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Dictionnaire des idées et méthodes
P
. - En math√©matiques,  d√©signe l'ensemble des nombres premiers (cet ensemble peut aussi √™tre not√© u parfois simplement p (o√Ļ  est l'ensemble des nombres naturels). Les nombres premiers sont des nombres entiers positifs sup√©rieurs √† 1 qui n'ont aucun diviseur autre que 1 et eux-m√™mes. En d'autres termes, un nombre premier est un nombre entier qui ne peut √™tre divis√© que par 1 et par lui-m√™me sans laisser de reste. Les deux premiers nombres premiers sont 2 et 3. Ensuite, la liste des nombres premiers continue avec 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23, et ainsi de suite. Il existe une infinit√© de nombres premiers. Ceux-ci jouent un r√īle fondamental en math√©matiques. Des th√©or√®mes importants, tels que le th√©or√®me fondamental de l'arithm√©tique, selon lequel tout entier strictement positif peut √™tre √©crit comme un produit de nombres premiers d'une unique fa√ßon. 

Pacifisme (de Pacificus, de pax = paix ; facio = faire) : opinion de ceux qui visent à établir la paix universelle et à l'assurer au moyen d'un arbitrage international.

Padoue (école de). - Courant philosophique né à l'université de Padoue en Italie au XVIe siècle. Cette école est surtout connue pour son approche humaniste et pour sa contribution au développement de la philosophie morale et politique. S'y rattachent les noms de Pietro Pomponazzi, Andrea Alciato et Francesco Piccolomini, des penseurs qui ont cherché à concilier les idées de la tradition philosophique aristotélicienne avec les idéaux humanistes de la Renaissance.

Paix (Pacem) : a) état d'un pays qui n'a pas de troublé intérieur ; b) état d'un pays qui n'est pas en guerre avec un autre.

Pal√©ographie. - Discipline qui √©tudie l'√©criture manuscrite ancienne, en particulier les √©critures utilis√©es avant l'invention de l'imprimerie.  La pal√©ographie permet de dater et de localiser des manuscrits en fonction des caract√©ristiques sp√©cifiques de l'√©criture utilis√©e. Outre l'√©criture elle-m√™me, la pal√©ographie peut √©galement prendre en compte le support mat√©riel des manuscrits (parchemin, papier ou autres mat√©riaux), ainsi que les outils d'√©criture utilis√©s (plumes, calames, pinceaux, etc.).

Pal√©ontologie (Palaios = ancien, de palai = depuis longtemps; on, onta = √™tres; logos = discours). - Science des animaux et des v√©g√©taux fossiles. 

Paling√©n√©sie  (Palingenesia = renaissance, de palin = de nouveau; genesis = origine, production). - R√©g√©n√©ration ou renaissance des √™tres. D'apr√®s les livres sacr√©s des Indiens, les mondes se forment, se d√©truisent, et se reforment; leur commencement et leur fin se succ√®dent sans interruption. La m√©tempsycose est une paling√©n√©sie d'une esp√®ce particuli√®re. Les Sto√Įciens admettaient une paling√©n√©sie universelle. Les Celtes, aux dires des Romains, croyaient que l'univers devait p√©rir par le feu, puis rena√ģtre de ses cendres. C'est sans doute une opinion de ce genre qui √©tait all√©goriquement figur√©e par la fable du ph√©nix. La r√©surrection, qui est un dogme dans un grand nombre de religions, peut √™tre appel√©e une paling√©n√©sie.

Au XVIIIe siècle, Ch. Bonnet, de Genève, a formulé un nouveau système palingénésique. Suivant lui, le germe d'une espèce, une fois créé, contient les germes de tous les individus qui forment le développement successif de l'espèce; notre globe a déjà subi des révolutions successives, à mesure que les espèces qui y sont placées ont eu elles-mêmes leur développement, qui consiste dans un plus grand nombre de sens et de facultés; l'homme, transporté plus tard dans un séjour mieux approprié à ses facultés nouvelles, laissera cette terre au singe et à l'éléphant arrivés à une autre période de leur développement, et les autres êtres s'élèveront à leur tour, par une suite de révolutions, dans la hiérarchie générale de la nature organisée.

Sous le nom de Palingénésie sociale, Ballanche a imaginé un système d'après lequel les mêmes formes sociales doivent se reproduire indéfiniment dans un ordre donné. (B.).

Pampsychisme (Pan = tout; psych√® = √Ęme) : syst√®me qui enseigne que tout dans l'univers est de nature psychique (Wundt, Paulsen, Lachelier, Dunan,
√Čd. Le Roy).

Pancalisme (Pan = tout; kalos = beau) : système qui subordonne la logique et la morale au point de vue esthétique. J. M. Baldwin l'a exposé dans Genetic theory of reality..., New-York et Londres, 1915.

Panenthéisme (Pan = tout; en = dans; theos = Dieu) : doctrine, soutenue par Krause et Paul Janet, d'après laquelle Dieu, sans être tout, est dans tout, à la fois immanent et transcendant. On donne aussi parfois le nom de Panenthéisme à la doctrine de la vision en Dieu de Malebranche.

Panlogisme (Pan = tout; logos = discours, raison) : mot créé par J.-E. Erdmann pour caractériser la doctrine de Hegel, d'après laquelle tout le réel, étant intégralement intelligible, peut être construit par l'esprit d'après ses propres lois. - L. Couturat qualifie de Panlogisme la métaphysique de Leibniz.

Panthéisme (mot formé par J. Toland, de Pan = tout, theos = Dieu) : doctrine d'après laquelle Dieu et le monde ne font qu'un. - Formes diverses chez :
les Sto√Įciens, les Alexandrins, Spinoza, Fichte, Schelling, Hegel.

Dans le panthéisme, les êtres, sans cesser d'exister en Dieu, s'en distinguent par l'émanation suivie d'un retour à Dieu (panthéisme alexandrin); ou bien les êtres sont les modes particuliers des attributs divins de la pensée et de l'étendue et Dieu est leur principe immanent (panthéisme spinoziste) : il y a donc un panthéisme d'émanation et un panthéisme d'immanence.

On fait du panth√©isme un ath√©isme (n√©gation de Dieu) quand on l'entend dans ce sens que Dieu ne serait que l'universalit√© des √™tres; en r√©alite, il est plut√īt un acosmisme (n√©gation du monde comme r√©el et substantiel) quand on le prend dans son vrai sens, √† savoir que Dieu seul existe, est tout, et que les √™tres particuliers n'en sont que les manifestations ph√©nom√©nales et passag√®res.

L'idéalisme subjectif ou objectif de Fichte ou de Hegel sont, au fond, des formes nouvelles d'un panthéisme inspiré par Spinoza. Dieu n'est pas, mais il devient; c'est le panthéisme du devenir de Hegel.

Panthélisme (Pan = tout; thelein = vouloir) : doctrine de Schopenhauer, qui conçoit l'être comme une force et se représente la force à la ressemblance de la volonté humaine : aussi pour lui l'être est un vouloir être.

Parabole. - En g√©om√©trie, on nomme parabole une conique obtenue en coupant un c√īne de r√©volution par un plan-parall√®le √† l'un de ses plans tangents. la propri√©t√© caract√©ristique qui d√©finit le plus simplement la parabole consiste en ce que cette courbe est le lieu g√©om√©trique des points √©galement distants d'un point fixe et d'une droite fixe; ce point fixe est le foyer, et la droite fixe est la directrice. La courbe est sym√©trique par rapport √† la perpendiculaire abaiss√©e du foyer sur la directrice; elle a deux branches infinies et pas d'asymptotes. 

L'équation la plus simple de la parabole, rapportée à son axe et à la tangente au sommet, est y² = 2px; on appelle 2p le paramètre de la courbe; rapportée, en coordonnées polaires, à l'axe et au foyer, elle a pour équation : r = p / (1 - cos w). La parabole jouit d'innombrables propriétés géométriques. Lorsque, dans l'équation générale d'une conique, ax2 + 2bxy + cy2 + 2dn + 2ey + f =0, b² - ac = 0, la ligne est du genre parabole; c'est une parabole proprement dite, ou exceptionnellement un système de deux droites parallèles ou de deux droites confondues.

On rencontre la parabole dans un grand nombre d'applications. C'est ainsi par exemple qu'on assimile à des paraboles les orbites des comètes non périodiques, orbites qui affectent sans doute la forme d'ellipses très allongées, mais qui se déforment ensuite lorsque les astres ont disparu des limites de notre système solaire pour être soumises à de nouvelles forces attractives. (C.-A. Laisant.).

Parabolique (géométrie). - On appelle ainsi lés éléments qui se rapportent à la parabole ou qui ont avec cette courbe quelque chose en commun. C'est ainsi, par exemple, qu'on appelle branches paraboliques las branches infinies de courbes planes qui sont dépourvues d'asymptotes rectilignes.

Mouvement parabolique. - Lorsqu'un point mat√©riel anim√© d'une vitesse initiale est soumis √† l'action unique d'une force constante et constamment parall√®le √† elle-m√™me, la trajectoire que d√©crit ce point est une parabole. C'est, par exemple, le cas d'un corps pesant dans le vide. Le mouvement parabolique des projectiles rentre dans ce cas; c'est une question d'une extr√™me importance en balistique; le mouvement parabolique, en effet, ne donne pas la solution compl√™te du probl√®me, puisque les projectiles se d√©placent dans l'air, et non dans le vide; mais il fournit une approximation fort pr√©cieuse. C'est √† cette th√©orie que se rattache la parabole de s√Ľret√©, qui limite la r√©gion hors de laquelle ne peut atteindre un projectile dont on conna√ģt en grandeur la vitesse initiale, ta parabole de s√Ľret√© est l'enveloppe de toutes les trajectoires paraboliques particuli√®res que d√©criraient des prejectiles lanc√©s du m√™me point, avec la m√™me vitesse initiale, mais axes des inclinaisons diff√©rentes donn√©es √† cette vitesse initiale. (C.-A. L.).
Parabolo√Įde (g√©om√©trie). - Parmi les quadriques (surfaces du deuxi√®me ordre), on donne le nom de parabolo√Įdes √† deux surfaces dont l'√©tude analytique pr√©sente de frappantes analogies, bien que leur apparence ext√©rieure soit compl√®tement diff√©rente. Ce sont le parabolo√Įde elliptique et le parabolo√Įde hyperbolique. Elles offrent, l'une et l'autre, deux plans de sym√©trie; et si on les rapporte √† ces deux plans, l'origine √©tant au sommet, en coordonn√©es rectangulaires, l'√©quation de la surface est y¬≤/p + z¬≤/q = 2x pour le parabolo√Įde elliptique, et y¬≤/p - z¬≤/q = 2x pour le parabolo√Įde hyperbolique. 

Le parabolo√Įde elliptique est coup√© suivant des paraboles par tous les plans passant par l'axe, ces paraboles ayant toutes leurs branches infinies dirig√©es dans un m√™me sens. Des plans perpendiculaires √† l'axe donnent comme sections des ellipses; si p = q, ces ellipses deviennent des cercles, et le parabolo√Įde de r√©volution peut √™tre alors engendr√© par une parabole tournant auteur de son axe. Le plan perpendiculaire √† l'axe, au sommet d'un parabolo√Įde elliptique, est tangent √† la surface, laquelle est tout enti√®re situ√©e d'un m√™me cot√© de ce plan. 

Dans le parabolo√Įde hyperbolique, le plan perpendiculaire √† l'axe, au sommet, est encore tangent √† la surface, mais il coupe celle-ci suivant deux droites; et la surface s'√©tend √† l'infini de part et d'autre de ce plan tangent au sommet. Oh peut y placer nue infinit√© de droites, ou g√©n√©ratrices rectilignes; et toutes ces droites sont parall√®les √† l'un ou l'autre de deux plans Les passant par l'axe et qu'on appelle les plans directeurs. 

Un parabolo√Įde hyperbolique peut √™tre consid√©r√© comme engendr√© par une droite qui se d√©place en s'appuyant sur deux droites fixes (D) (D') et restant p-rall√®le √† unplan fixe (P). Naturellement, les droites (D) (D') ne sont ni l'une ni l'autre parall√®les au plan (P); et ce dernier est parall√®le √† l'un des plans directeurs. La forme d'une selle de cheval ou d'un col, en topograpphie, donne une id√©e assez exacte d'un parabolo√Įde hyperbolique dans le voisinage de son sommet. (C.-A. Laisant).

Paraconsistentisme, logiques paraconsistentes. - Le parconsistentisme est une approche en logique et en philosophie de la logique qui accepte la possibilit√© que des propositions contradictoires puissent coexister sans conduire √† une explosion logique, o√Ļ n'importe quelle proposition (y compris toutes les propositions) pourrait √™tre d√©riv√©e comme vraie. Elle diff√®re en cela des logiques classiques en ce qui concerne la tol√©rance aux contradictions. Le paraconsistentisme cherche √† d√©velopper des syst√®mes logiques dans lesquels des contradictions peuvent exister sans que l'ensemble du syst√®me devienne trivial ou incoh√©rent.  Il existe plusieurs syst√®mes formels de logique paraconsistente, chacun avec ses propres r√®gles et axiomes. La logique paraconsistente anot√©e, la logique paraconsistente √† quatre valeurs, et la logique paraconsistente d√©velopp√©e par Newton da Costa sont quelques exemples. L'id√©e fondamentale de ces logiques √©tant le d√©veloppement d'approches logiques qui peuvent traiter les situations du monde r√©el o√Ļ les informations disponibles sont souvent impr√©cises, incertaines, contradictoires ou sujette √† des changements. 

Paradigme (Paradeigma = mod√®le, de paradeiknymi = mettre en regard, de para = contre; deiknymi = faire voir. Racine dik = montrer). Chez Platon, le monde intelligible est le mod√®le, le paradigme du monde sensible. Le terme a ensuite √©t√© utilis√© en philosophie et dans d'autres domaines avec des acceptions diff√©rentes selon les contextes. 

De fa√ßon g√©n√©rale, un paradigme est un mod√®le, un sch√©ma, un cadre ou un ensemble de croyances, de concepts, de pratiques ou de m√©thodologies partag√©s qui fa√ßonnent la mani√®re dont nous percevons, comprenons et abordons un domaine particulier de la connaissance ou de l'exp√©rience. Il d√©finit les probl√®mes, les m√©thodes acceptables pour les r√©soudre, et les normes qui guident la recherche et la pratique dans ce domaine.  Il fa√ßonne aussi nos croyances et nos perceptions dans ce domaine.

En philosophie, un paradigme peut désigner une structure de pensée fondamentale ou un cadre conceptuel qui sous-tend une théorie ou une école de pensée. Par exemple, le paradigme cartésien est basé sur le dualisme qui sépare le corps et l'esprit.

Dans les sciences, le terme a été popularisé par Thomas Kuhn. Un paradigme scientifique représente le modèle théorique et méthodologique accepté par la communauté scientifique à un moment donné. Lorsqu'une avancée significative perturbe le paradigme existant, cela peut conduire à une révolution scientifique et à un changement de paradigme.

En linguistique, un paradigme est un ensemble de formes linguistiques (mots, morphèmes, phrases) qui partagent un certain trait grammatical (par exemple, conjugaison, déclinaison). Ces ensembles sont étudiés dans le cadre de l'analyse morphologique et syntaxique.

Dans la sociologie, le terme est utilisé pour décrire les schémas sociaux, les valeurs, les croyances et les pratiques qui caractérisent une société particulière à un moment donné.

Paradoxe (Paradoxos =contraire √† l'opinion commune, de para = contre, √† c√īt√©; doxa = opinion. Racine dok = para√ģtre) : a) Opinion particuli√®re contraire √† l'opinion g√©n√©rale. Les paradoxes sto√Įciens sont des formules qui r√©sument leurs opinions contraires √† celles qui semblent adopt√©es par le consentement universel : la douleur n'est pas un mal, le sage seul est libre, toutes les fautes sont √©gales, etc. - b) proposion √† la fois vraie et fausse.

Parallèle. - En mathématiques, deux droites sont dites parallèles quand, situées dans un même plan, elles ne se rencontrent pas quand on les suppose indéfiniment prolongées.

Deux plans sont parallèles quand ils ne se coupent pas, ou, si l'on veut, quand ils n'ont pas de points communs.

Deux courbes planes c et c' sont parallèles quand toute normale à l'une AB est aussi normale à l'autre. On démontre que, dans ce cas, la portion AB de normale limitée aux deux courbes est constante. Les cercles parallèles ont même contre et sont des figures semblables, mais, en général, deux courbes parallèles ne sont pas semblables.

Deux surfaces sont parallèles quand toute normale à l'une est normale à l'autre; la portion de normale commune limitée aux deux surfaces est constante.

On a dit quelquefois que des courbes tracées sur une surface étaient parallèles, quand elles étaient trajectoires orthogonales d'une famille de géodésiques.

On appelle parall√®les d'une sph√®re, et plus g√©n√©ralement d'une surface de  r√©volution, les cercles dont les plans sont perpendiculaires √† l'axe. (H. Laurent).

Parall√©l√©pip√®de. - Un parall√©l√©pip√®de est un poly√®dre √† six faces, lesquelles sont deux √† deux parall√®les; ces faces sont toutes des parall√©logrammes; l'une quelconque d'entre elles peut √™tre consid√©r√©e comme base du parall√©l√©pip√®de. Celui-ci a huit sommets et douze ar√™tes. Son volume est mesur√© par le produit de la base, par la hauteur correspondante (distance de la base √† la face parall√®le). Pendant de longues ann√©es, beaucoup d'auteurs ont employ√© la locution vicieuse ¬ę parall√©lipip√®de ¬Ľ ; c'est √† peine si l'on commence √† s'en d√©barrasser vers la fin du XIXe si√®cle.

Parall√©lisme (de Parallelos =  plac√© en regard, de para = √† c√īt√© de; all√®l√īn = des uns et des autres) : correspondance suivie entre des choses ou des personnes. - Certains philosophes, comme Malebranche et Leibniz, expliquent par le parall√©lisme l'union de l'√Ęme et du corps.

Parall√©logramme. - Un parall√©logramme est un quadrilat√®re dont les c√īt√©s oppos√©s sont parall√®les ; on d√©montre que ces c√īt√©s sont √©gaux. L'aire du parall√©logramme est mesur√©e par le produit d'un c√īt√© par la hauteur correspondante (distance au c√īt√© parall√®le oppos√©). En m√©canique, la c√©l√®bre proposition du parall√©logramme des forces consiste en ce que la r√©sultante de deux forces appliqu√©es au m√™me point est la diagonale du parall√©logramme construit sur les deux forces. 

Dans un enseignement rationnel, cette proposition ne devrait pas être considérée comme un théorème démontrable. Le dispositif si ingénieux et si connu sous le nom de parallélogramme de Watt a pour effet de transformer un mouvement circulaire alternatif en un mouvement qui est presque rectiligne. La solution rigoureuse de la transformation en un mouvement rectiligne a été donnée par le parallélogramme de Peaucellier, et par quelques autres systèmes articulés qui ont fait l'objet de nombreux travaux. Il est à remarquer que le parallélogramme particulier en usage dans l'appareil Peaucellier doit être un losange. (C.-A. L.).

Paralogisme '(paralogismos, de para = √† c√īt√©; logismos = calcul, raisonnement, de logos = discours). - raisonnement faux fait sans intention de tromper, argument vicieux, conclusion mal tir√©e ou contraire aux r√®gles. Le paralogisme, aussi bien que le sophisme, induit en erreur; mais ils diff√©rent l'un de l'autre par leur origine; le sophisme suppose la mauvaise foi chez celui qui l'emploie. C'est un artifice destin√© √† tromper; le paralogisme na√ģt de la faiblesse naturelle de l'esprit. Celui qui fait un paralogisme trompe les autres; mais il le fait de bonne foi, car en m√™me temps il se trompe lui-m√™me. Les principaux paralogismes sont : l'erreur sur la cause, l'erreur de l'accident, le d√©nombrement imparfait, l'ignorance du sujet, la p√©tition de principe, le cercle vicieux. (H. D.).

Paralogisme transcendantal. - Kant appelle paralogisme transcendantal, ou encore paralogisme de la raison pure, le raisonnement qui consiste √† passer ind√Ľment du concept transcendantal du sujet pensant, concept qui ne renferme aucune multiplicit√©, √† l'unit√© absolue de ce m√™me sujet pensant consid√©r√© en soi. En d'autres termes, de ce que dans toute pens√©e il y a le ¬ę Je ¬Ľ qui implique unit√©, on conclut facilement que le moi consid√©r√© en lui-m√™me et non plus dans son signe logique est un et r√©el. C'est, dit Kant, le paralogisme non d'un homme, mais de l√† raison humaine, une illusion mentale.

Parcimonie (Parcimonia, de parcus = m√©nager, de parcere = √©pargner) : on nomme parfois loi de parcimonie : a) le principe de moindre action; b) cet axiome scolastique : Non sunt multiplicanda entia sine necessitate. ¬ę Il ne faut pas multiplier les √™tres sans n√©cessit√©. ¬Ľ  (Le rasoir d'Occam).

Par√©n√®se, par√©n√©tique (du grec parainesis = exhortation ou conseil). - Discours ou √©crits dont le but principal est de donner des conseils, des avertissements ou des encouragements moraux. Le genre par√©n√©tique a √©t√© particuli√®rement go√Ľt√© des Sto√Įciens. Leurs lettres et discours cherchent √† conseiller les personnes sur la mani√®re de vivre en accord avec la nature, de cultiver la sagesse, et d'atteindre l'eudaimonia ( = la vie florissante ou bienheureuse selon la philosophie sto√Įcienne), par la vertu, l'acceptation de ce qui ne peut √™tre chang√© et la ma√ģtrise de soi. Un exemple notable de par√©n√®se sto√Įcienne est donn√© par les lettres de S√©n√®que adress√©es √† Lucilius (Epistolae Morales ad Lucilium), sont remplies de conseils pratiques sur la mani√®re de faire face aux difficult√©s de la vie.

Parenth√®ses (mise entre). - Action de mettre quelque chose de c√īt√© temporairement, de le mettre en attente ou de le consid√©rer comme secondaire par rapport √† quelque chose d'autre. - En linguistique, une mise entre parenth√®ses sert √† encadrer une information suppl√©mentaire ou une id√©e secondaire. C'est √©galement un moyen d'ajouter des commentaires ou des √©l√©ments explicatifs tout en maintenant la structure grammaticale du texte. - Dans la philosophie ph√©nom√©nologique de Husserl, l'expression mise entre parenth√®ses se r√©f√®re √† une m√©thode fondamentale appel√©e l'√©poch√® ( = suspension, en grec) qui consiste en une mise en retrait √† l'√©gard de nos croyances pr√©alables et de nos pr√©suppos√©s afin de se concentrer de mani√®re purement descriptive sur les ph√©nom√®nes tels qu'ils se pr√©sentent √† la conscience.

Parfait (adjectif participe de Parfaire, de per-ficere, perfectum = achever, de per = tout à fait, facere = faire)-: ce qui est complet, achevé; ce dont l'excellence est absolue dans son genre.

Parfait (nombre) (arithm√©tique). - On appelle nombre parfait un nombre √©gal √† la somme de ses diviseurs. Par exemple, 6 est un nombre parfait, parce que 6 = 1 + 2 + 3, et que 1 2, 3 sont les diviseurs de 6. La formule 2p - 1(2p - 1), due √† Euclide, donne, des nombres parfaits lorsque le second facteur est un nombre premier. On n'obtient ainsi que des nombres parfaits pairs, et on d√©montre qu'il n'en peut exister aucun en dehors de cette formule.  (C.-A. L.).

Pari '(substantif verbal de parier, du latin pariare = égaler, de par = égal). - Convention d'un enjeu pour celui qui aura raison sur un point contesté (ex. : le Pari de Pascal).

Paris (écoles de). - On a donné le nom d'école de Paris à deux groupes de penseurs très différents et très éloignés dans le temps :

a) Il s'agit en premier lieu de philosophes, que Duhem a qualifi√© de Nominalistes ou d'Eclectiques, et qui ont profess√© √† Paris au XIVe si√®cle, et qu'on a parfois aussi appel√© l'√©cole du Buridan. Outre Buridan lui-m√™me, ce groupe comptait dans ses rangs : Nicolas de Oresme, Albert de Saxe (ou de Helmstadt) et Marsile de Inghen. 

b) Plus pr√®s de nous, on conna√ģt du m√™me nom, un mouvement philosophique qui s'est d√©velopp√© √† Paris dans les ann√©es 1920 et 1930, et qui regroupait des philosophes d'origines diverses, mais partageant une m√™me approche de la philosophie. Citons, parmi ses repr√©sentants : 

+ Emmanuel L√©vinas (1905-1995), consid√©r√© comme le fondateur de l'√Čcole de Paris. Son oeuvre met l'accent sur l'√©thique, l'alt√©rit√© et la responsabilit√©.

+ Maurice Merleau-Ponty (1908-1961), surtout connu pour son apport à la phénoménologie, une méthode philosophique qui vise à décrire les phénomènes tels qu'ils apparaissent à la conscience.

+ Jean-Paul Sartre (1905-1980), surtout connu pour sa théorie de l'existentialisme, qui met l'accent sur la liberté et la responsabilité de l'individu.

+ Simone de Beauvoir (1908-1986),  surtout connue pour son livre Le Deuxi√®me Sexe, qui a contribu√© √† la naissance du mouvement f√©ministe.

+ Gabriel Marcel (1889-1973), surtout connu pour sa réflexion sur l'existence humaine et sur la question de la transcendance.

Parlementaire (de Parlement, de parler, du latin populaire paraulare, pour parabolare = parler, de parabola = parole) : a) Gouvernement parlementaire, voir Parlementarisme. - b) Sophismes parlementaires : Bentham appelle ainsi les sophismes qui sont propres aux orateurs parlementaires : Sophismes de dilation, de confusion, d'autorité, de danger public, etc.

Parlementarisme (de Parlement) : forme de Gouvernement,dans laquelle les intérêts généraux d'un pays sont discutés librement au sein d'assemblées représentatives qu'on nomme parlements.
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Parole '(du latin populaire Paraula, pour parabola = parole, parabol√® = rapprochement, de para = aupr√®s;  ball√ī = jeter) : expressionde la pens√©e par le langage articul√©. - Les Scolastiques nomment parole int√©rieure, verbum interius, l'id√©e, parce qu'elle est la parole que l'esprit se dit √† lui-m√™me. - Pour Platon, la pens√©e est comme un ¬ę dialogue int√©rieur ¬Ľ. - Aujourd'hui, on appelle paroles int√©rieures les images verbales, dont la pens√©e s'accompagne presque toujours. Mais ces images ne provoquent pas de mouvements vocaux, quand la production de ces mouvements serait un effort ou du temps perdu.

Parte rei (A) - Locution scolastique pour dire que l'on considère une chose telle qu'elle est dans la réalité, a parte rei. - S'oppose à A parte mentis, qui indique le travail abstractif de l'intelligence qui considère dans une chose une qualité ou un aspect à part des autres.

Participation (Participatio, de participatum, supin de participare = faire participer, prendre part, de pars = partie et capere = prendre) : a) action de prendre part à quelque chose; b) fait de tenir de la nature de quelque chose; c) la participation (methexis), au sens platonicien, c'est le rapport des êtres sensibles aux idées.

Participationisme. - Doctrine th√©ologique de l'√Čglise orthodoxe qui enseigne que l'humain est appel√© √† participer √† la nature divine par la gr√Ęce de Dieu. Selon cette doctrine, la divinit√© de Dieu peut √™tre partag√©e avec les √™tres humains, qui sont appel√©s √† devenir divins eux-m√™mes par leur participation √† la vie de Dieu. Le participationisme peut √™tre associ√© √† la th√©ologie de l'√©nergie divine et √† la distinction orthodoxe entre l'essence divine et les √©nergies divines. Cette doctrine a √©t√© d√©velopp√©e par des th√©ologiens orthodoxes tels que Gr√©goire Palamas au XIVe si√®cle et a √©t√© l'objet de d√©bats th√©ologiques au sein de l'√Čglise orthodoxe.

Particulier (Particularis, de particula = parcelle, de pars = part) : ce qui s'applique à quelques-uns et non à tous. Le particulier s'oppose au général ou à l'universel et se distingue de l'individuel : Quelques hommes sont savants; voilà une proposition particulière.

Partie (substantif participe de l'ancien verbe Partir, au sens de partager) élément composant d'un tout. - S'oppose à Tout.

Partition (Partitio, partage, de partitum, supin de partiri = diviser) : a) division physique par opposition √† division logique :  briser un morceau de marbre en plusieurs fragments, c'est faire une partition. - b) en math√©matiques, une partition est la division d'un ensemble en sous-ensembles disjoints, tels que leur r√©union √©gale l'ensemble de d√©part.

Passé. - Tout ce qui s'est produit avant le moment actuel. C'est une rétrospective des événements, expériences et actions qui ont déjà eu lieu. Les personnes se réfèrent au passé pour comprendre l'histoire, tirer des leçons et évaluer la progression du temps. La séparation entre passé, présent et futur est un cadre conceptuel qui aide à structurer notre perception du temps et à donner un sens à notre existence.

Passif. - Ce mot s'oppose à actif, comme passivité à activité nous sommes passifs quand nous subissons nos états de conscience, comme dans la sensation douloureuse; actifs quand nous les créons ou que nous contribuons à les créer, comme dans les déterminations libres.

Passif n'est cependant pas synonyme de fatal ni actif de libre nous pouvons subir librement un √©tat tout passif, comme le Sto√Įcien qui accepte la douleur, et produire fatalement des ph√©nom√®nes qui impliquent beaucoup d'activit√© d'√Ęme, comme les passions.

Passion '(Passio, souffrance, perturbation physique ou morale, de passum =  supin de pati = souffrir, p√Ętir) . - Etymologiquement, passion s'oppose √† action, comme passivit√© √† activit√©. Aujourd'hui le mot passion s'emploie pour d√©signer toute inclination qui atteint un certain degr√© de v√©h√©mence.

Dans la philosophie d'Aristote, la cat√©gorie de la passion concerne ce que subit un sujet, plut√īt que ce qu'il accomplit activement. La sous-cat√©gorie associ√©e √† la cat√©gorie de la passion est subir; elle  se r√©f√®re au fait d'√™tre affect√© ou de subir une exp√©rience particuli√®re.

Dans la langue du XVIIe si√®cle, les philosophes appelaient passions ce que nous appelons aujourd'hui les sentiments. Descartes dit que l'admiration est la passion fondamentale; Bossuet, que c'est l'amour. Spinoza choisit le d√©sir et sa classification des passions, qu'il explique toutes, dit-il, comme s'il s'agissait ¬ę de lignes et de plans ¬Ľ, para√ģt √™tre la plus simple et la plus profonde de toutes : le d√©sir est la tendance primordiale qu'a tout √™tre √† pers√©v√©rer dans l'√™tre et √† accro√ģtre son √™tre; au d√©sir s'ajoutent, comme passions primitives dont toutes les autres sont d√©riv√©es et compos√©es, la joie qui est le passage d'une perfection moindre √† une perfection plus grande, et la tristesse qui est le passage d'une perfection plus grande √† une perfection moindre.

Remarquons d'ailleurs qu'avant le XXe si√®cle, on ne parlait pas de la sensibilit√© comme facult√© : les passions rentraient donc dans la facult√© de conna√ģtre en g√©n√©ral et, pour Spinoza notamment, elles n'√©taient pas autre chose que des id√©es inad√©quates. Les moralistes employaient d'ailleurs le mot passion dans le sens qu'il a aujourd'hui.

Pathologie (de pathos = ce qu'on √©prouve, de pasch√ī = √™tre affect√© de. Racine path; et de logos = discours). - C'est la partie la plus importante de la m√©decine. Elle comprend toutes les connaissances qui se rattachent d'une mani√®re directe aux maladies. Suivant qu'elle s'applique aux maladies internes ou aux maladies externes, on la divise en pathologie m√©dicale ou interne et pathologie chirurgicale ou externe. On lui donne le nom de pathologie g√©n√©rale, lorsqu'elle prend pour base les donn√©es g√©n√©rales r√©sultant de l'observation des maladies, qui les retrace √† grands traits afin de les r√©unir par quelques liens communs. On appelle, au contraire, pathologie sp√©ciale celle qui s'occupe d'une maladie prise isol√©ment, qui en √©tudie les causes, les sympt√īmes et en d√©duit le traitement √† appliquer.

Patient (Patiens, de pati = souffrir) : a) sens métaphysique : celui qui subit l'action exercée par l'agent; n dit quelquefois intellect patient (passif) et intellect agent (actif); - b) sens moral: celui qui sait supporter, attendre.

Patristique (philosophie). - Pnes√©e philosophique d√©velopp√©e par les P√®res de l'√Čglise au cours des premiers si√®cles du christianisme, qui a jet√© les bases de la pens√©e chr√©tienne et a contribu√© √† d√©finir ses doctrines fondamentales. Les P√®res de l'√Čglise √©taient  influenc√©s par la philosophie grecque antique, en particulier par des penseurs comme Platon et Aristote. Ils cherchaient √† utiliser la philosophie pour expliquer et d√©fendre les doctrines chr√©tiennes contre les doctrines h√©r√©tiques de l'√©poque. Les P√®res de l'√Čglise se sont souvent engag√©s dans des discussions m√©taphysiques et ont d√©velopp√© une ontologie chr√©tienne. Ils ont r√©fl√©chi sur la nature de Dieu, la relation entre l'√Ęme et le corps, et la nature du Christ. Leur objectif √©tait d'articuler la foi chr√©tienne de mani√®re rationnelle et coh√©rente. La philosophie patristique a √©galement abord√© des questions √©thiques et morales, cherchant √† guider les chr√©tiens dans leur vie quotidienne en harmonie avec les enseignements du christianisme. (Saint Augustin, Augustinisme).

Pattern. -  Terme anglais utilis√© pour d√©crire des r√©gularit√©s, des structures ou des mod√®les r√©currents qui peuvent √™tre observ√©s et analys√©s dans divers domaines.

Peine (Poena = prix du sang, poinè= expiation d'un meurtre, expiation en général, peine) :

 a) Ce qui est impos√© √† l'individu par la soci√©t√© comme sanction d'une contravention, d'un d√©lit ou d'un crime.

b) Sentiment de tristesse causé par un déplaisir;

c) Effort qui co√Ľte.

Peirce (diagrammes de). -  Les diagrammes de Peirce ont √©t√© d√©velopp√©s  la fin du XIXe si√®cle par Charles Sanders Peirce , qui les  a appel√©s "ent√©l√©chies" ou "graphes existentiels". Ces diagrammes utilisent des courbes ferm√©es (appel√©es "coupures") sur un plan pour repr√©senter des propositions logiques. Chaque r√©gion d√©limit√©e par une courbe repr√©sente une assertion logique, et les relations entre les r√©gions repr√©sentent des relations logiques complexes. Peirce distingue deux types de diagrammes :
‚ÄĘ Les diagrammes alpha repr√©sentent des propositions simples en utilisant des courbes ferm√©es pour indiquer des assertions ou des n√©gations.

‚ÄĘ Les diagrammes b√™ta ajoutent des connecteurs logiques comme "et", "ou", "si ... alors" en utilisant des liens et des points de jonction pour montrer les relations entre les propositions.

Les diagrammes de Peirce sont utilis√©s pour repr√©senter des propositions logiques et leurs interrelations de mani√®re plus flexible et expressive que les diagrammes de Venn. Ils sont utilis√©s en logique formelle, en philosophie analytique et dans des contextes o√Ļ des structures logiques plus nuanc√©es sont n√©cessaires, car ils permettent une repr√©sentation plus riche et plus d√©taill√©e des relations logiques, notamment gr√Ęce √† l'utilisation des connecteurs et des courbes multiples. Ils peuvent repr√©senter des structures logiques plus complexes, avec des quantificateurs et des relations multiples. Mais il peuvent aussi devenir visuellement complexes et difficiles √† interpr√©ter pour des relations tr√®s compliqu√©es ou pour ceux qui ne sont pas familiers avec leur notation.

P√©lagianisme ou P√©lagisme. - Doctrine th√©ologique qui tire son nom de P√©lage. Le p√©lagianisme a √©t√© l'objet de controverses importantes dans l'histoire du christianisme, en particulier dans le contexte du d√©bat sur la gr√Ęce et la nature humaine. Le p√©lagianisme conteste la notion de p√©ch√© originel et soutient que la nature humaine est fondamentalement bonne. Selon cette perspective, chaque individu na√ģt sans p√©ch√© et a la capacit√© intrins√®que de choisir le bien (le p√©lagianisme insiste sur la notion de libre arbitre et  sur la responsabilit√© individuelle). Le p√©lagianisme a √©t√© condamn√© comme h√©r√©sie par plusieurs conciles de l'√Čglise catholique au Ve si√®cle, notamment le concile de Carthage en 418 et le concile d'√Čph√®se en 431.

Penchant. - Inclination ou préférence naturelle pour quelque chose, tendance ou propension à agir d'une certaine manière.

Pens√©e  (substantif participe de Penser, de pensare, d√©riv√© de pensum, supin de pendere = peser, examiner). -  a) Sens large : tous les ph√©nom√®nes de l'esprit. b) Sens strict : les ph√©nom√®nes cognitifs, sp√©cialement ceux qui se rapportent aux op√©rations proprement intellectuelles.

La pens√©e est l'acte propre de l'esprit qui conna√ģt, et, comme acte simple, ne se d√©finit pas. On peut dire que c'est l'acte de concevoir, de former une id√©e, l'appr√©hension de l'objet par l'intelligence; mais ces d√©finitions ne sont pas plus claires que la chose √† d√©finir.

Dans la langue de Descartes, le mot pens√©e s'applique √† tous les faits internes, pens√©e proprement dite, sensation, passion, imagination, volition; il est donc √† peu pr√®s synonyme de conscience et l'on comprend que Descartes fasse de la pens√©e l'essence de l'√Ęme, qu'il d√©finit une substance pensante.

Pens√©e magique. - Forme de pens√©e caract√©ris√©e par des croyances et des pratiques qui √©tablissent des liens causaux entre des √©v√©nements sans qu'il y ait de base logique ou scientifique √©vidente. Elle est habituellement associ√©e √† des conceptions surnaturelles, mystiques ou irrationnelles. 

Pens√©e sauvage. -  Terme par lequel Claude L√©vi-Strauss (La Pens√©e sauvage, 1962) d√©signe la mani√®re dont les soci√©t√©s non occidentales, qu'il appelle soci√©t√©s sans √©criture, structurent et organisent leur pens√©e. Elle repose sur le postulat  universaux culturels et de structures cognitives communes √† toutes les soci√©t√©s humaines.

Pentagone (g√©ometrie). - Le pentagone est un polygone de 5 c√īt√©s. Le pentagone r√©gulier inscrit dans le cercle s'obtient en joignant de deux en deux les sommets du d√©cagone r√©gulier, et celui-ci se construit, comme l'on sait, en partageant le rayon en moyenne et extr√™me raison, la plus grande partie est le c√īt√© du d√©cagone. On obtient le pentagone r√©gulier √©toil√© en joignant de deux en deux les sommets du pentagone ordinaire. 

Per se ( = par soi-même, en soi, en latin). - Expression utilisée pour indiquer qu'une est considérée intrinsèquement, indépendamment d'autres considérations ou de circonstances externes.

Percept (mot formé par analogie avec concept, de perceptum, supin de percipere = saisir dans son ensemble, saisir par les sens de per = tout à fait, capere = prendre) : tandis que perception signe l'acte de percevoir, percept indique le résultat de la perception.

Perception (Perceptio, action de prendre, perception, de perceptum, supin de percipere = saisir dans son ensemble, de per = tout √† fait; capere = prendre). -  a) ce que l'esprit per√ßoit (ex. :  les perceptions sensibles); b) action de saisir les donn√©es de la conscience ou des sens. - La perception, au sens strict, suppose la pr√©sence imm√©diate de l'objet per√ßu.

Percevoir, c'est conna√ģtre : Descartes ram√®ne tous les ph√©nom√®nes de la pens√©e √† la perception, ou op√©ration de l'intelligence, et √† la volition, ou op√©ralion de la volont√©.

On a étendu le sens du mot aux produits mêmes de cette opération : nos perceptions, dit-on, sont claires ou obscures. Puis la perception, comme opération ou faculté cognitive, s'est divisée en perception externe (les sens) et perception interne (la conscience).

On distingue deux sortes de perceptions : les perceptions premières ou naturelles (celles qui nous donnent directement nos cinq sens), et les perceptions acquises (celles qui ne sont pas proprement des perceptions, mais des inférences immédiates, des associations d'idées : les sensibles par accidents).

Ainsi la couleur rouge du fer nous fait songer à sa chaleur et nous croyons, pour ainsi dire, la percevoir. Nous sommes portés à croire que nous percevons directement la distance des objets, alors que nous ne l'apprécions que par des inférences assez compliquées.

La perception doit √™tre distingu√©e de la sensation : sentir, c'est √™tre affect√© ou modifi√© d'une mani√®re agr√©able, d√©sagr√©able ou m√™me indiff√©rente; percevoir, c'est conna√ģtre l'objet qui produit la sensation.

Enfin, concevoir se dit particulièrement de l'acte de la raison on ne dira ni qu'elle sent ni qu'elle perçoit, mais qu'elle conçoit les principes.

Remarquons encore que la clarté de la perception est souvent en raison inverse de la vivacité de la sensation.

Dans la langue de Leibniz, perception signifie modification interne inconsciente de la monade; quand cette modification interne devient consciente, elle prend le nom d'aperception.

Perceptions obscures. - Certains philosophes ont
employ√©  cette expression de Leibniz pour d√©signer ce
que nous appelons plus souvent les faits inconscients. Pour Leibniz, les perceptions obscures ou ¬ę petites perceptions ¬Ľ n'√©taient latentes ou inconscientes que relativement et par le fait de leur peu de vivacit√© ou de leur confusion avec d'autres.

L'obscurité des perceptions n'est que la subconscience ou faible conscience. Ces phénomènes, pour
ainsi dire, cr√©pusculaires, constituent ce qu'on a quelquefois nomm√© le c√īt√© nocturne de l'esprit.

Perceptionnisme (de perception). -  Doctrine de la perception imm√©diate du monde ext√©rieur, par opposition au conceptionnisme, qui indique une perception m√©diate. Cela concerne, toute perspective ou approche philosophique qui accorde une importance particuli√®re √† la perception en tant que processus central dans la construction de la connaissance et de la r√©alit√©. Cette approche consid√®re la perception comme le fondement de la connaissance et de l'exp√©rience. Le perceptionnisme peut √™tre associ√© √† l'id√©e que le monde ext√©rieur existe ind√©pendamment de notre esprit, mais que nous le connaissons gr√Ęce √† nos perceptions. Dans le contexte de l'√©pist√©mologie, le perceptionnisme peut √™tre associ√© aux empiristes (Locke, Berkeley, Hume), qui ont soutenu que la connaissance provient principalement de l'exp√©rience sensorielle, de la perception des ph√©nom√®nes du monde ext√©rieur. Le perceptionnisme peut √©galement √™tre li√© √† l'id√©alisme, en particulier √† la philosophie de  Berkeley, qui  a avanc√© la th√©orie de l'id√©alisme subjectif, affirmant que le monde mat√©riel n'existe que dans la mesure o√Ļ il est per√ßu. Selon lui, "√™tre, c'est √™tre per√ßu" (esse est percipi). La ph√©nom√©nologie, quant √† elle, se concentre sur l'exp√©rience ph√©nom√©nale, c'est-√†-dire sur la mani√®re dont les objets se manifestent dans la conscience, et peut aussi √™tre qualifi√©e de perceptionnisme. En philosophie de l'esprit, certaines th√©ories de la perception mettent l'accent sur la fa√ßon dont notre esprit traite les informations sensorielles pour former une repr√©sentation du monde. Par exemple, la th√©orie de la perception directe soutient que la perception nous donne un acc√®s direct au monde ext√©rieur sans n√©cessiter une interpr√©tation cognitive significative.

Perdurable, Perdurabilit√© (de Per = tout √† fait; durable, de durare = durcir, r√©sister, durer, de durus = dur) : Kant range la perdurabilit√© au nombre des √©l√©ments qui constituent l'id√©e de substance. - Perdurable : ce qui est persistant. 

Perfection (Perfectio, de perfectum, supin de perficere = achever) : état de ce qui est achevé dans son genre, ce qui achève l'être et réalise entièrement sa nature-

¬ę C'est un degr√© √©minent de l'√™tre. ¬Ľ (Leibniz).
La perfection absolue est la possession actuelle de toutes les perfections concevables. L'idée de perfection ou d'être parfait, disaient les cartésiens, est la marque ou le cachet de l'ouvrier sur son oeuvre, de Dieu dans nos esprits.

En morale, la perfection humaine est le développement harmonieux de toutes nos facultés. En métaphysique, perfection est presque toujours synonyme de réalité : tout ce qui est réel possède quelque perfection. Enfin les attributs de Dieu s'appellent aussi ses perfections.

On voit que perfection est souvent synonyme d'absolu et d'infini, mais que souvent aussi ce mot n'est employé que dans un sens relatif.

Performativit√©. - Capacit√© des √©nonc√©s linguistiques non seulement √† d√©crire ou repr√©senter des actions, mais aussi √† accomplir ces actions, contribuant ainsi √† la construction sociale de divers aspects de notre r√©alit√©. Ce concept issu de la philosophie du langage et de la linguistique, popularis√© par John Langshaw Austin (1911-1960) et d√©velopp√© ult√©rieurement par Judith Butler (n√©e en 1956). On doit √† J. L. Austin l'id√©e des √©nonc√©s performatifs, expression servant √† qualifier les √©nonc√©s qui r√©alisent une action en m√™me temps qu'ils sont prononc√©s. Par exemple, dire "Je promets de faire quelque chose" est √† la fois d√©claratif (d√©crire une promesse) et performatif (accomplir la promesse par l'acte de promettre). Judith Butler, quant √† elle, a utilis√© le concept de performativit√© pour comprendre la construction sociale du genre. Le genre, explique-t-elle, n'est pas simplement une r√©alit√© pr√©d√©finie ou biologiquement d√©termin√©e, mais plut√īt une performance sociale et culturelle construite √† travers des r√©p√©titions et des actes performatifs qui cr√©ent et maintiennent les normes de genre.

P√©rim√®tre. - En g√©om√©trie, on donne le nom de p√©rim√®tre, tant√īt √† la ligne qui limite une figure plane ferm√©e, tant√īt √† la longueur de cette ligne. Par exemple, on dit que le p√©rim√®tre d'un polygone convexe est √©gal √† la somme des longueurs de ses c√īt√©s.

Dans la recherche de la valeur du nombre  (Pi), rapport de la circonf√©rence de cercle au diam√®tre, on indique souvent en g√©om√©trie √©l√©mentaire la m√©thode des isop√©rim√®tres et celle des p√©rim√®tres.

Cette derni√®re consiste, en partant d'un polygone r√©gulier de n c√īt√©s, √† calculer le p√©rim√®tre d'un polygone de 2 n c√īt√©s inscrit dans le m√™me cercle. On obtient ainsi des p√©rim√®tres de polygone de 4n, 8n,... 2pn c√īt√©s, s'approchant de plus en plus de la longueur de la circonf√©rence.

Il est juste d'ajouter que ces deux méthodes ont tout au plus un intérêt historique. (C.-A. Laisant).

Périodique (Periodikos, de peri-odos = chemin autour, action d'aller autour) : ce dont la succession est régulière, ce qui revient à des temps déterminés. En mathématiques, une fonction est périodique lorsque elle retrouve la même valeur chaque fois qu'on ajoute à sa variable une valeur fixe, appelée période.

Péripatétisme. - (peripatein = se promener). - Philosophie d'Aristote (Aristotélisme) ou du Lycée. Ce nom vient de ce qu'Aristote donnait ses leçons en se promenant avec ses disciples dans le Lycée, promenade d'Athènes située près d'un temple dédié à Apollon Lycien, c'est-à-dire destructeur de loups.

On ne saurait donner en quelques lignes une exposition du péripatétisme ou philosophie péripatéticienne, mais il est possible de la caractériser en quelques mots. Aristote est à la fois le disciple et l'adversaire de Platon-: comme adversaire, il s'attache à ruiner la théorie des Idées et s'efforce de démontrer qu'elles n'ont aucune existence réelle hors des choses et, que celui qui les admet pour expliquer le monde ressemble à un homme qui, ayant à compter des objets, commencerait par les doubler, afin de les compter plus aisément.

Comme disciple, il continue la dialectique ou science des idées, mais, bien entendu, sous une forme nouvelle, puisqu'il n'admet pas l'existence des idées en soi : elle devient la logiqueou science des concepts et la métaphysique ou science des causes. En logique, il crée de toutes pièces la théorie du syllogisme.

Pour comprendre sa doctrine de la connaissance, il importe de la distinguer du pur empirisme : sans doute l'essence des √™tres consiste non dans l'universel, mais dans l'individuel; sans doute c'est nous qui, du sensible, d√©gageons l'intelligible; mais il faut se souvenir aussi qu'il n'y a de science que du g√©n√©ral et que les concepts ne sont pas de vains mots et de pures abstractions, puisque, sans avoir de r√©alit√© hors des objets, ils constituent pourtant tout ce qu'il y a d'intelligible ou m√™me de r√©el dans les objets. 

En morale et en politique, Aristote peut nous recommander instamment la méthode expérimentale sans être le moins du monde un empirique.

Le p√©ripat√©tisme remplit tout le Moyen √Ęge, toute l'√Čcole, o√Ļ Aristote √©tait par excellence le philosophe : c'est dire qu'il remplit tout ce lexique et qu'il serait oiseux d'exposer √† part la terminologie p√©ripat√©ticienne. On consultera sp√©cialement les articles  : Acte, Ame, Cat√©gorie, Cause, M√©taphysique, Syllogisme, etc.

Permanence. - La permanence du moi se distingue de l'identité personnelle : le moi est identique parce qu'il est le même à deux moments quelconques de son existence; il est permanent parce qu'entre deux moments quelconques il n'a jamais cessé d'être.

L'√Ęme, substance pensante, disait Descartes, pense toujours. C'est la d√©finition de sa permanence.

Stuart Mill appelle les corps des possibilit√©s permanentes de sensations, parce qu'entre deux sensations ou deux perceptions qu'ils font na√ģtre en nous ils demeurent ou sont cens√©s demeurer tels qu'ils √©taient, bien que nous ne les percevions pas.

On nomme principe de la permanence de la force ou de la conservation de l'énergie celui qui porte que la quantité de force ou d'énergie est constante dans le monde et, malgré toutes ses transformations, n'augmente ni ne diminue en quantité.

Permutations. - En math√©matiques, on appelle permutations de n √©l√©ments, le nombre de mani√®res dont on peut ranger ces √©l√©ments, ou si l'on veut le nombre d'ensembles diff√©rents que l'on peut former, en les rangeant successivement dans des ordres diff√©rents. En appelant Pn le nombre de permutations de n objets, on prouve que l'on a : 

Pn  = 1. 2. 3... n.
C(m, n) = A(m,n)/ Pn = (m(m-1)...(m-n+1))/(1.2.3...n). 

Les nombres A(m,n), Pn ,C(m,n) sont assez difficiles à calculer, dès que m et n sont des nombres un peu considérables; on abrège singulièrement ce calcul au moyen d'une formule due à Gudemran.

Personnalisme. - Nom donn√© par le philosophe Charles Renouvier √† la derni√®re forme de sa doctrine, puis utilis√© pour d√©signer les doctrines de plusieurs philosophes centr√©s sur la dignit√© de la personne humaine (Gabriel Marcel, Jacques Maritain, Etienne Gilson, etc.). 

Personnalit√© (Personalitas, de persona = masque, personnage de th√©√Ętre, personne, alt√©ration populaire pros√īpon = face, masque). - Ensemble de traits, de sch√©mas de pens√©e, de comportements et d'√©motions qui caract√©risent de mani√®re distinctive une personne, c'est-√†-dire un individu conscient, raisonnable et libre. La personnalit√© est relativement stable au fil du temps et contribue √† d√©terminer la fa√ßon dont une personne interagit avec le monde, r√©agit aux √©v√©nements, et se comporte dans diff√©rentes situations. 

Personne. -. La personne n'est ni la chose ni l'individu : la chose est insensible et inconsciente; l'individu, par exemple l'animal, est doué de sensibilité et par conséquent, dans une certaine mesure, de conscience; la personne possède la sensibilité, la conscience et le pouvoir de s'emparer de ses facultés pour les diriger vers un but, initiative qui a pour principe la réflexion sur soi-même et qui devient la liberté morale.

Perspectivisme. - Position philosophique qui affirme que la connaissance et la v√©rit√© sont relativement d√©pendantes de la perspective individuelle ou culturelle √† partir de laquelle elles sont appr√©hend√©es. Cette id√©e sugg√®re qu'il n'y a pas de point de vue objectif ou absolu qui puisse saisir la r√©alit√© ind√©pendamment de toute subjectivit√©. Nietzsche, par exemple, a d√©fendu l'id√©e que chaque individu voit le monde √† travers une volont√© de puissance particuli√®re, influenc√©e par son contexte culturel, ses exp√©riences personnelles et ses valeurs. Selon lui, la v√©rit√© n'est pas une entit√© absolue, mais plut√īt une construction influenc√©e par diverses perspectives.

Persuasion. - Art d'influencer les attitudes, les croyances, les opinions ou les comportements d'une personne ou d'un public. (Sophistes, rhétorique).

Pertinence (dans le contexte des sciences de l'information, on utilise aussi parfois l'anglicisme relevance qui un sens identique). - Qualit√© d'√™tre appropri√©, significatif, ou adapt√© √† une situation particuli√®re ou un sujet particulier.  En logique, la pertinence se rapporte √† la relation entre les pr√©misses et les conclusions d'un argument. Un argument est consid√©r√© comme pertinent lorsque les pr√©misses soutiennent logiquement la conclusion. En mati√®re de recherche, la pertinence se rapporte √† la relation entre les r√©sultats d'une recherche et les besoins de l'utilisateur. Des r√©sultats pertinents sont ceux qui correspondent le mieux √† la requ√™te de l'utilisateur.  Dans le contexte √©ducatif, la pertinence se r√©f√®re √† la relation entre le contenu enseign√© et les besoins, int√©r√™ts et comp√©tences des √©l√®ves. Un enseignement pertinent est con√ßu pour √™tre significatif et utile pour les apprenants. Dans la communication, la pertinence concerne la s√©lection d'informations ou de messages qui sont appropri√©s pour le public cible ou le contexte donn√©. Un message pertinent est celui qui r√©pond aux besoins ou aux attentes de l'auditoire. Dans le domaine de la publicit√©, la pertinence se rapporte √† la s√©lection d'annonces et de messages qui sont pertinents pour le public cible afin d'attirer leur attention de mani√®re efficace.

Pessimisme (pessime = très mal). - Le pessimisme est opposé à l'optimisme et consiste à soutenir, soit que tout est mal et même le plus mal possible, soit que la somme des maux l'emporte sur celle des biens.

Schopenhauer établit son pessimisme sur l'analyse de la nature humaine : être c'est agir, agir c'est faire effort; l'effort est toujours pénible; donc toute vie est par sa nature malheureuse. Hartmann établit le bilan des biens et des maux et décide que ceux-ci l'emportent dans la balance.

L'art du premier consiste √† identifier l'activit√© et l'effort : il y a une activit√© spontan√©e qui, loin d'√™tre p√©nible, est toujours agr√©able, car le plaisir, selon Aristote, est le compl√©ment de l'acte. L'artifice du second consiste √† donner a la douleur son caract√®re vraiment humain (par exemple la crainte de la mort et tout le cort√®ge d'id√©es tristes et d√©solantes qu'elle am√®ne ordinairement chez l'humain), et √† ne laisser au contraire aux plaisirs que leur caract√®re animal, ce qui les abaisse et les fait para√ģtre peu de chose : la pes√©e est donc fauss√©e et le raisonnement sophistique.

P√©tition de principe . -  Sophisme qui consiste √† supposer prouv√© ce qui est en question ou √† d√©finir un objet par le mot qui a besoin d'√™tre d√©fini. Par exemple-

¬ę Pourquoi l'opium fait-il dormir? - Parce qu'il a une vertu dormitive. ¬Ľ 
Ou cet autre pris également dans Molière
¬ę Je touche au but du premier coup, et ,je vous apprends que votre fille est muette. - Oui; mais je voudrais bien que vous puissiez me dire d'o√Ļ cela vient. Il n'est rien de plus ais√© ; cela vient de ce qu'elle a perdu la parole. - Fort bien; mais la cause, s'il vous pla√ģt, qui fait qu'elle a perdu la parole? - Tous nos meilleurs auteurs vous diront que c'est l'emp√™chement de l'action de sa langue. ¬Ľ 
Le remède à ce sophisme est la définition claire et précise de tous les termes. (H.-D.).

Peur. - Emotion cons√©cutive √† la la prise de conscience d'une menace r√©elle ou imaginaire. √Čpicure consid√©rait la peur comme l'un des principaux obstacles au bonheur. Platon (Ph√©don) liait la peur de la mort √† la crainte de l'inconnu, la pratique de la sagesse permettant de vaincre cette peur. Spinoza soutenait que la connaissance des causes de la peur (et les autres √©motions) pouvait nous aider la ma√ģtrise et √† augmenter notre puissance d'agir.

Ph√©nom√©nalisme (de Ph√©nom√©nal). - Doctrine affirmant que nous ne pouvons conna√ģtre que les ph√©nom√®nes, sans nier l'existence des choses en soi qui sont inconnaissables (ex. : Kant, Comte, Spencer).

Ph√©nom√®ne (Phainomenon, de phainomai = briller, se montrer, para√ģtre. Racine pha = briller. Cf. ph√īs = lumi√®re) : Manifestation.

a) Ce qui appara√ģt √† la conscience. Oppos√© √† : 
1¬į) substance et √† cause;

2¬į) √™tre.

b) Pour Kant : tout ce qui est ¬ę objet d'exp√©rience possible ¬Ľ, c'est-√†-dire tout ce qui appara√ģt dans le temps ou l'espace. - S'oppose √† noum√®ne.
Si l'on consid√®re que le ph√©nom√®ne c'est ce qui appara√ģt par opposition √† ce qui est, il y deux sortes de ph√©nom√®nes : les ph√©nom√®nes internes, qui se manifestent √† la conscience, et les ph√©nom√®nes externes, qui sont connus par les sens.

Depuis Kant, le ph√©nom√®ne s'oppose au noum√®ne : ce dernier mot d√©signe l'existence en soi, existence qui ne pourrait en aucun cas se r√©v√©ler qu'en se manifestant, c'est-√†-dire en devenant ph√©nom√©nale; d'o√Ļ Kant conclut que toute connaissance du noum√®ne ou de l'en soi est impossible.

Ph√©nom√©nisme. - Th√©orie qui n'admet que des ph√©nom√®nes qui nie la r√©alit√© objective de toute substance et de toute cause (ex. : le ph√©nom√©nisme de Hume, Hamilton, Stuart Mill, Spencer, Bain, Lewes). Hume, qui r√©duit l'√Ęme √† une collection de sensations et le monde √† un syst√®me d'apparences, est un ph√©nom√©niste. Son ph√©nom√©nisme psychologique est, au fond, id√©aliste. Voici comment Pillon caract√©rise le ph√©nom√©nisme de l'√©cole n√©o-critique : 

¬ę Quelque chose manque chez Hume : l'id√©e de loi. Quelque chose est de trop chez Kant : l'id√©e de substance conserv√©e sous le nom de noum√®ne [...] Il fallait unir au ph√©nom√©nisme de Hume l'apriorisme de Kant. Il fallait comprendre que la vraie substance, le vrai noum√®ne, c'est la loi; et qu'il n'y en a pas d'autre intelligible. ¬Ľ
C'est l'oeuvre de Renouvier, qui s'est attaché en outre à rendre compatible ce phénoménisme avec les croyances morales.

Phénoménologie. - Ecole philosophique qui s'est développée au XXe siècle, principalement en Europe, et qui se caractérise par une méthode d'investigation de la conscience et de l'expérience subjective.

Philanthropie. - Amour de l'humanité et volonté de promouvoir le bien-être des autres. Les philanthropes (= personnes impliquées dans la philanthropie) cherchent à contribuer positivement à la société en soutenant des causes sociales, éducatives, environnementales, médicales, ou d'autres initiatives visant à améliorer la condition humaine.

Philosoph√®me. - a) Figure de style philosophique. - b) Concept philosophique fondamental; - c)  Id√©e concise ou aphorisme philosophique. - Bachelard disait : philosophade.

Philosophia perennis ( =  philosophie perp√©tuelle ou philosophie √©ternelle). - Notion philosophique qui sugg√®re l'existence d'une sagesse universelle, √©ternelle et intemporelle qui sous-tend toutes les traditions philosophiques et religieuses de l'humanit√©. Cette id√©e a √©t√© d√©velopp√©e notamment par les philosophes m√©di√©vaux tels que Thomas d'Aquin, qui ont cherch√© √† identifier les points communs entre les diff√©rentes traditions philosophiques et religieuses du monde. La philosophia perennis a √©galement √©t√© d√©velopp√©e par des philosophes modernes tels que Aldous Huxley, qui ont cherch√© √† √©lucider les implications de cette id√©e pour la compr√©hension de la nature de la r√©alit√© et de l'existence humaine.

Philosophie (Philosophia, de philos = ami; sophia = habilet√© manuelle, science, sagesse, de sophos = habile, initi√© √† la sagesse. Racine soph = avoir de la saveur. Sapere, sapiens).

a) sens strict : science des premiers principes et des premi√®res causes; 

b) sens large : connaissance raisonn√©e du monde, des valeurs, du pouvoir de la pens√©e. 

La philosophie est, selon Aristote, la science des principes ou encore la recherche des causes ou des raisons des choses. C'est Pythagore, dit-on, qui s'appela le premier un ami de la sagesse ou de la science : auparavant le philosophe était le sage et la philosophie comprenait toutes les sciences.

La philosophie se distingue de la science, ou système de vérités portant sur un même objet et reliées ensemble par une méthode, par son caractère de généralité ou d'universalité bien indiqué par le mot principes.

Chaque science a d'ailleurs sa philosophie : par philosophie d'une science, ou entend l'étude de ce qu'il y a de plus général dans son objet.

Il faut reconna√ģtre d'ailleurs que l'acception moderne du mot philosophie est un peu vague : la philosophie comprend la psychologie, la logique, la morale, l'esth√©tique, la m√©taphysique, c'est-√†-dire des sciences concr√®tes et des sciences abstraites, des recherches exp√©rimentales et des sp√©culations transcendantes.

Philosophie premi√®re d√©signait, pour Aristote (appel√© au moyen √Ęge le Philosophe) la m√©taphysique g√©n√©rale ou l'ontologie. Quand on dit que la philosophie √©tait au Moyen √Ęge la servante de la th√©ologie, on entend par l√† que la raison √©tait subordonn√©e √† la r√©v√©lation.

Auguste Comte et l'école positiviste ont soutennu que la philosophie ne peut être désormais que la synthèse des sciences ou l'unification du savoir humain.

Philosophes. - Nom donné en France au XVIIIe siècles aux penseurs et écrivains qui s'inscrivaient dans le mouvement des Lumières.

Phonation. - Manière dont les cordes vocales vibrent pendant la production d'un son vocal. Il existe plusieurs types de phonation, qui sont déterminés par la manière dont l'air est dirigé à travers les cordes vocales et comment elles se ferment ou s'ouvrent pour permettre le passage de l'air. Principaux types de phonation :

‚ÄĘ Phonation modale. - C'est le type de phonation le plus courant. Les cordes vocales se ferment compl√®tement et vibrent r√©guli√®rement lors de la production de sons vocaux.

‚ÄĘ Phonation glottale (ou craqu√©e). - Les cordes vocales se ferment de mani√®re l√Ęche, produisant un son rugueux et cr√©pitant. Ce type de phonation est souvent associ√© √† un registre vocal plus bas et peut √™tre utilis√© √† des fins expressives ou stylistiques.

‚ÄĘ Phonation sifflante (ou siffl√©e). -  Les cordes vocales sont tr√®s rapproch√©es, laissant passer seulement un petit jet d'air. Cela produit un son sifflant ou chuintant.  Ce type de phonation est souvent utilis√© dans certaines langues pour distinguer des sons particuliers, comme les fricatives sifflantes.

‚ÄĘ Phonation murmur√©e. - Les cordes vocales sont rapproch√©es mais ne vibrent pas. Cela produit un son murmur√© ou chuchot√©. Ce type de phonation est utilis√© dans certaines langues pour distinguer des sons murmur√©s de leurs √©quivalents vois√©s.

‚ÄĘ Phonation √©teinte (ou sourde). - Les cordes vocales ne vibrent pas du tout.  Ce type de phonation est utilis√© dans certaines langues pour produire des consonnes non vois√©es.

Phon√©tique (Phoin√®tikos = qui concerne le son ou la parole, de ph√īne√ī = √©mettre un son de voix, de ph√īn√® = son, voix, de ph√®mi = parler) : a) ce qui se rapporte au son, √† la voix; b) branche de la linguistique qui √©tudie les sons de la parole (phones) de mani√®re concr√®te et physique. On distingue, dans la phon√©tique prise dans ce sens : 1) La phon√©tique articulatoire, qui √©tudie la mani√®re dont les sons sont produits par les organes de la parole (comme les l√®vres, la langue, le palais, etc.). Par exemple, la description de la production du son [p] implique la fermeture des l√®vres et une explosion d'air quand elles se s√©parent. - 2) La phon√©tique acoustique, qui est l'analyse les propri√©t√©s physiques des sons de la parole (ondes sonores) telles que la fr√©quence, l'amplitude et le spectre. Par exemple, un spectrogramme peut montrer les formants d'une voyelle pour analyser ses caract√©ristiques acoustiques. - 3) La phon√©tique auditive, qui √©tudie la perception des sons par l'oreille et le cerveau humain. Par exemple, la mani√®re dont l'oreille humaine distingue entre les sons [b] et [p] en fonction de la dur√©e de la voix.

Phonologie. - Branche de la linguistique qui √©tudie les syst√®mes de sons abstraits (phon√®mes et leurs allophones) et les r√®gles qui r√©gissent leur organisation et leur fonction dans une langue donn√©e. Elle se concentre sur les aspects cognitifs et linguistiques des sons de la parole. Les phon√®mes sont les unit√©s sonores abstraites qui peuvent changer le sens des mots. Par exemple,  en fran√ßais, /b/ et /p/ sont des phon√®mes distincts car "boue" /bu/ et "poue" /pu/ ont des significations diff√©rentes. Les allophone sons les variantes concr√®tes des phon√®mes qui n'entra√ģnent pas de changement de sens. Par exemple, le phon√®me /n/ peut √™tre r√©alis√© comme [n] ou [Ňč] en fonction de son contexte phon√©tique sans changer le sens du mot.        Les r√®gles qui d√©crivent comment les phon√®mes peuvent se modifier dans diff√©rents contextes. Exemple, la r√®gle de nasalisation : une voyelle pr√©c√©dant une consonne nasale (/m/, /n/) devient nasalis√©e, comme dans "bon" [b…ĒŐÉ].

Phrase (Phrasis = √©locution, discours, phrase, de  phraz√ī = faire comprendre) : proposition ou ensemble de propositions formant un sens complet.

Phylogen√®se, Phylog√©nie (Phylon = tribu, phylum, de phy√ī = pousser; genesis = origine : genos= naissance) : indique l'√©volution des esp√®ces et le lien qui les rattache les unes aux autres. - S'oppose √† Ontogen√®se, Ontog√©nie.

Physicalisme. - 1) Point de vue selon lequel les sciences humaines devraient user de la m√™me m√©thodologie que les sciences physiques et s'exprimer dans les m√™mes termes. - 2)  Position philosophique qui affirme que tout ce qui existe, y compris les ph√©nom√®nes mentaux et les entit√©s abstraites, est fondamentalement bas√© sur des r√©alit√©s physiques : ils peuvent √™tre expliqu√©s en termes de lois, de propri√©t√©s et d'entit√©s de la physique fondamentale. Cela fait associer le physicalisme au monisme physique, selon lequel il n'y a qu'un seul type de substance fondamentale dans le monde, la substance physique. Le physicalisme propose des th√©ories d'identit√© psychophysique, pour lesquelles chaque √©tat mental est identique √† un √©tat physique sp√©cifique (la douleur, par exemple, peut √™tre identifi√©e avec une certaine activit√© neuronale. Certains courants du physicalisme extr√™me, appel√©s √©liminativistes, affirment que les concepts et les ph√©nom√®nes qui semblent appartenir √† des domaines non physiques, comme les √©tats mentaux, sont en r√©alit√© des illusions ou des erreurs et ne peuvent pas √™tre r√©duits √† des entit√©s physiques. Les adversaires du physicalisme remettent en question son r√©ductionnisme strict en expliquant que certaines propri√©t√©s √©mergentes ne peuvent pas √™tre compl√®tement r√©duites √† des propri√©t√©s physiques √©l√©mentaires.

Physiocratique (Ecole) (Physis = production, nature; de phy√ī = pousser; kratos = force) . - Mouvement √©conomique et philosophique qui a √©merg√© au XVIIIe si√®cle en France ( Les physiocrates ont d√©velopp√© des id√©es √©conomiques novatrices, mettant l'accent sur la primaut√© de l'agriculture (ex. : Quesnay, estimant  que le sol est l'unique producteur de la richesse, ne voulaient imposer que la propri√©t√© fonci√®re). Sur le plan politique, les physiocrates √©taient favorables √† un lib√©ralisme √©conomique. Ils pr√īnaient la suppression des entraves au commerce, soutenaient le laisser-faire et le laissez-passer et critiquaient les r√©glementations excessives qui, selon eux, entravaient la libre circulation des biens et services. Leurs id√©es ont exerc√© une influence importante sur certains penseurs de la R√©volution fran√ßaise

Physiologie (physiologia, de physis = nature; logos discours). - Etude des propriétés de la matière vivante, ou si l'on préfère des organismes vivants. Elle se préoccupe de la manière dont fonctionnent ces organismes, par opposition à l'anatomie, qui en étudie seulement les différents organes constitutifs.

Physique (physis = nature). - Outre son sens de science de la mati√®re inorganique ou d'√©tude des lois de la nature, ce mot s'emploie en philosophie, tant√īt en corr√©lation avec le mot m√©taphysique (physiquement, m√©taphysiquement), tant√īt en corr√©lation avec le mot morale (physiquement, moralement); c'est alors le contexte qui d√©termine exactement le sens.

Physiques (sciences). - Science de la nature : physique, chimie, astronomie, géologie, géographie physique, etc.

Physis (ŌÜŌćŌÉőĻŌā = nature, en grec ancien). - Ce concept associ√© √† la recherche de l'essence fondamentale et des principes inh√©rents √† la r√©alit√© naturelle a √©t√© entendu de diverses mani√®res. Il √©tait central dans la philosophie pr√©socratique (Thal√®s, Anaximandre et H√©raclite, en particulier). Pour ces philosophes, la physis √©tait la r√©alit√© fondamentale, l'essence ou la substance qui constitue l'univers. Aristote a distingu√© la physis de la nomos. La premi√®re fait r√©f√©rence √† la nature ou √† l'essence intrins√®que des choses, tandis que la seconde concerne les conventions sociales et les lois humaines. 

Pi (nombre). - Le nombre ŌÄ (pi) est une constante math√©matique qui repr√©sente le rapport entre la circonf√©rence d'un cercle et son diam√®tre. 
Sa valeur est approximativement égale à :

ŌÄ = 3,14159265358979323846264338327950...

C'est un nombre irrationnel (il a une expansion d√©cimale infinie et non p√©riodique, ce qui en fait un nombre qui ne peut pas √™tre exprim√© de mani√®re exacte en tant que fraction). Des milliards de d√©cimales de ŌÄ ont √©t√© calcul√©es par ordinateur. Cependant, pour la plupart des applications pratiques, quelques d√©cimales de ŌÄ suffisent. Pi appara√ģt dans de nombreuses formules math√©matiques, par exemple, pour calculer l'aire d'un cercle (A = ŌÄr¬≤), la circonf√©rence d'un cercle (C = 2ŌÄr), et dans les identit√©s trigonom√©triques, entre autres.

Pitié (Pietatem = sentiment du devoir, tendresse; devenu peité, pitié). - Sentiment de compassion, de sympathie ou de douleur ressenti envers autrui, généralement en raison de sa détresse, de sa souffrance ou de ses malheurs. Elle implique souvent un désir d'aider ou de soulager la souffrance de l'autre. La perception et l'expression de la pitié peuvent varier selon les cultures et les normes sociales. Dans certaines cultures, la pitié peut être valorisée et considérée comme une vertu, tandis que dans d'autres, elle peut être vue comme une faiblesse. La pitié peut parfois soulever des dilemmes émotionnels, notamment lorsqu'elle est en conflit avec d'autres émotions ou obligations, comme la justice, l'équité ou la responsabilité.

Ecole de Pittsburgh. - Mouvement philosophique am√©ricain qui a √©merg√© dans les ann√©es 1950 et 1960, principalement √† l'Universit√© de Pittsburgh (Pennsylvanie) et √† l'Universit√© d'√Čtat de l'Ohio. Le groupe, influenc√© par les travaux de Ludwig Wittgenstein, Wilfrid Sellars et Willard Van Orman Quine,  ainsi que par la philosophie ph√©nom√©nologique et existentialiste, √©tait compos√© de philosophes tels que Wilfrid Sellars, Richard Rorty, John McDowell, Robert Brandom, Allan Gibbard, et Paul Churchland, entre autres. Ceux-ci ont d√©velopp√© une approche pragmatique et linguistique de la philosophie, souignant l'importance de la signification linguistique dans l'analyse philosophique. Ils ont notamment propos√© la th√©orie de l'identit√© de l'esprit et du cerveau et la th√©orie de la perception directe.

Plaisir  (infinitif, pris substantivement, du verbe ancien plaisir, de placere = plaire). - Sentiment et plus souvent sensation ou √©motion agr√©able; Aristote le d√©finit comme le compl√©ment de l'acte, parce qu'il r√©sulte de l'activit√©, l'ach√®ve et la compl√®te.

Morale du plaisir : morale qui pose le plaisir comme le seul mobile de nos actions (Hédonisme).

Plan (g√©om√©trie). - Le plan est la plus simple des surfaces; on le d√©finit une surface telle que si l'on  joint deux de ses points par une droite, cette droite est enti√®rement contenue dans la surface. Cette d√©finition suppose l'existence de la surface en question, ce qui ne para√ģt pas possible d'√™tre d√©montr√©.

On appelle g√©om√©trie plane ou √† deux dimensions, l'√©tude des figures que l'on peut concevoir dus un plan. On appelle plan gauche le parabolo√Įde hyperbolique. On appelle plan d'un objet (machine, b√Ętiment, etc.) la projection de cet objet sur un plan horizontal, c.-√†-d. perpendiculaire √† la direction du fil √† plomb. ( H. L.).

Planétologie. - Branche de l'astronomie consacrée à l'étude des planètes.

Platonisme. -  Syst√®me de Platon. √Čcole de l'Acad√©mie. Le platonisme, quand on fait abstraction
des théories morales et sociales de son fondateur, théories qui sont des applications particulières de la dialectique platonicienne, peut se résumer dans la doctrine des Idées ou la théorie de la connaissance.

Le monde intelligible explique le monde sensible : l'id√©e est √† la fois principe de connaissance, puisque nous ne connaissons rien que par elle et qu'en dehors d'elle il n'y a qu'opinion et non science v√©ritable; et principe d'existence, puisque les √™tres sensibles n'ont de r√©alit√© que par leur participation aux id√©es. Les id√©es sont des r√©alit√©s v√©ritables que la dialectique range dans leur ordre hi√©rarchique (pla√ßant au sommet l'Id√©e du Bien qui les √©claire toutes), et non de simples conceptions g√©n√©rales de notre esprit ou des pens√©es de l'entendement divin. 

Plausible. - Terme qui sert √† qualifier une id√©e, une th√©orie ou un argument qui semble cr√©dible, raisonnable ou vraisemblable, mais qui ne repose pas n√©cessairement sur une preuve concluante. Une proposition est plausible dans la mesure o√Ļ elle semble concorder avec nos exp√©riences, nos croyances pr√©existantes ou nos intuitions. Le caract√®re plausible d'une affirmation peut varier en fonction du contexte, de la perspective philosophique et des normes √©pist√©mologiques en vigueur. Ce qui semble plausible pour une personne ou dans un cadre philosophique peut ne pas l'√™tre pour une autre, en fonction de ses pr√©suppositions, de ses convictions ou de ses crit√®res de justification. Les termes plausible, probable et possible  expriment diff√©rents degr√©s de certitude ou de faisabilit√© en relation avec des √©v√©nements, des propositions ou des sc√©narios. Une chose est possible si rien ne s'oppose √† sa r√©alisation; elle est plausible si sa r√©alisation est raisonnable compte tenu des √©l√©ments dont on dispose et elle est probable si elle a une forte chance de se produire.

Ploutocratie (ploutokratia = domination des riches, de ploutos = richesse. Racine ple = être plein ; kratos = vigueur, domination. Racine : krat= être fort ) :état sociial dans lequel les gens les plus riches exercent d'une façon indirecte mais effective, le pouvoir politique.

Pluralisme (de Plural). - Le pluralisme ontologique affirme l'existence de multiples r√©alit√©s ou substances fondamentales plut√īt que d'une seule r√©alit√© ultime. - En philosophie, le pluralisme peut faire r√©f√©rence √† l'id√©e que diff√©rentes perspectives, m√©thodes, doctrines ou syst√®mes de croyances peuvent √™tre valables et coexister sans n√©cessairement s'exclure mutuellement. Par exemple, le pluralisme √©thique soutient qu'il existe plusieurs bases morales l√©gitimes. Le pluralisme est une doctrine adopt√©e ou un th√®me abord√© par de nombreux penseurs. Citons, dans des perspectives vari√©es : William James (1842-1910),  Isaiah Berlin (1909-1997), John Rawls (1921-2002) , Alasdair MacIntyre (n√© en 1929) ,  Charles Taylor (n√© en 1931),  John Hick (1922-2012) , Alain Badiou (n√© en 1937) ,  Martha Nussbaum (n√©e en 1947). - S'oppose au Monisme et se distingue le plus souvent du Dualisme

Pluralit√©. - Terme qui se se r√©f√®re √† la pr√©sence ou √† l'existence de plusieurs √©l√©ments distincts ou diff√©rentes formes dans un ensemble. Cela peut concerner des objets, des id√©es, des cultures, des groupes sociaux, ou des points de vue. Reconna√ģtre la pluralit√© implique reconna√ģtre la diversit√© et l'h√©t√©rog√©n√©it√© qui caract√©risent notre monde.

Plus et Moins (math√©matiques). - L'usage des expressions plus et moins et des signes + et - qui leur correspondent est si g√©n√©ral en alg√®bre que nous n'imaginons pas comment on a pu jamais faire des math√©matiques sans le secours de cette notation. Il est cependant incontestable que cette fa√ßon de repr√©senter l'addition et la soustraction est relativement moderne. Cantor l'a √©tabli dans ses remarquables Le√ßons sur l'histoire des math√©matiques, o√Ļ il rapporte les travaux de Le Paige et Zangemeister sur cette question d'histoire.  (L'origine des symboles de l'alg√®bre)

√Ä ce sujet, et pr√©cis√©ment √† l'instigation de Cantor, une note fort int√©ressante a √©t√© publi√©e par G. Enestr√∂m dans l'Interm√©diaire des math√©maticiens (1894, p. 119). Il en r√©sulte que l'usage des signes + et - n'est pas ant√©rieur au XVe si√®cle (Les math√©matiques √† la Renaissance), tandis que celui des mots plus et moins remonte au moins √† L√©onard de Pise (commencement du XIIIe si√®cle). Il semble, et Enestr√∂m est de cet avis, que les signes + et - sont de simples abr√©viations des mots plus et moins ou peut-√™tre des lettres p et m d√©form√©es. Le premier ouvrage o√Ļ on les ait rencontr√©s, autant que nous le sachions, est la Behende und h√ľbsche Rechnung de Widmann (1489). Estienne de La Roche, dans son Arism√©tique (Lyon, 1520, 1538) note plus et moins, respectivement, de la fa√ßon suivante : p, m. L'introduction des signes a √©t√© op√©r√©e d'abord en Allemagne, et elle para√ģt n'avoir √©t√© adopt√©e que plus tard par les Fran√ßais et les Italiens, apr√®s les publications de Stifel. (C. A. L.).

Pneuma, mot grec qui veut dire souffle, et par extension esprit. Il d√©signe, dans la cosmologie des Gnostiques, le germe vital intellectuel dans le monde, provenant du Dieu supr√™me, √©ternel et bon, par opposition √† la Psych√®, germe vital physique, oeuvre du D√©miurge, et √† l'Hyl√®, qui est la mati√®re, si√®ge du mal. Selon les Gnostiques, les pa√Įens √©taient sous la domination de l'Hyl√®, et les Juifs sous celle du D√©miurge; les chr√©tiens seuls avaient le souffle divin, ils √©taient pneumatiques...

La notion de pneuma a également été à la base d'une doctrine médicale de l'Antiquité (La médecine antique), celle de l'Ecole pneumatique.

Pneumatisme, Ecole pneumatique. - Doctrine médicale de l'Antiquité (La médecine antique). Contemporaine, de l'Ecole Méthodique, celle des Pneumatistes, attribuait la cause de la vie et, par suite, des maladies, à l'action du pneuma, ou esprit aérien, qui circulait dans les artères et qui modifiait les solides et les liquides. Ils se rattachaient par conséquent aux Dogmatiques, qui avaient la prétention de rechercher les causes occultes et la nature même des phénomènes vitaux. Le Pneumatisme reconnaissait pour fondateur Athénée de Cilicie. Galien reproche à cette secte de s'être complu dans de vaines subtilités; cependant Sprengel dit qu'elle a rendu de grands services à la pathotogie en découvrant plusieurs maladies nouvelles.

Pneumatologie, c.-à-d. science des esprits, nom donné :

1¬į √† la partie de la m√©taphysique qui traite de l'√Ęme humaine et de Dieu, et qui, √† raison de ce double objet, se divise en psychologie et Th√©ologie naturelle; on y traite aussi quelquefois des Anges et de l'√Ęme des b√™tes;

2¬į √† la science des Esprits ou des G√©nies, √™tres imaginaires qui, dans certaines religions, forment la liaison entre l'humain et la divinit√©.

Point (Punctum = piq√Ľre, point, de punctum, supin de pungere = poindre, piquer). -  Selon les vieux manuels de g√©om√©trie, un point est ce qui s√©pare deux portions d'une m√™me ligne, de la m√™me fa√ßon qu'une ligne est ce qui s√©pare deux portions d'une m√™me surface, et une surface ce qui s√©pare un corps de l'espace environnant. On n'a pas l√† une v√©ritable d√©finition de ce qu'est un point. Pas plus que lorsqu'on dit que le point est l'√©l√©ment fondamental de l'espace.

Ces circonlocutions sont plut√īt un aveu de l'impuissance dans laquelle nous nous trouvons de d√©finir une chose dont nous avons une conception trop claire pour pouvoir √™tre √©claircie par une d√©finition. Peut-√™tre pourrait-on dire sans, donc, d√©finir √† proprement parler le point, que c'est un espace √† l'int√©rieur duquel on ne peut plus concevoir d'autre espace.

Polarit√©. - Pr√©sence de deux composantes oppos√©es ou de p√īles contrast√©es dans un concept, une id√©e ou une r√©alit√©. Cette notion sert √† d√©crire des relations dialectiques ou des oppositions fondamentales.  Hegel pensait que les contradictions et les oppositions internes √©taient des moteurs du d√©veloppement historique et philosophique. La r√©solution des polarit√©s menait √† un niveau sup√©rieur d'unit√© et de compr√©hension. Dans la philosophie tao√Įste, la polarit√© est souvent symbolis√©e par le concept de Yin et Yang. Ces deux forces oppos√©es et compl√©mentaires repr√©sentent le dualisme inh√©rent √† l'existence et l'id√©e que l'harmonie r√©sulte de l'√©quilibre entre ces polarit√©s. Dans l'existentialisme, la notion de polarit√© appara√ģt dans les oppositions existentielles, tensions fondamentales qui contribuent √† la condition humaine :  la libert√© et la responsabilit√©, la vie et la mort, l'angoisse et l'authenticit√©. Dans la ph√©nom√©nologie, la polarit√© s'exprime dans la relation entre le sujet et l'objet, le transcendantal et l'immanent, ou l'intentionnalit√© et la r√©ceptivit√©. En √©thique, la polarit√© r√©side dans le contraste du bien et du mal, de la vertu et du vice, etc. Au niveau ontologique, ont la rencontre dans les oppositions telles que l'√™tre et le n√©ant, l'un et le multiple, ou le fini et l'infini. La polarit√© politique correspond aux divergences id√©ologiques et aux oppositions telles que celle de la gauche et de la droite

Politesse (de l'italien politezza). - Ensemble d'√©gards qu'on doit avoir les uns pour les autres en soci√©t√©. 

Politique (Politicus, qui concerne les citoyens, de cité. Racine : ple = remplir, è[technè] politikè = la Politique).- Art et pratique des rapports entre gouvernants et gouvernés. - La philosophie politique et sociale contemporaine s'intéresse à des questions liées à la justice, aux droits humains, à la démocratie, au pouvoir, à l'égalité, à la mondialisation, au féminisme, à la diversité culturelle, aux mouvements sociaux et aux institutions politiques.

Politique (philosophie) . - Branche de la philosophie qui √©tudie des questions li√©es au pouvoir, √† l'autorit√©, √† la justice, √† la libert√©, √† l'√©galit√©, √† la l√©gitimit√© du gouvernement et √† d'autres concepts politiques fondamentaux. Les philosophes politiques abordent ces questions dans le but de comprendre et de critiquer les structures politiques, de formuler des principes √©thiques pour guider l'action politique, et de r√©fl√©chir sur la nature du pouvoir et de la soci√©t√©. Parmi les th√®mes de la philosophie politique : la justice, l'√Čtat et l'autorit√©, les droits individuels, la libert√© et l'√©galit√©, la d√©mocratie, etc.

Polyèdre. - Solide fermé limité par des polygones plans.

Polygone. - Figure plane ferm√©e dont les c√īt√©s sont des segments de droite.  Ces c√īt√©s se rencontrent tous en des points appel√©s sommets. Un polygone est d√©fini par le nombre de c√īt√©s et les angles form√©s par ces c√īt√©s. Citons parmi les polygones : le triangle (polygone √† trois c√īt√©s); le quadrilat√®re (polygone √† quatre c√īt√©s); le pentagone (polygone √† cinq c√īt√©s); l'hexagone (polygone √† six c√īt√©s); l'heptagone (polygone √† sept c√īt√©s); l'octogone (polygone √† huit c√īt√©s); l'enn√©agone (polygone √† neuf c√īt√©s); le d√©cagone (polygone √† dix c√īt√©s). Les polygones peuvent √™tre r√©guliers (tous les c√īt√©s et tous les angles sont √©gaux) ou irr√©guliers ( c√īt√©s et angles de longueurs et de mesures diff√©rentes).

Polyn√īme. - Expression math√©matique constitu√©e de termes combin√©s par des op√©rations d'addition et de multiplication. 

Porisme. - Ancien terme de mathématiques désignant une proposition ou une corollaire dérivé d'un théorème . Il s'agit souvent d'une proposition auxiliaire ou d'une généralisation d'un résultat mathématique. Historiquement, le terme porisme a été utilisé par certains mathématiciens, tels que Pappus d'Alexandrie, pour désigner un énoncé ou une proposition géométrique.

Polyvalente (logique) =  logique multivalente. - Domaine de la logique qui √©tend la logique binaire classique (qui utilise les valeurs de v√©rit√© vrai ou faux) pour inclure davantage de valeurs de v√©rit√©. Dans la logique polyvalente, les propositions peuvent √™tre vraies, fausses, ou ind√©termin√©es. Certains syst√®mes de logique polyvalente incluent √©galement des valeurs comme ind√©fini, probable, partiellement vrai etc. Les raisonnements dans la logique polyvalente peuvent donc prendre en compte une plus grande vari√©t√© de nuances et de complexit√©s que la logique binaire classique. Ces syst√®mes peuvent aisni √™tre utilis√©s dans des domaines o√Ļ l'incertitude ou la gradation de la v√©rit√© sont des consid√©rations importantes.

Pons asinorum = Pont aux √Ęnes. - Expression utilis√©e pour d√©signer un obstacle intellectuel ou une √©tape difficile dans l'apprentissage. L'expression a une origine g√©om√©trique, mais elle est √©galement utilis√©e m√©taphoriquement dans un contexte plus large. - Le terme a d'abord √©t√© utilis√© √† la Renaissance, pour d√©signer la cinqui√®me proposition du premi√®re livre des √Čl√©ments d'Euclide, qui concerne les triangles isoc√®les. La difficult√© de d√©montrer cette proposition √©tait souvent consid√©r√©e comme un test intellectuel pour les √©tudiants en math√©matiques, d'o√Ļ le terme de pont aux √Ęnes. Au fil du temps, l'expression a √©t√© utilis√©e de mani√®re pour d√©signer tout concept, principe ou probl√®me qui repr√©sente un d√©fi intellectuel susceptible d'arr√™ter la progression dans un apprentissage quelconque.

Positif (Positivus = pos√©, √©tabli, de positum = ponere = poser) . 

En philosophie :

a) Ce terme est Opposé :
1¬į) √† N√©gatif : l'infini est positif en ce qu'il exprime. 

2¬į) √† Naturel : loi positive. 

3¬į) √† M√©taphysique. sciences positives, que A. Comte oppose aux sciences m√©taphysiques.

b) Ce terme signifie encore : ce qui repose sur quelque chose d'assuré; ex. : un fait positif.
En math√©matiques,  ce mot s'emploie constamment,  par opposition √† n√©gatif; en alg√®bre, par exemple, une expression pr√©c√©d√©e du signe + est dite positive, et n√©gative quand elle est pr√©c√©d√©e du signe -. En g√©om√©trie, lorsqu'on examine des segments sur une droite ind√©finie, il est indispensable de se donner sur cette droite le sens des directions positives, et tous les segments qui ont ce sens sont positifs. En trigonom√©trie et en g√©om√©trie analytique, les angles sont positifs ou n√©gatifs, suivant le sens dans lequel ils sont d√©crits. Les aires planes sont aussi positives ou n√©gatives, d'apr√®s le sens de circulation parcouru sur le p√©rim√®tre des figures correspondantes. Il est m√™me utile et, pour ainsi dire, indispensable d'affecter d'un signe les volumes; ainsi, le volume DABC d'un t√©tra√®dre √©tant positif par convention, le volume du t√©tra√®dre DACB sera n√©gatif. La notion des √©l√©ments positifs ou n√©gatifs s'impose de m√™me en m√©canique pour les vitesses, les travaux, les moments, etc., et l'on peut dire que depuis le nombre arithm√©tique jusqu'aux conceptions les plus compliqu√©es, il y a l√† une notion math√©matique qui s'impose imp√©rativement dans la science des grandeurs abstraites ou concr√®tes. (C.-A. Laisant).

Position. - Lieu o√Ļ est plac√© un objet. En math√©matiques, la position d'un point est d√©finie par ses coordonn√©es. - Dans la philosophie d'Aristote, la cat√©gorie de la position concerne l'√©tat d'√™tre situ√© ou orient√© d'une mani√®re particuli√®re. La position, selon lui, est une propri√©t√© inh√©rente aux substances individuelles. La sous-cat√©gorie associ√©e √† la cat√©gorie de la position est √©tat d'√™tre situ√© et se r√©f√®re √† la position ou √† l'orientation sp√©cifique d'un objet dans l'espace. Par exemple, si nous disons "La chaise est √† droite de la table", la position (√©tat d'√™tre situ√©) concerne la mani√®re dont la chaise est orient√©e par rapport √† la table.

Positivisme. - Philosophie d'Auguste Comte. D'après la philosophie positive, toute recherche des causes est stérile : la science doit se borner aux faits et aux lois.

La loi des trois états, la classification des sciences et la religion de l'humanité sont les théories essentielles de ce système.

La loi des trois états porte que le développement de l'humanité consiste à passer de l'explication mythologique (par des divinités supposées) des phénomènes de la nature à l'explication métaphysique (par des causes occultes ou entités abstraites), et enfin à l'explication positive (par les lois seulement).

La classification des sciences consiste √† les ranger dans l'ordre o√Ļ elles s'impliquent mutuellement, ordre qui est aussi l'ordre chronologique de leur d√©veloppement historique: math√©matiques, astronomie, physique, chimie, biologie, sociologie.

La religion de l'humanité est le culte des grands hommes, des morts illustres qui, par leur incorporation à l'humanité, constituent le Grand Être qui se développe sur la terre (Grand Fétiche), elle-même située dans l'espace (Grand Milieu).

Les positivistes s'attribuent la fondation de la sociologie comme science, proscrivent la m√©taphysique et professent une morale √©lev√©e, fond√©e s√Ľr l'altruisme : vivre pour autrui.

Ils déclarent que la psychologie ne peut être qu'une physiologie cérébrale.

Positivisme logique = Néopositivisme = Empirisme logique. - Mouvement philosophique surtout actif dans les années 1920 et 1930, au sein du Cercle de Vienne, et qui s'est concentré sur l'analyse logique du langage et la vérification empirique des énoncés.

Positivité (de Positif) : a) caractère de ce qui est positif; b) l'esprit positif. - Terme cher à Comte qui l'emploie dans ce double sens.

Possibilité (Possibilitas, de possibilis = ce qui se peut, de possum= potis sunt, posse = pote esse = pouvoir, de potis, pote = qui peut) : a) Caractère de ce qui est possible (ex. : possibilité de l'expérimentation). - b) La possibilité est l'une des catégories de Kant. Il appelle problématiques les jugements qui l'expriment. - Possibilité logique, physique.

Possible '(Possibilis, de posse = pouvoir) : ce qui ne r√©pugne pas √† l'existence, ce qui peut √™tre, ce qui n'implique pas contradiction. - La possibilit√© logique est l'absence de contradiction : toute notion qui n'enveloppe aucune contradiction correspond √† une existence possible. - La possibilit√© m√©taphysique, selon Leibniz, est une tendance √† l'existence : Leibniz pr√©tend que les mondes possibles concourent, pour ainsi dire, √† l'existence dans l'entendement divin et tendent √† se r√©aliser. Il appelle compossibles deux possibilit√©s simultan√©es tous les possibles ne sont pas compossibles, car l'un peut exclure l'autre.  Rappelons encore que Leibniz apporte √† la preuve ontologique une am√©lioration qui consiste √† montrer que Dieu est possible parce que son essence n'enveloppe aucune contradiction, √©tant √©minemment positive et toute affirmation. - Hegel, qui professe que tout ce qui est rationnel est r√©el, confond la possibilit√© avec la r√©alit√©.

Post hoc, ergo propter hoc. - Littéralement : après, donc parce que, paralogisme qui consiste à transformer un simple rapport de succession en un rapport de causalité sans que rien ne justifie cette transformation. On dira, par exemple, que l'apparition d'une comète est la cause de l'abondance et de la qualité du vin.

Postcolonialisme. - Perspective critique qui √©tudie et remet en question les narratifs dominants et les structures de pouvoir h√©rit√©es du colonialisme et la mani√®re dont ces structure continuent d'influencer les r√©alit√©s contemporaines. - a)  Le concept de postcolonialisme peut √™tre abord√© comme un champ acad√©mique interdisciplinaire (litt√©rature, sociologie, histoire, philosophie, √©tudes culturelles, etc.) qui cherche √† identifier et comprendre les cons√©quences sociales, politiques, culturelles et √©conomiques de la colonisation et de la d√©colonisation. Ce champ d'√©tudes concerne aussi l'analyse des formes contemporaines de domination et d'exploitation, souvent d√©sign√©es comme n√©ocolonialisme. Il s'int√©resse √† la mani√®re dont les anciennes colonies peuvent continuer √† √™tre influenc√©es et exploit√©es sur le plan √©conomique et politique m√™me apr√®s l'ind√©pendance formelle. - b) La notion de postcolonialisme renvoit para ailleurs √† une forme d'engagement politique en faveur de la justice sociale, de l'√©galit√© et de la reconnaissance des droits des populations anciennement colonis√©es, et qui subissent toujours, √† des degr√©s divers, les cons√©quences du colonialisme.

Post-humanisme (ou posthumanisme). - Courant de pens√©e qui remet en question les conceptions traditionnelles de ce qu'est l'humanit√©, son √©volution future et les implications des avanc√©es technologiques sur notre nature et notre destin en tant qu'√™tres humains. Le posthumanisme r√©fl√©chit sur la fusion potentielle entre les humains et les machines (Transhumanisme).    . 
Post-identit√©. - A la fois th√©matique et perspective critique sur la fa√ßon dont nous concevons et interpr√©tons les identit√©s individuelles et collectives, en particulier dans le contexte de la diversit√© sociale, culturelle et technologique contemporaine. La post-identit√© remet en question les cat√©gorisations traditionnelles li√©es √† l'identit√©, en reconnaissant qu'elles sont souvent simplifi√©es et ne capturent pas la complexit√© de l'exp√©rience humaine. Elle prend aussi en compte les intersections de divers facteurs d'identit√© (classe, genre, etc.) et reconna√ģt que ces intersections jouent un r√īle crucial dans notre compr√©hension de l'identit√©. La post-identit√© souligne la fluidit√© des identit√©s au fil du temps, en reconnaissant que les individus peuvent avoir des identit√©s multiples et changeantes qui ne sont pas fig√©es dans des cat√©gories fixes. Cela conduit √† contester les essentialismes li√©s aux identit√©s, c'est-√†-dire les id√©es selon lesquelles les membres d'un groupe partagent des caract√©ristiques fondamentales et immuables. Cela conduit aussi √† reconna√ģtre  l'autonomie individuelle et le droit pour chacun de d√©finir son identit√© selon ses propres termes, plut√īt que selon des normes sociales. 

Post-modernisme. - Le postmodernisme est un courant philosophique, artistique et culturel qui a √©merg√© √† partir des ann√©es 1950 et s'est intensifi√© dans les ann√©es 1970 et 1980. Dans l'architecture, le postmodernisme a adopt√© une approche √©clectique en int√©grant des √©l√©ments stylistiques vari√©s, souvent avec une touche d'ironie et de pastiche. En litt√©rature, il a souvent √©t√© associ√© √† l'exp√©rimentation, au m√©lange de styles et de genres, et √† l'interrogation des notions de v√©rit√© et de r√©cit. Consid√©r√© dans sa perspective philosophique, le post-modernisme rejette les id√©es modernistes de v√©rit√© objective, de rationalit√© universelle et de progr√®s lin√©aire, mettant en avant la relativit√©, le subjectivisme, la diversit√© et l'incertitude inh√©rentes √† la r√©alit√©, l'importance du discours dans la construction de cette r√©alit√©. Avec Jean-Fran√ßois Lyotard, pr√©curseur des grandes probl√©matiques contemporaines, il remet en question les grands r√©cits, les m√©tanarrations ( = r√©cits totalisants qui pr√©tendent expliquer l'histoire humaine ou la r√©alit√© en g√©n√©ral) du modernisme. Avec Jacques Derrida, le post-modernisme d√©construitles pr√©suppos√©s linguistiques, culturels et philosophiques profond√©ment enracin√©s. Il examine les hi√©rarchies de sens et les oppositions binaires. Avec Jean Baudrillard, il √©tudie la nature de la r√©alit√© et questionne la distinction entre le r√©el et le simulacre, souvent en r√©f√©rence √† la surabondance de m√©dias et d'images dans la soci√©t√© contemporaine. Avec Jean-Fran√ßois Lyotard et  Richard Rorty, il soutient que la r√©alit√© est subjective et d√©pendante des perspectives individuelles et culturelles. Il met en avant la diversit√© des interpr√©tations et des points de vue. Avec Michel Foucault, il adopte un regard critique envers les institutions et les structures sociales √©tablies, remettant en question les normes et les hi√©rarchies pr√©existantes. Il encourage l'interdisciplinarit√© en m√©langeant des id√©es et des concepts provenant de diff√©rents domaines intellectuels. 

Post-prédicaments : à la liste des dix premiers prédicaments ou catégories Aristote en a ajouté cinq autres : Opposition, Priorité, Simultanéité, Mouvement, Possession. Ce sont certains modes ou manières d'être qui ressortent de la comparaison qu'on fait des prédicaments entre eux.

Post-structuralisme. - Mouvement philosophique et th√©orique qui s'est construit en contre-point du structuralisme et  √©tait √©troitement li√© au postmodernisme. Il a mis en avant la complexit√©, le dynamisme et la diversit√© des ph√©nom√®nes sociaux, culturels et linguistiques. Les post-structuralistes  remettent en question l'id√©e que la signification est d√©termin√©e par des structures fixes et immuables. Ils soulignent que la signification est fluide, multiple et fragment√©e, √©mergeant du contexte, des diff√©rences et des interrelations. 

Postulat (Postulatum = chose demandée, participe passé, pris substantivement, de postulare, fréquentatif de poscere = demander) : proposition qu'on prend pour principe de déduction en demandant qu'on l'admette sans démonstration quoiqu'elle ne soit pas d'une évidence absolue. C'est donc une une proposition qui n'est ni un axiome ni une hypothèse, mais se rattache directement aux axiomes et conserve toutefois un caractère hypothétique, au moins dans la forme, parce qu'elle est indémontrée ou indémontrable.

Kant a nommé postulats de la pensée empirique les lois de la possibilité, de la réalité et de la nécessité des choses, et postulats de la loi morale les affirmations de la liberté, de la vie future, de l'existence de Dieu considérées comme les conséquences de la loi morale.

Postulats d'Euclide. - Ensemble de cinq propositions fondamentales √©nonc√©es par Euclide dans ses √Čl√©ments et qui forment la base de la g√©om√©trie euclidienne classique : 

‚ÄĘ Postulat de la droite : on peut tracer une ligne droite de n'importe quel point √† n'importe quel autre point.

‚ÄĘ Postulat de la limite : on peut prolonger une ligne droite ind√©finiment en une ligne droite.

‚ÄĘ Postulat du cercle : tout cercle peut √™tre d√©crit avec n'importe quel point comme centre et n'importe quelle distance comme rayon.

‚ÄĘ Postulat des angles droits :  tous les angles droits sont √©gaux entre eux.

‚ÄĘ Postulat des parall√®les : par un point ext√©rieur √† une droite, on peut tracer une seule parall√®le √† cette droite.

Le cinqui√®me postulat  a √©t√© particuli√®rement examin√© au fil du temps. Au cours du XIXe si√®cle, Lobachevski, Bolyai et  Gauss ont montr√© que l'on pouvait construire des g√©om√©tries qui ne recourent pas au cinqui√®me postulat ne tient pas (g√©om√©tries non euclidiennes).

Postulats de la raison pratique. - Affirmations qui, selon Kant  (Critique de la raison pratique, 1788), sont directement li√©es √† la nature pratique de la raison et de la moralit√©. Kant postule ainsi : a) que la libert√© existe en tant que r√©alit√©. La libert√©, dans le contexte kantien, est la capacit√© de l'individu √† agir conform√©ment √† la loi morale ind√©pendamment de l'influence des facteurs externes. La libert√© est une condition n√©cessaire pour que la moralit√© ait un sens; b) que l'immortalit√© de l'√Ęme est une condition n√©cessaire pour atteindre la perfection morale. Dans cette vie, dit Kant, il est  difficile, voire impossible, pour un individu d'atteindre pleinement la conformit√© √† la loi morale. Ainsi, l'existence de la moralit√© exige l'id√©e d'une existence future (l'immortalit√©) o√Ļ l'individu pourrait continuer √† progresser moralement; c) que l'existence de Dieu est n√©cessaire pour garantir l'harmonie entre le bien moral et le bonheur. Kant consid√®re que la r√©alisation compl√®te du bien moral est possible dans l'id√©e d'un monde o√Ļ les individus vertueux sont √©galement r√©compens√©s par le bonheur. L'existence de Dieu est donc postul√©e comme garante de cette harmonie.

Post-v√©rit√©. - Terme qui se r√©f√®re √† des situations o√Ļ les discours et les opinions sont souvent guid√©s par les √©motions, les convictions et les croyances pr√©existantes des individus plut√īt que par des faits objectifs  et les preuves empiriques. C'est une des calamit√©s de notre temps. L'√©mergence de la post-v√©rit√© est souvent attribu√©e √† des changements sociaux, technologiques et culturels, tels que la mont√©e en puissance des m√©dias sociaux, la polarisation politique et le d√©clin de la confiance dans les institutions traditionnelles. Elle est souvent associ√©e √† la diffusion rapide de fausses informations (fake news), amplifi√©e par les r√©seaux sociaux et d'autres plateformes en ligne. Ces informations erron√©es et ses mensonges, qu'un relativisme exacerb√© (ou le simple cynisme) fait qualifier de v√©rit√©s alternatives, peuvent √™tre intentionnellement fabriqu√©es ou simplement incorrectes. La post-v√©rit√© est souvent aliment√©e par une m√©fiance envers les m√©dias traditionnels, les experts, les institutions et les √©lites, qui sont per√ßus comme biais√©s ou manipul√©s. Les discours de post-v√©rit√© peuvent contribuer √† une polarisation accrue de la soci√©t√©, car diff√©rentes factions adh√®rent √† leurs propres interpr√©tations des faits, bas√©es sur leurs croyances et identit√©s. Dans un contexte de post-v√©rit√©, il peut y avoir des tentatives d√©lib√©r√©es pour manipuler l'opinion publique en utilisant des discours √©motionnels, des mensonges ou des demi-v√©rit√©s pour influencer les attitudes et les comportements. Cette forme de tromperie peut alors poser des d√©fis √† la d√©mocratie en sapant la prise de d√©cision inform√©e et en compromettant la confiance du public dans les institutions d√©mocratiques.  Les efforts pour faire face √† la post-v√©rit√© impliquent de promouvoir la litt√©ratie m√©diatique, l'√©ducation critique et la recherche de sources fiables d'information.

Poursuite (courbes de). - L'√©tude des courbes de poursuite participe √† la fois de la g√©om√©trie et de la cin√©matique. L'exemple type le plus simple peut-√™tre, et qui peut le mieux indiquer la nature de la question, est celui de la courbe du chien, probl√®me trait√© en 1814 par Dubois-Aym√©, dans la Correspondance sur l'Ecole polytechnique. Il s'agit de la trajectoire suivie par un chien qui court apr√®s son ma√ģtre en cherchant √† le rejoindre, le ma√ģtre marchant en ligne droite d'un mouvement uniforme. Plus g√©n√©ralement, si un mobile se d√©place suivant une loi donn√©e quelconque, et si un autre mobile, dont la loi de vitesse est donn√©e, se d√©place de telle sorte que cette vitesse soit constamment dirig√©e vers le premier, la trajectoire de ce second mobile est, une courbe de poursuite. Le mot semble avoir √©t√© introduit pour la premi√®re fois par Bouguer, en 1732, √† propos du probl√®me de la route que suit un navire en donnant la chasse √† un autre. On comprend que ce genre de probl√®mes peut varier √† l'infini, suivant les donn√©es particuli√®res. Tant√īt on peut trouver . l'√©quation de la trajectoire en termes finis, tant√īt on n'a qu'une √©quation diff√©rentielle, l'int√©gration n'√©tant pas possible. Mais, il y a des propri√©t√©s g√©n√©rales ou particuli√®res, qui ont, √† plusieurs reprises, provoqu√© la curiosit√© d'assez nombreux math√©maticiens. Nous pouvons parmi eux citer Terquem, Gosselin, et Cesaro, Lecornu, d'Ocagne, Welsch. Sans vouloir entrer ici dans aucun d√©tail sur ces √©tudes, dont quelques-unes sont fort int√©ressantes, nous ferons simplement remarquer que les propri√©t√©s des courbes de poursuite peuvent √™tre consid√©r√©es √† un point de vue purement g√©om√©trique (aires, arcs, courbure, par exemple), ou bien aussi en s'attachant plut√īt au mouvement dont la courbe est simplement la trajectoire. Il va sans dire que le probl√®me g√©n√©ral des courbes de poursuite se pose pour l'espace au m√™me titre que dans le plan; mais il prend alors, en g√©n√©ral, un caract√®re de complication d'autant plus √©lev√©.

Pouvoir. - a) Situation dans laquelle on se trouve quand on dispose des moyens pour exécuter une action. b) Structure politique qui se trouve dans cette situation. - Hobbes, dans Léviathan, a développé une théorie du pouvoir politique et a soutenu que le pouvoir souverain est nécessaire pour éviter l'état de nature, caractérisé par la guerre de tous contre tous (Contrat social). Selon Locke, le pouvoir politique est légitime lorsqu'il est basé sur le consentement des individus et lorsqu'il protège les droits naturels. Marx a abordé la question du pouvoir dans le contexte des relations de classe. Il a analysé comment le pouvoir économique, politique et social était structuré dans la société capitaliste et comment cela conduisait à l'oppression. Michel Foucault a étudié le pouvoir en tant que phénomène omniprésent dans la société. Il a introduit les concepts de biopolitique et de biopouvoir pour décrire comment le pouvoir opère à travers des institutions et des normes sociales. Derrida, enfin, a analysé la relation entre le pouvoir et le savoir et a introduit le concept de déconstructionpour remettre en question les structures de pouvoir implicites dans la pensée et le langage.

Pragmatisme (de Pragmatikos = qui concerne l'action, propre de l'action, de pragma = affaire, action de faire, de prass√ī = aller √† travers, jusqu'au bout, achever. Racine par, d'o√Ļ pra, grag = aller √† travers). - Doctrine qui met l'accent sur l'importance de l'action, de l'exp√©rience et des cons√©quences pratiques comme crit√®res pour juger de la validit√© et de la v√©rit√© des id√©es.

Prakriti et PuruŠĻ£a. - Concepts du syst√®me philosophique indien du SńĀŠĻÖkhya. Dans la perspective du SńĀŠĻÖkhya, le monde ph√©nom√©nal est le r√©sultat de l'interaction entre le PuruŠĻ£a et le Prakriti. Le premier est le t√©moin √©ternel, tandis que le second est le principe dynamique et changeant. La lib√©ration spirituelle consiste en la r√©alisation de la s√©paration ultime entre le puruŠĻ£a et le prakriti, mettant ainsi fin au cycle de la naissance, de la mort et de la r√©incarnation.

Praxiologie. - Discipline qui √©tudie l'action humaine dans ses dimensions pratiques. Elle s'int√©resse aux motivations, intentions, strat√©gies, processus de d√©cision, et cons√©quences des actions, tant sur le plan  individuel que social. 

Praxis. - Mot grec (ŌÄŌĀŠĺ∂őĺőĻŌā = action) utilis√© pour d√©signer l'acte de mettre en Ňďuvre ou d'appliquer des id√©es, des th√©ories, des valeurs ou des connaissances dans la pratique, en lien avec des actions concr√®tes, des exp√©riences et des situations r√©elles.  En philosophie, la praxis repr√©sente l'action r√©fl√©chie et √©thique, distingu√©e de la simple production de biens ou d'activit√©s m√©caniques. Elle int√®gre la r√©flexion, la transformation sociale et la participation active dans la r√©alisation de l'existence humaine. Dans la philosophie marxiste, la praxis est le processus d'activit√© humaine consciente et cr√©ative, particuli√®rement l'action r√©volutionnaire et la transformation sociale. Elle est consid√©r√©e comme l'unit√© de la th√©orie et de l'action, o√Ļ les id√©es et la pratique sont interconnect√©es.

Précarité. - Etat de ce dont la durabilité n'est pas assurée. Cette notion a fait son entrée en philosophie avec La précarité sociale (1926), un ouvrage de Henri Léon Dupréel (1867-1949). Dupréel aborde la précarité en tant que phénomène lié aux conditions économiques, aux inégalités et aux tensions sociales. Les individus précaires sont souvent vulnérables face aux fluctuations économiques et aux incertitudes liées à la stabilité de l'emploi. Ils sont souvent ceux qui ont un accès limité aux ressources économiques, à l'éducation et à d'autres avantages sociaux. Dupréel insiste sur l'instabilité inhérente à la précarité. Les personnes dans des situations précaires font face à des conditions de vie incertaines et sont souvent confrontées à des difficultés imprévues. Parmi les noms de penseurs associés à l'étude de la précarité, on mentionnera Judith Butler, Giorgio Agamben, Zygmunt Bauman, Hannah Arendt, Jacques Derrida, Emmanuel Levinas ou encore Martha Nussbaum.

Pr√©cis (Praecisus participe pass√© de praccidere = couper par devant, raccourcir, abr√©ger, de prae = devant; caedere = couper) : ce qui est circonscrit de fa√ßon √† ne laisser aucune ind√©cision dans la pens√©e.  - S'oppose √† impr√©cis, √† vague.

Précisif (du latin scolastique Praecisivus, de praecisum, supin de praecidere = couper par devant) : abstraction précisive : c'est un terme employé par les Scolastiques pour indiquer l'opération par laquelle l'esprit considère une chose sans une autre qui lui est unie, mais n'affirme ni ne nie l'existence de cette autre chose; par exemple, si je considère une feuille de papier sans m'occuper de sa blancheur. - S'oppose à Abstraction négative, par laquelle non seulement, on conçoit une chose sans une autre, mais l'on nie l'existence de l'une dans l'autre; par exemple, si je dis : cette feuille de papier n'est pas blanche.

Pr√©cision (Praecisio = action de retrancher, de praecisum, supin de praecidere= couper par devant). - Le mot pr√©cision indique une approximation aussi rigoureuse que possible de la v√©rit√© (ex. : pr√©ciser les droits), tandis que le mot exactitude implique l'id√©e d'une connaissance absolument rigoureuse (ex. : l'exactitude des math√©matiques). - Pr√©cision, dans le sens : action de retrancher, de circonscrire par la pens√©e (Pr√©cisif). 

Pr√©d√©termination (de Pr√©d√©terminer, de prae = devant; de-terminare = d√©limiter, de de = au sujet de; terminare = limiter, terminus, limite) : Pr√©d√©termination ou pr√©motion physique des Thomistes : ¬ę Action divine, qui fait passer notre volont√© de la puissance de vouloir √† l'acte de vouloir, et de vouloir ce que Dieu veut qu'elle veuille. ¬Ľ (Zigliara, Summa philosophica, 1919). - Une telle pr√©d√©termination est incompatible avec la libert√© humaine et, par cons√©quent, ne peut servir √† expliquer la connaissance des futurs conditionnels. 

Prédicable (Praedicabilis, de prae-dicare, déclarer, de prae = devant, dicare = annoncer, dédier, de dicere = dire) : les prédicables sont les différentes manières dont, les prédicats sont attribués au sujet. Il y a cinq prédicables ou universaux.

Pr√©dicament (Praedicamentum, √©nonciation, de prae-dicare, d√©clarer). - Le mot pr√©dicament traduisait, dans le vocabulaire des logiciens du Moyen √Ęge, le mot cat√©gorie pris au sens o√Ļ l'entendait Aristote. Il d√©signe donc, comme le dit Stuart Mill, les classes les plus √©tendues dans lesquelles les choses peuvent √™tre distribu√©es, et qui constituent ainsi autant de pr√©dicatssup√©rieurs dont l'un ou l'autre peut √™tre affirm√© avec v√©rit√© de toute chose quelconque concevable, les summa genera, les attributa somma

On sait qu'Aristote en admettait dix : substance, quantit√©, qualit√©, relation, action, passion, temps, lieu, situation et, possession. Mais il semble que la d√©finition du pr√©dicament conviendrait aussi aux cinq universaux de Porphyre, que ce commentateur d'Aristote consid√©rait √† bon droit comme ant√©rieurs aux cat√©gories elles-m√™mes genre, esp√®ce, diff√©rence, propre et accident, si ce n'est que ces universaux sont plut√īt des pr√©dicaments logiques, tandis que les cat√©gories pourraient √™tre envisag√©es comme des pr√©dicaments m√©taphysiques. (E. Boirac).

Prédicat (Praedicatum, énoncé, participe passé de prae-dicare, déclarer) ce qui est affirmé ou nié d'un sujet. - C'est l'attribut. Tout prédicat désigne :

1¬į ou l'essence tout enti√®re du sujet (animal dou√© de raison);

2¬į ou une partie seulement de l'essence [le genre (animal), la diff√©rence (raisonnable)] ;

3¬į ou une qualit√© qui s'ajoute √† l'essence [le propre (dou√© de langage), l'accident (n√© √† Shangha√Į)].

Pr√©dictibilit√©. - Possibilit√© de faire des pr√©dictions sur des √©v√©nements futurs en se basant sur des connaissances actuelles. Dans le contexte scientifique, la pr√©dictibilit√© d√©pend de la capacit√© d'une th√©orie ou d'un mod√®le √† anticiper des r√©sultats empiriques futurs. La pr√©dictibilit√© peut √™tre limit√©e par de nombreux facteurs, par la connaissance incompl√®te du syst√®me √©tudi√©, par exemple, ou pour des raisons inh√©rentes √† sa dynamique m√™me. Si l'on admet un d√©terminisme rigoureux, o√Ļ chaque √©v√©nement est in√©vitablement caus√© par des √©v√©nements ant√©rieurs, la pr√©dictibilit√© semble th√©oriquement possible dans la mesure o√Ļ les conditions initiales sont parfaitement connues, pourtant, du fait de l'apparition de ph√©nom√®nes non lin√©aires (c'est-√†-dire ou l'effet n'est pas proportionnel √† la cause), il peut arriver que l'√©volution d'un syst√®me enti√®rement d√©terministe puisse ne pas √™tre pr√©dictible (Th√©orie du chaos). A l'√©chelle √©tudi√©e pas la physique quantique, le caract√®re probabiliste inh√©rent des ph√©nom√®nes limite lui aussi  la pr√©dictibilit√© (Principe d'ind√©termination de Heisenberg).

Pr√©diction. - Annonce de faits devant √™tre ou se produire dans le futur. Les philosophes ont d√©battu de la possibilit√© de pr√©dire les actions humaines dans un monde o√Ļ tout serait d√©termin√© par des causes ant√©rieures. Comment la pr√©diction compl√®te des actions humaines serait-elle incompatible avec le libre arbitre? Dans les sciences, la pr√©diction est li√©e  √† la connaissance, au d√©terminisme et la nature du temps, ou encore √† des questions telle que celle de savoir si l'induction, c'est-√†-dire le raisonnement √† partir d'observations pass√©es pour pr√©dire le futur, fournit une base accptable pour la pr√©diction. D'autres questions concernent les types de connaissances n√©cessaires pour faire des pr√©dictions, et dans quelle mesure nos pr√©dictions sont fiables.

Préhistoire. - Discipline qui étudie les périodes de l'histoire humaine avant l'invention de l'écriture, en se basant principalement sur des sources archéologiques, anthropologiques et paléontologiques, afin de comprendre l'évolution des cultures humaines, le développement technologique, les modes de vie, les migrations et d'autres aspects de la vie penant ces périodes.

Pr√©jug√© (substantif participe de Pr√©juger;  prae = devant; juger) : 

a) Opinion préconçue, adoptée sans examen.

b) Ce qui peut inspirer un jugement. 

c) Jugement admis sans preuve, qu'il soit d'ailleurs vrai ou faux.

Un préjugé, dans l'acception philosophique du mot, n'est donc pas nécessairement une erreur. On a quelquefois appelé préjugés légitimes les jugements que nous portons naturellement et presque nécessairement, bien que nous ne puissions pas les démontrer : c'est ainsi que nous affirmions l'existence du monde extérieur.

Présumer, dit Leibniz, n'est pas prendre avant la preuve, ce qui n'est point permis; c'est prendre par avance, mais avec fondement, en attendant une preuve contraire. Le préjugé, dans ce sens, est donc un jugement présomptif et dans certains cas légitime.

Pr√©logique. - En psychologie cognitive, qualificatif de sch√©mas de pens√©e ou des processus cognitifs qui √©mergent avant le d√©veloppement de la logique chez les individus, en particulier chez les enfants. - En anthropologie, la notion de pens√©e pr√©logique est associ√©e √† Lucien L√©vy-Bruhl (1857-1939), qui a √©labor√© une th√©orie de la mentalit√© pr√©logique dans le contexte de ses √©tudes sur les soci√©t√©s non occidentales. Selon lui, les soci√©t√©s dites primitives fonctionnent avec une forme de pens√©e qualifi√©e de pr√©logique en raison de ses caract√©ristiques distinctes par rapport √† la pens√©e logique occidentale. L√©vy-Bruhl a ainsi introduit le concept de participation mystique pour d√©crire la mani√®re dont les membres de certaines soci√©t√©s non occidentales per√ßoivent et interagissent avec le monde. Il soutenait que ces soci√©t√©s ne faisaient pas la distinction stricte entre le sujet et l'objet, le naturel et le surnaturel, d'une mani√®re similaire √† la pens√©e logique (ou qu'il consid√©rait telle) occidentale. La loi de participation, expliquait-il, caract√©rise la pens√©e pr√©logique. Elle signifie une fusion entre le moi et le monde ext√©rieur, avec une interconnexion entre les individus, les objets et les ph√©nom√®nes naturels. Cela contraste avec la pens√©e logique qui op√®re selon la loi de non-contradiction.  L√©vy-Bruhl ne consid√©rait pas que cette mentalit√© pr√©logique ait √©t√© li√©e √† un stade de d√©veloppement intellectuel inf√©rieur. Il la voyait plut√īt comme une mani√®re diff√©rente de concevoir la r√©alit√©. Les soci√©t√©s pr√©logiques op√©raient simplement selon des principes cognitifs diff√©rents. La th√©orie de L√©vy-Bruhl a √©t√© critiqu√©e pour sa tendance √† g√©n√©raliser et √† essentialiser les soci√©t√©s non occidentales. De plus, le concept de "pens√©e pr√©logique" a √©t√© largement remis en question dans le domaine de l'anthropologie et de la philosophie. Les anthropologues ult√©rieurs ont rejet√© l'id√©e d'une distinction binaire entre pens√©e pr√©logique et pens√©e logique.

Premier (Primarium = du premier rang, dérivé de primus. Primus est un superlatif de pro = devant, qui signifie : celui qui est le plus en avant. Il est pour pris-mus, qui dérive de pri, contraction de prius, comparatif de pro) :

a) ce qui précède quelqu'un ou quelque chose par rapport au temps, à l'espace, à l'ordre, à l'importance. - Qualités premières de la matière.

b) en mathématiques, un nombre premier est un nombre entier naturel qui n'est divisible que par 1 et par lui-même.

Premier moteur. - Pour Aristote, le premier moteur est un concept li√© √† sa compr√©hension du mouvement et de la causalit√© dans le monde. C'est le principe du mouvement sans √™tre lui-m√™me en mouvement.  Contrairement aux objets en mouvement dans le monde sensible, le premier moteur n'est pas soumis au changement ou au devenir. Il est immuable et √©ternel, et, bien que lui-m√™me soit immobile, il est la cause du mouvement dans le reste de l'univers, la source du changement et de la finalit√©. Aristote attribue une forme d'intelligence au premier moteur. Il est conscient de lui-m√™me et de l'univers, agissant comme une force t√©l√©ologique orientant tout vers un but ou une fin. Le premier moteur repr√©sente ainsi une r√©alit√© immat√©rielle et transcendante. Thomas d'Aquin et d'autres penseurs m√©di√©vaux ont int√©gr√© la notion d'un premier moteur immobile dans leur pens√©e th√©ologique, y voyant une expression de la divinit√©.

Pr√©misse (Praemissa [sous-entendu propositio], de prae =devant; missus = envoy√©, mis, participe pass√© de mittere = missum, envoyer) :  propositions que l'on met en avant dans un raisonnement pour en tirer une cons√©quence ou conclusion. On emploie ce mot pour toute esp√®ce de principes, mais plus sp√©cialement, et dans un sens rigoureusement technique, pour les principes du raisonnement d√©ductif. Il d√©signe alors la majeure et la mineure des syllogismes, c.-√†-d. les propositions dans lesquelles on compare successivement le grand terme, ou attribut de la conclusion, et le petit terme, sujet de la conclusion, au moyen terme, pour en op√©rer indirectement le rapprochement. (B-E.).

Prescriptivisme. - Approche qui √©nonce des normes ou des prescriptions sur la mani√®re dont les choses devraient √™tre. (Elle s'oppose en cela au descriptivisme, qui cherche √† d√©crire objectivement comment les choses sont, sans √©mettre de jugements normatifs). - En linguistique, le prescriptivisme se r√©f√®re √† une approche qui √©tablit des r√®gles normatives ou des prescriptions pour l'usage de la langue. Cela implique souvent la recommandation de certaines formes linguistiques comme √©tant correctes et l'√©viction d'autres formes consid√©r√©es comme incorrectes ou non standards. Les guides de style, les manuels de grammaire prescriptifs et les r√®gles √©dict√©es pour l'usage correct de la langue sont des exemples de prescriptivisme linguistique. -  En √©thique, le prescriptivisme est une approche qui pr√©conise des r√®gles ou des devoirs moraux universels. Par exemple, dans l'√©thique kantienne, la notion de devoirs cat√©goriques implique un prescriptivisme moral, car ces devoirs doivent √™tre suivis ind√©pendamment des circonstances particuli√®res. Le prescriptivisme √©thique se concentre souvent sur la formulation de principes moraux g√©n√©raux et inconditionnels.

Pr√©sence. - Fait pour une personne ou une chose de se trouver en un lieu d√©termin√©. Ce lieu pouvent s'entendre en un sens concret ou abstrait.Pour l'ontologie les question sont de savoir comment les objets ou les entit√©s sont-ils pr√©sents dans le monde? Comment d√©finir la pr√©sence par opposition √† l'absence? Pour la ph√©nom√©nologie, la pr√©sence est la mani√®re dont les objets, les personnes ou les id√©es se manifestent √† la conscience. Heidegger s'est pench√© sur la mani√®re dont l'existence humaine est caract√©ris√©e par la pr√©sence au monde et aux autres. Certains philosophes se sont int√©ress√©s √† l'√©thique √† la mani√®re dont la pr√©sence attentive, empathique et authentique peut jouer un r√īle dans les relations humaines et morales. L'id√©e est souvent li√©e √† la responsabilit√© √©thique envers autrui.

Pr√©sent. - Cat√©gorie temporelle situ√©e entre le pass√© et le futur. Le pr√©sent est le moment actuel, l'instant que nous vivons √† chaque moment. C'est le point dans le temps o√Ļ les √©v√©nements se d√©roulent. Le pr√©sent est souvent consid√©r√© comme un point √©ph√©m√®re entre le pass√© et le futur, et il est g√©n√©ralement associ√© √† la r√©alit√© imm√©diate. Certains philosophes s'interrogent sur la nature de l'instant pr√©sent. Comment le pr√©sent s'inscrit-il dans la continuit√© temporelle? Comment pouvons-nous comprendre la dur√©e du pr√©sent par rapport √† d'autres notions temporelles?

Présentation (de Présenter) : certains psychologues emploient :

a) Repr√©sentation pour exprimer tout √©tat de conscience dans lequel un objet, qui a √©t√© d√©j√† pr√©sent√© √† l'esprit, est rappel√© avec ou sans reconnaissance. 

b) Pr√©sentation pour d√©signer tout √©tat de conscience, dans lequel un objet est pr√©sent √† l'esprit. 

Présentationnisme (de Présentation). - Nom donné par Hamilton à la théorie de la perception immédiate du monde extérieur.

Présentéisme. - Perspective philosophique selon laquelle seul le présent est réel. Seuls les événements et les objets qui existent actuellement dans le présent ont une réalité ontologique. Selon le présentéisme, le passé n'a plus d'existence réelle, et le futur n'a pas encore acquis d'existence. Le présent est considéré comme le seul moment réel, et le temps est vu comme une séquence de moments successifs, avec le présent comme seule réalité. S'oppose à éternalisme.

Pr√©socratiques. - Groupe disparate de penseurs et de philosophes grecs qui ont pr√©c√©d√© Socrate et ont  v√©cu aux alentours du VIe et du Ve si√®cle av. JC. Leurs r√©flexions marquent les d√©buts de la philosophie occidentale. Ils √©taient tourn√©s vers l'√©lucidation des principes fondamentaux de la r√©alit√© et de la connaissance.

Preuve. - Ce qui √©tablit la v√©rit√© d'une d'une chose, d'une proposition. La preuve  peut √™tre a priori, exp√©rimentale ou morale. Chaque genre de preuve correspond particuli√®rement √† une cat√©gorie de sciences. 

Primitive, fonction primitive (math√©matiquescalcul int√©gral). - Nom barbare donn√© aux int√©grales, par les professeurs des lyc√©es fran√ßais, √† une √©poque o√Ļ ils ne voulaient pas enseigner la notation diff√©rentielle √† leurs √©l√®ves. La primitive d'une fonction est la fonction dont elle est la d√©riv√©e.

Primordial (primus = premier; ordia= comnmencements). - Ce qui est le premier, à l'origine; ce qui sert d'origine à autre chose : les principes premiers sont les connaissances premières ou primordiales de notre esprit, celles qui servent d'origine et de fondement à tout notre savoir.

Principe (Principium = origine, commencement, de princeps, principis, de primus, premier; capere = prendre) : le principe est ce dont une chose tire son origine, de quelque façon que ce soit. Le principe est plus général que la cause. Le mot principe s'applique de préférence aux sciences rationnelles; le mot cause, aux sciences expérimentales : on va des principes aux conséquences, des causes aux effets.

Le principe d'une chose est ce dont elle procède dans l'ordre de la connaissance ou dans celui de l'existence.

Les principes premiers sont les donn√©es primitives de la raison principe d'identit√©, de contradiction, de raison suffisante, de causalit√©, de finalit√©, etc. 

Priorité (du latin scolastique Prioritas, de prior = celui qui est le plus en avant des deux, comparatif de pro = devant) : ce mot désigne l'antériorité soit dans l'ordre du temps (prioritas temporis), soit dans l'ordre de la nature des choses (prioritas naturae). Exemples : Aristote a la priorité temporelle par rapport à Cicéron. La cause a la priorité logique sur son effet : cause et effet existent en même temps 'ex. : quand je forme un concept); mais l'effet a besoin de la cause pour exister. - On distingue aussi la priorité ontologique ou d'existence et la priorité logique ou de connaissance.

Prise de conscience. - Moment o√Ļ, et processus par lequel une personne devient consciente ou prend conscience d'une r√©alit√©, d'une situation ou d'un aspect particulier de sa vie. Ce peut √™tre processus graduel ou un √©v√©nement soudain qui am√®ne une personne √† voir les choses d'une mani√®re nouvelle ou diff√©rente. La prise de conscience dans le contexte de la ph√©nom√©nologie implique une attention particuli√®re √† la mani√®re dont nous percevons, interpr√©tons et donnons un sens √† notre r√©alit√©. Pour les existentialistes, la conscience de soi et la prise de conscience de notre propre existence sont des th√®mes cl√©s. 

Privatif, Privation (Privativus, privatio, de privatum, supin de privare = priver, de privus = qui est √† part, particulier) : la privation est dans un sujet donn√© l'absence d'un bien que normalement il devrait avoir. C'est donc un mal pour lui. Elle diff√®re de la n√©gation, qui n'implique pas l'id√©e que la chose est due. 

Le mot privation est  employ√© surtout dans la philosophie d'Aristote et de ses continuateurs pour d√©signer un des trois principes de l'√™tre, du moins de l'√™tre sensible, tel qu'il se pr√©sente √† nous dans la mati√®re, les deux autres √©tant la mati√®re et la forme. Ainsi la mati√®re peut rev√™tir deux formes contraires, le chaud et le froid, et, en cet √©tat, elle n'est qu'une simple puissance ; lorsqu'elle est devenue un corps chaud, elle est en acte, mais par cela m√™me qu'elle a rev√™tu une forme, le chaud, elle est priv√©e de la forme contraire, le froid, qu'Aristote appelle la privation. (E. Boirac).

Probabiliorisme (de Probabilior = plus probable, comparatif de probabilis) : doctrine morale, d'après laquelle on doit suivre l'opinion favorable à la loi à moins que l'opinion favorable à la liberté ne soit plus probable.

Probabilisme (de Probabilis = digne d'approbation, probable, de probare = √©prouver, approuver, de probus = bon, honn√™te) : doctrine : 

a) morale, d'apr√®s laquelle on peut suivre une opinion vraiment probable; 

b) m√©taphysique, selon laquelle tout est plus ou moins incertain. C'est un  Scepticisme mitig√© qui consiste √† dire que nous ne pouvons jamais atteindre des certitudes, mais qu'il y a des choses plus probables ou plus vraisemblables que d'autres. C'est la doctrine de la Nouvelle Acad√©mie, peu soutenable, puisque si nous sommes impuissants √† discerner le vrai du faux, nous sommes par l√† m√™me incapables d'affirmer qu'un jugement se rapproche plus ou moins de la v√©rit√©.

Probabilité (Probabilitas, de probabilis = digne d'être approuvé). - La probabilité mesure le rapport du nombre des cas favorables au nombre des cas possibles. On emploie de préférence le mot vraisemblance quand les chances pour ou contre ne peuvent s'évaluer numériquement. Tout ce qui est possible n'est pas, par cela même, probable, mais toute probabilité implique possibilité.

Probabilités (calcul des). - Méthode mathématique permettant d'évaluer numériquement dans un contexte aléatoire la probabilité d'un événement, c'est-à-dire le rapport du nombre des occurences favorables d'un événement au nombre total d'occurences possibles. Cette probabilité est un nombre compris entre 0 et 1. 0 pour un événement impossible; 1 pour un évement certain.

Probable. - Qualifie quelque chose qui est susceptible de se produire ou qui a une forte chance de se produire en fonction des circonstances ou des conditions actuelles. C'est une notion souvent utilis√©e pour exprimer une √©valuation de la vraisemblance d'un √©v√©nement. 

Problématique (Problèmatikos = problématique, de problèma = problème) : nom donné par Kant aux jugements dans lesquels l'affirmation ou la négation est énoncée comme simplement, possible : ce sont des jugements qui sont peut-être vrais. La catégorie correspondante est la possibilité.

Probl√®me (Probl√®ma =  ce qu'on a devant soi, ce qui est propos√©, sujet, de controverse, d'o√Ļ probl√®me, de pro-ball√ī = jeter devant) :  question √† r√©soudre, ou bien, question sur laquelle on n'a que des donn√©es contradictoires, ou qui est entour√©e d'obscurit√©.

Un problème est, en mathématique, une question que l'on se propose de résoudre, et qui exige une solution. Cette solution n'est scientifiquement satisfaisante que si elle est justifiée par des raisonnements ou des calculs; et on ne la considère comme complète que si elle est accompagnée d'une discussion faisant ressortir les particularités qui se présenteront suivant les conditions que présenteront elles-mêmes les données.

Le mot de problème a reçu dans la langue mathématique comme dans la langue ordinaire une assez large extension; plusieurs questions fameuses sont connues sous le nom spécial de problème de...; la liste en est trop longue pour que nous tentions seulement d'on citer des exemples. On classe souvent les problèmes suivant la branche de la science à laquelle ils se rapportent plus spécialement : problèmes d'arithmétique, de géométrie, d'algèbre, etc. ; en algèbre et dans les applications de l'algèbre, on dit souvent aussi problèmes du premier, du second degré, etc.; on entend par là des problèmes dont la solution exige la résolution d'équations du premier, du deuxième degré, etc. (C.-A. L.).

Procession. - Dans la philosophie n√©o-platonicienne la procession s'oppose √† la conversion, au retour √† l'Un. C'est l'acte par lequel toutes choses sortent du premier principe, s'engendrent les unes les autres, de telle sorte que, sur une ligne immense, chaque √™tre occupe un point toujours distinct, sans √™tre s√©par√© de l'√™tre g√©n√©rateur et de l'√™tre engendr√©, dans lequel il passe sans √™tre absorb√©, comme le principe sup√©rieur lui donne de son √™tre sans rien perdre et sans changer en rien. 

Processus (mot latin signifiant marche en avant, de processum, supin de pro-cedere = aller en avant) : ce mot, qui a pass√© dans la langue philosophique; signifie une s√©rie, un encha√ģnement, un d√©veloppement, un progr√®s. - Certains philosophes disent proc√®s, traduction de processus.

On appelle processus in infinitum un argument qui s'appuie sur cette consid√©ration que le processus ou le progr√®s √† l'infini r√©pugne o√Ļ implique contradiction. Ainsi, de mouvements en mouvements, on arrive, dit Aristote, √† un moteur immobile : il y a n√©cessit√© de s'arr√™ter dans la r√©gression.

Produit. - On appelle produit le résultat d'une multiplication ; un produit peut être formé de deux ou d'un plus grand nombre de facteurs.

Produits indéfinis - En analyse mathématique, on étudie souvent des produits composés d'un nombre infini de facteurs, et il peut y avoir intérêt à mettre certaines fonctions sous cette forme. La convergence d'un tel produit ne peut avoir lieu que si les facteurs tendent vers l'unité lorsque leur rang augmente indéfiniment.Les développements en produits indéfinis présentent souvent de précieuses ressources dans le calcul des fonctions et forment en quelque sorte un chapitre complémentaire intéressant à la théorie des développements en séries. (C.-A. Laisant).
Progrès (Progressus, de progredi = avancer; de pro = devant, gradior, gressus sum = marcher, de gradus = pas) : a) marche en avant dans une direction définie; b) transformation graduelle allant du bien au mieux.

Progressisme. - Id√©ologie politique et sociale qui cherche √† promouvoir le changement et l'am√©lioration progressifs de la soci√©t√©, en mettant l'accent sur l'√©quit√©, la justice sociale, l'√©galit√© des chances, l'innovation, la modernisation et le respect des droits humains (droits √† la vie priv√©e, √† la non-discrimination, √† la sant√©, √† l'√©ducation, au logement, etc.), de la libert√© d'expression, de la libert√© de choix, tout en reconnaissant que ces libert√©s doivent √™tre exerc√©es dans les limites du respect des droits des autres et du bien-√™tre collectif. Les progressistes soutiennent les politiques qui visent √† r√©duire les in√©galit√©s sociales et √©conomiques, √† garantir l'acc√®s √©quitable aux ressources et aux opportunit√©s, et √† promouvoir la justice pour tous les membres de la soci√©t√©. Ils croient en l'intervention de l'√Čtat pour r√©soudre les probl√®mes sociaux et √©conomiques, ainsi que pour fournir des services publics essentiels tels que l'√©ducation, les soins de sant√©, le logement et la s√©curit√© sociale. Ils poussent ainsi ordinairement √† des r√©formes dans divers domaines (√©ducation, sant√©, environnement, l'accroissement des droits civils et des choix personnels, √©galit√© des sexes et diversit√©), afin de cr√©er une soci√©t√© plus inclusive et √©quitable.  Ils luttent pour garantir la protection des droits fondamentaux tels que la libert√© d'expression, la libert√© de religion, le droit √† l'√©galit√© et le droit √† la vie priv√©e. Les progressistes croient en une √©thique du progr√®s, cherchant √† am√©liorer constamment la soci√©t√© √† travers l'innovation, la recherche et la progression des id√©es et des valeurs. Ils encouragent l'innovation, le progr√®s technologique et la modernisation pour r√©soudre les probl√®mes et relever les d√©fis sociaux, √©conomiques et environnementaux. Ils consid√®rent souvent la science et la technologie comme des outils cl√©s pour am√©liorer la qualit√© de vie.

Progression. - a) Une progression arithmétique est une suite de nombres dans laquelle chaque terme est égal à la somme du terme précédent et d'une constante appelée la raison. b) Une progression géométrique est une suite de nombres dans laquelle chaque terme est égal au produit du terme précédent par une constante appelée la raison. c) Une progression infinie est une suite de nombres qui tend vers une limite lorsque le nombre de termes tend vers l'infini.

Projection - (mathématiques). - Quand on mène par un point un plan parallèle à un plan fixe et qu'on le coupe par un axe fixe, ou bien une droite parallèle à une direction fixe qui vient couper un plan fixe, l'intersection est appelée projection du point sur l'axe, ou sur le plan. Si l'orientation du plan fixe est perpendiculaire à l'axe, ou si la direction fixe est perpendiculaire au plan, les projections sont dites orthogonales. Plus généralement on appelle aussi projection conique ou perspective d'un point l'intersection avec un plan fixe de la droite qui joint ce point à un point fixe.

La th√©orie des projections des figures sur des axes participe √† la fois de la g√©om√©trie, de l'alg√®bre et de la trigonom√©trie. Elle a une extr√™me importance dans toutes les math√©matiques √©l√©mentaires, √©tablit un lien √©troit entre la science des grandeurs et celle de l'√©tendue; et l'on pourrait dire qu'elle tient tout enti√®re dans cette proposition que la projection d'un contour ferm√© est nulle. 

Les projections sont aussi d'une application constante en m√©canique. Les projections sur des plans sont la base de la g√©om√©trie descriptive, o√Ļ l'on repr√©sente en principe les figures par deux projections orthogonales effectu√©es sur deux plans dont l'un est horizontal et l'autre vertical. Enfin les projections coniques (C√īne), dont les projections parall√®les √† une direction donn√©e ne sont d'ailleurs qu'un cas particulier, en supposant le point fixe rejet√© √† l'infini, constituent l'un des chapitres les plus importants de la g√©om√©trie moderne, o√Ļ l'on √©tudie les propri√©t√©s projectives. (C.-A. Laisant).

Projection. - Chez Freud, m√©canisme de d√©fense par lequel des sentiments, des pens√©es ou des attributs inacceptables pour le sujet sont attribu√©s √† quelqu'un d'autre. Cela peut se produire de mani√®re inconsciente. (Psychanalyse). La philosophie, quant √† elle, aborde  la projection comme un moyen d'analyser la relation entre la perception, la r√©alit√©, et la construction subjective de la signification.

Projections cartographiques. - Il s'agit des m√©thodes math√©matiques employ√©es pour repr√©senter sur une carte plane, une portion (ou la totalit√©) de la surface terrestre, Chaque point de celle-ci √©tant projet√© en un point de la carte. Comme la forme de la Terre est approximativement celle d'un ellipso√Įde de r√©volution, sa surface n'est pas d√©veloppable sur un plan, de l√† d√©coule la n√©cessit√© d'un mode de repr√©sentation artificiel, un type de projection, en rapport avec le but auquel la carte est destin√©e; ainsi, une carte marine doit permettre de tracer la route du navire par une ligne facile √† construire en grandeur et en direction, tandis qu'une carte politique doit conserver l'√©tendue relative du pays. Il ne saurait exister de syst√®me de projection parfait, mais en g√©n√©ral on peut att√©nuer une cat√©gorie d'erreurs au d√©triment d'une autre et permettre ainsi √† la carte de remplir le but propos√©.

Projet. - Id√©e d'un objectif que les individus ou les soci√©t√©s visent √† atteindre. 

Prol√®gom√®nes. - Pr√©liminaires, introductions ou  pr√©ambules. Ce terme est utilis√© dans le contexte acad√©mique et litt√©raire pour se r√©f√©rer √† des √©crits introductifs ou √† des Ňďuvres pr√©liminaires qui pr√©parent le lecteur √† une compr√©hension plus approfondie du sujet abord√©. La plus c√©l√®bre utilisation du se trouve dans le titre de l'ouvrage de Kant, Prolegomena zu einer jeden k√ľnftigen Metaphysik, die als Wissenschaft wird auftreten k√∂nnen (Prol√©gom√®nes √† toute m√©taphysique future qui pourra se pr√©senter comme science, 1783), qui repr√©sente une introduction aux id√©es du philosophe.

Prolepse, en grec prolepsis, mot, synonyme d'anticipation,  employ√© dans l'√©cole d'√Čpicure pour d√©signer les id√©es abstraites d√©riv√©es de la sensation, le souvenir de sensations pareilles r√©unies dans une repr√©sentation unique et g√©n√©rale. Les Sto√Įciens adopt√®rent le m√™me nom pour d√©signer d'autres notions g√©n√©rales, celles qui expriment les rapports naturels et invariables des choses, et que nous appellerions maintenant notions g√©n√©rales a priori

Kant (Critique de la raison pure, l. II, sect. Ill), dressant en regard de la table des cat√©gories celle des principes, qu'il d√©finit les r√®gles de l'usage objectif des cat√©gories, y fait figurer, sous le titre d'Anticipations de la Perception, les connaissances que nous pouvons avoir a priori de certaines d√©terminations de la raison pure qui concourent avec la sensation √† former la connaissance empirique dans sa complexit√©. 

En résumé, le mot anticipation, dans ses différentes acceptions, s'applique toujours aux idées générales; et les nuances plus ou moins tranchées que l'on vient d'indiquer tiennent à la différence des opinions que professent sur la nature et l'origine de ces dernières les philosophes qui en ont fait usage. (B-E.).

Proposition (Propositio, de proposition, supin de pro-ponere = placer devant, exposer). - Une proposition est un jugement exprimé. Sa quantité dépend de l'extension du sujet, et sa qualité consiste dans son caractère affirmatif ou négatif. L'analyse et la classification des propositions répond exactement à celle des jugements.

Proportion (Proportio = symétrie, de pro = pour; portio = portion, de pars = partie) : convenance des parties entre elles et avec le tout.

En math√©matiques, l'√©galit√© entre deux rapports A/B et C/D constitue une proportion se notant ainsi : A/B = C/D; ce qui s'√©nonce A sur B √©gale C sur D. On notait anciennement la proportion A : B : : C : D, ce qui s'√©non√ßait A est √† B comme C est √†-D. 

‚ÄĘ Les nombres A, B, C, D sont appel√©s termes de la proportion.

‚ÄĘ Les termes A et C sont appel√©s ant√©c√©dents, B et D sont appel√©s cons√©quents; A et D sont appel√©s les extr√™mes, B et C les moyens

‚ÄĘ Une quelconque des quatre grandeurs A, B, C, D est dite quatri√®me proportionnelle aux trois autres

‚ÄĘ Lorsque les moyens d'une proportion sont √©gaux, leur valeur commune est dite moyenne proportionnelle entre les deux autres termes.

Les propri√©t√©s des proportions peuvent √™tre √©tablies toutes dans l'hypoth√®se o√Ļ les rapports consid√©r√©s seraient commensurables. Les d√©monstrations s'√©tendent ensuite sans difficult√© au cas g√©n√©ral par de simples consid√©rations de continuit√©.

On d√©montre que, dans toute proportion le produit des extr√™mes est √©gal au produit des moyens et que, r√©ciproquement, si quatre nombres sont tels que le produit de deux d'entre eux est √©gal au produit des deux autres, ces quatre nombres peuvent former une proportion. 

Ces théorèmes permettent d'établir que, dans toute proportion, on peut intervertir l'ordre des moyens ou l'ordre des extrêmes; d'ailleurs, la proportion a/b = c/d étant donnée, on peut en déduire une infinité d'autres. (NLI).

Propre (Proprius = qui est la propri√©t√© de, particulier) : 

a) Sens strict : ce qui appartient √† l'esp√®ce, √† elle seule et toujours : c'est l'un des cinq universaux. Attribut n√©cessairement li√© avec l'attribut essentiel qui forme la diff√©rence. Par exemple, avoir le carr√© de l'hypot√©nuse √©gal √† la somme des carr√©s des deux autres c√īt√©s, est le propre du triangle rectangle, comme suite de ce dernier caract√®re, avoir un angle droit qui est la diff√©rence sp√©cifique.

 b) Sens large : ce qui appartient exclusivement √† une personne ou √† une chose (ex. : noms propres).

Propriété (Proprietas = qualité propre, propriété, de proprius = particulier) :
a) Qualit√© propre √† tous les √™tres d'une m√™me esp√®ce :  (ex. : propri√©t√©s des gaz). - 

b) Sens 

1¬į) de primitif : par opposition au sens d√©riv√© ou figur√© d'un mot;

2¬į de exact, par opposition √† l'emploi incorrect d'un mot : propri√©t√© du langage. 


c) Droit de jouir et de disposer d'une chose à son gré.

Dans la philosophie scolastique, c'est ce qui est propre √† une chose, autrement dit un mode de relation particulier du sujet √† l'attribut. Plus tard, Leibniz distinguera entre propri√©t√©s et modifications des choses. Les propri√©t√©s sont perp√©tuelles, les modifications transitoires, dira-t-il. De l√†, il conviendra aussi, pour la philosophie classique, de faire la part entre les propri√©t√©s essentielles, et les propri√©t√©s contingentes (en somme, √† faire la diff√©rence entre ce que c'est que d'√™tre une femme et √™tre la reine d'Angleterre...). 

Protensif (dérivé de Protensus = allongé, participe passé de pro-tendere = tendre en avant, allonger) : ce mot signifie : qui a une grandeur dans le temps, comme extensif signifie : qui a une grandeur dans l'espace.

Protocolaires (énoncés). - Ce concept, élaboré au sein du Cercle de Vienne, renvoie à une tentative de fonder le langage scientifique sur des énoncés empiriques, c'est-à-dire des énoncés qui peuvent être vérifiés par l'expérience sensorielle directe. Selon les membres du Cercle de Vienne, seuls les énoncés qui peuvent être confirmés ou infirmés par l'observation empirique ont une signification légitime. Ces énoncés sont appelés énoncés protocolaires en raison de leur lien étroit avec des protocoles d'observation, c'est-à-dire des descriptions détaillées d'observations sensorielles. Les énoncés protocolaires sont considérés comme la base empirique du langage scientifique. Les énoncés qui ne peuvent pas être réduits à des énoncés protocolaires, tels que les énoncés métaphysiques, sont jugés dénués de sens ou non significatifs par les membres du Cercle de Vienne.

Prototype (Pr√ītotypos = qui est le premier type, de pr√ītos = premier, pour proatos, superlatif de pro = avant; de typos = coup, empreinte faite par un coup, forme, type, mod√®le).  - Ce mot signifie premier type, qui sert de mod√®le. D'apr√®s Platon, les id√©es sont les prototypes des √™tre. - Les universaux existent dans l'intelligence divine √† l'√©tat de causes exemplaires, de prototypes. On dit aussi arch√©types

Providence  (providere = pr√©voir et pourvoir). - Dieu, en tant qu'il conserve et gouverne le monde, est appel√© providence. La d√©termination de cet attribut divin se fonde sur l'ordre qui r√®gne dans le monde ni sur la th√©orie des causes finales.

Prudence. - Vertu intellectuelle et morale qui implique la capacit√© de prendre des d√©cisions judicieuses, bas√©es sur la compr√©hension et l'√©valuation des circonstances sp√©cifiques. Dans la philosophie d'Aristote, la prudence (phronesis) est l'une des vertus morales importantes. Elle est li√©e √† la sagesse pratique et au discernement moral. 

Psychanalyse (de Psych√® = √Ęme). - Th√©orie psychologique √©labor√©e par Sigmund Freud au cours de la fin du XIXe et du d√©but du XXe si√®cle. Elle repose sur l'id√©e qu'une grande partie de notre activit√© mentale est inconsciente, et que ces contenus inconscients (pens√©es, d√©sirs et souvenirs refoul√©s), influent sur nos comportements, nos √©motions et nos pens√©es de mani√®re souvent involontaire et jouent un r√īle fondamental dans la formation de notre personnalit√© et dans notre comportement.

Outre celui d'inconscient qu'il a réinterprété, Freud a introduit plusieurs concepts propres à la psychanalyse, comme celui de refoulement, qui désigne le mécanisme de défense par lequel des pensées et des émotions douloureuses sont repoussées dans l'inconscient. Il a également proposé que la personnalité est structurée en trois parties : le ça (instincts et impulsions), le moi (fonctions cognitives et perceptives) et le surmoi (normes et valeurs internalisées). Freud a identifié par ailleurs divers stades de développement psychosexuels, chacun associé à des zones érogènes. Il a en outre élaboré des concepts tels que le complexe d'Oedipe pour expliquer les relations parent-enfant et les conflits associés.

La psychanalyse se pr√©sente aussi comme une m√©thode de psychologie clinique. La base du traitement en psychanalyse √©tant la psychanalyse elle-m√™me, qui implique des s√©ances o√Ļ le patient parle librement, exprimant ses pens√©es et ses √©motions sous la guidance d'un psychanalyste. Il s'agit ainsi de d√©celer, au moyen de proc√©d√©s divers reposant sur le jeu de l'association, l'existence de souvenirs de d√©sirs et d'images combin√©s en syst√®mes d'id√©es inconscients (complexes) dont la pr√©sence inaper√ßue est vue comme la cause des troubles psychiques ou m√™me physiques et qui cessent de produire ces effets, une fois rappel√©s √† la pleine conscience.

Psych√©. - Terme qui selon le contexte qui fait r√©f√©rence √† l'esprit, √† l'√Ęme ou √† la totalit√© de l'activit√© mentale et de la vie psychologique d'un individu. En psychologie et en philosophie on parle de psych√© pour d√©signer l'ensemble des processus mentaux, des √©motions, des pens√©es, des perceptions, des croyances et des exp√©riences subjectives qui composent la vie int√©rieure d'une personne. Dans les approches contemporaines de la psychologie, la psych√© est √©tudi√©e √† travers des mod√®les et des th√©ories qui cherchent √† expliquer et √† d√©crire des m√©canismes sous-jacents de la cognition, les √©motions, le comportement, la perception, la m√©moire, la personnalit√©, etc. 

Psychique (Psychikos = qui concerne la vie de l'√Ęme, de psych√®). - Ce mot s'emploie : a) √† la place de psychologique et de mental;  b) pour signifier les ph√©nom√®nes de l'esprit qui pr√©sentent des caract√®res extraordinaires.

Psychisme. -Ensemble des ph√©nom√®nes li√©s √† la vie mentale et √† la conscience. Il englobe les processus mentaux, les activit√©s cognitives, les √©motions, les pens√©es, les perceptions, les souvenirs, et d'autres aspects de la vie mentale d'un individu.  Le psychisme implique la conscience, ce qui englobe la perception de sensations, la prise de d√©cisions, etc. La pens√©e, la m√©moire, l'apprentissage, et la r√©solution de probl√®mes sont des aspects importants du psychisme. Le psychisme est √©galement li√© √† l'affectivit√©, c'est-√†-dire aux √©motions, aux sentiments et aux r√©actions √©motionnelles aux diff√©rentes exp√©riences de la vie. 

Psychologie (psych√® = √Ęme; logos = science) . - √Čtymologiquement, le mot psychologie, qui n'√©tait pas employ√© avant Wolff, disciple de Leibniz, signifie science de l'√Ęme. Mais l'√Ęme peut √™tre √©tudi√©e dans ses ph√©nom√®nes qui se manifestent √† la conscience ou dans sa nature et son essence, qui sem-blent plut√īt l'objet des sp√©culations de la m√©taphysique.

On distingue donc une psychologie expérimentale ou empirique ou scientifique, qui est la science des conduites, voire des des faits psychiques et de leurs lois, et une psychologie rationnelle, qui entend étudier les causes des faits psychiques et qui est proprement philosophique.

Psychologisme (de Psychologie) : doctrine de ceux qui font de la Psychologie le fondement de toutes les autres sciences, qui n'en seraient qu'une application.

Psychophysique. - Branche de la psychologie qui √©tudie  la relation entre les stimuli physiques et les exp√©riences mentales ou perceptuelles. Elle cherche √† comprendre comment les caract√©ristiques physiques des stimuli externes (comme la luminosit√©, la couleur, le son, etc.) sont li√©es aux sensations et aux perceptions mentales. Wilhelm Wundt, consid√©r√© comme le fondateur de la psychologie exp√©rimentale, a √©t√© l'un des premiers √† d√©velopper des exp√©riences psychophysiques au XIXe si√®cle. Gustav Fechner, un disciple de Wundt, est √©galement un pionnier de la psychophysique.

Puissance. - En algèbre on nomme puissance d'un nombre, le produit obtenu en multipliant ce nombre une ou plusieurs fois par lui-même. La puissance n de x est le produit de n facteurs égaux à x et s'indique par xn, n étant l'exposant de cette puissance.

Puissance (philosophie). - a) La puissance, par opposition √† l'acte, c'est l'√™tre qui n'est pas encore d√©termin√©. Quand la forme l'a d√©termine, il devient, de possible, actuel ou en acte. Cependant la puissance n'est pas la simple possibilit√© : celle-ci est d'ordre logique, tandis que la puissance est d√©j√† une r√©alit√© inf√©rieure. Le bloc de marbre est aussi r√©el que la statue. En Dieu, dans la langue d'Aristole, il n'y a aucune puissance; tout est en acte, il est acte pur. Quand on dit que Dieu est toutpuissant, l'expression prend donc un sens fort diff√©rent et signifie qu'il peut tout ce qu'il veut. - b) Synonyme de pouvoir. Pour Spinoza, la puissance (potentia) est la capacit√© d'agir ou d'√™tre affect√©. La recherche de la puissance est li√©e √† la recherche du bonheur et de la libert√©. Nietzsche a props√© le concept de  volont√© de puissance, qui refl√®te le d√©sir fondamental de s'affirmer et de s'√©panouir.

Pur (Purum, racine py = purifier). - Etat d'une chose considérée en elle-même, dans son essence propre, avant qu'elle se soit mêlée et combinée avec d'autres choses dont la nature diffère de la sienne ou lui est même contraire.

Pyramide des √Ęges. - C'est une repr√©sentation graphique d'une  population donn√©e en fonction du sexe et des classes d'√Ęges.

Pyrrhonisme. -  Scepticisme de Pyrrhon, philosophe grec (340 av. JC). Ce mot s'emploie comme synonyme de scepticisme en g√©n√©ral. - Les dix √©poques de Pyrrhon sont les dix raisons de douter sur lesquelles il fondait son scepticisme : relativit√© de la connaissance, impuissance de la raison √† prouver sa l√©gitimit√©, contradictions de la science humaine et de nos facult√©s entre elles, etc.

Pythagorisme. - Doctrine de Pythagore et de son √©cole. Le pythagorisme pr√īnait la croyance en une r√©alit√© math√©matique sous-jacente √† toute existence, selon laquelle l'univers √©tait ordonn√© selon des lois math√©matiques et g√©om√©triques. C'√©tait aussi une doctrine morale et religieuse, qui pr√īnait la purification de l'√Ęme par la pratique de la musique, de la gymnastique et de la m√©ditation.

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