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Labyrinthe. - Les allées d'un labyrinthe étant considérées comme des lignes, et les carrefours comme des points où ces droites viennent aboutir, on démontre qu'un point mobile peut décrire successivement toutes les lignes du réseau, sans saut brusque et sans passer plus de deux fois sur chacune d'elles. Autrement dit, un labyrinthe (en deux dimensions) n'est jamais inextricable. Pour résoudre ce problème, sans connaître le plan du labyrinthe, Trémaux et  Maurice ont donné des règles fort ingénieuses. 

En voici une autre, qui est due à Gaston Tarry et qui paraît constituer le maximum de simplicité. Il est nécessaire et suffisant d'effectuer les deux parcours de chaque allée en sens contraire et de ne prendre l'allée qui a conduit pour la première fois à un carrefour que lorsqu'il n'en reste pas d'autre à prendre. Supposons qu'un promeneur, égaré dans un labyrinthe, dépose à l'entrée de toute allée nouvelle qu'il prend deux marques, et à la sortie trois marques ou une seule, suivant que l'allée débouche dans un carrefour nouveau on dans un carrefour déjà exploré; en outre, lorsqu'il prend une allée où se trouve une seule marque à l'entrée, il en dépose une deuxième. Ce promeneur sera certain de retrouver l'issue du labyrinthe, sans passer plus de deux fois par chaque allée, s'il se conforme à la règle suivante : 

En arrivant à un carrefour, prendre au hasard une allée qui n'est pas marquée ou une allée qui n'a qu'une seule marque, et s'il n'en existe pas, prendre l'allée qui a trois marques. (A. L.).

Langage. - Fonction d'expression de la pensée et de communication. La philosophie du langage s'est posé les questions suivantes : L'humain a-t-il possédé de tout temps la faculté de parler? D'où lui vient-elle? Les solutions ont été très variables les uns ont prétendu que le langage est une invention ou convention; d'autres qu'il est une révélation divine; d'autres qu'il est un instinct et que nous possédons naturellement une sorte de faculté expressive et interprétative.

Les rapports du langage avec la pensée consistent dans ce triple service qu'il lui rend de l'éclaircir, de la fixer et de la simplifier, car les langues sont des instruments d'analyse et d'abstraction.

Langue. - Une langue est un système de signes conventionnels dont les humains se servent pour communiquer leurs pensées. Elle se compose de sons articulés et significatifs, c'est-à-dire de mots.

Latitudinarisme. -

Leibniz-Wolf (Ecole de). -

Lemme (Lèmma =  ce qu'on prend ou reçoit, une des prémisses, de lambanein = prendre). - a) En mathématiques : proposition ou remarque préliminaire, établie pour préparer la démonstration d'une proposition ou thèse principale. Spinoza se sert souvent de ce terme. - b) En logique : Aristote (Topiques, L. 1, Ch. 1, § 9 ; VIII, Ch. I § 9) entend par là les prémisses du syllogisme. - Ce mot signifie aussi : ce que l'on prend pour accordé, assomption, thèse.

Libéralisme (de Libéral, de liberalis = qui concerne la liberté, de liber = libre) :

a) Sens général : doctrine favorable à la liberté. 

b) Sens particuliers : 

1°) Libéralisme politique : système qui prône les libertés publiques et individuelles. 

2°) Libéralisme économique : système qui repose sur la liberté d'entreprendre et de commercer.

Libertaire (de Liberté) : mot nouveau pour désigner les partisans de la doctrine anarchiste.

Liberté (Libertas, de liber = libre). - Faculté de choisir. - La liberté morale consiste dans le pouvoir de choisir entre deux actes. C'est une donnée primitive de la conscience et les preuves qu'on propose de la liberté sont plutôt des réfutations du fatalisme que de véritables preuves.

Liberté physique ou absence de contrainte, liberté civile et politique, liberté de conscience, toutes ces libertés impliquent la liberté morale, l'initiative personnelle empêchée ou favorisée par les circonstances  extérieures, mais toujours une et identique dans le for intérieur.

Les systèmes qui nient la liberté sont appelés déterminisme et fatalisme.

L'idée de liberté semble corrélative de l'idée de responsabilité pour la plupart des philosophes, c'est la liberté qui fonde la responsabilité; pour Kant, elle en résulte et n'est qu'un postulat de la loi morale. Il dit encore que l'humain est libre dans le monde des noumènes où il se donne à lui-même son caractère, d'où dérivent ses actes, et nécessité dans le monde des phénomènes, dans sa personnalité empirique : c'est ce qu'on nomme quelquefois liberté nouménale.

Libertins spirituels. - Mouvement panthéiste né en Flandre au XVIe siècle.

Libre arbitre. - Le libre-arbitre est essentiellement la liberté de choix, la liberté intérieure.

Libre-échange. - En économie politique, système d'après lequel les transactions commerciales entre peuples devraient être facilitées, affranchies des taxes, etc. C'est le laisser-faire, le laisser-passer. - Le libre-échangisme s'oppose au protectionnisme.

Libre Esprit (Frères du). - Mouvement panthéiste vné dans la vallée du Rhin et surtout florissant au XIVe siècle. 

Libre-penseur. - Désigne qui pense par lui-même, et notamment, en matière religieuse, celui qui ne soumet sa raison à l'entrave d'aucun dogme. 

Lieu géométrique. - Ensemble des points d'une courbe répondant à une condition donnée.

Lieux communs : ce sont les sources d'arguments. Aristote appelait cette partie de là logique, les Topiques.

Ligne. - Courbe à une seule dimension.

Limitatif (de Limitatum, supin de limitare = délimiter, de limes, chemin de traverse, limite entre deux champs) : Kant appelle jugement limitatif ou indéfini celui qui range le sujet dans une classe déterminée par la négation d'un attribut : A est non-B. - Le caractère des termes négatifs est de limiter.

Limitation (Limitatio, de limitation, supin de limitare = délimiter) : c'est un des termes de la catégorie de la qualité, d'après Kant. - La conversion par accident s'appelle quelquefois par limitation.

Limite (Limes, limitis = chemin de traverse, limite, de limus = oblique) : la limite c'est la négation d'une étendue ultérieure. - En mathématique, la limite est une grandeur dont une autre grandeur peut s'approcher indéfiniment sans pouvoir jamais l'atteindre; ex. : le cercle est la limite des périmètre, des polygones inscrits. A l'infini, la grandeur, qu'on fait varier, se confond avec sa limite. - Au sens figuré : la limite est le point extrême où s'arrête l'exercice d'un pouvoir; ex. : limites des opérations intellectuelles; limites du droit de propriété, limites des fonctions de l'État, etc.

Linguistique(de Linguiste, de lingua = langue).  - La linguistique peut être définie la science du langage a surtout pour objet le langage parlé, c.-à-d. le langage articulé. Elle diffère de la philologie en ce que celle-ci est l'étude d'une langue particulière, considérée sous les divers rapports de la grammaire, de l'étymologie de la lexicologie, de la filiation, de l'interprétation et de la critique. En d'autres termes, la linguistique est la philologie comparative. On peut aussi dire que la philologie est essentiellement une science historique , tandis que la linguistique est une science naturelle. La linguistique étudie les éléments du langage, tandis que la philologie a pour objectif le langage formé. Comme l'a dit le grand linguiste Schleicher, « le linguiste est au philologue ce que le naturaliste est au jardinier ».

Ce qu'on a appelé la grammaire comparée se rapproche beaucoup de la linguistique; toutefois, tandis que linguistique se dit de toute étude comparative de plusieurs idiomes quelconques ou même de toutes les langues connues, la grammaire comparée est la linguistique limitée à des langues appartenant à la même famille et généralement composées des mêmes radicaux. La comparaison grammaticale étudie principalement les formes des mots; la comparaison lexicale, au contraire, est plus spécialement l'objet de la linguistique. (A19).

Littérature. - On entend généralement par littérature l'ensemble des oeuvres utilisant le langage (écrit ou parlé) et ayant une vocation esthétique. Dans un sens plus général, c'est l'ensemble des production écrites ou parlées, quelle que soit leur visée esthétique. Dans un sens plus restreint, c'est l'ensemble des écrits qui concernent un domaine particulier. Par exemple, la littérature médicale est l'ensemble des livres et des articles qui traitent de sujets médicaux.

Logarithme  (du latin scientifique Logarithmus, de logos = rapport; arithmos = nombre) : la fonction logarithme (log) est la fonction inverse de la fonction exponentielle (exp) rapportée à une base b, [expb (x) = bx]. Ainsi, le logarithme x du nombre n est à la puissance à laquelle il faut élever un nombre b  pour obtenir n : bx = n, soit logb (n) = g.

Logarithmique (courbe). - Courbe dont l'ordonnée de chaque point dépend d'une fonction logarithmique de l'abscisse de ce point.

Logicisme. - Toute doctrine qui rapporte une activité de la raison à la logique.

Logique  (Logikos, = relatif au raisonnement, de logos, discours, raison.  a) ce qui est conforme aux exigences de la raison ; b) rapports logiques, c'est-à-dire
fondés sur la nature des choses. - La logique  (è technè logikè = qui concerne le raisonnement, de
discours raison) a d'abord été définie comme la science de bien penser. - Kant définit la logique comme la science des lois de la pensée et de l'usage légitime de l'entendement. Port-Royal nous fournit cette définition : La logique est l'art de bien conduire sa raison dans la connaissance des choses, tant pour s'en instruire soi-même que pour en instruire les autres.

La logique est donc tout à la fois une science et un art, l'art de penser et la science des lois rigoureuses de la pensée. On la divise en logique formelle, pure ou théorique (c'est la science proprement dite) et en logique appliquée ou pratique (c'est plutôt l'art). La première étudie les formes de la pensée dans ce qu'elles offrent de général et de commun; la seconde étudie la forme de chaque science en particulier et devient ainsi la méthodologie ou science des méthodes.

Logistique (La) (Logisticus = qui concerne le calcul le raisonnement) : on a proposé d'appeler ainsi la logique algorithmique ou symbolique, qui vise à exprimer les jugements et les raisonnements par des symboles analogues à ceux qu'emploie l'algèbre. C'est pourquoi on la nomme aussi l'algèbre de la logique.

Logos, mot grec qui signifie la parole, et en même temps l'intelligence, la raison, que la parole manifeste au dehors. 

Dans la philosophie de Platon (Platonisme), le Logos était Dieu même, considéré comme la source des idées. - Chez Philon, le Logos occupe un rang intermédiaire entre Dieu et les puissances ; mais il n'a pas une personnalité distincte : c'est une abstraction personnifiée. - St Jean l'Évangéliste s'est servi du mot Logos pour désigner la seconde personne de la Trinité, et, pour le traduire en latin, St Jérôme ne trouva d'autre terme que Verbum, dont nous avons fait le Verbe. (R.).

Loi (de Legem) : sens général : règle constante d'après laquelle un ordre de choses s'accomplit ou doit s'accomplir.

La loi n'est pas la cause, mais la manière constante et invariable dont la cause agit.

Il ne faut pas confondre les lois de la nature avec ce que les philosophes ont appelé la loi naturelle : cette dernière expression désigne la loi morale qui nous ordonne de faire le bien et d'éviter le mal; les lois de la nature sont les généralisations de faits que l'on obtient par la méthode inductive.

On oppose quelquefois la loi morale et les lois écrites ou positives, c'est-à-dire celles qui sont l'oeuvre des législateurs et se trouvent inscrites  dans nos codes.

Les lois, a dit Montesquieu, sont Les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses cette définition s'applique parfaitement à toutes les espèces de lois, par les lois physiques ne sont sans doute contingentes que relativement.

Longueur. - Grandeur mesurant une dimension.

Longueur d'onde. - Distance entre deux points d'une onde qui ont la même phase. Ou, si l'on préfère, c'est la période spatiale d'une onde progressive.

Louvain (Ecole de). -

Lumière (Luminaria, volets d'une fenêtre, pluriel du neutre luminare, employé substantivement comme féminin singulier, de lumen = lux, lumière, de luceo = briller) : les Scolastiques appellent lumière intellectuelle la vertu illuminatrice de l'intellect agent.

Lycée (Lyceum, Lykeion) : Aristote enseignait dans un gymnase au Nord-Est d'Athènes, voisin d'un temple consacré à Apollon surnommé tueur de loups (lykos). D'où le nom de l'école aristotélicienne au temps de son fondateur.

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