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perception est un mode et une fonction de l'intelligence;
faculté de connaître appliquée aux phénomènes.
La perception, dans le sens le plus étendu de ce mot, embrasse la perception
des faits intellectuels et moraux, perception intérieure, conscience
ou sens intime, et la perception des phénomènes
physiques ou perception extérieure, dont nous nous occupons ici exclusivement.
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La perception extérieure est un fait complexe dans lequel les humains sont intéressés d'un point de vue physique et moral; mais comme nous n'en voulons faire ici que l'histoire philosophique, nous ne parlerons des phénomènes organiques que pour fixer exactement la limite où ils s'arrêtent et font place aux phénomènes intellectuels. La conscience marque cette limite. Tous les antécédents de la perception que la science est parvenue à connaître par d'autres moyens, impression faite par les objets sur les appareils organiques qui correspondent aux différents sens, transmission de cette impression par les neurones, sont autant de faits que la conscience ignore, dans lesquels elle n'a rien à voir, qui sont les conditions de la perception, mais qui n'en font pas partie intégrante, si, par perception, l'on entend le phénomène intellectuel. Mais, en vertu des mystérieuses lois de l'union du physique et du moral, une fois que l'impression organique a été portée jusqu'au centre nerveux, cette impression venant à changer de nature, on, pour mieux dire, donnant lieu à une impression d'une autre nature, l'intelligence se trouve avertie de la présence des objets, et informée d'une manière plus ou moins complète de leur existence et de leurs propriétés. En effet, toutes les qualités des objets, non seulement ne produisent, ni sur les organes, ni sur l'esprit, des impressions semblables, mais encore elles ne nous instruisent, ni au même titre, ni au même degré, de leur existence. Tantôt nous sommes simplement affectés d'une modification interne, et cette disposition subjective, perçue par la conscience, porte le nom de sensation. Tantôt à la sensation se joint la perception proprement dite, par laquelle nous sommes directement informés de l'existence et de là présence d'un corps différent de nous-mêmes. Il y a sensation et perception tout à la fois, et, par suite, connaissance immédiate de l'extérieur et du corporel, lorsque nous touchons; car alors, en même temps que trous éprouvons, au contact du corps, une sensation de résistance plus ou moins forte, de chaleur ou de froid etc., c'est bien réellement hors de nous que nous percevons son étendue et sa solidité. La perception proprement dite fait défaut, lorsque nous sentons une odeur ou que nous entendons un son; seulement, la nécessité d'assigner une cause à la modification que nous éprouvons, l'habitude d'exercer à la fois plusieurs sens et d'en associer les données respectives, les relations observées entre les impressions et la présence de certains objets, nous apprennent bien vite à localiser dans les corps en général et dans certains corps en particulier les causes inconnues de nos sensations, et à conclure de ces dernières, par une induction si rapide qu'elle en devient insaisissable, la présence de tel ou tel corps, alors même que nous ne le percevrions pas autrement. Grâce à cette espèce d'éducation mutuelle, les sens peuvent jusqu'à un certain point se substituer les uns aux autres : par le bruit, nous jugeons de la distance, du mouvement, du volume des corps; par l'odeur et la saveur, de leur nature intime; par la vue, de leur solidité, de leur température, etc., et cela nous épargne bien du temps et bien des expériences. On appelle perceptions acquises, par opposition arts perceptions naturelles et directes, ces jugements indirects, opérations complexes, mais rapides et vendues faciles par la pratique. Les perceptions naturelles de la vue ont pour objet l'étendue plane, la grandeur apparente, la figure perspective, la couleur; ses perceptions acquises ont pour objet leur volume et leur distance, leur grandeur et leur figure réelle, toutes choses qui, directement, relèvent du sens du toucher. Les perceptions proprement
dites nous faisant seules connaître le dehors, confondre la perception
avec la sensation, réduire à celle-ci la perception tout entière, et,
à plus forte raison, toutes les opérations de l'intelligence, comme l'a
fait expressément Condillac, c'est rompre,
par un procédé analogue à celui de l'Idéalisme
, toute communication entre le sujet de la connaissance et les objets extérieurs.
Le rôle que les uns font jouer à l'idée, les autres Ie font jouer Ã
la sensation; voilà toute la différence. La sensation est fort différente
de l'idée, de nature et d'origine; mais l'une et l'autre s'interposent
également entre l'esprit et les objets, et le sensualisme
de Condillac, poussé à ses conséquences logiques,
nous laisse tout aussi ignorants du monde physique que l'idéalisme cartésien
( On peut analyser la perception, en décrire les différentes phases, en signaler les éléments variés; mais on ne l'explique pas, en ce sens qu'on ne montre pas comment les corps ou les propriétés des corps agissent sur l'esprit, comment un phénomène physique détermine un phénomène intellectuel. Des systèmes qui ont pris à tâche d'apporter cette explication, les uns, fondés sur des considérations toutes physiques, n'ont pas pénétré jusqu'à la partie intellectuelle du phénomène; les autres, qui se rattachent à la grande famille de l'idéalisme, en créant sous le nom d'idées différents intermédiaires entre l'esprit et les corps, ont déplacé la difficulté sans la résoudre, et, parfois, l'ont doublée. La perception, comme la conscience, la mémoire et la raison, est une fonction primitive de l'intelligence, dont nous recueillons le bénéfice sans en pouvoir connaître les plus intimes ressorts. "L'esprit de l'homme, dit Fénelon, porte en lui de quoi s'étonner et se surpasser infiniment lui-même."Le nom de perception, comme celui de la plupart des modes de l'intelligence, s'applique, suivant les circonstances, tantôt à la faculté de percevoir, tantbt à l'opération de cette faculté, tantôt enfin au résultat de cette opération. La philosophie du XXe siècle a profondément renouvelé l'analyse de la perception en rompant avec les modèles classiques hérités du rationalisme et de l'empirisme. Plutôt que de considérer la perception comme une simple réception passive de données sensibles ou comme une construction intellectuelle secondaire, de nombreux penseurs ont cherché à en faire une expérience originaire, structurante pour notre rapport au monde. Chez Edmund Husserl, la perception est analysée dans le cadre de la phénoménologie comme une intentionnalité : toute conscience est conscience de quelque chose. La perception n'est donc pas un simple flux de sensations, mais un acte dirigé vers un objet, qui apparaît selon des profils successifs (les "esquisses"). L'objet perçu est toujours donné de manière incomplète, mais cette incomplétude est constitutive de son apparition même. Husserl insiste aussi sur la dimension temporelle de la perception : elle implique une rétention du passé immédiat et une protention vers l'avenir, ce qui rend possible la continuité de l'expérience. Maurice Merleau-Ponty radicalise cette approche en mettant au centre le corps vécu. Dans sa perspective, la perception n'est pas un acte mental désincarné, mais une manière d'être-au-monde. Le corps n'est pas un objet parmi d'autres, mais la condition de possibilité de toute perception. Il introduit l'idée que la perception est toujours déjà structurée, organisée selon des formes globales (influencées notamment par la psychologie de la Gestalt). Le monde perçu n'est pas une somme de données, mais un champ de significations immédiatement saisies. La distinction sujet/objet tend à s'effacer au profit d'une relation de co-appartenance : percevoir, c'est être engagé dans le monde. Dans une autre direction, Martin Heidegger ne traite pas la perception comme un problème central isolé, mais la réinscrit dans une analytique plus large de l'existence. Pour lui, la relation primordiale au monde n'est pas perceptive au sens théorique, mais pratique : nous sommes d'abord engagés dans des activités. La perception thématique, où l'on observe des objets, dérive d'un mode plus originaire d'être-au-monde où les choses sont saisies comme des outils ("à -portée-de-main"). Cela relativise l'importance de la perception comme fondement de la connaissance, en la subordonnant à une compréhension existentielle plus fondamentale. Du côté de la philosophie analytique, la perception est souvent abordée en termes de langage, de logique et d'épistémologie. Bertrand Russell et G.E. Moore s'intéressent à la distinction entre données sensibles (sense-data) et objets physiques. La question devient alors : que percevons-nous réellement? Des entités mentales immédiates ou des objets du monde extérieur? Ce débat conduit à des analyses fines sur la fiabilité de la perception et son rôle dans la justification des croyances. Plus tard, Wilfrid Sellars critique ce qu'il appelle le "mythe du donné" : l'idée que la perception fournirait un fondement brut, non conceptuel, à la connaissance. Selon lui, toute perception est déjà imprégnée de concepts et s'inscrit dans un cadre linguistique et normatif. Cette thèse sera prolongée par John McDowell, qui soutient que l'expérience perceptive est à la fois réceptive et conceptuelle, ce qui permet de l'intégrer directement dans l'espace des raisons. Dans une perspective différente, Ludwig Wittgenstein s'intéresse à la perception à travers l'analyse des jeux de langage. Il montre que voir n'est pas seulement recevoir une image, mais aussi voir comme (aspect seeing). Par exemple, une même figure peut être perçue comme un canard ou un lapin. Cela révèle que la perception est liée à des formes de vie et à des pratiques interprétatives, plutôt qu'à un simple enregistrement sensoriel. Enfin, les courants structuralistes et post-structuralistes, avec des penseurs comme Michel Foucault, déplacent encore la question. La perception est alors envisagée comme historiquement et culturellement située. Ce que nous voyons, et la manière dont nous le voyons, dépendent de cadres discursifs, de savoirs et de dispositifs de pouvoir. La perception n'est plus une donnée universelle et stable, mais une construction traversée par des conditions historiques. La perception, telle que les neurosciences la comprennent aujourd'hui, n'est plus ce miroir passif du monde que l'intuition commune tend à imaginer. Elle n'est pas davantage une simple réception de signaux que le cerveau enregistrerait fidèlement, comme une caméra capte une scène. Elle est au contraire une construction active, dynamique, façonnée par les attentes, les expériences passées, les états internes et les contraintes biologiques du système nerveux. Cette révision profonde de la notion de perception constitue l'un des apports les plus décisifs des neurosciences cognitives contemporaines. Tout commence par la transduction sensorielle : les organes des sens convertissent des formes d'énergie physique (lumière, vibrations mécaniques, molécules chimiques, pressions thermiques) en signaux électriques que le système nerveux peut traiter. Cette conversion est déjà sélective et non linéaire. L'oeil humain ne détecte qu'une infime fraction du spectre électromagnétique, l'oreille n'est sensible qu'à une plage de fréquences déterminée, et les récepteurs cutanés répondent différemment selon leur nature et leur localisation. La perception commence donc par une réduction massive de l'information disponible dans l'environnement, une sélection opérée par la biologie avant même que le cerveau entre en jeu. Une fois transmis, ces signaux remontent vers le cerveau selon des voies ascendantes hautement organisées. Dans le domaine visuel, le mieux étudié, l'information quitte la rétine par le nerf optique, transite par le corps genouillé latéral du thalamus, et atteint le cortex visuel primaire situé dans le lobe occipital. Là commence un traitement hiérarchique remarquable : les neurones du cortex visuel primaire répondent à des caractéristiques élémentaires (orientations de contours, fréquences spatiales, mouvements locaux). À mesure que l'information progresse vers des aires associatives de plus en plus complexes, les neurones intègrent des caractéristiques de plus en plus abstraites : formes, objets, visages, scènes entières. Cette organisation hiérarchique, mise en évidence notamment par les travaux fondateurs de David Hubel et Torsten Wiesel sur le chat, a longtemps été présentée comme le modèle canonique du traitement perceptif. Ce traitement visuel s'organise en deux grandes voies corticales, identifiées par Leslie Ungerleider et Mortimer Mishkin : la voie ventrale, dite voie du "quoi", qui s'étend vers les régions temporales inférieures et permet la reconnaissance et l'identification des objets; et la voie dorsale, dite voie du "où" et plus précisément du "comment", qui remonte vers les régions pariétales et sous-tend la localisation spatiale et le guidage de l'action. Cette dissociation est confirmée par des cas cliniques saisissants : certains patients peuvent saisir correctement un objet sans être capables de le reconnaître consciemment, tandis que d'autres identifient parfaitement un objet mais échouent à le localiser ou à le manipuler. La perception et l'action visuelle reposent donc sur des circuits partiellement distincts. Mais la véritable révolution conceptuelle tient moins à ces architectures anatomiques qu'au renversement du modèle de traitement qu'elles ont fini par imposer. Pendant longtemps, on concevait la perception comme un processus essentiellement ascendant, ou bottom-up : les données sensorielles entrent dans le système, sont progressivement enrichies et intégrées jusqu'à produire une représentation consciente. Or il est apparu avec une clarté croissante que les connexions descendantes (du cortex vers les aires inférieures, des aires associatives vers le cortex primaire) sont au moins aussi nombreuses, sinon plus, que les connexions ascendantes. Ce constat a conduit à l'émergence du paradigme du cerveau prédictif, ou traitement prédictif, dont Karl Friston est aujourd'hui l'un des théoriciens les plus influents, mais dont les racines remontent à Helmholtz et à sa notion d'inférence inconsciente. Selon ce cadre, le cerveau ne se contente pas de recevoir des informations : il génère en permanence des prédictions sur ce qu'il s'attend à percevoir, fondées sur ses modèles internes du monde construits par l'expérience. Ces prédictions sont comparées aux signaux sensoriels effectivement reçus, et seules les erreurs de prédiction (les écarts entre ce qui était attendu et ce qui arrive réellement) sont propagées vers les niveaux supérieurs pour mettre à jour le modèle. Ce que nous percevons consciemment serait alors non pas le signal sensoriel brut, mais la meilleure hypothèse que le cerveau formule sur la cause de ce signal. La perception est ainsi une forme d'inférence bayésienne : le cerveau combine ses croyances a priori avec les données sensorielles pour produire une estimation probabiliste de la réalité. Ce modèle rend compte avec élégance de nombreux phénomènes que le modèle ascendant peinait à expliquer. Les illusions perceptives, par exemple, ne sont plus des anomalies ou des défaillances du système : elles révèlent les prédictions habituellement adaptées que le cerveau applique à des situations inhabituelles. Lorsque nous voyons deux lignes de même longueur comme inégales dans l'illusion de Müller-Lyer, ou lorsque nous percevons du mouvement dans une image fixe, le cerveau applique des règles statistiques valides dans la plupart des contextes naturels, mais qui ici s'avèrent trompeuses. L'illusion n'est pas une erreur du système : c'est la preuve de son fonctionnement normal appliqué à un cas limite. La complétion perceptive illustre également ce principe de façon saisissante. Chaque oeil humain possède un point aveugle, là où le nerf optique quitte la rétine sans laisser de photorécepteurs. Pourtant, nous ne percevons aucun trou dans notre champ visuel : le cerveau comble l'absence avec ce qu'il prédit devoir s'y trouver, en fonction des informations contextuelles environnantes. De même, la stabilité de notre perception visuelle malgré les saccades oculaires permanentes (plusieurs fois par seconde, nos yeux effectuent des bonds rapides qui produiraient une image floue et tremblante si elle était projetée sur un écran) est assurée par des mécanismes prédictifs qui anticipent les conséquences motrices de chaque saccade et stabilisent la représentation en conséquence. L'attention est une autre dimension fondamentale, profondément liée à la perception sans se confondre avec elle. Les travaux en neurosciences cognitives ont montré que l'attention module de façon drastique le traitement neural des stimuli : un stimulus auquel on prête attention active plus fortement les cortex sensoriels correspondants, bénéficie d'un traitement plus rapide et plus précis, et a davantage de chances d'accéder à la conscience. L'attention sélective agit comme un filtre ou un amplificateur, allouant les ressources de traitement limitées du cerveau en fonction de la pertinence comportementale des stimuli. Des régions comme le cortex pariétal supérieur et le champ oculomoteur frontal jouent un rôle de premier plan dans l'orientation de l'attention, qu'elle soit volontaire ou automatiquement capturée par un stimulus saillant. La question de la conscience perceptive ( pourquoi certains traitements accèdent à notre expérience subjective tandis que d'autres demeurent inconscients) est l'une des plus débattues. Stanislas Dehaene et ses collaborateurs ont développé la théorie de l'espace de travail global neuronal, selon laquelle un stimulus devient conscient lorsqu'il est" diffusé" à un vaste réseau de régions corticales " l'espace de travail global) permettant son intégration à large échelle et son accès à des processus cognitifs variés. Ce basculement entre traitement inconscient et traitement conscient serait non linéaire, une sorte de tout-ou-rien, et s'accompagnerait d'une ignition neuronale caractéristique visible en imagerie. D'autres théories, comme la théorie de l'information intégrée de Giulio Tononi, proposent des formalismes différents, mais toutes s'accordent sur un point : la conscience perceptive n'est pas simplement une intensification du traitement, mais une transformation qualitative de la manière dont l'information est organisée et partagée dans le cerveau. La multimodalité de la perception est un autre aspect que les neurosciences ont considérablement approfondi. Loin d'être des canaux séparés qui se réuniraient tardivement, les modalités sensorielles interagissent dès les premiers stades du traitement. Le cortex visuel primaire est influencé par des sons, le cortex auditif peut être activé par des stimuli visuels dans certaines conditions, et le cortex somatosensoriel interagit avec les perceptions visuelles et auditives. L'effet McGurk (où la perception d'une syllabe auditive est modifiée par la vision du mouvement des lèvres prononçant une syllabe différente) illustre dramatiquement cette intégration multimodale : la perception n'est pas la somme de traitements parallèles, mais le produit d'une fusion active entre modalités. Le développement et la plasticité confirment enfin que la perception est profondément sculptée par l'expérience. Les études sur les sujets aveugles de naissance ayant recouvré la vue à l'âge adulte montrent qu'une vision fonctionnelle ne suffit pas à produire immédiatement une perception visuelle normale : le cerveau doit apprendre à interpréter les signaux rétiniens, à associer les formes visuelles aux objets connus par le toucher, à construire la profondeur et le mouvement. Inversement, chez les individus aveugles depuis la naissance, le cortex visuel est recruté pour traiter des informations tactiles et auditives, démontrant que les régions corticales ne sont pas câblées pour une modalité sensorielle spécifique mais pour un type de traitement que l'expérience finit par y ancrer. Ce que les neurosciences dessinent ainsi, c'est une perception fondamentalement créatrice : non pas une fenêtre ouverte sur le monde, mais un monde reconstruit en permanence à partir de signaux fragmentaires, guidé par des attentes, coloré par les émotions et l'attention, et sans cesse ajusté par l'expérience. Ce que nous appelons réalité perçue est en grande partie une fiction utile, la meilleure simulation que notre cerveau puisse produire avec les données disponibles, une simulation si fluide et si bien ajustée à notre environnement que nous la prenons, presque toujours, pour la réalité elle-même.
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