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Mais Venise attire surtout
le voyageur par sa beauté. Après le gigantesque pont de 3603
mètres avec 222 arches sur lequel passe le chemin de fer, le touriste
va d'abord
au centre de la ville, à l'admirable
place Saint Marc, entourée de constructions à arcades,
les Procuratie Vecchie et Nuove, la basilique
de Saint-Marc. On y admire le Campanile dominant le bijou de sculpture
qu'on appelait la Loggetta. Ce campanile, haut de 98 m, qui datait des
XIIIe et XIVe
siècles, s'est écroulé en 1902 et a été
reconstruit ensuite à l'identique. La place, dallée de pierres
unies et polies qui n'ont jamais été frappées par
le pied des chevaux, est animée par le vol d'innombrables pigeons.
En retour d'équerre, la Piazetta, bornée par le palais ducal.
Deux colonnes de granit supportent l'une
le lion
ailé de saint Marc, l'autre un Saint Théodore assis sur un
crocodile .
Le Grand Canal, bordé de plus de cent cinquante palais du style
byzantin du XVe siècle, enjambé
par le magnifique pont du Rialto, attire aussi les visiteurs.
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Le
Grand Canal de Venise sur une ancienne photographie.
(au
fond, la Salute).
Les monuments sont dignes de leur renom.
Des quatre-vingt-dix églises de Venise,
la basilique byzantine de San Marco (Saint-Marc)
est la plus intéressante. Parmi les autres églises, citons
San Zanipolo (San Giovanni e Paolo), panthéon où sont ensevelis
la plupart des grands hommes dont s'enorgueillit Venise; Santa Maria della
Salute, somptueuse, du XVIIe siècle;
San Salvatore, véritable musée : etc. Parmi les édifices
civils, le palais ducal, reconstruit au XVe
siècle, restauré après deux incendies, en 1483 et
1574, est une merveille un peu étonnante au premier abord. Le musée
et la bibliothèque de Saint-Marc, riche de plus de 200 000 volumes
et de 10 000 manuscrits précieux, s'y trouvent. Le palais communique
avec les célèbres prisons, appelées les Plombs et
les Puits, par le pont des Soupirs. L'opéra de la Fenice
(= le Phénix ),
construit au XVIIIe siècle, initialement
appelé Teatro San Benedetto, doit son nom actuel à ce que,
comme l'oiseau mythologique, il a survécu à plusieurs incendies.
Le dernier en janvier 1996 a obligé a le reconstruire entièrement;
sa réouverture n'a eu lieu qu'en novembre 2003.
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Panorama
de Venise :
le
Campanile, le Palais des Doges, les Dômes de saint Marc..
Histoire.
Venise tire son nom de celui d'une tribu
de la Gaule
cisalpine, les Vénètes, qui occupait les îles voisines
de celle où est bâtie la ville actuelle. Les habitants de
ces îles furent en fait indépendants dès la chute de
l'empire d'Occident
et se donnèrent une première constitution, dès 455.
Au VIIIe siècle, le jeune Etat acquit
la possession du littoral jusqu'à l'Adige. Dès le Xe
siècle, Venise prenait pied sur la côte dalmate ,
développait ses relations politiques et commerciales avec l'Orient
et, en 1117, obtenait droit de souveraineté sur Tyr
et Ascalon ,
en récompense du secours amené aux croisés
par le doge Micheli. Au XIIe
siècle, après des guerres contre Padoue ,
Pise
et Ravenne, elle entre dans la lutte des ligues véronaise et lombarde
contre Frédéric Barberousse, qui se rencontre dans ses murs
avec le pape (1177). En 1201, elle se charge du transport des croisés,
prend Zara (1202), et son armée, commandée par Dandolo,
prend Constantinople
(1203).
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La
Piazetta et le Palais des Doges (Saint Marc, au fond).
Dans le partage des dépouilles,
Venise obtint plus du quart de l'empire grec
et, notamment, Candie (= la Crète)
et la Morée. Ayant ainsi développé leur puissance,
les Vénitiens commencèrent au siècle suivant à
s'étendre sur le territoire italien. En 1336, leur alliance avec
Florence
contre les della Scala leur valut Trévise et Castelfranco. Deux
guerres contre Gênes
(1350-1354 et 1378-1381 ou guerre de Chioggia); le procès de Marino
Faliero (1355); d'autres luttes contre les Carrare, auxquels elle enleva
Vérone
et Padoue
(1405-1406), les Visconti (1426), les Sforza
(14361450); le procès de Carmagnola (1432) marquèrent l'histoire
agitée de la république au début du XVe
siècle. En 1453, Venise, qui vient, la première des Etats
chrétiens, de traiter avec les Turcs,
est à l'apogée de sa grandeur. Son territoire, peuplé
d'environ 3 600 000 habitants, se composait alors de trois parties distinctes
:
1° le Duché (Dogado ),
qui embrassait la ville de Venise et ses dépendances immédiates
dans les lagunes (Chioggia, Malamocco, Burano, Murano, Grado, etc.);
2° les Etats de terre ferme, comprenant,
avec le Frioul ,
les territoires de Trévise, Padoue, Sienne, Vérone, Brescia ,
Bergame ,
Ravenne, etc.;
3° les Etats maritimes, qui embrassaient
l'Istrie ,
la Dalmatie ,
partie de l'Albanie
(Durazzo, Scutari, etc.), partie de la Morée (Patras, Argos ,
Napoli de Romania, etc.), partie de la Macédoine
avec Thessalonique, Candie, Nègrepont, d'autres îles de la
Mer Egée.
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La
place et l'église Saint-Marc, à Venise.
Le développement du luxe et des arts
répond à cette prospérité. Les Bellini
commencent l'école vénitienne
et Alde Manuce établit ses presses à Venise en 1480 ( L'invention
de l'imprimerie ).
La découverte de l'Amérique ,
Ies difficultés intérieures (procès des Foscari,
1456-1457, la lutte contre l'expansion ottomane
(guerre de Morée, 1454-1456), la guerre du Frioul
(1499-1503) marquent le commencement de la décadence. Venise, entrée
dans la ligue contre Charles VIII (1495),
voit ses troupes battues par Louis XII à
Agnadel
(1509) et par Gaston de Foix à Brescia
(1511). Après la paix de 1513, Venise, absorbée par la lutte
contre les Turcs, amis de la maison d'Autriche ,
se détourne des affaires italiennes. Elle perd une partie de ses
possessions d'Orient en 1540 et profite du répit que lui procure
Lépante (1571) pour avoir avec Paul V la fameuse querelle où
se signala Fra Paolo Sarpi (1606-1607). En 1626, elle s'unit avec la France
pour la guerre de la Valteline et ne s'occupe plus, dès lors, que
de sauver les débris de son empire maritime.
Elle perd Candie
en 1669, et, si les victoires de Morosini lui reconquièrent la Morée
à la paix de Carlowitz
(1699), elle la perd définitivement à Passarowitz (1718).
Elle n'est plus, dès lors, qu'une cité de luxe et de plaisir.
Sa conduite hésitante sous la Révolution amena sa chute et
sa cession à l'Autriche
au traité de Campo-Formio .
Chef-lieu d'un département du royaume d'Italie
en 1805, Venise redevint autrichienne en 1815. Elle s'insurgea le 20 mars
1848 et fit capituler le gouverneur autrichien Zichy le 22, et, après
Novare, décida de continuer la lutte, bien que réduite à
ses seules forces. Après une défense héroïque,
dirigée par Mania, elle succomba le 22 août 1849. La guerre
de 1866 la rendit à l'Italie. Cédée à Napoléon
III par l'empereur d'Autriche le 5 juillet 1866, elle fut rétrocédée
par le premier à l'Italie dès le 29. Le 4 novembre, Victor-Emmanuel
promulguait le décret portant réunion de la Vénétie
et de Mantoue
au royaume d'Italie. (NLI). |
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