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et le néolibéralisme |
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L'École libérale
prétend que l'organisation actuelle est bonne, parce qu'elle repose sur
le principe de la libre concurrence, source féconde de prospérité et
sur le respect des lois naturelles qui produisent nécessairement l'harmonie
sociale.
A en croire l'École libérale, les lois économiques, telles que la loi de l'offre et de la demande ou de la libre concurrence, sont aussi naturelles et nécessaires que les lois qui régissent le monde physique ou biologique,. et par elles-mêmes elles sont bienfaisantes. Il faut donc bien se garder d'y toucher. Écoutons quelques-uns des chefs-: « L'ordre et l'harmonie règnent dans le monde du travail en vertu des lois et des tendances naturelles... (J. Garnier, Traité d'économie politique). »D'autres libéraux, moins intransigeants (Paul Leroy-Beaulieu et de façon plus marquée John Maynard Keynes), admettent une intervention (introducttion d'une régulation) de l'État en certains cas. C'est la doctrine du social-libéralisme (ou libéralisme de gauche). Mais ils regardent toujours la liberté comme une sorte de panacée : Leroy-Beaulieu affirme en effet que « la liberté et le temps suffisent pour résoudre toutes les difficultés sociales qui sont humainement résolubles » (Essai sur la répartition des richesses). Les nuances.
a.
Les physiocrates.
La formule est générale. Les physiocrates l'étendent à tout le système social. Les principaux physiocrates sont Quesnay, Dupont de Nemours, Mercier de la Rivière, Morellet, le Marquis de Mirabeau, Le Trosne, Saint Peravy, Turgot, ministre de Louis XVI. b.
Adam Smih (1723-1790).
Les physiocrates embrassent tout l'ordre social, Adam Smith ne s'occupe que de l'économie sociale. Il en fait ainsi le premier une science distincte. c.
Ecole libérale classique.
En France, la doctrine d'Adam Smith, à quelques nuances près, fut répandue par J.B. Say (1767-1832), par Rossi, Cherbuliez, Bastiat etc. Le libéralisme économique domina pendant toute cette époque. Il devint l'école officielle, orthodoxe, classique, comme on se plut longtemps à la nommer. En 1848, il remporta la victoire dans la lutte engagée entre le protectionisme et le libre-échange, grâce surtout à Richard Cobden et John Bright, appuyés par Robert Peel. Ce libéralisme économique est souvent désigné sous le nom de école de Manchester, quoique celle-ci ne constitue qu'un groupe spécial de l'école libérale économique. Une fraction du libéralisme continua Ã
se laisse guider par ses principes absolus.
d.
Ecole libérale modérée.
Les principaux représentants de ce libéralisme modéré sur le terrain économique sont : Cairnes,Thorold Rogers, Leroy-Beaulieu, Levasseur, Baudrillard, Emile de Laveleye. e.
Le néo-libéralisme.
f.
Le libéralisme de Gauche.
g.
Le social-libéralisme.
La doctrine commune.
La recherche sans limites du bien-être matériel, voilà donc le principe unique qui doit guider l'humain dans la sphère économique. Ce principe se résume dans cette formule : enrichissez- vous. C'est la liberté sans entrave quant à l'objet à poursuivre. b) L'humain est essentiellement bon (J.-J. Rousseau). Donc toutes ses tendances le sont aussi. Par conséquent pour atteindre sûrement l'objet poursuivi : les richesses, il n'y a qu'à suivre la tendance naturelle. Et puisque chaque humain est doué de la même nature et de la même bonne tendance, tous les humains en suivant leur pente naturelle dans la recherche du bien, trouveront leur prospérité matérielle. Laissez donc à chaque individu la pleine liberté dans la manière de poursuivre son intérêt personnel, et spontanément se réalisera le meilleur état social possible. La formule résumant ce second point es toujoust : Laissez faire, laissez Passer. Elle consacre la liberté individuelle illimitée quant au mode de poursuivre la richesse. Fausseté du principe
fondamental de Rousseau.
« L'humain est essentiellement bon, donc toutes ses tendances le sont aussi. »Que cette proposition soit fausse, il semble superflu de le prouver. En effet : a) Qui admettra de bonne foi que l'humain s'abandonnant aux tendances ou passions qui l'agitent, agisse bien?Procédé illogique de l'école libérale. Le procédé illogique de l'école libérale consiste à ne considérer la nature humaine que d'une manière abstraite donc incomplètement. a.
Quant a leur première loi.
Ils pèchent donc et contre le simple bon sens en méconnaissant la nature vraie de l'humain, et contre une règle élémentaire de logique qui défend d'appliquer à l'ordre concret ce qu'on n'affirme que de l'ordre abstrait. b.
Quant à leur seconde loi.
1° Supposons que tout cela soit exact, la conclusion qui s'impose est celle-ci : tous les humains considérés abstraitement comme individus, sans lien social entre eux, seront heureux. Or, en réalité, l'humain n'est pas seulement une individualité ou, si l'on préfère, l'humanité entière n'est pas une simple collection d'individus, non! l'humain est, en tant qu'il est humain, un être social, ayant des relations avec d'autres humains.Preuve tirée de l'observation des faits. a. « L'intérêt, le besoin de la richesse pour soi, tel est l'unique mobile de l'activité économique. » Voilà la première base de la doctrine libérale. Or, l'expérience proteste contre cette affirmation. L'activité dans l'ordre économique a d'autres mobiles. La jalousie, l'ambition, le désir de dominer, de faire de la propagande, la haine etc. influencent bien souvent l'activité humaine dans sa poursuite des richesses. b. Quant au second Principe : liberté dans la manière de se procurer des richesses, libre-échange, libre concurrence etc.; les faits lui ont infligé un cruel démenti. On peut lire dans la plupart des auteurs l'énumération des maux causés par le libéralisme économique. Contentons-nous de dire que ce sont ses conséquences désastreuses qui ont fait poser la question sociale. Ce sont elles qui ont réduit l'ouvrier à une situation d'infortune et de misère imméritée, qui ont allumé la guerre entre les capitalistes et les prolétaires. (A19). Le néolibéralismeLe néolibéralisme désigne un ensemble de doctrines économiques et politiques qui émergent dans les années 1930-1940 en réaction à la montée des États-providence, du keynésianisme et des régulations étatiques jugées excessives, notamment après la crise de 1929. Contrairement à une idée reçue, le terme ne désigne pas simplement un retour au libéralisme classique du XIXe siècle, mais plutôt une reconstruction critique et institutionnelle de celui-ci, adaptée aux réalités du XXe siècle. Ses premières formulations théoriques se cristallisent lors du Colloque Walter Lippmann à Paris en 1938, où des intellectuels comme Walter Lippmann, Louis Rougier, Wilhelm Röpke, Alexander Rüstow et surtout Friedrich Hayek cherchent à définir une « nouvelle » forme de libéralisme (d'où le préfixe néo). Ce courant se veut une défense de la société de marché contre ce que ses promoteurs perçoivent comme les menaces du collectivisme, du socialisme, et même du « vieux » libéralisme laissé-pour-compte, accusé d'avoir laissé le terrain libre à l'interventionnisme étatique.Dans les années suivantes, Hayek joue un rôle décisif en fondant, en 1947, la Société du Mont-Pèlerin, qui rassemble des économistes, philosophes et historiens libéraux (parmi lesquels Milton Friedman, Ludwig von Mises, Karl Popper, Maurice Allais ou encore Jacques Rueff). Cette société devient un lieu de diffusion intellectuelle, où l'on élabore une critique systématique de la planification centrale, de l'inflation, des syndicats puissants et des politiques de redistribution. Hayek, dans La Route de la servitude (1944), met en garde contre les dangers de l'État providence, qu'il assimile (avec prudence mais fermeté) à une pente glissante vers le totalitarisme. Pour lui, la liberté individuelle ne peut exister que dans une société où les décisions économiques sont décentralisées, guidées par les prix de marché, plutôt que par des choix bureaucratiques. Pendant deux décennies, ces idées restent marginales dans les politiques publiques, dominées par le consensus keynésien issu de l'après-guerre, notamment dans les pays occidentaux. Ce n'est qu'à partir des années 1970, face à la stagflation ( = inflation + chômage), à la crise de la productivité et au sentiment croissant d'inefficacité des politiques publiques, que le néolibéralisme gagne en influence. Milton Friedman devient alors une figure centrale : il développe une version plus radicale, monétariste, du néolibéralisme, mettant l'accent sur la stabilité des règles monétaires, la liberté contractuelle, la concurrence généralisée, et la réduction drastique du rôle de l'État, à l'exception de ses fonctions « régaliennes ». En 1975, Augusto Pinochet, après le coup d'État au Chili, fait appel aux Chicago Boys (jeunes économistes chiliens formés à l'Université de Chicago par Friedman) pour appliquer un programme de réformes radicales : privatisations, déréglementation, libéralisation des échanges, coupes dans les dépenses sociales. Ce laboratoire chilien devient un modèle, bien que controversé, de transition néolibérale. À partir de 1979-1980, les idées néolibérales deviennent hégémoniques dans les politiques occidentales : Margaret Thatcher au Royaume-Uni et Ronald Reagan aux États-Unis incarnent cette vague. Leurs gouvernements mettent en oeuvre des politiques structurelles de désinflation par la rigueur monétaire, de flexibilisation du marché du travail, de dérégulation financière, de privatisation des entreprises publiques et d'affaiblissement des syndicats. Ces réformes s'inscrivent dans une logique plus large de « révolution conservatrice », qui vise à redéfinir le rapport entre l'État, le marché et l'individu : l'individu n'est plus pensé comme un citoyen doté de droits sociaux, mais comme un entrepreneur de soi-même, un agent rationnel maximisant son intérêt dans un environnement concurrentiel. Dans les années 1980-1990, le néolibéralisme s'institutionnalise à l'échelle mondiale, notamment via les politiques d'ajustement structurel du FMI et de la Banque mondiale imposées aux pays du Sud, le Washington Consensus, et l'élargissement du libre-échange via l'OMC (créée en 1995). En Europe, la construction communautaire s'oriente vers une intégration économique fondée sur la concurrence, la stabilité des prix (statut indépendant de la BCE) et la libre circulation des capitaux, qui sont autant de piliers néolibéraux. Simultanement, les transformations technologiques (mondialisation des chaînes de production, financiarisation, numérisation) renforcent une logique de dérégulation, de délocalisation et de valorisation boursière à court terme. Le néolibéralisme ne se limite pas à une doctrine économique : il implique une rationalité gouvernementale, selon les analyses de Michel Foucault dans ses cours au Collège de France (1978-1979). Il s'agit d'une forme de gouvernementalité qui transforme les individus en sujets actifs, responsables, compétitifs, où la concurrence devient une norme sociale généralisée. L'école, la santé, la sécurité sociale, la culture, voire la famille, sont repensées à l'aune de l'efficacité, de la mesure, de la performance et de l'accountability. Cette extension du mode de calcul économique à tous les domaines de la vie sociale constitue l'un des traits les plus profonds et discutables du néolibéralisme. Depuis les années 2000, et surtout après la crise financière de 2008, le modèle néolibéral fait l'objet de critiques croissantes, y compris internes. On lui reproche d'avoir creusé les inégalités, affaibli la démocratie, fragilisé les services publics, dégradé l'environnement et favorisé une instabilité financière chronique. Pourtant, malgré plusieurs crises (financière, sanitaire, écologique), il conserve une grande résilience institutionnelle : les politiques de rigueur budgétaire, les partenariats public-privé, la gestion par indicateurs, l'externalisation des services, ou encore la primauté des droits des investisseurs dans les traités commerciaux restent largement dominants. |
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