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N

. - En mathématiques,  désigne l'ensemble des nombres entiers naturels.

Nativisme, Nativiste (de Nativus = donné par la nature, inné, de nascor, natus sum = naître) : est dite nativiste toute doctrine enseignant qu'une fonction, un caractère ou une idée sont innés ou congénitaux. Le mot  nativisme employé comme synonyme d'innéisme s'oppose alors à empirisme. Nativisme et empirisme désignent plus particulièrement deux opinions sur la perception primitive de l'étendue : les nativistes soutiennent que nous localisons naturellement dans l'espace ambiant les causes externes de nos sensations; les empiristes prétendent que la notion d'étendue est acquise et dérivée et que nous apprenons peu à peu à situer dans l'espace les objets extérieurs.

Naturalisme (de Naturalis = naturel, relatif à la naissance, naturel, de nascor, natus sum = naître) : le naturalisme doctrinal a produit deux systèmes principaux : 

a) l'un confond la nature avec Dieu ; c'est le Panthéisme; 

b) l'autre affirme que l'ensemble des facultés natives de l'humain suffisent à assurer son perfectionnement, sa destinée et son bonheur : il rejette la révélation et l'ordre surnaturel. 

Nature (Natura, de nascor, natus sum = naître) : principaux sens :
a) La nature est lrincipe de l'activité ; c'est le sens scolastique ;

b) La nature est l'ensemble des caractères essentiels d'un être, d'une science, d'une institution, etc.;

c) La nature se dit par opposition: 1°) à la civilisation : état, de nature (Rousseau); 2°) au surnaturel, c'est-à-dire à ce qui est au-dessus des exigences de la nature. 3°) à l'art qui l'imite ou s'en inspire et aux autres productions issus de la technique.
 
d) La nature est la personnification factice et purement verbale du système des lois qui régissent les phénomènes et n'implique aucune conception métaphysique de leur substratum.

Les natures, dans l'ancienne langue philosophique, étaient les essences des êtres considérés comme principes d'action : l'analyse, selon Descartes, s'efforce d'atteindre les natures simples. Dans le panthéisme spinoziste, nature naturante et nature naturée désignaient également Dieu ou la substance principe de tout, mais la substance considérée tantôt comme cause, tantôt comme effet, ou plutôt manifestation d'elle-même dans ce que nous appelons la nature au sens ordinaire du mot : c'est, pour ainsi dire, la source du fleuve et le fleuve lui-même.

On cite souvent ces anciennes formules : « La nature ne fait rien en vain; la nature ne fait pas de sauts. » La première signifie que la nature agit toujours par les voies les plus simples et semble obtenir le maximum d'effet avec le minimum d'efforts; la seconde, qu'elle procède dans la production des êtres par gradations insensibles, de manière à ne jamais laisser d'intervalle ou de hiatus dans leur hiérarchie.

La nature désigne, dans la langue de Jean-Jacques Rousseau, ce qui est spontané et ne porte pas la marque ou plutôt le stigmate de la tyrannie humaine et des institutions sociales.

Seconde nature : a) coutume; b) habitude.

Nature (État de). - Dans la langue de Jean-Jacques Rousseau, l'état de nature est antérieur à l'état social, fondé artificiellement sur les lois ou conventions humaines, dont la première est le contrat social qui donne naissance à l'État. Mais, à vrai dire, Rousseau ne se tient nullement à cette conception un peu naïve d'un âge d'or qui aurait précédé les sociétés, et son état de nature doit plutôt être défini par l'ensemble des instincts qui appartiennent à l'humain et lui sont inhérents, qu'il vive ou ne vive pas en société.

L'état de nature existe donc plus ou moins latent et dissimulé sous l'état social plutôt qu'il n'est antérieur à l'état social : l'humain de la nature est celui qui s'est délivré du joug des conventions arbitraires.

Naturel. - Naturel signifie souvent inné et s'oppose à acquis l'instinct est naturel, l'habitude est acquise.

Par l'expression loi naturelle, on désigne quelquefois la loi morale qui ordonne de faire le bien et d'éviter le mal.

Néant (peut-être de Nec-entem, latin scolastique, non-être). - Privation ou négation de l'être. Le néant est cependant distingué du non-être et de la pure puissance, mais cette distinction extrêmement subtile ne peut être saisie que lorsqu'on approfondit les doctrines de Platon et d'Aristote.

Rien ne vient de rien; rien ne retourne à rien est un principe qui remonte à Démocrite : il contient à la fois, mais obscurément, le principe de causalité et le principe de la conservation de la force.

Nécessitarisme. - Synonyme de fatalisme

Nécessaire  (Necessarius, de necesse = nécessaire) . - On appelle nécessaire ce qui ne peut pas ne pas être ni être autrement qu'il n'est. Ce mot a pour opposé contingent, ce qui peut ne pas être ou être autrement.

Les vérités nécessaires sont les principes de la raison.

Nécessité (Necessitas, de necessarius = nécessaire).

a) Caractère de ce, qui est nécessaire;

b) Contrainte exercée sur l'humain par l'enchaînement inévitable des principes et des conséquences, des effets et des causes. Destin.

Négatif, Négation (Negativus, negatio, de negatum, supin de negare = dire non, nier, de ne = ne pas) : action de l'esprit déclarant fausse une relation proposée.

La négation ne peut se définir que par l'affirmation dont elle est le contraire. Dans un certain sens, elle peut
être ramenée a l'affirmation même, puisque nier qu'une chose soit, c'est affirmer qu'elle n'est pas.

Négligeable. - L'expression négligeable est constamment employée en mathématiques, et surtout dans le calcul des approximations, pour exprimer une erreur qu'on commet, sachant qu'on la commet, et n'en tenant pas compte. Dans toutes les mathématiques appliquées, le discernement des éléments négligeables et de ceux qui doivent être conservés est une des questions les plus délicates, et il serait difficile de formuler à cet égard des règles présentant quelque fixité. Suivant la nature des problèmes, on doit avoir recours, soit aux principes du calcul des approximations, soit au simple bon sens aidé d'une sagacité toute personnelle. 

Aux débuts du calcul infinitésimal, quelques auteurs tentèrent d'en édifier la philosophie en le représentant comme fondé sur la suppression de quantités négligeables en face de celles que l'on conservait. C'était une vue fausse, en ce qu'elle tendait à faire prendre une méthode rigoureuse pour un calcul d'approximation. Cependant, pour la commodité et la rapidité du langage, on dit souvent encore qu'un infiniment petit d'ordre supérieur est négligeable par rapport à un infiniment petit d'ordre moindre, et cela n'a pas d'inconvénient, à la condition de bien comprendre la portée véritable de l'expression qu'on emploie. (C.-A. L.).

Néo-criticisme (de Neos = nouveau; kritikos =, capable de juger, de krinô = juger, décider). - Le criticisme des disciples de Kant et, particulièrement, le criticisme français de Renouvier.

Néo-Malthusianisme. -

Néo-Platonisme. - L'école d'Alexandrie, éclectique, panthéistique et mystique dont Plotin est le principal représentant.

Néo-Scolastique (Philosophie) : nom pris par certains philosophes à partir de la fin, du XIXe siècle, notamment par les professeurs de l'Université de Louvain, lesquels publient la Revue Néo-Scolastique pour répandre la philosophie de saint Thomas et des grands Scolastiques.

Néo-Thomisme : nom donné aux philosophes scolastiques qui se recommandent de saint Thomas et s'efforcent d'adapter la doctrine thomiste aux besoins modernes.  Thomisme.

Neutralisme. -

Nihilisme (de Nihil, rien, de ni, pour ne, ne pas et hilum = petite raie noire au haut de la fève, par extension un rien, d'où nihilum, nihil = rien) : Négation universelle.

a) En philosophie, c'est : 

1°) La doctrine phénoméniste qui prétend qu'aucune réalité substantielle ne répond aux perceptions sensibles. L'univers est une fantasmagorie d'apparences et le moi à une collection de phénomènes. L'expression est de Hamilton (Lectures on Metaphysics, T. I, Lect. XVI, 1877). 

2°) La doctrine qui prétend qu'il n'y a pas de vérité .

b) En politique, c'est est une théorie apologétique de l'anarchie. Cette doctrine qui ne veut rien (nihil) laisser debout de l'état social actuel, par exemple les Nihilistes russes au XIXe siècle.

Nirvana (signifie littéralement extinction) : ce mot, dans la doctrine bouddhiste; signifie la destruction du moi, mais non de l'être. Le souverain bonheur consiste dans cet anéantissement de l'existence personnelle qui se fond dans l'existence universelle. Le Bouddhisme n'admet donc qu'une sorte d'immortalité de la substance.

Nolonté (de Nolo = ne pas vouloir, par analogie avec volonté) : mot forgé par Renouvier pour désigner le pouvoir suspensif de la volonté.

Nom (Nomen, de noscere = connaître. Racine gno co-gno-scere, cognomen) mot par lequel on désigne quelqu'un ou quelque chose. - L'idée générale est pour le Nominalisme un nom commun.

Nombre (Numerus nomè = partage, de nemô = partager) : Collection d'unités ayant quelque chose de commun. - Le nombre mathématique est une quantité discrète qui a pour élément l'unité. Les nombres étaient, selon Pythagore, les principes des choses les pythagoriciens ne disaient pas seulement que toutes choses étaient faites selon les nombres, c'est-à-dire avec ordre et proportion, mais que les choses étaient réellement les mélanges des nombres.

Nominalisme (de Nominalis, de nomen = nom). - Système d'après lequel il n'existe pas d'idées générales, mais des signes généraux. Les Nominaliste nient la réalité des universaux (ou idées générales) et ne voient en eux que des mots et des noms.

Au nominalisme s'oppose le réalisme, qui admet la réalité, c'est-à-dire l'existence objective des universaux.

Le conceptualisme, qui en fait des idées ou concepts de l'esprit, ne paraît être qu'une forme atténuée du nominalisme.

Si l'on remarque que les universaux ou idées générales sont avant tout des conceptions de notre esprit, on pourra supposer, soit qu'elles répondent à quelque chose hors de nous, soit qu'elles ne sont que des produits absolument artificiels de notre faculté de penser. Les réalistes, dont la thèse semble d'abord la plus difficile à défendre, remarquent avec raison que les espèces et les genres demeurent alors que les individus disparaissent : quand tous les hommes qui composent aujourd'hui le genre humain seront morts, l'humanité continuera d'exister, et dès lors il semble que l'humanité ait plus de réalité que l'individu et même que l'individu lui emprunte sa réalité éphémère.

Non causa pro causa. - Littéralement, prendre pour cause ce
qui n'est pas cause. C'est donc un
sophisme que l'on désigne par
cette expression, par exemple le
sophisme qui consiste à prendre
pour cause véritable une simple
condition accidentelle ou bien une
coïncidence plus ou moins constante. C'est ainsi que Jean-Jacques Rousseau a prétendu prouver
que les sciences et les arts sont
la cause de tous nos vices.

Noologique. 
 

Non-moi : tout ce qui est distinct du sujet pensant et sentant. Le non-moi est la limite du moi (Fichte). - S'oppose à Moi.

Noologie, Noologique (Noos, Nous = esprit, racine gnô = connaître; logos = discours). - Ampère appelait noologiques  les sciences qui ont pour objet les esprits, leurs productions et leur histoire, et les divisait en sciences noologiques proprement dites et sciences sociales. Les sciences qui ont pour objet les corps étaient appelées cosmologiques. La noologie est l'analyse et la classification des différents types d'esprit.

Norme (norma = règle). - Synonyme de règle; ce mot a donné l'adjectif normal, régulier. On dira, par exemple : la loi morale est la norme de nos actions; mais le mot règle est moins prétentieux et plus usité.

Notion (Notio = action de connaître, connaissance, idée, de notum, supin de noscere = chercher à connaître) : 

a) Connaissance d'une chose. 

b) Idée, en tant qu'objective, représentative d'un objet. 

Ce terme, plus vague et plus général que le mot idée, offre à peu près le même sens : il signifie littéralement connaissance. Cependant Berkeley non seulement distingue la notion et l'idée, mais les oppose : la notion devient l'objet propre de l'entendement, et l'idée l'objet connu par les sens ou représenté par l'imagination.

On appelle notions premières les idées fondamentales et intuitives, et quelquefois notions secondes les idées ou connaissances dérivées. Les notions premières sont les éléments des vérités premières ou principes premiers : les notions ou idées premières sont de simples conceptions (l'idée d'infini, de cause première, etc.); les vérités prelitières sont des jugements (principe de causalité, de raison suffisante, etc.).

Nouménal. -  Qui concerne le noumène ou dérive du noumène : liberté nouménale, c'est-à-dire liberté qui réside essentiellement dans un acte suprasensible, intemporel ou hors du temps par lequel nous nous faisons bons ou mauvais, de notre  propre initiative et volontairement, bien que tous les actes de notre vie doivent s'enchaîner dans la suite selon les lois d'un rigoureux déterminisme.

Noumène (noumenon = connu par le nous = la raison pure). Le noumène s'oppose au phénomène, comme ce qui est à ce qui apparaît.

Selon Kant qui a forgé ce mot, les noumènes, essences des choses, sont inaccessibles parce que, pour être connus, ils devraient nous apparaître, et dès qu'ils nous apparaîtraient ils deviendraient phénomènes. Le noumène peut donc être objet de foi, non de science.

Kant les conserve pour servir de refuge à la liberté et d'asile à la morale : les néo-criticistes croient pouvoir s'en passer et se contentent des phénomènes, tout en sauvegardant la morale.

Le noumène ou « chose en soi », précisément parce qu'il échappe à la science et à ses lois rigides, permet à Kant de concilier la science et la conscience, la nécessité inflexible des faits observés et la liberté qui est un postulat de la loi morale : la liberté sera donc nouménale et, par un acte intemporel, nous nous ferons bons on méchants librement, dominant ainsi par cet unique acte libre toute la série des phénomènes qui remplissent notre vie en constituant notre caractère empirirque.

On voit que le mot noumène offre deux sens assez différents, l'un négatif, l'autre positif : 1° au sens négatif, il signifie ce qui ne peut être que pensé sans pouvoir devenir objet d'intuition sensible; ce qui est au fond des phénomènes, derrière les phénomènes, mais demeure caché par eux, affirmé seulement par la pensée et non pas connu. - 2° au sens positif, il désigne ce qui est au delà de l'expérience, le suprasensible, ce qui est objet non d'intuition sensible, mais peut être d'intuition intellectuelle ou bien de croyance, morale.

Numérateur. - Une fraction ordinaire, en arithmétique, se définit par une collection de parties égales de l'unité, celle-ci ayant été divisée en un certain nombre de parties égales. Le nombre de ces parties égales que l'on prend pour former la fraction s'appelle le numérateur de cette dernière; et le nombre des parties en lesquelles on a divisé l'unité s'appelle le dénominateur. Le numérateur s'écrit au-dessus et le dénominateur au-dessous, les deux étant séparés par un trait; si l'on utilise un trait oblique comme ici, le numérateur s'écrit en premier. La fraction cinq septièmes, par exemple, s'écrira  5/7, et 5 est le numérateur. De même, dans une fraction algébrique a/b, a est le numérateur.

Numération. -

Numérique (de Numerus = nombre) : relatif au nombre. 

Différence numérique : c'est pour les Scolastiques, la différence qui sépare deux individus de la même espèce : ex. : Paul et Virginie. - S'oppose à différences générique et spécifique.

Numismatique (de Numisma = tout ce qui est établi par l'usage, coutume, monnaie, de nomizô = avoir en usage, de nomos = usage, usage ayant force de loi) : sciences des monnaies et médailles.

Nyâya. - Système de philosophie indienne fondé par Gotama. Cette doctrine, qui a d'abord une visée logique et dialectique, véhicule également une cosmologie et une métaphysique.

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