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Dictionnaire des idées et méthodes
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Gauche (idéologies de). - Ensemble de croyances, de valeurs et de principes politiques centrés sur l'égalité sociale, l'équité, la justice, la protection des droits individuels et collectifs, ainsi que l'intervention de l'État pour corriger les inégalités et promouvoir le bien-être de tous les membres de la société. Comme c'est le cas aussi pour les idéologies de droite, les idéologies de gauche peuvent donner lieu à des positionnements, des tendances, et des systèmes de pensée très divers en fonction de l'importance accordée aux différentes thématiques dites "de gauche", ainsi qu'aux priorités et aux approches variées pour atteindre des objectifs communs de justice sociale et d'égalité. Ainsi distingue-t-on, par exemple, parmi les idéologies de gauche, le communisme, le socialisme, le socialisme démocratique (socle de la social-démocratie), le progressisme, le libéralisme de gauche et, dans une certaine mesure, le social-libéralisme, etc.

Les partisans des idéologies de gauche insistent sur l'importance de la justice sociale, de l'équité et du respect des droits fondamentaux de tous les individus, indépendamment de leur origine, de leur genre, de leur orientation sexuelle ou de leur statut économique. Ils
prĂ´nent la rĂ©duction des inĂ©galitĂ©s sociales, Ă©conomiques et politiques et cherchent Ă  crĂ©er une sociĂ©tĂ© oĂą chacun a des opportunitĂ©s Ă©gales et oĂą les avantages et les fardeaux sont rĂ©partis de manière juste. Ils se veulent  universalistes et prĂ´nent des politiques qui bĂ©nĂ©ficient Ă  toute la population, plutĂ´t que des politiques ciblĂ©es sur des groupes spĂ©cifiques.
Cela les conduit souvent Ă  dĂ©fendre des rĂ©formes sociales progressistes (mariage pour tous, Ă©galitĂ© des sexes, inclusion des minoritĂ©s, droits Ă  la diversitĂ© et  protection des droits des minoritĂ©s). Elle est souvent associĂ©e Ă  des mouvements sociaux et des revendications pour le changement social.

Atteindre de tels objectifs requiert gĂ©nĂ©ralement une intervention active de l'État dans l'Ă©conomie pour garantir la fourniture de services publics essentiels tels que la santĂ©, l'Ă©ducation, le logement et la sĂ©curitĂ© sociale. Les partisans des idĂ©ologies de gauche croient en une rĂ©gulation Ă©tatique pour protĂ©ger les droits des travailleurs, des consommateurs et de l'environnement. Le rĂ´le de l'Etat est aussi d'aider Ă  rĂ©partir les richesses de manière plus Ă©quitable en imposant des taxes progressives et en mettant en Ĺ“uvre des politiques visant Ă  rĂ©duire les Ă©carts de revenus. Ils soutiennent par ailleurs assez souvent une plus grande participation des citoyens dans le processus dĂ©cisionnel, encourageant la dĂ©mocratie participative et la dĂ©centralisation du pouvoir. 

Gassendisme. -. Épicurisme renouvelĂ© par Gassendi, atomisme ou « philosophie corpusculaire ».  Le gassendisme est souvent associĂ© Ă  une approche empirique et matĂ©rialiste de la philosophie. Gassendi Ă©tait un partisan du scepticisme modĂ©rĂ© et critiquait les idĂ©es dogmatiques. Contrairement Ă  Descartes, contre qui il soutint une vive polĂ©mique, Gassendi soutenait l'idĂ©e que la connaissance devrait ĂŞtre basĂ©e sur l'expĂ©rience sensorielle plutĂ´t que sur la dĂ©duction pure.

Outre Pierre Gassendi lui-même, plusieurs penseurs, peuvent être associés au Gassendisme pour avoir accordé aussi de l'importance à l'expérience sensorielle, pour leur rejet du dogmatisme et pour leur approche matérialiste de la réalité. Parmi eux :

• Walter Charleton (1619 - 1707 ), philosophe et médecin, a adopté des idées gassendiennes, notamment en ce qui concerne le matérialisme et l'approche empirique.

• Bernard de Fontenelle (1657 - 1757), écrivain et philosophe, qui a été influencé par le gassendisme et a contribué à populariser les idées de Gassendi.

 â€˘ Thomas Hobbes (1588 - 1679),  Ă  la philosophie très diffĂ©rente de celle de Gassendi, partageait cependant avec lui certaines idĂ©es matĂ©rialistes et empiriques, ce qui le place parfois dans la sphère d'influence du gassendisme.

Gaza (École de). - On désigne ainsi trois théologiens et philosophes byzantins, qui ont vécu et professé à Gaza, en Palestine, à partir de la fin du VIe siècle : Enée de Gaza, Zacharie de Mitylène et Procope de Gaza. Ils représente un christianisme très hellénisé, portant fortement l'empreinte de la pharésologie platonicienne, mais résolument hostile au néo-platonisme

Garantisme (de Garantie) : système social de Fourier, dans lequel la mutualité et la coopération sont les principaux facteurs de la civilisation.

GĂ©nĂ©alogie. - Etude des ascendants et des descendants d'une personne ou d'une famille. 

Général (Generalis, de genus = naissance, genre) :

a) Sens strict chez les Scolastiques : ce qui reprĂ©sente toute une classe d'ĂŞtres. 

b) Sens large : ce qui convient Ă  la majeure partie des individus d'une classe.

Les idées générales (les universaux des Scolastiques) sont des idées qui conviennent à toute une classe d'objets semblables, par exemple le genre, l'espèce. Les Scolastiques disaient qu'il n'y a de science que du général.

On distingue dans les idĂ©es gĂ©nĂ©rales leur comprĂ©hension, c'est-Ă -dire le plus ou moins grand nombre d'Ă©lĂ©ments qu'elles renferment, et leur extension, c'est-Ă -dire le plus ou moins grand nombre d'objets auxquels elles s'appliquent : l'extension est toujours en raison inverse de la comprĂ©hension. 

Général s'oppose à particulier, universel et Individuel.

Généralisation (de Généraliser). - La généralisation est l'élaboration que subissent les idées ou l'opération de l'esprit qui les forme, et qui est préparée par l'attention et l'abstraction

a) Sens strict : opĂ©ration par laquelle on rĂ©unit sous un concept unique des caractères communs Ă  plusieurs objets singuliers. 

b) Sens large : opération par laquelle on étend à toute une classe une observation faite sur un certain nombre d'individus de cette classe

GénératianismeTraducianisme.

GĂ©nĂ©ration. - Processus de devenir ou de crĂ©ation (gĂ©nĂ©ration d'idĂ©es, de connaissances, ou mĂŞme le processus de devenir soi-mĂŞme). Dans la philosophie existentialiste, l'individu est souvent considĂ©rĂ© comme Ă©tant continuellement en cours de gĂ©nĂ©ration, crĂ©ant sa propre existence Ă  travers ses choix et actions. 

Génératrice (surface) (géométrie). - Toute surface peut, d'une infinité de manières différentes, être considérée comme engendrée par le mouvement d'une courbe, variable de forme, suivant des lois déterminées. La courbe mobile et, en en générale variable, qui engendre la surface, est une génératrice de cette surface. Lorsqu'il s'agit d'une surface réglée, on entend plus particulièrement par génératrice la droite mobile qui l'engendre. L'hyperboloïde à une nappe et le paraboloïde hyperbolique sont les deux surfaces réglées du second ordre (elles peuvent dégénérer en cônes et en cylindres).

GĂ©nĂ©ratrice (fonction) (analyse).  - On dit qu'une fonction F (x) est la fonction gĂ©nĂ©ratrice de f (y) si, dans le dĂ©veloppement de F (x) ordonnĂ© par rapport aux puissances de x,  f (y) est le coefficient de xy.  Laplace, qui a introduit le calcul des fonctions gĂ©nĂ©ratrices en analyse, s'en est servi pour l'intĂ©gration de l'Ă©quation aux diffĂ©rences; il a, d'ailleurs, gĂ©nĂ©ralisĂ© cette dĂ©finition.

GĂ©nĂ©ricitĂ©. - Qualifie ce qui se rapporte au genre (par opposition Ă  la spĂ©cificitĂ©, qui se rapporte Ă  l'espèce). En logique et linguistique, la gĂ©nĂ©ricitĂ© concerne la manière dont les Ă©noncĂ©s gĂ©nĂ©raux ou universels sont formulĂ©s. Par exemple, la phrase "Les chiens sont des animaux" exprime une proposition gĂ©nĂ©rale, tandis que "Ce chien est noir" est plus spĂ©cifique. 

Genèse (du grec genesis = force productrice, origine). - Ce mot s'emploie dans le sens : a) de production, le devenir : Ă©tudier la genèse d'un ĂŞtre ou d'une institution, c'est examiner comment cet ĂŞtre ou cette institution sont devenus ce qu'ils sont actuellement. - b) d'Origine : par exemple, la genèse d'une idĂ©e. 

Génétique (Gennètikos), qui engendre, qui produit, de gennaô = engendrer). - Ce qui concerne la production ou génération d'une chose.

a) branche de la biologie qui étudie l'hérédité et la variation des caractéristiques biologiques d'une génération à l'autre. Elle examine comment les gènes, qui sont les unités d'hérédité, sont transmis de parents à enfants.

b) classification génétique : qui classe les objets d'après l'ordre de leur genèse ou production ou suivant la diversité des causes productrices.

c) définition génétique. De telles définitions expliquent l'objet défini par la manière dont il est produit : une sphère est un volume engendré par la révolution d'une demi-circonférence tournant autour de son diamètre.

d) méthode génétique. Les philosophes allemands appellent méthode génétique celle qui consiste à employer de préférence le mode d'explication par la genèse : genèse des religions. Descartes a dit que les choses sont bien plus aisées à concevoir « lorsqu'on les voit naître peu à peu que lorsqu'on les considère toutes faites ».

Genre (genus). - a) L'un des universaux ; c'est ce qu'il y a de commun à plusieurs espèces. Le genre est l'idée générale obtenue en considérant ce que les différentes espèces ont de commun. C'est le premier des universaux de la scolastique : genre, espèce, différence, propre, accident.
• Le genre prochain est celui qui vient immédiatement après les espèces : animal est un genre prochain par rapport à humain; être, un genre éloigné; créature serait un genre intermédiaire ou moyen. Les logiciens disent qu'il faut définir par le genre prochain et la différence spécifique.

• Le genre généralissime est celui qui a le plus d'extension, et comprend tous les autres genres. Le genre généralissime, l'idée la plus générale de toutes, n'est pas encore l'universel dans le sens propre et métaphysique de ce dernier mot les idées de Platon sont dites universelles, elles sont séparées des objets, elles ont une existence en soi et se distinguent ainsi profondément des idées générales qui peuvent servir d'échelons pour s'élever jusqu'à elles.

b) Le genre, en relation avec le sexe. - Genre et sexe sont deux concepts distincts, bien que souvent utilisés de manière interchangeable. Ils font référence à des aspects différents de l'identité humaine. Traditionnellement, le sexe a été catégorisé biologiquement en fonction des caractéristiques physiques telles que les organes génitaux, les chromosomes et les hormones. On classifie généralement les individus en tant que mâles ou femelles en fonction de ces caractéristiques biologiques. Le genre, en revanche, est une construction sociale qui englobe les rôles, comportements, activités et attentes socialement définis associés à être homme ou femme dans une société donnée. Le genre n'est pas strictement lié à la biologie ; il est influencé par des facteurs culturels, sociaux et psychologiques. Genre et sexe ne correspondent pas toujours : certaines personnes peuvent être assignées femme à la naissance sur la base de leurs caractéristiques biologiques (sexe), mais elles peuvent s'identifier comme homme (genre), et vice versa. Le concept de genre s'étend également au-delà de la simple distinction homme/femme, reconnaissant la diversité des identités de genre, y compris celles qui ne correspondent pas aux normes traditionnelles.

Genre (études de) - Champ de recherches interdisciplinaires (et non pas théories, comme le dit parfois inexactement) qui examinent comment les concepts de masculinité et de féminité sont construits socialement, culturellement et politiquement, plutôt que d'être simplement déterminés par la biologie. Elles montrent dans quelle mesure le genre est une construction sociale influencée par les normes culturelles, les valeurs, les traditions et les attentes sociales. Ces études mettent également en évidence le rôle de la performance dans l'expression du genre. Les individus fabriquent le genre à travers leurs comportements, leur apparence, leur langage et d'autres actions. Cela mène à reconnaître et valider la diversité des identités de genre, y compris les identités non-binaires, les personnes transgenres, et d'autres identités qui ne se conforment pas aux catégories traditionnelles de masculin et féminin. En outre, ces études intègrent souvent l'intersectionnalité, en reconnaissant que l'expérience du genre est façonnée par d'autres aspects de l'identité, comme la classe sociale, l'orientation sexuelle et d'autres facteurs, qui tous donnent lieu à des formes de discrimination sociale

Géocentrique (de Gè = terre; kentron = centre) : qui place la Terre au centre de l'univers. Tel était le cas du système de Ptolémée.

Géodésie. - La géodésie, du grec gè = Terre, et daieiv = partager est la science dont l'objet est d'étudier par des mesures aussi directes et aussi précises que possible la figure du du globe terrestre. Dans cette science, les mathématiques pures, la physique, l'astronomie et les technologies spatiales (radar, positionnement par satellite, etc.) se trouvent appliquées à l'évaluation des altitudes et distances comptées sur la surface de la Terre. -
 

Géographie. - Science qui étudie l'ensemble des phénomènes (physiques, biologiques ou humains) qui affectent la surface de la Terre.

Géologie (de Gè = terre; logos = discours) : science qui étudie la constitution, la structure et l'évolution de la planète Terre.

GĂ©omĂ©trie (GeĂ´metria, de Gè =  terre; metrein = mesurer) : Branche des mathĂ©matiques qui Ă©tudie l'espace ou l'Ă©tendue figurĂ©e.

Géophysique. - Branche de la géologie qui étudie les propriétas physiques du globe terrestre.

Gestaltisme (de l'allemand Gestalt = forme, configuration) = psychologie de la forme. - Doctrine et Ă©cole de psychologie qui a Ă©mergĂ© au dĂ©but du XXe siècle en Allemagne, selon laquelle la forme (ou structure) d'un tout a la primautĂ© sur ses parties. 

Les psychologues gestaltistes ont cherché à comprendre comment les gens organisent mentalement leur expérience en termes de formes ou de gestalts , ou configurations, plutôt qu'en termes d'éléments isolés. Ils ont identifié des lois de la perception, comme la loi de la proximité (éléments proches sont perçus comme un groupe), la loi de la similarité (éléments similaires sont regroupés) et la loi de la continuité (nous avons tendance à percevoir des lignes continues plutôt que des interruptions).

Les gestaltistes ont part ailleurs mis l'accent sur la manière dont les gens attribuent un sens à leur expérience. ils soulignent l'importance de la cognition dans la perception.

Trois psychologues ont jeté les bases du gestaltisme en mettant l'accent sur la perception comme organisation de la forme totale et en élaborant des lois de la perception :

• Max Wertheimer (1880-1943) a été l'un des fondateurs du gestaltisme. Il a réalisé des expériences clés, notamment celles impliquant le mouvement apparent, qui ont contribué à la compréhension de la manière dont les gens perçoivent la continuité du mouvement.

• Wolfgang Köhler (1887-1967) a effectué des travaux importants sur l'intelligence animale, notamment dans son célèbre travail avec les chimpanzés à Tenerife. Il a également écrit des ouvrages influents sur la théorie de la gestalt.

• Kurt Koffka (1886-1941) était un autre membre clé du cercle gestaltiste. Il a écrit sur la perception, la motivation et la psychologie de l'enfant. Son livre Principles of Gestalt Psychology (1935) a été l'un des premiers à systématiser les idées gestaltistes.

Gnomique (philosophie) (Gnômikos = en forme de sentence, gnômè = jugement, pensée). - La philosophie gnomique, qui fut celle des Sept sages de la Grèce, procédait par aphorismes, maximes ou conseils succincts. Ces préceptes étaient destinés à guider la vie et la conduite des individus. Par exemple, une maxime célèbre attribuée à plusieurs des Sept Sages est la maxime de Delphes : Connais-toi toi-même

Gnomonique. - Science et technique qui s'occupe de la théorie et de la construction des gnomons et plus globalement des cadrans solaires.

Gnose, Gnosticisme (Gnôsis = connaissance) : le Gnosticisme, syncrétisme d'idées juives, de théories helléniques et de vérités chrétiennes, est la principale hérésie des trois premiers siècles de l'Église. Le problème de l'origine du monde et du mal est la préoccupation dominante des divers systèmes qui divisèrent le Gnosticisme. Les Gnostiques ont encore ce trait commun qu'ils se prétendent en possession d'une science ésotérique dont ils proclament la supériorité en l'appelant la connaissance par excellence, la Gnose.

GnosĂ©ologie (de GnĂ´sis = connaissance; logos =  discours) : thĂ©orie de la connaissance. EpistĂ©mologie.

Gödel (thĂ©orèmes d'incomplĂ©tude de). - Kurt Gödel a publiĂ© en 1931 deux thĂ©orèmes qui mettent en Ă©vidence les difficultĂ©s auxquelles sont confrontĂ©s les systèmes formels lorsqu'ils tentent de se comprendre eux-mĂŞmes. Aucun système formel consistant ne peut prouver sa propre cohĂ©rence de manière complète. Un rĂ©sultat quia profondĂ©ment influencĂ© la comprĂ©hension des fondements des mathĂ©matiques. 

• Le premier thĂ©orème d'incomplĂ©tude Ă©nonce qu'un système formel complet et cohĂ©rent ne peut pas dĂ©montrer sa propre cohĂ©rence. En d'autres termes, il existe des Ă©noncĂ©s vrais dans le système qui ne peuvent pas ĂŞtre prouvĂ©s Ă  l'intĂ©rieur du système lui-mĂŞme. Cela montre les limites intrinsèques des systèmes formels en mathĂ©matiques. 

• Le deuxième théorème d'incomplétude énonce qu'aucun système formel axiomatique ne peut prouver sa propre consistance. En d'autres termes, si un système est cohérent, il existe des énoncés indémontrables dans ce système qui affirment la cohérence du système.

Göttingen (Cercle de). - Groupe de philosophes, formĂ© en 1907, Ă  l'universitĂ© de Göttingen, dans le sillage de Husserl et dans la perspective de la phĂ©nomĂ©nologie. Citons : Adolf Reinach, Moritz Geiger, Dietrich von Hildebrand, Alexandre KoyrĂ©, Jean Hering, Edith Stein, etc. Max Scheler a participĂ© Ă  quelques rĂ©unions du groupe. 

Gouvernement (de Gouverner, de gubernare) : ensemble des pouvoirs qui représentent l'Etat. Un gouvernement est une structure ou une organisation qui exerce l'autorité et la direction sur une entité politique, telle qu'un pays, une région ou une communauté. Son rôle principal est de prendre des décisions, de formuler des politiques et de mettre en œuvre des lois pour régir la société qu'il gouverne.

Grâce. - Dans la thĂ©ologie chrĂ©tienne, la grâce est souvent considĂ©rĂ©e comme un don divin non mĂ©ritĂ© accordĂ© Ă  l'humanitĂ©. Des penseurs comme Saint Augustin et Saint Thomas d'Aquin ont Ă©laborĂ© des idĂ©es sur la grâce divine et son rĂ´le dans le salut. Certains philosophes existentialistes ont abordĂ© la question de la grâce dans un contexte plus humaniste. Sartre, par exemple, a rejetĂ© l'idĂ©e d'une grâce divine, mettant plutĂ´t l'accent sur la responsabilitĂ© individuelle et la libertĂ©. La grâce peut Ă©galement ĂŞtre abordĂ©e dans le contexte de l'esthĂ©tique, se rĂ©fĂ©rant Ă  la beautĂ© naturelle ou Ă  l'harmonie. Certains philosophes ont Ă©crit sur la manière dont la grâce est manifeste dans l'art, la nature ou mĂŞme dans les actions humaines. La grâce peut aussi  ĂŞtre envisagĂ©e comme une qualitĂ© morale ou Ă©thique, se rĂ©fĂ©rant Ă  une Ă©lĂ©gance ou une bontĂ© particulière dans le comportement humain.

Gradation (Gradatio, de gradus = pas, marche) : on a appelé gradation l'argument sophistique du sorite, à la manière d'Eubulide. On peut appliquer ce terme à tout ce qui offre une transition graduelle.

Graduation (Graduer, du latin scolastique graduare; de gradus = pas, gradin, degré) : pour déterminer le rapport de la sensation à l'excitation qui la cause, Wundt emploie la méthode des graduations moyennes, qui consiste, deux sensations d'intensité différente étant données, à trouver une sensation dont l'intensité soit moyenne.

Grandeur. - Toute quantité a une grandeur mesurable, par exemple un nombre, une ligne. En physique, on parle de grandeur pour désigner tout ce qui est suceptible d'être mesuré et qui peut être sujet à variation. Par ex. : la longueur, l'énergie, le poids, etc. On distingue notamment des grandeurs scalaires, comme la masse, et des grandeurs vectorielles, comme la vitesse.

Dans un autre sens, le mot grandeur s'oppose Ă  petitesse. La grandeur n'est pas le rĂ©sultat d'une perception, mais d'une comparaison : toute grandeur est mesurable. En soi rien n'est grand ni petit absolument :  tout dĂ©pend de l'unitĂ© de mesure.

Grand terme. - Dans un syllogisme, on appelle grand terme celui qui a le plus d'extension, petit terme celui qui en a le moins, et moyen terme celui qui en a plus que le petit, moins que le grand : mortel serait un grand terne et Socrate un petit terme par rapport Ă  humain qui serait le moyen terre.

Graphique (Graphikos = relatif à l'action d'écrire, de graphô = écrire) : la méthode ou représentation graphique consiste à figurer des relations abstraites par un tracé linéaire; ex. : représentation d'une fonction, représentations des syllogismes.

Graz (Ecole de). - On dĂ©signe ainsi un groupe de philosophes et psychologues regroupĂ©s autour de Alexius Meinong, Ă  la tĂŞte, au sein de l'universitĂ© de Graz, d'un laboratoire de psychologie expĂ©rimentale, Ă    la fin du XIXe siècle. L'Ecole de Graz Ă©tait caractĂ©risĂ©e par son engagement envers le rĂ©alisme et son rejet du psychologisme, mettant l'accent sur l'objectivitĂ© de la rĂ©alitĂ©. Les psychologues de Graz ont Ă©tĂ© les premiers Ă  Ă©tudier la manière dont les individus organisent leur expĂ©rience perceptive en termes de formes globales. La psychologie de la Gestalt peut ĂŞtre vue comme le prolongement de leurs travaux. Parmi les noms qui se  rattachent Ă  l'Ecole de Graz, on citera les suivants :

• Alexius Meinong (1853-1920), le fondateur et le chef de file de l'Ă©cole de Graz, est surtout connu pour sa thĂ©orie de l'objet, qui inclut des entitĂ©s non existantes, et a  Ă©tĂ© l'une des apports les plus distinctifs de cette Ă©cole. Meinong a Ă©galement contribuĂ© Ă  la philosophie de l'esprit, Ă  la logique et Ă  l'Ă©pistĂ©mologie.

• Christian von Ehrenfels (1859-1932), philosophe, Ă©galement membre important de l'Ă©cole de Graz,  a dĂ©veloppĂ© la thĂ©orie de la Gestalt, influençant ainsi le dĂ©veloppement ultĂ©rieur du Gelstatisme

• Ernst Mally (1879-1944),  philosophe, a travaillĂ© avec Meinong Ă  l'universitĂ© de Graz. Il est surtout connu pour son travail en logique et en philosophie du langage. Ses contributions comprennent des dĂ©veloppements dans le domaine de la thĂ©orie des objets.

• Konrad Zindler (1866-1934), mathématicien et philosophe associé à l'école de Graz, a travaillé sur des questions liées à la logique et à la géométrie, notamment en poursuivant lui aussi les idées de Meinong.

• Kazimierz Twardowski (1866-1938) a enseignĂ© Ă  l'universitĂ© de Graz et a eu une influence importante sur les membres de l'Ă©cole (Meinong, Ehrenfels ont Ă©tĂ© ses Ă©lèves), bien qu'il n'y ait pas appartenu directement. 

Grelling-Nelson (paradoxe de). - Paradoxe lié à l'autoréférence, similaire au célèbre argument du menteur. Il tire son nom des philosophes allemands Kurt Grelling et Leonard Nelson, qui l'ont formulé pour la première fois en 1908. Un exemple classique de ce paradoxe est la phrase suivante (ou une variante de celle-ci) : "La plupart des mots de cette phrase sont mal écrits". Si nous analysons cette phrase, elle semble créer un problème logique. Si la phrase dit la vérité, alors elle contredit elle-même en indiquant que la plupart des mots sont mal écrits. D'un autre côté, si la phrase est fausse, alors cela signifie que la plupart des mots ne sont pas mal écrits, ce qui signifie que la phrase est correcte. Ainsi, la phrase semble être dans une situation où elle ne peut être ni vraie ni fausse de manière cohérente.

Grice (maximes de). - Ces maximes, qui doivent leur nom au philosophe et linguiste Paul Grice (1913-1988), qui les a énoncées dans les années 1960 dans le cadre de son principe de coopération, selon lequel les gens sont enclins à coopérer dans la communication et à supposer que les autres respectent ces maximes pour parvenir à une compréhension mutuelle. Les maximes de Grice sont des principes fondamentaux de la communication et de la pragmatique linguistique, jugées essentielles pour comprendre comment la communication fonctionne au-delà du sens littéral des mots. Il y en a quatre principales, qui guident implicitement la manière dont les locuteurs interagissent et comprennent le langage :

• La maxime de quantité : Ne donnez ni plus ni moins d'informations que nécessaire.

• La maxime de qualité : Ne dites que ce que vous croyez être vrai.

• La maxime de relation : Soyez pertinent dans votre discours en l'adaptant à la situation ou au contexte de la communication.

• La maxime de manière : Soyez clair,  concis et ordonĂ©; Ă©vitez l'ambiguĂŻtĂ©.

Grimm (loi de). - Règle clé en phonologie historique qui explique les changements phonétiques systématiques ayant conduit à l'évolution des langues germaniques à partir de leurs ancêtres indo-européennes. En décrivant comment les consonnes occlusives se sont transformées, cette loi a non seulement éclairé l'histoire des langues germaniques, mais elle a aussi établi des principes fondamentaux pour l'étude des changements phonétiques dans les langues.

Groupe. - En mathĂ©matiques, un groupe est une structure algĂ©brique qui dĂ©signe un ensemble muni d'une loi de composition interne assiociative et pour laquelle 1°) l'ensemble possède un Ă©lĂ©ment neutre 2° chaque lĂ©ment de l'ensemble possède un symĂ©trique. 

Gymnosophistes (gymnos = nu, peu vêtu). - Sages, ascètes indiens qui faisaient profession de renoncement et se dépouillaient de leurs vêtements. Calanus, qui se brûla solennellement sur un bûcher en présence d'Alexandre et de son armée, était un adepte des gymnosophistes.

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