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Les
plus anciens habitants de la Russie dont les noms nous aient été
transmis par les auteurs de l'Antiquité
sont les Sarmates
et les Scythes. Au IIe
siècle, les Goths
occupèrent les contrées entre le Don et le Danube, qui furent
ensuite envahies successivement par les Huns,
par les Avars
et par les Bulgares ( Les
Turks). Quant aux Slaves, une population
de langue indo-européenne,
dont le nom n'apparaît dans l'histoire qu'au VIe
siècle, ils habitaient le long
du Dniepr. Ils furent en partie soumis par les Khazares ( Les
Turkmènes) au VIIIe
siècle. Les incursions des Varègues
( La Scandinavie médiévale )
chez les Slaves datent vraisemblablement du commencement du IXe
siècle. Appelée par les
Slovènes, peuple slave, et conduite par trois chefs, qui étaient
trois frères, et dont l'un, Rurik, survécut
aux deux autres, une tribu de ce peuple s'établit aux environs des
lacs Bielo-Uzero, Ladoga et Ilmen. Rurik régna à Novgorod
de 862
à 879,
comme premier grand-prince ou grand-duc de Russie. Car les Slaves, dit
Nestor, leur plus ancien historien, ont reçu des Varègues,
appelés Ross ou Rouss, le nom de Russes.
A l'ombre de Byzance.
Oleg, oncle d'Igor
I, fils de Rurik, avait été chargé
de la tutelle de son neveu; mais il exerça le pouvoir en son propre
nom, 879-913.
Il transporta le siège de l'État de Novgorod
à Kiev ,
capitale d'une principauté dont il fit la conquête, assiégea
Constantinople
et rançonna l'empereur Léon le Philosophe.
Igor, son neveu, lui ayant succédé, fit contre Constantinople
deux expéditions dont le pillage des côtes grecques
fut le seul résultat, et périt en combattant les Drevliens,
en 945.
Sviatoslav Ier, son fils, 945-972,
lui succéda, d'abord sous la tutelle de sa mère Olga, qui
se fit chrétienne à Constantinople, sous le non d'Hélène,
mais qui ne put convertir son fils. Il avait partagé ses États,
avant de mourir, entre ses trois fils, dont l'aîné, laropolk
ler, fut grand prince de 972
à 980.
Cette division de l'héritage paternel entre tous les fils du grand-prince
fut la cause de l'affaiblissement de la Russie naissante.
Les princes appelés
au partage de l'État avec celui qui héritait du titre de
grand-prince étaient nommés princes apanagés. Vladimir
ler,
dit le Grand et le Saint, troisième fils de Sviatoslav Ier,
980-1015,
se convertit au christianisme
en 988( La
Religion slave ).
Il fut baptisé à Constantinople ,
alors en communion avec le saint-siège. Le partage qu'il fit de
ses États entre ses nombreux enfants, et son neveu, Sviatopolk Ier,
grand-prince de 1015
à 1019,
amena encore une fois le démembrement. de l'État. laroslav
Ier,
1019-1055,
l'un des fils de Vladimir Ier, releva la
puissance de la Russie, dont il fut le législateur. Mais la division
de ses États entre ses 5 fils fut suivie de trois siècles
d'anarchie. Isiaslav ler,
grand-prince de 1055
à 1078,
fut deux fois détrôné. Il fit porter ses hommages par
son fils au pape Grégoire VII, en
1075.
Vsévolod ler, frère d'Isiaslav
Ier, régna de 1078
à 1093,
et Sviatopolk II, fils d'Isiaslav ler,
de 1093 à 1114.
Les règnes
de Vladimir II, dit Monomaque, 1114-1125,
et de Mstislav ler, dit le Grand, 1125-1132,
arrêtèrent les dissensions intérieures. Mais elles
recommencèrent après la mort de ce dernier, et la grande-principauté
passa d'une branche à l'autre de la famille de Rurik.
André, dit de Bogolioubof, 1157-1175,
petit-fils de Vladimir Monomaque par son père George
Ier Dolgorouki, c.-à-d. Longue-Main,
qui avait fondé Moscou
en 1147,
fit rentrer la grande-principauté dans la maison de Monomaque ,
qui était la branche cadette. Elle y resta jusqu'en 1598;
mais elle s'était partagée en 1246
en branche de Souzdal ,
branche de Moscou et branche de Tver .
André, ne pouvant se rendre maître de Kiev ,
où régnait Isiaslav III, fixa
sa résidence à Vladimir ,
sur la Kliazma, qui resta la capitale de la grande-principauté jusqu'en
1205.
Kiev, dite la Mère des villes russes, et siège métropolitain
de toute la Russie, commença à déchoir. Elle fut saccagée
en 1169,
lorsque onze princes apanages, rivaux du grand-prince Mstislav Il, s'en
rendirent maîtres, et sa ruine fut consommée lorsque Roman
Mstislavitch s'en empara en 1204,
avec l'aide des barbares Polovtses.
Roman était
prince de la Russie de Halicz ou Galitch, ou Russie-Rouge. Cette principauté,
qui éclipsa passagèrement ses deux soeurs de Kiev
et de Vladimir ,
fut fondée par Vladimirko Volodarovitch, issu d'Iaroslav
le Grand, qui la gouverna de 1124
à 1155.
Elle fut réunie à la Pologne
en 1340,
et la Russie de Kiev avait été réunie à la
Lituanie en 1320.
Le fondateur de la Russie de Halicz eut pour successeur son fils Iaroslav,
1153-1188,
dont le règne fut très glorieux. Vladimir, fils d'Iaroslav,
1188-1198,
étant mort sans postérité, Roman Mstislacitch, descendant
de Vladimir Monomaque, grand-prince de Vladimir en Volynie ,
et dévastateur de Kiev, devint grand-prince de Haliez, en 1198,
et mourut en 1206.
Son fils, Daniel Romanovitch, posséda son héritage de 1228
à 1264;
il reconnut l'autorité du pape Innocent
IV, qui le qualifia du titre de roi de Russie en 1255.
Mais il, rompit ensuite, avec le saint-siège. La Russie-Rouge, ou
Russie occidentale, ne fit plus que déchoir, et fut absorbée
par la Pologne, comme il vient d'être dit, avant le milieu du XIVe
siècle.
L'invasion des
Mongols.
Affaiblis par leurs
divisions intestines, les Russes étaient incapables de résister
à l'invasion des Mongols ,
contre lesquels les Polovtses implorèrent leur secours. Malgré
la bravoure de Mstislav Mstislavitch, prince de Halicz, ils furent exterminés
à la bataille de la Kalka, en 1223
( L'empire gengiskhanide ).
Quelques années après, une nouvelle armée de Mongols
prit et brûla Moscou
et Vladimir ,
et battit en 1238
George Il, grand-prince de Vladimir, 1213-1258,
qui périt dans ce désastre. Les Mongols détruisirent
entièrement Kiev
en 1240.
et ravagèrent tout le pays. Batou, leur
chef, acheva de fonder l'empire du Kaptschak, qu'il avait hérité
de son père, fils de Gengis-Khan, établit
son camp, appelé la Horde d'Or ,
à Seraï, dans une île de l'Akhtouba, branche de la Volga,
et les Russes demeurèrent tributaires et dépendants des vainqueurs.
laroslav II, frère de George II, et grand-prince de la Russie orientale
de 1258
à 1246,
eut pour successeur Alexandre, surnommé
Nevski,
1246-1262,
qui, n'étant encore que prince apanagé de Novgorod ,
défit les Suédois et les chevaliers Porte-Glaives ( Les
Chevaliers Teutoniques ).
Les discordes des fils d'Alexandre Nevski permirent aux Mongols
d'appesantir leur joug sur toute la nation russe. Daniel, le plus jeune,
se déclara indépendant de son frère André,
grand-prince de 1294
à 1304,
prit le titre de grand-prince et, fixa, en 1295,
sa résidence à Moscou, qui devint dès lors le centre
national de la puissance russe.
Pendant que, la Russie
était asservie par les Mongols ,
Novgorod
prospérait sous la forme d'une république libre. La maison
de Tver
disputa la grande-principauté à la descendance d'Alexandre
Nevski, dont Ivan Ier,
dit Kalita, c.-à-d. la Bourse, grand-prince de 1328
à 1340,
assura la prépondérance, avec l'appui des Mongols .
Siméon le Superbe, fils d'Ivan, 1340-1353,
soumit peu à peu les princes apanagés, et prit le titre de
grand-prince de toute la Russie. Son fils Ivan II,
1353-1360,
eut pour successeur le prince de Souzdal ,
Dmitri, 1360-1362,
descendant d'un frère d'Alexandre Nevski. Mais la maison de Moscou ,
protégée par les Mongols, reconquit la grande-principauté,
et, Dmitri IV, petit-fils d'Ivan la Bourse, régna de 1362
à 1389.
C'était un guerrier courageux qui conquit le surnom de Donskoï,
en battant les Mongols sur le Don, en 1380.
Mais les Mongols lui dictèrent la paix en 1352
dans Moscou incendié. Il eut pour successeurs son fils Vassili
ou Basile ll, 1389-1425,
et son petit-fils, Vassili III, surnommé
l'Aveugle, 1425-1462.
Sous le règne de ce dernier, Isidore; métropolitain de Moscou,
assista au concile
de Florence
et fut fait cardinal .
Mais à son retour eu Russie, en 1439,
il ne put faire accepter la réunion de l'Église grâce
à la communion romaine.
Ivan
llI, fils de Vassili III, dit le Grand ou le Superbe,
1462-1505,
soumit Novgorod ,
annexa la principauté de Tver et anéantit la domination mongole ,
en s'alliant avec le khan
de Crimée contre le khan de la Horde-d'Or
(1450).
La Russie, délivrée du joug mongol, allait pouvoir rentrer
en rapport avec l'Europe .
Mais, à ce moment même, Constantinople
venait de tomber aux mains des Ottomans .
La principauté moscovite reprit dans ses armoiries l'aigle
de Byzance .
Ivan épousa la nièce du dernier empereur grec. Ivan III rendit
la grande-principauté indivisible, supprima les apanages et fit
prévaloir le droit de primogéniture.
Au total, la domination
mongole ,
si pénible qu'elle ait pu être, avait été pour
la Russie moscovite une bonne école d'administration et de gouvernement;
par ailleurs, la religion chrétienne s'était propagée
chez les Finnois,
l'Eglise russe avait pris un caractère autocéphale. Vasili
Ivanovitch (1505-1553)
complèta l'œuvre de son père : il soumit Riazan ,
Pskov ,
Viatka, Tver ,
Rostov, Iaroslav et enlèva aux Lituaniens une partie des pays russes.
Le premier âge
des tsars.
Ivan
IV, fils de Vassili IV, plus connu sous
le nom d'Ivan le Terrible (1533-1584),
en échangeant le titre de grand prince contre celui de tsar (un
mot dérivé du latin caesar), affirma une fois de plus
la suprématie et les ambitions de la Russie moscovite. La première
guerre entre les Russes et les Turcs
date de son règne. En 1552,
il s'empara du khanat tatar de Kazan ,
et en 1554
de celui d'Astrakhan .
La Russie avait désormais un débouché sur la mer Caspienne.
En 1584,
la Sibérie ,
conquise par le cosaque Ermak, agrandit encore
le domaine du tsarat moscovite. Mais ce qu'il fallait à cet Etat,
c'était un débouché sur la mer Baltique. Ivan essaya
vainement de s'en assurer un. Il fut repoussé par les Suédois
et les Polonais .
Son fils Fédor
ou Foedor, 1584-1598,
prince faible, fut le dernier souverain de Russie de la dynastie de Rurik.
Sous son règne, un patriarcat russe indépendant fut créé
à Moscou
en 1588,
par un patriarche schismatique, fugitif de Constantinople ,
et la servitude perpétuelle de la glèbe fut établie
par des ukases de 1592,
1593
et
1597.
Boris
Godounov, qui avait gouverné sous le nom de Fédor, son
beau-frère, s'empara du pouvoir à sa mort. A la mort de Fédor,
en 1598,
et jusqu'en 1613,
la Russie traversa une période d'anarchie, au milieu de laquelle
les Polonais ,
maîtres de Moscou, et les Suédois de Novgorod ,
ne cessairent de se disputer la Russie.
Un aventurier, Dmitri,
dit le faux Dmitri, entreprit avec le concours
des Polonais de se faire passer pour l'héritier des Rurikovitch,
de soumettre la Russie à l'influence catholique et polonaise. Il
mourut. Un autre faux Dmitri lui succèda. Les Polonais pénètrèrent
jusqu'à Moscou
(1612);
le fils du roi de Pologne ,
Sigismond
III, se fit proclamer tsar par les boïars. La Russie semblait
à la veille de devenir un Etat annexe de la Pologne. Mais les Polonais
étaient catholiques, les Russes orthodoxes. Une réaction
tout ensemble religieuse et nationale se produisit. Le prince Pojarsky
et le boucher Minine soulevèrent le peuple de Nijni-Novgorod
et délivrent Moscou. Les Polonais partis, l'assemblée du
pays (sobor) élit pour tsar le boïar Michel Fedorovitch
Romanov (1613).
Michel ou Mikhaïl
Romanov fut le fondateur d'une dynastie qui a fait définitivement
entrer la Russie dans le système européen .
Avec lui finit la période dite des troubles. Il réorganisa
l'armée et fortifia les frontières. Son fils, Alexis Mikhaïlovitch
(1645-1676),
donna à la Russie un Code de lois (l'Oulojénie) et
réunit à l'empire la Petite-Russie qui en avait été
détachée depuis des siècles. Sous son règne,
la Russie s'ouvrit définitivement aux influences de l'étranger.
Les Anglais
par Arkhangel pénétrèrent à Moscou ;
les Allemands
et les Suédois eurent des colonies à Novgorod ,
à Pskov ,
à Moscou. Des ingénieurs allemands ou italiens
vinrent s'établir à Moscou. Les moeurs étaeint encore
tout orientales. La femme ne jouait aucun rôle dans la vie sociale.
Les paysans, depuis la fin du XVIe
siècle restaient attachés
à la terre.
La
Russie au XVIIIe siècle.
Pierre
le Grand, fils et successeur du tsar Alexis, détruisit la puissance
de la Suède au profit de celle de la Russie, qu'il étendit
de la Baltique à la mer Caspienne. Il fonda Saint-Pétersbourg
et en fit la capitale de son empire ,
où il implanta par la violence une civilisation improvisée.
Il laissa éteindre en 1700
le patriarcat de Moscou
et le remplaça en 1721
par un conseil permanent, qu'il appela le Très-Saint-Synode. Il
fit ainsi de l'Église russe un instrument du despotisme impérial,
et la transformation par laquelle il introduisit la Russie dans le mouvement
social européen pèche par la base. Le testament politique
qu'on lui attribue n'est vraisemblablement pas authentique; mais il a légué
à ses successeurs une pensée ambitieuse dont ils ont poursuivi
avec habileté la réalisation menaçante pour la sécurité
de l'Europe .
La tsarine Anne rétablit
l'autocratie, à laquelle Catherine
Ire,
et Pierre II avaient renoncé, et accrut l'influence extérieure
de l'empire Élisabeth, 1741-1762,
favorisa la naissance de la littérature
russe, qui date de son règne ( Le
printemps des tsarines ).
Avec Pierre III, neveu d'Élisabeth, de la maison de Holstein-Gottorp,
une ligne féminine de la branche cadette de la dynastie de Romanov
monta sur le trône en 1762 Catherine
II ,
1762-1796, agrandit la Russie par la part qu'elle obtint dans les trois
partages de la Pologne ,
et par la conquête de la Crimée et de la Nouvelle-Russie.
Maîtresse de la mer Noire, la tsarine s'arrogea sur ses coreligionnaires
grecs et slaves, soumis à la Turquie ,
un droit de protection qui devint le chemin tortueux par où la politique
du cabinet de Saint-Pétersbourg
n'a plus cessé de marcher pour arriver à Istanbul .
Son fils, Paul Ier, (1796-1801) fixa la
succession au trône par ordre de primogéniture en ligne directe,
en attribuant à la ligne masculine la préférence sur
la ligne féminine. En matière de politique étrangère,
il s'associa à la coalition austro-anglaise. Souvarov alla jusqu'en
Italie se mesurer avec les généraux français. Sous
le règne très court de ce prince, la Russie acquit au Sud-Est
la Géorgie.
Le
XIXe siècle.
Alexandre
I.
Alexandre
Ier(1801-1825)
organisa les ministères, créa un conseil de l'empire, fonda
les universités de Kharkov, de Saint-Pétersbourg
et de Kazan. Il réunit à son empire
le royaume de Pologne ,
formé du duché de Varsovie ,
créé par
Napoléon Ier
en 1807. Impressionné
par l'empereur, il signe avec lui le traité de Tilsit
(1807) et devient son ami. Mais il
refuse d'adhérer au blocus continental; Napoléon envahit
la Russie, pénètre à Moscou ;
il en est chassé par l'incendie et par le froid. A
la voix du tsar, les Russes firent de leur pays un désert où,
comme l'a dit
Joseph de Maistre, qui résidait
alors à Saint-Pétersbourg,
On
ne voyait que de la neige, des corbeaux, des loups et des cadavres, depuis
Moscou jusqu'à la frontière.
Les Russes poursuivirent la Grande Armée
jusque sous les murs de Paris ;
le traité de Vienne (1815) donna
une sanction européenne aux partages de la Pologne .
D'autre part, l'empire acquit la Finlande
sur la Suède
(1809) et la Bessarabie
sur les Turcs (1812). Victorieuse de
Napoléon,
la Russie fut l'âme de la Sainte-Alliance et soutient dans toute
l'Europe
la contre-révolution. Mais elle était minée à
l'intérieur par ces mêmes doctrines qu'elle prétendait
combattre à l'étranger. Des sociétés secrètes
se multiplièrent au lendemain de la mort du tsar Alexandre
Ier.
Une révolution éclata (décembre 1825).
Nicolas
I.
L'empereur Nicolas
Ier (1825-1855)
la réprima durement et se posa en représentant du droit divin
et de la légitimité. Il élargit les frontières
de la Russie du côté du Caucase, protègea contre la
Turquie les Roumains, les Serbes et les Grecs, poussa les troupes russes
jusqu'à Andrinople (Edirne), obtint de la Porte des rectifications
de frontières et le libre passage des Dardanelles
et du Bosphore .
Il triompha de l'insurrection polonaise
(1830), et forma avec la Prusse
et l'Autriche
une sorte de triple alliance inspirée par l'esprit réactionnaire.
La Russie de Nicolas Ier aida l'Autriche
à étouffer la révolution hongroise de 1848
et s'efforça de se faire reconnaître comme la protectrice
suprême des chrétiens d'Orient contre les Turcs. Les prétentions
russes amènentla France
et de l'Angleterre ,
en
1855,à
intervenir pour le maintien de l'empire ottoman( La
Guerre de Crimée ).
La Russie, vaincue devant Sébastopol, dut, par le traité
de Paris, restituer une partie de la Bessarabie
et sacrifier sa puissance navale dans la mer Noire.
Alexandre
II.
Le tsar Alexandre II (1855-1881)
Alexandre
II, fils et successeur de Nicolas Ier inaugura
son règne par la conclusion d'une paix qui rendit le repos à
l'Europe en 1856.
Il décréta par un manifeste impérial, en 1861,
l'émancipation des serfs, dont le nombre s'élevait à
23 millions dans l'empire en 1859.
Il
développa en Russie les voies de communication (chemins de fer),
améliora les finances, réorganisa les tribunaux, supprima
le servage et les peines corporelles (1861).
En revanche, il ne
changea pas grand chose à la politique européenne de son
prédécesseur. Ainsi, sa première parole aux Polonais
fut-elle :
Tout
ce que mon père a fait est bien fait, et mon règne sera la
continuation du sien.
Il l'a effectivement
été, et a prouvé qu'en détruisant Sébastopol,
la France
et l'Angleterre
n'avaient pas détruit l'ambition de la Russie, qui a persisté
dans la pensée d'étendre sa domination, son panslavisme,
sur l'Europe
entière. La politique russe a déployé ses rigueurs
contre la Pologne en 1861
et 1862.
En janvier 1863,
elle a poussé elle-même les Polonais à un soulèvement
armé par la déportation en masse, sous le nom de recrutement,
de la partie virile de la population. En exterminant, les Polonais, la
Russie protestait par sa diplomatie de ses bonnes intentions à l'égard
de la Pologne, et elle répondit, dans cette même année
1863,
aux protestations de la France, de l'Autriche et de l'Angleterre, qu'elle
ne pouvait pas admettre leur intervention. La Pologne écrasée
et la Circassie
soumise, en 1862,
par le grand-duc Michel, ouvrirent une double voie à la Russie pour
s'acheminer vers l'accomplissement de ses vues sur l'Occident comme en
Orient. La Russie continua ainsi son expansion en Asie. La conquête
du Caucase fut achevée, le territoire de l'Amour annexé à
la Sibérie .
Les Russes s'établirent à Tachkent, à Samarcande ,
annexèrent le Khokand ,
le khanat de Khiva ,
et réduisent le khan de Boukhara à accepter leur protectorat
( Le Kharezm et les khanats ouzbeks ).
A partir de 1865,
le tsar revint à la pratique de l'absolutisme et à la politique
de russification, sous l'impression de l'insurrection polonaise
et l'influence du parti panslaviste; l'écrivain Katkov, dans son
journal la Gazette de Moscou ,
opposait les peuples slaves aux peuples de l'Europe occidentale,
préconisait leur «-rassemblement-»
sous la direction des Russes, et affirmait la nécessité d'un
pouvoir fort pour la réalisation de ce programme. Une série
de mesures de détail restreignirent la partie des réformes
précédemment accomplies; il fut interdit aux zemstvos
de rendre publiques leurs délibérations; des tribunaux extraordinaires
furent institués, les suspects déportés sans jugement,
les jeunes gens écartés arbitrairement des Universités.
L'application de la loi qui avait affranchi
les serfs leur apparaissait comme une aggravation de leur condition. Ils
avaient gagné à la réforme la liberté de leur
personne; mais, obligés de racheter les terres laissées aux
communautés de village (mir), ils ne se rendaient pas compte
que le prix du rachat, payable à long terme par annuités,
était très faible. Pour se libérer immédiatement,
ils avaient accepté de restituer aux seigneurs les deux tiers de
la part attribuée au mir, et les pays « tertiaires -»
se trouvaient amoindris. La question agraire était loin d'être
résolue; les paysans étaient mécontents et, de son
côté, la noblesse se plaignait d'une réforme qui avait
réduit ses domaines en même temps que leur produit, car elle
n'avait pas su remplacer le système des corvées par un nouveau
mode d'exploitation.
Ces embarras ne suffisaient pas à
détourner le tsar de ses préoccupations de politique étrangère.
En 1871, Alexandre II profita des embarras
de la France pour
faire réviser le traité de Paris et s'assurer le droit d'entretenir
une marine de guerre dans la mer Noire. La guerre déclarée
par la Serbie et le Monténégro à la Turquie
en 1876 fournit à Alexandre
II l'occasion de venger les échecs de 1855.
Les troupes russes franchirent le Danube, poussèrent jusqu'à
Istanbul, Le traité de San Stefano, qui termina cette guerre victorieuse,
assura l'autonomie de la Bulgarie, l'indépendance de la Roumanie
et du Monténégro. II fut modifié dans quelques-unes
de ses clauses par le traité de Berlin
(1878). L'acquisition de Kars, de Batoum,
la restitution de la Bessarabie
l'indemnisaient des sacrifices qu'elle s'était imposés pour
mener à bonne fin cette grandiose expédition.
Cela étant accomplit, un autre problème
surgit. La doctrine de l'individualisme
absolu - le nihilisme - avait cessé
d'être purement spéculative. Ses adeptes s'efforçaient
de la répandre dans les campagnes. Un centre révolutionnaire
s'était formé à Zurich ,
d'où un grand nombre de jeunes filles, revenues en Russie, y devinrent
d'actifs agents de propagande. Les attentats se multiplièrent, et
le gouvernement essaya de réagir par un régime de dictature
politique et de justice expéditive; mais le terrorisme nihiliste
brava le terrorisme gouvernemental, au moyen d'une organisation secrète
très serrée : le 26 août 1879,
un « comité exécutif -»
condamna le tsar, qui, ayant échappé à trois tentatives,
fut blessé à mort le 1er
mars
1881, au moment où, sur
les avis du général Loris Melikov, il paraissait disposé
à donner quelques satisfactions aux idées libérales,
peut-être même allait-il maintenant accorder une constitution,
malgré l'opposition du parti « vieux russe-».
Alexandre
III.
La mort tragique d'Allexandre II devait
provoquer un mouvement de réaction sous le règne de son fils
Alexandre III (1881-1894).
Celui-ci abandonna tous les projets de réforme pour revenir à
la pure tradition nationale : réorganisation de l'administration
rurale et des zemstvos; intensité de la politique de russification;
ukase
obligeant l'héritier présomptif à épouser une
princesse de foi orthodoxe. Conseillé par le publiciste Katkov,
par le procureur général du Saint-Synode, Pobiédonotsef,
par le général Ignatiev, Alexandre III fut, dans toute la
force du terme, un souverain national. Les universités et la presse
furent étroitement contrôlées; les journaux et les
livres venus du dehors, soumis à l'appréciation de la censure,
qui faisait « passer au caviar » les passages jugés
dangereux; une étroite surveillance mit les terroristes hors d'état
d'agir et, s'il y eut des complots contre la vie du tsar, ils furent tous
découverts.
L'antisémitisme se développa.
Les Juifs
étaient détestés des paysans russes, qui, à
plusieurs reprises, les avaient pillés : le gouvernement leur interdit
de devenir propriétaires, leur défendit d'envoyer dans les
universités ou dans les gymnases un nombre d'étudiants supérieur
à une proportion déterminée, et finalement, en 1891,
les concentra tous dans les provinces de l'Ouest, où ils étaient
particulièrement nombreux. Les mesures de dénationalisation
se succédèrent au Caucase, en Pologne
et dans les provinces baltiques, où l'on imposa le russe comme langue
officielle, où l'on fit la guerre à la religion luthérienne
au profit de la religion orthodoxe. L'autonomie du grand-duché de
Finlande fut cependant ménagée. A l'extérieur, l'événement
capital du règne d'Alexandre III fut la nouvelle orientation de
la politique russe en direction des puissances occidentales. Depuis la
guerre de 1870, elle avait été
inféodée à celle de la Prusse
et de l'Autriche. Alexandre III rompit avec les alliances antérieures
et se rapprocha nettement de la France .
L'avènement
de Nicolas II.
Nicolas II, qui succéda à
son père Alexandre III en 1894,
déclara qu'il maintiendrait le principe
autocratique et l'appliquerait avec la même fermeté. Les
visites échangées à deux reprises, en 1896
et
en 1901, avec les présidents
français Faure et Loubet ont attesté de la poursuite des
bonnes relations de la France
et de la Russie. Forte de cette alliance, la Russie a pu continuer son
expansion dans l'extrême Orient. Le chemin de fer transsibérien
relia la Baltique au Pacifique. L'intérêt majeur de la Russie
était à ce moment de voir la paix maintenue en Europe pour
exploiter sans inquiétude son domaine asiatique.
La
Russie au XXe siècle.
Le gouvernement
de Nicolas II n'a cessé de se durcir au commencement du XXe
siècle,
en même temps que les tensions sociales n'ont cessé de monter.
Des révoltes éclatent chez les paysans et les ouvriers, poussant
finalement le tsar à envisager des réformes. La guerre perdue
contre le Japon
(1904-1905)
a accéléré ce mouvement qui a donné lieu à
la "Révolution de 1905",
à l'issue de laquelle une ébauche de régime parlementaire,
au fonctionnement chaotique, se met en place, sans que soit réellement
remise en cause l'autorité du tsar.
La
Première guerre mondiale et la Révolution soviétique.
En 1914,
la Russie entre en guerre contre l'Allemagne ,
aux côtés de l'Angleterre
et de la France .
Le pays subit de lourdes pertes et la population se montre de plus en plus
sensible aux idées des partis révolutionnaires. C'est dans
ce contexte que deux nouvelles révolutions, la première en
février, la seconde en novembre (ou en octobre dans le calendrier
julien toujours en vigueur dans le pays). Celle-ci est conduite par les
Bolcheviks (communistes radicaux), sous la direction de Lénine.
Le régime tsariste s'effondre; le tsar et sa famille sont assassinés
en 1918.
La paix avec l'Allemagne est signée, mais le pays devient la proie
d'une guerre civile, dans laquelle s'opposent les Bolcheviks (ou Rouges)
et les Blancs, partisans du tsar et soutenus par les Etats-Unis
et les anciens alliés européens.
Les Bolcheviks finissent par l'emporter,
et parviennent aussi à étouffer les oppositions existant
au sein même du mouvement révolutionnaire. En 1922,
un nouvel Etat, dirigé autoritairement par le Parti communiste est
fondé : c'est l'URSS (Union des républiques
socialistes soviétiques); sa capitale est Moscou ;
ses dirigeants s'intallent dans l'ancienne forteresse des tsars, le Kremlin .
Des réformes reposant sur les théories de Marx
et de Lénine sont mises en place. Les villes, priviligiées
par le nouveau régime, s'en tirent à peu près, mais
les campagnes sont affamées.
La
dictature de Staline et la Seconde guerre mondiale.
Après la mort de Lénine,
en 1924, Joseph Staline devient l'homme
fort du pays. Il impose une dictature personnelle,
qui sera aussi très meutrière. Au moins permet-il une modernisation
du pays, en imposant une industrialisation à marches forcées.
En
1939, Staline conclut avec l'Allemagne
nazie un pacte de non-agression, connu sous le nom de Pacte germano-soviétique,
qui ne sera pas respecté par Hitler. En 1941,
les troupes allemandes envahissent la Russie.
Dans un premier temps,
l'Armée Rouge subit de graves revers. Mais au prix de pertes humaines
colossales, parvient à renverser la tendance, et à jouer
un rôle décisif dans la victoire des Alliés. En 1945,
l'URSS est en mesure de parler d'égal
à égal avec les Etats-Unis .
A Yalta, les deux superpuissances se partagent le monde en zones d'influence.
Elles mettent ainsi en place les termes d'un affrontement permanent, qui
va durer plus quarante ans, et que l'on appellera la Guerre froide.
La
Guerre froide.
La Guerre froide
oppose deux alliances : l'Alliance atlantique, ou OTAN, réunit
autour des Etats-Unis
les pays d'Europe
occidentale (à l'exception de quelques neutres); le Pacte de
Varsovie, réunit autour de l'URSS,
les pays d'Europe de l'Est, auquels Moscou a aussi imposé son système
politique et économique. Les deux blocs s'affronteront pour l'essentiel
hors du terrain européen, dans le Tiers-Monde, où de nombreuses
guerres vont éclater avec des prétextes divers, mais avec
toujours en arrière-plan, l'enjeu de la recherche de la suprématie
d'un bloc sur l'autre.
Staline meurt en
1953
et l'on peut croire quelque temps à un assouplissement du régime,
avec l'accession au pouvoir de Nikita Krouchtchev. Il n'est que très
relatif, et le pays reste sous la coupe d'un régime policier; la
Guerre froide connaît même à cette époque (1962)
une de ses pires crises, au moment où l'URSS
installe à Cuba
des missiles menaçant directement les Etats-Unis .
Une nouvelle époque s'ouvre en 1964,
au moment de l'arrivée au pouvoir de Leonid Brejnev, pendant
laquelles les relations Est-Ouest vont connaître encore de nombreuses
vicissitudes, mais qui se marque surtout par une érosion accélérée
du régime soviétique. La course aux armements dans laquelle
se sont lancées les deux super-puissances a fini par épuiser
l'Union soviétique, dont le système économique s'essouffle;
la corruption mine l'administration; malgré les voix qui s'élèvent
de quelques "dissidents" la population sombre dans l'apathie, quand ce
n'est pas dans l'alcoolisme.
A la mort de Brejnev, en 1982,
la nécessité de réformes est devenue évidente
pour les dirigeants du pays. Les successeurs immédiats de Brejnev
(Andropov, Tchernenko), trop âgés,
n'auront pas le temps de les engager. La tâche reviendra à
Mikhaïl Gorbatchev, qui accède au pouvoir en 1985.
Il s'efforce de moderniser le pays, en le dynamisant, en le démocratisant
quelque peu, mais aussi en essayant de préserver la prééminence
du Parti communiste. Il échoue. L'empire soviétique se disloque.
Plusieurs des républiques qui le constituent revendiquent leur indépendance;
la principale d'entre elles, la Russie elle-même, sous l'impulsion
de Boris Eltsine s'affanchit de la tutelle soviétique. L'URSS
cesse d'exister fin 1991.
La
Fédération de Russie.
[Résumé
en préparation] |
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