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Émotion

Le mot Ă©motion vient du latin motio = mouvement, e = qui vient de, et cette Ă©tymologie indique très exactement le sens de ce mot. L'Ă©motion est en effet un  mouvement provoquĂ© par une excitation extĂ©rieure. C'est ce qui la distingue de l'inclination qui est un mouvement provoquĂ© par une tendance interne. Il suit de lĂ  que l'Ă©motion est toujours accidentelle et est prĂ©cĂ©dĂ©e d'une sensation qui l'excite. De cette sensation unit un mouvement psychique, une dissociation des Ă©tats de conscience prĂ©sents, puis une rĂ©organisation des Ă©tats conscients dans un système dont la sensation excitante fournit l'axe central directement par elle-mĂŞme ou indirectement par des habitudes antĂ©rieures. En consĂ©quence de ce mouvement psychique; il se produit ordinairement un mouvement extĂ©rieur correspondant.

Parfois l'excitation psychique n'actionne que les nerfs vaso-moteurs, et elle se borne alors Ă  produire une accĂ©lĂ©ration de la circulation et de la respiration, la rougeur de la face; parfois, par un effet inverse, la pâleur, des constrictions des lèvres, des dilatations de la pupille; d'autres fois l'excitation psychique plus forte actionne le cervelet et les nerfs moteurs, et il se produit alors des vertiges, des tremblements. Enfin, quand la rĂ©organisation psychique qui succède Ă  l'Ă©motion est complète et se rapporte Ă  un mouvement ou Ă  un ensemble de mouvements, ces mouvements s'exĂ©cutent le plus souvent sans qu'on les ait expressĂ©ment voulus. 

Si nous prenons pour exemple la peur qui résulte de la vue subite d'un objet terrifiant, nous voyons très aisément comment la sensation visuelle imprévue désorganise nos états de conscience actuels; nous savons aussi que la pâleur arrive aussitôt, le tremblement, un relâchement général de la peau et même du sphincter, puis, peu à peu nous ressaisissons nos esprits, c.-à-d. que nos états de conscience se groupent, s'organisent; rions concevons les moyens de fuir on de résister et alors ou nous résistons avec la courage du poltron révolté, ou nous fuyons avec les ailes que la peur nous donne. (G. Fonsegrive).



Antonio Damasio, Marcel Blanc (Traduction), L'erreur de Descartes : La raison des émotions, Odile Jacob, rééd. 2010. - Être rationnel, ce n'est pas se couper de ses émotions. Le cerveau qui pense, qui calcule, qui décide n'est pas autre chose que celui qui rit, qui pleure, qui aime, qui éprouve du plaisir et du déplaisir. Le coeur a ses raisons que la raison... est loin d'ignorer. Contre le dualisme du corps et de l'âme, mais aussi contre ceux qui voudraient réduire le fonctionnement de l'esprit humain à de froids calculs dignes d'une machine, voilà ce que révèlent les acquis récents de la neurologie. Un ouvrage déjà classique, par l'un des plus grands spécialistes et théoriciens mondiaux du cerveau. (couv.).
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Dictionnaire Idées et méthodes
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