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Les Balkans
La chaîne des Balkans (ou Balkan) est une montagne située au Sud-Est de l'Europe, qui donne son nom à la grande péninsule qui occupe cette partie du continent. Le mot Balkan, qui veut dire en Turc, chaîne de montagnes escarpées, désigne les montagnes qui s'étendent au Sud du Danube, des sources du Timok et de la Maritsa, à l'Ouest, aux rives de la mer Noire à l'Est. Là, la, chaîne se termine au cap Emineh (Nos Emine), au Nord du golfe de Burgas. Sa longueur totale est d'environ 440 km. Au Nord-Ouest, elle projette des contreforts en Serbie; au Sud, d'autres contreforts pénètrent dans les vallées de la Maritsa et de la Toundja.

Les anciens appelaient cette chaîne l'Haemus; les Bulgares la nomment Stara-Planina (la Vieille Montagne). Du côté Nord, le Balkan s'abaisse lentement par une succession de terrasses et de plateaux vers la vallée du Danube; le côté Sud est âpre et nu et présente, sur certaines parties, une muraille escarpée parfois interrompue par des gorges profondes. An pied de cette muraille jaillissent des sources d'eau chaude. Le défilé qui livre passage à l'Iskur sépare la chaîne en deux parties; le Balkan occidental et le Balkan oriental. 

Le Balkan occidental atteint une altitude de 2000 m. Les subdivisions les plus importantes s'appellent, de l'Ouest et de l'Est, le Balkan de Saint-Nicolas, le Balkan de Berkovats, le Balkan de Vratsa; le Balkan oriental comprend, en allant de l'Ouest à l'Est, la Mourgach-Planina, le Balkan d'Etropol, la Klisourska Planina, la Troianska Planina (montagne de Trajan), qui atteint 2000 m d'altitude, le Botev la cime la plus élevée de la chaîne (2378 m), à la base de laquelle se trouve le défilé historique de Chipka; la chaîne se divise ensuite en un certain nombre de chaînes secondaires : le Petit Balkan, le Binar-Dagh; elle se termine à l'Est par l'Emine-Balkan qui arrive jusqu'au cap du même nom et dont l'altitude est d'environ 1000 m. 

Au Nord de la chaîne balkanique se rencontrent des vallées charmantes, plantées de chênes et de hêtres, riches en cours d'eau et en pâturages et qui justifient les vers de Virgile sur l'Haemus. La physionomie du versant méridional est plus sévère; mais elle est égayée, aux environs de Kazanlâk, par les fameux champs de roses qui constituent un des principaux produits de la Roumélie.

On rattache parfois au Balkan la chaîne parallèle qui, s'étend de Sofia à Slivno et que les Bulgares appellent Sredna-Gora (montagne du milieu), qui atteint 1700 m de hauteur et dont un contrefort se prolonge jusqu'à lhtiman, C'est sur cette chaîne d'Ihtiman, au col de Kapoudjik, que s'élevait autrefois la porte romaine de Trajan. 

On a rattaché également au système balkanique le cercle de montagnes qui domine le bassin de Sofia et qui relie le Balkan proprement dit au Rhodope. Les cimes les plus hautes de ce groupe tourmenté sont le Vitoch (2330m) et plus au Sud le mont Rilo (2750 m). Mais cette chaîne ne fait pas, à proprement parler, partie des Balkans.

Au point de vue géologique, de la mer Noire à Slivno, le versant Sud du Balkan est constitué par des formations crétacées pénétrées de porphyre: à l'Ouest de Slivno dominent le gneiss et le granit; de Chipka à Karlovo, le schiste micacé; aux environs de Sofia, le grès triassique. Le calcaire forme les contreforts méridionaux de la chaîne. 

Au point de vue stratégique les Balkans constituent que barrière qu'ont a longtemps considérée comme infranchissable. Ils le sont en effet sur des espaces considérables, moins grâce à leur altitude, qui varie entre 1000 et 2000 m, qu'à l'escarpement de leurs parois et à la végétation épaisse qui les recouvre. La chaîne n'est interrompue qu'une seule fois par la gorge où l'Iskur, originaire du mont Rilo, se fraye un chemin vers le Danube. De la mer Noire à la frontière de Serbie on compte 18 cols ou passes. 

Les Romains connaissaient quelques-uns de ces passages; ils avaient tracé à travers l'Haemus des routes dont certaines sont encore suivies aujourd'hui. Dans les temps modernes, le Balkan a été longtemps considéré comme infranchissable pour les armées. Les Russes, en 1829 et en 1877, ont réussi à le franchir et à pénétrer jusqu'à Edirne. L'expédition de 1829 valut à son chef, Diebitch, l'épithète de Zabalkansky ou Transbalkanique. En 1878, les puissances signataires du traité de Berlin, tout en proclamant l'indépendance de la Bulgarie et et l'autonomie de la Roumélie orientale, reconnurent à la Porte le droit d'occuper les défilés du Balkan. La chaîne balkanique qui, pendant quelques années, a servi de frontière entre la Bulgarie proprement dite et la Roumélie orientale, est depuis l'union de ces deux Etats, tout entière bulgare. (L. Léger).



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