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Pascal

Blaise Pascal est un célèbre écrivain et géomètre né à Clermont-Ferrand en 1623, était fils d'un président à la cour des aides de Clermont. Il montra dès sa première enfance les plus étonnantes dispositions. Son père, qui s'était chargé lui-même du soin de son éducation, et qui était venu s'établir à Paris dans ce but, réunissait chez lui des savants : le jeune Pascal, en les entendant, conçut bientôt une vive passion pour les sciences. Comme son père, dans la crainte de le fatiguer, différait de l'appliquer à la géométrie, il résolut d'étudier cette science par lui seul et parvint, sans le secours d'aucun livre, à trouver la démonstration des 32 premières propositions d'Euclide: il n'avait alors que 12 ans. Dès ce moment, on ne mit plus d'obstacles à une vocation aussi manifeste, et Pascal marqua chacun de ses pas par quelque découverte. Il composa à 16 ans un traité des Sections coniques, inventa à 18 ans une machine arithmétique qui exécutait les calculs les plus compliqués, trouva en 1654 le Triangle arithmétique, moyen ingénieux et facile de résoudre un grand nombre de problèmes; posa vers le même temps les bases du calcul des probabilités, et donna en 1658 la théorie de la cycloïde ou roulette, que nul n'avait pu trouver jusque là. En physique, il compléta les recherches barométriques de Torricelli, publia en 1647 ses Expériences touchant le vide, fit exécuter peu après la célèbre expérience du Puy-de-Dôme (La découverte de l'atmosphère) qu'il répéta à Paris sur la tour St-Jacques la Boucherie, et qui mit hors de doute la pesanteur de l'air, composa un traité de l'Équilibre des liqueurs (publié après sa mort), qui fit faire un grand pas à l'hydrostatique, fit plusieurs applications usuelles de la mécanique, inventa la brouette ou chaise à deux roues nommée vinaigrette, le haquet, et, selon quelques-uns, la presse hydraulique. Il imagina en outre vers la fin de sa vie une entreprise de voitures de transport en commun, réalisée de nos jours sous le nom omnibus.

Pascal s'était étroitement lié avec les chefs du parti janséniste et il allait souvent les visiter à Port-Royal; il embrassa chaudement leur cause. A propos d'une censure que la Sorbonne se proposait de faire d'un écrit d'Arnauld, il publia en 1656 et 67 les fameuses Lettres de Louis de Montalte et un provincial de ses amis et aux RR. PP. jésuites, connues sous le nom de Provinciales : il y discutait avec éloquence les questions théologiques qu'on débattait alors et y combattait la morale relâchée des Jésuites, tantôt avec une verve comique, tantôt avec une vigueur de dialectique et une élévation de style inconnues jusque-là, mais souvent aussi avec la passion qu'engendre l'esprit de parti. Ces Lettres furent censurées à Rome et même condamnées en France par l'autorité civile; mais, si l'on doit contester quelques-unes des assertions quelles contiennent, on ne peut nier leur valeur littéraire: elles sont le modèle du pamphlet. Dans les dernières années de sa vie, Pascal méditait un grand ouvrage où il devait rassembler toutes les preuves de la religion, mais il ne put l'achever; on n'en a que des fragments détachés, qui ont été rassemblés dans le recueil intitulé les Pensées. Ces deux ouvrages ont suffi pour placer Pascal au premier rang des écrivains : ils ont puissamment contribué à figer la prose française et leur publication forme comme une nouvelle ère dans notre littérature.

Pascal avait été dès l'enfance d'une santé débile : il passa la plus grande partie de sa vie dans les souffrances; il fut frappé en 1647 d'une espèce de paralysie gui lui ôta presque l'usage des jambes; en 1654, il faillit périr près du pont de Neuilly, les chevaux de sa voiture s'étant emportés; depuis ce moment, il croyait, dit-on, voir sans cesse un précipice à ses côtés. Après cet événement, il ne vécut plus que dans la retraite, se livrant à tous les exercices d'une piété exaltée. Il mourut en 1662, à 39 ans. (A19).



Éditions anciennes - Bossut a donné une édition complète des œuvres de Pascal, Paris, 1779, 5 vol. in-8 (réimprimée en 1819). On a cent fois imprimé à part les Provinciales et les Pensées. Les Provinciales, réunies pour la 1re fois en 1657, furent réimprimées en 1684 à Cologne par Nicole, sous le pseudonyme des Wendrock, avec une traduction latine; elles furent en outre traduites en espagnol et en italien: Les Pensées, publiées d'abord en 1670, le furent de nouveau en 1687, avec la Vie de l'auteur par Mme Périer (née Gilberte Pascal), sa sœur aînée; elles furent réimprimées en 1776, avec des notes de Voltaire et un Éloge par Condorcet, en 1779 par Bossut, avec quelques additions; mais elles avaient été altérées par les premiers éditeurs : M. Cousin signala ces altérations en 1842 et sur ses indications M. Pr. Faugère donna dès 1844 une édition plus exacte, d'après les manuscrits autographes. Havet en a publié en 1852 une édition critique, avec un excellent Commentaire Faugère et Bordas-Demoulin ont écrit des loges de Pascal, qui ont été couronnés par l'Académie Française en 1842. L'abbé Maynard a publié en 1850 : Pascal sa vie et son caractère, ses écrits son génie, et a donné en 1861 une édition des Provinciales, avec leur réfutation.

En librairie - Oeuvres complètes, Gallimard (La Pléiade), 1998 - 2000, 2 vol.  : I - Documents, Les Coniques, Introduction à la géométrie, Correspondance avec Fermat sur La règle des partis, le Triangle arithmétique, La Machine arithmétique, Ecrits sur le vide et l'équilibre des liqueurs, Les Provinciales, Autres polémiques religieuses; II - Lettres, Opuscules, Ecrits sur la Grâce, Oeuvres mathématiques d'Amos Dettonville sur la roulette, Les Carrosses à cinq sols, Pensées (avec les Pensées de Port-Royal), Vers et propos attribués à Pascal

Blaise Pascal, Entretien avec Sacy sur la philosophie, Actes Sud, 2003. - Pensées, Le Livre de Poche, 2000. - Le Mystère de Jésus (prés. Philippe Baud), Le Cerf, 1998. - Discours sur les passions de l'amour, Mille et Une Nuits, 1998. - Deux pièces imparfaites sur la grâce et le concile de Trente, Vrin, 1995. - De l'esprit géométrique, Ecrits sur la Grâce et autres textes, Flammarion (GF), 1993. - Discours sur la religion et sur quelques autres sujets, Fayard, 1992. - Les Provinciales, Classiques garnier Multimédia, 1992. 

Plainemaison, Blaise Pascal polémiste, Presses universitaires de Clermont-Ferrand, 2003. - Régine Pouzet et Jean Mesnard, Chronique des Pascal, les affaires du monde d'Etienne Pascal à Marguerite Périer, Honoré Champion, 2001. - Delamarre, Pascal et la Cité des hommes, Ellipses-Marketing, 2001. - André Bord, La vie de Blaise Pascal, Beauchesne, 2000. - Jean-Pierre Cléro, Les Pascal à Rouen (1640-1648), Publications de l'université de Rouen, 2001. - Alain Vircondelet, Le Roman de Jacqueline et Blaise Pascal, la nuit de Feu, Flammarion, 2001. - F. Chirpaz, Pascal, Michalon, 2000.

Dominique Descotes, Blaise Pascal, littérature et géométrie, Presses universitaires de Clermont-Ferrand, 2001. - Simone Mazauric, Gassendi, Pascal et la querelle du vide, PUF, 1998. - Magnard, Vocabulaire de Pascal, Ellipses-Marketing, 2001. - Jean-Louis Bischoff, Dialectique de la misère et de la grandeur chez Blaise Pascal, L'Harmattan, 2001. - Claude Merker, Le chant du cygne des indivisibles, le calcul intégral dans la dernière oeuvre scientifique de Pascal, Presses universitaires de Franche-Comté, 2001. - Gérard Ferreyrolles, Pascal et la raison du politique, PUF, 2000.  - Philippe Sellier, Pascal et Saint Augustin, Albin Michel, 2000. - Collectif, Méthodes chez Pascal, PUF -colloque), 2000. - Pascal Bras et Jean-Pierre Clero, Pascal, figures de l'imagination, PUF, 1994. - Catherine Chevalley, Pascal, Contingence et probabilités, PUF, 1998. 

Thérèse Goyet, Pascal, Port-Royal, Orient, Occident, Klincksieck, 2000. - Louis Marin, Pascal et Port-Royal, PUF, 1998.  - Michel Le Guern, Pascal et Arnauld (vol. 1), Honoré Champion, 2003.

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