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L'Europe
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L'Europe apparaît comme une immense presqu'île découpée, terminant, vers l'Ouest, le continent de Eurasie. Elle est contenue tout entière dans l'hémisphère boréal. Limitée à l'Est par la chaîne de l'Oural, au Nord par l'océan Glacial arctique, à l'Ouest par l'Atlantique, au Sud par la Méditerranée, les détroit entre la Méditerranée et la mer Noire, puis la mer Noire elle-même, enfin le Caucase, l'Europe serait très nettement délimitée s'il n'y avait, entre le Caucase, l'Oural, la Mer Noire et la Mer Caspienne, une vaste contrée de steppes plates et vagues. Suivant la ligne de séparation qu'on admet dans ces parages, la surface de l'Europe varie de quelques millions d'hectares. L'Europe dépasse un peu 10 millions de kilomètres carrés, mais on ne lui en donne généralement que 9.730.000, parce qu'on en retranche, entre la mer Caspienne et la mer Noire, des espaces ciscaucasiens que les Russes n'attribuent pas à la Russie d'Europe, mais à ce qu'ils nomment le Caucase. En admettant 9.730.000 kilomètres carrés, l'Europe, un peu plus de dix-huit fois supérieure à la France, équivaut à peu près au tiers de l'Afrique, au quart de l'Amérique, aux 22 centièmes de l'Asie, au septième du globe sans les mers.
Le nom d'Europe est aussi ancien que l'histoire; Hérodote écrivait (liv. IV, ch. XLV ) : « Quant à l'Europe, personne ne sait si elle est environnée par la mer. Il ne paraît pas non plus qu'on sache d'où elle a tiré ce nom, ni qui le lui a donné », et il n'admet pas qu'il vienne du mythe d'Europe, fille d'un roi de Tyr, enlevée par des Crétois. Des érudits ont émis l'opinion que le mot Europe pouvait avoir une origine phénicienne : « herib » ou « lirib », signifiant l'obscurité, le couchant, tandis que « açou » (d'où peut-être le mot Asie) signifie le levant. 

La découverte de l'Europe a été un très long processus. L'Antiquité n'a jamais connu toute l'Europe; Tacite a décrit la Germanie, mais Ptolémée ne connaissait que vaguement la côte méridionale de la Scandia (Scandinavie), qu'il croyait être une île, et la Sarmatie par laquelle, au Nord des Palus-Méotides (mer d'Azov) peut-être plus étendus alors qu'aujourd'hui, l'Europe se rattachait à l'Asie. Pour les anciens, l'Europe se terminait au Tanaïs (Don) que Lucain déclarait être Asiaeque et terminus idem Europae. Ce n'est qu'au XVIe siècle, après la découverte de l'Amérique, lorsque les Hollandais et les Anglais cherchaient par le Nord une route maritime vers l'Amérique, que Chancellor pénétra par la mer Blanche jusqu'à Arkhangelsk. 

Un Scandinave, Other, l'avait bien précédé dans ces parages au IXe siècle, mais son voyage n'avait pas transformé les connaissances géographiques. Dans le Théâtre du monde ou Nouvel Atlas publié à Amsterdam en 1685 par Guillaume et Jean Blaew, l'auteur de la notice sur l'Europe déclare que « quant à ses bornes du côté de l'Orient, il n'y a rien d'assuré » et il adopte lui-même, comme les Anciens, le Tanaïs (Don) et une ligne allant du Don supérieur à l'Ob; mais en même temps, sur ses cartes, il placé tout le bassin de la Volga en Asie. Mercator et Ortelius avaient adopté aussi le Don comme limite; d'autres géographes prirent plus tard la Volga. 

Au commencement du XVIIIe siècle, les cartes de Delisle et de Jaillot terminent encore l'Europe par une ligne allant de la mer d'Azov à la mer Blanche. Aujourd'hui même, les géographes ne sont pas d'accord; nous prenons pour frontière de l'Europe le fleuve Kara, la ligne de partage des eaux dans l'Oural, le fleuve Oural, la Caspienne et le Caucase; mais d'autres géographes n'admettant pas qu'une chaîne de montagnes puisse être partagée entre deux parties du monde, portent l'Europe jusqu'à l'Ob à l'Est et l'arrêtent au Sud à la dépression Pontocaspique.

Géographie physique

Les côtes et les îles. 
L'Europe est découpée profondément par plusieurs mers intérieures et par des golfes nombreux. Cela lui confère 32 000 kilomètres de rivages, dont 5800 sur l'océan Glacial, 13500 sur l'Atlantique et les mers qui en dépendent, 12700 sur la Méditerranée et ses annexes. 

L'Europe, qui ne possède pas moins de quinze presqu'îles ayant une superficie totale de 2,700,000 km²., soit 28 % de sa superficie totale, et en outre 733,000 km² d'îles, soit 7% de sa superficie, a des côtes plus découpées que les autres parties du monde; beaucoup plus de mers intérieures et de baies pénétrant profondément dans les terres.

-Carte de l'Europe.
Carte de l'Europe.

Il suffit de comparer dans la Méditerranée le dessin de la côte d'Europe et celui de la côte d'Afrique pour comprendre la différence. On a calculé approximativement que, par 10,000 km² de territoire, l'Europe avait 34 km de développement de côtes (sans compter les îles), tandis que l'Amérique du Nord n'en a que 24, l'Amérique du Sud 15, l'Asie 13, l'Afrique 7. Cette disposition naturelle a été favorable à la navigation, au commerce. 

Les mers intérieures sont : la mer Blanche, la mer Baltique, la mer du Nord, la Manche, la mer Adriatique (ou golfe de Venise), la mer de Marmara, la mer Noire, la mer d'Azov. Les principaux golfes sont ceux de Botnie, de Finlande, les golfes de Gascogne, de Lion, de Gênes, de Corinthe.

Les détroits.
Les détroits principaux sont : le Skager-Rack, le Cattegat, le Sund et les deux Belts, entre le Danemark et la Suède, le Pas-de-Calais entre la France et l'Angleterre, le détroit de Gibraltar entre l'Espagne et l'Afrique, le détroit de Bonifacio entre la Corse et la Sardaigne, le détroit de Messine entre l'Italie et la Sicile, le détroit des Dardanelles ou Hellespont, et le Bosphore, entre la Turquie d'Europe et la Turquie d'Asie. 

Les îles.
Parmi les îles qui font partie de l'Europe, nous citerons : la Nouvelle-Zemble et le Spitzberg dans l'Océan Glacial; l'Islande; la Grande-Bretagne, l'Irlande, les îles Hébrides, Orcades, Shetland, Féroé entre l'Océan Atlantique et la mer du Nord; les îles Wight, Jersey, Guernesey, dans la Manche; Belle-lle et les îles de Noirmoutiers, de Ré, d'Oléron, dans l'Atlantique; les Baléares la Sardaigne, la Corse, la Sicile, les îles Ioniennes, les Cyclades et les Sporades, la Crète et Chypre, dans la Méditerranée

L'ensemble des îles de l'Océan glacial arctique (y compris la Nouvelle-Zemble et le Spitzberg) a une superficie de 169,900 km²; les îles de la côte de Norvège environ 22,000 km²; les îles des détroits de la Baltique et de la mer Baltique 33,420 km²; les îles de la Frise, 880 km²; les îles Britanniques (avec îles voisines jusqu'aux Shetland), 314,770 km²; l'Islande et les Faroer, 103,747 km²; les îles de la côte de France (avec les îles Anglo-normandes), 830 km²; les Baléares, 4980 km²; la Corse et la Sardaigne (avec les îles adjacentes), 32,943 km²; la Sicile avec les îles adjacentes, 25,738 km²; les îles de la côte occidentale de l'Italie, 369 km²; les îles Illyriennes, 3300 km²; les îles Ioniennes, 2370; les îles de la Grèce; les îles européennes de la mer Egée (avec la Crète), 47,800. La superficie totale des îles de l'Europe est d'environ 733,000 km².
Orographie.
A mesure qu'à travers l'Europe orientale on chemine vers l'occident, à travers la plaine russe, s'atténue insensiblement le caractère massif et continental de ce qu'on pourrait nommer l'Europe asiatique; le climat très dur encore, perd pourtant de sa rudesse; la somme annuelle des pluies augmente; on arrive, au Sud, à la mer Noire, au Nord à la mer Baltique, vers le centre aux Carpates, et alors on atteint l'Europe vraiment Europe, la terre découpée par les golfes et sous-golfes de l'Océan, harmonieusement modelée, généralement bien arrosée, et que favorise un climat tempéré. En font partie-: la Scandinavie, la moins fertile de toutes ses régions, à cause de la nature de ses roches plutôt que par la faute du climat, l'Europe centrale, la France, la Grande-Bretagne et les trois grandes péninsules méditerranéennes.-
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Par opposition à l'Europe orientale, peu pénétrée de mer et fort plate, l'Europe occidentale est « maritime » et « en grand relief » toute en terres isthmiques, presqu'îles, îles, presque toute en montagnes, plateaux, coteaux. Le culmen de la partie orientale de l'Europe, l'Elbrouz (5642 m), se dresse tout à côté de l'Asie, dans le Caucase; mais, dans l'Europe occidentale, la cime la plus haute, le mont Blanc (4810 m), domine les Alpes. Celles-ci couvrent une étendue presque égale à la moitié de la France, en Suisse, en France, en Italie, en Allemagne, en Autriche. Le Rhin, le Rhône, le Pô, l'Inn en découlent.

De même que les Alpes s'arrondissent en hémicycle au Nord des grandes plaines de la haute Italie, de même les Carpates se courbent en demi-cercle au Nord et à l'Est de la grande plaine hongroise, laquelle, entièrement entourée de monts barrant la route aux vents pluvieux, est, avec certains plateaux espagnols cerclés de sierras, la région la plus franchement plane de l'Europe occidentale.
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Glacier de l'Eggishorn.
Une ancienne vue du glacier de l'Eggishorn, dans les massif de la Jungfrau (Alpes suisses).

La plaine hongroise, où serpente le Danube, sépare les Carpates (à l'Est) des Alpes (à l'Ouest); la plaine roumaine ou valaque sépare les Carpates (au Nord) des Balkans (au Sud). Les Balkans ont donné leur nom à la Péninsule où ils s'allongent d'Ouest en Est jusqu'à la mer Noire; par leur extrémité occidentale, ils se rattachent aux monts d'Illyrie qui tiennent aux Alpes, mais tombent en précipices sur la mer Adriatique. La presqu'île des Balkans est surchargée de montagnes de près ou plus de 3000 mètres, avec de larges vallées, d'amples plateaux, et de grands lacs. Là, se lèvent le Rhodope et le Pinde, monts du Péloponnèse, et dans la mer, les pics chauves de la Crète et des îles de la Mer Egée, par lesquels les chaînes de la Turquie d'Europe se lient à celles de la Turquie d'Asie, leur prolongement évident.

L'Italie ne laisse que peu d'espace aux plaines, la grande plaine du Pô non comprise; sa presqu'île porte les Apennins dont le prolongement sicilien renferme l'Etna, qui flambe encore, à côté de monts non volcaniques continués en Afrique, au delà d'un seuil sous-marin de 324 mètres seulement de profondeur, par les montagnes de l'Atlas tunisien. En Sardaigne, en Corse, il semble que les monts, qui sont de granit, «-représentent les restes de terres autrefois plus étendues », joignant la Provence à l'Atlas.

Dans la Péninsule ibérique, dont la disposition est assez semblable à celle de l'Afrique-: montagnes au pourtour avec un vaste plateau intérieur, une foule de hautes chaînes font de l'Espagne le pays le plus élevé de l'Europe après la Suisse. L'altitude des longues rives marines de l'Espagne est peu supérieure au niveau des mers. La plus élevée de ces chaînes, à l'extrême Sud, la sierra Nevada, appartient au même plissement qu'en Afrique les djebels marocains; tandis qu'à l'extrême Nord, par delà les plateaux castillans et la plaine tertiaire de l'Aragon, les Pyrénées, très élevées en moyenne avec cols au-dessus de 3000 mètres, séparent l'Espagne de la France.

Au col (ou seuil) de Naurouze, à 189 mètres seulement d'altitude, commencent les monts de France, roches anciennes audessus desquelles flambèrent des volcans aux cratères éteints : Cévennes, monts du Velay, monts d'Auvergne, monts du Forez, Pilat, etc. ; ainsi va-t-on jusqu'aux Vosges assombries de sapins, granits et grès levés à faible distance de la rive gauche du Rhin, tandis que, parallèlement à ces Vosges, et en tout semblable à elles, la Forêt Noire monte à droite des mêmes plaines du même fleuve. Au Sud des Vosges, le Jura développe une foule de petits plateaux entre une multitude de petits chaînons, roches jurassiques ou crétacées, ou entre de profonds précipices de rivières. Il s'étale, à partir de la vallée de la Saône, sur la France, la Suisse, et ne s'arrête qu'au aux monts de Bohème, « quadrilatère occupé surtout par des roches primitives où se concentrent les branches supérieures de l'Elbe ». Ces montagnes sont les plus hautes (1601 m), en dehors des Alpes, de tous les massifs allemands, beaux surtout par leurs forêts : Erzgebirge, forêt de Thuringe, Harz, Taurus, Eifel, etc., tous au-dessous de 1000 mètres, sauf le Harz et les montagnes de la Thuringe. Moins de 1000 mètres aussi ont les Ardennes, plateaux schisteux auxquels ont part la France, la Belgique et l'Allemagne.

Au Nord de ces montagnes, la plaine allemande s'étend de la France à la Russie, le long de la mer Baltique et de la mer du Nord, tantôt marécageuse, tourbeuse, tantôt sablonneuse, le plus souvent ingrate, partout soigneusement cultivée. Puis, au Nord et à l'Ouest de la Baltique, mer peu profonde, peu salée (tant elle reçoit d'eau douce), s'élève la Scandinavie, vaste montagne reliée à la masse continentale, à la plaine russe, par la granitique Finlande aux lacs innombrables. La Scandinavie, très lacustre aussi sur son versant oriental, c'est-à-dire en Suède, forme de larges plateaux, en Norvège et en Laponie; et sur ces hautes plaines, étincelantes de névés, de glaciers, s'allongent des monts qui, vers l'Ouest, s'affalent à pic sur les fjords de la mer du Nord.

La Grande-Bretagne, hérissée à l'Ouest et au Nord, dans le pays de Galles et l'Ecosse, porte des monts de faible hauteur, qui sont, avec les chaînes scandinaves, les plus anciens de la partie du monde; l'Irlande est une plaine bordée de granits et de vieux schistes; l'Islande a été puissamment bouleversée par les glaciers et les volcans.

Hydrographie.
Les fleuves, naturellement, correspondent exactement aux pays qu'ils parcourent (et au climat qui régit ces pays). C'est dans la plaine russe que se déroule le plus long de tous : la Volga qui, avec son affluent, la Kama, draine un bassin immense et se jette dans la Mer Caspienne. La Néva, troisième courant d'Europe, doit son énorme volume à ses deux grands lacs, les premiers d'Europe (Onéga et Ladoga), et se perd dans la Baltique. Le Dniepr parcourt un long bassin avant de se jeter dans la mer Noire. Ces rivières magnifiques, abreuvées par les neiges de l'hiver, les ruissèlements des forêts, les épanchements des lacs, deviennent de moins en moins constantes (à part la Néva, soutenue par ses deux grands bassins lacustres), à cause de la terrible dilapidation des bois. Pour la même raison, le Don, qui se jette dans la mer d'Azov, voit décroître son débit.

A la Baltique descendent les eaux de la Finlande, qui passent incessamment de l'immobilité du lac à l'ébranlement des rapides, et celles de la Suède, à demi lacustres comme celles de la Finlande, puis la Vistule qui serpente en Pologne.

Le Danube, dont la vallée fut le chemin des conquérants, est le second grand fleuve d'Europe; sorti des Alpes, il reçoit les eaux des Carpates, des Balkans, des monts de Bohème, et des monts d'Illyrie.

Le Rhin doit une grande abondance aux glaciers, aux lacs de la Suisse; c'est un fleuve bien plus humble que le Danube. L'Elbe forme le port de Hambourg, le plus actif du continent d'Europe. L'Escautde la Belgique ne serait qu'une riviérette, sans son estuaire et son port d'Anvers; de même la Tamise de l'Angleterre, sans son port de Londres. Petite aussi la Seine, mais c'est le fleuve de Paris. La Loire arrose des contrées verdoyantes et fertiles; la Gironde, débouché de la Garonne et de la Dordogne, au magnifique estuaire, prend son importance de Bordeaux; le Tage, qui arrose Espagne et le Portugal, doit la sienne à Lisbonne.

La Méditerranée reçoit l'Ebre de l'Espagne; le Rhône de la France, puissant fleuve abreuvé d'eaux de glaciers; le de l'Italie, également fleuve de glaciers; le Tibre, qui passe dans la «Ville éternelle  »; enfin le Bosphore, fleuve autant que mer, qui apporte à la Méditerranée, par devant Istanbul, les eaux que la mer Noire a reçues du Don, du Dniepr, du Dniestr, du Danube.

Longueur (km) des principaux fleuves d'Europe

Volga
Danube
Oural
Kama
Don
Dniepr
Petchora
Dniestr
Oka
Tisza
Rhin
Dvina septentrionale
Elbe
Vistule
Dvina occidentale
Tage
Loire
Warta
Meuse
Ebre
Oder
Douro
Rhône
Prut (Pruth)
Kouban
Kouma
Niémen
Seine
Maros (Muresh)
Drave
3960
2850
2534
2000
1967
1950
1700
1500
1400
1300
1298
1840
1127
1091
1020
1006
1012
974
950
927
911
850
840
811
810
802
790
776
756
724
Save

Guadiana
Guadalquivir
Garonne
Kliazma
Moselle
Inn
Main (Mein)
Saône
Dordogne
Lot
Marne
Doubs
Weser
Marica (Maritza)
Escaut
Tibre
Saale thuringienne
Severn
Tamise
Adour
Cher
Oise
Guadalaviar
Aisne
Trent
Indre
Minho
Neisse de Lusace
Kara
Sarre
Ouse (Great)
712
675
640
579
575
570
550
525
525
482
460
450
450
450
440
437
430
370
364
354
346
335
320
302
300
269
269
266
260
256
250
242
230
Eure
Arno
Lys
Neisse orientale
Aragon
Tay
Mayenne
Traun
Clyde
Pra
Lippe
Tweed
Ariège
Ourthe
Meurthe
Avon Supérieur
Orne
Ardèche
Grand-Morin
Guadiela
Mersey
Körös
Lay
Epte
Ource
Yssel gueldrois
Ourcq
Petit-Morin
Guadiaro
Göta älv
Kinzig
Lauter
Katcha
Odet
Néva
226
220
209
195
192
188
180
180
170
170
166
160
157
155
140
137
130
120
118
115
113
110
105
102
97
95
85
85
80
80
75
70
66
66
60 

Le climat
Comme climat, l'Europe est  la partie du monde où l'océan pénètre le plus intimement dans les terres; celle où cette pénétration modère le plus la température en augmentant la tiédeur, en diminuant le froid, en égalisant les saisons, les jours, les nuits. Seulement, il faut distinguer soigneusement entre l'Europe orientale, de climat « asiatique » extrême, brusque, sec, et l'Europe occidentale, de climat humide, modéré, grâce aux vents de l'Ouest et du Sud-Ouest, combinés avec les souffles tièdes ou chauds de la Méditerranée au Sud; enfin, les terres élevées, où l'altitude du sol refroidit le ciel, se trouvent au midi, sauf l'exception de la Scandinavie, de l'Ecosse, de l'Islande, et les plaines de peu d'altitude, les divers « pays bas », au Nord. C'est tout à fait à l'Ouest (tant au Sud qu'au Nord), sur le rivage occidental et septentrional de la Péninsule ibérique, sur l'occident de France et de Grande-Bretagne, et sur la Norvège, qu'il tombe le plus d'eau météorique; il pleut bien moins sur l'est d'Angleterre et d'Ecosse, sur la France du Nord-Est, l'Allemagne, la Hongrie, l'Italie, les Balkans; encore moins sur la Russie; très peu sur les pays tendant à la Mer Caspienne; et, par un violent contraste, sur des plateaux d'Espagne voisins d'un maximum de pluie : on trouve dans la Péninsule ibérique de véritables steppes, dignes d'Asie ou d'Afrique.

La flore et la faune de l'Europe

La flore.
On peut distinguer quatre régions botaniques principales en Europe, d'après les associations de végétaux.
Flore arctique. Elle occupe l'extrême Nord (toundras de Russie, Alpes scandinaves, Islande) qui constitue une région dépourvue de cultures ou de forêts. C'est une flore pauvre et très uniforme de lichens, mousses, et arbrisseaux de petite taille (bouleaux nains), etc.

Flore des forêts boréales. Elle occupe la majeure partie de l'Europe, sauf les péninsules méditerranéennes et les steppes du sud de la Russie. Dans le Nord, on voit surtout des forêts de conifères (pins, sapins). Au centre et à l'Ouest, il y a beaucoup plus d'arbres feuillus (chêne rouvre, hêtre, frêne, noyer, châtaignier, etc.). Sur la côte de l'océan Atlantique, on voit des arbustes toujours verts : houx, lauriers, chênes verts, myrte, arbousier, qui disparaissent avec le climat maritime et qui rappellent la flore plus méridionale.

Flore méditerranéenne. Les bords de la Méditerranéemontrent des buissons toujours verts (maquis), à feuilles persistantes, sous un ciel presque toujours bleu et sans pluies d'été. C'est la véritable région des myrtes, arbousiers, lauriers, chênes verts, avec olivier, figuier, oranger, chêne-liège et nombreuses petites plantes odoriférantes. Le palmier nain indique l'approche des régions tropicales. On a pu acclimater les eucalyptus d'Australie.

Flore des steppes. En allant de l'Ouest à l'Est, on voit l'herbe devenir de plus en plus grande sous l'influence du climat continental, et on arrive aux plaines de graminées de la Russie méridionale, et de l'Ukraine avec des bouquets d'arbres.


La faune.
En tenant compte surtout des mammifères et des oiseaux, on ne distingue guère que deux régions naturelles, dont la limite est à peu près indiquée par la ligne de l'isotherme 0°, qui laisse au sud toute la Norvège. Nous citerons principalement des mammifères terrestres qui sont les plus cantonnés.

La faune arctique.
Le nord de la Russie et la Laponie sont habités par une faune très pauvre et peu variée, qui vit dans la zone des toundras et au nord de la région forestière : renard bleu, lemmings, lièvre polaire, glouton, renne, et les animaux à fourrures.

Plus au nord, les îles de l'océan Glacial montrent l'ours blanc, l'hermine, avec des oiseaux mauvais voiliers (macareux, etc.). Les oiseaux de mer sont nombreux (pétrels, goélands, eiders).

Dans les mers du nord, il y a des carnassiers marins  (phoques, morses), et des cétacés (dauphins, baleines, marsouins), qui deviennent rares. Les eaux nourrissent de petits mollusques pélagiques, qui constituent le principal aliment des baleines.

La faune européenne proprement dite. 
La majeure partie de l'Europe est habitée par un certain nombre de mammifères, des petits insectivores (hérisson, musaraigne, taupe, desman), des petits rongeurs (écureuil, loir, campagnol et rat d'eau, rat noir, rat gris ou surmulot, castor, devenu rare, lièvre et lapins, des carnivores de taille moyenne (loup, renard, chat domestique redevenu sauvage, marte commune, fouine, belette, blaireau, ours brun, qui disparaît graduellement, etc.).

Parmi les herbivores : le sanglier, le cerf, le chevreuil, l'élan, qui n'existe plus que vers le Nord, le bison d'Europe, appelé aurochs à tort, n'existe plus qu'en Pologne, en Lituanie et dans le Caucase; le véritable aurochs, disparu, c'est le bos primigenius des géologues, autrefois si répandu dans l'Europe centrale, même à l'époque historique (ur des Niebelungen, urus de Pline).

Dans les montagnes : Pyrénées, Alpes, Caucase, certains sommets de la Grèce, il y a d'autres ruminants (chamois, bouquetin), avec la marmotte, le lièvre variable, qui ressemble absolument au lièvre polaire, sauf qu'il n'est blanc qu'en hiver.

Parmi les oiseaux, peu sont spéciaux : on peut citer le rossignol; presque tous vont passer l'hiver plus au sud.

Dans les péninsules de l'Europe méditerranéenne, la faune présente quelques différences, qui la rapprochent de celle du nord de l'Afrique; on peut noter la présence des porcs-épics, du daim, qui est spécial, des moutons sauvages ou mouflons, avec divers lézards et couleuvres.

La faune européenne, avec la subdivision méditerranéenne, fait partie d'une grande région naturelle dite paléarctique, qui comprend la majeure partie de l'Asie centrale, tandis que la faune du nord de l'Europe se retrouve dans toutes les régions polaires. (GE)..

Carte de l'Europe.
Carte de l'Europe politique.


Collectif, Patrimoine Mondial de l'Unesco en Europe, Cite 4, 2009.

Katharina Raabe, Last & Lost, Atlas d'une Europe fantôme, Noir sur blanc, 2007. - Reportages littéraires et photographies d'artistes européens sur les lieux « ultimes » de l'Europe : depuis l'île enchanteresse d'Ada-Kaleh, aujourd'hui sous les eaux du Danube, jusqu'au plus oriental des villages de Norvège, l'Ultima Thule du continent.

Maîtres accomplis du reportage littéraire ou poètes, les auteurs de Last & Lost nous invitent à nous pencher sur le naufrage lent de certaines frontières : frontières politiques, caprices des tyrans, frontières mouvantes entre la terre et l'eau, entre l'homme et la sauvagerie... Toute l'histoire du siècle passé affleure sur la rouille des barbelés, et ce sont alors les lignes Maginot de notre imaginaire qui s'éveillent en écho. A la lecture de Last & Lost, on s'émerveille de cette Europe immense, inépuisable, si riche et si diverse.

Dans cette anthologie, les photographies sont des contributions à part entière : oeuvres d'art autant que propositions conceptuelles. Héritiers du courant de « New topographics », les photographes de Last & Lost s'attachent à rendre manifeste l'empreinte du pouvoir sur le monde visible. (couv.).

Collectif, L'Europe et ses ethnologies, PUF, 2008.  - Alors que la construction d'une Europe de la recherche modifie profondément le paysage institutionnel, qu'en est-il aujourd'hui de l'anthropologie européenne? L'ouverture de l'Union aux anciens pays communistes déplace le pôle d'équilibre entre les ethnologies les plus occidentales vers le centre de l'Europe. De nouvelles règles, de nouvelles structures se mettent en place à un échelon qui dépasse le cadre national. Dès lors, y a-t-il ruptures, continuités... voire « crise »? À la fin de l'année 2007, ces questions -ainsi que les défis qui attendent la recherche anthropologique -furent l'objet de plusieurs débats entre collègues venus de toute l'Europe, tant dans le cadre du projet «-Anthropologie de l'Europe » que dans celui des « Assises de l'anthropologie et de l'ethnologie en France ». Parmi tous les thèmes débattus, beaucoup d'interrogations portèrent sur les liens entre la recherche en ethnologie et les musées, dont le paysage a été profondément bouleversé en France. Quel est l'avenir de cette relation... qui fut fondatrice de la discipline? C'est de ces Rencontres que se nourrit le présent numéro d'Ethnologie française, dont les articles pourraient servir à éclairer un débat in progress. L'avenir et le sort de notre discipline en dépendent. (couv.).

Daniel Philippe, Europe vue du ciel, Terre d'images, 2006.



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