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Le positivisme logique 
Le néopositivisme
Le Positivisme logique = NĂ©opositivisme = Empirisme logique est un mouvement philosophique surtout actif dans les annĂ©es 1920 et 1930, principalement en Autriche et en Allemagne, au sein du Cercle de Vienne, et qui s'est concentrĂ© sur l'analyse logique du langage et la vĂ©rification empirique des Ă©noncĂ©s. Ce courant cherche Ă  appliquer la rigueur de la logique formelle et des mathĂ©matiques Ă  l'empirisme, dans le but de refonder la connaissance scientifique et d'Ă©liminer la mĂ©taphysique considĂ©rĂ©e comme dĂ©nuĂ©e de sens. Il s'inscrit dans l'hĂ©ritage de David Hume, d'Auguste Comte et d'Ernst Mach, tout en intĂ©grant les avancĂ©es de la logique moderne grâce aux travaux de Gottlob Frege, Bertrand Russell et Ludwig Wittgenstein (notamment son Tractatus logico-philosophicus). 

L'un des concepts centraux du positivisme logique est le principe de vérifiabilité : une proposition n'a de sens cognitif que si elle peut être vérifiée empiriquement, c'est-à-dire si des observations ou des expériences permettent de déterminer sa vérité ou sa fausseté. Ce principe distingue trois types d'énoncés : les énoncés analytiques (vrais par définition, comme les mathématiques et la logique), les énoncés synthétiques (dont la vérité dépend de l'expérience, comme les lois physiques), et les énoncés métaphysiques (sur l'absolu, Dieu, l'essence, etc.) qui sont déclarés non pas faux mais strictement dépourvus de signification cognitive. Ainsi, pour un positiviste logique, une affirmation comme "l'âme est immortelle" n'est pas contredite par l'expérience, elle est simplement vide de sens car aucun critère de vérification ne peut être fourni. Ce critère de signification est étroitement lié à la théorie du langage comme image du monde, inspirée du premier Wittgenstein : le langage représente des faits possibles dans le monde, et ce qui ne peut être dit doit être passé sous silence.

Un autre concept fondamental est la distinction entre Ă©noncĂ©s observationnels et Ă©noncĂ©s thĂ©oriques : les premiers dĂ©crivent directement des donnĂ©es sensorielles ou des rĂ©sultats de mesure, les seconds introduisent des entitĂ©s inobservables (atomes, champs Ă©lectromagnĂ©tiques). Le positivisme logique tente de rĂ©duire les Ă©noncĂ©s thĂ©oriques Ă  des Ă©noncĂ©s observationnels par des règles de correspondance, afin de garantir leur signification empirique. Cela rejoint l'idĂ©e d'un langage unifiĂ© de la science, oĂą toutes les sciences (physique, biologie, psychologie, sociologie) pourraient s'exprimer dans un mĂŞme langage physique, le physicalisme, prĂ´nĂ© notamment par Rudolf Carnap et Otto Neurath. Le physicalisme soutient que les Ă©noncĂ©s portant sur les phĂ©nomènes mentaux (comme les sensations, les Ă©motions) peuvent ĂŞtre traduits en Ă©noncĂ©s sur des comportements ou des Ă©tats physiques du système nerveux, ce qui permet d'Ă©viter le solipsisme et de garantir l'intersubjectivitĂ©. Une autre notion clĂ© est la rĂ©duction des concepts scientifiques Ă  des concepts de base observables, via des Ă©noncĂ©s rĂ©ductionnels ou des dĂ©finitions en contexte. 

Cependant, cette ambition s'est heurtĂ©e Ă  des difficultĂ©s majeures, notamment le problème de la vĂ©rification complète : une loi universelle ("tous les cygnes sont blancs") n'est jamais vĂ©rifiable de manière dĂ©finitive car on ne peut observer tous les cas passĂ©s, prĂ©sents et futurs. Pour pallier cela, Carnap a proposĂ© d'affaiblir le critère en une vĂ©rification partielle ou une confirmabilitĂ©, mais cela a introduit des problèmes de dĂ©marcation entre science et mĂ©taphysique moins nets. Le concept de protocole ou Ă©noncĂ©s protocolaires dĂ©signe les Ă©noncĂ©s de base dĂ©crivant des expĂ©riences immĂ©diates ("ici maintenant rouge"), servant de fondement Ă  toute connaissance. Le dĂ©bat a Ă©tĂ© vif au sein du Cercle sur la nature de ces Ă©noncĂ©s : sont-ils indubitables (comme le voulait Moritz Schlick) ou bien rĂ©visables et intersubjectifs (comme le soutenait Neurath, avec sa mĂ©taphore du navire qu'il faut rĂ©parer en pleine mer)? Cela a conduit Ă  une conception holiste et conventionnaliste de la connaissance, oĂą ce sont des systèmes entiers de propositions qui sont confrontĂ©s Ă  l'expĂ©rience, et non des Ă©noncĂ©s isolĂ©s. 

Le positivisme logique a aussi développé une analyse de l'explication scientifique, ordinairement calquée sur le modèle nomologico-déductif (ou modèle de Hempel-Oppenheim) : expliquer un phénomène consiste à le déduire à partir de lois générales et de conditions initiales. Enfin, malgré son déclin après les années 1950, critiqué notamment par Karl Popper (qui lui reproche son critère de vérifiabilité trop étroit et propose à la place la falsifiabilité), par Willard Van Orman Quine (qui conteste la distinction analytique-synthétique) ou encore par Thomas Kuhn (avec sa théorie des révolutions scientifiques), le positivisme logique a profondément marqué la philosophie des sciences, l'épistémologie et la linguistique, et ses concepts de vérification, de signification empirique, de langage observationnel et de réduction continuent d'alimenter les discussions contemporaines.

Voici quelques-uns des noms associés au positivisme logique :

• Moritz Schlick (1882-1936) est l'un des principaux représentants du Cercle de Vienne. Il a grandement influencé le positivisme logique en prônant l'importance de la vérifiabilité empirique dans la signification des énoncés.

• Rudolf Carnap (1891-1970) est un autre membre clé du Cercle de Vienne. Il a travaillé à la formalisation de la logique et de la méthodologie scientifique, cherchant à rendre le langage scientifique plus précis et à éliminer les ambiguïtés.

• Otto Neurath (1882-1945)  a contribuĂ© au dĂ©veloppement du positivisme logique en promouvant l'idĂ©e de l'unitĂ© de la science et de l'empirisme.

• Hans Hahn (1879-1934) a contribué aux débuts du positivisme logique et a plaidé pour une réforme de la philosophie basée sur les sciences naturelles.

• Alfred Jules Ayer (1910-1989) a joué un rôle majeur dans la diffusion et la popularisation des idées du positivisme logique en langue anglaise. Son Langage, Vérité et Logique (1936) a eu un impact considérable.

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