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L'Asie
renferme les civilisations les plus vieilles de l'histoire (en exceptant
l'Egypte
qui touche à l'Asie), la Chine
à l'Est, l'Inde
au Sud, la Mésopotamie à l'Ouest. Non seulement la
civilisation européenne y a une partie de ses origines, mais deux
autres civilisations aussi importantes s'y sont développées
et continuées jusqu'à nos jours, en Inde et en Chine. Ces
trois grands groupes ont vécu dans un isolement relatif, sans rapports
suivis, séparés par le Grand massif central. Dans la plaine
du Nord, les populations turco-mongoles
et finno-ougriennes, nomades, vécurent longtemps à l'écart;
dans la plaine orientale se constitua l'empire chinois; dans la plaine
du Sud, des populations de langues indo-européennes s'établirent
après avoir refoulé les Dravidiens; l'Asie antérieure
fut disputée entre les Indo-européens et les Sémites.
Malgré la différence des destinées des peuples asiatiques,
on peut signaler un trait commun dans leur histoire, c'est l'antagonisme
des populations agricoles sédentaires des grandes plaines et des
nomades restés maîtres de l'Asie centrale. Les légendes
persanes ont dramatisé cette opposition dans la lutte d'Iran
et de Touran .
On a longtemps désigne la plupart de ces nomades sous le nom de
Tatares, emprunté à une tribu de l'In-chañ.
Dans la Chine ,
l'Inde
et la Mésopotamie, la plaine de l'Asie antérieure, l'histoire
commence à s'écrire environ 3000
ans avant l'ère chrétienne. Vers 2500
av. J.-C. nous trouvons le vieil empire babylonien, aux prises
avec ses voisins de l'Elam
(Susiane )
qui avaient succédé aux peuples moins bien connus d'Akkad
et de Sumer. A partir du XIXe
siècle avant notre ère, les Babyloniens reprirent
le dessus. Vers 1100, la prépondérance
passa aux Assyriens établis dans la Mésopotamie septentrionale
ils dominèrent l'Asie, des terrasses de l'Iran aux côtes de
l'Asie Mineure, et pénétrèrent jusqu'en Egypte ;
en 625, Ninive
leur capitale, tomba; sa chute fut suivie de celle de Babylone
(533). Les Perses, sortis du Sud-Ouest
de l'Iran ,
réunirent toute l'Asie antérieure, de l'Indus et de l'Iaxartes
(Syr-daria), jusqu'à la Méditerranée. Au bout de deux
siècles, Alexandre conquit leur
empire, dont il recula les frontières vers le Touran
et le Pendjab (336-323).
A sa mort sa monarchie fut démembrée; un royaume grec s'établit
dans la Mésopotamie et la Syrie (Séleucides),
un autre dans la Bactriane
(Turkestan
méridional, Iran oriental et septentrional). Ces peuples partagèrent
l'Asie antérieure avec les Romains,
qui jamais n'entamèrent l'Iran; les deux peuples sa disputèrent
l'Arménie .
Par la la suite, les Perses remplacèrent les Parthes,
au IIIe siècle
ap. J.-C.
Enfin, au VIIe
siècle, les Arabes, restés jusqu'alors en dehors
du mouvement, sortirent de leur presqu'île et conquirent en quelques
années toute l'Asie orientale jusqu'à l'Indus, en y ajoutant
le Touran
au début du VIIIIe
siècle. A partir du IXe
siècle, le déclin de leur empire en amena le démembrement;,
les Samavides régnèrent sur le Touran et l'Iran
oriental, les Bouides sur la Mésopotamie
et l'Iran occidental. Puis, apparurent les Ghaznévides,
dont le principal, Mahmoud (998-1030),
conquit l'Iran oriental, la Touran et l'Inde
septentrionale, annexant le bassin de L'Indus et dévastant celui
du Gange. Son rapide déclin permit l'élévation des
Ghourides (Afghanistan
et Pendjab); mais surtout il ouvrit la route à des conquérants
nouveaux, les nomades de Touran, les Turks.
Dirigés par les Seldjoukides,
ils conquirent, au XIe
siècle, le Kharezm
(Turkestan
méridional), la Perse, la Mésopotamie, L'Arménie ,
la Syrie, l'Asie Mineure où ils dominaient sous la prééminence
nominale du calife de Bagdad .
Al-Mouktadi (1075-1092)
régnait de Kashgar à Jérusalem
et à Nicée .
A sa mort son royaume fut démembré; c'est le sort commun
des grandes monarchies orientales. La Perse, le Kirman, l'Asie Mineure,
la Syrie, se retrouvèrent indépendants. Un empire se formait
dans le Kharezm, au début du XIIIe
siècle quand il fut surpris par l'invasion mongole.
L'Inde
n'a pas de chronologie précise jusqu'à l'époque où
les synchronismes avec l'histoire grecque (Alexandre
et Séleucus) permettent d'en établir
une (IIIe siècle
av. J.-C.). Vers l'an 2000,
les Aryas (Indo-Européens) étaient maîtres de la plaine
sept tentrionale, et les Dravidiens refoulés dans le Dekkan, L'Aryavarta
resta longtemps divisé entre les Etats rivaux; les épopées
et les monuments attestent la splendeur de la civilisation indienne dès
ces temps reculés. Les guerres des divers Etats autre eux, Surtout
de ceux du Nord, et du Sud, des Aryens et des Dravidiens; plus tard, le
luttes entre le brahmanisme
et le bouddhisme ,
remplissent l'histoire de l'Inde. Vis-à-vis des envahisseurs étrangers,
les Hindous jouèrent un rôle presque passif. Alexandre conquit
le Pendjab; Chandragoupta arrêta, il est vrai, Séleucus; mais
le bassin de l'Indus suivit bien souvent le sort de l'Iran
oriental, sous les Gréco-Bactriens
comme sous les Arabes, la vallée du Gange ne fut guère que
ravagée, jamais conquise sérieusement, jusqu'à l'époque
de Tamerlan
(fin du XIVe siècle),
qui montra la route à son descendant Baber
(1519).
L'histoire de Chine
remonte à la dynastie des Hia (2205
-1589 av. J.-C), suivie de celle des-Chang
(1767-1122)
et des Tchéou. Dès le XVIe
siècle av.J.-C. avaient commencé les invasions
des Mongols; les rivalités des différentes
provinces et des vassaux mis à leur tête finissent par amener,
au VIIIe siècle
av. J.-C.,. le démembrement de l'empire. La dynastie
de Tsin rétablit l'unité à
la fin du IIIe
siècle av. J.-C., et construisit la grande muraille qui
donna à la Chine l'illusion d'une protection contre les Invasions
des nomades de l'Asie centrale et, au moins, lui permit de consolider son
unité; de nouveaux démembrements précédèrent
la grande expansion de la puissance chinoise, sous la première dynastie
des Han (206 av. J.-C. -
263 ap. J.-C). En 95, le
général Pan-tsao arriva jusqu'à la mer Caspienne;
dans le Ier
et le IIe siècle
de notre ère se placent les relations avec les Arabes et les Romains
et la conversion des Chinois au bouddhisme .
De nouveaux démembrements alternèrent avec des restaurations
de l'unité chinoise; toutefois, à partir du VIe
siècle, le partage en un royaume du Nord et un royaume
du Sud s'établit d'une manière presque normale. Au VIIe
siècle, la dynastie des Tang releva
la Chine qui parvint à une grande puissance; ses armées retournèrent
aux bords de la Caspienne et envahirent l'Inde .
Des revers suivirent; les Toungouses
du Nord (ancêtres des Mandchous) firent de grands progrès,
et an début du XIe
siècle fondèrent le royaume de Liao ou de Khitan ,
puis au XIIe siècle
celui de Kin, qui s'étendait sur le Nord de la Chine et rendait
le Sud tributaire. Les Mongols le ruinèrent
bientôt, mais les Chinois ne gagnèrent pas au change.
L'empire fondé pour Gengis-khan ,
par les pasteurs mongols, s'étendit
sur presque toute l'Asie; en 1206,
ils avaient reconnu Gengis pour chef; en 1209,
ils forcèrent la grande muraille, en 1245
ils prirent Pékin ;
en 1220 l'empire de Mohammed, le Kharezmien
fut détruit, le Kharezm
et le Tran compris jusqu'à Kélat et à Tabriz ;
des dévastations terribles ruinèrent ces pays; en 1224,
les Mongols s'emparèrent du Kiptchak (steppes du Nord de la Caspienne
et de la mer Noire); en 1241, ils étaient
en Silésie
et en Hongrie .
Sous Ogotaï et Koubilaï, successeurs
de Gengis Khan (mort en 1227), les
conquêtes continuèrent; le califat de Bagdad
sombra en 1258, la Mésopotamie
et la Syrie furent dévastées; enfin le Sud de la Chine
fut conquis définitivement; l'Indochine suivit son sort. Karakoroum
fut alors la capitale du plus vaste empire qu'on ait vu sur la terre; mais
il se morcela bientôt : la Chine, la Boukharie ,
le Kiptchak ( La Horde d'or ),
la Perse
suivirent des destinées séparées. A la fin du XIVe
siècle, Tamerlan
rétablit autour de sa capitale, Samarcande ,
un empire presque aussi vaste; en trente-cinq campagnes il dompta le Touran
(Kharezm et Kachgarie), l'Iran, l'Arménie
et le Caucase ,
le Kiptchak, l'Inde
septentrionale ; vainqueur de Bayézîd
I, il conquit encore la Syrie et l'Asie Mineure. Il préparait
la conquête de la Chine quand la mort l'arrêta (1405).
L'Asie ne revit plus de conquérants de cette taille. Ses diverses
régions reprirent leur vie à part. La Chine, en 1368,
avait rejeté les Mongols dans leurs steppes; les héritiers
de Tamerlan dominèrent en Inde ; les Turks
reprirent, dans l'Asie occidentale, le cours de leurs succès.
Les Turcs
Ottomans, maîtres de Constantinople ,
s'étendirent, au XVIe
siècle, jusqu'aux terrasses de l'Iran et firent reconnaître
leur nomination à l'Arabie Occidentale. Dans l'Iran, les Persans
reprirent l'ascendant; la dynastie nationale des Sofis supplanta la dynastie
mongole
(1499); mais au XVIIIe
siècle les montagnards afghans,
conduits par Madischaq, s'emparèrent de tout l'Iran et, en 1794,
la dynastie turkmène des Qadjars
occupa le trône de Perse. L'Inde
septentrionale fut conquise par Baber, souverain
du Ferghana, descendant de Tamerlan ;
ses descendants, parés du titre de grand Moghol, réunirent
presque toute la péninsule (sans Akbar); mais leur empire était
déjà en décadence quand arrivèrent les Européens.
L'Indochine, intermédiaire entre l'Inde et la Chine ,
a subi tour à tour les deux influences. Elle est restée en
dehors de l'histoire générale de l'Asie ( Vietnam ,
Birmanie ,
Cambodge ,
Malacca, Siam (Thaïlande ),
etc.]. La Chine, affranchie des Mongols, vit, deux cents ans plus tard,
sa frontière du Nord envahie par les Mandchous; ceux-ci, groupés
par Taché (1616), finirent par
conquérir, la Chine vers 1640;
Kangxi
(1662-1722)
y ajouta la Mongolie et le Tibet ,
à la fin du XVIIe
siècle, les Dzoungares
fondèrent un empire qui s'étendit de l'Altaï à
l'Himalaya; en 1757, les Chinois le
détruisirent. Depuis, la Chine est restée maîtresse
de l'Asie centrale; elle a subi , dans la seconde moitié du XIXe
siècle, deux crises terribles lors de la révolte
des Thaïping et des Musulmans (Dzoungares
de l'Illi, Nienfei des provinces du Nord-Ouest. et insurgés du Yun-nan).
Au XVIe
siècle s'était produit un fait capital, l'établissement
de colonies européennes en Asie : les Portugais,
d'abord, dominèrent sur toutes les côtes de l'océan
Indien, de la mer Rouge à Malacca, les Hollandais
leur succédèrent; au XVIIe
siècle, les Français
et les Anglais s'y installèrent
; ils se la disputèrent au XVIIIe,
et elle resta aux Anglais qui en achevèrent la conquête et
arrondirent leurs possessions dans le cours du XIXe
siècle; ils s'emparèrent de l'lndochine occidentale;
les Français, à partir de 1860,
conquirent l'Indochine orientale. Anglais et Français obligèrent
la Chine
à ouvrir ses ports (guerre de l'opium, 1840-1842,
guerre et expédition de Chine, 1856-1860),
tandis que le Japon
subissait une révolution intérieure qui porta au pouvoir
des partisans de l'occidentalisation. Portugais, Hollandais, Anglais et
Français ont abordé l'Asie par mer; les Russes,
venus par terre, s'y sont taillé au Nord un immense empire; de 1579
à 1581, le cosaque Ermak
conquit le royaume de Sibri (Sibérie ),
il en fit hommage à Ivan le Terrible; en
1639
les Cosaques atteignaient la mer d'Okhotsk; en 1689
fut conclu avec la Chine le traité de Nertchinsk qui laissait aux
Chinois tout le bassin de l'Amour; il n'empêcha pas les colons et
chasseurs russes de s'y établir : l'expédition de Middendorf
en révéla toute l'importance et, en 1860,
les Russes se firent céder, non seulement tout le pays jusqu'à
l'Amour, mais la Mandchourie maritime entre l'Oussouri et la côte
; ils y fondèrent le port de Vladivostok. Ensuite, les Russes ont
tourné leurs efforts du côté du Touran ;
ils ont fait reconnaître leur suprématie aux Kirghiz
et, depuis 1863, se sont emparés
de tout le bassin du Syr-daria, Khiva a été soumise
en 1874, Merv s'est soumise en 1882;
Boukhara
et Khiva n'eurent plus qu'une indépendance nominale et Hérat
fut sérieusement menacée. La conquête du Caucase
a été plus laborieuse; il a fallu d'abord enlever à
la Turquie et à la Perse
les provinces du Sud (XVIIIe
siècle), puis soumettre les montagnards désormais
enveloppés de tous côtés, ceux de l'Ouest, dirigés
par Chamyl, ont résisté jusqu'en 1864.
En 1878, un nouveau lambeau de territoire
a été arraché à la Turquie .
A la fin du XIXe
siècle, les Russes, maîtres
de l'Asie septentrionale, et les Anglais, maîtres de l'Asie méridionale,
sont naturellement rivaux; dans la région du Pamir leurs frontières
se touchent presque et leurs protégés turkmènes
ou afghans sont déjà aux prises. Dans toute l'Asie antérieure,
de Constantinople / Istanbul
à Kaboul ,
l'influence russe et l'influence anglaise se disputent la terrain; dans
le Pacifique, les Anglais ont un instant
occupé Port-Hamilton pour surveiller Vladivostok. (GE). |
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