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Le structuralisme

Le structuralisme est un courant de pensée et une méthode d'analyse qui se développent principalement dans les sciences humaines et sociales. Il se concentre sur les structures sous-jacentes qui gouvernent les phénomènes culturels, sociaux, linguistiques et psychologiques. Le structuralisme, avec la boîte à outil conceptuelle nouvelle qu'il met à disposition, a révolutionné de nombreuses disciplines en introduisant une nouvelle façon de penser les phénomènes culturels et sociaux comme des systèmes de relations.  En insistant sur les structures communes à différents domaines, le structuralisme a aussi favorisé une approche plus interdisciplinaire des sciences humaines.

Le structuralisme soutient que les structures sont fondamentales pour comprendre les phénomènes. Une structure est un ensemble de relations invariantes et régulières entre les éléments d'un système. L'une des idées centrales du structuralisme est que la réalité sociale, culturelle, linguistique, psychologique peut être comprise en analysant les structures sous-jacentes qui organisent et donnent sens à cette réalité. Les structuralistes soutiennent que ces structures sont indépendantes des individus et qu'elles exercent une influence sur leurs comportements, leurs pensées et leurs interactions.

Ces structures peuvent être des systèmes de relations et de règles qui ne sont pas immédiatement visibles mais qui déterminent les comportements et les significations.  Les structuralistes cherchent à identifier les structures invariantes qui sous-tendent la diversité apparente des phénomènes culturels et sociaux. Cela les conduit à se concentrer sur l'analyse les relations entre éléments isolés plutôt que sur ces éléments eux-même. Par exemple, en linguistique, il s'agit de comprendre comment les mots se rapportent les uns aux autres dans un système de langage. 

La méthode principale du structuralisme est l'analyse structurale, qui cherche à révéler les structures sous-jacentes d'un phénomène donné, qu'il s'agisse d'un texte littéraire, d'un mythe ou d'un système de parenté. Cette méthode est comparative pour identifier les structures communes entre différentes langues, cultures ou phénomènes sociaux, mettant en évidence des motifs et des régularités. Le structuralisme recourt aussi à l'analyse binaire basée sur les oppositions entre concepts, qui leur sert souvent de mode de définition (par exemple, bien/mal, chaud/froid) : ces oppositions structurent la signification. Le structuralisme s'intéresse à l'analyse synchronique, c'est-à-dire l'étude des structures à un moment donné, plutôt que diachronique, qui s'intéresse aux changements au fil du temps.

Une approche synchronique qui a été critiquée dans le structuralisme, car elle conduit à  ignorer l'histoire et le changement. Le structuralisme a aussi été critiqué pour son caractère parfois déterministe et formel. Son attention portée aux structures plutôt qu'aux individus a fait qu'on lui a reproché encore son universalisme et son manque d'intérêt pour les aspects dynamiques et contingents des phénomènes étudiés. Le post-structuralisme et d'autres courants ont émergé pour adresser ces critiques, en mettant l'accent sur la déconstruction des structures et sur le rôle de l'individu et du contexte historique.
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Ferdinand de Saussure.

Son ouvrage Cours de linguistique générale (publié posthumément en 1916) a introduit des concepts fondamentaux comme la distinction entre le signifiant et le signifié, et l'idée que les signes linguistiques sont arbitraires et relationnels.

Roland Barthes.

Roland Barthes, un des principaux théoriciens structuralistes littéraires, a appliqué les idées structuralistes à l'analyse des textes littéraires. Dans S/Z (1970), il décompose un texte de Balzac pour révéler ses structures sous-jacentes.

Claude Lévi-Srauss.

Il a appliqué les idées de Saussure à l'anthropologie. Dans Les Structures élémentaires de la parenté (1949) et La Pensée sauvage (1962), il a montré comment  les cultures humaines peuvent être étudiées en termes structuraux.

Les territoires du structuralisme

Parmi les domaines auxquels l'approche structuraliste peut être appliquée, les principaux sont les suivants :

La linguistique et la sémiologie.
Le structuralisme en linguistique a été largement développé par Ferdinand de Saussure. Saussure a introduit l'idée que la langue (langue) est un système de signes où chaque signe est constitué d'un signifiant (la forme sonore ou graphique) et d'un signifié (le concept). Les relations entre les signes sont fondamentales pour comprendre la langue. Il a mis l'accent sur la structure sous-jacente des langues et sur le fait que les significations des mots découlent de leurs relations avec d'autres mots dans le système linguistique, plutôt que de leurs référents extérieurs. L'approche structuraliste a transformé la linguistique en une discipline plus scientifique et systématique. En mettant l'accent sur la structure des systèmes linguistiques et les relations entre les éléments, elle a fourni des outils conceptuels et méthodologiques qui restent essentiels pour les linguistes aujourd'hui. 

Les concepts élaborés dans le cadre de la linguistique (économie du signe restreint à la langue) ont trouvé une application dans le cadre de la sémiologie (économie du signe en général) et, par là, à l'étude de divers systèmes de communication et de signification (dans des cadres qui vont de l'anthropologie, avec Claude Lévi-Strauss, à la critique littéraire, avec Roland Barthes et Gérard Genette, en passant par la psychologie ou la philosophie, avec des penseurs comme Michel Foucault). Roland Barthes, par exemple, appliqué le structuralisme pour analyser les systèmes de signes culturels, comme la mode, la publicité et les médias. Il a montré comment les objets culturels peuvent être décomposés en unités de base de signification et étudiés à travers leurs relations et fonctions au sein d'un système culturel. L'approche structuraliste a ainsi transformé la sémiologie en une discipline rigoureuse, capable d'analyser les systèmes de signes de manière systématique et méthodique. 

Systèmes de signes. Signifiant et signifié.
Saussure distingue la langue (le système abstrait de signes partagés par une communauté linguistique) de la parole (l'utilisation individuelle de ce système). Cette distinction permet de focaliser l'analyse linguistique sur le système lui-même plutôt que sur ses manifestations individuelles. Le signe linguistique, explique encore Saussure, est composé de deux éléments indissociables : le signifiant (la forme sonore ou graphique) et le signifié (le concept ou l'idée). La relation entre signifiant et signifié est arbitraire, et traduit le fait que les langues sont des systèmes de conventions sociales plutôt que des reflets directs de la réalité. La reconnaissance de cette dualité et du caractère arbitraire (conventionnel) du lien qui existe entre les deux éléments a été fondamentale pour l'étude des signes au-delà de la linguistique. Elle permet d'analyser comment les significations sont construites et interprétées dans différents systèmes sémiotiques. Tout système de signes, comme la mode, la cuisine, ou les rituels sociaux, peut ainsi être analysé de manière structurale. 

Les relations syntagmatiques et paradigmatiques.
Saussure propose que la manière dont les unités linguistiques sont combinées et organisées dans le discours peut être être analysés selon deux types de relations, les relations syntagmatiques et paradigmatiques, identifiées comme des concepts permettant de comprendre la structure du langage en examinant à la fois l'ordre séquentiel des éléments et leurs associations sémantiques ou structurelles. 

• Les relations syntagmatiques se réfèrent aux relations linéaires ou séquentielles entre les éléments qui se présentent ensemble dans une séquence donnée,  et se combinent pour former des structures plus larges, par exemple, les mots dans une phrase, les scènes dans un film, ou les éléments visuels dans une image. Ces relations sont basées sur l'ordre dans lequel les éléments apparaissent dans une séquence et sur leur combinaison pour former des unités syntaxiques plus larges. Par exemple, dans la phrase « le chat noir dort paisiblement », les mots sont disposés dans un ordre spécifique qui donne un sens à la phrase. 

• Les relations paradigmatiques correspondent aux relations associatives entre les éléments linguistiques qui partagent des propriétés similaires et qui pourraient potentiellement se substituer les uns aux autres dans une même position syntaxique. Ces relations sont basées sur la similarité sémantique ou structurelle entre les éléments et impliquent souvent qu'ils soient choisis parmi un ensemble d'alternatives possibles, par exemple, le choix d'une couleur dans une palette pour un design ou le choix d'un mot parmi plusieurs synonymes. Ainsi, dans la phrase  « le chat noir dort paisiblement », le mot « chat » peut être remplacé par des mots différenets mais qui qui partagent des caractéristiques similaires (par exemple  «-chien » ou « oiseau »), formant ainsi un ensemble de substitutions possibles.

L'analyse synchronique et diachronique.
L'approche structuraliste, telle qu'elle est initiée par Saussure, se concentre sur l'analyse synchronique du phénomène étudié (en linguistique, l'étude des langues à un moment donné) par opposition à l'analyse diachronique, qui est l'étude de son évolution des langues à travers le temps. Cette perspective a permis de mieux comprendre les structures linguistiques en elles-mêmes, sans toujours les lier à leur évolution historique.

La phonologie structurale.
Ajoutons que les travaux de Saussure ont fourni un socle à ceux de linguistes tels que Roman Jakobson et Nikolai Trubetzkoy pour développer la phonologie structurale, cette branche de la linguistique qui étudie les systèmes phonétiques des langues en termes de phonèmes et de leurs oppositions afin d'analyser systématiquement et formellement des sons de la parole.

La sémiologie.
La sémiotique, ou l'étude des signes et des systèmes de signification, a été profondément influencée par le structuralisme. Les travaux de Saussure ont posé les bases pour la sémiotique, qui a été développée par des penseurs comme Charles Sanders Peirce, Umberto Eco et Algirdas Julien Greimas. La sémiotique a été appliquée de nombreux phénomènes culturels, des textes littéraires aux pratiques sociales. Les travaux de Roland Barthes et d'autres ont aussi été étendus à l'analyse des images et des arts visuels. En appliquant les concepts de signifiant et de signifié, ainsi que les relations syntagmatiques et paradigmatiques, les chercheurs ont pu décomposer et comprendre les messages visuels dans des contextes variés, de l'art classique à la publicité contemporaine. Le structuralisme a particulièrement influencé l'analyse des films et des médias, avec Christian Metz (1931-1993), par exemple. Dans son travail, celui-ci (également inspiré par Jacques Lacan) a analysé la manière les films utilisent des codes et des conventions pour produire des significations narratives et symboliques, ce qui a débouché sur une sémiologie du cinéma.

La critique littéraire.
L'approche structuraliste a révolutionné l'étude de la littérature en fournissant des outils théoriques et méthodologiques pour analyser les structures narratives et textuelles profondes des oeuvres littéraires. Roland Barthes, Gérard Genette et Tzvetan Todorov ont été des figures majeures dans ce domaine. Ils ont étudié comment les textes littéraires fonctionnent comme des systèmes de signes et comment les structures narratives, les genres et les motifs peuvent être étudiés pour révéler les conventions et les codes sous-jacents. Par exemple, Barthes a étudié le concept de texte comme un tissu de citations et de références intertextuelles, mettant l'accent sur les structures et les systèmes de signification plutôt que sur l'auteur ou l'intention.

L'analyse des structures narratives.
Les structuralistes se sont attachés à étudier  la forme et la structure des textes plutôt que leur contenu ou leur signification immédiate. En se concentrant sur les relations entre les éléments du texte, ils ont montré que la signification émerge des structures formelles et des conventions littéraires. Claude Lévi-Strauss a appliqué les concepts structuraux à l'analyse des mythes, identifiant des structures communes à travers différentes cultures. Vladimir Propp, dans son étude des contes russes, a identifié des fonctions narratives récurrentes et a démontré que les histoires peuvent être décomposées en unités narratives fondamentales.

La théorie des codes narratifs.
Roland Barthes, dans son essai S/Z, publié en 1970, propose une analyse structurale de la narration à travers l'étude de la nouvelle Sarrasine d'Honoré de Balzac. A cette occasion, il introduit la notion de codes narratifs pour analyser les textes littéraires, et identifie cinq codes principaux  (herméneutique, proaïrétique, sémique, symbolique, et référentiel) pour décoder les significations multiples et les structures cachées dans un texte. Ensemble, ces cinq codes permettent de décomposer et d'analyser les multiples dimensions d'un texte narratif, en mettant en lumière les mécanismes complexes qui rendent la lecture riche et significative. 

• Le code herméneutique (ou énigmatique) concerne les éléments du récit qui suscitent des questions, des mystères ou des énigmes pour le lecteur. Il est lié à l'attente de réponses et de résolutions dans le déroulement de l'histoire. Par exemple, un meurtre au début d'un roman qui intrigue le lecteur sur l'identité du coupable ou les motivations du crime.

• Le code proaïrétique (ou d'action) est lié aux actions et aux événements qui composent la trame narrative. Il s'agit des séquences d'actions qui mènent le récit en avant. Par exemple, une poursuite, une dispute, ou un voyage sont des éléments proaïrétiques qui constituent la dynamique du récit.

• Le code sémique renvoie aux significations et les connotations associées aux personnages, aux objets et aux lieux dans le récit. Il traite des associations symboliques et des traits caractéristiques qui donnent une profondeur psychologique et thématique aux éléments du récit. Par exemple, un personnage peut être décrit avec des traits qui le font apparaître immédiatement comme un héros ou un traître.

• Le code symbolique concerne les oppositions binaires et les tensions symboliques qui sous-tendent le texte. Il analyse les niveaux plus profonds de signification, souvent en relation avec les thèmes universels comme le bien et le mal, la vie et la mort, ou la nature et la culture. Par exemple, l'opposition entre la lumière et l'obscurité dans une oeuvre peut symboliser des notions plus abstraites comme la connaissance et l'ignorance.

• Le code référentiel (ou culturel) fait référence à des connaissances culturelles, scientifiques, historiques ou littéraires extérieures au texte qui sont nécessaires pour comprendre pleinement certains aspects du récit. Il s'appuie sur des références et des savoirs partagés par une communauté de lecteurs. Par exemple, une allusion à un événement historique ou à une oeuvre d'art célèbre qui enrichit le texte de significations supplémentaires.

La sémiotique littéraire.
En appliquant les concepts de la sémiotique à la littérature, les structuralistes ont étudié comment les textes littéraires fonctionnent comme des systèmes de signes. Ils ont analysé la manière dont les signes littéraires (mots, images, symboles) interagissent pour produire des significations complexes.

Le concept d'intertextualité, développé par Julia Kristeva, a été influencé par ces études. L'intertextualité étudie les relations entre les textes, montrant comment ils se référent et se répondent les uns aux autres. Cette perspective a enrichi l'analyse littéraire en soulignant la nature dialogique de la littérature.

Gérard Genette, de son côté, a développé une théorie structurale de la narration, connue sous le nom de narratologie. Il a introduit des concepts clés comme la distinction entre histoire et discours, les niveaux de narration, et les modalités narratives (temps, mode, et voix). Ces outils ont permis une analyse plus précise et systématique des techniques narratives utilisées dans les textes littéraires.

Ils ont ouvert à une compréhension plus systématique des genres littéraires, comme en ont fait, par exemple, la démonstration les travaux de Tzvetan Todorov consacrés au genre fantastique et aux genres qui lui sont connexes. L'identification des conventions et des structures récurrentes au sein de différents genres,  permet de révéler la manière dont les genres fonctionnent comme des systèmes de règles et de codes qui guident la production et l'interprétation des textes.

L'anthropologie.
L'approche structuraliste en anthropologie, en mettant l'accent sur les structures universelles de la pensée humaine, les oppositions binaires et les relations entre les éléments culturels, a offert une perspective nouvelle et puissante pour comprendre la diversité et la complexité des cultures humaines.

La recherche de structures culturelles universelles.
Claude Lévi-Strauss est l'initiateur et le principal représentant du structuralisme en anthropologie. On lui doit l'idée que les cultures humaines peuvent être analysées de la même manière que les langues, en identifiant les relations et les oppositions fondamentales qui structurent les mythes, les systèmes de parenté et les rituels. Il a mis en évidence des structures universelles dans les cultures humaines qui sont des réflexions des structures de l'esprit humain.

Contrairement à l'approche diachronique (historique) qui se concentre sur l'évolution des cultures dans le temps, l'approche structuraliste se concentre sur l'analyse synchronique, c'est-à-dire l'étude des cultures à un moment donné. L'approche structuraliste a favorisé une méthode comparative en anthropologie. En identifiant des structures universelles et des modèles récurrents dans différentes cultures, les anthropologues peuvent comparer et contraster des sociétés pour révéler les principes fondamentaux de la cognition et de l'organisation sociale.

Lévi-Strauss a proposé que les structures de la pensée humaine sont universelles et se reflètent dans les cultures du monde entier. Pour lui, les structures profondes de la cognition humaine sont les mêmes, quelles que soient les différences culturelles superficielles. Cette idée a permis de chercher des universaux culturels et des modèles communs dans des sociétés très diverses. En se concentrant sur les structures sous-jacentes et universelles, le structuralisme a contribué à une critique de l'ethnocentrisme dans l'anthropologie. Il a encouragé les chercheurs à reconnaître les similitudes fondamentales entre les cultures, plutôt que de se concentrer uniquement sur les différences.

Théorie des oppositions binaires.
L'approche structuraliste met en évidence l'importance des oppositions binaires dans la pensée humaine. Selon Claude Lévi-Strauss, les humains ont tendance à structurer leur compréhension du monde à travers des oppositions binaires, dont certaines sont ditesfondamentales fondamentales et universelles parce qu'elles sont présentes dans toutes les cultures humaines. Lévi-Strauss les considère comme des structures profondes de l'esprit humain. Par exemple, la vie par rapport à la mort, l'ordre par rapport au chaos, la lumière par rapport à l'obscurité, etc. D'autres oppositions peuvent avoir un statut, une expression ou une importance différents selon les cultures, comme le bien par rapport au mal, le masculin par rapport au féminin, la nature par rapport à la culture, le sacré et le profane, le cru et le cuit, etc. 

Lévi-Strauss s'intéresse donc à la manière dont les sociétés humaines utilisent ces oppositions pour élaborer des systèmes symboliques spécifiques à leur culture tout en partageant des structures cognitives communes. Il montre comment ces oppositions sont des outils puissants pour construire du sens. Non seulement, elles fournissent un cadre conceptuel qui éclaire notre expérience en organisant notre pensée et nos représentations symboliques, mais elle elles permettent aussi de différencier et de classer les éléments du monde, de définir des identités et des relations, et de formuler des normes et des valeurs. Par exemple, en opposant le pur et l'impur, une société peut établir des règles de comportement.

Étude des mythes.
L'application de l'approche structuraliste à l'étude des mythes a été particulièrement fructueuse. En les analysant comme des structures narratives plutôt que comme des récits historiques ou littéraires, Lévi-Strauss a montré que les mythes de différentes cultures partagent des structures communes et peuvent être décomposés en unités élémentaires appelées mythèmes. La comparaison des mythèmes entre eux, leurs occurences diverses dans les différentes variantes d'un même mythe, permet de révéler des modèles de pensée sous-jacents qui sont au coeur de la construction mythologique. Au-delà de leur contenu narratif, les mythes structurent et expriment des préoccupations humaines fondamentales par le biais de structures profondes et d'oppositions binaires. Cette approche permet de comprendre les mythes comme des réflexions symboliques des tensions et contradictions universelles de la condition humaine. 

Une lecture structuraliste simplifiée du mythe d'Oedipe

Mythe Oedipe, roi de Thèbes, est célèbre pour avoir résolu l'énigme du Sphinx et pour sa tragique destinée : il tue son père Laïos sans le savoir et épouse sa mère Jocaste, ce qui conduit à une série de catastrophes pour lui et sa famille.
Décomposition en unités mythiques (mythèmes) La prophétie initiale selon laquelle Oedipe tuera son père et épousera sa mère.

L'abandon d'Oedipe sur une montagne par ses parents pour éviter la réalisation de la prophétie.

L'adoption d'Oedipe par un autre roi et reine.

Oedipe tue un homme sur la route (son père, sans le savoir).

Oedipe résout l'énigme du Sphinx.

Oedipe devient roi de Thèbes et épouse sa mère.

La découverte de la vérité et les conséquences tragiques (suicide de Jocaste, cécité d'Oedipe).

Analyse des oppositions binaires fondamentales dans les mythèmes  Nature vs. Culture. - Le fait que Oedipe soit abandonné dans la nature mais soit adopté par une famille royale (culture).

Connaissance vs. Ignorance. - Oedipe résout l'énigme du Sphinx (connaissance) mais reste ignorant de sa propre identité et de ses actes (ignorance).

Vie vs. Mort. - L'abandon d'Oedipe (risque de mort) et sa survie et ascension au trône (vie).

Structure profonde sous-jacente au mythe. (Selon le postulat que que les mythes servent à résoudre des contradictions inhérentes à la condition humaine en les exprimant et les réconciliant de manière symbolique). Le mythe d'Oedipe, peut être interprété comme une manière de traiter les tensions entre-:
+ Le destin (les prophéties) et le libre arbitre (les actions de Oedipe), 
+ Entre les relations familiales naturelles (les liens de sang) et les structures sociales (mariage et royauté).
Signification universelle Abord de thèmes tels que le destin, la quête d'identité, la connaissance et les relations familiales.

L'analyse des systèmes de parenté.
Lévi-Strauss a insisté sur le fait que les cultures doivent être comprises comme des systèmes de relations entre leurs éléments constitutifs. Il a analysé des aspects comme les rituels, les coutumes alimentaires, et les systèmes de croyances, en montrant comment ces éléments sont interconnectés et forment une structure cohérente. 

Cette cohérence apparaît aussi clairement lorsqu'on applique l'approche structuraliste à l'étude des systèmes de parenté. Lévi-Strauss a analysé en particulier les règles de mariage, les systèmes de classification des parents, et les structures de parenté en termes de relations et d'échanges. Sa théorie de l'échange réciproque, qui suggère que les relations de parenté sont basées sur des échanges symboliques et matériels, a eu un écho important.

En identifiant et en analysant les éléments structuraux et les oppositions binaires qui articulent les systèmes de parenté, il est possible de mieux  comprendre comment ces systèmes assurent la cohésion sociale, régulent les comportements, et transmettent les valeurs culturelles. Donnons ici sommairement les éléments à partir desquels les tructuralistes mettent en en lumière les universaux et les particularités des structures de parenté à travers les cultures :

Éléments d'une analyse structuraliste d'un système de parenté

Identification
des éléments structuraux
Types de parenté. - Tribu, clan, lignée, famille nucléaire.

Rôles et relations. - Les relations de parenté sont classées par catégories spécifiques, telles que père, mère, frère, soeur, etc., mais aussi par des termes spécifiques pour oncles, tantes, cousins, etc. (La terminologie de parenté peut être basée sur des oppositions binaires telles que "parent" vs. "enfant", "frère" vs. "soeur", "oncle" vs. "tante", etc. Il peut exister des termes distincts pour désigner les membres de la famille de la lignée maternelle et ceux de la lignée paternelle).

Filiation. - La filiation, qui correspond aux règles qui définissent la translmission de la parenté, peut être unilinéaire (patrilinéaire ou matrilinéaire), bilinéaire ou indifférenciée. Dans la filiation, par exemple, l'individu est affilié à la fois à sa lignée maternelle et à sa lignée paternelle. Les enfants sont considérés comme appartenant aux deux côtés de la famille de manière égale.

Systèmes de mariage. - Exogamie (mariage en dehors du clan ou de la lignée), règles spécifiques de mariage croisé. Les mariages sont souvent arrangés par les familles et servent souvent à renforcer les liens entre les groupes familiaux. L'endodamie (mariage à l'intérieur u groupe) ne concerne pas la famille proprement dite, mais peut exister dans un groupe social plus large (classe sociale, communauté religieuse, etc.).

Analyse 
des oppositions binaires 
Exogamie/Endogamie. - La règle de l'exogamie oblige les membres d'un clan à se marier en dehors de leur propre clan, ce qui renforce les liens entre différents clans et évite l'inceste.

Parenté par le sang/Parenté par alliance. - Les relations de parenté incluent à la fois celles fondées sur la consanguinité (liens de sang) et celles établies par le mariage (alliances).

Rôles de genre. - Les rôles assignés aux hommes et aux femmes dans le contexte des relations de parenté et des systèmes de mariage, avec des attentes culturelles spécifiques pour chaque genre.

Fonction des structures de parenté dans la culture  Régulation sociale. - Les structures de parenté régulent les relations sociales, dictant avec qui l'on peut se marier, comment les biens sont transmis, et comment les obligations sociales sont réparties.

Transmission des connaissances et des biens. - Les règles de parenté déterminent la transmission des savoirs traditionnels, des rites et des biens matériels d'une génération à l'autre.

Cohésion et identité de groupe. - Les structures de parenté jouent un rôle crucial dans la cohésion des groupes sociaux et dans la construction de l'identité collective.

Interprétations
et implications
Équilibre des alliances. - Les règles de mariage exogame assurent un équilibre des alliances entre les clans, ce qui est essentiel pour la paix et la coopération interclaniques.

Complexité et variation. - Bien que les principes sous-jacents puissent être universels (comme l'exogamie pour éviter l'inceste), les manifestations spécifiques des structures de parenté varient énormément d'une culture à l'autre.

Évolution et adaptation. - Les structures de parenté ne sont pas statiques; elles évoluent et s'adaptent aux changements sociaux, économiques et environnementaux.

La psychologie
On pourrait définir la psychologie structuraliste comme une approche de la psychologie qui cherche à analyser l'esprit humain et ses structures en décomposant les expériences conscientes en leurs éléments constitutifs fondamentaux.  Inspirés par les travaux de Saussure en linguistique, les psychologues structuraux examinent comment les unités de pensée (concepts, idées) sont structurées et interconnectées. Mais la psychologie est aussi l'une des sciences humaines sociales pour lesquelles l'importance accordée au concept de structure n'est pas nécessairement l'expression d'un structuralisme qui s'inscrirait dans la lignée de celui initié par Saussure et Lévi-Strauss.

Pjaget. Psychologie cognitive.
Le structuralisme a trouvé une expression dans les travaux de Jean Piaget et dans la psychologie cognitive. Piaget a proposé que le développement cognitif des enfants se déroule par étapes structurées et universelles, avec chaque étape représentant une structure cognitive spécifique. 

Le concept de schéma, développé par Piaget et plus tard par les psychologues cognitifs comme Frederic Bartlett, peut également être lié à des idées structuralistes. Les schémas sont des structures mentales qui organisent les connaissances et guident la perception, la mémoire et le comportement. La psychologie cognitive a développé l'idée, qui lui est centrale, que la cognition humaine peut y être comprise en termes de structures et de processus systématiques.

Les concepts de Saussure, notamment la distinction entre signifiant et signifié, ont été appliqués à la psychologie pour comprendre comment les structures linguistiques influencent la cognition et la perception. Cela a conduit à l'émergence de la psycholinguistique, qui s'intéresse à la relation entre les structures linguistiques et les processus psychologiques, comme la compréhension et la production du langage.

Jacques Lacan = Freud + Saussure.
Lacan a réinterprété la psychanalyse freudienne à travers le prisme de la linguistique structurale. Il a appliqué  les concepts saussuriens à l'étude des structures mentales, défendant l'idée que  l'insconscient est structuré à la manière du langage. Cela a permis de comprendre comment les catégories linguistiques façonnent la perception et la cognition.

Une autre tradition structuraliste : Wundt et Titchener.
Une tradition structuraliste distincte peut ainsi être associée à Wilhelm Wundt, un des pères de la psychologie expérimentale, et à son élève Edward B. Titchener, qui a popularisé le terme structuralisme en psychologie. Le structuralisme, tel que promu par eux, se concentre sur l'analyse des structures mentales fondamentales et des processus psychologiques élémentaires. Il cherche à décomposer les expériences perceptuelles et cognitives en éléments plus simples, similaires aux éléments chimiques (plutôt qu'à la manière dont la langue peut être décomposée en phonèmes). Ces pyschologues ont identifié des sensations, des images et des affections comme les composants de base de la conscience, qu'ils considéraient reliés entre eux par des lois d'association, formant des structures plus complexes de pensée et de perception. Ils  utilisaient des expériences rigoureusement contrôlées pour isoler et identifier les éléments de la conscience. Au lieu de chercher à expliquer pourquoi les phénomènes se produisent, les structuralistes se concentraient sur la description précise de l'expérience consciente. En insistant sur l'importance de la méthode scientifique et expérimentale, les psychologues qui inscrivaient leurs recherches dans un structuralisme ainsi entendu ont établi des bases solides pour la psychologie en tant que science. Leurs recherches ont conduit à la création de catalogues détaillés des sensations et des perceptions et ont contribué  à une compréhension plus fine des processus mentaux.

L'histoire et la philosophie.
Comme pour la psychologie, dans le cas de l'histoire et de la philosophie, le concept de structure  - pas forcément les concepts liés au structuralisme de Saussure et Lévi-Strauss - à infusé dans ses disciplines de diverses façons. 

L'histoire.
Le structuraliste en histoire est une approche qui vise à comprendre les événements historiques en termes de structures sous-jacentes qui influencent et façonnent ces événements, plutôt que de se concentrer uniquement sur les actions individuelles et les chronologies. Cette approche est largement inspirée par le structuralisme en anthropologie, linguistique et sociologie. L'une des principales influences de l'histoire structuraliste provient de l'École des Annales, fondée en France par Marc Bloch et Lucien Febvre, et plus tard développée  notamment par Fernand Braudel. Cette école mettait l'accent sur les structures sociales et économiques à long terme (la longue durée de Braudel) plutôt que sur les événements individuels. Les historiens structuralistes utilisent des méthodes systémiques pour comprendre comment les différentes structures interagissent et influencent les événements historiques (analyse des relations économiques, sociales et politiques). Ils utilisent des comparaisons entre différentes sociétés et périodes pour identifier des structures similaires et comprendre comment elles influencent les événements historiques de manière différente. 

Le mouvement de la Nouvelle Histoire, influencé par l'École des Annales, a encouragé une approche plus holistique de l'étude de l'histoire, en mettant l'accent sur les structures sociales et économiques à long terme et en intégrant des perspectives interdisciplinaires. L'approche structuraliste a influencé l'émergence de l'histoire globale, qui examine les structures et les processus transnationaux et transrégionaux sur de longues périodes de temps. L'histoire structuraliste a aussi contribué à une réévaluation de la manière dont l'histoire est écrite et étudiée, en soulignant l'importance des structures sous-jacentes et des processus à long terme.

Philosophie.
Le structuralisme a profondément influencé la philosophie en redéfinissant la manière dont nous comprenons le langage, les structures sociales et culturelles, et le sujet humain. Il a offert de nouvelles perspectives et méthodologies pour comprendre divers aspects de la réalité humaine, des systèmes de signes et des structures sociales. Le structuralisme a révolutionné la façon dont la langue est perçue dans la philosophie. Ferdinand de Saussure, avec sa théorie des signes linguistiques (signifiant et signifié), a influencé la philosophie du langage en révélant sur le caractère arbitraire et relationnel des signes. Cela a mené à une compréhension plus profonde de la façon dont les significations sont construites et interprétées. 

Le structuralisme a contribué à une décentration du sujet dans la philosophie, remettant en question l'idée de l'individu comme centre de l'analyse. Claude Lévi-Strauss, par exemple, a montré que les structures culturelles et sociales influencent profondément les comportements individuels, minimisant ainsi l'importance de l'intentionnalité individuelle. Cette approche a élargi les perspectives philosophiques sur la nature des sociétés humaines et des relations sociales.

Barthes en appliqué les idées structuralistes à la critique littéraire, a développé des concepts comme la mort de l'auteur (les textes littéraires étant vus comme des systèmes de signes). Son travail a influencé  la philosophie de l'interprétation, soulignant l'autonomie du texte par rapport à l'intention de l'auteur. L'analyse critique des systèmes de signes a influencé la philosophie de la communication et la théorie de la signification. Cette critique a permis de mieux comprendre comment les systèmes de signes façonnent notre perception de la réalité.

Michel Foucault a été profondément influencé par le structuralisme dans ses premières oeuvres. Il a étudié les structures de pouvoir et de connaissance dans les sociétés humaines, montrant comment ces structures construisent les sujets et les vérités sociales.

Critiques du structuralisme

Le structuralisme, bien qu'influant de manière significative sur diverses disciplines, a fait l'objet de nombreuses critiques. Les principaux reproches let les réponses qui y ont été faites sont listés dans le tableau suivant : 
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Reproche
Réponse
Déterminisme excessif. - Le structuralisme est accusé de réduire les individus à de simples produits des structures sociales et culturelles, négligeant ainsi la capacité des agents à agir de manière autonome et à influencer les structures. Les structuralistes mettent en avant que leur objectif est de révéler les structures sous-jacentes qui influencent les comportements, sans pour autant nier totalement l'agentivité des individus.
Manque de dynamisme. - Les critiques reprochent au structuralisme de présenter les structures comme statiques et invariantes, ce qui rend difficile l'explication des changements sociaux et culturels au fil du temps. Certains structuralistes, comme Claude Lévi-Strauss, ont tenté d'intégrer des aspects de transformation et de variation dans leurs analyses, mais ces efforts sont souvent considérés comme insuffisants.
Abstraction et complexité. - Les approches structuralistes sont souvent perçues comme trop abstraites et complexes, éloignées des réalités concrètes et empiriques. Cette abstraction rend les théories difficiles à appliquer de manière pratique. Les structuralistes défendent l'importance de comprendre les structures profondes qui, bien que complexes et abstraites, ont des implications concrètes sur les réalités sociales.
Négligence de l'histoire. - Le structuralisme tend à ignorer les contextes historiques spécifiques, privilégiant des structures universelles et intemporelles. Cela peut conduire à une compréhension limitée des phénomènes historiques. L'objet premier du structuralisme n'est pas l'histoire. De plus, certains historiens, comme ceux de l'École des Annales, ont cherché à intégrer des perspectives structuralistes tout en mettant l'accent sur les contextes  historiques spécifiques.
Élitisme et hermétisme. - Le langage utilisé par les structuralistes est souvent considéré comme ésotérique et inaccessible, ce qui limite la compréhension et l'application de leurs idées à un public restreint.  Les structuralistes estiment qu'un langage précis est nécessaire pour exprimer des concepts sophistiqués. Toutes les disciplines ayant cet objectif sont passibles du même reproche.
Critique politique et éthique. - Certains critiques, notamment les post-structuralistes, ont reproché au structuralisme de ne pas suffisamment critiquer les structures de pouvoir et de domination, se contentant de les décrire. Le projet du structuralisme est la connaissance et non la praxis. La compréhension des structures est une étape préalable nécessaire pour toute critique et transformation sociale. 
Critique concernant la subjectivité. - En mettant l'accent sur les structures, le structuralisme est accusé de dépersonnaliser et de déshumaniser les expériences individuelles.  Les structuralistes affirment que leur approche vise à révéler les forces invisibles qui façonnent les expériences individuelles, plutôt qu'à nier la subjectivité humaine.
Critique de l'universalisme. - Bien qu'influencés par le structuralisme, les post-structuralistes l'ont critiqué pour son prétendu universalisme et son manque de prise en compte des différences et des spécificités locales et historiques. Ces critiques ont conduit à une évolution des idées structuralistes vers des approches plus flexibles et nuancées, intégrant des perspectives de changement et de diversité.

La plupart des reproches se fondent sur une méconnaissance du structuralisme auquel on a prêté des perspectives analogues à d'autres approches en sciences sociales (le marxisme, par exemple) et avec lesquelles, justement, il est en rupture. Quand ils sont justifiés, les réponses qui leur sont apportées ont conduit à l'émergence du post-structuralisme (représenté par des figures telles que Michel Foucault, Jacques Derrida et Gilles Deleuze) qui met l'accent sur la fluidité des structures, les relations de pouvoir et la déconstruction des oppositions binaires.

Quelques noms associés au structuralisme

Voici quelques-uns des principaux noms associés au structuralisme (certains d'entre eux ne reconnaissaient pas leur affiliation à ce courant, mais au moins des aspects de leur pensée peuvent-ils y être rattachés) :
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• Ferdinand de Saussure (1857-1913). -  Considéré comme le fondateur du structuralisme, Saussure a posé les bases de l'analyse structurale du langage et a distingué le signifiant du signifié, jetant les fondements de la linguistique moderne. (Linguistique).

• Claude Lévi-Strauss (1908-2009). - Lévi-Strauss est considéré comme l'un des fondateurs de l'anthropologie structurale. Cherchant à identifier les modèles fondamentaux qui régissent les interactions sociales et les institutions, il a appliqué les méthodes et concepts du structuralisme à l'étude des cultures et des sociétés humaines, en mettant l'accent sur les structures sous-jacentes des systèmes symboliques. (Anthropologie).

• Roman Jakobson (1896-1982). - Jakobson  a contribué à la linguistique structurale et à la sémiologie, en s'inspirant des idées de Saussure. Il a notamment travaillé sur les fonctions du langage et les rapports entre les éléments du langage. (Linguistique et sémiologie).

• Noam Chomsky (né en 1928). - Il a  abordé l'idée d'une grammaire universelle sous-jacente à toutes les langues humaines, suggérant que la structure du langage est innée. (Linguistique).

• Roland Barthes (1915-1980). - Il a appliqué les concepts structuralistes à l'analyse littéraire. Il s'est intéressé à la sémiologie des textes, la mythologie et l'étude des signes dans la société. (Littérature, sémiologie et culture).

• Louis Althusser (1918-1990). - Il a développé une approche structuraliste du marxisme pour aborder l'appareil idéologique d'État et la structure des formations sociales. (Philosophie). 

• Tzvetan Todorov (1939-2017). -  Il a appliqué les méthodes structuralistes à l'analyse littéraire, en étudiant les structures narratives et les motifs récurrents dans les récits.

• Wilhelm Wundt (1832-1920). - Fondateur du premier laboratoire de psychologie expérimentale à Leipzig en 1879, Wundt a développé une méthode scientifique pour étudier la structure de l'esprit. Il a cherché à mesurer et à cataloguer les composants de la conscience humaine.

• Edward B. Titchener (1867-1927). -: Élève de Wundt, Titchener a introduit et développé une forme de structuralisme aux États-Unis. Il a défini la psychologie structuraliste comme l'étude des éléments de l'expérience consciente.

• Jean Piaget (1896-1980). - Associé en premier lieu à la psychologie génétique, il a aussi apporté des contributions au structuralisme dans ses études sur le développement cognitif des enfants. (Psychologie)

• Michel Foucault (1926-1984). -  Généralement associé au post-structuralisme, il se rattache au structuralisme dans son analyse des structures de pouvoir et de savoir, en particulier dans Surveiller et punir et Les Mots et les Choses. (Philosophie, histoire, sciences sociales).

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