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Ubiété (de Ubi = où) : ce mot, chez les Scolastiques, indique la catégorie, de lieu. - Ils distinguent trois manières d'être dans un lieu : 
1°) Circonscriptive, circonscrite : cette manière est propre aux corps. En effet, un corps occupe l'espace de façons que chacune de ses parties corresponde aux parties des autres corps qui l'entourent et le circonscrivent. 

2°) Définie : c'est-à-dire qu'une chose est ici, et non ailleurs, de sorte que le lieu qu'elle occupe est défini, limité. Cette seconde manière, qui convient aux esprits, s'oppose à la troisième, qui n'appartient qu'à Dieu. 

3°) Réplétive : c'est l'ubiquité : Dieu est présent partout par son essence et par son opération.

Ubiquité (du latin scolastique Ubiquitas, de ubique = partout, de ubi = où) l'ubiquité est la présence en tout lieu. Pour les Scolastiques, c'est un attribut qui n'appartient qu'à Dieu et découle de son immensité.

Ultime (Ultimus =  le plus reculé, le dernier, superlatif de ulter, qui est le comparatif de l'archaïque uls = au delà). - Ce mot s'emploie quelquefois dans les expressions fait ultime, principe ultime, pour désigner le fait qui est irréductible, et qui marque le dernier terme de l'analyse ou le principe au delà duquel il est impossible de s'élever et d'où dérive tout principe secondaire et toute démonstration.

Un (Unum) : comme adjectif, se dit : a) De l'individu en tant qu'il fait partie d'une multiplicité. - b) De ce qui est unique. " Il n'y a qu'un Dieu et ce Dieu suffit. " Leibniz, Monadologie § 39). - c) De ce qui est indivisé en soi : c'est une propriété transcendantale de l'être. - S'oppose à Multiple, à Divisible.

Un (Unum) comme substantif. Au sens des doctrines grecques, l'Un est ce qui, étant étranger au nombre et sans multiplicité interne, est la source du divers et du multiple, par exemple chez Plotin.

Unanime, Unanimité (Unanimus, Unanimitas, de unus  = un; animus = âme) : plein accord de pensées, de sentiments. 

Unicité (de Unique, de unicus, de unus = un) : négation de ressemblance dans un genre donné.

Unification (de Unifier, du latin scolastique unificare, de unus = un; facere = faire) : l'unification des états de conscience exige un principe d'unité. - La philosophie est l'unification des sciences (Comte, Spencer). - Unification des représentations par les trois idées transcendantales (Kant).

Uniformité (Uniformitas, de uniforrnis = uniforme, de unus = un; forma = forme, figure) : uniforme se dit proprement des objets ou êtres qui ont une forme identique, et par suite d'un tout dont les parties ont quelque chose d'identique (ex. : mouvement uniforme, c'est-à-dire dont la vitesse est constante). 

Union (Unio, de unus = un) : a) Liaison de plusieurs êtres différents qui forment un seul tout sous quelque rapport. - b) Acte par lequel l'union s'établit : l'autorité est un principe d'union. -  c) Groupe de personnes associées pour réaliser une fin déterminées. - d) Concorde d'idées et de sentiments.

Unique (de Unicus, de unus = un) : a) Ce qui est singulier, individuel, seul de son espèce. - b) Ce qui est excellent, incomparable.

Unité (Unitas, de unus = un). - Caractère de ce qui est un, dans les sens divers de ce mot. L'un, c'est l'être en tant qu'il ne comporte aucune division et se distingue de tout autre être. L'unité en métaphysique n'est donc ni l'harmonie, le concert ou le concours, comme dans la langue ordinaire (ce tableau manque d'unité), ni l'unité abstraite des mathématiciens, ni ce qu'on a appelé quelquefois l'unicité (quand on dit : cette montagne n'a qu'un sommet, cela signifie que ce sommet est unique).

Les platoniciens appelaient Dieu l'Un ou le Bien. Cette dénomination est surtout usitée chez les Alexandrins.

On dit que l'âme est une malgré la multiplicité des facultés et que l'idée d'unité nous vient de la conscience. Le corps, au contraire, est  multiple par ses éléments et par ses fonctions. Unité signifie donc indivisibilité et s'oppose à pluralité ou multiplicité.

Dans la langue de Kant, l'unité est une des catégories de la quantité : les deux autres sont la pluralité et la totalité.

Unitéisme. - Fourier désigne sous ce nom, auquel il donne pour synonyme le nom d'harmonisme, la passion de l'unité qui est, selon lui, le pivot de toutes les autres et qu'il appelle, pour cette raison, la passion pivotale. Il se superpose, dans la psychologie fouriériste, aux douze passions simples ou radicales dont cinq sont sensitives et correspondent aux cinq sens, quatre affectives, l'amitié, l'amour, le familisme et l'ambition, trois distributives, la cabaliste, la papillonne ou alternante et la composite. Elle est formée 

« des sept affectives et distributives, comme le blanc est formé des sept couleurs ou rayons». Bien qu'elle soit «la passion de tout le monde», même « du paysan qui voudrait régler à son goût les affaires de son village », 
on la remarque surtout chez les conquérants et les philosophes. 
« Les conquérants rêvent l'unité forcée par terreur et asservissement universel. Les philosophes rêvent l'unité directe et spontanée, la philanthropie universelle ou fraternité de tous les peuples. »
Univers  (Universum, de unus, un; versus. vers) : c'est l'ensemble de tout ce qui existe dans l'espace et dans le temps, uniersae res. Les Épicuriens, admettant l'existence de plusieurs mondes, opposaient univers à monde. Au XVIIe siècle, univers était employé comme synonyme de monde visible, de la Terre. Cet emploi est rare aujourd'hui.

Universalisation (de Universaliser, de universalis, universel) : passage du particulier à l'universel. - L'universalisation d'un acte est le signe qui montre qu'il est moral

Universalisme (de Universalis, universel) : a) Croyance d'après laquelle tous les hommes sont appelés au salut (Leibniz, Théodicée, P. I, § 80). - b) Se dit des doctrines qui mettent en relief l'idée d'universalité ou d'universalisation.

Universalité. - Ce mot s'emploie quelquefois pour désigner la totalité, la somme complète de faits ou des êtres, mais plus souvent pour exprimer le caractère de ce qui est universel, c'est-à-dire de ce qui convient à tous les êtres. On dira, par exemple, qu'un des caractères de la loi morale est l'universalité parce qu'elle s'applique à tous les humains; que les principes premiers sont universels parce qu'ils se retrouvent dans tous les esprits et dirigent toutes nos recherches scientifiques. Universalité dit donc plus que généralité.

Universaux  (c'est le pluriel de Universal, ancienne forme de universel, universale : unum versus alia, employé substantivement = termes universaux) :

a) L'universel, c'est ce qui a un caractère d'universalité logique. 

b) Est universel, ce qui est exprimé par un terme général. 

c) Ce terme général lui-même, pour les Nominalistes. 

Pour les scolastiques, les universaux sont des notions et des réalités générales qui conviennent suivant la même définition à plusieurs sujets. A chacun d'eux s'applique cette définition scolastique : Unum aptum inesse pluribus. Ils sont au nombre de cinq : le genre, l'espèce, la différence, le propre et l'accident. Au-dessus des universaux proprement dits il y a les notions transcen dantes, qui ne s'appliquent à leurs objets que d'une manière, analogue. - Distinctions : Universel avant la chose, dans la chose, après la chose (ante rem, in re, post rem). Les universaux ante res sont les idées types suivant lesquelles les chose ont été créées; tel est encore l'idéal de l'artiste par rapport à l'oeuvre dont il est l'auteur. Les universaux in rebus sont le universaux réalisés-: par exemple l'humanité en Pierre. Les universaux post res sont les universaux pris formellement, ce sont les idées que notre esprit se forme sous l'action des choses .

Axiomes : Les universaux sont partout et toujours (Universalia sunt ubique et semper), c'est-à-dire qu'ils ne sont limi tés ni par l'espace ni par le temps, c'est-à-dire encore qu'ils sont comme les essences, éternels, etc. - Ce qui est plus uni versel se compare à ce qui l'est moins comme le tout à la parti et comme la partie au tout : c'est-à-dire, par exemple, que le genre contient l'espèce sous le rapport de l'extension et qui l'espèce contient le genre sous le rapport de la compréhension.

Universel (Universalis) : a) Ce qui s'étend à l'univers entier (ex. : la gravitation universelle). - b) Ce qui convient à tout l'ensemble de ce que l'on considère, êtres ou idées.

Universel (Consentement). Pour démontrer certaines thèses de philosophie, par exemple l'existence de Dieu et la liberté de l'houmain, on a invoqué quelquefois l'argument spécieux du consentement universel, c'est-à-dire de l'opinion unanime du genre humain. C'est un appel au sens commun, une sorte de confirmation du témoignage de la conscience individuelle.

Mais, outre que l'unanimité n'est jamais facile à obtenir ou à démontrer, le sens commun ne doit pas être invoqué légèrement par le philosophe, accoutumé, comme parle Descartes, à « se repaître de vérités » et non d'apparences, comme le vulgaire. Kant dit très bien-: 

« Un ciseau et un maillet peuvent servir à travailler le bois, mais pour graver, il faut un burin. »
Il faut toujours recourir, en fait de preuves, à la raison guidée par la méthode. (A. B.).

Univoque (Unus = un; vox = voix, parole) : a) Terme univoque : celui qui, appliqué à plusieurs, exprime chez tous le même objet formel  (ex.  homme). - b) Relation univoque : celle dans laquelle de chaque antécédent résulte un seul conséquent (ex. : chaque nombre et son carré).

Upsala (Ecole d'). - Une des écoles positiviste du début du XXe siècle. A rapprocher du groupe d'Oslo, du Cercle de Vienne et de celui de Varsovie.

Usage (du vieux francais Us, de usum, supin de uti = se servir) : a) Action d'appliquer une chose à tel ou tel besoin. - b) Pratique consacrée. - S'oppose à Abus.

Utile (Utilis = qui sert à, propre à, de utor = se servir) : a) Ce qui a de valeur non en soi, mais comme moyen pour atteindre une fin jugée avantageuse. - b) En Economie politique : ce qui est propre à satisfaire un désir ou un besoin : la richesse est l'ensemble des choses utiles.

Utilitaire (de Utilité, de utilitas) : a) Ce qui concerne l'utile. - b) Celui qui est attaché à l'utilité (ex. : esprit utilitaire). - c) Celui qui professe ou ce qui regarde la doctrine philosophique de l'Utilitarisme (Voir ce mot, b).

Utilitarisme, Utilitariste (de Utilitaire) :

a) Esprit utilitaire, au sens de b). 

b) Doctrine qui fait de l'utile le principe de toutes les valeurs, spécialement des valeurs morales  (ex. : morales fondées sur l'intérêt : 1° Epicure ; 2° Bentham; 3° Suart Mill; 4° Spencer; 5° Durkheim; 6° L. Bourgeois).

L'utilitarisme ou morale utilitaire est le système qui place dans l'intérêt particulier ou général le seul motif et la seule règle de nos actions.

Il se distingue de la morale du plaisir en ce qu'il nous propose pour but de la vie un plaisir calculé, le maximum des plaisirs avec le minimum des peines; c'est une arithmétique des plaisirs où l'on tient compte de leur nombre, de leur intensité, de leur certitude, de leur pureté.

Si la morale utilitaire passe assez aisément de l'intérêt individuel à l'intérêt général (ce qui pourtant n'est pas sans difficulté dans certains cas), elle ne rend pas compte suflisamment de l'obligation morale, et quand elle distingue dans les plaisirs, outre leur quantité, leur qualité mesurée par la dignité des facultés qui les font naître, il semble bien qu'elle ne se rapproche de la morale du bien ou de l'obligation qu'en devenant infidèle à ses propres principes.

Utilité (Utilitas, de utilis, de uti, se servir). - C'est le caractère de ce qui est utile, aux sens divers de ce mot. - Utilité sociale : fondement du droit d'après Stuart Mill et H. Spencer. 

« La croyance qui accepte comme fondement de la morale l'utilité, ou le principe du plus gland bonheur possible, soutient que les actions sont bonnes en proportion de leur tendance à développer le bonheur, mauvaises dans la mesure de leur tendance à produire le contraire du bonheur. Par le bonheur elle entend la plaisir et l'absence de peine : par malheur, la peine et l'absence de plaisir. » (J. Stuart Mill, Utilitarisme).
Utopie (du latin Utopia, nom d'une île imaginaire. Ce mot, tiré par Thomas More de ou = non; topos = lieu, est le nom  d'un pays imaginaire où tout est réglé pour le mieux, qui figure dans son livre, plein de conceptions aventureuses et irréalisables : De optimo reipublicae statu de que nova insula Utopia, Bâle, 1518) : l'utopie est la conception imaginaire d'un gouvernement  ou d'un projet quelconque idéal . 

Aujourd'hui le sens du mot a changé :  l'utopie ne désigne plus l'idéal. Ce serait  plutôt un faux idéal, un idéal non conforme à la raison et surtout irréalisable.

Renouvier a forgé sur le même type le mot uchronie qui
signifie : ce qui n'a eu d'existence en aucun temps, ce qui aurait pu avoir lieu, mais ne s'est pas passé réellement; en d'autres termes, l'histoire imaginaire de ce qui serait advenu si par hypothèse tel ou tel grand événement historique qui a laissé des traces profondes était supprimé ou modifié. (La Science-fiction)

Utopique (de Utopie) : ce qui constitue une utopie ou ce qui procède par utopie : Fr. Engels a opposé le Socialisme utopique au Socialisme scientifique.

Utopiste (de Utopie) : celui qui aime l'utopie ou qui fait des utopies.

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