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La Corse

42.1° N, 9.1° E
La Corse, Corsica des Romains est une grande île de la Méditerranée, forme une région administrative (collectivité territoriale) de la France. Elle est située à 150 kilomètres au Sud-Est de la côte de France, et au Nord de la Sardaigne, dont elle est séparée par un détroit dit Bouches-de-Bonifacio, large au plus de 12 km. La Corse peut être comparée, quant à sa configuration, à une ellipse irrégulière dont le grand axe serait dirigé du Nord au Sud. De l'extrémité du cap Corse, pointe septentrionale de l'île, au détroit de Bonifacio qui la limite au Sud, la distance en ligne droite est de 183 km. La largeur moyenne de l'île est de 45 à 50 km et sa largeur maxima de 84 km. Superficie : 8680 km²; 285 000 habitants. Chef-lieu : Ajaccio
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La Corse vue de l'espace.
La Corse vue depuis l'espace. Source : Nasa.

Les côtes de la Corse, dont la pointe la plus septentrionale forme le cap Corse, sont bordées de quelques îlots, et offrent plusieurs golfes considérables, ceux de Saint-Florent, de Porto-Veccio, d'Ajaccio, de Valinco, etc. Elle n'est qu'à 90 km à l'Ouest de la côte d'Italie, et elle est physiquement une dépendance de cette péninsule, à laquelle d'ailleurs la relie un plateau sous-marin qui forme le fond de la mer de Toscane et d'où émergent plusieurs îles, parmi lesquelles l'île d'Elbe est la plus importante. Néanmoins, depuis 1769, la Corse appartient à la France dont elle forme deux départements. Elle se trouve au Sud-Est des côtes de Provence, à une distance de 180 km, qu'il faut franchir à travers une mer d'une profondeur considérable.

La Corse constitue comme un petit monde à part et pour ainsi dire tout à fait étranger à l'Europe. Les hautes montagnes dont son sol est couvert, les nombreux torrents qui le parcourent, les sites sauvages que l'on rencontre à chaque pas, l'étrangeté de la végétation qui fait songer aux hauts plateaux de la zone subtropicale, tout surprend celui qui visite cette terre pour la première fois. Une chaîne principale de montagnes granitiques traverse l'île du Nord au Sud; à la seule inspection d'une carte, on peut se faire une idée exacte de son tracé en considérant la ligne de partage qui sépare les eaux tributaires de la mer de Toscane de celles qui coulent vers la partie occidentale de la Méditerranée

Cette chaîne principale commence dans la presqu'île du cap Corse qu'elle couvre presque entièrement de ses ramifications; puis elle tourne à l'Ouest en se développant à peu près parallèlement au rivage occidental de l'île. Vers son centre, elle occupe sensiblement le milieu du territoire, puis elle incline vers l'Est pour aller se terminer vers le golfe de Porto-Vecchio. Ses plus hauts sommets sont : le mont Stello (1305 mètres), dans la péninsule du cap Corse; le Monte Cinto (2707 mètres), qui est la cime la plus élevée de l'île; le Paglia Orba ou Vagliorba (2525 mètres); le Monte Rotondo (2672 mètres); le Monte Cardo (2454 mètres); le Monte d'Oro (2632 mètres); le Monte Renoso (2357 mètres); et le Monte Incudine ou l'Enclume (2136 mètres). Tous ces points culminants et même quantité d'autres moins élevés demeurent revêtus d'un manteau de neige pendant 10 mois de l'année. De cette grande arête longitudinale se détachent de nombreux et puissants contreforts qui descendent vers la mer où ils vont se terminer en promontoires abrupts surmontés de vieilles tours autrefois construites par les Génois pour empêcher les Sarrasins de débarquer sur les côtes.

Ainsi que nous l'avons fait remarquer la chaîne de montagnes principale décrit une courbe dont la concavité est tournée vers l'Est. Il résulte de là qu'elle partage l'île en deux versants inégaux : le versant oriental, beaucoup plus grand, mais moins accidenté, présentant, à partir de la ligne de faîte, des gradins de plateaux au pied desquels sont des plaines, puis de larges plages qui bordent la mer de Toscane. Le versant occidental, au relief plus accusé, est formé d'un assemblage ininterrompu de hauts plateaux, de massifs et de chaînons montagneux creusés d'étroites et profondes vallées. 

Tout le versant occidental appartient à la formation géologique des terrains de cristallisation : les granits, les porphyres, les syénites, les serpentines, le jade, la diallage ou vert antique, le jaspe, les gneiss, les micaschistes constituent le sous-sol de ce versant et apparaissent à nu en bien des points. La partie supérieure des pentes du versant oriental a la même composition minéralogique; puis à une distance de la ligne de faîte qui va en diminuant du Nord au Sud, les couches cristallines sont recouvertes par la craie supérieure qui occupe tout le reste dit versant, à l'exception des plaines et des plages qui sont des terrains d'alluvions.

Une composition minéralogique de cette nature indique un sol imperméable et sillonné de nombreux cours d'eau. Il en est ainsi, en effet, pour la Corse. Il n'est guère de pays plus richement arrosé : point de vallon, de vallécule ou de grande vallée qui n'ait son ruisseau, sa rivière ou son torrent. Du reste, la nature des roches encaissantes et la pente considérable du terrain donnent à tous les cours d'eau le caractère et l'allure de torrents. Aucun d'eux n'est navigable et la plupart ont leur lit embarrassé de rapides ou de cascades. Le nombre des cours d'eau qui se rendent à la mer est considérable; mais bien peu d'entre eux méritent le nom de fleuves. 

Les plus remarquables de ces cours d'eau appartenant au versant oriental sont le Golo (84 km), qui prend sa source au Paglia Orba, dans la belle forêt de Valdoniello, traverse la haute et sauvage vallée du Niello, tourne au Nord-Est et va se jeter dans la mer de Toscane au Sud de l'étang de Biguglia; le Tavignano (80 km), qui sort du lac de Nino, se grossit sur sa rive droite des eaux limpides de la Restonica, passe au pied du rocher que surmonte la ville de Corte et va se perdre dans la mer de Toscane, au Sud de l'étang de Diane, après avoir baigné les ruines de l'antique cité d'Aleria; le Fiumorto (50 km), qui atteint la mer dans la partie Sud, de la plaine d'Aleria; la Solenzara, qui longe la forêt de Zonza; la Santa-Lucia; enfin le Stabaccio, grossi de l'Oso, qui finit dans le golfe de Porto-Vecchio. 
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Saint-Florent et le Cap Corse.
La jetée du port de Saint-Florent; au fond : les montagnes du Cap Corse. 
© Photo : Angel Latorre,  2009.

Les cours d'eau du versant occidental sont : le Nebbio, qui parcourt la région sauvage à laquelle il donne son nom et tombe dans la Méditerranée au fond du golfe de Saint-Florent; l'Ostricone, qui sépare les arrondissements de Bastia et Calvi; le Figarello, qui a son embouchure au fond du golfe de Calvi : le Fango, qui se jette dans le golfe de Galeria; le Porto, qui descend de la forêt d'Aitone et verse ses eaux dans le golfe de Porto; le Liamone (40 km), qui a sa source dans le Monte Rotondo, baigne le pied de la montagne de Vico et finit dans le golfe de Sagone; le Gravone et le Prunelli, qui descendent du Monte Renoso, traversent la magnifique plaine d'Ajaccio surnommée la Plaine d'or, et viennent se mêler aux flots méditerranéens dans le golfe d'Ajaccio; le Taravo (55 km), qui court du Nord-Est au Sud-Ouest en séparant les arrondissements d'Ajaccio et de Sartène et tombe dans le golfe de Valinco; enfin le Tavaria (50 km), qui coule au Nord de Sartène et est également tributaire du golfe de Valinco.

Le plus étonnant contraste règne entre les côtes occidentales et les côtes orientales de la Corse. Les premières sont découpées de nombreuses et profondes échancrures que l'on prendrait volontiers pour des estuaires de grands fleuves, ou mieux encore pour d'anciens fjords. Chaque golfe a son entrée dessinée à droite et à gauche par des promontoires d'un haut relief qui s'avancent pittoresquement dans la mer et charment les yeux des navigateurs qui voguent vers la Corse. Les tours ruinées qui les surmontent, anciennes sentinelles, complètent ce tableau enchanteur. 

On rencontre d'abord, à la base de la presqu'île du cap Corse, le golfe de Saint-Florent au fond duquel est situé le port de même nom, l'un des plus importants de l'île, mais qu'entoure une ceinture de marais. Puis vient la côte sauvage des Agriates, s'étendant jusgu'à l'Ostricone. Depuis ce torrent jusqu'au Figarello, la mer est bordée par la fertile Balagne, plaine accidentée de collines qui, plus avant dans les terres, se transforment en montagnes : cette région est un véritable jardin où prospèrent les oliviers, les cédratiers, les citronniers, les amandiers, les figuiers, enfin tous les arbres fruitiers du climat méditerranéen. A la limite de la Balagne est le golfe de Calvi, au fond duquel se dresse sur un rocher la ville de Calvi. Au sud de Calvi et jusqu'au golfe de Porto s'étend la Balagne déserte, où se creusent  les golfes de Galeria et de Girolata. On franchit ensuite, en se dirigeant vers le Sud, les grands golfes de Porto et de Sagone, et après avoir doublé de nombreux et magnifiques promontoires, on entre dans le golfe d'Ajaccio, l'une des merveilles de la Méditerranée

Grâce à la douceur de son climat, à la beauté du paysage, à la fertilité de sa plaine, la ville d'Ajaccio est devenue, avec Olmeto, l'une des stations touristiques les plus prisées de l'île. Plus au Sud, on trouve le grand golfe de Valinco, puis une série de baies et de criques qui se succèdent sans interruption jusqu'au roc de Bonifacio; pointe méridionale de la Corse, et qu'ont rendu célèbre ses grottes tapissées de stalactites et où pénètrent les flots de la mer. Au Sud-Est de l'île, le rivage, jusqu'au golfe de Porto-Vecchio, conserve le même caractère que celui de la côte occidentale. Mais ensuite la scène change : les indentations disparaissent; le profil du rivage devient uniforme; il est bordé de vastes plages limitées vers l'intérieur de plaines fertiles. Sur la côte s'échelonnent des étangs, anciennes baies converties en lagunes.

Les principaux de ces étangs sont l'étang d'Urbino, l'étang de Casabianda, où existe un pénitencier, l'étang de Diane et, beaucoup plus au Nord, au Sud de Bastia, l'étang de Biguglia. Autour des étangs méridionaux, entre la mer et les montagnes, s'allonge la plaine d'Aleria. A l'époque de domination romaine, c'était la partie la plus riche et la plus peuplée de l'île. 

Sur les côtes, le climat de la Corse est véritablement délicieux : à un tiède printemps succède un été sec et chaud, presque constamment ensoleillé : la température moyenne de l'année est de 17 à 18 °C dans la zone maritime. La zone immédiatement supérieure à celle-là, comprise entre les altitudes de 600 à 1800 mètres, connaît, comme le midi de la France continentale, les alternatives des quatre saisons. Au-dessus de ce niveau, on entre dans la région du froid et des neiges : c'est un climat presque aussi rude que celui des grandes Alpes. Dans le versant occidental, les vents dominants sont ceux du Nord et de l'Est. Le simoun souffle quelquefois des déserts d'Afrique et le siroco de l'Est. L'atmosphère est constamment lourde dans le versant oriental. La Corse est exposée à de grandes sécheresses qui règnent d'avril en septembre, et à des pluies torrentielles qui commencent en novembre et se prolongent quelquefois jusqu'en mars. En juin, en juillet et août, des ouragans mêlés de grêle causent de grands ravages. Les cultures et les productions végétales s'étagent dans l'île en plusieurs zones nettement délimitées par l'altitude. Les collines des bords de la mer sont couvertes d'oliviers bien plus vigoureux que ceux de la Provence, de vignes qui donnent d'excellents vins parmi lesquels ceux du cap Corse sont renommés, de cédratiers, d'orangers, de citronniers, d'amandiers, de figuiers, etc. Au-dessus de cette zone privilégiée vient celle des châtaigniers formant de magnifiques bois qui protègent de leur ombre les villages et les hameaux corses, généralement bâtis dans les lieux les plus escarpés. 

Quand on a dépassé en hauteur la région des châtaigniers, on entre dans la zone des forêts et des maquis. Les forêts de la Corse sont vraiment splendides. Elles sont peuplées de pins laricios gigantesques, de pins maritimes, de chênes verts, de hêtres, de bouleaux. Malheureusement le déboisement de la Corse a fait beaucoup de dégâts. 

Avec les forêts alternent les maquis (en italien macchie = taches), massifs de broussailles aux teintes vertes ou brunes, fouillis inextricable de plantes et d'arbustes, accumulation d'arbousiers, de cistes, de bruyères arborescentes, de genévriers, de fougères, de lentisques, de myrtes, de ronces, de Labiées

L'île nourrit des chevaux de petite taille, des boeufs, des moutons, des ânes, un grand nombre de porcs, mais surtout des chèvres qui causent de grands dégâts dans toutes les parties boisées du pays. Le mouflon, animal sauvage qu'on regarde comme la souche des moutons domestiques, vit sur les rochers les plus inaccessibles, mais y devient de plus en plus rare. L'ours a disparu de la Corse depuis plus de deux siècles; les renards sont encore communs; des cerfs de petite taille, aux jambes courtes, se rencontrent, dans les lieux les plus retirés. L'île possède de nombreux essaims d'abeilles qui produisent un miel estimé. (DMC). 



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