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Le Péloponnèse

Le Péloponnèse (c.-à-d. île de Pélops) est la presqu'île la plus méridionale de la Grèce, au continent de laquelle elle est unie par l'isthme de Corinthe. Elle est baignée par le golfe de Corinthe au Nord, par le golfe Saronique et la mer Egée à l'Est, par la Méditerranée au Sud, et par la mer Ionienne à l'Ouest. C'est une contrée montagneuse qu'arrosent l'Alphée, affluent de la mer Ionienne, et l'Eurotas, affluent du golfe de Laconie. Le Péloponnèse était anciennement divisé en 8 Etats, la Corinthie, la Sicyonie et l'Achaïe, d'abord appelée Egialée au Nord, l'Argolide à l'Est., la Laconie et la Messénie au Sud, l'Elide à l'Ouest et l'Arcadie au centre. Cette presqu'île, qui avait été à Argos, à Sicyone, en Arcadie et en Laconie, le berceau de la civilisation mycénienne. 

Appelée d'abord Apie, nom qui lui venait d'Apis, fils de Phoronée et roi d'Argos, elle reçut selon, toujours selon la légende, le nom de Péloponnèse après l'établissement à Pise en Elide, vers l'an 1350 av. J. C., du Phrygien Pélops, fondateur de la dynastie des Pélopides, qui devint dominante dans toute la presqu'île. Cette dynastie fut renversée par la conquête que les Doriens firent de cette contrée, vers 1190. Sparte, centre de l'établissement dorien, acquit par ses victoires sur les Messéniens la prépondérance dans le Péloponnèse, et devint la tête de la ligue du Péloponnèse, confédération des 14 villes de Sparte, Corinthe, Sicyone, Epidaure, Phlionte, Trézène, Hermione, Elis, Pise, Tégée, Mantinée, Orchomène, Mégare et Egine. 

La rivalité de Sparte et d'Athènes amena la Guerre du Péloponnèse (ci-dessus), qui se termina par la victoire de Sparte en 404. Mais les succès d'Epaminondas dans la guerre de Thèbes contre Sparte, de 378 à 363, portèrent à la suprématie des Spartiates un coup dont elle ne se releva jamais. Elle succomba dans la lutte qu'elle soutint successivement contre la puissance macédonienne et contre la ligue achéenne. Le Péloponnèse tomba sous la domination romaine avec le reste de la Grèce, sous le nom d'Achaïe, en 146. Il fut ensuite compris dans l'empire d'Orient. Après la prise de Constantinople par les croisés, en 1204 de notre ère, la Morée, nom que les auteurs commencent à donner au Péloponnèse au XIIIe siècle, vraisemblablement parce que le mûrier, morea, y abonde, fut remise aux Vénitiens, d'après le traité conclu à Cortstantinople, par Geoffroi de Villehardouin et Guillaume de Champlitte, chevaliers français qui venaient de la conquérir.

La Morée avait été replacée en partie sous le sceptre grec, lorsque les Turcs s'en emparèrent en 1460. Les Vénitiens la leur reprirent en 1687 et la conservèrent jusqu'en 1715, où elle retomba au pouvoir des Turcs. Elle se souleva contre eux sans succès en 1770, à l'instigation de la Russie. Elle se révolta de nouveau contre le joug ottoman en 1821, et eu fut délivrée en 1828 par une expédition française, qui en chassa les Egyptiens commandés par Ibrahim-Pacha. Elle forma alors 5 nomarchies du royaume de Grèce nouvellement constitué, celles d'Argolide-et-Corinthie, d'Achaïe-et-Elide, d'Arcadie, de Messénie et de Laconie.

La Guerre du Péloponnèse.
On donne le nom de Guerre du Péloponnèse à une guerre de 27 ans qui a eu lieu  au Ve siècle avant notre ère entre Athènes et Sparte, les deux puissances prépondérantes de l'ancienne Grèce, dont la rivalité, suscitée par leur ambition réciproque, avait pour principe fondamental l'antagonisme des Ioniens, dont Athènes était le foyer, et la plupart des Doriens, qui avait leur centre à Sparte.

De l'aveu même de l'Athénien Thucydide, grave historien de cette lutte pour la domination de la Grèce (Histoire de la Guerre du Péloponnèse), la suprématie d'Athènes inspirait une haine générale, et les sympathies étaient presque partout pour Sparte, lorsqu'une guerre s'étant allumée entre Corcyre (Corfou) et Corinthe, sa métropole, Athènes prêta secours à la colonie révoltée, et exigea de Potidée, autre colonie de Corinthe, la démolition de ses murailles. Sur le refus d'accéder à cette demande, Athènes assiégea Potidée, et les Corinthiens déterminèrent la ligue du Péloponnèse, assemblée à Sparte, à déclarer la guerre aux Athéniens, en 431 av. J.-C. 

Sparte avait pour alliés, nous apprend Thucydide, tous les peuples du Péloponnèse, à l'exception des Argiens et des Achéens, qui avaient des liaisons avec les deux partis, et, hors du Péloponnèse, les Mégariens, les Phocéens, les Locriens, les Béotiens, les Ambracintes, les Leucadiens et les Anactoriens. 

Les alliés d'Athènes étaient les peuples de Chios et de Lesbos, les PIatéens, les Messéniens de Naupacte, la majorité des habitants de l'Acarnanie, les Corcyréens, les Zacynthiens, les peuples de la Carie et les Doriens leurs voisins, les villes de l'Hellespont et de la Thrace, toutes les îles à l'Est entre le Péloponnèse et la Crète, et toutes les Cyclades, à l'exception de Mélos (Milo) et de Théra (Santorin)
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Carte du Péloponnèse.
Le Péloponnèse au Ve s. av. J.-C.
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de la Grèce à l'époque de la Guerre du Péloponnèse).

La principale force de Sparte était dans son armée de terre, et celle d'Athènes dans sa puissance maritime. On distingue trois périodes dans la guerre de Péloponnèse. Dans la première les Spartiates ravagèrent l'Attique et les Athéniens les côtes de la Laconie. Une peste, qui éclata à Athènes en 431, enleva Périclès, le seul homme capable de conduire la guerre, dont la continuation fut cependant résolue, à l'instigation de Cléon, chef du parti populaire. Mais Nicias, chef du parti aristocratique, parvint, en 421, à conclure une trêve de 50 ans. 

L'ambition d'Alcibiade ralluma la guerre en 419, et cette deuxième période est signalée par la victoire des Spartiates à Mantinée, en 418, et par l'issue malheureuse, en 413, de l'expédition contre la Sicile. Alcibiade, qui l'avait conseillée, échappa à une accusation de sacrilège en se réfugiant à Sparte, et engagea les Spartiates à envahir l'Attique. La troisième période de la guerre, inaugurée par cette agression en 413, est marquée par les victoires d'Acibiade qui, rappelé dans sa cité, lui reconquit l'empire de la mer. Mais il ne tarda pas à être déposé, et la marine athénienne fut anéantie, l'an 405, à la bataille d'Aegos-Potamos, gagnée par les Spartiates, qui mirent fin, en 404, à la guerre du Péloponnèse par la prise d'Athènes, où ils établirent un gouvernement aristocratique de trente membres. L'affaiblissement de la Grèce fut le résultat de cette guerre, qui substitua la prépondérance de Sparte à celle d'Athènes.

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Dictionnaire Territoires et lieux d'Histoire
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