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O

O. - En logique classique, les propositions particulières négatives, telles que : quelques oiseaux ne sont pas capables de voler; il y a des gens qui ne sont jamais contents de leur sort, etc., se symbolisent, en logique formelle, par la voyelle O, comme l'indiquent les deux vers traditionnels :
Asserit A, negal: E, verum generaliter ambo.
Asserit I, negat O, sed particulariter ambo.
Les propriétés principales des propositions O sont les suivantes : 
1° elles ne peuvent se convertir ni simplement, comme E et I, ni par accident comme A ; on les convertit par une opération appelée contraposition qui consiste à ajouter la négation devant le sujet et l'attribut. Soit par exemple la proposition : Quelque B n'est pas C; elle devient par contraposition : Quelque non-B n'est pas non-C, et en cet état se convertit simplement: Quelque non-C n'est pas non-B ou, ce qui revient au même, Quelque non-C est B. On pourrait donc dire, sans avoir recours à la théorie de la contraposition (qui semble avoir été imaginée par Boèce), qu'il suffit pour convertir O de la transformer en I en faisant retomber la négation du verbe sur l'attribut et de convertir ensuite simplement la proposition I ainsi obtenue. Exemple : Quelque B n'est pas C = Quelque B est non-C = Quelque non-C est B. 

2° Au point de vue de l'opposition, O est la subalterne de E, la subcontraire de I et la contradictoire de A : elle est vraie, si E est vrai; mais sa fausseté entraîne celle de E; si elle est fausse, I est fausse; mais elle peut être vraie en même temps que I; enfin, si elle est vraie, A est fausse, et si elle est fausse, A est vraie. 

3° Enfin O est la conclusion de huit modes du syllogisme sur 19; Ferio (1re° fig.), Festino, Baroco (2e fig.) Felapton, Ferison, Bocardo (3e fig.), Fesapo, Fresison (4e fig.). (E. Boirac).

Obédientiel (du latin scolastique Oboedientalis, de Oboedientia = obéissance, de oboedire = ob-audire, de auris = oreille) : les Scolastiques appellent puissance obédientielle la possibilité qu'ont les êtres de se prêter à l'action divine et conséquemment de devenir par elle tout ce qui n'est pas en contradiction avec leur essence.

Objectif (du latin scolastique objectivus, de objectum; ce qui est mis devant, participe passé de objicioob = devant; jacio = jeter) : 

a) Sens scolastique : ce qui est le terme d'une idée, par ex. : les phénomènes intellectuels sont objectifs. 

b) Ce qui est valable pour tous les esprits et pas seulement pour tel ou tel individu : valeur objective de la connaissance. 

c) Ce qui constitue une réalité subsistant en elle-même, c'est-à-dire indépendamment de toute connaissance, ex. : le monde extérieur. 

S'oppose à subjectif, individuel, apparent.

Objection (du latin scolastique Objectio, de objectium, supin de ob-jicere, jeter devant, opposer) c'est un argument qui vise à réfuter une doctrine.

Objectivation, Objectiver (de Objectif) : c'est la transformation de ce qui est subjectif en objectif (ex. : objectivation des sensations).

Objectivisme (de Objectif) : se dit des doctrines qui admettent que, dans la perception, l'esprit connaît directement une réalité existant en soi.

Objectivité (de Objectif) : caractère de ce qui est objectif, réel, existant indépendamment du sujet qui connaît.. Admettre l'objectivité de la perception externe, c'est admettre qu'elle atteint des objets en dehors de l'esprit.

Objet (du latin scolastique Objectum = ce qui est mis devant, participe passé de ob-jicere). - Tout ce qui affecte les sens ou la pensée.

a) Ce mot s'oppose à sujet comme ce qui est connu à ce qui est connaissant. On distingue le sujet connaissant et ce qui est représenté dans l'esprit qu'on nomme objet. - Puis, ce qui est représenté dans l'esprit, l'objet de la pensée, étant regardé comme l'image fidèle des choses extérieures, on a également appelé objet les choses extérieures. De là une certaine équivoque dans le sens de ce mot. - Chez Descartes, exister objectivement signifie exister dans l'esprit. Cf. Méditations métaphysiques, 3e). - Depuis Kant surtout, cela signifie exister en dehors du moi, de l'esprit. 

b) Renouvier appelle objet, objectif, ce que les autres nomment  sujet, subjectif. Pour lui, l'objet c'est la représentation mentale : ex. : la perception d'un arbre ayant telle forme est phénomène objectif. Le sujet c'est ce qui est regardé comme existant en dehors de l'esprit : ainsi la forme de cet arbre est un phénomène subjectif, parce que la forme est inhérente à l'arbre qui en est le sujet, sub-jectum, placé sous, hypokeimeron, comme dit Aristote. En voulant revenir au sens primitif des mots objet et sujet, Renouvier a accru la confusion. 

c) Objet signifie encore la matière dont traite une science, ou le but d'une action (ex.-: l'objet de la philosophie; l'objet d'une démarche). Ampère a fondé la classification des sciences sur l'énumération systématique de leurs objets.
Obligation (Obligatio = action de lier, lien, obligation, de obligatum, supin de ob-ligare = lier, envelopper) : 
a) Lien moral qui assujettit à une loi ou attache à quelqu'un qui a rendu un bon office. 

b) Sentiment de contrainte morale accompagnant l'idée du devoir.

On dit que la loi morale est obligatoire, pour marquer qu'elle commande sans condition ni restriction, qu'elle est un impératif catégorique. Obliger n'est ni conseiller simplement ni contraindre : le simple conseil n'est pas un ordre et la contrainte exclut la liberté qu'implique au contraire l'obligation. Le plaisir et l'intérêt conseillent, le droit seul oblige.

Oblique (Géométrie). - Quand une ligne droite n'est pas perpendiculaire à une autre ligne droite, (ou à un plan), on dit qu'elle est oblique sur cette ligne (ou sur ce plan). Lorsque d'un point on mène, à une droite ou à un plan, une perpendiculaire et des obliques, la perpendiculaire est plus courte que toute oblique; des obliques qui s'écartent également du pied de la perpendiculaire sont égales, et la réciproque est vraie. Il s'ensuit que d'un point on ne peut mener à une droite que deux obliques égales, et que le lieu des pieds des obliques égales menées d'un point à un plan est un cercle ayant pour centre le pied de la perpendiculaire.

En topographie, pour la représentation figurée des terrains, on distingue la lumière verticale et la lumière oblique, correspondant aux deux conventions que l'on peut faire sur la façon dont on suppose le terrain éclairé.

En géométrie descriptive, on a quelquefois à considérer des projections obliques, c,-à-d. faites parallèlement à une direction donnée, qui n'est pas perpendiculaire au plan sur lequel on fait la projection. (C.A. Laisant). 

Observateur (Observator, de observatum, supin de observare, de ob = au-devant, servare = garder, observer, de servus = gardien, puis esclave, qui était le gardien de la maison). - Celui qui observe; le sujet de l'observation.

Observation (Observatio, de observatum, supin de ob-servare = examiner avec attention, respecter) : considération attentive des faits. - Observer, c'est fixer son attention sur un objet du monde extérieur pour le mieux connaître. L'observation doit être distinguée de la réflexion, qui consiste à fixer l'attention sur un objet du monde intérieur ou à se replier sur soi-même, et de l'expérimentation, qui consiste à observer les objets extérieurs dans des circonstances préparées expressément l'astronome observe; le chimiste observe et expérimente; le psychologue a (ou a eu) pour procédé spécial la réflexion ou l'introspection.

On nomme méthode d'observation, dans un sens restreint, celle qui emploie exclusivement l'observalion, et, dans un sens plus large et plus souvent usité, celle des sciences expérimentales ou inductives.

Obtus (géométrie). - Quand un angle tracé est plus grand qu'un angle droit et plus petit que deux, on dit qui il est obtus. Cette désignation se rapporte à la figure apparente de l'angle, plutôt qu'à sa grandeur. Deux angles, en effet, qui diffèrent par un nombre entier de tours complets, sont représentés par la même figure. Ainsi, on ne dira pas généralement qu'un angle de 390° est un angle aigu, ni qu'un angle de 470° est obtus.

Obtusangle. - Un triangle a des angles qui sont chacun plus petits que deux droits; et leur somme (dans un espace euclidien) étant de deux droits, il en résulte qu'un seul d'entre eux peut être obtus. On dit alors parfois que le triangle est obtusangle, par opposition à l'expression d'acutangle, qui s'applique à un triangle dont les trois angles sont aigus. Si le triangle a un angle droit (et il ne peut en avoir qu'un seul), le triangle est appelé rectangle. Ces notions se rapportent exclusivement aux triangles rectilignes; elles n'auraient plus de raison d'être, par exemple pour les triangles sphériques, où la somme des angles peut approcher de six droits d'autant qu'on voudra.

Occasion (Occasio, de occasum, supin de occidere = ob-cadere = tomber en avant) : ce qui facilite l'activité de la cause.

Occasionalisme. -  Système des causes occasionnelles : l'âme, selon Malebranche, n'est jamais la cause des mouvements du corps; elle en est seulement l'occasion et Dieu seul agit : c'est Dieu, quand je lève le bras, qui meut efficacement mon bras et je ne suis, par ma pensée et ma volonté, que l'occasion de ce mouvement. D'une manière plus générale, Dieu étant l'unique cause, les êtres n'agissent jamais les uns sur les autres tout « est agi ».

Occultes (propriétés)(Alchimie). - C'était une opinion très répandue au Moyen âge, et provenant, disait-on, d'Aristote, que « toute chose douée d'une qualité apparente possède une qualité occulte opposée, et réciproquement. Le feu rendait apparent ce qui est caché, et inversement ». « Transforme leur nature, car la nature est cachée à l'intérieur, » disait le faux Démocrite. 

Les Arabes et leurs disciples précisent davantage. Dans ses qualités apparentes, le fer est chaud, sec et dur. Dans sa constitution secrète, il possède les qualités opposées, la mollesse, par exemple. Réciproquement, ce qui est, quant aux apparences, mercure est fer dans son intimité. Ce qui est extérieurement du cuivre est intérieurement de l'or et comme l'âme du métal. Dans n'importe quelle chose toute chose existe en puissance, même si on ne l'y voit pas. Pour accomplir la transmutation, il suffit donc de faire disparaître certaines qualités.

Le cuivre, d'après Rhazès, est de l'argent en puissance-: celui qui en extrait radicalement la couleur rouge le ramène à l'état d'argent, etc. Toute cette théorie des qualités occultes a joué un grand rôle, au Moyen âge, en philosophie et en médecine, aussi bien qu'en alchimie. (M. B.).

Océanographie. - Branche de la géographie qui étudie les océans et les mers.

Ochlocratie. - Etat d'une société où les foules imposent leur loi.

Octaèdre. - 

Octogone (géométrie). - Polygone de huit côtés. L'octogone régulier convexe, inscrit dans un cercle dont le rayon est l'unité, a pour côté racine carrée de (2 - racine de (2)) et pour apothème 1/2 racine carrée de 2 + racine de 2).

Ohio (groupe de l'). - 

Oligarchie (Oligarchia, de oligos = peu nombreux = o prosthétique et racine lik = être petit; archè = commandement) : c'est le gouvernement dans lequel le pouvoir est entre les mains de quelques individus ou de quelques familles. Se prend dans un sens péjoratif.

C'est une aristocratie limitée. Le gouvernement des douze Égyptiens que renversa Psammétique, celui des Trente tyrans à Athènes et des Décemvirs à Rome, celui du Conseil des Dix à Venise, ont été des gouvernements oligarchiques.

Ontogénèse, Ontogénie ('to on, ontos = l'être ; genesis = origine, genos = naissance, origine. Racine gen = engendrer) :  se dit de l'évolution de l'individu par opposition à la phylogénèse ou phylogénie, qui indique l'évolution de l'espèce.

Ontologie  (du latin scolastique Ontologia, de to on, ontos = l'être; logos = discours). - L'ontologie est la science de l'être en général et s'appelle encore philosophie première et métaphysique générale.

Chez Wolff, qui a généralisé l'emploi de ce mot, l'ontologie comprend la psychologie rationnelle, la cosmologie rationnelle et la théologie rationnelle, c'est-à-dire l'âme considérée dans sa nature, le monde considéré dans son principe et Dieu considéré dans son essence, trois objets transcendantaux que Kant déclarera inaccessibles à la raison pure.

 

Ontologique (Argument). - L'argument ontologique inventé par saint Anselme, retrouvé par Descartes, perfectionné par Leibniz, critiqué et rejeté par Kant, consiste à passer de l'essence à l'existence; autrement dit, de l'idée que nous avons de Dieu à sa réalité actuelle.

Le fond de cet argument est que la perfection enveloppe ou implique l'existence actuelle; car un être qui ne serait parfait que dans la pensée serait en réalité imparfait, puisqu'il lui manquerait cette condition essentielle de la perfection qui est l'existence.

Kant soutient que nous ne pouvons légitimement passer de la pensée à l'être, du subjectif à l'objectif. Il croit aussi que la preuve ontologique est le nerf caché de toutes les autres preuves de l'existence de Dieu, sauf la preuve morale.

Ontologisme (de Ontologie) :  se dit quelquefois de tout système qui fait de Dieu le principe et le moyen de toute connaissance.

« L'Ontologisme est un système dans lequel, après avoir prouvé la réalité objective des idées générales, on établit que ces idées ne sont pas des formes, des modifications de notre âme; qu'elles ne sont rien de créé, qu'elles sont des objets nécessaires, immuables, éternels, absolus; qu'elles se concentrent dans l'Etre simplement dit et que cet Etre infini est la première idée saisie par outre esprit, le premier intelligible, la lumière dans laquelle nous voyons toutes les vérités éternelles et absolues. Les ontologistes disent donc que ces vérités éternelles ne peuvent avoir de réalité hors de l'essence éternelle; d'où ils concluent qu'elles ne subsistent qu'unies à la substance divine, et que ce ne peut être, par conséquent, que dans cette substance que nous les voyons. » (J. Fabre d'Envieu, Défense de l'Ontologisme, Paris-Tournai, 1862).
Onze (arithmétique). - C'est le nombre qui, dans la numération décimale, surpasse d'une unité la base 10. De là ses curieuses propriétés arithmologiques. Toute puissance de 10 telle que 10n, est un multiple de 11 plus ou moins 1, suivant que n est pair ou impair; la divisibilité par 11 résulte directement de cette proposition. qui donne aussi les preuves par 11 de la multiplication et de la division, qu'on trouve dans tous les traités d'arithmétique. Une autre propriété moins remarquée, bien qu'elle soit très simple, c'est que les premières puissances de onze, 11; 121, 1331, 14641, donnent précisément comme chiffres les coefficients qu'on rencontre dans le développement de la puissance entière (a+ b)n d'un binôme. Cela devient vrai pour une base b quelconque de numération et pour les puissances du nombre b + 1 immédiatement: supérieur à b, tant que les coefficients restent inférieurs à b. Cette proposition est pour ainsi dire intuitive, quand on remarque qu'écrire un nombre dans un système de numération de base b, c'est le développer en un polynôme suivant les puissances de b, avec la condition que les coefficients restent inférieurs à cette base b.

Opération (Operatio, de operari = travailler, de opus = oeuvre, travail) : action d'une faculté ou d'un agent qui produit son effet. - On désigne aussi par ce mot les différentes formes de l'activité de l'esprit, mais, plus ordinairement, le travail d'élaboration que l'intelligence fait subir aux idées : l'attention, l'abstraction, la généralisation, le jugement, le raisonnement sur les opérations de l'intelligence ou intellectuelles.

On oppose quelquefois les deux mots latins esse et operari : alors le premier désigne l'essence, le second l'action ou les actes produits.

Opérationalisme. - 

Opinion (Opinio, de opinari = penser, croire, conjecturer). - Une opinion est un jugement incertain, mais que l'on considère comme probable. Platon opposait l'opinion (croyance et conjecture) à la science : la même vérité peut être objet d'opinion, si elle est admise sans preuves, ou de science, si l'on en connaît la démonstration. L'opinion est donc variable et flottante, la science stable et permanente. Le langage consacre cette distinction : on dit des opinions politiques, mais on dit : des vérités mathématiques.

Opposé (géométrie). - Ce mot est d'un usage continuel en géométrie, pour représenter des éléments de figures qui ont entre eux une certaine corrélation symétrique. Ainsi. dans une courbe à centre O, si MOM' est un diamètre, on dit que les deux points M, M' sont opposés; de même dans une surface à centre. Dans un triangle ABC, les sommets ou les angles A, B, C, sont opposés aux côtés BC, CA, AB, respectivement, et réciproquement BC est opposé à A, etc. Dans un tétraèdre ABCD, on dit que le sommet A et la face BCD sont opposés; et que les arêtes AB, CD sont, opposées. Dans lui polygone dont le nombre des côtés est. impair, on dit souvent qu'à un sommet A est opposé le côté qui serait traversé en son milieu par le rayon AO prolongé, si le polygone était régulier et convexe. Dans un polygone dont le nombre des côtés est pair, les sommets sont opposés deux à deux, ainsi que les côtés. Cette appellation facilite et abrège beaucoup certains énoncés. Nous n'en voulons pour exemple que celui de l'hexagone de Pascal : « Les côtés opposés d'un hexagone inscrit dans une conique se rencontrent en trois points en ligne droite », qui serait, sans cette ressource, beaucoup plus long et beaucoup moins clair.

Opposition (Oppositio = contraste, de oppositum, supin de opponere = ob-ponere = placer contre, apposer). 

a) en logique, terme  indiquant entre deux choses, ou deux termes, ou deux propositions, une relation telle que l'une exclut, l'autre. La contradiction et la contrariété sont deux oppositions, mais la première n'admet pas de milieu, la seconde en admet. Les scolastiques disaient que les opposés tombent sous la même science, ce que l'on traduit quelquefois par cette autre formule la science des contraires est identique.

b) en politique : lutte contre le gouvernement; partis opposés au gouvernement.

Optimisme (de Optimus = le meilleur, de ops, opis = ressource, abondance, et du suffixe timus, comme dans in-timus, ex-timus). 
a) Optimisme absolu : doctrine des philosophes qui soutiennent que le monde, étant l'oeuvre d'un Dieu infini en bonté et en puissance, est le meilleur possible (Malebranche, Leibniz). 

Il faut entendre cette expression, le meilleur des mondes, dans son vrai sens : l'universalité des êtres dans toute l'étendue et toute la durée. Malebranche entendait par le meilleur des mondes le plus régulier, le mieux ordonné d'après le principe de la simplicité des voies; Leibniz, le plus excellent, celui qui contient la plus grande somme de perfections réalisables dans un monde créé et par conséquent imparfait.

L'optimisme ne peut s'établir qu'a priori sur les attributs de Dieu : omniscient, il connaît le meilleur; tout-puissant, il peut le réaliser; toute bonté, il a dû le choisir de préférence à tout autre. Leibniz ne nie pas le mal dans le monde, puisqu'il distingue lui-même le mal métaphysique, physique et moral; mais il soutient que le mal n'est qu'un moindre bien.

 b) Optimisme relatif : doctrine d'après laquelle le monde n'a qu'une perfection relative, c'est-à-dire que le bien l'emporte sur le mal, Saint Thomas, Bossuet, Fénelon.

Ce mot désigne aussi, dans un sens large, l'opinion de ceux qui soutiennent que la somme des biens l'emporte sur celle des maux. Il s'oppose à pessimisme; le méliorisme ou doctrine du progrès universel est une forme de l'optimisme.

Optique. - Branche de la physique qui étudie la lumière, sa propagation, sa relation avec la vision.

Ordonnée (mathématiques). - En géométrie analytique, on rapporte un point à deux axes rectilignes Ox, Oy, dont le premier est généralement tracé horizontalement. Les coordonnées OP, OQ du point M considéré sont donc portées en grandeur et en signe, la première sur Ox, la seconde sur Oy; c'est cette dernière qu'on appelle l'ordonnée de M tandis que l'autre est appelée l'abscisse. Comme conséquence, les axes Ox, Oy sont appelés respectivement axe des x ou des abscisses; et axe des y ou des ordonnées. 

Ces expressions, sur l'origine exacte desquelles on n'est pas absolument fixé, peuvent être parfois commodes et pourtant, ne semblent guère recommandables. ll n'y a en effet nul motif pour distinguer un axe de l'autre par un nom particulier. On peut encore dire que l'abscisse et l'ordonnée d'un point M sont les projections du rayon vecteur OM sur les deux axes Ox et Oy, ces projections étant faites parallèlement aux axes. (C.-A. Laisant). 

Ordre (Ordinem = rangée, rang, ordre). -  Ce mot désigne une propriété mathématique particulière qui organise entre eux différents objets (nombres ou autres) de façon univoque;  il signifie aussi  arrangement, disposition des moyens en vue d'une fin. Ordre du monde est une expression qui désigne le monde lui-même en tant qu'ordonné : c'est le cosmos, qui comprend l'ordre physique et l'ordre moral. Ordre s'emploie encore dans ces expressions : ordre d'existence, de connaissance, c'est-à-dire manière régulière dont les choses naissent et sont connues par l'intelligence.

Organicisme (de Organicus, organikos, qui concerne les instruments) : 

a) L'organicisme, par opposition à l'animisme et au vitalisme, consiste à regarder la vie comme une résultante de l'organisation de la matière dans les corps vivants. Selon une ancienne comparaison, la vie n'est plus alors la cause de l'harmonie, mais I'harmonie du corps.

b) en Sociologie : doctrine qui assimile les sociétés humaines à l'organisme des êtres vivants.

Organum : on a réuni sous le titre d'Organon, Organum ( = instrument) les traités d'Aristote relatifs à la logique : c'est donc un Traité de Logique. - Novum Organum de F. Bacon. - Kant appelle Canons les règles de la pensée en général, et Organum, l'ensemble des règles concernant chaque science en particulier.

Orgueil (de l'ancien haut allemand Urgoli, substantif dérivé probablement de l'adjectif urguol = remarquable, supérieur) : estime excessive de soi-même qui porte à se mettre au-dessus des autres. 

Original, Originalité (Originalis, primitif, de origo, originis,de oriri,selever, naître) : ce qui tire son origine de soi et non de quelque chose qu'il imite; celui qui ne ressemble pas aux autres. 

Origine (Origo, originis, de oriri = se lever, naître). - En philosophie, c'est le  principe, le commencement, la cause de quelque chose. C'est aussi la première manifestation dans l'ordre de l'existence ou de la pensée. Dans cette expression, origine des idées, il s'agit de l'origine psychologique (les sens, la conscience, la raison), et non de l'origine chronologique des idées ou du moment précis où elles font leur apparition dans l'esprit. De même l'origine des espèces désigne plutôt la manière dont elles se sont produites, dans le système de l'évolution, que l'époque de leur apparition.

En mathématiques : origine des temps. C'est le moment à partir duquel on compte le temps soit dans le passé, soit dans le futur. - Origine d'une droite : c'est celle de ses extrémités à partir de laquelle on la suppose parcourue lorsqu'elle est orientée.

Orthocentre (géométrie). - On appelle ainsi, dans la géométrie le point de concours des trois hauteurs d'un triangle. Lorsque les quatre hauteurs d'un tétraèdre se rencontrent en un même point, on appelle aussi ce point l'orthocentre du tétraèdre, et l'on dit que ce dernier est orthocentrique. On a aussi appelé groupe orthocentrique de quatre points dans un plan, A, B, C, D, un système tel que la droite qui joint deux d'entre eux est perpendiculaire à celle qui joint les deux autres. Il est formé par les trois sommets d'un triangle ABC et par son orthocentre D. De même les quatre sommets A, B, C, D, d'un tétraèdre orthocentrique et son orthocentre H forment un groupe orthocentrique de cinq points A, B, C, D, H, tels que la droite qui joint deux quelconques d'entre eux est perpendiculaire au plan des trois autres.

Orthogonal (mathématiques). - En géométrie, cette expression équivaut en général à perpendiculaire ou rectangulaire. Ainsi on dit qu'un système de coordonnées est orthogonal lorsque chaque axe est perpendiculaire sur l'autre, ou sur les deux autres, qu'une projection est orthogonale quand elle se fait en abaissant de chaque point une perpendiculaire sur le plan de projection. Lorsque trois familles de surfaces variables sont telles qu'en chaque point commun les plans tangents sont perpendiculaires deux à deux, de manière à former un trièdre trirectangle, on dit que ces surfaces forment un système triplement orthogonal. Les formules linéaires qui permettent de passer d'un système orthogonal de coordonnées à un autre système orthogonal de même origine constituent une substitution qui, en raison de son origine, a reçu le nom d'orthogonale; et par extension, on a qualifié de la même manière des substitutions linéaires qui présentent des propriétés algébriques analogues et qui représentent, si l'on veut, des transformations de coordonnées permettant de passer d'un système orthogonal à un autre, dans des espaces à plus de trois dimensions. C'est une manière commode d'expri-er, avec un langage géométrique; des propriétés purement analytiques, mais qu'il serait plus long et plus compliqué d'énoncer autrement. (C.-A. Laisant). 

Oscillation. - Variation périodique d'une grandeur physique.

Ostensif (de Ostensum, supin de ostendere = exposer, de obs, ob =devant, et tendere = tendre). - Les logiciens anglais classiques ont opposé la réduction ostensive des modes du syllogisme à la première figure (ce qui est possible dans presque tous les cas), à la réduction indirecte ou apagogique qui s'impose pour Baroco et Bocardo.

Ostracisme, décision populaire qui, à Athènes, envoyait en exil, sans procès ni condamnation, un citoyen dont l'influence portait ombrage à la jalousie démocratique. Cette décision tirait son nom de ce que les suffrages portait le nom du citoyen qu'elle désignait, et qui devaient être au  nombre de 10,000 pour qu'elle fût valable, étaient écrits sur une coquille, ostrakon. Le citoyen banni par l'Ostracisme ne pouvait rentrer dans sa cité qu'après 10 ans d'exil. L'institution de l'ostracisme est attribuée par quelques-uns à Hippias, et par d'autres à Clisthène.

Oughtred (règle d'). - 

Ovale (géométrie). - On appelle ovales des courbes fermées affectant habituellement une forme analogue à la section d'un oeuf par son axe. On peut imaginer des ovales à l'infini. Parmi les ovales les plus célèbres dans l'histoire  de la géométrie, il y a lieu de citer les ovales de Descartes ou lignes aplanétiques, auxquelles le grand géomètre a été conduit par ses recherches sur l'optique, et les ovales de Cassini

Ovologie (physiologie), du latin ovum, oeuf et du grec logos, science. - Branche des études physiologiques qui concerne les oeufs des animaux, leur conformation et leur développement.

Oxford (école d'). - 

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