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M

M. - En logique classique, dans les mots qui servent à désigner les figures du syllogisme, la lettre M (abrégé du mot mutatio, largement), placée après une voyelle, indique qu'il faut changer la majeure en mineure et la mineure en majeure pour ramener ce mode à un des modes de la première figure. (G. F.).

Macrocosme (makros = long, grand; kosmos = monde). - L'univers, le grand monde, par opposition à l'humain qui est un petit monde, un microcosme, parce qu'il résume en lui toute la nature et en contient comme un abrégé.

Madrid (Ecole de). -

Magiques (figures). -

Magnanimité. - Une des quatre vertus fondamentales des Anciens (synonyme de force et grandeur d'âme). Cicéron la définit, d'après les Stoïciens, comme la vertu luttant pour l'équité.

Maïeutique : la Maïeutique est la partie positive de la méthode socratique : c'est l'art d'accoucher les esprits. Socrate, s'imaginant que la science est innée en chaque humain, s'efforçait par des interrogations bien conduites d'amener son interlocuteur à prendre conscience des vérités qu'il était censé renfermer en lui-même. Platon expose la Maïeutique dans le Théétète. - L'Ironie est la partie négative de la méthode socratique.

Majeure, l'une des prémisses du syllogisme, ainsi nommée parce, qu'elle contient l'énonciation du rapport du grand terme (major terminus) avec le moyen terme. La Majeure s'énonce ordinairement avant la Mineure; mais cela n'a lieu ni toujours ni nécessairement, et ce serait un moyen peu sûr de les distinguer que de se fier à leur ordre matériel. (B-e.).

Mal  (Malum = ce qui est, mauvais). - Le mal est la limitation ou la négation du bien. Le mal physique peut être envisagé sous bien des aspects, fléaux, cataclysmes, lutte de l'humain contre la nature, qui tous peuvent se ramener à la douleur ou à la souffrance; le mal métaphysique consiste dans l'imperfection des créatures, limitées dans toutes leurs facultés; le mal moral est la faute ou le péché, et la liberté du bien implique la liberté du mal. On dit qu'il n'y a pas de mal absolu parce que celui-ci serait le néant : il y a toujours du bien dans l'être.

Les Scolastiques distinguaient dans le mal moral le mal de la coulpe et le mat de la faute (distinction. conservée par Leihniz dans sa Théodicée) : le premier est la faute même, le second en est la conséquence et consiste dans le châtiment.

Un système qui admet la prédominance du mal sur le bien dans le monde est pessimiste.

Malebranchisme : système philosophique de Malebranche, dont les points principaux sont la théorie de la vision en Dieu, des causes occasionnelles et de l'optimisme.

Malheur (de Mal, adjectif au sens de mauvais, malus; heur, qui signifie chance bonne ou mauvaise, de augurium = présage) : événement funeste. 

Malthusianisme (Malthus). -

Manichéisme. - Le manichéisme (de Manès ou Manichée, prêtre qui mêla son christianisme d'idées orientales) est un dualisme admettant deux principes coéternels, l'un bon, l'autre mauvais, le principe du bien et le principe du mal. C'est du moins le sens que l'usage a donné à ce mot, car la doctrine des manichéens n'est nullement réduite à cet unique dogme.

Maoïsme. - Doctrine développée en Chine dans les années 1960 par Mao Zedong (Mao Tsé-Toung), et inspirée du Marxisme ou du Marxisme-Léninisme. C'est essentiellement un nationalisme collectiviste.

Mappemonde. -

Marbourg (Ecole de). -

Marginalisme. -

Marxisme. - Doctrine de Karl Marx et Friedrich Engels. Ce dernier parle de matérialisme historique pour caractériser la partie de ce système, d'inspiration socialiste, qui regarde les faits économiques comme la cause des événements historiques et sociaux. Le terme de matérialisme dialectique s'applique à la dimension philosophique du Marxisme, qui est d'inspiration hégelienne.

Masse (de massa = amas de choses) : En physique, on appelle masse d'un corps le rapport constant qui existe pour ce corps entre les forces qui y sont appliquées et les accélérations correspondantes.

Matérialisme(de Materia = matière dont une chose est faite). - Système qui réduit tout ce qui existe à l'unité de la matière et, dans un sens restreint, négation de la spiritualité de l'âme. L'atomisme des Anciens est un système matérialiste. Ceux qui font de l'houmain une machine (La Mettrie), ou qui soutiennent que la pensée est une sécrétion du cerveau (Cabanis), émettent des thèses matérialistes.

Le matérialisme ou la tendance matérialiste consiste essentiellement, comme l'a dit Ravaisson, à expliquer le supérieur par l'inférieur, la pensée par la vie, la vie par la mécanique, etc.

Mathématiques  (Mathematicus, Mathematikos = qui concerne l'étude, de mathèma = connaissance, science)  : c'est la science des nombres et des figures (on dirait aujourd'hui des structures abstraites).  Divisions : Selon l'usage :  a) mathématiques pures; b) mathématiques appliquées. Selon les objets étudiés : arithmétique, algèbre, analyse, géométrie.

Mathématisme (de Mathèma = étude, connaissance, de apprendre. Racine : math = savoir) : ce mot désigne l'opinion des philosophes qui appliquent la méthode mathématique à la philosophie.

Matière* (Materia, matière dont une chose est faite). - Dans un sens général, on appelle matière ce dont une chose est faite : ce mot s'oppose alors au mot forme. Les Scolastiques distinguaient une matière
première, c'est-à-dire sans forme, nue, sans rien de ce qui détermine l'être, et une matière seconde déjà
déterminée, mais susceptible de prendre de nouvelles déterminations. Dans un sens restreint, la matière est ce qui tombe sous les sens.

Le mécanisme cartésien réduisait la matière à l'étendue (« ...La matière, dont la nature consiste en cela seul qu'elle est une chose étendue », Principes, Part. Il, § 22); le dynamisme leibnizien la ramenait à la force.

On distingue les qualités premières et les qualités secondes de la matière; celles-là sont essentielles à la matière qui ne peut exister sans elles, mais les philosophes n'on jamais été d'accord sur leur nombre : l'impénétrabilité, l'étendue, la divisibilité, l'inertie,
la pesanteur sont rangées par plusieurs philosophes parmi les qualités premières; les qualités secondes sont celles qui ne constituent pas essentiellement
la matière, qui pourrait être conçue sans elles; elles sont connues par l'observation : ce sont l'élasticité, l'électricité, le magnétisme, etc.

On a quelquefois donné le nom de propriétés organoleptiques à celles qui produisent les sensations
en agissant sur nos organes. On dit que les corps sont colorés, sonores, sapides, odorants, mais le monde des corps est en lui-même obscur et silencieux : les couleurs, les sons, les saveurs, les odeurs ne naissent que dans l'acte commun du sentant et du senti.

Quelle est l'essence de la matière ? Systèmes divers : a) Mécanisme atomistique (Épicure, Gassendi); b) Mécanisme géométrique (Descrates); c) Atomisme dynamique (Tongiorgi); d) Dynarnisme interne (Leibniz); e) Hylémorphisme (Aristote, Scolastiques); f) Dynamisme externe (Boscovich, Palmieri).

Maximum (pour Mag-simum, superlatif neutre de magnus = grand, de magis = plus. Racine mag, meg = être grand).  S'oppose à Minimum. - Les mathématiciens désignent sous les noms de maxima et de minima les plus grandes et les plus petites valeurs d'une fonction de quantités variables, et les procédés à l'aide desquels on détermine ces valeurs forment la méthode des maximis et minimis. Cependant par ces termes maxima et minima il ne faut pas entendre la plus grande ou la plus petite valeur absolue d'une quantité variable, mais simplement les valeurs qu'elle a au moment où elle cesse de croître et commence à décroître, et vice versa. En conséquence, une quantité variable peut avoir plusieurs maxima et minima : tel est le cas des coordonnées de la cycloïde où ce nombre est infini. La théorie des maxima et minima est due à Fermat. Cet illustre géomètre était ainsi sur la voie du calcul différentiel, que cependant il ne découvrit pas, car fallait encore soumettre la méthode à un algorithme de calcul régulier. L'exposition de cette importante méthode se trouve dans tous les traités de calcul différentiel.

Mécanicisme (de Mécanique, de mecanicus, mèchanikos = habile à travailler, de mèchanè = invention ingénieuse, machine) : synonyme de latromécanisme

Mécanique (la) (Mechanica = l'art de construire une , machine, de mèchanè = invention ingénieuse, machine)- : science des lois du mouvement. Elle se divise en cinématique, qui étudie le mouvement indépendament des forces qui le produisent, et en dynamique, qui étude le rôle des forces dans le mouvement.

Mécanique céleste. - Etude du mouvement des astres, et plus spécialement des corps du Système solaire.

Mécanique (Philosophie). - On connaît la philosphie mécanique ou mécanisme-: a) atomistique d'Épicure; b) géométrique de Descartes.  Tout se fait mathématiquement, disait Descartes. Cette formule est la définition du mécanisme, car les lois du mouvement relèvent des mathématiques et Descartes ne demandait, pour construire le monde, que de la matière (c'est-à-dire de l'étendue) et du mouvement. Au mécanisme s'oppose le dynamisme.

Médiat (tiré de Immédiat, de in, négatif; mediatum, supin de mediare = être au milieu, s'interposer, de medius = qui est au milieu) : ce qui suppose un intermédiaire (ex. : perception médiate, jugement médiat, déduction médiate, certitude et évidence médiates).

Mégarique (Ecole). - École de Mégare qui eut pour fondateur Euclide de Mégare, disciple, de Socrate. Ce fut une école de raisonneurs et de dialecticiens subtils : aussi l'appelle-t-on quelquefois éristique ou disputeuse.

Mélange. -

Méliorisme (de Melior = meilleur ; c'est le comparatif d'un adjectif perdu. Cf. adverbe = tout à fait, fort, dont le comparatif mallon = malion correspond à melius) : ce terme indique un perfectionnement progressif que certains Positivistes assignent comme l'unique loi de la morale. - Ce mot s'oppose à Optimisme et Pessimisme absolus pour caractériser la doctrine d'après laquelle le monde peut être rendu meilleur par les efforts de la volonté humaine. Il est synonyme d'Optimisme relatif.

Mémoire (Memoria, de memor = qui se souvient, probablement pour me-mn-or. Cf. memini = je me souviens, et mnèmon = qui se souvient. Racine men d'où mnè. Cf. en latin Men = action de se souvenir et d'imaginer, d'où mens = esprit). -  La mémoire est la faculté de conservation et de reproduction des idées antérieurement acquises. Le mot reproduction suffirait, car on ne sait rien de la manière dont les idées se conservent quand nous n'y pensons pas actuellement pour les produire ou les reproduire.

La mémoire a ses conditions organiques dans le cerveau. Elle est tantôt volontaire, tantôt involontaire, et le langage ordinaire exprime bien cette distinction on dit je me rappelle et il me souvient

Le souvenir complet se compose de réminiscence
(reproduction, réviviscence) et de reconnaissance (acte qui consiste à identifier la connaissance actuelle avec la connaissance antérieure et par conséquent à la localiser dans le temps); il implique l'idée du temps, l'identité personnelle, la permanence du moi.

On distingue diverses sortes de mémoires qui peuvent se ramener à deux types : mémoire sensible et mémoire intellectuelle.

La mémoire imaginative est un autre nom de l'imagination reproductrice.

Mental (Mentalis, de mens, mentis = esprit) : qui concerne l'esprit. Ce mot équivaut soit à intellectuel, soit à psychologique, psychique.

Mentalisme. -

Mentalité (de Mental) : état d'esprit d'un individu, d'une époque.

Menteur (argument du). -

Mercantilisme. -

Mérite. - Les moralistes emploient ce mot pour désigner l'accroissement ou l'augmentation de valeur morale ou de perfection : c'est avant tout la bonne volonté.

Mertoniens. -

Merveilleux, (de Merveille, du latin populaire merabilia, pour mirabilia = choses admirables, pluriel neutre employé substantivement comme nominatif féminin, de mirari = s'étonner) : c'est un terme générique pour désigner les faits qui dépassent les forces humaines.

Messianisme. -

Mesure. -

Métagéométrie (de Meta = après; geômetria, de = Terre; metreôn = mesurer) : nom donné autrefois aux géométries non-euclidiennes, qui étudient des espaces ayant plus de trois dimensions. En fait, il s'agit toujours de géométrie.

Métalogique (de Meta = après, logikos = qui concerne le raisonnement) : théorie des principes premiers et des fondements de la logique par opposition à l'étude des règles logiques telles qu'elles sont appliquées dans un raisonnement correct. - Jean de Salisbury a publié, sous le titre de Metalogicus, un plaidoyer pour la logique.

Métamorale (de Meta = après; moralis = moral, de mos, moris = usage, manière d'être ou d'agir, moeurs) : quelques philosophes nomment ainsi la métaphysique des moeurs. C'est la théorie des principes premiers et des fondements de la morale par opposition à l'étude des règles morales telles qu'elles sont appliquées dans les cas particuliers.

Métaphysique (de Meta ta physika, après la physique; en latin scolastique Metaphysica, sous-entendu pars = partie) . - Partie de la philosophie qui a pour objet l'être réel, les réalités supérieures, lees premiers principes et des premières causes. 

Métaphorétique (philosophie, philologie). - Se dit d'une déginition qui est vicieuse parce qu'elle peut s'appliquer à autre chose qu'à l'objet défini. Par exemple :  Le lion est un animal.

Métempirique (de Meta = après ; empirique, de empiricus, empeirikos = qui se dirige d'après l'expérience, de empeiros = qui a l'expérience de en = dans; peira = essai. Racine per = aller à travers) : mot fait, à l'image de métaphysique, pour signifier ce qui est au delà de toute expérience possible.

Météorologie. -

Méthode (Methodos = poursuite, recherche; de meta = vers; hodos = chemin). - La méthode est l'ensemble des procédés les plus courts et les plus sûrs pour arriver à la vérité. Tout système implique une méthode : on dira donc méthode cartésienne, kantienne, etc., et, dans un sens plus général, méthode inductive, méthode déductive, du nom du procédé fondamental des sciences d'observation, l'induction, et des sciences mathématiques, la déduction.

N'admettre comme critérium du vrai que l'évidence; diviser les difficultés pour les mieux résoudre; conduire par ordre ses pensées en commençant par les objets les plus simples pour s'élever par degrés aux plus complexes; faire des dénombrements entiers et des revues générales pour ne rien omettre : telles sont les quatre règles essentielles données par Descartes dans son Discours de la méthode.

Méthodisme médical. - Cette doctrine est apparue en médecine après celle des Hippocratistes ou Dogmatiques et celle des Empiristes de l'école de Médecine d'Alexandrie. C'est Asclépiade de Bithynie qui fut le fondateur du Méthodisme, et cette approche fut systématisée d'une façon plus régulière par son disciple Thémison de Laodicée, vers le milieu du Ier siècle de l'ère chrétienne (La médecine à Rome). 

Les Méthodistes prétendaient que la connaissance des causes est absolument indifférente à l'art de guérir ; ils dédaignaient également les études anatomiques et physiologiques, et s'en tenaient à l'observation de quelques symptômes généraux. Suivant eux,le plus grand nombre des maladies dépendaient du resserrement ou du relâchement des tissus, du sirictum ou du laxum. Dans le premier cas, les excrétions sont trop abondantes; elles sont trop rares dans le second. En conséquence, la méthode unique de guérison consiste à relâcher ou à resserrer les pores des tissus: delà le nom donné à cette secte. 

Toutefois, comme certaines maladies se refusaient absolument à entrer dans l'une ou l'autre de ces deux classes, les Méthodistes avaient bien voulu en créer une troisième pour ces affections malencontreuses; c'était le mixtum. Cette école simplifiait tellement l'art médical, qu'elle ne pouvait manquer d'avoir une multitude de partisans; c'est ce qui eut lieu en effet. Au reste, elle mit la saignée en honneur, et l'on attribue à Thémison l'introduction de l'usage des sangsues.

Méthodologie (de Methodos = méthode; logos = discours). - Partie de la logique qui s'occupe des méthodes. Chez Kant, ce mot désigne la théorie des principes et de la forme générale de toute science : c'est la technique de la logique et elle contient en outre les méthodes particulières de chaque science.

Métrique (système). -
 
 
 
 
 
 

 

Microcosme (de mikros = petit, et kosmos =, monde) : l'humain, abrégé du monde, petit monde  (Macrocosme). - Dans les doctrines théosophiques, qui admettent une correspondance entre chaque partie du corps humain et chaque partie constitutive de l'univers, celui-ci est appelé macrocosme, et l'humain, par rapport à lui, microcosme (Fludd)

La monade de Leibniz est un microcosme en ce sens qu'elle exprime l'univers par ses perceptions ou modifications, internes

Milan (Ecole de). -

Milet (Ecole de). -

Milieu. - Le juste milieu, chez Aristote, est la définition de la vertu, qui se trouve toujours entre deux extrêmes opposés, l'économie, par exemple, entre l'avarice et la prodigalité, le courage entre la lâcheté et la témérité.

Principe du milieu ou moyen exclu : une chose est ou n'est pas.

Mîmânsâ (en sanscrit, investigation), nom sous lequel on comprend les deux systèmes réputés orthodoxes de la philosophie indienne, appelés Pourva et Védânta. Ces deux systèmes, conformes à la doctrine des Védas, forment une philosophie spiritualiste, opposée au sensualisme du Sânkhya, oeuvre du philosophe Kapila. Le Védânta (en sanscrit, conclusion des Védas) a été principalement exposé par le célèbre Sankara Atcharya.

Minéralogie, du français minéral, et du grec logos = science. - On nomme ainsi la science qui étudie les minéraux, ou corps bruts naturels; elle ne comprend pas toutes les matières inorganiques, mais seulernent celles que l'on rencontre en étudiant le sol terrestre et ses dépendances immédiates, ou  les météorites et les échantillons de roches étudiés sur d'autres corps du Système solaire (Lune, Mars).

Mineure. -  La deuxième proposition du syllogisme (Majeure).

Misanthropie (Misanthrôpia, de misos = haine; anthrôpos = humain) : haine du genre humain. - Inclination malveillante.

Misologue (de Misos = haine; logos = raison) : Ennemi de la raison : se dit de ceux qui refusent à la raison humaine le pouvoir de nous faire connaître le vrai, le beau, le bien. Par extension, détracteur des sciences, des lettres et des arts. Tels furent les Cornificiens, qui dénigraient toute culture intellectuelle. Ils furent combattus par Jean de Salisbury uni aux Maîtres de l'École de Chartres. 

Misonéisme (de Misos = haine; neos = nouveau) : haine des nouveautés. Les ennemis de Socrate l'accusèrent de répandre dans la jeunesse des nouveautés dangereuses.

Mixte (Mixtus = mêlé, participe passé de miscere, mixtum = mêler). - Chez les Scolastiques, les corps mixtes étaient les corps composés, c'est-à-dire formés de plusieurs, réunis en une même substance, sous une même forme substantielle. Dans le mixte les composants persistent, mais virtuellement, sous une autre forme, capable de ramener plus ou moins facilement les formes disparues. 

a) Les Thomistes soutiennent en général que dans le mixte, inorganique ou vivant, il y a unicité de forme. 

b) D'autres Scolastiquess admettent dans le vivant et l'inorganique une forme substantielle unique se subsumant les formes inférieures physico-chimiques sans détruire leur réalité. 

c) D'autres enfin ne voient dans le mixte qu'un agrégat sans unité stricte. 

Mobile (Mobilis = qu'on peut mouvoir, de movere = mouvoir) : signifie : 
a) le corps en tant qu'il est sujet du mouvement. Le premier mobile était, pour les anciens philosophes, le plus élevé des cieux, celui qui imprimait le mouvement aux autres (Moteur). 

b) Dans l'ordre moral, le mobile se dit de toute raison d'agir, de tout principe de conduite. Il correspond auxs phénomènes affectifs qui précèdent la volition. 

Distinction : mobile, motif. Le mobile se dit particulièrement des raisons tirées de l'ordre sensible : ainsi l'antipathie, la vengeance, l'ennui. Le motif désigne plutôt les raisons d'agir tirées de l'ordre intellectuel ainsi le devoir.

Mobilisme (de Mobile) : doctrine d'après laquelle le fond des choses est sans cesse en voie de transformation sans lois fixes. Il en résulte que toute organisation rationnelle des choses est impossible. C'est, en somme, la doctrine d'Héraclite, qui assimile l'être au devenir.

Modal (du latin scolastique Modalis, de modus = mesure, manière) : on nomme propositions modales, par opposition aux propositions absolues ou catégoriques dans lesquelles l'attribution est simplement énoncée, celles dont l'attribut est modifié par une des quatre conditions suivantes : possibilité, impossibilité, contingence, nécessité

Suarez a divisé la distinction réelle, celle qui existe dans les choses indépendamment de l'esprit, en distinctions majeure (ut res et res) et mineure (ut res et modus ejus). Cette dernière est appelée distinction modale : ex. : entre une chose et ses qualités, comme la figure.

La théorie des propositions modales, de leurs oppositions, de leurs conversions, et des syllogismes qui en sont formés, au point de vue de l'influence qu'exerce sur la conclusion la modalité des prémisses, a été développée par Aristote dans son traité de l'Interprétation et dans les chapitres 8-22 du premier livre des Premiers Analytiques. ( Rondelet, Théorie logique des propositions modales, 1861). (B-E.).

Modalité (de Modal, de modalis, de modus = manière)-: terme de philosophie scolastique, signifiant le mode ou la manière dont une chose ou un fait existe. En considérant nos jugements par rapport à la modalité, Kant les divisait en jugements problématiques, se rapportant au possible; jugements assertoriques, se rapportant au réel; et jugements apodictiques, se rapportant au nécessaire.

Mode : terme de logique, dont on fait le synonyme d'attribut. S'il y a quelque nuance dans la signification de ces deux mots, il nous paraît que mode désigne la qualité prise dans les choses mêmes, et attribut la qualité envisagée au point de vue logique, l'idée de cette qualité dans un rapport de convenance avec un sujet déterminé.

Modes du syllogisme. -

Modèle. -

Modèle cosmologique. -

Modernisme. -

Moeurs (de Mores, devenu mors = meurs, moeurs) : habitudes d'un individu ou d'un peuple relatives : a) à l'observation de la loi morale; b) aux usages, à la manière de vivre (sans idée de bien ou de mal).

Moi (Me = moi).  - Le moi n'est pas tout l'esprit, mais il est l'esprit en tant que conscient de lui-même. Il est un, simple, identique et libre comme responsable, il constitue la personnalité morale. Les philosophes ont distingué un moi profond et un moi superficiel : celui-ci est constitué ou plutôt se constitue par nos habitudes et tous les événements fortuits qui nous affectent; l'autre est iminuable ou, du moins, peut seul se modifier lui-même. C'est le for intérieur des anciens moralistes. Dans la philosophie moderne, le moi se prend pour la personne ou plutôt pour le principe qui dans la personne est conscient.

Moindre action (principe de). -

Monade. -  Se dit des êtres simples qui, dans le système de Leibniz, composeraient tous les corps, et qui, en devenant conscients, deviendraient de vrais esprits. Le mot apparaît pour la première fois dans Giordano Bruno, qui appelle minima ou monades les éléments des choses; mais l'idée de faire jouer à l'unité le rôle d'élément date de Pythagore.

La monade de Leibniz n'est pas d'ailleurs l'unité abstraite, l'unité mathématique : c'est l'unité métaphysique, l'unité d'une force non composée de parties, c'est-à-dire simple.

Sa qualité distinctive, c'est la représentation : elle exprime l'univers qui se réfléchit en elle et devient ainsi un microcosme ou monde en raccourci. Son essence est l'appétition ou tendance constante à passer d'une perception à une autre.

Il faut distinguer les aperceptions des perceptions : celles-ci ne sont que les modifications internes de la monade, celles-là impliquent de plus la conscience ou la réflexion : elles sont aperçues. Se représenter l'univers et tendre à la perfection, n'est-ce pas le caractère des esprits? La monade est donc une âme ou un esprit et les animaux eux-mêmes, contre l'opinion de Descartes, sont de telles âmes et de tels esprits, mais réduits aux perceptions obscures et aux consécutions d'images qui imitent le raisonnement.

Puisque les monades sont simples, elles sont impérissables ou immortelles, et puisqu'elles font partie d'un même monde parfaitement ordonné, sans pourtant qu'elles agissent les unes sur les autres (elles n'ont pas, dit Leibniz, de fenêtres sur le dehors), il faut qu'il y ait entre elles une harmonie préétablie.

Monadologie. - La monadologie ou monadisme est le système leibnizien des monades. Ce mot désigne aussi l'opuscule dédié au prince Eugène, où Leibniz, en quatre-vingt-dix thèses fort courtes, établit tout son système. Ce systeme renferme comme parties essentielles : la définition des monades et de leurs caractères propres, la perception, l'aperception, l'appétition, la théorie des perceptions obscures appelée aujourd'hui de l'inconscient; la doctrine de l'harmonie préétablie qui régit les rapports des monades entre elles; la preuve leibnizienne de l'existence de Dieu par le principe de raison suffisante; la doctrine de l'optimisme sur les rapports de Dieu avec le monde, fondée a priori sur les perfections divines et justifiée a posteriori par l'examen approfondi (surtout dans la Théodicée) de la nature et de l'origine du mal métaphysique, physique et moral.

L'originalité de Leibniz dans l'école cartésienne a été de reformer l'idée de substance à laquelle il substitua l'idée de force et de surajouter son dynamisme au mécanisme cartésien qu'il admettait en entier, mais qu'il appelait l'antichambre de la vérité.

Molinisme : système de Molina pour accorder la liberté humaine et les  attributs divins.

Molyneux (Problème de). - Le problème de Molyneux, mathématicien anglais du XVIIIe siècle, peut se poser ainsi : Un aveugle-né, devenu subitement clairvoyant par une opération, pourrait-il tout d'abord et sans le secours du toucher distinguer une sphère d'un cube et dire : Voici la sphère et voilà le cube.

Moment (Momentum, pour movimentum = ce qui met en mouvement, poids, moment, de movere = mouvoir) : appliqué : 

a) à une force, par rapport à un point, ce mot indique le produit de cette force par la distance à ce point ; 

b) à la durée : il en indique la plus petite division. 

c) à des points d'arrêt dans le mouvement de la pensée : dans ce dernier cas, il signifie une phase, un stade de la pensée; chez Hegel, par exemple, la pensée passe par trois moments, l'affirmation ou la thèse, la négation ou l'antithèse, et l'absorption ou la synthèse.

Monarchie (Monarchia, de monarchos = qui commande seul, de monos = seul ; archô = commander) : gouvernement d'un seul. 

Monde (Mundus = propre, élégant, d'où le substantif mundus, qui, comme kosmos, signifie l'ordre du monde, le monde) : a) l'ensemble de tout ce qui existe, l'univers. - Ensemble des choses d'une même sorte (ex.-: le monde des idées).

Monisme (de Monos = seul) : consiste à ramener tous les êtres à une identité fondamentale, soit matérielle, soit spirituelle. Par exmple, le monisme matérialiste de
Haeckel. - Doctrine de l'unité de la substance : le panthéisme de Spinoza est une théorie monistique. Monisme se dit par opposition à dualisme : les philosophies de l'identité (Schelling) et du devenir (Hegel) sont monistiques. Descartes était dualiste. Aujourd'hui on entend surtout par monisme la théorie d'après laquelle, dans tout élément de la réalité, il y a a la fois matière corporelle et activité psychique : la matière et l'esprit sont ainsi ramenés à une unité radicale, à une identité fondamentale.

Moral (Moralis, relatif aux moeurs, de mos, moris = usage, manière d'être ou d'agir, moeurs : 

a) Moral, par opposition à physique, indique l'ensemble des faits psychologiques. Physique indique l'ensemble des fonctions organiques. 

b) Moral signifie proprement : ce qui est relatif aux moeurs, à la conduite certitude et évidence morales (ex. : Conscience morale).

Morale (de Moralis, relatif aux moeurs, employé substantivement, de mos, moris = usage, manière d'agir, moeurs). - a) Branche de la philosophie qui étudie les moeurs et les théories du devoir. La morale se divise en morale théorique et morale pratique. - b) système de valeurs propres à déterminer un conduite. Chaque système se différencie par un ensemble de présupposés reposant sur une conception du monde, et par les buts qu'il assigne à l'action humaine. Par exemple : la morale du plaisir, ou hédonisme, la morale de l'intérêt ou utilitarisme les systèmes qui fondent la morale sur la recherche du plaisir ou de l'intérêt; la morale du devoir, qui s'appelle aussi morale de l'honnête ou du bien.

On nomme loi morale la loi universelle et obligatoire qui nous oblige a faire le bien et à éviter le mal; intention morale, le but conscient et choisi par nous qui dirige notre action.

La morale de Kant est quelquefois nommée une morale formelle ou un formalisme moral, parce que la loi commande, selon Kant, par sa forme qui est l'impératif catégorique et non par sa matière qui serait le concept du bien, car un tel concept, dans le système de Kant, n'a rien de réel ou d'objectif.

Ou emploie quelquefois le mot Ethique commee synonyme de morale.

Moralisme (de Morale, de Moralis, relatif aux moeurs) : ce terme signifie a) tantôt une doctrine pratique qui ne s'attache qu'à la morale; b) tantôt un système qui fait consister la moralité uniquement dans l'intention et la bonne volonté, sans tenir compte de la matière de l'acte volontaire : tel est le moralisme de Kant.

Moralité (Moralitas, de moralis, relatif aux moeurs) : signifie la valeur morale d'un agent ou d'une action. - Kant oppose moralité et légalité. La moralité consiste dans la conformité subjective de la volonté à la loi par amour du devoir : le caractère moral dépend donc de la forme, c'est-à-dire de l'intention désintéressée, et non de la matière. La légalité consiste dans la conformité objective à la loi pour en retirer quelque avantage l'acte accompli est matériellement conforme à la loi. Un tel acte est légal, mais n'est pas moral, parce que l'intention désintéressée fait défaut.

Morphologie, du grec morphè, forme, et logos, science. - On désigne par ce mot l'étude descriptive des formes extérieures des êtres vivants ou de leurs organes. Chez les animaux où les organes sont enveloppés dans des cavités intérieures, la morphologie n'a que peu d'importance si elle se borne aux formes extérieures, et se confond avec l'anatomie dès qu'elle s'étend aux organes internes. Mais chez les végétaux où la plus grande partie des organes sont développés extérieurement, la morphologie fournit des caractères de première importance, et, par la comparaison des formes, conduit à reconnaître d'intéressantes analogies entre les organes d'une même plante; aussi constitue-t-elle une partie importante de la botanique.

Motazilisme. -

Moteur (Motor, de motum, supin de movere = mouvoir)-: ce qui meut, ce qui se rapporte au mouvement; le principe du mouvement. Le moteur est opposé au mobile, c'est-à-dire à ce qui reçoit le mouvement.

Moteur mobile, moteur immobile : Le moteur qui est mobile lui-même, est dit movens motum : ainsi le premier ciel ou premier mobile qui est mû à son tour, au moins en tant qu'être continent, qui a passé de la possibilité à l'existence. Mais il y a un premier moteur qui n'est pas mû lui-même (movens non motum). Ce premier moteur absolu est Dieu. 

Axiomes scolastiques : 

Tout ce qui est mû est mû par un autre (Quidquid movetur, ab alio movetur). Pour que cet axiome soit placé au-dessus de toute équivoque, il suffit de remarquer que toute chose simple qui passe de la puissance à l'acte reçoit l'une autre son mouvement; car le même principe simple ne peut être agent et patient. Et comme toutes les choses se résolvent en des principes simples, il faut arriver à un premier . principe de tout mouvement qui soit un acte pur, premier moteur absolu, c'est-à-dire Dieu. 

L'être meut en tant qu'il est en acte et il est mû en tant qu'il est en puissance ; car mouvoir c'est agir, être mû c'est souffrir. 

Le moteur et le mobile sont ensemble (Movens et motum sunt simul) ; car l'un ne peut agir sur l'autre qu'à cette condition.

Motif (du latin scolastique Motivus = qui pousse à faire quelque chose, employé substantivement) : en termes de philosophie, influence exercée soit sur notre intelligence, soit sur notre volonté. De là la distinction des motifs de jugement et des motifs d'action. Tout jugement prononcé avec certitude a pour motif l'évidence, manifestée par l'un quelconque de nos moyens de connaître; tout jugement conjectural n'a pour motif que la probabilité. En ce qui concerne nos résolutions et nos actions, un motif est un principe raisonné qui les détermine. On s'est armé de l'influence des motifs sur la volonté, pour nier la liberté humaine : mais la liberté ne serait contrainte que si nous n'avions pas la conscience, tout en cédant aux motifs, de pouvoir leur résister, et il arrive souvent que nous nous déterminons sciemment dans un sens contraire aux motifs les meilleurs et les plus puissants.

Mouvement. (de Mouvoir, de movere) : déplacement ou changement de position dans l'espace considéré dans son rapport avec le temps. - Chez les Anciens, mouvement signifie changement et progrès : c'est dans ce sens qu'il faut entendre la preuve dite du premier moteur d'Aristote. Dieu est le moteur immobile, c'est-à-dire qu'il est cause de tous les changements et de tous les progrès qui se réalisent dans la nature et chez l'humain et qu'il les produit a titre de cause finale par la pensée et l'amour qu'il suscite dans les êtres.

Nous ne percevons directement le mouvement que comme le corrélatif de l'effort musculaire en l'imprimant â nos organes par notre activité et notre énergie intime. La translation dans l'espace n'étant qu'un changement des positions relatives des corps n'est pas le mouvement, mais seulement un signe du mouvement et un signe équivoque.

Moyen (de l'adjectif Moyen, qui vient de medianum, dérivé de medius = qui est au milieu) : ce qui conduit à une fin. - Moyen terme : a) le terme par lequel, clans un syllogisme, le majeur et le mineur sont mis en rapport; b) milieu entre deux autres termes.

Multiplication. -

Munich (cercle de). -

Mutation (Mutatio, de mutatum, supin de mutare, fréquentatif pour movitare = déplacer, changer, de movere = mouvoir) : 1°) Sens biologique :a) petits changements morphologiques; b) différences morphologiques que présentent les échantillons provenant de couches successives ; c) transformation brusque et héréditaire d'un type vivant qui se produit dans un espace court, même dans l'espace d'une seule génération (mutation génétique). - 2°) Sens social : changement dans l'organisation de la société.

Mutualité (de Mutuel, de mutuus = réciproque, de mutare = changer, échanger) en sociologie, ce mot désigne les institutions qui ont pour but l'assistance mutuelle.

Mutuel (de Mutuus = réciproque, de mutare = changer, échanger) : ce qui est fondé sur un échange d'actes ou de sentiments qui se répondent. 

Mystère (Mystèrion = chose secrète, de myô = être fermé) : a) Sens large: ce qui n'est pas en soi au-dessus des prises dela raison, mais qu'elle n'est pas capable de comprendre dans l'état actuel des connaissances. - b) Sens strict : ce qui est incompréhensible, au-dessus de la raison.

Mysticisme. - En philosophie, se dit généralement des systèmes où la certitude n'est cherchée que dans des communications secrètes avec la divinité : ainsi le mysticisme des Néoplatoniciens

Mythe (Mythos = parole, fable) : en philosophie, c'est l'exposition d'une doctrine profonde sous le voile de l'allégorie. Les mythes de Platon sont célèbres; ex. :  mythe de la caverne. En anthropologie sociale, c'est un récit considéré comme historique dans la société dans laquelle il a été produit, et comme imaginaire, fabuleux, ailleurs.

Mythologie* (Mythologia, de mythologos = fabuleux, de mythos = fable; logos = discours) : a) histoire fabuleuse des dieux et des héros. - b) ensemble des mythes d'une société ou d'une culture.
 

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