1515. L'Italie possède
la traduction du bénédictin Nicolas Malherbi (1471). (B.).
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Es.
Villeneuve, J.-B. Humbert, L'affaire Qumrân (les Manuscrits
de la Mer morte), Gallimard, 2006. - De 1947
à 1956, onze grottes proches du wadi Qumrân, sur la rive nord-occidentale
de la mer Morte, livrent les restes de 900 manuscrits datés entre le IIIe
siècle avant J.-C. et le Ier siècle de notre ère. Ces textes qui ont
été attribués très vite à la secte des Esséniens, éclairent non
seulement l'histoire ancienne du judaïsme
mais aussi l'origine du christianisme.
Aujourd'hui encore, même si la "thèse essénienne" demeure la plus séduisante
pour le grand public, l'archéologie n'a pas réussi à lever tout à fait
l'énigme : quels étaient donc les habitants de Qumrân? (couv.).
F.
Mebarki, E. Puech et al., Les Manuscrits de la Mer morte,
Le Livre de Poche, 2004. - En 1947, des bédouins
découvrent à Qumrân, près de la mer Morte, des rouleaux de cuir recouverts
de signes qu'ils ne parviennent à déchiffrer : ainsi commence l'aventure
des Manuscrits de la mer Morte. Rapidement, des dizaines de milliers
de fragments copiés entre le IIIe siècle av. J.C. et le Ier siècle apr.
J.C. sont mis au jour : de nombreux passages de l'Ancien Testament, des
apocryphes bibliques et une littérature émanant d'un groupe religieux,
les Esséniens. Quoique vieux de plus de 2000 ans, les manuscrits de la
mer Morte conservent une véritable actualité : parce que les rouleaux
découverts précèdent d'un millénaire les plus anciens manuscrits hébreux
connus, ils nous donnent une image plus authentique de la Bible et du monde
juif au temps de Jésus. Les auteurs ont multiplié les approches : un
point de vue historique et géopolitique rappelle le contexte dans lequel
vécurent les Esséniens; les perspectives épigraphiques et philologiques
révèlent le travail de recherche éffectué sur les manuscrits; un éclairage
idéologique et archéologique tente de comprendre les règnes de vie des
Esséniens, ce qui les distinguait des autres mouvances du judaïsme et
leur influence sur la pensée religieuse. Ce livre richement illustré
offre un éclairage neuf sur l'une des périodes fondatrices de l'histoire
de l'humanité.
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