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Dictionnaire des idées et méthodes
U
Ubi√©t√© (de Ubi = o√Ļ) : ce mot, chez les Scolastiques, indique la cat√©gorie, de lieu. - Ils distinguent trois mani√®res d'√™tre dans un lieu : 
1¬į) Circonscriptive, circonscrite : cette mani√®re est propre aux corps. En effet, un corps occupe l'espace de fa√ßons que chacune de ses parties corresponde aux parties des autres corps qui l'entourent et le circonscrivent. 

2¬į) D√©finie : c'est-√†-dire qu'une chose est ici, et non ailleurs, de sorte que le lieu qu'elle occupe est d√©fini, limit√©. Cette seconde mani√®re, qui convient aux esprits, s'oppose √† la troisi√®me, qui n'appartient qu'√† Dieu. 

3¬į) R√©pl√©tive : c'est l'ubiquit√© : Dieu est pr√©sent partout par son essence et par son op√©ration.

Ubiquit√© (du latin scolastique Ubiquitas, de ubique = partout, de ubi = o√Ļ) l'ubiquit√© est la pr√©sence en tout lieu. Pour les Scolastiques, c'est un attribut qui n'appartient qu'√† Dieu et d√©coule de son immensit√©.

Uchronie (du grec u = non, et chronos = temps). - concept qui rel√®ve d'abord du domaine de la litt√©rature et de la fiction sp√©culative (Science-fiction), qui consiste √† inventer une histoire alternative en modifiant un √©v√©nement du pass√© et en imaginant les cons√©quences de ce changement sur le cours ult√©rieur de l'histoire. L'id√©e sous-jacente est de remettre en question les d√©terminismes historiques, c'est-√†-dire l'id√©e que l'histoire suit un cours in√©vitable dict√© par des forces immuables. En introduisant une modification dans le pass√©, l'uchronie en mettant au jour des possibilit√©s alternatives remet en question notre compr√©hension lin√©aire de l'histoire. Bien que l'uchronie soit principalement un concept litt√©raire, elle peut √©galement √™tre un outil de r√©flexion philosophique. L'examen de sc√©narios uchroniques permet d'interroger les notions de contingence et de n√©cessit√©, de discuter des limites de la causalit√© historique, et de remettre en question les id√©es pr√©con√ßues sur la nature in√©luctable des √©v√©nements historiques. - Charles Renouvier, partisan du libre arbitre et oppos√© aux id√©es d√©terministes de son √©poque, a utilis√©  le terme uchronie d'une mani√®re sp√©cifique et distincte pour illustrer la libert√© humaine et la capacit√© de choisir des voies alternatives. Pour lui, l'uchronie est li√©e √† sa r√©flexion sur la libert√© et le libre arbitre. Il a introduit ce terme  pour d√©crire la possibilit√© d'un non-avenu ou d'un non-arriv√©. Il s'agissait d'une id√©e selon laquelle un √©v√©nement pourrait ne pas avoir lieu malgr√© les conditions pr√©alables √† sa r√©alisation. L'uchronie repr√©sente ainsi, chez Renouvier, une sorte de non-contrainte, une br√®che dans le d√©terminisme o√Ļ une personne, en tant qu'agent libre, pourrait choisir un autre cours d'action que celui qui semblait in√©vitable. C'est donc un concept li√© √† la volont√© humaine et √† la possibilit√© de choix authentiques. 

Ultime (Ultimus =  le plus recul√©, le dernier, superlatif de ulter, qui est le comparatif de l'archa√Įque uls = au del√†). - Ce mot s'emploie quelquefois dans les expressions fait ultime, principe ultime, pour d√©signer le fait qui est irr√©ductible, et qui marque le dernier terme de l'analyse ou le principe au del√† duquel il est impossible de s'√©lever et d'o√Ļ d√©rive tout principe secondaire et toute d√©monstration.

Ultramontanisme (du latin ultra montes  = au-del√† des montagnes). -  Terme utilis√© au XIXe si√®cle pour d√©crire la position de ceux qui √©taient favorables √† l'autorit√© papale, situ√©e au-del√† des Alpes, c'est-√†-dire √† Rome, par opposition √† ceux qui favorisaient une plus grande autonomie des autorit√©s eccl√©siastiques locales. L'ultramontanisme a √©t√© associ√© √† des mouvements conservateurs au sein de l'√Čglise catholique, promouvant la supr√©matie du pape sur les questions de foi et de doctrine. Sur le plan philosophique, l'ultramontanisme peut √™tre li√© √† des discussions plus larges sur l'autorit√©, la hi√©rarchie, la libert√© individuelle et la relation entre l'√Čglise et l'√Čtat. Certains aspects de la pens√©e ultramontane ont √©galement √©t√© influenc√©s par des pr√©occupations th√©ologiques et philosophiques, notamment en ce qui concerne la nature de l'autorit√© religieuse et la relation entre la foi et la raison.

Un (Unum) : comme adjectif, se dit : a) De l'individu en tant qu'il fait partie d'une multiplicité. - b) De ce qui est unique. " Il n'y a qu'un Dieu et ce Dieu suffit. " Leibniz, Monadologie § 39). - c) De ce qui est indivisé en soi : c'est une propriété transcendantale de l'être. - S'oppose à Multiple, à Divisible.

Un (Unum) comme substantif. Au sens des doctrines grecques, l'Un est ce qui, étant étranger au nombre et sans multiplicité interne, est la source du divers et du multiple, par exemple chez Plotin.

Unanime, Unanimit√© (Unanimus, Unanimitas, de unus  = un; animus = √Ęme) : plein accord de pens√©es, de sentiments. 

Unicit√© (de Unique, de unicus, de unus = un). - Etat ou √† la qualit√© d'√™tre unique, c'est-√†-dire √† l'absence de r√©p√©tition ou de duplication. - Dans la philosophie, le concept d'unicit√© peut √™tre li√© √† des discussions sur l'existence, l'identit√©, et la singularit√©. Par exemple, certaines philosophies s'int√©ressent √† la question de l'unicit√© de chaque individu ou de certaines entit√©s m√©taphysiques. Dans la philosophie scolastique,  l'unicit√© est la n√©gation de la ressemblance dans un genre donn√©. - En math√©matiques, on parle d'unicit√© en r√©f√©rence √† l'existence d'une solution unique √† un probl√®me donn√©.

Unification (de Unifier, du latin scolastique unificare, de unus = un; facere = faire) : l'unification des états de conscience exige un principe d'unité. - La philosophie est l'unification des sciences (Comte, Spencer). - Unification des représentations par les trois idées transcendantales (Kant).

Uniformisme. - Principe qui postule que les processus géologiques actuels qui modèlent la Terre sont essentiellement les mêmes que ceux qui ont eu lieu dans le passé lointain de la planète. Ce principe a été développé en contraste avec le catastrophisme, une idée qui suggère que des événements soudains et violents ont eu un impact majeur sur la structure de la Terre. Le concept d'uniformisme a été particulièrement associé à James Hutton, au XVIIIe siècle, qui a formulé l'idée que les processus géologiques observés aujourd'hui, tels que l'érosion, la sédimentation et la formation des roches, étaient les mêmes au fil du temps géologique. Il a popularisé la phrase célèbre : "Le présent est la clé du passé". Cette conception a eu un impact significatif sur le développement de la géologie en tant que science. Elle a conduit à une compréhension plus approfondie des processus géologiques et à la reconnaissance de la grande ancienneté de la Terre. Charles Lyell, autre géologue du XIXe siècle, a étendu et popularisé les idées uniformitaristes de Hutton dans ses Principes de géologie. Le terme d'uniformisme a pu également être employé pour décrire le principe selon lequel les processus évolutifs et écologiques actuels sont les mêmes que ceux qui ont façonné la vie sur Terre au fil du temps.

Uniformit√© (Uniformitas, de uniforrnis = uniforme, de unus = un; forma = forme, figure) : uniforme se dit proprement des objets ou √™tres qui ont une forme identique, et par suite d'un tout dont les parties ont quelque chose d'identique (ex. : mouvement uniforme, c'est-√†-dire dont la vitesse est constante). 

Union (Unio, de unus = un) : a) Liaison de plusieurs √™tres diff√©rents qui forment un seul tout sous quelque rapport. - b) Acte par lequel l'union s'√©tablit : l'autorit√© est un principe d'union. -  c) Groupe de personnes associ√©es pour r√©aliser une fin d√©termin√©es. - d) Concorde d'id√©es et de sentiments.

Unique (de Unicus, de unus = un) : a) Ce qui est singulier, individuel, seul de son espèce. Un objet peut être considéré comme unique. Une caractéristique unique est une qualité qui distingue quelque chose des autres en la rendant spéciale et distincte. Chaque personne est unique, avec ses propres caractéristiques, expériences et traits distinctifs. Dans la philosophie de la phénoménologie, l'expérience individuelle est souvent considérée comme unique et constitue le point de départ pour comprendre la réalité. Les phénoménologues insistent sur l'importance de prendre en compte la subjectivité et l'unicité de chaque expérience individuelle. - b) Ce qui est excellent, incomparable. Une expérience peut être qualifiée d'unique si elle est exceptionnelle, rare ou inédite; une occasion unique est une opportunité qui ne se présente qu'une fois ou très rarement.

Unité (Unitas, de unus = un). - Caractère de ce qui est un, dans les sens divers de ce mot. L'un, c'est l'être en tant qu'il ne comporte aucune division et se distingue de tout autre être. L'unité en métaphysique n'est donc ni l'harmonie, le concert ou le concours, comme dans la langue ordinaire (ce tableau manque d'unité), ni l'unité abstraite des mathématiciens, ni ce qu'on a appelé quelquefois l'unicité (quand on dit : cette montagne n'a qu'un sommet, cela signifie que ce sommet est unique).

Les platoniciens appelaient Dieu l'Un ou le Bien. Cette dénomination est surtout usitée chez les Alexandrins.

On dit que l'√Ęme est une malgr√© la multiplicit√© des facult√©s et que l'id√©e d'unit√© nous vient de la conscience. Le corps, au contraire, est  multiple par ses √©l√©ments et par ses fonctions. Unit√© signifie donc indivisibilit√© et s'oppose √† pluralit√© ou multiplicit√©.

Dans la langue de Kant, l'unité est une des catégories de la quantité : les deux autres sont la pluralité et la totalité.

Unit√©isme. - Fourier d√©signe sous ce nom, auquel il donne pour synonyme le nom d'harmonisme, la passion de l'unit√© qui est, selon lui, le pivot de toutes les autres et qu'il appelle, pour cette raison, la passion pivotale. Il se superpose, dans la psychologie fouri√©riste, aux douze passions simples ou radicales dont cinq sont sensitives et correspondent aux cinq sens, quatre affectives, l'amiti√©, l'amour, le familisme et l'ambition, trois distributives, la cabaliste, la papillonne ou alternante et la composite. Elle est form√©e 

¬ę des sept affectives et distributives, comme le blanc est form√© des sept couleurs ou rayons¬Ľ. Bien qu'elle soit ¬ęla passion de tout le monde¬Ľ, m√™me ¬ę du paysan qui voudrait r√©gler √† son go√Ľt les affaires de son village ¬Ľ, 
on la remarque surtout chez les conqu√©rants et les philosophes. 
¬ę Les conqu√©rants r√™vent l'unit√© forc√©e par terreur et asservissement universel. Les philosophes r√™vent l'unit√© directe et spontan√©e, la philanthropie universelle ou fraternit√© de tous les peuples. ¬Ľ
Univers  (Universum, de unus, un; versus. vers) : c'est l'ensemble de tout ce qui existe dans l'espace et dans le temps, uniersae res. Les √Čpicuriens, admettant l'existence de plusieurs mondes, opposaient univers √† monde. Au XVIIe si√®cle, univers √©tait employ√© comme synonyme de monde visible, de la Terre. Cet emploi est rare aujourd'hui.

Univers du discours. - Ensemble des √©l√©ments qui sont pertinents dans un contexte de communication donn√©. Il se r√©f√®re √† l'environnement s√©mantique et pragmatique dans lequel des √©nonc√©s sp√©cifiques acqui√®rent leur signification. L'univers du discours englobe les personnes, les lieux, les objets, les √©v√©nements, les concepts, et tout autre √©l√©ment qui est √©voqu√© ou qui peut √™tre pertinent pour comprendre un acte de langage particulier. Il ne se limite pas seulement aux √©l√©ments pr√©sents physiquement, mais inclut √©galement des entit√©s abstraites et des r√©f√©rences culturelles qui peuvent √™tre partag√©es par les locuteurs. Ce concept est important dans la compr√©hension des actes de langage, de la pragmatique linguistique, et de la mani√®re dont la signification est construite et interpr√©t√©e dans des situations communicatives r√©elles. 

Universalisation (de Universaliser, de universalis, universel) : passage du particulier à l'universel. - L'universalisation d'un acte est le signe qui montre qu'il est moral.

Universalisme (de Universalis, universel). - a) Croyance d'apr√®s laquelle tous les humains sont appel√©s au salut (Leibniz, Th√©odic√©e, P. I, ¬ß 80). - b) Concept philosophique et √©thique qui se r√©f√®re √† l'id√©e que certaines valeurs, principes ou normes ont une validit√© universelle et sont applicables de mani√®re √©gale √† tous les individus, quel que soit leur contexte culturel, social, ethnique ou g√©ographique. Cela signifie que ces valeurs sont consid√©r√©es comme intrins√®quement justes et valables pour toute l'humanit√©, ind√©pendamment de ses diff√©rences et de ses particularit√©s.  L'universalisme consid√®re en particulier que certains principes fondamentaux, tels que les droits humains, la libert√©, l'√©galit√©, la justice, la dignit√© humaine, la non-discrimination et la tol√©rance, sont valables pour tous les √™tres humains. Chaque individu devrait avoir les m√™mes droits, opportunit√©s et protections, ind√©pendamment de son origine, de son sexe, de sa religion, de son statut socio-√©conomique ou de tout autre aspect qui peut le distinguer.  Les principes universalistes s'appliquent √† toutes les sph√®res de la vie (politique, √©conomie, droit, √©ducation, sant√©, culture, etc.), cherchant √† garantir des normes minimales de traitement √©quitable et de dignit√© pour tous. Ainsi, l'universalisme vise-t-il √† √©tablir une harmonie sociale en construisant des soci√©t√©s plus inclusives, o√Ļ sont minimis√©s les conflits r√©sultant de discriminations, d'injustices et d'in√©galit√©s, et en favorisant la compr√©hension mutuelle.  Il peut cependant rencontrer des d√©fis li√©s √† la diversit√© culturelle et aux droits individuels, rendant difficile l'√©quilibre entre la pr√©servation des identit√©s et l'adh√©sion √† des normes communes.

Universalité. - Ce mot s'emploie quelquefois pour désigner la totalité, la somme complète de faits ou des êtres, mais plus souvent pour exprimer le caractère de ce qui est universel, c'est-à-dire de ce qui convient à tous les êtres. On dira, par exemple, qu'un des caractères de la loi morale est l'universalité parce qu'elle s'applique à tous les humains; que les principes premiers sont universels parce qu'ils se retrouvent dans tous les esprits et dirigent toutes nos recherches scientifiques. Universalité dit donc plus que généralité.

Universaux  (c'est le pluriel de Universal, ancienne forme de universel, universale : unum versus alia, employ√© substantivement = termes universaux) . - Entit√©s ou √† des propri√©t√©s qui existent ind√©pendamment des objets particuliers.

a) L'universel, c'est ce qui a un caract√®re d'universalit√© logique. 

b) Est universel, ce qui est exprim√© par un terme g√©n√©ral. 

c) Ce terme g√©n√©ral lui-m√™me, pour les Nominalistes. 

La question des universaux a √©t√© au Moyen √āge un sujet de d√©bat majeur dans la m√©taphysique et la philosophie de la connaissance, et elle  reste pertinente dans la philosophie contemporaine. Les principales positions philosophiques concernant les universaux sont le r√©alisme et le nominalisme; le conceptualisme est une tentative de conciliation entre ces deux extr√™mes.

Pour les scolastiques, les universaux sont des notions et des r√©alit√©s g√©n√©rales qui conviennent suivant la m√™me d√©finition √† plusieurs sujets. A chacun d'eux s'applique cette d√©finition scolastique : Unum aptum inesse pluribus. Ils sont au nombre de cinq : le genre, l'esp√®ce, la diff√©rence, le propre et l'accident. Au-dessus des universaux proprement dits il y a les notions transcen dantes, qui ne s'appliquent √† leurs objets que d'une mani√®re, analogue. 

Distinctions : Universel avant la chose, dans la chose, après la chose (ante rem, in re, post rem). Les universaux ante res sont les idées types suivant lesquelles les chose ont été créées; tel est encore l'idéal de l'artiste par rapport à l'oeuvre dont il est l'auteur. Les universaux in rebus sont le universaux réalisés-: par exemple l'humanité en Pierre. Les universaux post res sont les universaux pris formellement, ce sont les idées que notre esprit se forme sous l'action des choses .

Axiomes : Les universaux sont partout et toujours (Universalia sunt ubique et semper), c'est-à-dire qu'ils ne sont limi tés ni par l'espace ni par le temps, c'est-à-dire encore qu'ils sont comme les essences, éternels, etc. - Ce qui est plus uni versel se compare à ce qui l'est moins comme le tout à la parti et comme la partie au tout : c'est-à-dire, par exemple, que le genre contient l'espèce sous le rapport de l'extension et qui l'espèce contient le genre sous le rapport de la compréhension.

Universaux linguistiques. - Motifs, caract√©ristiques ou structures communes que l'on trouve dans les langues du monde. Ce sont des similitudes ou des tendances r√©currentes qui transcendent les diff√©rences culturelles et g√©ographiques.  Par exemple, certains sons sont pr√©sents dans la plupart des langues du monde, m√™me si leur utilisation et leur prononciation pr√©cises peuvent varier. (Toutes les langues semblent avoir des voyelles et des consonnes). Il existe des tendances g√©n√©rales dans la mani√®re dont les langues organisent la grammaire. (Presque toutes les langues ont des moyens pour former des questions, des n√©gations, et des affirmations). La plupart des langues distinguent entre noms et verbes, et beaucoup ont des distinctions pour le singulier et le pluriel, le masculin et le f√©minin, etc. Les langues tendent √† avoir des pronoms pour repr√©senter les participants √† la communication (comme "je", "tu", "il/elle", etc.). La plupart des langues ont une structure de base dans la construction des phrases, souvent exprim√©e comme sujet-verbe-objet (SVO), sujet-objet-verbe (SOV), ou verbe-sujet-objet (VSO).

Universel (Universalis) : a) Ce qui s'√©tend √† l'univers entier (ex. : la gravitation universelle). - b) Ce qui convient √† tout l'ensemble de ce que l'on consid√®re, √™tres ou id√©es. 

Universel (Consentement). Pour démontrer certaines thèses de philosophie, par exemple l'existence de Dieu et la liberté de l'humain, on a invoqué quelquefois l'argument spécieux du consentement universel, c'est-à-dire de l'opinion unanime du genre humain. C'est un appel au sens commun, une sorte de confirmation du témoignage de la conscience individuelle.

Mais, outre que l'unanimit√© n'est jamais facile √† obtenir ou √† d√©montrer, le sens commun ne doit pas √™tre invoqu√© l√©g√®rement par le philosophe, accoutum√©, comme parle Descartes, √† ¬ę se repa√ģtre de v√©rit√©s ¬Ľ et non d'apparences, comme le vulgaire. Kant dit tr√®s bien-: 

¬ę Un ciseau et un maillet peuvent servir √† travailler le bois, mais pour graver, il faut un burin. ¬Ľ
Il faut toujours recourir, en fait de preuves, à la raison guidée par la méthode. (A. B.).

Univoque (Unus = un; vox = voix, parole) : a) Terme univoque : celui qui, appliqu√© √† plusieurs, exprime chez tous le m√™me objet formel  (ex.  homme). - b) Relation univoque : celle dans laquelle de chaque ant√©c√©dent r√©sulte un seul cons√©quent (ex. : chaque nombre et son carr√©).

Upsala (Ecole d'). - Une des écoles positivistes du début du XXe siècle. A rapprocher du groupe d'Oslo, du Cercle de Vienne et de celui de Varsovie.

Usage (du vieux francais Us, de usum, supin de uti = se servir) : a) Action d'appliquer une chose √† tel ou tel besoin. Dans la ph√©nom√©nologie, le terme usage peut √™tre li√© √† l'exp√©rience pratique et √† l'interaction avec le monde. Edmund Husserl a √©tudi√© la mani√®re dont nous utilisons et donnons un sens aux objets et aux situations dans notre vie quotidienne. En philosophie du langage, le terme usage est  li√© √† la signification des mots et √† la mani√®re dont ils sont utilis√©s dans des contextes sp√©cifiques. Ludwig Wittgenstein s'est int√©ress√© √† la relation entre le langage et son utilisation pratique dans la vie quotidienne. Dans la tradition pragmatiste, initi√©e par Peirce et d√©velopp√©e par William James et John Dewey, l'accent est mis sur l'utilit√© et l'efficacit√© des id√©es, des concepts ou des croyances. Le "principe de l'usage" sugg√®re que la signification r√©elle d'une id√©e r√©side dans son utilit√© pratique ou dans les cons√©quences qu'elle a dans l'exp√©rience. - b) Pratique consacr√©e. Certains philosophes ont d√©fendu l'id√©e que l'√©thique et la morale devraient √™tre bas√©es sur des principes d'usage ou d'application pratique plut√īt que sur des r√®gles abstraites. Cette perspective est parfois associ√©e √† l'√©thique pragmatique. - S'oppose √† Abus.

Utile (Utilis = qui sert à, propre à, de utor = se servir) : a) Ce qui a de valeur non en soi, mais comme moyen pour atteindre une fin jugée avantageuse. - b) En Economie politique : ce qui est propre à satisfaire un désir ou un besoin : la richesse est l'ensemble des choses utiles.

Utilitaire (de Utilité, de utilitas) : a) Ce qui concerne l'utile. - b) Celui qui est attaché à l'utilité (ex. : esprit utilitaire). - c) Celui qui professe ou ce qui regarde la doctrine philosophique de l'Utilitarisme (Voir ce mot, b).

Utilitarisme, Utilitariste (de Utilitaire) :

a) Esprit utilitaire, au sens de b). 

b) Doctrine qui fait de l'utile le principe de toutes les valeurs, sp√©cialement des valeurs morales  (ex. : morales fond√©es sur l'int√©r√™t : 1¬į Epicure ; 2¬į Bentham; 3¬į Suart Mill; 4¬į Spencer; 5¬į Durkheim; 6¬į L. Bourgeois).

L'utilitarisme ou morale utilitaire est le système qui place dans l'intérêt particulier ou général le seul motif et la seule règle de nos actions.

Il se distingue de la morale du plaisir en ce qu'il nous propose pour but de la vie un plaisir calcul√©, le maximum des plaisirs avec le minimum des peines; c'est une arithm√©tique des plaisirs o√Ļ l'on tient compte de leur nombre, de leur intensit√©, de leur certitude, de leur puret√©.

Si la morale utilitaire passe assez ais√©ment de l'int√©r√™t individuel √† l'int√©r√™t g√©n√©ral (ce qui pourtant n'est pas sans difficult√© dans certains cas), elle ne rend pas compte suflisamment de l'obligation morale, et quand elle distingue dans les plaisirs, outre leur quantit√©, leur qualit√© mesur√©e par la dignit√© des facult√©s qui les font na√ģtre, il semble bien qu'elle ne se rapproche de la morale du bien ou de l'obligation qu'en devenant infid√®le √† ses propres principes.

Utilit√© (Utilitas, de utilis, de uti, se servir). - C'est le caract√®re de ce qui est utile, aux sens divers de ce mot. - Utilit√© sociale : fondement du droit d'apr√®s Stuart Mill et H. Spencer. 

¬ę La croyance qui accepte comme fondement de la morale l'utilit√©, ou le principe du plus gland bonheur possible, soutient que les actions sont bonnes en proportion de leur tendance √† d√©velopper le bonheur, mauvaises dans la mesure de leur tendance √† produire le contraire du bonheur. Par le bonheur elle entend la plaisir et l'absence de peine : par malheur, la peine et l'absence de plaisir. ¬Ľ (J. Stuart Mill, Utilitarisme).
Utopie (du latin Utopia, nom d'une √ģle imaginaire. Ce mot, tir√© par Thomas More de ou = non; topos = lieu, est le nom  d'un pays imaginaire o√Ļ tout est r√©gl√© pour le mieux, qui figure dans son livre, plein de conceptions aventureuses et irr√©alisables : De optimo reipublicae statu de que nova insula Utopia, B√Ęle, 1518) : l'utopie est la conception imaginaire d'un gouvernement  ou d'un projet quelconque id√©al . 

Aujourd'hui le sens du mot a chang√© :  l'utopie ne d√©signe plus l'id√©al. Ce serait  plut√īt un faux id√©al, un id√©al non conforme √† la raison et surtout irr√©alisable.

Renouvier a forgé sur le même type le mot uchronie qui
signifie : ce qui n'a eu d'existence en aucun temps, ce qui aurait pu avoir lieu, mais ne s'est pas passé réellement; en d'autres termes, l'histoire imaginaire de ce qui serait advenu si par hypothèse tel ou tel grand événement historique qui a laissé des traces profondes était supprimé ou modifié. (La Science-fiction)

Utopique (de Utopie) : ce qui constitue une utopie ou ce qui procède par utopie. Friedrich Engels a introduit la distinction entre le socialisme utopique et le socialisme scientifique dans son Socialisme utopique et socialisme scientifique (1880). Il utilise le terme socialisme utopique pour décrire les premiers penseurs socialistes qui avaient élaboré des visions idéalistes de sociétés idéales, souvent déconnectées de l'analyse économique et des réalités concrètes de leur époque (par exemple, Henri de Saint-Simon, Charles Fourier ou Robert Owen, qui ont proposé des modèles de communautés idéales basées sur la coopération et l'égalité, mais souvent sans élaborer de stratégies concrètes pour atteindre ces objectifs). Engels (partisan du socialisme scientifique qui repose sur une analyse matérialiste de la société et de l'histoire et portant une attention particulière à l'éconime politique) critique le socialisme utopique en soulignant son manque de fondement scientifique et sa tendance à formuler des solutions abstraites et idéalistes.

Utopiste (de Utopie) : celui qui aime l'utopie ou qui fait des utopies. 

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