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Dictionnaire des idées et méthodes
Q
Q. - En mathématiques,  désigne l'ensemble des nombres rationnels. Les nombres rationnels sont ceux qui peuvent s'écrire sous forme de fraction, où le numérateur et le dénominateur sont des entiers et le dénominateur n'est pas égal à zéro. Par exemple, 1/2, -3, et 7 sont des nombres rationnels.

Quadrivium (littéralement carrefour : quatuor = quatre ; via = voie).  La division des connaissances humaines (correspondant à nos classifications des sciences) comprenait, au Moyen âge, le quadrivium et le trivium,
formant ensemble les sept arts libéraux. Le quadrivium correspondait à la division supérieure de ces arts libéraux  et comprenait l'arithmétique, la géométrie, la musique et l'astronomie; le trivium, la grammaire, la dialectique et la rhétorique.

Quaestio. - Dans la scolastique, les quaestiones étaient des questions théologiques ou philosophiques discutées et débattues. Les philosophes et théologiens médiévaux utilisaient la méthode dialectique pour examiner et débattre de ces questions, souvent en se basant sur les Å“uvres d'auteurs antérieurs, tels qu'Aristote ou Augustin.La démarche consistait souvent à poser une question, à examiner diverses positions sur le sujet, à argumenter en faveur ou contre ces positions, et à arriver à une conclusion. 

Qualificatif (de Qualifier, c'est-à-dire affirmer d'un sujet un caractère qui constitue une qualité ou manière d'être, du latin scolastique qualificare, de qualis = quel). - Terme utilisé pour décrire quelque chose qui a la nature d'une qualité ou qui sert à qualifier ou décrire un objet ou un sujet. L'attribut et l'adjectif sont des qualificatifs.

Qualitatif (du latin scolastique Qualitativus, de qualitas = manière d'être, qualité, de qualis = quel, qui se rattache à qui = lequel). - Terme qui  se réfère à des caractéristiques, des propriétés ou des aspects qui décrivent la nature ou la qualité intrinsèque d'un objet, d'un phénomène ou d'une expérience, plutôt que de se concentrer sur la quantité ou la mesure. - a) Ce qui a trait à la qualité. - b) Ce qui ne peut se traduire en termes quantitatifs (par exemple, les phénomènes psychologiques). 

Qualité (Qualitas = manière d'être, de qualis = quel) : a) C'est l'une des catégorie  d'Aristote : elle modifie et dispose la substance en elle-même : elle répond à la
question poios, qualis. La qualité englobe les propriétés qui définissent la nature d'un objet. Aristote divise la qualité en deux types principaux : la qualité propre (idion), qui correspond aux qualités intrinsèques et essentielles d'un objet, et la qualité accidentelle (sumbebēkos), qui est contingente et peut changer sans altérer la nature de l'objet. - b) Ce sont les aspects sensibles de la perception : Qualités premières et secondes de la matière. - Distinction : Qualités premières, qualités secondes. Anciennement, les qualités premières étaient celles qu'on attribuait aux quatre éléments : la chaleur, le froid, etc. ; les autres qualités résultaient de celles-ci. Aujourd'hui on regarde comme qualités premières des corps celles qui tiennent à la quantité et sont perçues à la fois par la vue et le tact; les qualités secondes sont fondées sur les autres : ainsi la couleur est fondée sur la quantité ou extension. Les qualités premières correspondent au sensible commun et les qualités secondes aux sensibles propres.

Qualités occultes. - Propriétés supposées d'objets ou de substances qui ne peuvent pas être directement observées ou mesurées par les sens humains. La physique ancienne attribuait les effets, qu'elle ne pouvait expliquer, à des qualités occultes. Ces qualités étaient souvent attribuées à des aspects mystérieux ou ésotériques de la réalité. Par exemple, dans la philosophie aristotélicienne, on croyait en l'existence de qualités occultes telles que la chaleur spécifique, la gravité spécifique, etc. Dans le contexte de la science moderne, lce concept a perdu sa pertinence.

Quand (Quando). - Catégorie du temps chez Aristote, to pote, qui vise à saisir la manière dont les objets et les événements sont situés dans le temps par rapport les uns aux autres. C'est l'une des dix catégories fondamentales qu'il a élaborées pour classifier les différents types de prédicats et de concepts. Il divise la catégorie du quand en trois sous-catégories principales : avant (ce qui est antérieur dans le temps);  maintenant (le moment présent); après (ce qui est postérieur dans le temps). 

Quanta (de Quantus = combien grand) : a) Ce qui a une quantité. Kant appelle quantum le temps et l'espace (Critique de la Raison pure : Dialectique transcendantale, Livre Il, Ch. II. Sect. Il : Ire Antinomie). - b) L'énergie est considérée par la physique moderne comme variant d'une façon discontinue dans les phénomènes. Elle appelle quanta les unités de cette variation. 

Quantification (ce mot a été formé :  à l'image de qualification dérivée de qualifier, de quantifier, de quantus = combien grand, et facere = faire) : la quantification du prédicat consiste à déterminer sa quantité ou son extension d'une manière explicite (Hamilton et Morgan). Si je dis : Pierre est juste, je puis, en quantifiant le prédicat, tourner ainsi cette proposition-: Pierre est quelque juste. La proposition constitue alors une sorte d'équation et la théorie du syllogisme devient plus complète et plus rigoureuse.

Quantique. - Propre à la physique des quanta. La physique quantique est une branche de la physique qui étudie le comportement des particules subatomiques, tels que les électrons, les protons et les photons, ainsi que leur interaction leurs interactions. Cette étude à conduit à introduire des concepts tels que l'incertitude, la superposition et l'intrication quantique, qui ont remis en question notre conception traditionnelle de la réalité physique.

Quantitatif (du latin scolastique Quantitativus, de Quantitas, quantité, de quantus = combien grand, de quam = combien). - Ce qui se rapporte à la quantité, c'est-à-dire à la mesure ou à la grandeur d'un objet ou d'un phénomène.Le terme est utilisé pour indiquer une dimension liée aux quantités, aux nombres et aux mesures. Il s'oppose au terme qualitatif, qui se réfère aux caractéristiques ou aux qualités intrinsèques d'un objet plutôt qu'à sa quantité mesurable. 

Quantité (Quantitas, de quantum = combien grand, de quam = combien) : ce qui est divisible en éléments, dont chacun puisse exister séparément. - Catégorie, qui répond à la question quantum.  La quantité concerne la manière dont les objets ou les substances peuvent être mesurés ou quantifiés. Les Aristotéliciens reconnaissent des sous-catégories de la quantité-:

• Les quantités discrètes (poson diakosmon) sont des entités qui peuvent être comptées et mesurées en unités distinctes et séparées. Par exemple, des individus particuliers tels que des personnes, des arbres ou des livres appartiennent à cette sous-catégorie.

• Les quantités continues (poson syneches)sont des entités qui peuvent être mesurées sans interruption et qui ne sont pas constituées d'unités distinctes. Par exemple, des étendues telles que des lignes, des surfaces ou des volumes entrent dans cette sous-catégorie.

Pour les Scolastiques, la quantité est un accident qui consiste dans l'extension corporelle ou la divisibilité; c'est le premier accident des corps; il découle de la matière, comme la qualité découle de la forme. 

Quasi-contrat. - Dans le droit civil français, le quasi-contrat est une catégorie juridique qui permet à une personne d'obtenir réparation lorsque, sans contrat formel, elle a agi dans l'intérêt d'une autre personne. L. Bourgeois a fait un usage différent de ce mot et l'a appliqué à la notion du lien social ou solidarité. 

Queer (théorie). - Champ d'étude interdisciplinaire qui émerge à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Elle prend racine dans les études de genre et les études gays et lesbiennes, mais va au-delà de ces disciplines en remettant en question les notions fixes et normatives de sexe, de genre et de sexualité.  Cette approche s'est développée en réponse à des limitations perçues dans les études féministes et les études gays et lesbiennes traditionnelles, qui étaient souvent considérées comme réductrices ou normatives. Le terme queer a été récupéré comme une manière de défier les identités rigides et les catégories fixes. La notion de la sexualité comme construction sociale et historique développée par Michel Foucault a été cruciale. Dans Histoire de la sexualité, il a montré comment les discours sur la sexualité sont utilisés pour exercer le pouvoir. Les années 1990 ont vu l'émergence de plusieurs travaux fondateurs dans la théorie queer, notamment ceux de Judith Butler, Eve Kosofsky Sedgwick et Michael Warner. Ces travaux remettent en question les catégories stables de sexe, genre et sexualité et soulignant leur caractère construit et fluide. Judith Butler, en particulier, dans Gender Trouble (1990) a introduit la notion de performativité du genre, affirmant que le genre est une performance répétitive, plutôt qu'une identité fixe. Les actions et les comportements que l'on associe à un certain genre créent l'illusion d'une identité stable. La théorie queer remet en question la naturalisation des identités sexuelles et de genre. Elle insiste sur le caractère construit, variable et contextualisé de ces identités. Ce qui est considéré comme "normal" ou "naturel" est le résultat de normes sociales et culturelles spécifiques. Bien que le concept d'intersectionnalité soit originaire du féminisme noir (notamment chez Kimberlé Crenshaw), il est central pour la théorie queer. L'intersectionnalité examine comment les différentes formes d'oppression (sexe, couleur de peau, classe, sexualité, etc.) se croisent et se renforcent mutuellement. La théorie queer s'oppose aux normes et aux structures qui dictent ce qui est considéré comme acceptable ou normal. Elle valorise la diversité des expériences et des identités, et critique les régimes de normalisation qui marginalisent les identités non conformes. Cette théorie a eu un impact significatif sur les études littéraires et culturelles, en analysant les textes et les médias pour déceler les structures de pouvoir et les normes hétérosexuelles.

Question (Quaestio = recherche, question, torture, de quaesitum, supin de quaerer = chercher, s'enquérir). - 
F. Bacon parle de mettre la nature  à la question.

Quelque chose (aliquid). - Désigne l'être en tant que distinct de tout autre. Cette notion est comptée parmi les notions transcendantes (v. unité).  Elle peut être utilisé pour décrire une entité indéfinie ou générique. Par exemple, dans la scolastique médiévale, on pouvait parler de "aliquid" pour discuter de l'existence en général, par opposition à une entité spécifique. 

Quiddité. - Ce mot, latin Quidditias, dérivé de quid = Quelle est cette chose, qu'est-ce ?, a été forgé par les scolastiques pour traduire l'expression souvent employée par Aristote dans sa Métaphysique de to ti hn einai, laquelle désigne l'essence d'une chose, ce qui constitue sa nature spécifique, ce qui fait qu'elle est ceci plutôt que cela. Il est donc l'équivalent des termes de forme substantielle et d'entéléchie. Sur le même patron, les scolastiques avaient forgé les mots d'ignéité, pétréité, haecceité, etc., ce qui fait que le feu est du feu, qu'une pierre est une pierre, que cette chose-ci est précisément elle-même et non une autre, etc. Dans la philosophie moderne, le mot quiddité est entièrement hors d'usage à moins qu'il ne soit pris dans un sens défavorable pour désigner une abstraction creuse, une pure subtilité verbale. (E. Boirac).

Quiétisme (du mot archaïque Quiet, de quietus = tranquille, inactif, de quietum, supin de quiescere = se reposer, de quies = repos) : conception qui fait consister la perfection dans la contemplation passive et le complet désintéressement du salut personnel. Elle fut professée par le théologien espagnol Molinos et condamnée par Innocent XI en 1687. Modifiée et adoucie par Mme Guyon, cette doctrine fut adoptée par Fénelon et combattue par Bossuet. Ce quiétisme mitigé fut censuré, le 12 mars 1699, par Innocent XII. Fénelon se soumit et se rétracta.  (v. ataraxie, apathie).

Quinque voces. -  Catégories utilisées par Porphyre pour classifier les termes dans la logique aristotélicienne. Ces catégories sont utilisées pour décomposer et comprendre les relations entre les termes dans une proposition :

• Le genre (genus) est la catégorie la plus large, qui englobe toutes les autres. Par exemple, "animal" est un genre qui inclut des espèces spécifiques comme les chiens, les chats, etc.

• La différence (differentia) correspont aux caractéristiques qui distinguent un membre d'une catégorie. Par exemple, pour la catégorie "animal", une différence pourrait être "qui a des plumes" pour les oiseaux.

• L'espèce (species) est une catégorie qui partage le même genre et la même différence. Par exemple, "chien" est une espèce d'"animal" qui a la différence spécifique "quadrupède et domestiqué".

• Le propre (proprium) représente les caractéristiques qui sont propres à un individu ou à une espèce particulière. Par exemple, la capacité de voler est un propre des oiseaux en général.

• L'accident (accidens) définit les caractéristiques qui ne sont pas essentielles à une espèce particulière. Par exemple, la couleur d'un animal est souvent considérée comme un accident.

Quintaine. - Stratégie rhétorique ou argumentative où l'on attribue à un adversaire une doctrine ou une position fictive afin de la réfuter plus facilement. Cette technique est parfois appelée aussi attaque d'homme de paille ou homme de paille. Cela se produit lorsque quelqu'un présente délibérément la position de son adversaire de manière déformée ou exagérée, puis attaque cette version déformée plutôt que la position réelle de l'adversaire. Cette stratégie n'est  pas considérée comme une approche éthique dans le débat intellectuel, car elle peut être perçue comme une manipulation délibérée de l'argument de l'adversaire plutôt que comme un engagement sérieux dans un dialogue constructif.

Quintessence (du latin quinta essentia, cinquième essence) : a) nom que les anciens philosophes donnaient à l'éther, élément plus subtil que la terre, l'eau, l'air et le feu. - b) Par extension, ce mot désigne dans le langage ordinaire ce qu'il y a de plus subtil dans une conception, on l'extrait le plus concentré d'un corps. - c) Les cosmologistes contemporains appellent également ainsi un champ analogue à celui décrit par la constante cosmologique, mais variable dans le temps.

Quodlibet, Quodlibétique (du latin scolastique Quodlibetum, quodlibeticus, de quod libet = ce qui plaît) : dans l'enseignement de la scolastique, on distinguait : a) les Quaestiones ordinariae, dont le programme nettement défini correspondait au cours annuel ; b) les Quaestiones generales de quolibet, où, à côté des matières théologiques, sont traités toute sorte de sujets : philosophie pure, droit canon, questions de circonstance, etc. Les résultats de ces disputes extraordinaires ou quodlibétiques, dont les sujets étaient librement proposés par les auditeurs, ont été parfois consignés dans des ouvrages appelés Quodlibeta, Quaestiones quodlibeticae, quodlibetales, etc.

Quotient (arithmétique). - Nom que l'on donne, dans la division, au nombre qui marque combien de fois un nombre donné contient un autre nombre pareillement dé-terminé : par exemple, si l'on a à diviser 37 par 5 , alors le quotient est 7; car c'est le nombre qui indique combien de fois 37 contient 5.

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