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E

En logique classique, la lettre E employée dans le corps des mots qui désignent les différents modes du syllogisme signifie que la proposition qui lui correspond est une proposition négative universelle. Ainsi dans cEsarE, la majeure et la conclusion sont des négatives universelles, dans camEstrEs, la mineure et la conclusion.

En mathématiques, on a désigné par la lettre e la base des logarithmes népériens. Ce nombre est la limite vers laquelle tend (1+1/m)m quand m croit indéfiniment en passant par des valeurs positives ou négatives. On trouve :

e=1 + 1/1 + 1/1.2 + 1/1.2.3 + ... + 1/1.2.3....m + ... = 2,718281828459045...

On montre que ce nombre est incommensurable, et Hermite a même prouvé qu'il ne saurait être racine d'une équation algébrique à coefficients entiers. On rencontre le nombre e dans une foule de questions d'analyse. 

En général, on a : 

ex= 1 + x/1 + x²/1.2 +... xn/1.2.3...n + ....

(E arrondi) : symbole de la théorie des ensembles qui marque l'appartenance. Par exemple : x  E se lit "x appartient à E" et signifie que x est un élément qui appartient à l'ensemble E. Ce même symbole lorsqu'il est barré () se lit : "n'appartient pas"; par exemple : xE signifie que x n'est pas un élément de l'ensemble E.

(E retourné) : symbole appartenant à la logique contemporaine et qui se lit "il existe". C'est le quantificateur existentiel. Exemples d'utilisation : x = "il existe x"; x / xE ="il existe x tel que x appartient à E".

Eccéité, Heccéité (du latin scolastique Ecceitas, Haecceitas, de ecce = voici, haecce = cette, et le suffixe itas) : terme dont Goclenius, dans son Lexicon philosophicum, au mot Haecceitas, attribue la création à Duns Scot. C'est le nom que Scot donne au principe d'individuation, c'est-à-dire à ce qui fait qu'un individu est lui-même, est tel et non pas un autre. L'eccéité serait, d'après lui, une entité surajoutée à l'essence des êtres. 

Echiquier arithmétique

Éclecticisme (de Eklektikos = qui choisit, de eklegô = choisir) : ce mot pourrait servir à signifier cette sorte d'éclectisme que Saisset appelle « créateur », celui des philosophes qui réussissent à concilier, dans l'unité d'une synthèse supérieure, des thèses que leurs devanciers regardaient comme opposées, faute d'avoir découvert le point de vue d'où apparaît leur compatibilité.

Éclectique : celui qui fait un choix dans les idées qu'émettent les divers systèmes philosophiques ou scientifiques.

Éclectisme (de Éclectique, eklektikos, de eklegô = choisir) : ce mot signifie tantôt une : a) Méthode, qui consiste à choisir dans chaque système ce qu'il y a de bon, et à concilier ainsi tous les systèmes, au moins de quelque manière. Le syncrétisme est, au contraire, un éclectisme sans critique qui rapproche, de force, des doctrines incompatibles. b) École philosophique : exemple, l'Éclectisme de l'École d'Alexandrie, de Victor Cousin.

Éclectisme médical. - Cette doctrine devait résulter du conflit de toutes ces doctrines médicales opposées qui coexistaient dans l'Antiquité (La médecine antique). Ce furent deux disciples d'Athénée, fondateur du Pneumatisme, Agathinus de Sparte et Archigène d'Apamée, qui arborèrent cette nouvelle bannière. Leur prétention, il n'est pas besoin de le dire, était de prendre dans chacun des systèmes antérieurs ce qu'il y avait de bon et de vrai; mais qui ne voit que, pour reconnaître ce qui est bon, pour discerner le vrai d'avec le faux, il faut déjà avoir une théorie? On a reproché à l'éclectisme en médecine tout comme à l'éclectisme philosophique de renfermer une pétition de principe. Selon Galien, les Eclectiques étaient encore appelés Hectiques, parce qu'ils s'attachaient à certains principes, et Episynthétiques, parce qu'ils ajoutaient ensemble différents principes. Au reste, on ne sait pas au juste quels étaient les dogmes de cette école.

École (de Schola = loisir, occupation studieuse du loisir, école) :  a) Sens strict, qui ne convient qu'à la philosophie ancienne : réunion de philosophes groupés autour d'un chef et de ses successeurs, dont ils suivent les leçons et professent les doctrines ; ex. : École péripatéticienne. - b) Sens large et moderne : groupe de philosophes unis par une commune doctrine; ex. : École de Kant. - c) « L'École » tout court désigne la philosophie scolastique. Cette expression, très en honneur an XVIe et au XVIIe siècles, voulait dire que la philosophie scolastique était l'École philosophique par antonomase.

Économie (eikos = maison; nomos = loi). - L'économie politique est la science qui traite de la formation de la distribution et de la consommation de la richesse. Cette science, pour être utile, doit être subordonnée à la politique et surtout à la morale. - L'économie sociale est la science des intérêts matériels de la société subordonnés au bien commun social. - On appelle quelquefois principe d'économie ou de parcimonie le principe d'après lequel la nature agit toujours par les moyens les plus simples.

Écossaise (École) : la Philosophie écossaise, qu'on nomme quelquefois philosophie de sens commun, ou encore Écossisme, a été fondée par Reid, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Elle est caractérisée par sa prédilection pour la psychologie, son goût pour les vérités du sens commun et aussi par son éloignement pour la métaphysique et sa tendance à tout expliquer par les facultés de l'âme, qu'elle multipliait outre mesure et qu'elle finissait presque par personnifier. Elle se divise en deux branches :

A) École morale : Adam Smith; Hutcheson; Shaftesbury.

B) École psychologique : Reid, Hamilton, Dugald Stewart.

L'école écossaise s'est continuée en France par Royer-Collard, Jouffroy et Adolphe Garnier, qui, dans son Traité des facultés de l'âme, résume très fidèlement les recherches psychologiques et en reproduit les tendances et les doctrines.

Ectype (Ektypos = fait sur empreinte, de ek = hors de; typos = empreinte) : ce mot s'oppose à Archétype. -
Berkeley entend par archétype l'état des choses dans l'intelligence divine, et par ectype l'état des choses hors de l'intelligence divine, c'est-à-dire dans les intelligences créées. - Kant appelle l'entendement humain, qui n'est capable que de réfléchir sur le donné, ectype, par opposition à un entendement archétype, qui serait capable de produire l'objet de ses concepts.

Éduction (Eductio, de eductum, supin de e-ducere, faire sortir de) : nom que les Scolastiques donnent à l'action par laquelle la forme, est tirée de la puissance de la matière : par exemple on tire du marbre, en quelque sorte, la forme de la statue. Ainsi en est-il toute proportion gardée, de l'éduction des formes substan tielles par un agent capable d'exercer cette action. - Distinctions : Eduction, création. Celle-ci consiste à tirer une chose du néant, à faire qu'elle soit, sans qu'il y eût une matière préexistante. L'éduction, au contraire, n'implique qu'une transformation. De plus, l'éduction diffère de celle-ci et de la génération, en ce que ces dernières se terminent au tout, plutôt qu'à la forme. C'est le composé qui est engendré, transformé, tandis que c'est la forme qui est éduite. 

Effet (Effectus, effect = effet, de efficere = ex-facere = effectuer, achever) ce qui est produit. En termes philosophiques, phénomène en tant que produit par une cause. C'est parce que l'idée de la cause est tacitement impliquée dans celle de l'effet, qu'on ne doit pas énoncer ce principe dans les termes suivants : tout effet a une cause, proposition tautologique équivalente à celle-ci tout phénomène qui a une cause, a une cause; mais on doit dire simplement : tout phénomène ou tout ce qui commence d'être a une cause. Axiomes scolastiques :  L'effet est postérieur à la cause, au moins dans l'ordre d'origine, sinon dans l'ordre de temps, car on conçoit que la cause et l'effet soient simultanés. - Tel effe,t telle cause, ou, en d'autres termes : L'effet est proportionné à cause; car toute cause, en agissant, communique sa ressemblance de quelque manière, en sorte que l'effet est toujours univoque ou analogue à sa cause principale.  Le même effet ne petit provenir de dises causes. Il s'agit ici de causes totales, adéquates et de même ordre. (B-E.).

Efficacité (Efficacitas, de efficax = efficace, actif) : c'est le pouvoir qu'a la cause de produire l'effet. On disait couramment au XVIIe siècle l'efficace pour l'efficacité. - S'oppose à l'Occasion, à la Condition.

Efficience, Efficient (Efficiens, de efficere = ex-facere = effectuer, achever) : ce qui produit quelque chose. - La cause efficiente est la cause par excellence, celle qui produit son effet par son action physique.

Effort (Substantif verbal du verbe Efforcer, de e, latin ex et forcer) : déploiement d'activité pour surmonter un obstacle. - L'effort musculaire, qui joue un si grand rôle dans la psychologie de Maine de Biran, consiste, selon lui, non dans les sensations afférentes qui, produites par la contraction du muscle, vont de la périphérie au centre et nous renseignent sur le mouvement accompli ou en voie d'accomplissement, mais dans la sensation efférente, sui generis, qui résulte de notre initiative et de notre commandement interne. Y a-t-il antérieurement à l'effort musculaire un effort cérébral, c'est-à-dire une action sentie de l'esprit sur le cerveau, ou bien un effort purement mental, c'est-à-dire une action sentie de l'âme sur elle-même? C'est ce que Maine de Biran n'admettait pas, car nous n'avons pas, pensait-il, conscience de notre cerveau comme terme de déploiement de l'activité de l'âme et nous ne pouvons agir sur une idée sans agir en même temps sur le substratumn matériel de cette idée. L'effort musculaire est donc essentiellement le fait primitif de conscience, l'acte qui nous révèle le moi et, du même coup, nous fait connaître ce que Maine de Biran appelle le terme de déploiement de l'effort, le corps propre qui lui résiste toujours avant de lui céder.

Égal, Égalité (Aequalis, Aequalitas, de aequus = uni) : a) En logique, il y a égalité logique: 1°) entre deux concepts, quand ils ont même extension; 2°) entre deux propositions, quand elles s'impliquent mutuellement; b) en géométrie, deux figures sont égales quand elles sont superposables; c) en droit, il y a égalité quand les prescriptions et peines légales sont les mêmes pour tous les citoyens ; d) en politique, quand les fonctions et les dignités sont accessibles à tous dans la mesure de leur mérite et que les droits politiques appartiennent à tous sans distinction de rang ou de fortune. - Distinction : Égalité, similitude : la similitude se dit des choses qui ont mêmes qualités, ce qui fait qu'elles se ressemblent, alors même qu'elles sont inégales.

Égo-altruisme. - Système de morale (Spencer) qui concilie l'altruisme, par exemple celui de Comte (vivre pour les autres) et l'égoïsme (vivre pour soi).

Égoïsme (de Ego = moi) : a) Amour excessif da soi. La Rochefoucauld ramène tout à l'égoïsme,  - b) Théories qui font du plaisir ou de l'intérêt, le principe de la conduite : morales égoïstes. - S'oppose à Altruisme. - Dans la philosophie positiviste, amour naturel de soi, qui serait, au dire de plusieurs, le point départ et le principe des plus nobles sentiments. L'égoïsme est opposé à l'altruisme. - Egoïsme transcendant ou métaphysique, prétention dite philosophique de ceux qui doutent tout sauf d'eux-mêmes.

Égotisme (de l'anglais Egotism, dérivé de ego =moi) : ce mot signifie :  a) l'égoïsme des écrivains qui étudient et dépeignent minutieusement leur personnalité : c'est dans ce sens, très rare, que Stendhal l'a pris dans ses Souvenirs d'égotisme. - b) La culture intensive et perverse du moi. Ce terme est employé comme synonyme d'égoïsme en anglais.

Eidétique (de eidos = forme, essence). - a) Dans le philosophie de Husserl, ce mot désigne ce qui concerne l'essence, indépendamment de leur existence. Ce mode d'abstraction est nommé réduction eidétique. - b) en psychologie, une image eidétique est une représentation très vive et détaillée, comparable à une hallucination.

Eject (mot anglais). - Sorte de réalité que certains philosophes associationistes ou positivistes admettent derrière l'objet que nous conclurions par déduction. L'éject a été imaginé par Clifford.

Éléatisme, Philosophie de l'école d'Élée, c'est-à-dire de Parménide et de Zénon. Le dogme essentiel du système est celui de l'unité de l'être et de la pensée. Les Eéates niaient la pluralité des êtres et le mouvement. Les arguments de Zénon contre le mouvement étaient célèbres dans l'Antiquité.

Élément (Elementum = élément premier, principe) : ce mot, en général, désigne les parties les plus simples dont un tout est composé; par exemple, en psychologie, les éléments de la connaissance sont les idées et la perception de leurs rapports; en Chimie, ce sont les corps simples qui entrent dans la composition des autres. Les Anciens comptaient quatre éléments : le feu, l'air, l'eau et la terre. Ils assignaient pour qualités primaires à ces éléments : la chaleur, le froid, l'humidité et la sécheresse ; pour qualités secondaires : la densité, avec la pesanteur; la rareté avec la légéreté; la dureté avec la mollesse, etc.

Élémentaire (Elementarius) : qui se rapporte aux éléments. - Kant donne le nom de théorie élémentaire à la recherche des éléments simples de la pensée pure et l'oppose à la méthodologie.

Elenchus (Elenkhos = preuve, argument pour réfuter) : la technique de l'elenchus est une technique de réfutation; c'est la méthode par excellence de la discussion socratique.

Élimination (de Éliminer, de eliminare, eliminatum = mettre dehors, de e = hors de; limen = seuil) : a) Procédé logique pour exclure tout ce qui n'est pas, la cause d'un phénomène (Bacon et Stuart Mill). - Élimination des caractères accidentels. - b) Effet de la sélection naturelle, qui fait disparaître les êtres les moins aptes à la résistance. - c) Procédé pour déterminer les attributs divins.

Élis (Ecole d') ou d'Érétrie : école de philosophie grecque, ainsi nommée de ses deux principaux représentants, Phédon d'Élis et Ménédéme d'Érétrie, et qui n'était qu'une branche de celle de Mégare. On y révoquait en doute la réalité objective des idées d'espèce, et la possibilité d'arriver à une notion quelconque par des jugements synthétiques.

Ellipse. - Figure géométrique fermée de la famille des coniques, et qui a l'aspect d'un un cercle aplati. L'écart à la forme circulaire s'appelle l'excentricité. Les orbites des astres sont le plus souvent des ellipses approchées.

Émanation (système de l') (Emanatio, de emanatum, supin de e-manare = couler de) : a) Théorie des idées-images,. - b) Nom donné a tout système religieux ou philosophique d'après lequel tous les êtres, esprits ou corps, sortent éternellement, par voie d'écoulement (du latin emanare, découler), du sein de la substance divine, pour y rentrer bientôt et s'y confondre. C'est une des formes du panthéisme, qui se retrouve dans la mythologie des Hindous, dans la doctrine de Zoroastre, dans la Cabale, dans le Gnosticisme, et chez les Néo-Platoniciens d'Alexandrie. Les scolastiques emploient quelquefois le mot d'émanation au sens de création ou de production en général. (B-E.).

Émanatisme (de Émanation) : c'est le système de l'émanation; ex. : Panthéisme émanatiste.

Embranchement (de Embrancher; de en et, branche, du bas latin branca = patte) : première subdivision du règne.

Embryogénie (de embryon; genos = naissance) : formation et développement de l'embryon.

Embryologie (de embryon; logos = discours) : science de la formation et du développement de l'embryon. 

Éminent. Éminemment (Eminens, participe présent de e-minere = s'élever hors de). Eminemment = Éminentment). : a) Ce qui existe à un degré supérieur : par ex. : un esprit éminent. - b) Une perfection est dite contenue éminemment en quelqu'un quand elle existe en lui sous une forme supérieure. S'oppose à Formel, Formellement. - Distinction : Eminemment, formellement, virtuellement. On conçoit qu'une chose puisse être dans une autre, par exemple un effet dans sa cause, de trois manières : 1° sous une forme autre, mais supérieure, qui remplace avantageusement la première. - 2° Sous la même forme. - 3° On conçoit enfin qu'une chose soit simplement dans la puissance d'une autre, c'est-àdire virtuellement.

Émotion (de Émouvoir, à l'imitation du latin factice Emotio, tiré, à l'imitation de motio, de Emotum, supin de e-movere = ôter d'un lieu, remuer). - Ce mot désigne maintenant tous les phénomènes affectifs ou faits de sensibilité, plaisirs et douleurs. Il désignait plutôt ces mêmes faits en tant qu'ils atteignent un certain degré d'intensité : l'émotion, dans ce sens, était une passion momentanée (comme la colère) et non pas durable (comme la haine).

Émotivisme

Empiriocriticisme

Empirisme, empirique  (Empiricus = qui se dirige d'après l'expérience, de Empeiria = expérience, de en = dans; peira = épreuve) . En première approche, on peut donner le nom d'Empirisme aux systèmes philosophiques qui ne font reposer la connaissance du vrai que sur l'expérience, et les  empiriques ou partisans de l'empirisme sont alors les partisans d'une méthode exclusivement expérimentale. Ils rejettent donc toute méthode a priori, toute méthode synthétique. Ils bornent même le plus souvent leurs observations aux phénomènes sensibles (l'empirisme implique le sensualisme). Mais, à y regarder de plus près, le mot empirique peut être pris en plusieurs sens : a) Ce qui résulte immédiatement de l'expérience, sans être contrôlé par des principes scientifiques; par ex. : médecine empirique. - b) Ce qui exige le recours à l'expérience; par exemple, les sciences physiques, par opposition aux sciences purement rationnelles, comme les mathématiques, qui ne l'exigent. - c) Dans la philosophie allemande, depuis Kant, le mot empirique, empiriker, signifie ce qui est avant la science, ce qui, dans la connaissance sensible, ne vient pas des lois constitutives de l'esprit, mais du dehors;  l'intuition d'une figure géométrique, par exemple, un cercle, est sensible, mais pas empirique; l'intuition d'un cercle en bois est sensible et empirique. Au sens kantien, empirique s'oppose à pur et à a priori. - Condillac et Spencer se sont intéressé à l'origine empirique de l'instinct . - Stuart Mill et Taine ont donné une interprétation empirique des sensations; Condillac, Locke, Stuart Mill et Spencer on proposé des solutions empiriques du problème de l'origine des idées. 

Des théories empiriques sur l'origine de la conscience morale se rencontrent chez Hobbes, Helvérius,Stuart Mill, Spencer, etc.). - On divise les morales empiriques en : a) égoïstes ou utilitaristes (Aristippe, Jean-Jacques Rousseau, Epicure, Jeremy Bentham, Stuart Mill, Spencer, Durkheim, L. Bourgeois); b) altruistes ou sentimentales (A. Comte, Hutcheson, A. Smith).

Empirisme médical

En acte : c'est la traduction de la formule scolastique In actu, par opposition à In potentia. Cette expression signifie que quelque chose est : a) en train de se produire (ex. :  quand une faculté s'exerce); b) est réalisé et produit (ex. ; tout être existant est en acte dans une certaine mesure).

Encyclopédie (en = dans; kyklos = cercle; paideia = enseignement). -  Ensemble et enchaînement de toutes les sciences, système de toutes les connaissances humaines. Se dit aussi des ouvrages où l'on traite de toutes les sciences. Un esprit encyclopédique est celui qui est capable d'embrasser l'ensemble des connaissances humaines. - On appelle Encyclopédistes les philosophes français qui collaborèrent à la rédaction de L'Encyclopédie, Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, publiée sous la direction de Diderot et de D'Alembert, qui en firent une arme contre les croyances chrétiennes et la tradition.

Encyclopédisme

Endophasie (Endon = au dedans; phasis = parole) : série des images verbales (auditives, visuelles, motrices), qui accompagnent la pensée, mais sans déterminer de mouvements vocaux, quand ils seraient inutiles. Cette succession d'images constitue la parole intérieure.

Énergétique, Énergétisme (du radical d'Énergie) : ce terme signifie : a) en mécanique, le système qui substitue la notion d'énergie à celle de force. Il a été constitué par Helmholtz;  - b) en cosmologie, la doctrine qui substitue l'énergie au cinétisme cartésien. Elle a été soutenue par Rankine, Mach, Ostwald, Duhem.

Énergie (Energia, Energeia = force en action, activité, de en = dans; ergon = action) : chez Aristote, l'energeia s'oppose à la dynamis, comme l'acte à la puissance. - Depuis, cette notion s'est élargie : elle comprend l'acte et la puissance (au sens ancien). En mécanique, l'énergie est une grandeur de dimensions [ML²T-²], et qui se définit comme la capacité d'une force à effectuer un travail (grandeur qui dépend du produit de la force considérée par le déplacement qu'elle occasionne). On distingue ainsi l'énergie potentielle et l'énergie cinétique ou actuelle. La somme de ces deux énergies est l'énergie totale d'un système à un instant donné. Ainsi, par exemple, l'énergie cinétique d'un point matériel est définie comme la moitié du produit de la masse m de ce point et du carré de sa vitesse v à cet instant :  E= ½.m.v². L'énergie potentielle, pour sa part, dépend pour sa part, à chaque instant de la position du point matériel. La physique élargit encore ce point de vue en reconnaissant une énergie chimique, lumineuse, électrique, etc. Ces diverses formes d'énergie sont équivalentes, c'est-à-dire qu'une quantité déterminée de l'une d'elles peut se transformer en une quantité déterminée d'une autre. 

Énoncé, Énonciation (Enunciatio, de enunciatum, supin de e-nuntiare, faire savoir, de nuntius, messager) : ce terme s'applique aux diverses sortes de propositions.

Ensemble : on nomme ainsi toute collection d'objets. La théorie des ensembles appelle éléments ces objets et définitentre les éléments la relation d'appartenance notée ; ainsi, aE signifie-t-il que "l'élement a appartient à l'ensemble E". De même entre les ensembles définit-on une relation d'inclusion, notée  : EF signifie que l'ensemble E est inclus dans l'ensemble F. On peut aussi définir la réunion de deux ensembles qui correspond à l'ensemble dont les éléments appartiennent à l'un ou à l'autre des desmbles réunis, et l'intersection de deux ensembles qui est l'ensemble composé des éléments appartenant à la fois à l'un et à l'autre ensemble. Un ensemble peut être défini en extension lorsque l'on liste tous ses éléments, ou en compréhension lorsqu'on qu'on énonce une propriété commune et univoque de tous ses éléments., Il existe des ensembles finis (comme l'ensemble des grains de sable de la grande plage d'Hendaye), des ensembles infinis (comme l'ensemble des nombres étiers), ainsi qu'un ensemble vide, noté :  ou {}.

En soi : cette expression s'oppose à relativement à nous. Elle indique ce qu'une chose est objectivement, dans sa véritable nature, dans sa réalité, c'est-à-dire ce qu'une chose est, ou bien :

a) en faisant abstraction de toute connaissance. La possibilité de connaître une chose n'est qu'un rapport qui n'ajoute ni n'enlève rien à ce que cette chose est en soi. Tel est le sens usité chez les Scolastiques et adopté par nombre d'auteurs modernes; 

b) en faisant abstraction de la connaissance humaine, mais non de toute connaissance possible. C'est le sens kantien : 

« Le concept d'un noumène, c'est-à-dire d'une chose qui doit être pensée non comme objet des sens, mais comme une chose en soi (seulement par un entendement, pur), n'est pas contradictoire; car on ne peut affirmer de la sensibilité qu'elle soit la seule manière possible de percevoir. » (Critique de la raison pure, Analytique transcendantale, L. II, Ch. III, § 354);
c) indépendamment des erreurs et illusions, qui proviennent de la connaissance sensible et empêchent la raison de connaître la réalité telle qu'elle est. C'est le sens cartésien. Selon Descartes et Malebranche, la raison étant semblable chez tous les hommes et la sensibilité variant d'un individu à l'autre, ceux qui se laissent conduire par le sensible sont, incapables de saisir les choses telles qu'elles sont en soi.

Entéléchie (Entelecheia, de enteles = accompli, parfait; echô = avoir) : ce mot a été forgé par Aristote. Il signifie : a) l'acte ou la forme qui détermine et actue la puissance, la matière . « L'âme est l'acte premier d'un corps naturel organisé. » (De l'âme, L. II, C.I, § 6); b) l'acte achevé, accompli, par opposition à l'acte en train de s'accomplir, et, conséquemment, la perfection qui résulte de cet achèvement. Le mot même indique cette perfection, car entelechès, signifie celui qui possède en soi son achèvement : en = dans ; telos = achèvement; echô = avoir. - Leibniz (Monadologie, § 18) appelle ses monades Entéléchies, parce qu'elles ont en elles-mêmes une certaine perfection : à savoir « une suffisance (autarcheia) qui les rend sources de leurs actions internes ».

Entendement (de Entendre, de in-tendere = étendre, diriger vers ou contre) :  faculté d'abstraire et de juger. - Dans l'usage actuel, l'Entendement (Dianoia, Intellectus, Intendimento, Entendimiento, Understanding, Verstand) désigne les opérations discursives de l'esprit : juger, raisonner, tandis que la Raison (Nous, Ratio, Ragione, Razon, Reason, Vernunft) indique les opérations intuitives de l'esprit. - Chez les  Scolastiques le mot Intellectus signifie, au contraire, l'opération intuitive, parce qu'ils le dérivaient à tort de intus = à l'intérieur, et de legere = lire. Le terme Ratio représente pour eux les opérations discursives. - Pour Bossuet (De la connaissance de Dieu, et de soi-même, Ch. I, § 7) l'entendement est la faculté de comprendre, « de connaître le vrai et le faux », par opposition aux sens qui seulement « donnent lieu à la connaissance de la vérité-», mais ne la font pas «-précisément » connaître. Il identifie raison et entendement. - Pour Kant, toute notre connaissance commence par les sens, passe de là à L'entendement et s'achève dans la raison » (Dialectique transcendantale, Introduction, § II, A).  Il n'admet pour l'humain d'autre mode d'intuition que l'intuition sensible, dont le temps et l'espace sont les formes a priori. L'entendement est « la faculté de juger », la « faculté des règles » (Analytique transcendantale., L. I, Ch. I, Section I. Dialect. transcend., Ibid.). Le rôle de l'entendement est d'unifier les sensations au moyen des catégories. La raison est la « faculté des principes » : elle croit qui, toute connaissance conditionnée de l'entendement dépend d'un élément inconditionné ou absolu et elle cherche à déterminer cet élément (Dialectique transcendantale, Ibidem, § Il C).

Enthéisme (de En = dans; Theos = Dieu) : système de Paul Carus pour qui  la Divinité est immanente en toute chose. C'est une manière de panthéisme.

Enthousiasme (Enthousiasmos =  transport divin, de enthousia = inspiration; de entheos, enthous = inspiré des dieux) : Platon désigne ainsi l'inspiration divine et l'applique à la réflexion profonde des philosophes, à l'exaltation des poètes et à l'héroïsme des guerriers.

Enthymème (du grec Enthymeomai, de en = dans, thymô = souffle, âme, se mettre dans l'esprit, réfléchir) : a) selon Aristote (Premiers Analytiques, L. II, Ch. XXIX), c'est le syllogisme du probable  parce qu'il est fondé sur des vraisemblances, ou ou tronqué parce qu'une des prémisses est sous-entendue; il n'a sa forme complète que dans l'esprit. Ex. : "Dieu est bon; donc il faut l'aimer. " Ici c'est la majeure: "Tout être bon est aimable," qui n'est point exprimée. Dans cet autre exemple : "La ligne droite est le plus court chemin d'un point à un autre; donc la corde est plus courte que l'arc qu'elle sous-tend", on sous-entend la mineure : "La corde est une ligne droite." L'enthymème est appelé par Aristote le syllogisme des orateurs : la suppression d'une proposition rend, en effet, le discours plus vif, plus fort, plus élégant. - b) d'après les modernes, c'est un syllogisme elliptique. (B-E.).

Entier (de Integrum = non entamé, intact, de in négatif et tangere = toucher) pour être rigoureuses, la division, l'analyse et la synthèse doivent être entières, complètes.

Entitatif, Entité (Ens, entis, d'où les termes scolastiques Entitativus, Entitas) : ce mot, dans la langue scolastique, signifie essence ou réalité. Le mot entitativement (entitative) s'emploie pour dire qu'on considère une chose dans sa réalité, en elle-même, sans s'occuper des rapports ou connexions qu'elle peut avoi. - L'abus, que certains Scolastiques ont fait des entités, les a rendues suspectes : de là vient qu'on emploie quelquefois l'expression entité métaphysique comme synonyme d'abstraction réalisée. - Les logiciens anglais usent du mot entity pour désigner un être que l'esprit se représente en dehors de toute détermination précise.

Énumération (Enumeratio, de enumeratum, supin de e-numerare, supputer de numerus = nombre) : a) induction par énumération complète; b) induc tion par énumération incomplète. - Quatrième règle de la I méthode cartésienne. - Sophisme de l'énumération incomplète.

Énumération imparfaite, sophisme auquel on est exposé dans l'emploi du dilemme. On a fermé deux issues à son adversaire, on le croit pris; il en trouve une autre qu'on n'avait pas vue et par où il s'échappe. Ex. : "Ou vous voulez, ou vous ne voulez pas; il n'y a pas de milieu. - Pardon, répondra-t-il,  je veux, et je ne peux pas."

Enveloppes (courbes)(Géométrie). - Si l'on imagine qu'une courbe se déplace suivant une certaine loi géométrique, les intersections successives de la courbe avec elle-même dessineront une certaine ligne qu'il peut y avoir intérêt à rechercher. Cette ligne porte le nom d'enveloppe. Cette expression est empruntée à une des propriétés caractéristiques de cette ligne, c'est d'être tangente à toutes les courbes particulières et de les envelopper pour ainsi dire dans le sens ordinaire du mot. 

Ainsi, par exemple, si l'on imagine un cercle dont le centre se meut sur la circonférence d'un autre, il est évident que la courbe enveloppe sera une circonférence concentrique à la dernière et d'un rayon égal à la somme des rayons du cercle fixe et du cercle mobile. 

La géométrie analytique permet de trouver facilement l'équation de l'enveloppe et de la définir rigoureusement. Supposons, en effet, que l'équation d'une courbe plane contienne un paramètre variable a; pour chaque valeur attribuée à a, on aura une courbe particulière, et si l'on conçoit que a varie d'une manière continue, on aura une infinité de courbes infiniment voisines les unes des autres. Considérons une de ces courbes: une courbe infiniment voisine la coupera généralement en plusieurs points qui tendront vers des positions limites, lorsque la deuxième courbe se rapprochera indéfiniment de la première; ces points limites, considérés sur toutes les courbes qu'on obtient en faisant varier le paramètre a, forment un lieu qu'on appelle l'enveloppe de ces courbes.

Épagogique (epagôgè =  induction). -  Le syllogisme épagogique d'Aristote est un syllogisme dont le moyen offre l'énumération de toutes les espèces du mineur c'est une véritable induction. Aristote en donne cet exemple les quadrupèdes, les oiseaux, les poissons, etc., ont une bouche et des organes sensoriels : tous les animaux sont quadrupèdes, oiseaux, poissons, etc.; donc tous les animaux ont une bouche et des organes sensoriels.

Éphectique (Ephektikos = qui arrête, de ep-echô = retenir, epochè = suspension du jugement) : c'est l'un des noms donnés à aux disciples de Pyrrhon.

Épichérême (du grec Epicheirèma =  effort, attaque, de epi-cheirein = mettre la main sur, de cheir = main) : argument que l'on peut considérer comme un syllogisme dont la majeure ou la mineure, quelquefois les deux, sont accompagnées, en guise de preuve, de quelques explications qui dispensent de les prouver en forme par un syllogisme préalable ou prosyllogisme. Un tel type d'argumentation où les prémisses sont accompagnées de la preuve de ce que l'on veut démontrer se retrouve par exemple dans le plaidoyer de Cicéron en faveur de Milon. En substance, il énonce-:

« Il est permis de tuer quiconque nous tend des embûches pour nous ôter la vie à nous-mêmes : la loi naturelle, le droit des gens, les exemples le prouvent. Or, Clodius a dressé des embûches à Milon : ses armes, ses soldats, ses manoeuvres le démontrent. Donc il a été permis à Milon de tuer Clodius. ».
Épicuréisme, Épicurisme (de Epicureus, Epicurius = d'Épicure) : doctrine d'Épicure et des Épicuriens. -  La philosophie d'Epicure comprend une logique appelée canonique, une physique et une morale. La physique est renouvelée de l'atomisme de Démocrite, avec cette différence qu'Épicure attribue à ses atomes la pesanteur qui les fait tomber éternellement dans le vide et le clinamen qui les fait dévier de leur chute parallèle et produit leurs rencontres. Sa morale est la morale du plaisir, mais en distinguant les plaisirs en mouvement
(ou du corps) des plaisirs en repos (ou de l'esprit), et, en recommandant exclusivement ceux-ci, il fait de l'Hédonisme une sorte d'ascétisme : c'est, dit Sénèque, un héros sous des habits de femme. Le souverain bien, pour Epicure, c'est l'absence de douleur : il consiste à ne pas souffrir (indolentia).

Épicycle (Histoire de l'astronomie). - Cercle dont le centre est à la circonférence d'un autre cercle sur lequel il se meut. C'est un concept qui remonte à l'Antiquité, qui prend toute son ampleur dans le système de Ptolémée, et qui a été introduit pour tenter de rendre compte des irrégularités observées dans le déplacement apparent des planètes, notamment de leurs rétrogradations. La planète était censée décrire l'épicycle, tandis que le centre de ce cercle décrivait la circonférence de l'excentrique, qu'on appelait aussi déférent. Toute inégalité reconnue dans le mouvement de la Lune ou d'une planète était représentée par un nouvel épicycle. C'était un procédé ingénieux, mais qui n'expliquait rien. Malgré son caractère artificiel et compliqué, ce mode de description des mouvements planétaires a subsisté jusqu'au XVIe siècle.  Les épicycles ont disparu de l'astronomie, lorsque le Soleil a été reconnu comme le centre du mouvement planétaire, et que la nature elliptique des orbites a été constatée.

Épicycloïde (géométrie). - On appelle épicycloïde la courbe décrite par un point du plan d'un cercle qui roule sans glisser sur un autre cercle fixe. On dit que l'épicycloïde est ordinaire rallongée ou raccourcie, selon que le point décrivant est situé sur la circonférence, génératrice, au dedans ou en dehors. On dit aussi que cette ligne est externe ou interne, suivant que le cercle mobile roule à l'extérieur ou à l'intérieur du cercle fixe. Notre figure représente l'épicycloïde externe engendrée par le mouvement d'une circonférence sur une autre de rayon double.

L'équation générale des épicycloïdes offre peu d'intérêt et se prête mal du reste à l'étude des propriétés de ces courbes; mais des considérations géométriques simples peuvent ici remplacer l'analyse, et font voir que les épicycloïdes jouissent de propriétés analogues à celles de la cycloïde. On trouve, par exemple, que la normale, en un, point d'une épicycloïde quelconque, s'obtient en joignant ce point au point où le cercle mobile touche le cercle fixe, et on déduit de là un moyen simple de construire la tangente. On montre aussi que la développée d'une épicycloïde ordinaire est une autre épicycloïde semblable à la première, et on déduit delà la construction du rayon de courbure de la courbe, ainsi que celle d'une droite égale à la longueur de l'épicycloïde.

Si l'on suppose en particulier que le rayon du cercle mobile soit la moitié du rayon du cercle fixe, et que le premier roule intérieurement sur le second, les épicycloïdes ordinaires sont un diamètre du cercle fixe, et les épicycloïdes rallongées ou raccourcies sont des ellipses.

En astronomie, on appelle épicycloïde l'orbite décrite par un satellite autour d'une planète en mouvement. La Lune décrit autour de la Terre une suite d'épicycloïdes dont les centres sont sur l'orbite terrestre, et la Terre se meut pareillement par rapport au Soleil, entraîné lui-même dans sa révolution autour du centre de gravité de la Galaxie, et qui dirige son mouvement vers l'apex, situé dans la constellation d'Hercule.
 
 

 

Épigraphie (de Épigraphe, de epigraphè = inscription, de epi = sur, graphein écrire) : science auxiliaire de l'histoire, qui étudie les nscriptions.

Épikie (Epieikeia = équité, convenance, de epieikès = d'une juste mesure, convenable, équitable) : les moralistes entendent par là une interprétation bénigne de la loi dans un cas extraordinaire. Ils se fondent sur cette présomption équitable que le législateur n'aurait pas étendu à ce cas exceptionnel, s'il l'avait prévu, l'application de la loi. Voici, par exemple, une loi qui défend d'hospitaliser les assassins. Il est présumable qu'elle ne s'étend pas à un père, qui reçoit chez lui son fils, tut-il coupable d'assassinat.

Épiphénomène (epi = sur; phainomenon = ce qui paraît) : c'est un phénomène accessoire qui se greffe sur un autre. Le plaisir est un épiphénomène; de même le bonheur. - Selon certains psychologues, l'activité psychologique peut se déployer avec ou sans conscience : c'est pourquoi ils disent que la conscience est un épiphénomène. - D'autres auteurs, défenseurs du mécanisme matérialiste, comme Maudsley et Huxley, distinguent deux aspects dans l'activité psychologique : l'aspect externe, ce sont les fonctions cérébrales ; l'aspect interne, ce sont les opérations conscientes. Ils appellent épiphénomènes les opérations de la conscience.

Épistématique (de epistèmè = science, de epistamai = savoir) : s'oppose à Épagogique pour désigner une méthode purement rationnelle et déductive, qui convient aux sciences abstraites.

Épistémologie (de Epistèmè = science; logos = discours) : a) au sens le plus large, toute philosophie de la connaissance (mais ce sens convient mieux à la gnoséologie). - b) En un sens plus étroit, c'est la philosophie des sciences ou étude critique de leurs principes, hypothèses et résultats.

Épisyllogisme  (du grec épi = sur, et de syllogisme) : c'est un un raisonnement qui s'appuie sur la conclusion d'un raisonnement immédiatement antérieur, de sorte que cette conclusion et l'une des prémisses du nouveau syllogisme se confondent. Le terme épisyllogisme ne se trouve ni dans la logique d'Aristote, ni dans celles de Bossuet et de Port-Royal. La logique de Kant l'emploie. Il ne faut pas voir, d'ailleurs, dans l'épisyllogisme une forme particulière de raisonnement.

Épisynthétisme, du grec épi =sur; sun = avec, et tithêmi = je place. - Doctrine des anciens médecins qui cherchaient à combiner et à concilier la méthode avec l'empirisme et le dogmatisme. (Eclectisme médical).

Epochè. - Ce mot grec est utilisé par la philosophie ancienne pour désigner la suspension du jugement. Husserl l'emploie pour parler de la mise entre parenthèse du problème de l'existence du monde extérieur. On parle aussi de réduction phénoménologique.

Époptique (Epoptikos = qui concerne le plus haut degré de l'initiation, de epoptès = qui observe, parvenu au plus haut degré d'initiation, de epi = sur ;
optomai, comme oraô = regarder) : s'emploie quelquefois comme synonyme de ésotérique. On appelait Epopte celui qui, était parvenu au troisième et dernier degré d'initiation dans les mystères d'Eleusis.

Époque (Epochè = arrêt, de epè-cheô = s'arrêter) : c'est un moment de la durée, marqué par un événement important, où l'historien s'arrête pour envisager de là, comme d'un point de vue supérieur, les faits qui se déroulent avant et après.

Équation (Aequatio = égalité, de aequare = aplanir, égaliser, de aequus = uni, égal) : a) Sens général : c'est la formule d'une relation entre grandeurs qui dépendent les unes des autres. En algèbre, on entend par équation une égalité dans laquelle entrent une ou plusieurs quantités inconnues. Résoudre une équation ou un système d'équations, c'est chercher les valeurs qui, mises à la place des inconnues, vérifient ces équations ou les rendent identiques. - b) Sens spécial : ex. : équation personnelle. C'est une correction qu'on doit faire aux observations astronomiques : on tient compte du retard que l'observateur met à percevoir le phénomène observé. - c) Sens figuré : définition de la vérité.

Équipollence (Aequipollentia, de aequus = égal; pollere = valoir) : équivalence, dans la théorie très subtile de l'opposition et de la permutation des propositions. Il y a équipollence entre deux propositions quand elles ont le même sens. Port-Royal nous avertit que les règles qu'on donne de l'équipollence « ne sont la plupart vraies qu'en latin ».

Équipollents (jugements), en termes de logique, jugements qui ont une même valeur ou sont d'une teneur équivalente : Ainsi, Aristote fut le précepteur d'Alexandre et Alexandre fut l'élève d'Aristote sont deux propositions équipollentes.

Équiprobabilisme (de Aequus = égal, et probabilisme) : doctrine d'après laquelle on doit suivre le parti le plus sûr, à moins que le parti favorable à la liberté ne soit d'une probabilité égale.

Équité (Aequitas = égalité, de aequus = uni, égal) : a) Avoir le sens de l'équité, c'est avoir le sentiment sûr et spontané de ce qui est dû à chacun.- b) Forme de la justice pénale.

Équivalence (de Équivalent, de aequivalens, de aequus = égal; valere = valoir) synonyme de équipollence, en logique. - On appelle quelquefois le principe de la conservation de l'énergie principe de l'équivalence, parce qu'il y a équivalence entre le travail dépensé dans un corps on un système et la quantité de chaleur dégagée de ce corps ou de ce système. On nomme équivalent mécanique de la chaleur le travail qu'il faut dépenser dans un corps ou dans un système, pour que transformé en chaleur, il y produise une calorie.

Équivoque (Aequivocus, de aequus = égal; vox, voix, parole) - a) Se dit des termes et des propositions qui ont plusieurs sens. S'oppose à univoque et se distingue de analogue. Un sophisme équivoque consiste à employer le même mot dans des acceptions différentes. C'est un artifice à l'usage de la chicane, de l'intérêt ou de la passion. Rousseau use de l'équivoque pour attaquer Molière

On pourrait dire qu'il a joué dans Alceste non la vertu mais un véritable défaut, qui est la haine des hommes. A cela je réponds qu'il n'est pas vrai qu'il ait donné cette haine à son personnage : il ne faut pas que ce nom de Misanthrope en impose, comme si celui qui le porte étaitennemi du genre humain. Une pareille haine ne serait pas un défaut, mais une dépravation de la nature et le plus grand de tous les vices. Le vrai Misanthrope est un monstre. S'il pouvait exister, il ne ferait pas rire; il ferait horreur.
Dans la première partie de ce passage, Rousseau comprend la misanthropie d'Alceste comme tout le monde avec Molière; c'est un travers, et rien de plus. Mais ensuite il prend le mot dans un sens absolu; la misanthropie devient un vice, une monstruosité. L'équivoque est l'arme des sophistes. Platon, dans son Euthydème, dévoile cet artifice, et en indique le remède, qui est de définir et de préciser le sens des termes. (H. D.).

Éristique (Eristikè technè = l'art de la discussion, de dispute) : c'est l'art de discuter subtilement. Ce mot est pris surtout dans un sens péjoratif pour qualifier les arguties des philosophes qui abusent des finesses de la dialectique. C'est notamment le surnom de l'école de Mégare qu'Eubulide rendit ergoteuse.

Erpétologie (zoologie), du grec herpeton, reptile, et logos, science. - On a donné ce nom à cette partie de la zoologie classique, qui s'occupe spécialement de la structure et des diverses espèces de Reptiles.

Erreur (Error = détour, de errare =aller çà et là, errer). - L'erreur est un faux jugement. Le contraire de l'erreur est la vérité et l'on a pu définir l'une et l'autre : ce qui est - ce qui n'est pas.

L'erreur doit être distinguée de l'ignorance, bien qu'elle soit une sorte d'ignorance : ignorer simplement, ce n'est pas se tromper ou tomber dans l'erreur; celui qui erre ignore et croit qu'il sait.

On a souvent classé les erreurs; autant l'esprit humain a de voies différentes pour arriver à la vérité, autant il y a de manières différentes de tomber dans l'erreur : erreurs des sens, de l'entendement pur, de l'imagination, paralogismes, etc. 

Bacon appelle les erreurs des idoles, et distingue les erreurs ou idoles de la tribu (communes à toute l'espèce humaine), de la caverne (préjugés particuliers), du forum (ambiguïté des mots, fausse éloquence), du théâtre (esprit de système).

Descartes explique l'erreur par une disproportion entre la volonté (infinie, car la liberté n'a pas de limites en nous, dans le for intérieur) et l'intelligence (finie et bornée) : affirmer trop vite, précipiter son jugement, devancer la lumière intellectuelle de l'évidence quand elle se fait attendre, telle serait, selon Descartes, l'unique cause de nos erreurs.

Eschatologie (Eschatos = dernier; logos =  discours) : c'est la science des fins dernières de l'humain et de l'univers. S'emploie surtout en Théologie, mais se rencontre aussi en philosophie. Renouvier et Prat.

Esclavage (de Esclave. Ce mot vient d'un nom de peuple, des Slaves ou Esclavons, qu'au Xe siècle Othon le Grand réduisit en captivité et vendit) : c'est la réduction de l'humain, personne morale inviolable, à l'état de chose. 

Ésotérique (Esôterikos = de l'intérieur, de esô, eisô = au dedans) : a) Dans les écoles philosophiques de la Grèce, c'est l'enseignement des questions plus difficiles réservé aux disciples proprement dits. S'oppose à Exotérique : enseignement qui s'adressait à ce qu'on nomme aujourd'hui le grand public. - b) On entend quelquefois par ésotérique une doctrine secrète, qui ne doit pas ètre divulguée par les initiés, par exemple dans l'école pythagoricienne. - c) Par extension, enseignement réservé à une élite. Tel doit étre l'enseignement de la science selon Bacon (De Augmentis, L. VI, C. II).

Espace (Spatium, du dorien spadion = stade, champ de course, puis étendue, espace). - L'espace est le lieu universel des corps; c'est l'étendue de taille plus ou moins bien définie dans laquelle se situe un objet matériel quelconque. Espace et étendue sont parfois pris comme de quasi-synonymes; le lieu est un espace déterminé. Ces définitions sont donc plutôt nominales que réelles. Si l'on voulait préciser des distinctions qui ne sont pas toujours bien marquées chez les philosophes, on dirait que l'étendue se dit plutôt aujourd'hui de l'espace concret, de la portion de l'espace occupée par tel ou tel corps; que l'espace désigne l'ensemble de toutes les étendues considérées en faisant abstraction des objets étendus, l'étendue abstraite et indéfinie; et que l'immensité, dans la langue des métaphysiciens, est l'attribut de Dieu en vertu duquel il est présent à tout l'espace sans être lui-même étendu. - D'après Leibniz, c'est l'ordre des phénomènes coexistants. - En astronomie, l'espace est la régions au-delà de l'atmosphère-terrestre. - Nom également donné au secteur des activités astronautiques. 

Espace-temps (dit de Minkowski). - Continuum quadridimentionnel (trois dimensions d'espace et une temps) dans lequel opèrent  les équations de la mécanique.  Cette notion est otion issue de la théorie de la relativité d'Einstein , pour laquelle espace et temps sont indissociables.

Espèce (Species = aspect, forme, de specere = regarder).  - Dans la logique classique, l'espèce est le premier degré de l'idée générale et se distingue du genre par le caractère spécifique : l'idée d'homme est une espèce par rapport à l'idée d'animal et s'en distingue par la raison qui est ici le caractère spécifique.

La scolastique appelait espèce intelligible la connaissance intel-lectuelle, espèce sensible la connaissance par les sens; elle employait aussi les expressions espèces empresses, modification produite sur la faculté de connaître par l'objet intelligible ou sensible, espèces expresses, produites par l'intelligence et marquant sa part dans l'acte de la connaissance, acte que l'expression ou le mot traduit dans le langage. L'espèce est un des cinq universaux.

Espèce vivante. - Ensemble d'organismes vivants présentant, à l'intérieur d'un genre, la capacité de se reproduire entre eux et d'engendrer des individus féconds.

Esprit (de Spiritum = souffle, de spirare = souffler). - L'étymologie du mot prouve assez qu'il n'a pas toujours eu les sens qu'on lui a donné au fil du temps. Il désigne proprement le principe de la pensée et souvent la pensée elle-même, les facultés intellectuelles de l'humain. On l'emploie volontiers de préférence au mot âme, parce qu'on suppose qu'il n'implique aucune idée de substance spirituelle (Spiritualisme).

Dans la scolastique, au contraire, il désignait ce qu'il y a de plus spirituel dans l'âme même et on appelait les anges de purs esprits. L'âme, disait-on, est l'acte ou la forme ou l'entéléchie des corps, mais comme intelligence et esprit elle est incorporelle et pour ainsi dire séparée et sans matière.

L'esprit, pour Descartes (mens), est la substance pensante, par opposition radicale au corps, qui est la substance étendue.

Esprits (hist. de la médecine). - Dans la vieille physiologie, de Gallien à Descartes, les esprits vitaux, naturels ou animaux étaient supposés expliquer les propriétés du vivant.

Essence  (Essentia, de esse =  être). -  L'essence est ce par quoi une chose est ce qu'elle est et se distingue de toute autre l'essence est donc l'objet même de la définition et s'oppose aux accidents. L'essence diffère aussi de l'existence; autre chose est d'être objet de définition, intelligible, autre chose d'exister actuellement; l'essence est le possible, l'existence le réel. La prétendue preuve de l'existence de Dieu, appelée ontologique, consiste précisément à passer de son essence à son existence, passage que Kant juge impossible : en d'autres termes, nous avons l'idée d'un être parfait, cette idée est intelligible et n'enveloppe aucune contradiction en elle-même; faut-il en conclure que l'être parfait existe et que l'existence étant une perfection se trouve, dans ce cas unique, impliquée et comme contenue dans l'essence?

Essentialisme

Essentiel (du latin scolastique Essentialis, de essentia) : ce qui appartient à l'essence et, par extension, ce qui, dans un être, est très important. S'oppose à accidentel. L'essence, l'essentiel répond à ce qu'Aristote nomme "ce qui fait qu'un être est ce qu'il est".

Esthéticisme, Esthétisme (de Esthétique) : doctrine qui ramène le souverain Bien à la beauté (Platon, Herbart, Wieland, Ravaisson, Ruskin).

Esthétique (Aisthètikos = qui a la faculté de sentir, de aisthanomai = sentir) : la science du beau. - Ce nom vient de Baumgarten, qui, en 1750, intitula un ouvrage sur la formation du goût Aesthetica. L'application de ce terme à la science du beau n'est pas heureuse, car il ne met en relief que l'élément sensible, qui n'est pas le seul élément à entrer dans la formation de l'idée du beau. Le mot esthétique, pris adjectivement, signifie ce qui est relatif au beau.

Esthétique transcendantale : Kant définit l'esthétique comme l'étude de la faculté de connaître par les sens; et l'esthétique transcendantale : l'étude des formes a priori de la sensibilité, c'est-à-dire du temps et de l'espace. Mais, dans la Critique du jugement, il applique le terme esthétique, au jugement qui apprécie le beau. Analytique du jugement esthétique.

Estimative (du latin scolastique Aestimativa, de aestimare = apprécier) c'est, dans le système scolastique, une faculté sensible qui permet à l'animal de discerner l'utile et le nuisible; c'est une sorte de jugement instinctif. - Chez l'humain, cette faculté est appelée cogitative.

État (de Statum, d'où estat = état, de stare, qui indique l'idée de station, de stabilité) : manière d'être plus ou moins stable, par opposition à devenir et à activité. - États de conscience, terme générique qui comprend sensation, sentiment, idée, volition.

État (politique). - Société politique, c'est-à-dire organisée et pourvue d'un gouvernement. L'idée de l'État est donc moins large que l'idée de société ou d'association et plus large que l'idée de gouvernement : celuici n'est que l'ensemble des mandataires qui représentent l'État.

Ce que Rousseau appelait l'état de nature n'est pas, comme on l'a souvent répété, une période historique antérieure à toute société et à tout État : c'est une conception purement théorique destinée à mettre en relief les droits naturels de l'humain, droits qu'il conserve dans toute société et sous tout gouvernement, parce qu'ils sont de son essence, inhérents à sa nature d'humain, « inaliénables et imprescriptibles ».

Cependant, dans la théorie de Rousseau, l'individu semble les aliéner à l'État : c'est une expression que Rousseau a eu le tort de ne pas éviter, car dans sa théorie même ces droits lui sont immédiatenient rendus fortifiés et garantis.

La théorie de l'État est une partie essentielle de la science politique et se trouve dans Platon, Aristote, Montesquieu, Rousseau, etc.

Étatisme (de État) : mot qui désigne les théories qui tendent à concentrer dans les mains de l'État toutes les fonctions sociales.

Étendue (substantif participe de Étendre, de ex-tendere = étendre) : a) qualité qu'ont les corps d'occuper une partie de l'espace ; b) partie de l'espace occupée par les corps. - L'étendue est, pour Descartes, l'essence des corps. Leurs caractères particuliers naissent de l'étendue par le mouvement; ils ne sont que de l'étendue modifiée par le mouvement et l'étendue est, pour ainsi dire, l'étoffe dont ils sont faits.

Éternité (Aeternitas, de aeternus = aeviternus = éternel, de aevaum = durée illimitée; cf. aiôn = temps, ce qui existe de toute éternité) : « Possession parfaite, à la fois présente et totale, d'une vie interminable » (Boèce). - L'éternité est indivisible et n'admet ni
avant ni après, ni commencement ni fin : c'est, dit-on, un éternel présent. On connaît le mot de Platon : « Le temps est l'image mobile de l'immobile éternité. » L'éternité implique donc immutabilité.

Éthélisme (de Ethelô = je consens, je veux) : les philosophes allemands appellent ainsi tout système philosophique qui fait de la volonté la faculté essentielle de l'esprit. Telle est la philosophie de Schopenhauer. On dit aussi dans le même sens thélématisme.

Éthico-théologie, nom donné par Kant au système philosophique qui prétend  démontrer l'existence de Dieu uniquement par des preuves tirées de l'ordre moral, à la différence de la physico-théologie, qui la prouve au moyen de considérations empruntées au monde physique.

Éthique (Ethikè = qui se rapporte aux moeurs, sous-entendu technè = art, de ethos = caractère, manière d'être) : c'est la science des moeurs telles qu'elles doivent être. - Pour distinguer l'éthique de la morale, certains définissent : - a) la morale comme la science de fait qui se propose d'étudier la conduite des humains; b) l'éthique comme la science qui étudie les principes où se fonde le devoir; ou encore la science qui a pour objet les jugements d'appréciation appliqués à la distinction du bien et du mal. On peut aussi s'en tenir à l'usage historique qui emploie éthique et morale comme synonymes.

Ethnographie (de Ethnos = peuple; graphè = description) : description des peuples au point de vue social.

Ethnologie (de Ethnos = peuple; logos = discours) : branche de l'anthropologie sociale qui étudie les phénomènes décrits par l'ethnographie.

Éthographie (de ethos = caractère, manière d'être ; graphè = description) : description des meurs, des usages et des caractères. Ampère emploie ce terme fans sa classification des sciences.

Éthologie (de ethos = caractère, manière d'être; logos = discours) . - C'est, au départ, le nom que J. Stuart Mill a proposé de donner à la « science de la formation des caractères », science causale et science déductive, possible, selon lui, dans l'état de nos connaissances en psychologie positive (Syst. de logique, livre VI, De la Logique des sciences morales.). Aujourd'hui, et depuis la définition qu'en a donné Tinbergen (1951), le terme désigne exclusivement la displine qui s'occupe de l'étude des comportements animaux ou humains.

Étiologie (Aitiologia, de aitia = cause; logos = discours) : en principe, c'est la science des causes d'une catégorie d'effets, notamment en pathologie, en histoire, etc. En pratique, c'est l'étude du déterminisme des faits, le travail d'assignation des antécédents invariables sans se préoccuper des causes, au sens rigoureux du mot.

Étonnement (de Étonner, estonner, du latin populaire extonare = attonare, ad-tonare = attirer la foudre, frapper de stupeur) : commencement de la science et qualité de l'observateur.

Être (du latin populaire Essere, d'où ess'rer, estre = être) : a) Sens abstrait l'existence en général. - b) Sens concret : ce qui existe réellement. - C'est le premier des transcendantaux.

L'idée d'être est la plus générale de toutes les idées : elle est donc logiquement indéfinissable, car il n'y a pas de genre plus universel. L'être s'oppose au néant ou au non-être. Il s'oppose également au devenir. 

Les métaphysiciens distinguent ce qui est en soi par opposition à e qui est en autre chose (l'attribut, le mode) ; ce qui est par soi (l'Être suprême, la substance de Spinoza, Dieu) par opposition à ce qui tient l'existence d'une autre cause (l'humain, la nature). Ils distinguent encore l'être en acte et l'être en puissance : celui-ci n'est que possible, le premier est réellement existant. La distinction entre l'être ou l'existence et l'essence consiste en ce que l'être est ce qui est, l'essence ce par quoi l'être est ce qu'il est, son idée, sa définition. Dans cet axiome scolastique : il ne faut pas multiplier les êtres sans nécessité, être est synonyme de cause. Par cette expression : un être de raison, on entendait, non pas comme aujourd'hui une abstraction réalisée ou une conception chimérique, mais l'être logique, c'est-à-dire l'idée de genre ou d'espèce. Enfin, le mot être se prenait comme synonyme du mot vrai (le vrai est ce qui est, le faux ce qui n'est pas) et ce sens nous donne la clef de l'expression identité de la pensée et de l'être.

Pouvons-nous connaître l'être en soi? On pose en ces termes le problème métaphysique, surtout depuis Kant, et cela signifie : Pouvons-nous connaître les noumènes? Atteignons-nous jamais ce qui est au delà des apparences et des phénomènes, au delà de la surface et, pour ainsi dire, de l'écorce des choses? Le mot être, par cela seul qu'il est le mot universel par excellence, donne lieu à une multitude de locutions philosophiques qu'il est impossible d'énumérer, mais que l'on comprendra à l'aide des précédentes : ainsi, l'Être des êtres, c'est l'Être suprême, celui de qui les autres tiennent leur être, par création ou par émanation, ou par immanence ou par participation. Ce dernier mot signifie, dans la langue de Platon, le rapport des choses sensibles aux idées; elles participent aux idées (en ont leur part sans que l'idée soit réellement divisée ou partagée et lui empruntent ainsi l'apparence phénoménale), mais elles ne sont pas des êtres véritables.

La science de l'être s'appelle ontologie  : c'est une partie de la métaphysique.

Euclidien : l'espace euclidien est l'espace à trois dimensions, par opposition aux hyperespaces imaginés par des géomètres modernes. - La géométrie euclidienne suppose précisément l'espace ordinaire à trois dimensions. 

Eudémonisme (Eudamonismos = action de regarder comme heureux, bonheur, de eudaimôn = heureux = eu = bien, daimon = dieu, génie) : doctrine, qui met le principe de la morale dans la recherche du bonheur. 

Intellectualisme et monisme dans l'ordre théorique, et aussi, par là même, peut-être eudémonisme dans l'ordre pratique; en somme, retour à l'esprit d'antiquité, tels sont les traits dominants de la métaphysique de Leibniz ( Revue critique, 23 sept. 1876, p. 202). (Littré).
Michel Onfray, L'eudémonisme social (Contre-histoire de la philosophie n°5), Grasset et Fasquelle, 2008.

Eudémonologie (Eudaimonia = bonheur; de eudaimôn, eudaimonos = heureux; logos = discours) : science de la morale reposant. sur l'idée de bonheur.

Eurythmie (Eurythmia = harmonie, de eu = bien; rythmos = mouvement régulier) : c'est la combinaison harmonieuse des lignes, des mouvements, qualité artistique qu'on admire surtout chez les Grecs (par exemple, dans le Parthénon).

Eutrapélie (Eutrapelia = enjouement, de eutrapès, eutrepès = qu'on peut tourner, disponible; de eu = bien; trepô = tourner) : vertu qui a pour objet, d'après Aristote et les Scolastiques, l'usage raisonnable des divertissements. 

Evhémérisme (eumeros =, qui marque un jour heureux, de eu = bien; hémera = jour) : l'Évhémérisme est l'opinion du mythographe grec Évhémère de Cyrène (vers 300 av. J.-C.). Il prétend que les dieux sont des héros, ayant réellement existé, qui auraient été divinisés après leur mort.

Évidence (Evidentia, de evidens, de e-videre = voir) : mot qui s'emploie dans un sens corrélatif du mot certitude. La certitude est l'assentiment de l'esprit en présence de l'évidence, et l'évidence est cette clarté des objets, des faits, des principes, qui produit la certitude. L'évidence est, comme la certitude, immédiate ou médiate, c.-à-d. qu'elle est saisie, soit directement par nos facultés de connaître, soit par l'intermédiaire du raisonnement : en d'autres termes, il y a l'évidence de fait, et l'évidence de raison. Elle est objective, c.-a-d. qu'on la trouve hors de nous, et non pas en nous; c'est un attribut, non de nos jugements, mais de la vérité. (Critérium).

Evolution (Evolutio, de evolutum, supin de e-volvere = rouler, dérouler) : ce terme vague signifie en général développement par transformation.

Évolutionnisme (d'Évolution) : doctrine selon laquelle la différenciation accompagnée d'intégration est la loi générale qui préside au développement des êtres.

Exact (Exactus = accompli, parfait, exact, adjectif dérivé de exactum, supin de exigere = ex-agere = pousser dehors, réclamer, exiger) : ce qui est rigoureusement conforme à la vérité.

Exceptif (de Exceptum, supin de excipere = ex-capere = tirer de, retirer) : la proposition exceptive est une proposition composé, qui affirme un attribut d'un sujet général, en exceptant de cette affrrmation une ou plusieurs espèces, un ou plusieurs individus. 

Exclu (Exclusus = non admis, participe passé de excludere = ex-claudere, ex-clusum = ne pas laisser entrer) : la proposition exclusive est une proposition composée, qui affirme qu'un attribut ne convient qu'à tel sujet ou à telle classe de sujets. 

Ex concesso (de Concessum, supin de concedere, cum-cedere = se retirer, céder) :  argument qui repose sur une proposition concédée par l'adversaire.

Exemplaire, Exemplarisme (de Exemplar = modèle). - On appelle quelquefois cause exemplaire l'idéal que l'artisan ou l'artiste conçoivent dans leur esprit avant de le réaliser dans leur oeuvre. -  Théorie platonicienne selon laquelle Dieu formerait le monde avec une matière préexistante, d'après les idées ou types des choses qui lui sont éternellement présents.  L'exemplaire ou le paradigme existerait, selon Platon, dans un monde supérieur, le monde des idées; et l'activité de notre esprit, quand nous le pensons ou l'imaginons, consisterait dans un ressouvenir, une réminiscence d'une existence antérieure. 

Exemple (Exemplum, de ex-imere, exemplum = tirer de, mettre hors de) ou Paradigme : argument du genre inductif, et qui, procédant par analogie, exprime, entre le fait que l'on veut prouver et ceux auxquels on le compare, des rapports de similitude, d'opposition ou de supériorité. De là, des exemples a pari, a contrario, a fortiori. Quoique Aristote, dans les Premiers analytiques, traite de l'exemple à la suite du syllogisme, il est vrai de dire que, ne contenant aucun principe général, l'exemple ne peut être comparé au syllogisme que pour la disposition extérieure des termes. Aussi, Aristote lui-même le considère-t-il comme se rapprochant davantage de l'induction, et l'appelle-t-il dans sa Rhétorique (ch. II) une Induction oratoire.

Les orateurs font un grand usage des exemples. Un raisonnement ne saisit pas toujours immédiatement les auditeurs; il leur demande souvent un effort de réflexion, et peut leur inspirer de la défiance. L'exemple, moins suspect, parce qu'on ne le suppose pas inventé pour le besoin de la cause, entre aussi plus aisément dans les esprits. (B-E.).

Exemplarisme

Existence (Existentia, de existere = ex-sistere = sortir de, paraître, se montrer). -  Ce terme sert à qualifier "ce qui est là", ce qui possède une réalité  - qu'elle soit elle-même concrète ("cet écran"), viruelle ("cette page"), ou abstraite ("cette définition") indépendamment de "ce que c'est", et qui correspond à son essence. On dit que l'existence c'est l'actualité de l'essence. L'existence est ainsi antérieure ontologiquement à la définition des qualités.

Existentialisme

Existentialité : qualité de ce qui existe, dans le langage kantien.

Existentiel : Dans la logique classique, les jugements existentiels sont ceux qui affirment ou nient l'existence d'une classe : ex. ; Quelque homme est savant. Quelque homme n'est pas blond. Dans la logique moderne, on note  le quantificateur existentiel (voir plus haut).

Exobiologie. - Branche de la biologie qui étudie les possibilité d'appartion d'organismes vivants hors de la Terre.

Exotérique (Exôterikos = extérieur, de exô = en dehors) : se dit de l'enseignement que les philosophes anciens donnaient au public, par opposition à l'enseignement ésotérique.

Expectation (Exspectatio, de exspectatum, supin de ex-spectare = attendre, espérer, de specere = regarder) : faculté qui, d'après Stuart Mill, consiste à pouvoir se représenter des sensations après en avoir eu de réelles. Elle se manifeste surtout dans le cas des associations répétées.

Expérience (Experientia, d'experior = tenter, mettre à l'épreuve, de ex et perior = essayer) : a) Sens abstrait : 1°) Ensemble des progrès de l'esprit résultant de l'exercice de ses facultés, par exemple on dira : l'expérience de la vie. - 2°) Exercice des facultés intellectuelles (conscience et sens) en tant qu'elles nous font acquérir .des connaissances : expérience interne, expérience externe. - b) Sens concret observation provoquée : faire une expérience physique, intellectuelle, morale, etc.

Expérimental (de Experimentum = expérience, d'experiri = essayer) : ce qui emploie l'expérience, aux sens a) 2° et b). 

Expérimentation (de Expérimenter, de experimentare = éprouver, de experiri, essayer) : méthode qui consiste à faire un ensemble d'expériences. L'expérimentation n'est pas la simple observation : elle provoque l'apparition des faits, elle les fait naître dans des circonstances spéciales et préparées, elle sollicite et tente la nature; c'est, disait Bacon, une sorte de chasse, « la chasse de Pan ». L'expérimentateur fait des expériences pour voir et pour se demontrer à lui-même ou démontrer aux autres la vérité d'une idée ou d'une théorie qui lui suggère ces expériences.

Expiation. - On appelle théorie platonicienne de l'expiation l'opinion de Platon que le premier mal est de commettre l'injustice et que ce mal est aggravé par l'impunité. La punition acceptée, réclamée par le coupable le réconcilie avec la loi et avec lui-même c'est donc un bien et un bienfait, comme pour le malade l'emploi chirurgical du fer et du feu qui lui rendent la santé. Il en résulte que les artifices de l'éloquence, quand ils soustraient un vrai coupable au châtiment qu'il mérite, doivent être sévèrement condamnés, dans l'intérêt même du coupable.

Explicatif (du latin scolastique explicativus, de explication, supin de explicare, déplier, déployer) : jugement analytique ou explicatif. - Wundt appelle sciences explicatives celles qui s'efforcent de rendre raison des choses, par opposition aux sciences normatives qui tracent des règles à suivre. - En Logique, dans un terme complexe, l'addition à un terme simple est explicative, quand elle ne fait que développer la compréhension du terme simple sans y rien ajouter. S'oppose à Déterminatif.

Explication (Explicatio, de explicatum, supin de ex-plicare = déplier) : donner l'explication d'une chose, c'est la rendre intelligible, en rendre raison, c'est-àdire en indiquer la cause, la fin, la nature, la loi. - Enseigner c'est expliquer, pourrait-on dire, puisque c'est essentiellement faire comprendre. Même dans les cas où enseigner c'est seulement faire apprendre, il résulte de la théorie de la mémoire que bien expliquer est encore le meilleur moyen de faire retenir. L'explication, au sens large, c'est donc l'enseignement même c'est le mode le plus général de l'enseignement. Mais elle prend des formes diverses pour les diverses catégories de connaissances : en traiter en détail ce serait exposer toutes les méthodes didactiques, depuis la leçon de choses, qui explique à sa manière, en montrant, jusqu'à la démonstration mathématique. 

Tout ce qu'on peut dire ici, c'est qu'expliquer, dans tous les cas, c'est rattacher un fait à d'autres faits,  une notion à d'autres notions, de façon à en montrer soit le rapport naturel, soit l'enchaînement logique. On se sert de ce qui était su déjà pour éclairer ce qui ne l'était pas encore. Car, bien qu'on puisse, d'un point de vue métaphysique, aller d'explications en explications jusqu'à l'infini, en remontant l'enchaînement des causes et des effets, sans se satisfaire, l'univers entier n'étant qu'une grande énigme, et un mystère profond enveloppant tout l'être dès qu'on s'interroge sur son origine, sa raison et sa fin, il n'en est pas moins vrai qu'en fait et pratiquement, une chose nous est expliquée quand on nous en montre le lien avec d'autres  qui nous sont familières, une proposition nous est expliquée quand on nous en fait voir le rapport nécessaire avec d'autres que nous tenons pour prouvées ou pour évidentes

Explicative (proposition) :, proposition qui explique une proposition précédente à l'aide d'une conjonction telle que car, parce que, puisque, ou d'un participe, ou d'un relatif. Dans ces deux derniers cas, elle est presque toujours incidente, comme dans cette phrase. "Les savants, étant ou qui sont plus instruits que le commun des hommes, devraient aussi les surpasser en sagesse".  Une proposition incidente explicative peut se retrancher sans nuire à l'intégrité du sens de la phrase; ainsi : "Les savants devraient surpasser en sagesse le commun des hommes",  est une phrase très nette et très complète. Qui sont plus instruits, forme un développement du mot savants; c'est une réflexion qui rend la pensée plus explicite, sans être indispensable pour sa clarté : elle joue à peu près le rôle de parenthèse, et se met toujours entre deux virgules. (P.).

Explicitement. - D'une manière formelle et expresse et non pas seulement en principe ou d'une manière générale et enveloppée. Ce mot a pour corrélatif implicitement : sous-entendu, tacitement. On dira, par exemple, que les premisses du syllogisme contiennent implicitement la conclusion.

Exponible (du latin scolastique Exponibilis, qu'on peut exposer, dérivé de ex-ponere = mettre dehors, en vue, exposer) : les propositions exponibles sont des propositions, simples en apparence, dont la composition est mise en lumière en exposant, par une analyse logique, tout ce qu'elles renferment. Pour que ces propositions composées soient vraies, il faut que chacune des propositions, dans lesquelles on les décompose, le soient. Port-Royal (Logique, Part. II, Ch. X) range, parmi les exponibles, les exclusives, les exceptives, les comparatives, les inceptives, les désitives.

Exposition (Expositio, de expositum, supin de ex-ponere = mettre en dehors, en vue, exposer) : opération logique qui consiste à faire comprendre un concept en l'appliquant à des cas particuliers.

Expression (psychologie). - L'expression des émotions, abstraction faite du langage articulé, consiste dans les jeux de physionomie, les gestes et les attitudes qui les manifestent au dehors. Les phénomènes expressifs font partie intégrante des émotions, car ils sont perçus en même temps qu'elles, plus ou moins confusément, par le sujet qui les éprouve.

Extensif (du radical de Extension). - On appelle grandeur extensive une grandeur qu'on petit représenter par l'étendue, tandis qu'une grandeur intensive n'est pas représentable par l'étendue. - Chez Kant, grandeur extensive signifie étendue ou durée. - S'oppose à Intensif. 

Extension, extensivité (Extensio, de extensum, supin de ex-tendere = allonger, déployer) : a) Qualité de ce qui est étendu. Même sens que le mot étendue. - b) Action d'appliquer un terme, un énoncé ou une opération de l'esprit à des objets auxquels ils n'étaient pas appliqués précédemment; par ex., extension du sens d'un mot ; le mot chien (kyôn) a été étendu aux philosophes de l'Ecole d'Antisthène appelés cyniques - c) En logique, s'oppose à compréhension.

Extériorisation, Extérioriser (de Exterior) : objectivation de la sensation.

Extériorisme. - Terme employé surtout par les philosophes catholiques comme équivalent du mot empirisme, et désignant la doctrine de ceux qui enseignent qu'aucune de nos idées ne vient de nous, mais qu'elles sont toutes inspirées à notre esprit entièrement passif par l'action des choses extérieures.

Extériorité (Exterior). - On appelle monde extérieur tout ce qui n'est pas notre pensée considérée comme distincte de son objet. Aussi les Idéalistes, qui nient le monde extérieur, prétendent qu'il n'a d'existence que dans notre pensée; que son être consiste à titre perçu. Par l'expression extérioriser les sensations, on désigne ce fait, que nous les projetons hors de nous ou plutôt que nous leur assignons des causes étrangères à notre esprit, et qu'ainsi nous les localisons, soit dans notre propre corps, soit surtout (car c'est là spécialement le jugement d'extériorité) dans l'espace; les sensations du rouge ou du bleu sont en nous et pourtant nous déclarons que les objets colorés en rouge ou en bleu sont hors de nous et nous ne disons pas que notre sensation est rouge ou bleue. - On nomme jugement d'extériorité le jugement spontané par lequel nous rapportons certaines sensations au dehors. - S'oppose à Intériorité.

Extrinsécisme (tiré de Extrinsecus, de extra = en dehors; secus = loin de, autrement) : mot inventé par les partisans de la philosophie de l'immanence pour qualifier la doctrine de leurs adversaires, qui soutiennent que la vérité nous vient non seulement du dedans, mais aussi du dehors (par l'expérience, notamment).

Extrinsèque (Extrinsecus, de extra = en dehors; secus = loin de, autrement) : ce qui, n'entrant pas dans la nature d'un être ou la définition d'un concept, leur est comme extérieur. - Les Scolastiques appellent dénomination extrinsèque une manière d'être, une qualité, qui n'est pas tirée de la substance d'un être, mais provient de ses accidents relatifs, c'est-à-dire des relations qu'il a avec d'autres êtres. - Leibniz (Nouveaux essais sur l'entendement humain, L. II, Ch. XXV, § 5) prétend « qu'il n'y a point de dénomination entièrement extérieure (denominatio pure extrinseca) à cause de la connexion réelle de toutes choses ». - Les Scolastiques appellent extrinsèques, ab extrinseco, les causes efficiente et finale; intrinsèques, ab intrinseco, les causes matérielle et formelle. Cette dénomination ressort de la nature même des causes.

Externalisme

Extrême. - Dans un syllogisme, le grand et le petit terme (celui qui a le plus et celui qui a le moins d'extension) sont appelés les extrêmes par rapport au terme moyen qui sert d'intermédiaire et qui ne se trouve jamais dans la conclusion, où, au contraire, les extrêmes sont réunis.

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