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Dictionnaire des idées et méthodes
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Sage (de Sapere = avoir de la saveur, du go√Ľt, du sens, de la raison) : a) Celui qui sait ce qui est, ce qu'il faut faire (ex. :  les Sept Sages de la Gr√®ce). - b) Celui qui r√©alise un id√©al moral.

Sagesse (de Sage) : a) Dans l'Antiquité grecque, la sagesse signifiait, science, et ce fut le premier nom de la philosophie. - b) Chez les moralistes anciens, ce mot désigne la première des quatre vertus fondamentales et s'appelle aussi prudence : c'est la vertu de l'intelligence, autrement dit, la science, et particulièrement la science des choses par leurs causes. - c) Plus tard, on l'entendit de la vertu : vertu morale qui dispose l'intelligence à discerner ce qu'on doit faire et éviter dans la conduite de la vie.

Saint-simonisme. - Doctrine, syst√®me de Saint-Simon et. dos disciples de Saint-Simon. D'apr√®s les saint-simoniens, √† l'injustice, √† l'isolement de la soci√©t√© actuelle doivent succ√©der la justice et l'association, mais il faut avant tout renverser le principe de la propri√©t√© h√©r√©ditaire, d'ailleurs de plus en plus √©branl√©, et hi√©rarchiser l'humanit√© suivant le principe : 

¬ę A chacun selon sa capacit√©, √† chaque capacit√© selon ses oeuvres ¬Ľ. 
Dans l'histoire de la soci√©t√©, on distingue des √©tats organiques et des √©tats critiques, suivant que domine le principe de l'association ou celui d'antagonisnme. L'antagonisme social doit dispara√ģtre et c√©der la place √† l'association universelle. Le christianisme a d√©termin√© la premi√®re pacification de l'humanit√©; il faut faire cesser totalement l'exploitation de l'humain par l'humain, dont les trois phases sont marqu√©es par l'esclavage, le servage et le prol√©tariat.

L'Etat, et non plus la famille, héritera des richesses accumulées et répartira les instruments de travail suivant les besoins et les capacités. Une banque centrale, avec des banques spéciales, organisera la production méthodique sans disette ni encombrement.

Il faut une religion plus puissante que les religions antérieures, réhabilitant la matière actuellement sacrifiée à l'esprit; les prêtres coordonneront les efforts des savants et des industriels; c'est vers une théocratie nouvelle que s'acheminera la société; l'enseignement exercera l'activité matérielle de l'enfant pour l'industrie, la faculté rationnelle pour la science, la sympathie pour les beaux-arts. (NLI).

Salamanque (Ecole de). - Groupe de th√©ologiens et de juristes espagnols du XVIe si√®cle qui ont essay√© de concilier les enseignements de l'√Čglise avec les id√©es de la philosophie antique et de la Renaissance. Principaux repr√©sentants : 

‚ÄĘ Francisco de Vitoria, consid√©r√© comme le fondateur de l'√©cole de Salamanque. Ses travaux ont influenc√© les th√©ories modernes de la souverainet√© et du droit international.

‚ÄĘ Domingo de Soto a contribu√© au d√©veloppement de la th√©ologie morale et de la philosophie politique. 

‚ÄĘ Luis de Molina a travaill√© sur la th√©orie de la gr√Ęce et du libre arbitre

‚ÄĘ Francisco Su√°rez a d√©velopp√© des th√©ories sur la loi naturelle et la souverainet√©.

Ces penseurs ont contribué à la formation de la doctrine catholique sur la guerre juste, en développant des théories sur la propriété, le commerce et les relations internationales. Ils ont aussi été une importante source d'inspiration pour les penseurs européens des XVIIe et XVIIIe siècles, qui ont adopté et adapté leurs idées dans le cadre du mouvement des Lumières.

Sanction (Sanctio, de sanctum, supin de sancire = établir par un acte religieux, établir par une loi, régler, sanctionner) : a) Acte d'établir une loi; peine établie par une loi pour réprimer les infractions aux prescriptions légales. - b) Puis, peine ou récompense jointes à un ordre pour en assurer l'observation. - c) Par extension, toute peine, ou avantage qui résulte, soit du cours naturel des choses, soit de la façon d'agir.

S√Ęnkhya. -  Un des six grands syst√®mes de la philosophie indienne, ou Dar√ßanas, dont on attribue l'invention au sage Kapila.

Saut. - M√©taphore de Kierkegaard (La maladie jusqu'√† la mort, 1843) pour caract√©riser le mouvement de l'existence, chez  lui distinct du devenir logico-m√©taphysique de Hegel. Le saut porte l'id√©e que la foi authentique n'est pas simplement une adh√©sion intellectuelle, mais plut√īt une d√©marche qui engage l'ensemble de l'individu, y compris ses √©motions et sa volont√©. Le saut ne se r√©f√®re pas √† un acte irrationnel, mais plut√īt √† une d√©cision profonde et subjective de faire confiance √† quelque chose de transcendant, m√™me sans preuves objectives. C'est une id√©e centrale dans la r√©flexion de Kierkegaard sur la foi chr√©tienne.

Savoir (de Sapere = avoir de la saveur, avoir du sens) : a) Ce que l'on sait : la philosophie est le ¬ęsavoir compl√®tement unifi√©¬Ľ (Spencer). b) Savoir s'emploie comme synonyme de Science. 

Scepticisme (du latin scolastique Scepticismus, de skeptiko = qui examine, skeptomai = examiner. Racine skep = voir). 

a) Doctrine d'après laquelle la certitude de la vérité spéculative est plus ou moins inaccessible à l'esprit humain. - Le scepticisme examine sans conclure : il consiste à soutenir que rien n'est certain, que tout est douteux et laisse l'esprit en suspens. Les Sophistes, qui prétendaient avec Protagoras que l'humain est la mesure de toutes choses, étaient des Sceptiques. Pyrrhon systématisa toutes les objections élevées contre les sens et la raison : pyrrhonisme est synonyme de scepticisme.

Les dix époques ou raisons de suspendre son jugement sont réduites par Agrippa aux cinq suivantes :

1¬į contradiction des jugements humains; 

2¬į relativit√© de nos conceptions; 

3¬į progr√®s a l'infini dans la d√©monstration; 

4¬į caract√®re hypoth√©tique de la raison qui ne peut r√©ussir √† prouver sa propre l√©gitimit√©;

5¬į cercle vicieux in√©vitable ou diall√®le, parce que le d√©montr√© s'appuie toujours sur l'ind√©montrable.

La forme moderne du  Scepticisme est la relativit√© de la connaissance humaine : les sciences ont fait trop de progr√®s pour que les contradictions des jugements humains puissent servir d'arguments contre la certitude, mais la m√©taphysique n'a jamais √©t√© plus attaqu√©e sous pr√©texte que nous connaissons n√©cessairement avec nos facult√©s (subjectives) de conna√ģtre, et que les choses en soi nous √©chappent par leur d√©finition m√™me, puisque, d√®s qu'elles se manifesteraient, elles deviendraient des ph√©nom√®nes d'elles-m√™mes (Relativisme, Criticisme).

 b) Tournure d'esprit qui porte √† nier.

Sch√©matisme (de Sch√®me) : d'apr√®s Kant, les cat√©gories de l'entendement sont des fonctions unificatrices de l'esprit, qui par elles-m√™mes ne sont pas applicables aux donn√©es de l'exp√©rience. D'autre part, les donn√©es de l'exp√©rience ou impressions empiriques participent √† l'√©tendue et √† la dur√©e au moyen des intuitions pitres ou formes a priori de la sensibilit√©, l'espace et le temps. Pour que les impressions sensibles, ainsi √©labor√©es, apparaissent √† la conscience comme ph√©nom√®ne, c'est-√†-dire comme objet, il faut que les cat√©gories de l'entendement leur soient appliqu√©es. Le but du Sch√©matisme transcendantal est pr√©cis√©ment, de montrer comment s'op√®re cette application. Voir Sch√®me, 4¬į. - Le m√©canisme de cette application est si arbitraire et si compliqu√© qu'il est abandonn√© m√™me par les partisans du Kantisme.

Schéma, Schème, Schématisme (Schema = manière d'être, figure, esquisse ).

1¬į) Trac√© figurant, par les proportions et relations de certaines lignes, les lois de variation de certains ordres de ph√©nom√®nes en physique, en m√©canique, en statistique. 

2¬į) Figure simplifi√©e d'un objet r√©duit aux traits essentiels (ex. :. trac√© figurant la disposition d'un organe). 

3¬į) En philosophie : 

a) C'est la forme sous laquelle on se représente un concept.

b) On entend aussi par sch√®me une sorte d'image vague, peu d√©termin√©e (par exemple,  on se repr√©sente le cheval, le chien, le lion, etc., sous le sch√®me de quadrup√®de. C'est alors l'image composite.

4¬į) Un sch√®me, dans la langue de Kant, est une forme qui rend applicables aux ph√©nom√®nes les concepts purs de l'entendement. Le sch√®me est fourni par l'imagination et sert d'interm√©diaire entre les concepts purs et les intuitions empiriques : on dira, par exemple, que la succession est le sch√®me de la causalit√© parce que, lors m√™me que la cause et l'effet sont simultan√©s, nous attribuons √† la cause une sorte d'ant√©riorit√© par rapport √† l'effet. De m√™me la permanence serait le sch√®me de la substance.

Kant donne le nom de schématisme de l'entendement pur au procédé par lequel nous nous servons
du sch√®me pour appliquer les concepts aux objets ou plut√īt aux intuitions : la pure pens√©e ne s'applique aux choses que par l'interm√©diaire des images individuelles et des images g√©n√©ralis√©es ou sch√®mes. Les sch√®mes transcendantaux correspondent aux cat√©gories : ce sont, par exemple, pour la cat√©gorie de la quantit√©, l'unit√©, la pluralit√©, la totalit√©.

Scholie, scolie (scholion = explication, commentaire, note, de scholè = loisir consacré à l'étude, école) : remarque sur un théorème pour en compléter ou limiter l'application.

Science (Scientia, de sciens, participe présent de scire = savoir) : a) C'est un synonyme de savoir. - b) Subjectivement : sens péripatéticien et scolastique connaissance des choses par leurs causes; - c) Objectivement : ensemble d'énoncés sur le monde reliés entre eux par une méthode. Savoir, a dit Kepler, c'est mesurer; la quantité seule peut être mesurée exactement; toute science est donc un système de connaissances quantitatives.

On distingue quelquefois les sciences spéculatives et les sciences pratiques, mais toute science est de sa nature spéculative ou théorique, et quand elle devient pratique, c'est qu'elle se transforme en art, en technique.

On a essay√© bien des fois de donner une classification des sciences. Celle qui a r√©gn√© le plus longtemps est celle du Moyen √Ęge. Toutes les sciences √©taient r√©parties dans le quadrivium et le trivium. Mais cette classification n'a aucune importance philosophique. Les plus c√©l√®bres, dans les temps modernes, sont celles de Bacon, d'Amp√®re et de Comte.

Bacon classe les sciences d'après les facultés qui les engendrent. La raison donne les sciences philosophiques et théologiques, l'imagination les sciences poétiques, la mémoire les sciences historiques (histoire proprement dite et histoire naturelle). On voit assez l'insuffisance et l'arbitraire de cette classification mise en honneur par d'Alembert dans la préface de l'Encyclopédie : d'abord toutes nos facultés concourent, bien loin que chacune d'elles agisse isolément, dans tel ou tel ordre de sciences; ensuite ces facultés elles-mêmes sont énumérées arbitrairement; enfin l'esprit est choqué de trouver dans un même groupe l'histoire civile et politique et l'histoire naturelle.

La classification d'Ampère, fondée non plus sur les facultés du sujet, mais sur les différences des objets, est tout autrement complète et rigoureuse. Qu'il suffise d'indiquer les grandes divisions, sciences cosmologiques (de la matière) et noologiques (de l'esprit), subdivisées, les premières, en cosmologiques proprement dites ou de la matière inorganique, et physiologiques ou de la matière organisée, etc. Il poursuit cette division avec une rigueur systématique et obtient cent vingt-huit sciences. C'est un des plus grands efforts de l'esprit philosophique et encyclopédique au XIXe siècle : cependant cette classification compliquée est généralement abandonnée.

Auguste Comte range les sciences : 1¬į dans l'ordre o√Ļ elles s'inipliquent th√©oriquement; 2¬į dans l'ordre o√Ļ elles se sont d√©velopp√©es historiquement, et cet ordre est le m√™me que le pr√©c√©dent. Il obtient ainsi la s√©rie suivante : 1¬į math√©matiques; 2¬į astrononmie; 3¬įphysique; 4¬į chimie ; 5¬į biologie; 6¬į sociologie. Pour Comte, la psychologie rentre dans la biologie, et la logique, omise √©galement, n'est que la m√©thodologie de chaque science. Herbert Spencer a critiqu√© et, sur certains points, am√©lior√© et compl√©t√© la classification positiviste, mais sans beaucoup modifier ses traits essentiels.

La philosophie actuelle de la science est moins tournée vers des questions de classifications que sur l'examen des fondements, des méthodes, de l'épistémologie et lde l'ontologie des sciences, ainsi que vers des sujets tels que le réalisme scientifique, le réductionnisme, le paradigme et la structure théorique.

Scientisme. - Croyance selon laquelle les résultats des sciences se placent au-dessus de toute critique philosophique. Cet acte de foi-paradoxal, qui au nom de la raison nie la raison, conduit notamment à affirmer que les questions philosophiques (voire les questions relevant des diverses sciences sociales) peuvent se résoudre par le seul chemin des sciences de la nature. C'est alors une forme extrémiste du réductionnisme, autrement dit un dévoiement d'une démarche méthodologique, qui se trouve ainsi érigée en mysticisme, au nom d'un prétendu rationalisme, qui est justement tout le contraire d'un rationalisme bien compris.

Le scientisme a eu son heure de gloire √† la fin du XIXe si√®cle. Renan, Marcelin Berthelot  furent les pontifes de ce qu'on a nomm√© la ¬ę Nouvelle Idole ¬Ľ. A cette √©poque, "LA science" (expression sublim√©e des sciences) devait √™tre en mesure, croyait-on, la r√©ponse ultime √† toutes les interrogations, elle devait satisfaire tous les besoins intellectuels et moraux de l'humain. 

Les scientifiques sont aujourd'hui dans leur immense majorit√© beaucoup plus prudents quant √† la capacit√© des sciences √† produire des v√©rit√©s ultimes. Quelques scientistes subsistent encore. On en rencontre surtout parmi les chercheurs en sciences de la nature (de la cosmologie √† la biologie, donc). Des sectateurs fanatiques, que l'on remarque d'autant plus ais√©ment qu'ils peuvent mieux que les autres compter sur relais de m√©dias de masse, toujours avides d'id√©es simplistes, √† d√©faut d'√™tre honn√™tes. 

Scolarque. - C'√©tait un titre particulier attribu√© aux dirigeants des √©coles philosophiques dans l'Antiquit√© grecque. Les √©coles philosophiques √©taient des centres d'enseignement et de r√©flexion philosophique, o√Ļ les √©tudiants se rassemblaient pour √©tudier et discuter des id√©es philosophiques. Le scolarque √©tait le chef ou le directeur de l'√©cole, charg√© de l'enseignement et de la gestion de l'√©cole. Parmi les scolarques les plus c√©l√®bres, on peut citer Platon, qui √©tait le scolarque de l'Acad√©mie de Platon, et Aristote, qui a dirig√© son propre √©tablissement appel√© le Lyc√©e.

Scolastique (La) (Scholasticus, scolasticus = qui a du loisir, qui consacre son loisir √† l'√©tude, relatif √† l'√©tude, √† l'√©cole, de schola, scola = loisir, lieu d'√©tude, √©cole) : indique la philosophie de l' ¬ę √Čcole ¬Ľ, c'est-√†-dire l'ensemble des doctrines profess√©es dans les √Čcoles et Universit√©s catholiques depuis le Xe si√®cle.

Scolastique (philosophie) (Philosophia scholastica, puis Scholastica, tout court). - Philosophie du Moyen √Ęge fond√©e sur la tradition p√©ripat√©ticienne et sur l'autorit√© de l'Eglise. Thomas d'Aquin, l'ange de l'√©cole, l'a r√©sum√©e et syst√©matis√©e dans sa Somme.

La soumission plus ou moins complète de la philosophie au dogme, de la raison à la foi (la philosophie est la servante de la théologie), l'usage excessif de la déduction et du syllogisme, l'extrême subtilité des analyses, trop souvent verbales, la tendance à réaliser les abstractions et à créer des entités explicatives qui n'expliquent rien : tels ont été les abus de la scolastique, dont le règne ne finit qu'avec Bacon et Descartes.

Mais elle a rendu de grands services √† l'esprit humain en maintenant le go√Ľt de la philosophie et la passion de la dialectique, en cr√©ant un langage technique d'une rigoureuse logique, sur lequel nous vivons encore et qui a contribu√© largement √† donner √† la langue fran√ßaise sa clart√© et sa pr√©cision.

Il faut donc se garder de m√©priser ¬ę le fatras scolastique ¬Ľ, et faire comme Leibniz, qui puisait largement dans cet arsenal de mots et d'id√©es.

Scotisme. - Ce mot d√©signe d'une mani√®re g√©n√©rale la philosophie de Duns Scot et d'une mani√®re particuli√®re, qui est la plus fr√©quente, l'opposition de cette philosophie avec celle de saint Thomas, le thomisme, sur le point particulier de la libert√© en Dieu. Duns Scot, p√©n√©tr√© de l'id√©e que l'√Ęme est une, critiquait et condamnait toute th√©orie qui consid√®re les facult√©s comme ayant une existence distincte et s√©par√©e de l'√Ęme elle-m√™me. En Dieu il pla√ßait l'attribut volont√© avant l'attribut intelligence : Dieu est une libert√© infinie qui n'est point d√©termin√©e par les lois des intelligences, mais qui pose ces lois pour elle-m√™me et pour tous les esprits. Sur la primaut√© de la libert√© en Dieu par rapport √† l'intelligence, Descartes a repris la tradition du scotisme : Dieu, selon lui, √©tablit librement les v√©rit√©s n√©cessaires comme un roi √©tablit des lois en son royaume. Leibniz a au contraire repris la tradition du thomisme : les principes pens√©s par l'intelligence divine s'imposent √† la volont√© de Dieu, qui est n√©cessit√© moralement √† choisir le meilleur.

Ajoutons que les Scotistes ont enseigné, contrairement aux Thomistes, que la matière des corps terrestres et des corps célestes est identique. Ils ont vivement combattu la prémotion ou prédétermination physique. Le principe d'individuation est, selon eux, une entité surajoutée à l'essence des êtres, qu'ils nomment Eccéité.

Enfin, Scot restreint la pluralit√© des formes aux √™tres vivants ; beaucoup de ses disciples l'attribuent √† tous les √™tres de la nature. Il a imagin√©, ou du moins ses disciples, une distinction formelle, qui a beaucoup nui au Scotisme. Cette distinction, en effet, n'√©tant de l'aveu m√™me des Scotistes, ni r√©elle, ni de raison, est inconcevable, parce qu'il n'y a pas place punir une distinction interm√©diaire. 

Sécant, sécante (mathématiques). - Cette expression a plusieurs sens, qui cependant, malgré leurs différences apparentes, dérivent tous de la même idée. Comme l'indique l'étymologie, une figure sécante veut dire qui coupe, qui rencontre. Par exemple, par rapport à une surface, un plan sécant est un plan qui rencontre cette surface. Une droite est sécante on extérieure à un cercle tracé dans un plan qui contient cette droite,suivant qu'elle le coupe ou non; si elle le touche en un seul point, elleest tangente; de même, des droites parallèles, dans un mêmeplan, mi des plans parallèles dans l'espace, sont coupés par une sécante, si cette dernière droite n'est pas elle-même parallèle aux droites ou aux plans donnés. Toutes ces figures se prêtent à de nombreuses propositions classiques de géométrie sur lesquelles il n'y a pas lieu d'insister ici.

En trigonométrie, dans la définition élémentaire des fonctions circulaires, on appelle sécante d'un arc AM le segment de droite OT qui part du centre du cercle trigonométrique et qui aboutit au point de rencontre du rayon OM prolongé avec la tangente AT à l'origine de l'arc AM.

Secte (Secta, voie qu'on suit, manière d'agir, école, secte, de sequor = secutus sum = suivre) : a) Groupe d'individus professant une même doctrine : ex. : la secte épicurienne. - b) Sens péjoratif : groupe d'individus passionnément attachés à une doctrine et par suite, intransigeants à l'égard des autres.

Section (du latin sectio; de secare = couper). - Action de couper : coupe, endroit o√Ļ une chose est coup√©e, tranch√©e.

En géométrie, onn nomme en général section d'une surface la ligne déterminée sur elle par la rencontre d'une autre surface définie. Les sections planes sont naturellement celles qu'on étudie d'abord. C'est en coupant les surfaces simples par des plans que les géomètres grecs s'élevèrent d'abord à la conception de courbes plus compliquées que le cercle. Les sections coniques, dans lesquelles rentrent les sections cylindriques, furent les premières qui se présentèrent à leurs recherches.

Si le plan s√©cant rencontre toutes les g√©n√©ratrices d'une n√™me nappe du c√īne, la section est une ellipse. Si le plan s√©cant rencontre les g√©n√©ratrices des deux nappes, la section est une hyperbole. Si le plan s√©cant est parall√®le √† une g√©n√©ratrice, la section est une parabole. 

Section antiparall√®le du c√īne oblique : Les Anciens nommaient c√īne oblique un c√īne ayant encore pour directrice la circonf√©rence d'un cercle, mais son sommet situ√© hors de l'axe de ce cercle; c'est pour nous un c√īne du second degr√©. Les sections planes d'un c√īne du second degr√© sont encore des courbes du second degr√©. Mais, parmi ces sections, il en est de remarquables, il existe un premier syst√®me de sections circulaires : ce sont les sections du c√īne par des plans parall√®les √† la directrice. Les sections circulaires du second syst√®me sont fournies par des plans perpendiculaires au plan de sym√©trie ou principal du c√īne, qi coupent ce plan principal Suivant des droites inclin√©es sur les g√©n√©ratrices principales comme les traces des sections circulaires du premier syst√®me, mais de fa√ßon que les angles √©gaux ne correspondent pas aux m√™mes g√©n√©ratrices C'est en raison de cette dis position qu'on a donn√© le nom d'antiparall√®les aux sections du second syst√®me.

Secundum quid : expression scolastique signifiant : sous un certain rapport, dans une certaine mesure (ex. : telle affirmation est vraie secundum quid). S'oppose à Simpliciter

Séismologie. - Branche de la géophysique qui étudie les séismes ou tremblements de terre.

S√©mantique (S√®mantikos = qui signifie, de s√®main√ī = marquer d'un signe, expliquer, signifier, de s√®ma = signe). -  Etude des √©l√©ments du langage consid√©r√©s du point de vue de leurs significations. Ce mot  a √©t√© propos√© par Michel Br√©al. Telle que la d√©finit Br√©al, la s√©mantique ne se r√©duit pas √† l'√©tude des changements de sens subis par les mots : elle embrasse tous les ph√©nom√®nes du langage, en tant qu'ils sont des manifestations de l'intelligence humaine. La s√©mantique n'est donc pas une partie distincte de la grammaire. Phon√©tique, √©tymologie, morphologie, syntaxe peuvent √™tre √©tudi√©es soit √† un point de vue purement formel, soit au point de vue s√©mantique. S√©mantique est donc synonyme de ¬ę psychologie du langage ¬Ľ. C'est la s√©mantique, par exemple, qui rend compte des ph√©nom√®nes d'analogie, c'est-√†-dire des irr√©gularit√©s phon√©tignes ou morphologiques dues √† l'association des id√©es. Les changements r√©guliers dans les formes ou les constructions rel√®vent √©galement de la s√©mantique, ainsi que la cr√©ation des n√©ologismes, etc.

Semblable (de Sembler, de similare = être semblable, rendre semblable, de similis = semblable) : a) En général, ce qui présente avec un autre objet une grande ressemblance : ex. : nous appelons les autres humains nos semblables. - b) En un sens large, semblable équivaut à analogue, c'est-à-dire à ce qui a, avec d'autres, quelque chose d'identique et quelque chose de différent.

Sémiologie. - Discipline qui étudie les systèmes de signes et de symboles qui composent les langages, les représentations culturelles et les pratiques sociales, en cherchant à décrire comment ces signes fonctionnent et comment ils créent du sens.

Sémiotique. - Processus par lequel les signes et les symboles sont utilisés dans divers contextes pour créer du sens et communiquer des idées, des concepts et des significations entre les individus ou à l'intérieur d'une culture donnée. La sémiotique implique trois éléments clés :

‚ÄĘ Le signe (ou le symbole), qui est l'unit√© de base de la s√©miotique. Celui-ci est compos√© d'un signifiant (la forme per√ßue du signe, comme un mot √©crit ou un geste) et d'un signifi√© (la signification ou le concept associ√© au signifiant).

‚ÄĘ L'interpr√®te qui est l'individu ou le groupe qui re√ßoit et interpr√®te le signe en fonction de son contexte culturel, social et individuel.

‚ÄĘ Le contexte (linguistique, culturel, social, historique, etc.) dans lequel le signe est utilis√© et interpr√©t√©. 

Sens (Sensum, de sensum, supin de sentire = percevoir par les sens, sentir, penser) : ce qu'un mot ou tout autre signe disent à l'esprit. - Sens : a) usuel; b) arbitraire. - Sens composé et sens divisé : une expression est prise, comme disent les Scolastiques, in Sensu composito, quand ses éléments doivent être pris ensemble connue formant un tout solidaire. Elle est prise in Sensu diviso, quand certains de ses éléments doivent être entendus indépendamment des autres.

Sens (géométrie). - : Orientation particulière le long d'une direction. Le sens indique, par exemple, si un objet se déplace vers la gauche ou vers la droite, vers le haut ou vers le bas, ou dans une autre orientation par rapport à la direction donnée.

Sens: a) Facult√© d'√©prouver une cat√©gorie de sensations. - b) Facult√© de Conna√ģtre d'une mani√®re imm√©diate, intuitive : sens intime; sens moral, sens du vrai, du beau. - c) D'o√Ļ, intelligence spontan√©e, facile, droite.

Les sens et leurs organes sont les divers moyens par lesquels nous entrons en relation avec le monde ext√©rieur : le toucher (sens intellectuel), la vue, l'ou√Įe (sens esth√©tiques), le go√Ľt et l'odorat (sens chimiques).

Quelques psychologues ont admis autrefois aussi un sens vital qui nous renseigne sur les modifications de notre propre corps, et un sens musculaire spécialement affecté aux mouvements que nous imprimons aux muscles par l'intermédiaire des nerfs.

Outre les sens externes, les Scolastiques admettaient des sens internes, sans organes extérieurs le sens commun (qui réunit les impressions et nous fait rapporter, par exemple, à un objet unique, la chaleur, la lumière, les crépitements de la flamme); l'imagination (qu'ils distinguaient quelquefois en imagination proprement dite et fantaisie) ; l'estimative (analogue à l'instinct) ; la mémoire (en tant qu'elle a pour objet le sensible, non l'intelligible).

Aujourd'hui on appelle encore quelquefois la conscience psychologique sens intime ou sens interne.

Sens (bon) : a) Capacité naturelle de bien juger et d'apprécier les choses à leur valeur. - b) Synonyme de raison chez Descartes.

Sens commun. - Cette expression, qui traduit deux expressions latines, sensus communis et sensorium commune, ne désigne plus le sensorium (ou lieu cérébral de convergence des impressions sensibles, organe du sens commun), mais les vérités communes ou soi-disant communes à tous les hommes. C'est donc un nom populaire de la raison.

L'école écossaise aimait à invoquer les vérités du sens commun qu'elle appelait encore des préjugés légitimes.

Dans le sens de criterium de la vérité, le sens commun se confond avec le consentement général.

Quelquefois enfin, cette expression s'entend du bon sens, de la rectitude de jugement, et c'est ce qui a fait dire que le sens commun n'est pas si commun qu'on pense.

Sens (donn√©es des). - Le r√©alisme na√Įf accepte g√©n√©ralement que les donn√©es des sens nous donnent une connaissance directe du monde. Les objets que nous percevons existent ind√©pendamment de notre perception. Les empiristes (Locke, Berkeley, Hume) soutiennent que la connaissance provient principalement, voire exclusivement, de l'exp√©rience sensorielle. Selon cette perspective, l'esprit est initialement une table rase ou une page blanche qui est fa√ßonn√©e par les impressions sensorielles que nous recevons du monde ext√©rieur. Certains philosophes, comme Berkeley, ont d√©velopp√© le ph√©nom√©nalisme, une position selon laquelle tout ce que nous pouvons conna√ģtre est li√© √† nos exp√©riences sensorielles. Selon Berkeley, l'existence des objets d√©pend de leur perception. Les rationalistes (par exemple, Descartes), en revanche, accordent une plus grande importance √† la raison et √† l'intellect dans la formation de la connaissance. Pour eux, certaines connaissances sont inn√©es et ne d√©pendent pas n√©cessairement de l'exp√©rience sensorielle. Quant aux sceptiques, depuis Pyrrhon d'√Člis, ils remettent en question la fiabilit√© des donn√©es des sens et ont soulign√© les limites de la connaissance humaine. Ils mettent en doute la capacit√© des sens √† fournir une connaissance certaine et remettent en question la validit√© des croyances bas√©es sur l'exp√©rience. Les avanc√©es en neurosciences et en psychologie cognitive contribuuent aujourd'hui √† enrichir cette discussion en apportant des √©l√©ments √† la compr√©hension de la mani√®re dont nous percevons et interpr√©tons le monde √† travers nos sens.

Sens intime / Sens interne. - Intuition personnelle ou un sentiment int√©rieur profond, qui peut concerner des convictions, des sentiments ou des impressions, ressentis de mani√®re subjective sans n√©cessairement pouvoir les expliquer rationnellement. On peut √©galement parler du sens intime d'un concept, d'une exp√©rience ou d'un symbole. Dans ce cas, cela renvoie √† la signification personnelle et subjective qu'une personne attribue √† quelque chose en fonction de son v√©cu, de ses √©motions et de ses exp√©riences individuelles. Dans certains contextes, sens intime peut √©galement √™tre utilis√© pour d√©crire une compr√©hension profonde et intuitive d'un sujet ou d'une situation,  au-del√† de la simple connaissance rationnelle, et qui implique une compr√©hension int√©rieure plus subtile. - Bien que Descartes ait mis l'accent sur la clart√© et la distinction des id√©es, il a √©galement reconnu l'importance de l'intuition intellectuelle comme un moyen direct d'acc√©der √† la v√©rit√©. Cette intuition peut bien √™tre consid√©r√©e comme un sens intime dans le sens o√Ļ elle implique une compr√©hension imm√©diate et interne qui va au-del√† de la simple analyse rationnelle. Maine de Biran, de son c√īt√©, a √©labor√© une philosophie de la vie int√©rieure et de l'effort volontaire. Il a accord√© une attention particuli√®re √† la conscience de soi et √† l'exp√©rience interne. Dans son Ňďuvre, on peut percevoir l'id√©e d'un sens intime √† travers son analyse de la vie int√©rieure, des sensations, des √©motions et de la volont√©. Son concept de sentiment intime de l'existence exprime l'id√©e qu'il y a une connaissance profonde de soi qui √©merge de notre exp√©rience int√©rieure directe.

Sens moral. - Capacité innée ou acquise d'une personne à discerner entre le bien et le mal, le juste et l'injuste,, et/ou à ressentir et à agir en accord avec des principes éthiques. C'est une dimension de la conscience morale qui guide le comportement moral d'un individu. Le sens moral est lié à la conscience morale, qui est la voix intérieure qui nous guide dans nos décisions morales. C'est la prise de conscience personnelle des implications éthiques de nos actions. Le sens moral n'est pas statique. Il se développe et évolue au fil du temps, souvent influencé par des expériences, des enseignements, et des réflexions. Le psychologue Lawrence Kohlberg, par exemple, a proposé une théorie du développement moral en plusieurs étapes.

Sens propre : a) Sens propre des mots : ce qu'ils signifient à proprement parler. S'oppose à sens figuré : ce qu'ils signifient par métaphore. - b) Attache excessive à sa façon particulière de voir et de juger.

Sensation (de Sensus = action de s'apercevoir, sensation) :  ph√©nom√®ne psychique, agr√©able ou p√©nible, qui a pour ant√©c√©dent une stimulation nerveuse transmise au cerveau. .La sensation, ou acte de sentir, diff√®re √† la fois de l'impression qui la pr√©c√®de et de la perception qui la suit.

Les psychologues admettent des sensations agr√©ables, d√©sagr√©ables et indiff√©rentes. Ils r√©servent le nom de sentiment aux √©tats affectifs non localis√©s, et qui ont pour ant√©c√©dent une id√©e plut√īt qu'une impression des corps ext√©rieurs.

La sensation a un double caract√®re : elle est affective en tant que p√©nible ou agr√©able, et elle est repr√©sentative en tant qu'elle d√©termine la perception et nous renseigne sur l'objet qui la produit. On dit quelquefois que le caract√®re affectif et le caract√®re repr√©sentatif des sensations sont en raison inverse l'un de l'autre. 

L'expression sensations spécifiques indique la différence d'espèce des sensations visuelles, auditives, tactiles, odorantes, gustatives.

La localisation des sensations consiste à leur assigner un siège dans les parties superficielles ou profondes de notre corps.

Sensation transformée. - On appelle système de la sensation transformée la théorie de Condillac qui explique toutes nos idées par la sensation : comme représentative, elle se transforme en attention, comparaison, jugement; comme affective, elle se transforme en désir et volonté. La volonté n'est elle-même que le désir qui l'emporte sur les autres, comme l'attention n'est que la sensation dominante : la sensation explique donc tout l'humain intellectuel et moral selon Condillac et les idéologues (Sensualisrne).

A ce syst√®me ing√©nieux manque l'id√©e d'activit√© ou l'id√©e d'effort que Maine de Biran devait restaurer en philosophie : si tout est sensation ou sensation transform√©e, qu'est-ce qui transforme la sensation, sinon un principe d'activit√©, une √©nergie que l'on retrouve dans l'exercice de tous nos sens, puisque la langue m√™me nous force √† distinguer, voir et regarder, entendre et √©couter, toucher et palper, go√Ľter et savourer, odorer et flairer?

Sensibilit√© (Sensibilitas, de sentire = apercevoir par les sens, sentir) : 

a) Facult√© d'√©prouver et de produire des ph√©nom√®nes ayant un caract√®re affectif,  d'√©prouver le plaisir et la douleur, les sensations et les sentiments. Elle comprend aussi les inclinations et les passions.

On la divise quelquefois en sensibilité physique (sensation) et sensibilité morale (sentiments).

Y a-t-il des faits sensibles indiff√©rents, c'est-√†-dire ni agr√©ables ni douloureux, c'est une question d√©battue en psychologie. Biran admettait l'existence d'√©tats affectifs inconscients, non sentis. 

 b) Ensemble des ph√©nom√®nes affectifs.

c) Tendance √† s'√©mouvoir facilement, √† √©prouver de la sympathie pour les autres. 

d) Subtilité, délicatesse des sens.

Sensible (Sensibilis, de sentire = apercevoir par les sens, sentir) : ce qui se rapporte à la sensibilité, soit au sens actif, soit au sens passif.

Sensorium ou Sensorium commune  (en grec aisth√©t√©rion). - Cette d√©nomination para√ģt avoir sa premi√®re origine dans la philosophie d'Aristote, d'o√Ļ elle est pass√©e dans la scolastique et la philosophie moderne. Aristote, eneffet, distingue,d'une part, les sens propres ou particuliers, tels que la vue, l'ou√Įe, etc., qui ne nous font conna√ģtre chacun qu'une propri√©t√© sp√©ciale des objets ext√©rieurs, et un sens commun, qui centralise et r√©unit les donn√©es des pr√©c√©dents de mani√®re √† nous faire conna√ģtre les objets ext√©rieurs dans la r√©alit√© concr√®te, c.-√†-d. avec, l'ensemble de leurs propri√©t√©s

Les sens propres ont des organes externes, oeil, oreille, etc. ; l'organe du sens commun devait √™tre n√©cessairement interne : c'√©taitla r√©gion du cerveau o√Ļ viennent aboutir et se rencontrer les prolongements des organes externes affect√©s aux diff√©rents sens particuliers. Cet organe suppos√© √©tait proprement le sensorium commune, centre c√©r√©bral o√Ļ les sensations sont rapproch√©es, combin√©es entre elles, fusionn√©es avec des images, des souvenirs, etc., en un mot, transform√©es en perceptions.  C'√©tait, en g√©n√©ral, cet organe que l'on consid√©rait comme le si√®ge de l'√Ęme elle-m√™me; de sorte que, sur l'un ou sur l'autre sujet, les hypoth√®ses philosophiques ont subi √† peu pr√®s les m√™mes variations. 

Apr√®s qu'on ait abandonn√© l'id√©e d''un "organe du sens commun" le mot de sensorium a continu√© d'√™tre employ√© par les physiologisqtes du XIXe si√®cle pour d√©signer, en dehors de toute hypoth√®se, la partie du cerveau, quelle qu'elle soit d'ailleurs, o√Ļ se font la comparaison consciente des sensations et l'√©laboration de la pens√©e.

Sensualisme( (de Sensualis, relatif aux sens, de sensus, action de percevoir par les sens, de sentine = sentir). -  Mot tr√®s d√©fectueux par lequel on d√©signe toute doctrine qui fait d√©river toute la connaissance de la sensation. Il est de tradition, dans l'√©cole √©clectique, de d√©signer ainsi, en particulier, le syst√®me de la sensation transform√©e de Condillac et de ses disciples. Il a le grand inconv√©nient d'insinuer une id√©e d√©favorable et de pr√©senter une nuance tr√®s fausse par sa parent√© avec sensuel, sensualit√©. (On a propos√© de dire plut√īt sensationisme, puisque, d'apr√®s ce syst√®me, toutes nos id√©es viennent de la sensation, rien n'est dans l'esprit qui n'ait √©t√© auparavant dans les sens. Mais le rapprochement de ce mot avec celui de sensationnalisme ne rend pas ce choix plus heureux). Sensisme s'emploie quelquefois comme synonyme de Sensualisme. 

Comme affective, la sensation produit, selon Condillac, le d√©sir de la volont√©, toutes nos facult√©s actives; comme repr√©sentative, elle engendre l'attention (sensation la plus forte), la comparaison (double attention) et le jugement; bref, toutes nos op√©rations intellectuelles. La difficult√© du syst√®me consiste a passer de la sensation, √©tat passif, √† l'attention, √©tat astif, et du d√©sir qui est fatal √Ę la volont√© qui est libre ( Sensation transform√©e).

Sentiment (de Sentir). - a) Phénomène psychique, agréable ou pénible, qui a pour antécédent un autre phénomène psychique. Le sentiment diffère de la sensation en ce qu'il a pour antécédent une idée (claire ou confuse) et qu'il ne se localise pas dans telle ou telle région du corps. La joie et la tristesse sont des sentiments, la faim et la soif sont des sensations.

b) Dans la langue du XVIIe si√®cle, sentiment signifie acte de sentir en g√©n√©ral et la distinction pr√©c√©dente n'est pas usit√©e : Malebranche dit que nous connaissons l'√Ęme par sentiment.

c) Ensemble d'√©motions ayant pour causes des inclinations sociales ou altruistes. 

d) Connaissance imm√©diate, ordinairement vague. 

e) Opinion, avis  ('ex. : tel est mon sentiment).

Sept Sages . - Groupe de sages et de philosophes de l'Antiquit√© grecque, r√©put√©s pour leur sagesse et leurs maximes √©thiques. La liste exacte des membres peut varier selon les sources, mais voici une liste courante des Sept Sages :  Thal√®s de Milet (624-546 av. JC),  Pittacos de Mytil√®ne (640-568 av. JC), Bias de Pri√®ne (vers 570-500 av. JC), Solon d'Ath√®nes (vers 640-558 av. JC), Cleobulus de Lindos (vers 600 av. JC),  Chilon de Sparte (vers 600 av. JC), Periandre de Corinthe (env. 668-585 av. JC), Ces Sages ont laiss√© un h√©ritage important dans l'histoire de la philosophie, mais les informations sur eux sont souvent entour√©es de l√©gendes et de traditions orales, ce qui rend parfois difficile la s√©paration des faits historiques de la mythologie.

Séquence (Sequentia = suite, de sequens, sequentis, participe présent de sequire = suivre) : les philosophes anglais emploient ce mot dans le sens de succession (ex. : loi de séquence des phénomènes).

S√©rie (Series = rang√©e, suite, encha√ģnement, de serere = lier, encha√ģner). 

a) Suite ordonnée de termes variant d'après un ou plusieurs caractères déterminants.

b) En math√©matiques, on appelle s√©rie, dans un sens qui d√©coule du pr√©c√©dent, une suite de termes en nombre infini, qui se succ√®dent et se, forment d'apr√®s une loi donn√©e, en sorte que le terme de rang n puisse s'√©crire d√®s que l'on tonnait le nombre n. Les s√©ries comprennent deux cat√©gories bien distinctes : 

1¬į les s√©ries convergentes dont la somme des n premiers termes tend vers une limite finie quand le nombre n croit ind√©finiment;

2¬į les s√©ries divergentes dans lesquelles la somme des n premiers termes ne tend vers aucune limite quand n cro√ģt ind√©finiment ou tend vers plusieurs limites, suivant la mani√®re dont n cro√ģt.

Les progressions géométriques dont la raison a un module inférieur à l'unité sont les séries convergentes les plus simples. Les progressions arithmétiques sont des séries divergentes; les progressions géométriques dont la raison a un module supérieur à un sont également divergentes.

c) Auguste Comte emploie ce mot pour signifier les diff√©rentes classes de faits sociaux : moraux, religieux, √©conomiques, etc. 

Sexisme. - Forme de discrimination ou de pr√©jug√© bas√©e sur le genre, qui se manifeste par des attitudes, des croyances, des comportements ou des pratiques qui favorisent  un genre (g√©n√©ralement masculin) par rapport √† l'autre (g√©n√©ralement f√©minin) ou simplement  essentialisent les individus d'un genres ou d'une autre. Le sexisme peut prendre de nombreuses formes et peut √™tre explicite ou implicite. Il existe un sexisme pr√©tendument bienveillant (il se manifeste par exemple dans la galanterie), un sexisme hostile (pouvant conduire √† des insultes ou des agressions sexuelles, etc.), un sexisme syst√©mique, c'est-√†-dire int√©gr√© dans les structures et les institutions de la soci√©t√©, cr√©ant ainsi des in√©galit√©s de genre syst√©miques (disparit√©s salariales entre les hommes et les femmes,  sous-repr√©sentation des femmes dans certaines professions, etc.), ou encore un microsexisme, qui consiste en comportements ou commentaires subtils qui contribuent √† la discrimination de genreet qui peuvent avoir un impact cumulatif sur les individus.

Sheffer (barre de). - La barre de Sheffer, ou barre NAND, est un connecteur logique qui repr√©sente l'op√©ration logique, not√© ‚ÜĎ ou |. C'est l'op√©rateur NON-ET (NAND = NOT AND), qui produit une sortie vraie sauf lorsque toutes les entr√©es sont vraies : 

A‚ÜĎB = ¬¨(A…ÖB)

La barre de Sheffer peut √™tre utilis√©e pour construire toutes les op√©rations logique. Elle est dite universelle. 

Sigillographie (du latin sigillum = sceau, et du grec graphein = d√©crire). -  Branche de l'arch√©ologie et de la diplomatique, qui a pour objet l'√©tude des sceaux.

Signe (Signum = signe, marque). -  Un signe est un ph√©nom√®ne dont la pr√©sence √©veille ou sugg√®re la pens√©e d'un autre ph√©nom√®ne. Les signes physiognomiques r√©v√®lent nos √©motions et m√™me nos pens√©es.

Dans la théorie du langage, on a coutume de distinguer les signes naturels et les signes artificiels ou de convention : un cri est le signe naturel de la douleur; un mot est le signe artificiel d'une idée.

Saussure a d√©velopp√© le concept de signe linguistique, compos√© d'un signifiant (la forme acoustique ou visuelle) et d'un signifi√© (le concept ou l'id√©e associ√©e). 

Il est assez généralement reconnu que nous ne pouvons penser sans signes, non plus que sans images : toutefois il faut remarquer que logiquement, sinon chronologiquement, l'idée précède le signe et peut seule lui donner un sens en tant que signe.

Signe (math√©matiques). - Bien que le terme g√©n√©ral de signes puisse s'appliquer aux divers symboles de l'analyse, on l'emploie en math√©matiques plus particuli√®rement en l'appliquant aux deux signes +, -, qui symbolisent l'addition et la soustraction. C'est la g√©n√©ralisation de l'usage du signe - qui a conduit √† la th√©orie des quantit√©s n√©gatives. Les applications de cette th√©orie sont innombrables dans toutes les math√©matiques, et nous n'en pouvons m√™me ici donner des exemples. 

Il nous para√ģt plus utile d'insister sur l'extension de ces notions √† la g√©om√©trie. D√®s que l'on consid√®re des segments port√©s sur une m√™me droite on sur des droites parall√®les, il est indispensable, si l'on veut arriver √† une conception un peu pr√©cise et compl√®te des faits g√©om√©triques, d'affecter chaque segment d'un signe qui exprime son sens, le sens positif √©tant d'ailleurs arbitraire et fix√© par convention. Les angles ne peuvent non plus entrer dans le calcul sans √™tre affect√©s d'un signe. De m√™me, par voie de cons√©quence, les aires des figures planes doivent, elles aussi, √™tre affect√©es d'un signe, qui correspond au sens de circulation, suivant lequel le p√©rim√®tre est suppos√© parcouru. II est enfin possible de donner √©ga-lement un signe au volume d'un t√©tra√®dre.

C'est gr√Ęce √† l'introduction des signes qu'on a sur une droite, entre trois segments AB, BC, CA, la relation AB + BC + CA = 0 qui existe toujours, quelles que soient les positions des points A, B. C sur la droite. Il y a lieu de remarquer aussi la relation : (OAB) + (OBC) + (OCA) = (ABC) entre les aires des quatre triangles OAB,... sur un m√™me plan, relation qui est toujours vraie, si l'on tient compte des signes, pour quatre points arbitraires du plan. (C.-A. Laisant).

Signification (Significatio, de signi-ficare = faire signe, signifier) : a) Ce qu'un signe repr√©sente. - b) Propri√©t√© qu'a un signe de sugg√©rer l'id√©e d'un autre fait. 

Signifiant, Signifi√©. - Ces termes ont √©t√© d√©velopp√©s par Ferdinand de Saussure dans son Cours de linguistique g√©n√©rale. - Le signifiant est la partie mat√©rielle ou sensorielle du signe linguistique, c'est-√†-dire le son, l'image, le mot √©crit, etc., qui repr√©sente quelque chose. Par exemple, dans le mot "arbre", le signifiant est le son que nous entendons ou la s√©quence de lettres que nous voyons. - Le signifi√© est la partie conceptuelle ou mentale du signe linguistique, c'est-√†-dire l'id√©e, le concept ou la repr√©sentation mentale associ√©e au signifiant. Dans le cas du mot "arbre", le signifi√© est l'id√©e ou la repr√©sentation mentale de ce type d'organisme v√©g√©tal. - Le signifiant et le signifi√© sont √©troitement li√©s dans la constitution d'un signe linguistique. La relation entre le signifiant et le signifi√© est arbitraire : il n'y a pas de lien intrins√®que entre le son ou l'image (signifiant) et la chose ou l'id√©e (signifi√©) qu'ils repr√©sentent. 

Similarit√©. - Qualit√© ou √©tat d'√™tre similaire, c'est-√†-dire le fait de partager des caract√©ristiques communes ou d'avoir une ressemblance. En math√©matiques, la  notion de similarit√© est utilis√©e pour d√©crire la relation entre des figures g√©om√©triques qui ont la m√™me forme mais pas n√©cessairement la m√™me taille. La similarit√© est une relation qui implique une homoth√©tie (une dilatation ou une contraction), suivie ou non d'une translation ou d'une rotation. Les figures qui peuvent √™tre superpos√©es par des transformations similaires sont consid√©r√©es comme similaires. Si deux figures g√©om√©triques sont similaires, leurs angles correspondants sont √©gaux, et les longueurs de leurs c√īt√©s sont proportionnelles. 

On utilise le symbole "~" pour indiquer la similarit√© entre deux figures. Par exemple, si les triangles ABC et DEF sont similaires, on √©crirait : ‚Ė≥ABC‚ąľ‚Ė≥DEF.
Simple. - En métaphysique, le concept de simplicité est souvent associé à l'idée d'entités ou de principes fondamentaux qui ne sont pas composés ou divisés. Par exemple, dans la philosophie platonicienne, les Formes pures et immuables sont considérées comme simples par opposition aux objets du monde sensible qui sont complexes et sujets au changement. Dans le contexte de l'épistémologie, la simplicité peut être liée à la préférence pour des explications simples ou des théories simples lorsqu'on évalue différentes hypothèses. Le principe de simplicité est souvent formulé comme le rasoir d'Occam, qui recommande de ne pas multiplier les entités sans nécessité. Dans la tradition analytique, la simplicité est souvent valorisée dans la formulation des théories et des concepts. La clarté et la précision sont considérées comme des vertus dans l'expression des idées philosophiques.

Simulacre. - Représentation ou copie qui ne correspond pas à une réalité authentique mais qui est acceptée et considérée comme réelle dans la société contemporaine. Ce concept est souvent associée à la postmodernité.

Sinéquisme. - Concept développé par Alexandre Marc au début du XXe siècle, et qui fonde une philosophie politique cerchant à créer une société harmonieuse et équilibrée en réconciliant les forces opposées de la société. Le sinéquisme repose sur trois principes fondamentaux : l'unité, la diversité et la liberté. L'unité est considérée comme un principe supérieur qui permet de concilier les différences et de créer une société harmonieuse. La diversité est considérée comme une richesse, qui permet de valoriser les différentes cultures, langues et traditions. La liberté est considérée comme un droit fondamental, qui doit être protégé et préservé. Selon le sinéquisme, la société doit être organisée autour de trois piliers : la famille, la corporation et la cité. La famille est considérée comme la cellule de base de la société, tandis que la corporation est une communauté de travailleurs ou d'artisans qui partagent des intérêts communs. La cité est considérée comme la communauté politique de base, qui permet aux citoyens de participer à la vie publique et de prendre des décisions collectives.

Singularit√© technologique = la Singularit√©. - Concept issu du transhumanisme et de la r√©flexion sur le futur de la technologie et de l'intelligence artificielle. La Singularit√© est un point hypoth√©tique dans le futur au-del√† duquel le progr√®s technologique serait devenu si rapide et exponentiel que les changements qui en auraient r√©sult√© seraient difficiles, voire impossibles, √† pr√©dire ou √† comprendre pour les humains. Des changements radicaux dans la soci√©t√©, dans la mani√®re dont nous vivons et interagissons, et m√™me dans notre compr√©hension de l'existence pourraient survenir. 

La singularit√© technologique est un sujet de d√©bat et de sp√©culations au sein de la communaut√© scientifique et de la technologie. Certains consid√®rent cette notion comme hautement probable, tandis que d'autres la voient comme improbable ou incertaine. On pense souvent que la singularit√© sera d√©clench√©e par le d√©veloppement d'une intelligence artificielle superintelligente capable de s'auto-am√©liorer et de d√©passer les capacit√©s humaines dans presque tous les domaines. Certains pr√©voient que cette intelligence artificielle superintelligente pourrait contribuer √† r√©soudre des probl√®mes majeurs comme les maladies, la pauvret√© et le changement climatique, mais elle pourrait aussi poser des d√©fis existentiels pour l'humanit√©. 

L'id√©e de la singularit√© technologique a √©t√© popularis√©e par le futurologue et ing√©nieur Ray Kurzweil, qui soutient que cette singularit√© se produira d'ici quelques d√©cennies. D'autres personnalit√©s du domaine de l'intelligence artificielle et du transhumanisme, comme Vernor Vinge et Eliezer Yudkowsky, ont √©galement contribu√© √† d√©velopper et discuter de ce concept.  Ils ont aussi soulev√© des questions √©thiques et de s√©curit√© importantes concernant l'impact potentiellement consid√©rable de ces avanc√©es technologiques sur l'humanit√©.

‚ÄĘ Vernor Vinge est un √©crivain de science-fiction et un math√©maticien connu notamment pour avoir popularis√© le concept de la singularit√© technologique dans un article de 1993 intitul√© The Coming Technological Singularity: How to Survive in the Post-Human Era. Il a soutenu que la technologie progressera √† un tel rythme qu'elle atteindra un point o√Ļ les changements deviendront inimaginables et impr√©visibles pour les humains. Il a influenc√© de nombreux penseurs transhumanistes et futurologues par ses id√©es novatrices.
‚ÄĘ Eliezer Yudkowsky est un chercheur en intelligence artificielle, √©crivain et le cofondateur et chercheur principal de l'Institut de recherche en intelligence artificielle (Machine Intelligence Research Institute - MIRI). Il est un d√©fenseur actif de la s√©curit√© li√©e √† l'intelligence artificielle et a contribu√© de mani√®re significative √† la r√©flexion sur la Singularit√© et les risques existentiels.
Singulier. - Terme  qui signifie quelque chose qui est unique, inhabituel ou exceptionnel, individuel ou  particulier, par opposition √† quelque chose de g√©n√©ral ou d'universel. -  En philosophie, le singulier est souvent associ√© √† l'individu unique, distinct des g√©n√©ralit√©s ou des universaux. La philosophie existentialiste, par exemple, accorde une attention particuli√®re √† l'exp√©rience individuelle et √† la singularit√© de chaque √™tre humain. Dans la ph√©nom√©nologie, le singulier renvoit √† la notion de conscience individuelle et √† la mani√®re dont chaque sujet exp√©rimente le monde d'une mani√®re unique. - En linguistique, terme utilis√© pour d√©crire une forme grammaticale qui indique une seule entit√© ou un seul √©l√©ment, par opposition au pluriel qui est associ√© √† plusieurs √©l√©ments. - En math√©matiques, le mot singulier est utilis√© de mani√®re sp√©cifique. Ainsi, une matrice est dite singuli√®re si elle n'est pas inversible, c'est-√†-dire si son d√©terminant est √©gal √† z√©ro. (Une matrice singuli√®re n'a pas de matrice inverse). Les points singuliers d'une fonction ou d'une √©quation sont des points o√Ļ la fonction n'est pas diff√©rentiable ou o√Ļ elle pr√©sente des caract√©ristiques particuli√®res.

Sinus (trigonom√©trie). - Si, dans un cercle de rayon un, appel√© cercle trigonom√©trique, on consid√®re un angle AOM, correspondant √† l'arc AM, et si l'on abaisse la perpendiculaire MP sur OA, le segment PM est dit le sinus de l'angle, ou de l'arc. L'angle et l'arc sont √©videmment mesur√©s par le m√™me nombre, et le sinus est lui-m√™me mesur√© par un nombre, positif ou n√©gatif, compris entre les limites - 1 et +1. 

Dans la même figure, on appelait jadis sinus-verse le segment PA ; cette appellation a été depuis totalement abandonnée.
Situation. - Dans un sens g√©n√©ral, une situation peut faire r√©f√©rence √† la position ou au lieu particulier o√Ļ quelque chose se trouve. Par exemple, la situation g√©ographique d'une ville ou la situation d'un objet dans un espace. Le mot peut aussi √™tre utilis√© pour d√©crire le contexte ou l'ensemble de circonstances entourant un √©v√©nement ou une action particuli√®re. Par exemple, on pourrait parler de la situation √©conomique d'un pays ou de la situation politique d'une r√©gion. Il peut √©galement servir √† d√©crire un probl√®me ou un d√©fi particulier auquel une personne ou une organisation est confront√©e. Par exemple, on pourrait parler de la situation d'une entreprise en difficult√©. En philosophie ou en psychologie, le mot "situation" peut √™tre utilis√© pour d√©crire le contexte ou les conditions dans lesquels une action ou un √©v√©nement se produit, souvent li√© √† la th√©orie de la situation dans l'√©thique ou √† la psychologie de la situation.

Situationnisme. - Courant intellectuel et artistique actif dans les ann√©es 1950 et 1960, principalement associ√© au mouvement de l'Internationale situationniste. Les situationnistes √©taient un groupe d'intellectuels, d'artistes et de th√©oriciens sociaux qui critiquaient la soci√©t√© de consommation, la bureaucratisation, et promouvaient des id√©es radicales en faveur de la cr√©ation d'une soci√©t√© plus libre et participative. Guy Debord, l'un des principaux th√©oriciens situationnistes, a d√©velopp√© la notion de soci√©t√© du spectacle dans son livre √©ponyme. Selon Debord, la soci√©t√© moderne √©tait devenue une soci√©t√© o√Ļ les relations sociales √©taient m√©diatis√©es par des images et des repr√©sentations, entra√ģnant une ali√©nation et une d√©possession de l'exp√©rience directe. Les situationnistes ont √©labor√© une critique radicale de la vie quotidienne, soulignant l'ali√©nation, la banalisation et l'ennui dans la vie moderne. Ils ont cherch√© des moyens de transcender ces aspects n√©gatifs en encourageant une participation cr√©ative et spontan√©e √† la vie. Par exemple en promouveant le concept de d√©rive. La d√©rive est une d√©ambulation sans but √† travers les environnements urbains, guid√©e par l'inconscient et les impulsions du moment. L'id√©e est de rompre avec les sch√©mas habituels de d√©placement dans la ville pour d√©couvrir de nouveaux territoires et exp√©rimenter une approche diff√©rente de l'espace urbain. Les situationnistes ont produit des oeuvres artistiques, des √©crits th√©oriques, et ont √©galement particip√© √† des actions politiques.  Ils ont organis√© des √©v√©nements provocateurs et ont cherch√© √† perturber les normes √©tablies. Les id√©es situationnistes ont √©galement trouv√© des √©chos dans des mouvements tels que les manifestations de Mai 1968 en France et ont continu√© √† inspirer des penseurs critiques et des artistes contemporains.

Situation (√©thique de la). - Approche qui met l'accent sur le contexte sp√©cifique dans lequel se trouve une personne au moment de prendre une d√©cision morale. Elle s'oppose souvent √† des th√©ories √©thiques plus g√©n√©rales ou abstraites. L'√©thique de la situation soutient que les d√©cisions morales doivent √™tre √©valu√©es en tenant compte du contexte particulier dans lequel elles sont prises. Les facteurs contextuels (relations sociales, cons√©quences sp√©cifiques et  circonstances), sont consid√©r√©s comme cruciaux pour d√©terminer la moralit√© d'une action. Contrairement √† certaines th√©ories universalistes qui cherchent √† √©tablir des r√®gles morales g√©n√©rales applicables en tout temps et en tout lieu, l'√©thique de la situation met en avant que les situations morales sont souvent trop complexes pour √™tre r√©duites √† des principes universels rigides. Les relations interpersonnelles et les dynamiques sociales sont consid√©r√©es comme cruciales pour comprendre la nature morale d'une action. Dans une √©thique de la situation, la prise de d√©cision morale est envisag√©e comme un processus qui n√©cessite une compr√©hension approfondie du contexte sp√©cifique. Les valeurs morales peuvent √™tre n√©goci√©es et ajust√©es en fonction des circonstances. Jean-Paul Sartre, Emmanuel Levinas et certaines approches de l'√©thique f√©ministe peuvent se revendiquer de l'√©thique de la situation. 

Skolem-L√∂wenheim (th√©or√®me de). - Ce th√©or√®me, d√©montr√© ind√©pendamment par Thoralf Skolem et Leopold L√∂wenheim au d√©but du XXe s., √©nonce que toute th√©orie du premier ordre qui a un mod√®le infini a aussi un mod√®le d√©nombrable  (un mod√®le dont le domaine est un ensemble d√©nombrable, c'est-√†-dire un ensemble dont les √©l√©ments peuvent √™tre mis en correspondance avec les nombres naturels).  Le th√©or√®me de Skolem-L√∂wenheim s'inscrit dans le contexte de la question de l'ind√©pendance des axiomes li√©s √† l'infini dans les syst√®mes logiques. Il met en √©vidence que, d'un point de vue strictement logique du premier ordre, l'infini n'est pas cat√©goriquement distinct du d√©nombrable.

Social (Socialis = fait pour vivre en soci√©t√©, de sociare = rendre commun) : 

a) Social s'oppose √† Individuel et signifie tout ph√©nom√®ne de relation entre les individus formant un groupe, une soci√©t√©. 

b) Social, pris strictement, s'oppose à politique. Est politique tout ce qui se rapporte à la souveraineté. Est social tout ce qui a trait à la constitution de la société, tout ce qui est relatif aux intérêts collectifs des individus considérés dans leurs rapports mutuels, spécialement les rapports des classes de la société, en tant qu'elles ont des intérêts distincts ou opposés.

Socialisme (de Social) : Nom commun des th√©ories qui subordonnent √† des degr√©s divers l'individu √† l'√Čtat et la propri√©t√© individuelle √† la propri√©t√© collective.

1¬į) Ce mot a √©t√© employ√© par Pierre Leroux, par opposition √† Individualisme. Il entend par l√† :

¬ę l'exag√©ration de l'id√©e d'association ou de soci√©t√© ¬Ľ (De l'Individualisme et du Socialisme, 1847). 
Il se donne comme l'inventeur de ce mot. Quoique ce mot ait √©t√© employ√© avant lui, il peut se faire qu'il n'en ait pas eu connaissance. 

2¬į) En g√©n√©ral, le Socialisme est la doctrine qui r√©clame ¬ę certains modes d'ing√©rence de l'√Čtat dans les relations entre producteurs ou entre producteurs et consommateurs ¬Ľ. 

Il prend les noms de communisme, collectivisme, socialisme d'√Čtat, coop√©ratisme, etc., selon ses tendances. Le Saint-simonisme est une forme du socialisme ou du communisme.

Platon, qui admettait la communauté des biens, des femmes, des enfants, était communiste.

On voit que les formes du socialisme sont trop multiples pour qu'on puisse donner de cette doctrine une définition rigoureuse.

L'an√©antissement complet de l'individu au profit du corps social est √©nergiquement exprim√© dans cette formule h√©g√©lienne : l'√Čtat est la substance des individus.

Socialiste (syst√®me). - Mode de gouvernement dans lequel la production et la distribution de biens sont planifi√©s et contr√īl√©s par un gouvernement central qui, th√©oriquement, vise √† une plus juste et plus √©quitable distribution des biens et du travail. En pratique, ce syst√®me (qu'on ne doit pas confondre avec la doctrine socialiste), qui a √©t√©, celui de l'URSS et de ses satellites, ainsi que celui de la Chine populaire, a gliss√© chaque fois vers une forme de totalitarisme : la plupart des gouvernements socialistes se sont mu√©s en r√©gimes autoritaires, o√Ļ le pouvoir √©tait concentr√© dans les mains d'une petite √©lite (parti unique).

Société (Societas = réunion, de socius = compagnon) : sens général : union de personnes tendant à une même fin par des moyens communs.

Socinianisme. - Forme de pens√©e th√©ologique et religieuse qui trouve ses origines au XVIe si√®cle, principalement associ√©e aux id√©es des fr√®res italiens Fausto Sozzini (ou Faustus Socinus) et Laelius Sozzini. Le socinianisme est souvent consid√©r√© comme un mouvement h√©t√©rodoxe √† l'int√©rieur du protestantisme. Ce courant a trouv√© un certain √©cho en Pologne, o√Ļ il a √©t√© plus largement accept√© et a influenc√© certains cercles intellectuels unitariens. La ville de Rak√≥w est devenue un centre important du socinianisme au XVIIe si√®cle. Les sociniens attacha√™nt de l'importance √† la raison humaine dans l'interpr√©tation et rejetaient l'autorit√© des dogmes th√©ologiques non explicitement soutenus par les textes bibliques. 

Sociologie. - (socius = membre d'une soci√©t√©; logos = science). Mot hybride (form√© de la juxtaposition  d'un mot latin et d'un mot grec) qui d√©signe la science qui √©tudie les soci√©t√©s humaines.

Ce mot, forgé par Auguste Comte, a d'abord servi à désigner la science sociale telle que la conçoit la philosophie positive. Pour le Positivisme de Comte, la sociologie est la dernière et la plus complexe de toutes les sciences : telle que Comte la conçoit, elle comprend l'histoire, l'économie politique, la politique. C'est une théorie de la statique sociale (ordre) et de la dynamique sociale progrès).

Sociologisme (de Sociologie) : doctrine de l'√Čcole sociologique qui pr√©tend expliquer les principaux faits religieux et r√©soudre les probl√®mes philosophiques par l'influx social.

Sociologique (Morale) : syst√®me pour lequel la vraie morale est celle qui est r√©clam√©e par l'√©tat social du temps (Durkheim, L√©vy-Br√ľhl).

Sociotype. - Terme qui peut s'entendre comme une r√©f√©rence √† la construction sociale de l'identit√©, des r√īles, des comportements et des caract√©ristiques attribu√©es √† un individu en fonction de son environnement social et culturel. Le sociotype prend en consid√©ration l'influence de la soci√©t√©, des normes, des valeurs, des croyances et des exp√©riences sociales sur la perception de soi et le comportement d'un individu.

Socratique (Philosophie). - La r√©volution socratique, comme toute r√©volution philosophique, porte surtout sur la m√©thode : Socrate ramena la pens√©e, des sp√©culations cosmogoniques o√Ļ elle se perdait, √† l'√©tude de l'humain, ¬ę du ciel sur la terre ¬Ľ. La m√©thode socratique comprenait deux proc√©d√©s essentiels, l'ironie, pour r√©futer les Sophistes, et la ma√Įeutique, pour la d√©couverte du vrai. Socrate recommandait et pratiquait l'induction comme moyen de passer des cas particuliers aux concepts g√©n√©raux, et la d√©finition comme moyen de fixer avec pr√©cision le sens des mots et la compr√©hension des id√©es g√©n√©rales. 

A l'école socratique, dont le plus célèbre représentant fut Platon, il faut joindre les demi-socratiques : Aristippe, qui professa la morale du plaisir; Antisthène, le chef de l'école cynique, et Euclide de Mégare, chef de l'école éristique.

Solidarisme (de Solidaire) : doctrine qui donne la solidarité comme le principe de la morale, de la politique et de la science économique.

Solide (Solidus = tout d'une pi√®ce, solide, de l'archa√Įque sollus = tout entier). - En g√©om√©trie, c'est un objet tri-dimensionnel d√©limit√© par des surfaces.

Solide de r√©volution. - On appelle solides de r√©volution les solides qui sont engendr√©s par une figure plane tournant autour d'un axe. Cet axe doit √™tre dans le m√™me plan que la surface tournante, et ne doit pas la couper. Les lignes de la surface tournante engendrent des surfaces de r√©volution. Ces lignes mobiles sont des g√©n√©ratrices; chacun de leurs points d√©crit une circonf√©rence appel√©e parall√®le; les plans men√©s par l'axe coupent la surface de r√©volution suivant des lignes que l'on nomme m√©ridiens. Tous les m√©ridiens d'une m√™me figure sont √©gaux, et chacun d'eux peut √™tre regard√© comme la g√©n√©ratrice de la surface de r√©volution. Le m√©ridien, principal est le m√©ridien parall√®le au plan sur lequel on repr√©sente le corps consid√©r√©. Les solides de r√©volution les plus importants sont : le cylindre, le c√īne et la sph√®re.

Solipsisme (de Solus = seul; ipse = moi-m√™me) : a) Subjectivisme th√©orique, d'apr√®s lequel on ne peut rigoureusement d√©montrer l'existence du monde ext√©rieur et des autres hommes. - b) Kant emploie ce mot dans le sens d'√©go√Įsme.

Solution (Solutio = action de d√©lier, rel√Ęchement, de solutum, supin de solvere = disjoindre). - La solution d'un probl√®me est la r√©ponse √† la question pos√©e dans l'√©nonc√©de ce probl√®me. Lorsque l'on r√©sout un probl√®me parl'alg√®bre, on trouve souvent des solutions qui ne r√©pondent pas √† la question pos√©e dans l'√©nonc√©, et il ne faut pas s'en √©tonner, car il y a toujours dans la mise en √©quation d'un probl√®me quelque chose de sous-entendu. Quand on dit soit x, une inconnue, elle satisfait √† telle condition, il n'en r√©sulte pas que tout a qui satisfera √† cette condition sera un x. S'agit-il, par exemple, de trouver sur un cercle  les points d'o√Ļ l'on peut mener des tangentes √©gales √† deux cercles donn√©s A, B, ces points se trouveront √† l'intersection du cercle e avec l'axe radical des cercles A, B. Or, le calcul fournit des points qui, quoique souvent r√©els et au nombre de deux, peuvent ne pas convenir √† la question s'ils se trouvent sur la partie de l'axe radical int√©rieure √† A et B. Si, par exemple, on a pris -pour inconnue x le distance du point cherch√© au centre du cercle c, on a sous-entendu que six satisfait √† la question, il satisfera aussi √† l'√©qua-tion du probl√®me, mais la r√©ciproque n'est pas vraie. Il faudra donc toujours dans toute question r√©solue par l'alg√®bre s'assurer √† posteriori que les solutions conviennent √† la question. (H. Laurent).

Somme. - On donne le nom de somme, ou total, en arithmétique, au résultat d'une addition. Cette dénomination s'étend à toutes les généralisations de l'addition. C'est ainsi par exemple qu'on parle souvent de sommes géométriques (sommes de vecteurs) on de sommes de quantités complexes quelconques.

Sommet. - Ce mot s'emploie dans plusieurs sens. Lorsqu'il s'agit d'un polygone, c'est le point d'intersection de deux c√īt√©s cons√©cutifs. Dans un angle poly√®dre, c'est le pointcommun aux faces qui le composent : dans un poly√®dre, les sommetsdu poly√®dre sont les points communs √† trois ou √† unplus grand nombre de faces, c.-√†-d. ceux des angles poly√®dresque le solide pr√©sente, Le sommet d'un c√īne est le point commun √† toutes ses g√©n√©ratrices. On appelle plus sp√©cialement sommet d'une pyramide celui qui est oppos√© √† la base. Dans la th√©orie des courbes planes, on appelle sommet un point de L courbe par lequel la courbure passe par un maximun ou un minimum. Lorsqu'il s'agit des coniques, il s'ensui que pour un sommet la normale √† la courbe est un diam√®tre, et qu'on a cette nouvelle d√©finition : les sommet sont les points o√Ļ les axes de sym√©trie rencontrent la courbe La recherche des sommets se ram√®ne donc √† celle des axes On consid√®re aussi, avec la m√™me d√©finition, les sommet d'une quadrique, qui se trouvent √™tre en m√™me temps ceux des sections principales de la surface. (C.-A. Laisant).

Sophisme (Sophisma = adresse, invention ing√©nieuse, sophisme, de sophiz√ī = rendre habile, de habile. Racine soph = avoir de la saveur, du sens. sapere, sapiens) :

a) Argument non concluant, mais valide en apparence, qui a pour but d'induire en erreur. 

b) Argument composé de prémisses vraies ou jugées telles, qui vise à créer un embarras logique en aboutissant à une conclusion manifestement inadmissible.

Quelques-uns veulent que le sophisme soit faux quant à la matière, et le paralogisme quant à la forme; mais, dans l'acception générale, le sophisme ne diffère du paralogisme que par l'intention de tromper.

On distingue des sophismes de grammaire (ambigu√Įt√© des mots), et des sophismes de logique (cercle vicieux, p√©tition de principe, etc.); parmi ceux-ci on distingue encore des sophismes de d√©duction et d'induction.

Voici, d'après la Logique de Port-Royal, l'énumération et les noms usités des principaux sophismes :

1¬į Prouver autre chose que ce qui est en question (ignoratio elenchi, ou ignorance du sujet);

2¬į Supposer vrai ce qui est en question (p√©tition de principe ou cercle vicieux);

3¬į Prendre pour cause ce qui n'est pas cause (succession ou simultan√©it√© transform√©e en causalit√©, non causa pro causa, post hoc, ergo propter hoc);

4¬į D√©nombrement imparfait (sophisme d'induction reposant sur des faits insuffisants);

5¬į Juger d'une chose par ce qui ne lui convient que par accident (illusion de l'accident, fallacia accidentis);

6¬į Passer du sens divis√© au sens compos√©, ou du sens compos√© au sens divis√© (fallacia compositionis, divisionis, illusion de composition, de division);

7¬į Passer de ce qui est vrai √† quelques √©gards √† ce qui est vrai simplement (a dicta secundum quid ad dictum simpliciter).

Il faut remarquer que les noms traditionnels latins sont encore assez souvent employés; c'est pour cela qu'ils sont donnés ici.

Jeremy Bentham a nommé sophismes parlementaires :

1¬į Le sophisme d'autorit√© (abuser de l'autorit√© qu'on s'est acquise dans un ordre sp√©cial de questions pour s'arroger la m√™me autorit√© dans une question toute diff√©rente et enlever une d√©cision).

2¬į Le sophisme de p√©ril (agiter le drapeau rouge ou le drapeau blanc, √©voquer le spectre de la guerre civile ou de la guerre √©trang√®re, de la submersion migratoire, etc.).

3¬į Le sophisme de dilation (accepter une mesure propos√©e en la renvoyant aux calendes grecques : d'ici l√†, le roi, l'√Ęne ou moi nous mourrons).

4¬į Le sophisme de confusion (confondre sciemment les questions. Scipion somm√© de rendre des comptes s'√©crie : ¬ę A pareil jour nous avons vaincu les Carthaginois; allons au Capitole remercier les dieux ¬Ľ.

Sophistes (Sophist√®s = habile en quelque chose, de rendre habile, de sophos = habile, sage) : 
a) Celui qui est habile ou savant. 

 b) Celui qui fait profession d'enseigner l'habilet√© et la science.

c) A partir de Platon celui qui recourt habituellement aux sophismes (ex. : les Sophistes grecs). 

L'école des Sophistes, dont les principaux sont Gorgias et Protagoras, Prodicos, Hippias, était une école de rhéteurs et de sceptiques qui professaient la relativité de la connaissance et surtout la relativité, c'est-à-dire, au fond, l'inanité de toute morale. Ils opposaient le bien selon la nature et le bien selon la loi : la loi n'était à leurs yeux qu'un artifice des faibles pour se défendre contre les forts qui ont, de par leur force même, tous les droits.

Les Sophistes ont n√©anmoins le m√©rite d'avoir pr√©par√© Socrate qui les combattit, parce qu'avant lui ils ramen√®rent la philosophie ¬ę du ciel sur la terre ¬Ľ, c'est-√†-dire des sp√©culations cosmologiques aux probl√®mes de la morale et de la politique et √† l'√©tude syst√©matique de l'humain.

Leur art, c'est-à-dire l'argumentation captieuse et spécieuse, est la sophistique.

Sophistique. - a) Art de rendre le; humains meilleurs c'est-à-dire supérieurs à ce qu'ils étaient (Cf. Platon, Protagoras). - b) Art de soutenir le pour et le contre, de donner à l'erreur un faux air de vérité, de rendre une thèse vraisemblable ou absurde selon l'intérêt du moment (Sophisme). C'est l'attitude commune aux Sophistes grecs.

Sorite (Sorites, s√īreit√®s = mis en monceau, de s√īreu√ī = entasser, s√īros =  tas). 

a) Primitivement, le sorite fut l'argument du tas, qu'on peut faire à l'occasion de tout ce qui offre une transition graduelle. Exemples :

1) Tas de bl√© : si l'on ajoute un grain de bl√© √† un grain de bl√©, on n'a pas un tras de bl√©, alors si on ajoute un grain de bl√© de plus, on n'aura jamais de tas. Il s'ensuit que si l'on r√©p√®te l'op√©ration ind√©finiment, il n'y aura jamais de tas. 

2) Cheveux de la tête : on démontrait qu'en enlevant un à un tous les cheveux de la tête d'un homme, on ne le rend pas chauve, parce qu'on ne petit dire à quel moment précis la calvitie commence.

Les Sceptiques et les philosophes de l'Acad√©mie maniaient volontiers cet argument sophistique. 

b) Aujourd'hui, le Sorite est un argument correct, form√© d'un encha√ģnement de syllogismes arrang√©s de telle sorte que l'attribut d'une proposition est toujours le sujet de la suivante et que toutes les majeures manquent, excepte la premi√®re, et toutes les conclusions, except√© la derni√®re.

On peut citer le sorite du Renard, de Montaigne : ¬ę Ce qui fait bruit remue, ce qui remue est liquide... Donc cette rivi√®re ne peut me porter. ¬Ľ

Source. - L'origine est le premier commencement des choses qui ont une suite; la source est le principe ou la cause qui produit une succession des choses. L'origine met au jour ce qui n'y √©tait point; la source r√©pand au dehors ce qu'elle renfermait dans son sein. Les choses prennent naissance √† leur origine; elles tiennent leur existence de leur leur source. L'origine nous apprend dans quel temps, en quel lieu de quelle mani√®re les objets out paru au jour. La source nous d√©couvre le principe f√©cond d'o√Ļ les choses d√©coulent, proc√®dent, √©manent avec plus ou moins de continuit√© ou d'abondance.

Sous-multiple. - Expression synonyme de diviseur ou partie aliquote. Il est tout √† fait regrettable de rencontrer ainsi des termes divers pour repr√©senter la m√™me chose, et il est √† d√©sirer qu'on arrive enfin, surtout dans l'enseignement, √† se d√©barrasser de ces mots surann√©s et parasites qui servent, en fait, √† jeter de la confusion dans les id√©es. Ici, le mot ¬ę diviseur ¬Ľ semble le mieux appropri√©. Il est vrai de dire qu'on fait en outre un usage sp√©cial du mot sous-multiple, dans le syst√®me des mesures, pour indiquer les unit√©s d√©riv√©es de l'unit√© principale, plus petites qu'elle et contenues dans cette unit√© principale un nombre exact de fois; c'est ainsi qu'on dit que le d√©cim√®tre, le centim√®tre, etc., sont des sous-multiples du m√®tre. Mais, m√™me dans ce domaine restreint, l'emploi de ce vocable ne pr√©sente effectivement pas d'avantages s√©rieux. (C.-A. L.).

La soustraction est l'op√©ration inverse de l'addition. Si A + B = C repr√©sente le symbole d'une addition et son r√©sultat, on appellera soustraction l'op√©ration qui a pour objet de trouver A, connaissant C et B, ou de trouver B, connaissant C et A. Cette d√©finition se pr√™te √† toutes les g√©n√©ralisations possibles de l'op√©ration addition, √©tendue m√™me √† d'autres √©l√©ments que les quantit√©salg√©briques ordinaires. Mais il faut bien remarquer que, si l'addition cesse d'√™tre commutative, la soustraction n'est plus uniform√©ment d√©finie et que le reste ou la diff√©rence (on appelle ainsi le r√©sultat de l'op√©ration) n'a de sens pr√©cis qu'autant qu'on d√©signe express√©ment, si l'on doit op√©rer sur le premier ou le second des √©l√©ments qui composent la somme. On le comprend en remarquant que de A + B = C, B+ A = C', ou d√©duit C - A = B, C' - B = A, en op√©rant par rapport au premier √©l√©ment; et C - B = A, C' - A=B, en op√©rant par rapport au second; si bien qu'il y a en r√©alit√© deux soustractions diff√©rentes. Ceci ne se pr√©sente du reste, ni dans les op√©rations sur les quantit√©s alg√©briques, r√©elles ou imaginaires, ni dans celles qui concernent les vecteurs ou les quaternions. Mais dans la soustraction sph√©rique, d√©finie comme op√©ration inverse de l'addition sph√©rique, cette non-uniformit√© de la soustraction appara√ģtrait. (C.-A. Laisant).

Souvenirs. - Exp√©riences pass√©es, moments v√©cus ou  informations stock√©es dans la m√©moire d'une personne, parties int√©grantes de son identit√© et de sa perception du monde, et qui reviennent √† la conscience, √©ventuellement d√©clench√©s d√©clench√©s par divers stimuli et rappel√©s volontairement ou non. On distingue divers types de souvenirs :

‚ÄĘ Les souvenirs √©pisodiques sont li√©s √† des √©v√©nements sp√©cifiques de notre vie vie.

‚ÄĘ Les souvenirs s√©mantiques sont des connaissances g√©n√©rales stock√©es dans votre m√©moire ' des faits, des concepts ou des informations apprises au fil du temps). 

‚ÄĘ Les souvenirs sensoriels sont associ√©s √† des sensations  comme le go√Ľt, l'odeur, la vue, le toucher ou l'ou√Įe.

‚ÄĘ Les souvenirs √©motionnels sont ceux qui sont associ√©s √† des moments heureux, tristes, effrayants ou excitants, et ancr√©s dans notre m√©moire en raison de l'√©motion intense ressentie √† ce moment-l√†.

 ‚ÄĘ Les souvenirs traumatiques sont d li√©s √† des exp√©riences traumatisantes, et ils peuvent √™tre sources de d√©tresse √©motionnelle. 

Les souvenirs peuvent √™tre d√©form√©s, oubli√©s ou influenc√©s par divers facteurs, tels que la suggestion, le temps qui passe ou des √©v√©nements ult√©rieurs. 

Souverain (du latin populaire superanum, de super = au-dessus, ancien comparatif de sub, qui, avec l'accusatif, signifie : en s'élevant vers) : ce au-dessus de quoi ou celui au-dessus de qui il n'y a rien de plus élevé (le souverain bien, le peuple souverain).

Sp√©cieuse, Sp√©cieux (Qui a belle apparence, de species = aspect, forme, de specere = regarder) : 

a) ¬ę Sp√©cieuse g√©n√©rale ou universelle ¬Ľ : c'est le nom donn√©√© √† l'alg√®bre logique que Leibniz essaya de constituer. 

b) Argument sp√©cieux celui qui para√ģt probant et ne l'est pas.

Sp√©cification (du latin scolastique Specificatio, de specificatum, supin de specificare, sp√©cifier, de species = aspect, forme, et facere = faire) : op√©ration par laquelle : 
a) On distingue les esp√®ces d'un m√™me genre. 

b) On distingue une notion ou un fait, par un caract√®re particulier, des notions ou faits qui leur ressemblent. 

c) Axiome scolastique : Actus specificantur ab objectis; c'est-à-dire la nature des actes est déterminée par leurs objets.

Spécisme. - Terme qui a été introduit pour faire référence à une forme de discrimination ou de préjugé envers les animaux, similaire au racisme ou au sexisme. Le spécisme repose sur la croyance que les intérêts des êtres humains prévalent sur ceux des autres espèces animales, et il se traduit par des pratiques et des attitudes qui favorisent ou justifient l'exploitation, la souffrance et la mise à mort des animaux non humains pour des bénéfices humains, que ce soit pour la nourriture, le divertissement, la recherche scientifique, ou d'autres raisons.

Le concept de sp√©cisme a √©t√© popularis√© par l'√©thologue et philosophe Peter Singer dans son ouvrage La Lib√©ration animale (1975). Singer a plaid√© en faveur de la consid√©ration √©thique des int√©r√™ts des animaux non humains et a critiqu√© l'√©levage intensif, l'exp√©rimentation animale, la chasse sportive, et d'autres formes d'utilisation des animaux qui peuvent entra√ģner des souffrances inutiles.

Les partisans du mouvement pour les droits des animaux s'opposent au spécisme et militent pour la reconnaissance des droits et de la considération éthique envers les animaux non humains. Ils préconisent des changements dans la manière dont les animaux sont traités et utilisés dans divers domaines de la société, et certains défendent l'idée que les animaux devraient avoir le droit à la vie, à la liberté et à l'absence de souffrance inutile.

Spéculatif, spéculation (Speculativus, de speculatum, supin de speculari = épier, de specere = regarder), se dit des recherches et des études entreprises pour le seul plaisir de savoir et sans arrière-pensée d'utilité pratique. Les sciences, suivant la nature des questions dont elles s'occupent, présentent un caractère plus ou moins spéculatif : ainsi la philosophie, dans son ensemble, est une science plus spéculative que la physique; et entre les parties de la philosophie, la psychologie et la métaphysique sont plus spéculatives que la logique ou que la morale, qui, sans se résoudre entièrement dans l'art de penser ou de se conduire, ont un coté pratique que la métaphysique ne présente pas, et que la psychologie n'offre qu'indirectement. (B-E.).

Sphère. - Une sphère est un solide dont tous les points de la surface sont à égale distance d'un point appelé son centre.

Sphère personnelle. - Zone de la vie d'un individu qui n'est pas accessible aux autres. Elle inclut les pensées, les émotions, les rêves, les croyances, les valeurs, et les expériences personnelles qui ne sont pas nécessairement partagées avec autrui.

Spinozisme. - Nom donné à la doctrine de Spinoza. Il s'agit d'un panthéisme d'immanence, par opposition au panthéisme d'émanation qui est celui des Alexandrins. La substance est immanente aux choses; les attributs de la substance, ceux du moins qui nous sont connus, sont la pensée et l'étendue; les modes des attributs constituent les esprits et les corps.

Ce panthéisme est fataliste parce que la liberté humaine n'est pas autre chose que l'ignorance des motifs qui toujours nous déterminent fatalement; il est acosmiste, et non pas athéistique, parce que le monde ou nature naturée n'a de réalité qu'en Dieu et par Dieu, nature naturante.

La forme du système est déductive et même purement géométrique : Spinoza, dans son Ethique, procède par axiomes, définitions, démonstrations, corollaires, comme les géomètres, ou comme il pense que procèdent les géomètres.

Il aboutit à l'amour intellectuel de Dieu comme au souverain bien de l'humain qui, par les idées adéquates, est non seulement immortel, mais éternel.

Spirale (G√©om√©trie). - On donne en g√©n√©ral le nom de spirales √† des courbes planes fui d√©crivent autour d'un point fixedes circonvolutions √† l'infini. Ce point fixe est habituellement appel√© p√īle de la spirale. Quelquefois, la courbe passe par ce p√īle; quelquefois aussi, elle s'en rapproche ind√©finiment sans l'atteindre jamais, c.-√†-d. que le p√īle est un point asymptotique. On peut imaginer des spirales √† l'infini; l'√©tude analytique en est faite surtout en coordonn√©es polaires, par la nature m√™me des choses. Les spirales les plus connues et les plus √©tudi√©es sont : la spirale d'Archim√®de, o√Ļ le rayon vecteur issu du p√īle est proportionnel √† l'angle polaire du point correspondant; la spirale hyperbolique, o√Ļ le rayon est inversement proportionnel √† l'angle polaire; la spirale logarithmique, qui coupe sous un m√™me angle constant tous les rayons vecteurs, et qui pr√©sente une foule de propri√©t√©s remarquables. On peut consid√©rer aussi la d√©veloppante de cercle, et plus g√©n√©ralement la d√©veloppante de toute courbe ferm√©e convexe, comme une v√©ritable spirale. (C.-A. L.).

Spiritualisme (de Spiritualis = m√Ľ par l'air, spirituel, de spiritus = souffle, esprit). - Toute doctrine qui admet l'existence de deux substances essentiellement distinctes : l'esprit caract√©ris√© par la pens√©e et la libert√©; la mati√®re caract√©ris√©e par l'√©tendue et la communication m√©canique du mouvement. Elle affirme cons√©quemment l'immat√©rialit√© et l'immortalit√© de l'√Ęme. - Ce mot a son sens pr√©cis dans la doctrine cart√©sienne o√Ļ l'√Ęme, substance pensante, s'oppose au corps, substance √©tendue.

Il est quelquefois fort difficile de décider si une doctrine moniste est spiritualiste ou matérialiste, puisqu'elle admet l'unité de la substance et que la substance unique peut être l'esprit aussi bien que la matière.

L'accusation de matérialisme est donc souvent une accusation banale et un simple procès de tendances.

Les spiritualistes admettent généralement la liberté de l'humain, mais ils peuvent aussi la définir de telle sorte que l'humain devient un automate spirituel. Ils admettent également l'existence de Dieu, mais les uns lui accordent l'existence personnelle, les autres en font un simple idéal de la raison.

On voit par l√†, que le spiritualisme est une tendance plut√īt qu'une doctrine : c'est la tendance √† expliquer l'inf√©rieur par le sup√©rieur et √† faire pr√©dominer l'esprit de synth√®se sur l'esprit d'analyse.

Spiritualit√© (du latin scolastique Spiritualitas, de spiritualis, de spiritus = souffle, esprit) : a) Caract√®re de ce qui est spirituel. - b) Doctrine concernant la vie spirituelle, surnaturelle de l'esprit (ex. : les Exercices spirituels d'Ignace de Loyola). 

Spirituel (Spiritualis, de spiritus = souffle, esprit) : ce qui est opposé a) à matériel; - b) à charnel, naturel; - c) à temporel.

Spontan√© (Spontaneus, de spons, spontis = volont√© libre, initiative, de spondere = s'engager) : 

a) Ce qui est d√Ľ √† l'initiative propre de l'agent et non √† une cause ext√©rieure. S'oppose alors √† Provoqu√©, R√©ceptif. Par exemple, l'observation, par opposition √† l'exp√©rimentation qui est une observation provoqu√©e. 

b) Ce qui prévient la réflexion, se fait sans examen préalable. S'oppose à réfléchi.

Spontan√©it√© (de Spontan√©) : se prend dans les deux sens de Spontan√©. 

Initiative du mouvement. La spontanéité s'oppose à la réflexion. Notre activité est fatale, si, comme dit Malebranche, nous sommes agis; elle est spontanée dans l'instinct, libre dans la volonté.

D'apr√®s Kant, l'entendement est ¬ę la spontan√©it√© de la connaissance ou la facult√© que nous avons de produire nous-m√™mes des repr√©sentations ¬Ľ, tandis que la sensation est une r√©ceptivit√©.

Stable, Stabilité (Stabilis, stabilitas = solide, solidité, de statum, supin de stare = se tenir debout) : stabilité des lois de la nature. - Fondement de l'induction d'après Reid, Dugald-Stewart, Royer-Collard.

Stade (Stadium, Stadion) : a) Période ou moment d'un développement, d'une démonstration. - b) Argument de Zénon d'Elée contre le mouvement.

Standard. - En g√©n√©ral, un standard peut √™tre une norme, une r√®gle ou un crit√®re √©tabli qui sert de r√©f√©rence pour √©valuer ou mesurer quelque chose. Par exemple, les normes de qualit√© dans l'industrie, les standards √©thiques dans la conduite professionnelle, etc. En philosophie morale, ce terme  peut se r√©f√©rer aux normes morales ou √©thiques qui guident le comportement humain. Dans la philosophie de la connaissance et de la v√©rit√©, le concept de standard peut √™tre li√© aux crit√®res permettant d'√©valuer la v√©racit√© d'une proposition ou d'une affirmation. Certains philosophes discutent des standards de rationalit√©, c'est-√†-dire des crit√®res qui d√©finissent la pens√©e ou l'action rationnelle.

Statique (Statikos = propre √† arr√™ter, √† peser, qui concerne l'√©quilibre des corps. Racine : Sta = placer debout, d'o√Ļ, avec redoublement, sist√®mi, ist√®mi) :

a) La Statique est la partie de la mécanique qui étudie les conditions de l'équilibre.

b) Statique de l'esprit (Herbart). - Loi statique de la pensée. - Statique sociale (Comte).

c) Considération d'un objet dans un état donné et abstraction faite de ses changements.

Statistique (de Status = station, état, situation, de statum, supin de stare = se tenir debout) : science qui consiste à recueillir et coordonner des faits nombreux relatifs à un ensemble d'objets ou d'êtres de même espèce dans le but de découvrir la loi qui les régit.

Statue de Condillac (la). - Illustration philosophique utilis√©e par Condillac dans son Trait√© des sensations pour examiner les questions li√©es √† la perception, √† la cognition et √† la mani√®re dont les diff√©rentes modalit√©s sensorielles contribuent √† la formation de nos id√©es et de nos connaissances. Le philosophe reprend et d√©veloppe le probl√®me de Molyneux pour √©tudier davantage la mani√®re dont nos sens interagissent. Dans son traitement du probl√®me, Condillac imagine une statue inanim√©e √† laquelle tous les sens, √† l'exception de la vue, sont progressivement donn√©s. Initialement, la statue n'a que le sens du toucher. √Ä travers une s√©rie d'√©tapes, Condillac introduit un √† un les autres sens - l'odorat, le go√Ľt, l'ou√Įe. Il d√©montre comment, avec l'ajout progressif de chaque sens, la statue d√©velopperait une compr√©hension plus riche et complexe du monde qui l'entoure. L'√©tape cruciale est quand la statue re√ßoit le sens de la vue. Condillac pose alors la question de savoir si la statue, qui avait d√©j√† acquis la connaissance du monde par les autres sens, pourrait imm√©diatement reconna√ģtre et comprendre les objets visuels. Il d√©veloppe ainsi une r√©flexion sur l'interrelation entre les sens, la mani√®re dont les sens influencent notre compr√©hension et la possibilit√© d'acqu√©rir des connaissances par la vue sans exp√©rience pr√©alable.

Statut social (Statutum = d√©cret, statut, de statutus = participe passif de statuere = placer, √©tablir) : 

a) Ensemble des rapports légaux qui s'établissent entre les humain par le fait seul de la situation qu'ils occupent dans la société (politique, familiale, professionnelle) dont ils font partie. S'oppose à contrat qui requiert un acte de volonté

b) Ensemble de règles relatives à un groupement d'individus; ex. : statut de la presse.

Stéréotype - Croyance simplifiée, souvent figée et souvent erronée, que l'on attribue à un groupe de personnes en fonction de caractéristiques partagées telles que l'origine ethnique, le genre, la nationalité, la profession, l'apparence physique, ou d'autres traits. Ces stéréotypes peuvent être basés sur des généralisations et des préjugés, et ils ne reflètent souvent pas la diversité et la complexité réelle des individus au sein de ces groupes.

Sto√Įcisme (stoa = portique : le Poecile, portique d'Ath√®nes, o√Ļ se tenaient les premiers Sto√Įciens). -  Ecole fond√©e par Z√©non de Cittium. On conna√ģt surtout des Sto√Įciens la morale rigide, les paradoxes qui se r√©sumaient dans la maxime que la douleur n'est pas un mal. Leur philosophie √©tait un panth√©isme naturaliste.

Ils consid√©raient le monde comme un vaste animal : les corps en √©taient les membres, Dieu en √©tait l'√Ęme ou le principe actif, la force interne, ou, comme ils disaient encore, la raison s√©minale. Ob√©ir √† cette raison qui est hors de nous, c'est-√†-dire aux lois de la nature qui la manifestent, c'est ob√©ir √† notre raison qui lui est  identique, c'est n'ob√©ir qu'a nous-m√™mes, puisque la raison est la partie ma√ģtresse ou directrice de l'√Ęme : c'est rester libre en d√©pit ou plut√īt √† cause de la fatalit√© universelle.

Sto√Įque n'est nullement synonyme de Sto√Įcisme : ce dernier mot d√©signe un syst√®me, le premier une qualit√©, qui consiste dans la fermet√©, l'imperturbabilit√© √† l'√©preuve de la douleur; on peut √™tre sto√Įque sans √™tre sto√Įcien. De m√™me on peut √™tre √©picurien sans admettre la doctrine d'√Čpicure

Structuralisme. - Courant intellectuel qui s'est développée au cours du XXe siècle et qui analyse les phénomènes (linguistiques, culturels, anthropologiques, etc.) en identifiant les structures sous-jacentes, cherchant à dégager des schémas et des relations systématiques.

Structuration (th√©orie de la). - Th√©orie associ√©e au sociologue  Anthony Giddens, qui propose une perspective originale sur la relation entre l'individu et la soci√©t√© en tentant de transcender la dichotomie traditionnelle entre l'individu et la soci√©t√©. Cette approche holistique a √©merg√© dans les ann√©es 1970 et 1980 en r√©action aux limites per√ßues du structuralisme et de l'individualisme m√©thodologique. Giddens soutient que la structure et l'agentivit√© (= facult√© d'action, capacit√© √† agir son environnement; agency en anglais) ne devraient pas √™tre consid√©r√©es comme des entit√©s s√©par√©es, mais plut√īt comme interd√©pendantes. La dualit√© de la structure signifie que les actions individuelles contribuent √† la reproduction et √† la transformation des structures sociales, tandis que ces structures fournissent le contexte et les ressources qui influent sur les actions individuelles. Le sociologue distingue entre les structures sociales, qui sont des sch√©mas de r√®gles et de ressources, et les syst√®mes sociaux, qui sont les pratiques concr√®tes √† travers lesquelles ces structures sont reproduites. Les structures sont conceptuelles, tandis que les syst√®mes sont observables et empiriques..

Sturm (théorème de). - Le théorème de Sturm permet de determiner, beaucoup plus simplement que par la méthode de Lagrange, le nombre des racines réelles d'une équation numérique donnée comprises entre deux limites données et il a rendu de grands services à la physique mathématique. Il s'énonce ainsi :

Si l'on appelle x le premier nombre d'une √©quation alg√©brique √† coefficients r√©els, x1 la d√©riv√©e de ce premier nombre, x2 le reste chang√© de signe de la division de x par x1 pouss√©e aussi loin que possible, x3 le reste chang√© de signe de la division de x1 par x2 pouss√©e √©galement le plus loin possible, x4, x5,... les polyn√īmes successifs obtenus en poursuivant les op√©rations de la m√™me fa√ßon, enfin xr, le plus grand commun diviseur de x et x1 ou le reste de la derni√®re division  si, ensuite, dans la s√©rie des polyn√īmes x, x1, x2,... xn - 1, xn, xn+1..., xr, on substitue successivement √† x deux nombres quelconques, a et b, le nombre des racines r√©elles de x = 0 comprises entre a et b sera donn√© par la diff√©rence des nombres de variations que pr√©senteront les deux suites de r√©sultats, sans que, d'ailleurs, les racines multiples soient annonc√©es, quel que soit l'ordre de leur multiplicit√©, autrement que par la perte d'une seule variation.
Subalternes (propositions). (Subalternus, de sub= sous, et alternus = alternatif, de alter = l'un des deux, de la forme archa√Įque alis = autre). -  Des propositions subalternes sont des propositions form√©es avec le m√™me sujet et le m√™me attribut; oppos√©es en quantit√©, l'une universelle, l'autre particuli√®re; et de m√™me qualit√©, toutes deux affirmatives ou toutes deux n√©gatives. 

Telle est la nature de leurs rapports, que la v√©rit√© des propositions universelles entra√ģne celle des propositions particuli√®res : Si tout homme est animal, quelque homme est animal; et Si nul homme n'est parfait, quelque homme n'est pas parfait. Mais la v√©rit√© des particuli√®res n'entra√ģne pas celle des universelles.

En revanche, la fausseté des universelles n'empêche pas nécessairement la vérité des particulières; quoiqu'il ne soit pas vrai que tout nombre soit exactement divisible, il est vrai que certains nombres sont exactement divisibles (Logique de Port-Royal, 2e partie, ch. IV). (B-E.).

Subalternité. - Concept selon lequel, dans une société, certaines voix et expériences sont marginalisées ou subordonnées, en raison de facteurs tels que l'origine, le genre, la classe sociale, etc.

Subconscience, Subconscient (Sub = au-dessous, un peu; conscientia = conscience) : ce mot signifie selon le sens qu'on attache √† sub : a) un ph√©nom√®ne inconscient (sub = au-dessous de la conscience) ; tels les faits physiologiques, ; b) un ph√©nom√®ne de faible conscience (sub = un peu) ; tels certains faits psychologiques. - Dans le premier sens, le terme est  utilis√© comme synonyme de concept freudien d'inconscient (Psychanalyse). Dans le second sens, on fait du subconscient une couche suppl√©mentaire de l'apparail psychique, situ√©e entre l'inconscient et le pr√©conscient. Selon ce point de vue il renferme donc des contenus moins accessibles que le pr√©conscient (qui inclut les pens√©es et les souvenirs accessibles avec un effort), mais plus accessibles que ceux enfouis dans l'inconscient profond. Le subconscient peut jouer un r√īle dans la r√©solution de probl√®mes, l'acc√®s √† des souvenirs non imm√©diatement disponibles √† la conscience et l'influence sur les r√™ves. C'est aussi l√† que se forment les compromis, c'est √† dire la modification des d√©sirs refoul√©s afin de les rendre acceptables.

Subjectif (Subjectivus, de subjectum, supin de subjicere = jacere, mettre sous, soumettre) : a) Celui qui juge des choses, sans tenir compte de leur obiectivité, d'après ses impressions personnelles ; on dira c'est un subjectif. - b) Ce qui se rapporte au sujet pensant (ex. : la philosophie subjective). - c) Ce qui appartient au sujet pensant par opposition au monde physique (ex. : qualités secondes de la matière). - d) Ce qui est apparent, illusoire (ex. : sensation subjective, celle qui n'a pas de cause externe (ex. : dans l'hallucination) . - e) Ce qui appartient à la pensée humaine par opposition aux choses en soi (ex. : l'espace et le temps, d'après Kant). - S'oppose à Objectif.

Subjectivisme' (de Subjectif). - Doctrine philosophique qui tend √† ramener √† des ph√©nom√®nes de conscience individuelle les jugements de valeur ou de r√©alit√©. Elle rev√™t divers aspects, selon qu'elle s'applique √† la psychologie, √† la logique, √† la morale, √† l'esth√©tique ou √† la m√©taphysique. Elle prend aussi diff√©rents noms : relativisme, id√©alisme. - On parle aussi d'id√©alisme subjectif ou m√™me simplement id√©alisme). Il est douteux cependant que le subjectivisme ait jamais √©t√© profess√© d'une fa√ßon absolument syst√©matique : il para√ģt moins √™tre un syst√®me qu'une certaine tendance ou orientation g√©n√©rale de la sp√©culation m√©taphysique, celle qui consiste √† subordonner ou √† ramener toute autre r√©alit√© √† celle du sujet pensant. En ce sens, Berkeley, Fichte, Stuart Mill, Ferrier, etc., sont subjectivistes √† des degr√©s divers. Le subjectivisme absolu, qui n'a sans doute √©t√© profess√© dans toute sa rigueur par aucun philosophe, consisterait √† n'admettre d'autre r√©alit√© que celle du moi individuel : c'est ce qu'on a quelquefois appel√© l'√©gotisme.

Subjectivit√©. - Mani√®re dont les exp√©riences et les perceptions sont li√©es √† la perspective individuelle. Kant  et d'autres ont abord√© cette question en soulignant que notre compr√©hension du monde est influenc√©e par notre propre cadre de r√©f√©rence.

Sublimation (Sublimatio = action d'√©lever, de sublimatum, supin de sublimare = √©lever, de sublimis = haut, de sub-levare = soulever) :  Terme employ√© par Freud pour signifier la transformation ¬ę de certains instincts ou sentiments inf√©rieurs en instincts ou sentiments sup√©rieurs ¬Ľ. 

Sublime (Sublimis = haut, élevé, en l'air, de sub-levare = soulever). - Kant a montré qu'il diffère de la beauté, surtout par son caractère d'illimitation et par le plaisir mêlé de douleur qu'il nous procure en nous attirant et nous repoussant tour à tour. Il distingue deux sortes de sublime le sublime mathématique ou de grandeur (le ciel étoilé), et le sublime dynamique ou de puissance (un orage sur mer).

Subsomption (du latin scolastique subsumptio, de sub = dessous, et sumptio = action de prendre, de sumptum, supin de sumere = prendre) : 

a) D'une fa√ßon g√©n√©rale, c'est penser un individu comme compris dans une esp√®ce, ou une esp√®ce comme comprise dans un genre. 

b) Chez les Scolastiques, subsumer c'est, dans une argumentation, prouver que la distinction, apport√©e √† la majeure ou √† la mineure d'un syllogisme par le d√©fendant d'une th√®se, est sans valeur. 

c) Chez Kant, c'est appliquer l'une des catégories de l'entendement aux intuitions de la sensibilité par l'intermédiaire des schèmes.

Substance (Substantia, de sub-stare = se tenir dessous) : 
a) D'une façon générale : ce qui reste permanent dans les choses qui changent. - S'oppose à accident.

b) La substance est ce qui existe en soi et supporte ou soutient les qualit√©s; c'est, comme on dit encore, leur supp√īt ou sujet d'inh√©rence. 

Dans la philosophie d'Aristote, la substance (ousia en grec) est l'une des dix cat√©gories fondamentales qu'il a √©labor√©es pour classer les diff√©rents types de pr√©dicats et de concepts. Selon lui, c'est ce qui existe ind√©pendamment en soi, et c'est la r√©alit√© sous-jacente qui donne son identit√© et son individualit√© √† un objet. La substance peut √™tre divis√©e en deux sous-cat√©gories principales : 
‚ÄĘ La substance premi√®re (ousia prot√®) correspond √† l'individu concret, particulier, et unique. Chaque substance premi√®re est une entit√© distincte et autonome. Par exemple, un arbre particulier, un cheval particulier, ou un √™tre humain particulier. La substance premi√®re est caract√©ris√©e par sa singularit√© et son existence individuelle. Elle est √©galement sujette au changement et √† la corruption.

‚ÄĘ La substance seconde (ousia deutera) est l'essence g√©n√©rale d'une classe d'individus. C'est la nature commune √† tous les membres d'une m√™me esp√®ce. Par exemple, l'humanit√© commune √† tous les hommes, la chienitude commune √† tous les chiens, etc. Cette substance seconde est immuable et √©ternelle, car elle transcende les individus particuliers. Aristote croyait en une r√©alit√© objective et universelle derri√®re chaque cat√©gorie d'√™tres.

Dans le syst√®me de Descartes, substance pensante et substance √©tendue sont des expressions qui d√©signent respectivement l'√Ęme et la mati√®re 

Pour Spinoza, la substance universelle' est le Dieu immanent.

Substantialisme, Substantialiste (de Substantialis, de substantia) : Doctrine qui admet l'existence d'une substance ou de substances. - Hamilton classe les théories sur le monde extérieur en

a) R√©alisme ou Substantialisme, qui admet la r√©alit√© substantielle du monde ext√©rieur (ex. : Th√©orie de l'inf√©rence de Descartes). 

c) Nihilisme ou Non-substantialisme, qui la rejette (ex. : Immat√©rialisme de Berkeley). 

Substrat, Substratum (Substrat c'est le mot latin substratum francis√©. Substratum vient de sub = sous, et de stratum = tendu, participe passif de sternere, stratum = √©tendre par terre) : 
a) Signifie ce qui, dans une chose, est distinct de ses mani√®res d'√™tre; en ce sens il est synonyme de substance. 

b) S'emploie, au lieu de sujet ou de substance, pour désigner ce sans quoi quelque chose ne pourrait exister ou se produire : c'est un point d'appui : par exemple,le cerveau est le substrat de la pensée.

Suicide. - Action de se donner soi-même la mort. Sujet abordé par de nombreux philosophes.

Suite (du latin populaire sequita, substantif participe de sequere = suivre, forme populaire pour sequi) :

a) Ce qui succ√®de √† autre chose : ex. :. la nuit succ√®de au jour. 

b) Ensemble de termes ou d'objets qui se succ√®dent : ex. : une suite de faits dans un r√©cit. C'est aussi le sens que prend le mot suite en math√©matiques :  termes qui se succ√®dent en suivant une certaine loi (ex. : la suite des nombres premiers).

c) Ce qui résulte d'autre chose comme conséquence ou effet : ex. : la conclusion d'un raisonnement est la suite logique des prémisses.

Sujet (Subjectum = ce qui est mis dessous, participe passif pris substantivement de subjiceresub-jacere = mettre sous) :
a) En logique : l'être auquel est attribué le prédicat, - et, par suite, l'être réel en tant qu'il a des qualités ou exerce une action.Ainsi, le sujet ou premier terme de la proposition désigne l'idée d'être ou de substance dont l'attribut est affirmé par le jugement.

b) en psychologie, on appelle sujet l'esprit, qui conna√ģt, par rapport √† l'objet qui est connu. Le moi est le sujet des ph√©nom√®nes. C'est depuis Kant que sujet s'emploie pour signifier le moi un et identique, en tant qu'on l'oppose soit √† la multiplicit√© et √† la vari√©t√© des ph√©nom√®nes psychologiques, soit √† l'objet de la pens√©e.

 c) En sociologie : celui qui est soumis √† une autorit√© souveraine : les sujets du roi.

 S'oppose √† Objet.

Superstructure. - Dans le contexte de la th√©orie marxiste, la superstructure fait r√©f√©rence √† la partie d'une soci√©t√© qui englobe les institutions id√©ologiques, culturelles et politiques. Ces √©l√©ments sont consid√©r√©s comme r√©sultant des conditions √©conomiques de base, appel√©es infrastructure. La superstructure comprend des aspects tels que la religion, la politique, l'√©ducation, l'art, la culture, etc. Selon Marx, la base √©conomique d'une soci√©t√© (l'infrastructure) influence la forme de la superstructure. La philosophie marxiste, associe par ailleurs ce concept √† la mani√®re dont les id√©es, les croyances et les institutions id√©ologiques √©mergent des conditions √©conomiques sous-jacentes. 

Supposition (Suppositio, de suppositum, supin de supponere = sub-ponere, placer dessous, supposer) :

 a) S'emploie √† la place de hypoth√®se, avec un sens peut-√™tre moins technique.

b) Les Scolastiques donnent un sens particulier à supposition. Comme les mots ne sont que des signes tenant la place des choses (Signo sunt rerum suppositiva), ils entendent par supp osition, en général, l'usage d'un terme à la place d'une chose : Suppositio est usus termini pro re aliqua. Elle comporte un grand nombre d'espèces.

Surface. - Partie ext√©rieure, dehors d'un corps. En math√©matiques toute figure nous appara√ģt limit√©e par une surface qui, √† nos yeux, d√©termine sa forme ext√©rieure et la s√©pare de l'espace environnant. N√©anmoins, une fois cette notion premi√®re acquise, on fait abstraction de son origine exp√©rimentale et g√©om√©triquement on con√ßoit la surface ind√©pendamment de la mati√®re. Parfois, dans le langage usuel, on confond la surface et l'aire d'une figure. Mais, √† vrai dire, on doit les distinguer. Tandis que le terme ¬ę surface ¬Ľ rappelle en m√™me temps la forme et l'√©tendue de la figure consid√©r√©e, le mot ¬ę aire ¬Ľ s'applique exclusivement au nombre qui mesure cette √©tendue.

En g√©om√©trie analytique, on d√©finit g√©n√©ralement une surface comme le lieu des positions d'une courbe (la g√©n√©ratrice) qui se d√©place et se d√©forme dans l'espace suivant une loi donn√©e. La surface de r√©volution est engendr√©e par une ligne qui tourne autour d'une droite fixe (l'axe) √† laquelle elle reste invariablement li√©e. Les surfaces r√©gl√©es, qu'engendre le mouvement d'une ligne droite, se divisent en deux grandes classes : 

1¬į les surfaces d√©veloppables, qui peuvent par d√©formation s'√©tendre sur un plan sans d√©chirure, ni duplicature (ex. : le cylindre et le c√īne);

 2¬į les surfaces gauches, dans lesquelles deux positions de la g√©n√©ratrice infiniment rapproch√©es ne se trouvent jamais sur le m√™me plan.

Lorsque la détermination d'une surface ne dépend que d'un paramètre arbitraire, si l'on considère deux positions très voisines de cette surface, elles ont, en général, une courbe d'intersection qui tend vers une position limitée. Le lieu géométrique de ces courbes pour toutes les surfaces représentées par l'équation proposée se nomme l'enveloppe de la surface mobile et chacune des surfaces mobiles s'appelle surface enveloppée. (NLI).

Surhomme (de Sur = au-dessus, et homme). - Mot cr√©√© pour traduire l'expression allemande correspondante chez Nietzsche : Uebermensch) : celui qui se met au-dessus ¬ę du bien et du mal ¬Ľ et ram√®ne tout √† la force et au succ√®s. Cette d√©ification de l'individu a √©t√© imagin√©e par Nietzsche.

Surjection. - Application (fonction) dans laquelle chaque élément de l'ensemble de destination est atteint par au moins un élément de l'ensemble source, ce qui signifie qu'il n'y a aucun élément dans l'ensemble de destination qui ne soit pas l'image d'un élément de l'ensemble source. Cette propriété est nommée surjectivité.

Suspension (Suspensio = action d'√™tre suspendu, action de suspendre, de suspensum, supin de suspendere = sub-pendere = attacher en haut, suspendre). - Acte ou √©tat d'esprit du philosophe pyrrhonien, qui consiste √† s'abstenir de juger. 

Syllogisme (Syllogismus, Syllogismos = calcul, raisonnement, de syllogizomai = assembler par la pens√©e, d'o√Ļ calculer, raisonner, de syllogos= rassemblement, de sylleg√ī = syn-leg√ī = unir avec, rassembler) : argument compos√© de pr√©misses telles que la conclusion en d√©coule n√©cessairement. 

Le syllogisme, type du raisonnement déductif, est constitué par trois propositions telles que, les deux premières (les prémisses) étant posées, la troisième (la conclusion) s'ensuit nécessairement. Les deux prémisses s'appellent : la première la majeure, la seconde la mineure. Il y a trois termes dans le syllogisme, chacun répété deux fois : le grand terme qui a le plus d'extension, le petit terme qui en a le moins, et le moyen terme qui en a plus que le petit et moins que le grand. Le moyen terme est toujours éliminé de la conclusion.

Les r√®gles du syllogisme sont au nombre de huit, dont quatre regardent les termes et quatre les propositions. Les figures du syllogisme sont au nombre de quatre et se distinguent entre elles par la place du moyen terme dans les pr√©misses. Ces quatre figures donnent, en combinant la quantit√© et la qualit√© des trois propositions, soixante-quatre modes dont dix seulement sont concluants. 

Les modes sont représentés par les mots techniques barbara, celarent, etc. Ils peuvent se transformer quelquefois les uns dans les autres par la conversion des propositions.

Les Scolastiques employaient, pour se rappeler plus aisément la distinction des figures, ce vers technique :

Sub prae, tum prae prae,
tum sub sub, denique prae sub...
dans lequel sub est l''abréviation de sujet (subjectum), et prae celle de prédicat ou attribut :
Première figure: le moyen terme est sujet dans la majeure, attribut dans la mineure;

Deuxième figure : le moyen terme est attribut dans la majeure et dans la mineure;

Troisième figure : le moyen terme est sujet dans la majeure et dans la mineure;

Quatrième figure: le moyen terme est attribut dans la majeure, sujet dans la mineure.

Voici, en quelques mots, les règles du syllogisme que l'on résumait en huit vers latins :

Termes :

Nombre : qu'il n'y ait que trois termes, le grand, le petit et le moyen;

Moyen : que la conclusion ne contienne jamais le moyen et qu'il soit pris au moins une fois dans toute son étendue;

Extrêmes : que les extrêmes n'aient pas plus d'extension dans la conclusion que dans les prémisses.

Propositions :
Qualité : Deux affirmatives ne peuvent donner une conclusion négative; et de deux négatives on ne peut rien conclure.

Quantité : De deux propositions particulières ne suit aucune conclusion;

Quantité et qualité : La conclusion est négative si une des prémisses est négative, particulière si une des prémisses est particulière.

Toutes ces règles se réduisent à une seule : il faut que la majeure contienne la conclusion et que la mineure fasse voir que la conclusion est réellement contenue dans la majeure.

On nomme arguments syllogistiques des syllogismes irréguliers ou combinaisons de syllogismes l'enthymème, l'épicherème, le prosyllogisme, le dilemme, le sorite.

Le syllogisme, qui a tant exerc√© la sagacit√© et la subtilit√© des scolastiques, est surtout un bon exercice logique, un instrument de contr√īle ou d'exposition, non un moyen d'invention ou un instrument de d√©couverte scientifique.

Syllogisme (modes du). - On nomme modes du syllogisme les dispositions particulières qui résultent, dans le syllogisme, de l'emploi et des différentes combinaisons des quatre espèces de propositions à titre de prémisses

Les combinaisons possibles sont au nombre de 16 dans chaque figure; mais toutes ne donnent pas de conclusions, et, soit en vertu des r√®gles g√©n√©ralesdu syllogisme, par exemple, lorsqu'il s'agit de deux propositions particuli√®resou de deux n√©gatives dont on sait que le rapprochement ne conduit√† aucune conclusion, soit en vertu de convenances modes concluants, les seuls dont on s'occupe, n'est que de 19, savoir : 4 dans la premi√®re figure, 4 dans la deuxi√®me, 6 dans la troisi√®me, et 5 dans la quatri√®me. 

Ce sont ces modes que l'on désigne par les notations innémoniques : Barbara, Celarent, etc. (B-E.).

Symbole (Symbolum, Symbolon =  marque, signe de reconnaissance, de symball√ī = syn-ball√ī = jeter, mettre ensemble) : ce qui repr√©sente autre chose en vertu d'une correspondance analogique.

Symbolique (de Symbolikos = qui explique à l'aide d'un signe, de symbolè = rapprochement) : a) Ce qui emploie des symboles (écriture symbolique, logique symbolique). - b) Ce qui constitue un symbole (ex. : la balance est symbolique de la justice).

Symbolique (La) (de Symbole) : a) C'est la théorie des symboles. - b) La Symbolique, au sens de Leibniz, c'est la Caractéristique universelle ou ce que l'on appelle aujourd'hui la logique formelle.

Symbolisme (de Symbole) : a) Système de symboles (ex. : le symbolisme algébrique). - b) Méthode qui consiste à interpréter les croyances mythogiques des Anciens en leur attribuant une valeur allégorique. Elle fut employée par les Néo-Platoniciens. - c) Symbolisme dans la littérature et dans l'art.

Sym√©trie (pour Symm√©trie, de symmetria =  r√©duction √† une commune mesure, sym√©trie, de syn = avec, metron = mesure) : Disposition de parties semblables, semblablement dispos√©es dans un ensemble. C'est un concept fondamental en math√©matiques, en physique, en arts visuels (o√Ļ la sym√©trie d√©signe une juste proportion, ou la correspondance r√©guli√®re qu'ont entre elles les parties d'un tout), en biologie et dans de nombreux autres domaines. Elle joue un r√īle crucial dans l'√©tude des structures, des motifs et des ph√©nom√®nes r√©currents, permettant de simplifier et d'analyser des probl√®mes complexes. 

En mathématiques la symétrie est une propriété qui caractérise une correspondance ou une relation entre des objets tels que des points, des figures géométriques ou des fonctions, lorsque ces objets conservent une configuration ou une apparence similaire après une transformation spécifique.

‚ÄĘ En g√©om√©trie, une sym√©trie correspond √† la disposition de deux figures dont tous les points sont deux √† deux, √† √©gale distance d'un point, d'une ligne droite ou d'un plan. 
+ La sym√©trie axiale (ou sym√©trie miroir)  se produit lorsqu'une figure ou une forme peut √™tre divis√©e en deux parties √©gales par une ligne appel√©e axe de sym√©trie. Chaque point de la figure a un point correspondant situ√© √† la m√™me distance de l'axe de sym√©trie. Exemple : Un triangle isoc√®le a un axe de sym√©trie au milieu de sa base.

+ La sym√©trie centrale se produit lorsqu'une figure a un centre de sym√©trie, √† partir duquel tous les points de la figure sont √©quidistants et ont des points correspondants oppos√©s. Ex. : Un cercle a une sym√©trie centrale, o√Ļ le centre du cercle est le centre de sym√©trie.

+ La sym√©trie de rotation se produit lorsque la figure peut √™tre tourn√©e autour d'un point central (appel√© centre de rotation) d'un certain angle et conserve son apparence. Ex. : Un cercle poss√®de une sym√©trie rotative, car il peut √™tre tourn√© autour de son centre √† n'importe quel angle et appara√ģt identique.

+ La symétrie de translation se produit lorsque la figure peut être déplacée sans rotation ou changement de forme, conservant ainsi son apparence initiale. Ex. : Un rectangle a une symétrie de translation, car il peut être déplacé horizontalement ou verticalement tout en conservant sa forme.

‚ÄĘ En alg√®bre on parle de sym√©trie ou de fonction sym√©trique pour d√©signer une fonction de plusieurs variables telles qu'on peut permuter deux quelconques d'entre elles sans que la fonction change.
Symétrique (relation). - Relation binaire sur un ensemble dans laquelle chaque paire d'éléments possède un symétrique. Formellement, une relation R sur un ensemble E est dite symétrique si, pour chaque paire d'éléments (a, b) appartenant à E, la paire correspondante (b, a) est également dans la relation R.

Sympathie (Sympathia, sympatheia = participation à la souffrance, compassion, puis, en général, communauté de sentiments, de sympathès = qui éprouve de la sympathie, de syn = avec, pathos = ce que l'on éprouve) : phénomène en vertu duquel un être reproduit les modifications subies par un autre être.

On appelle morale de la sympathie la morale d'Adam Smith, qui donne pour criterium de la moralit√© des actes le degr√© de sympathie qu'ils font na√ģtre chez autrui. Mais la sympathie est un sentiment, et, comme tel, variable d'une personne √† une autre et m√™me dans le m√™me individu dans les divers temps. Adam Smith est donc oblig√© de recourir √† un spectateur impartial, t√©moin id√©al de nos actes et dont la sympathie les jugerait. Ce t√©moin pourrait bien √™tre la conscience morale appel√©e d'un autre nom, la loi morale, seule vraiment impartiale et impassible.

Symptose (arc de) (géométrie). . - C'est la corde commune réelle de deux coniques qui se coupent en des points imaginaires.

Syncat√©gor√©matique (du latin scolastique Syncategorematicus, de syn = avec, kat√®gor√®ma = accusation, qualit√© attribu√©e √† un objet, de kat√®gore√ī = accuser, √©noncer, de kata agorem√ī = parler en public, de agora = assembl√©e, de ageir√ī = r√©unir) : l'infini en puissance ou ind√©fini est appel√© syncat√©gor√©matique, parce qu'il ne contient pas actuellement toutes ses parties, mais peut √™tre augment√© ind√©finiment, par opposition √† l'infini en acte qui est dit cat√©gor√©matique. - Un terme syncat√©gor√©matique est celui qui, pour avoir une signification, doit √™tre adjoint √† d'autres termes. - S'oppose √† cat√©gor√©matique.

Syncr√©tisme (Synkr√®tismos, litt√©ralement r√©union √† la mani√®re des Cr√©tois, dont toutes les villes se liguaient contre l'ennemi commun, de syn = avec, kr√®tiz√ī =  agir en Cr√©tois) .  - Se dit, par analogie :

a) De toute tentative pour r√©unir vaille que vaille en une seule plusieurs doctrines diff√©rentes. 

 b) Du rapprochement plus ou moins forc√© de ces doctrines.  Le Syncr√©tisme est la tendance de l'√Čcole d'Alexandrie. A Alexandrie, le syncr√©tisme philosophique se montra en particulier avec Philon le Juif, Potamon, Num√©nius et d'autres. A la Renaissance, on vit un syncr√©tisme √† la fois philosophique et religieux dans les tentatives de Pic de la Mirandole, de Reuchlin, de Marsile Ficin et de plusieurs autres, qui essay√®rent de concilier les dogmes du christianisme, les uns avec Platon et la Cabbale, les autres avec les doctrines d'Alexandrie, de Pythagore et du Sto√Įcisme. Le nom de Syncr√©tistes fut donn√©, au XVIIe si√®cle, aux partisans de l'Allemand Georges Calixte ou Callisen, qui voulait r√©unir dans un m√™me symbole les catholiques et les protestants.

 c) Syncr√©tisme s'emploie encore pour signifier : Vue d'ensemble confuse d'un tout complexe.

Le syncrétisme diffère de l'éclectisme en ce qu'il n'est qu'un mélange sans choix et sans critique de doctrines opposées, et souvent inconciliables.

Synchronique (approche). - Perspective qui se concentre sur l'observation et l'analyse d'un phénomène à un moment donné, sans tenir compte de son évolution ou de son histoire à travers le temps. L'approche ou analyse synchronique permet d'examiner des relations et des caractéristiques sans les distorsions que l'évolution temporelle pourrait introduire. Elle est souvent mise en contraste avec l'approche diachronique, qui se concentre sur l'évolution et le changement à travers le temps. On rencontre l'approche synchronique dans divers domaines : en linguistique, elle se concentre sur l'étude d'une langue à un moment donné, en analysant sa structure, sa grammaire, son vocabulaire et sa syntaxe sans tenir compte de son évolution historique; en anthropologie et en sociologie, elle consiste à étudier une société ou une culture à un moment spécifique, en examinant ses coutumes, ses institutions, ses croyances, ses pratiques et sa structure sociale à un moment précis sans tenir compte de son évolution historique.

Synchronisme (du grec syn = avec, ensemble, et chronos = temps), rapprochement de personnes qui ont vécu à une même époque, ou d'événements qui sont arrivés simultanément dans divers pays. Des Tableaux synchroniques ont été dressés par Lamp, Bredow, Vater, Blair, Leclerc, Buret de Longchamps. On en trouve aussi dans les Atlas de Gueudeville, de Bucy de Mornas, de Kruse, de Lesage, etc.

Synd√©r√®se (de synt√®r√®sis = conservation, observation, de synt√®re√ī= conserver, observer; le changement de t en d proviendrait de la fa√ßon de prononcer le grec au Moyen Age. D'apr√®s Ueberweg, ce mot proviendrait d'une faute de copiste dans un texte de S. J√©r√īme, o√Ļ il faudrait lire syneid√®sis. Ceux qui √©crivent synt√©r√®se, pr√©tendent qu'il faut lire, dans le m√™me texte synt√®r√®sis)- :

a) Ce mot signifie dans la langue scolastique :
1¬į) la connaissance habituelle des principes constitutifs de la loi morale;

2¬į) la conscience morale.

b) Dans un sens plus restreint, il signifie remords (Bossuet, De la connaissance de Dieu, Ch I, § VII).
Syn√©chisme (de l'anglais Synechism : mot par lequel C. S. Peirce d√©signe  sa doctrine √©pist√©mologique, qui accorde une importance capitale √† l'id√©e de continuit√© en philosophie. 

Synergie, Synergique (Synergia = coopération, de synergos = qui prête son concours, fait le même travail, de syn = avec, ergon = travail) : c'est le concours de plusieurs activités pour remplir une même fonction.

Syng√©n√®se, Syng√©n√©sie(de syn = avec, genos = naissance, genesis = origine; Racine gen = engendrer, na√ģtre) : syst√®me qui suppose que les premiers individus de chaque esp√®ce contiennent en germe tous leurs descendants. Malebranche soutient cette hypoth√®se que rien ne vient fonder (Entretiens sur la M√©taphysique et sur la Religion, Xe, ¬ß 3-5).

Syntagme. - Unit√© syntaxique qui exprime une id√©e et qui est form√©e par la combinaison structur√©e d'√©l√©ments (mots) ou de groupes d'√©l√©ments dans une phrase. Ces √©l√©ments peuvent √™tre des mots, des groupes de mots ou des phrases. - Un syntagme nominal (SN) est un groupe de mots centr√© autour d'un nom (substantif) qui fonctionne comme un seul √©l√©ment dans la phrase. Par exemple, dans la phrase "un grand chien noir", "un grand chien noir" est un syntagme nominal. - Un syntagme verbal (SV) est un groupe de mots centr√© autour d'un verbe qui fonctionne comme un seul √©l√©ment dans la phrase. Par exemple, dans la phrase "mange une pomme", "mange une pomme" est un syntagme verbal. - Un syntagme adjectival (SA) est un groupe de mots centr√© autour d'un adjectif qui fonctionne comme un seul √©l√©ment dans la phrase. Par exemple, dans la phrase "une robe rouge", "une robe rouge" est un syntagme adjectival. - Un syntagme pr√©positionnel (SP) est un groupe de mots centr√© autour d'une pr√©position. Il consiste en une pr√©position suivie d'un groupe nominal. Par exemple, dans la phrase "sur la table", "sur la table" est un syntagme pr√©positionnel. - Un syntagme Adverbial (SAdv) est un groupe de mots centr√© autour d'un adverbe qui fonctionne comme un seul √©l√©ment dans la phrase. Par exemple, dans la phrase "tr√®s lentement", "tr√®s lentement" est un syntagme adverbial. - Un syntagme interrogatif est un groupe de mots utilis√© pour poser une question. Par exemple, dans la phrase "o√Ļ vas-tu ?", "o√Ļ vas-tu" est un syntagme interrogatif. - Un syntagme de coordination est un groupe de mots form√© par la coordination de deux √©l√©ments ou plus de m√™me nature grammaticale. Par exemple, dans la phrase "il aime nager et courir", "nager et courir" est un syntagme de coordination.

Syntagmatique. -  Terme qui sert √† d√©finir les relations entre des √©l√©ments linguistiques qui se produisent s√©quentiellement dans une phrase ou un √©nonc√©. Le syntagmatique, notion d√©velopp√©e par Saussure, se rapporte √† la combinaison s√©quentielle des √©l√©ments dans une structure lin√©aire, telle qu'une phrase ou une s√©quence de mots dans une phrase. Par exemple, dans la phrase "le chat noir dort", les mots sont dispos√©s de mani√®re syntagmatique pour former une unit√© de sens. Saussure a √©galement introduit l'opposition syntagmatique / paradigmatique. Alors que le syntagmatique concerne la combinaison s√©quentielle, le paradigmatique concerne les relations de substitution ou d'association entre des √©l√©ments qui pourraient occuper la m√™me position dans la s√©quence. Par exemple, dans la phrase "le chat noir ou blanc dort", "noir ou blanc" repr√©sente une relation paradigmatique, car ces deux termes peuvent √™tre substitu√©s l'un √† l'autre dans la m√™me position syntaxique. L'analyse syntagmatique est utilis√©e dans les approches structurales pour comprendre la mani√®re dont les √©l√©ments individuels se combinent pour cr√©er une signification. 

Syntaxe. - Branche de la linguistique qui √©tudie la structure, l'ordre et les relations entre les mots dans les phrases et les √©nonc√©s d'une langue. Elle examine comment les mots et les phrases sont combin√©s pour former des unit√©s de sens grammaticalement correctes. Les constituants syntaxiques sont des groupes de mots qui fonctionnent comme une unit√© dans une phrase. Ils sont souvent constitu√©s d'un noyau (un mot principal) et de modificateurs qui ajoutent des d√©tails. Par exemple, dans la phrase "Le chat noir dort paisiblement sur le canap√©", "Le chat noir" et "sur le canap√©" sont des constituants syntaxiques. La syntaxe attribue des fonctions grammaticales aux mots dans une phrase en fonction de leur r√īle syntaxique (sujet, verbe, objet,  compl√©ments, modificateurs, etc). La syntaxe concerne aussi l'ordre des mots dans une phrase, car il peut avoir un impact significatif sur la signification. Par exemple, en fran√ßais, l'ordre typique des mots dans une phrase affirmative est sujet-verbe-objet (SVO), comme dans "Le chat (sujet) mange (verbe) la souris (objet)". 

Synth√®se  (Synthesis = action de mettre ensemble, de syn- tith√®mi = rassembler) : La synth√®se, op√©ration inverse de l'analyse, consiste √† reconstituer le tout au moyen de ses √©l√©ments. C'est la m√©thode qui proc√®de du simple au compos√©, des √©l√©ments au tout. Elle est logique et math√©matique ou bien exp√©rimentale.

a) Sens général : action de réunir divers éléments jusque-là donnés séparément.

b) Marche de l'esprit allant des notions simples aux compos√©es, ou de propositions certaines √† d'autres qui en r√©sultent n√©cessairement. 

c) Vue g√©n√©rale qui r√©sulte de la comparaison d'un ensemble de d√©tails : par exemple, synth√®se historique : 

¬ę Pour un jour de synth√®se, il faut des ann√©es d'analyse. ¬Ľ (Fustel de Coulanges, Histoire des Institutions politiques de l'Ancienne France, T. 1, Introduction, p. XIII, Paris, 1891). 
d) Acte de l'esprit qui forme un tout de diverses représentations, sentiments ou tendances. La synthèse mentale, qui coordonne des faits nouveaux, est une opération distincte de l'association des idées qui reproduit des groupes de phénomènes formés autrefois
Synth√©tique (synthetikos = qui concerne l'arrangement, de synthetos = compos√©, form√© de parties r√©unies, de syntith√®mi = rassembler) : ce qui constitue une synth√®se aux sens divers de ce mot ou ce qui r√©sulte d'une synth√®se. 

Jugement synthétique :

a) a posteriori; 

b) a priori. 

S'oppose à analytique.

Syrie (Ecole de). - Mouvement philosophique et th√©ologique qui s'est d√©velopp√© en Syrie au VIIIe si√®cle. Il √©tait principalement repr√©sent√© par des penseurs chr√©tiens qui cherchaient √† √©laborer une th√©ologie qui soit √† la fois fid√®le √† la tradition chr√©tienne et ouverte √† la pens√©e grecque et arabe. Principaux repr√©sentants : Jean Damasc√®ne, Th√©odore Abu Qurrah et Th√©odore Bar Koni. Ces penseurs ont jou√© un r√īle important dans la diffusion de la pens√©e grecque et arabe en Occident, notamment en ce qui concerne la philosophie et la th√©ologie. L'√©cole de Syrie a contribu√© √† la naissance de la th√©ologie syriaque, qui est une tradition th√©ologique propre √† la r√©gion syrienne. Cette tradition a influenc√© la th√©ologie chr√©tienne dans son ensemble, et en particulier la th√©ologie de l'√Čglise orthodoxe syriaque et de l'√Čglise catholique syriaque. L'√©cole de Syrie a √©galement √©t√© influenc√©e par la pens√©e d'autres traditions philosophiques et religieuses, notamment la philosophie grecque, la philosophie arabe et le mysticisme musulman.

Systèmes (théorie des). - Cadre conceptuel qui fournit des outils et des concepts pour étudier la structure, le fonctionnement, les interactions et les dynamiques des systèmes complexes, qu'ils soient naturels ou artificiels.. Elle est appliquée dans divers domaines tels que la biologie, la sociologie, la psychologie, la gestion, l'informatique et l'ingénierie. - Un système est défini comme un ensemble d'éléments interconnectés qui travaillent ensemble pour atteindre un objectif commun. Les éléments peuvent être des entités physiques, des concepts, des processus, des personnes, etc. Les systèmes sont composés d'éléments, de relations entre ces éléments, et d'un objectif ou d'une finalité. Les éléments peuvent être subdivisés en sous-systèmes, et les relations peuvent inclure des flux d'information, d'énergie, de matière, etc. Les systèmes peuvent être organisés en niveaux hiérarchiques. Un système peut être un sous-système d'un système plus vaste, et peut aussi comprendre ses propres sous-systèmes. Cette hiérarchie permet de comprendre la complexité des interactions à différentes échelles. Les systèmes reçoivent des entrées (E), les traitent via des processus (P) internes, et produisent des sorties (S). Cette perspective met l'accent sur la transformation d'informations, d'énergie ou de matière au sein du système. La rétroaction est un mécanisme par lequel les résultats d'un processus affectent à nouveau ce processus. Elle peut être positive (amplificatrice) ou négative (stabilisatrice) et influe sur la stabilité et l'adaptation du système. Un système ouvert échange de l'énergie ou de la matière avec son environnement, tandis qu'un système fermé n'a pas d'échanges avec l'extérieur. La plupart des systèmes réels sont ouverts. L'émergence se produit lorsque des propriétés ou des comportements nouveaux émergent au niveau global du système et ne peuvent pas être expliqués entièrement par l'analyse des parties individuelles du système. Les systèmes ont la capacité de s'adapter à leur environnement, de se développer et d'évoluer au fil du temps. Cette capacité d'adaptation est cruciale pour la survie et la durabilité des systèmes.

Systématique (Systèmatikos = qui forme un tout, repose sur un ensemble de principes, de systèma = ensemble) : ce mot se prend :

 a) En bonne part (ex. : un esprit syst√©matique, c'est un esprit capable de r√©aliser une puissante synth√®se). 

 b) En mauvaise part : (ex. : un esprit syst√©matique, c'est un esprit √©troit et ent√™t√© qui ram√®ne tout, de force, √† une id√©e dominante pr√©con√ßue). - L'opposition syst√©matique aux actes d'un gouvernement est l'attitude de ceux qui en critiquent tous les actes, qu'ils soient bons ou mauvais. C'est une opposition de parti pris.

Systématique (La): c'est, dans une science, la partie qui fait la classification des objets étudiés, par exemple en zoologie, en botanique.

Syst√®me (Systema =  r√©union en un corps de plusieurs objets, ensemble, ensemble de doctrines, de syn-ist√®mi = placer ensemble, rassembler, de syn = avec et de la racine sta = se tenir debout). Syst√®me a la m√™me √©tymologie que synth√®se : un syst√®me est donc une synth√®se d'id√©es et de v√©rit√©s se rapportant √† un m√™me sujet.

 a) Le mot syst√®me implique l'id√©e de coordination de mati√®res scientifiques, philosophiques, etc.

b) Un système philosophique est, une synthèse d'idées se rapportant, à un même objet (ex. : système du doute méthodique de Descartes).

c) Système s'emploie encore pour signifier un ensemble d'éléments qui forment par leur dépendance mutuelle un tout organisé; ex. : un système planétaire.

L'esprit de syst√®me d√©signe souvent le trop grand attachement √† des id√©es pr√©con√ßues, et il est certain qu'il y a beaucoup de syst√®mes arbitraires et artificiels, mais l'esprit de syst√®me n'est nullement antiscientifique, puisque la nature est elle-m√™me syst√©matique dans toutes ses productions. Seulement nos syst√®mes n'√©puisent jamais la nature; elle s'en affranchit et les d√©borde de toutes parts  : c'est ce qui a fait dire √† Leibniz que les syst√®mes sont vrais par ce qu'ils affirment et faux par ce qu'ils nient.

C'est aussi ce qui a donné l'idée de substituer aux systèmes particuliers l'éclectisme qui choisit dans tous les systèmes, et la conciliation qui les éclaire et les complète l'un par l'autre en montrant leur accord dans un système supérieur : mais l'éclectisme, s'il choisit sans discernement, n'est qu'un syncrétisme aveugle, s'il choisit avec discernement, implique une règle de choix, c'est-à-dire un système particulier; et la conciliation, de l'aveu même de ceux qui la préconisent, applique systématiquement la formule leibnizienne citée plus haut. Toute philosophie est donc systématique.

Système dynamique. - Abstraction mathématique utilisée pour décrire l'évolution d'un système au fil du temps. Il est composé d'un ensemble de règles ou d'équations qui déterminent comment l'état du système évolue à partir de conditions initiales données. Un système dynamique peut être continu, dans lequel le temps est un paramètre continu, ou discret, dans lequel le temps est discrétisé en pas réguliers. Les systèmes dynamiques peuvent être déterministes, c'est-à-dire que l'évolution future du système est entièrement déterminée par son état présent, ou stochastiques, dans lesquels des éléments aléatoires ou probabilistes sont incorporés. Un aspect important de l'étude des systèmes dynamiques est l'identification des comportements caractéristiques du système, tels que les points d'équilibre, les cycles, les trajectoires périodiques, les comportements chaotiques, les attracteurs, etc. Ces caractéristiques permettent de comprendre la stabilité, la variabilité et les propriétés globales du système.

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Dictionnaire Idées et méthodes
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