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Les
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| Aperçu | La vie de Leibniz | Doctrine philosophique | Mathématiques | Géologie |
| Gottfried Wilhelm,
baron de Leibniz est un philosophe et savant, né en 1646
à Leipzig L'électeur de Mayence étant
mort, le duc de Brunswick-Hanovre s'empressa de l'attacher à son
service, et le nomma son bibliothécaire en lui donnant le titre
de conseiller aulique. Leibniz vint en conséquence se fixer à
Hanovre En même temps Leibniz entretenait
correspondance avec les savants de l'Europe
Leibniz. Leibniz fut à la fois jurisconsulte
publiciste, théologien, physicien, géologue, mathématicien
et historien; mais c'est surtout comme mathématicien et comme philosophe
qu'il est aujourd'hui célèbre. Il fit en mathématiques
de grandes découvertes; mais, par une singulière fatalité,
il se trouve que la plupart de ces découvertes se présentaient
en même temps à d'autres savants; c'est ainsi que Newton
lui disputa la priorité de l'invention du calcul
différentiel. En philosophie Caractérisation
de la doctrine philosophique de Leibniz.
« J'approuve, dit-il, la plus grande partie de ce que je lis. [...] La plupart des sectes, ajoute-t-il ailleurs, ont raison dans une bonne partie de ce qu'elles avancent, mais non pas tant en ce qu'elles nient. »Le premier, il a vu dans l'histoire de la philosophie non une suite incohérente d'opinions individuelles, mais le progrès, l'évolution d'une sorte de philosophie éternelle (perennis quaedam philosophia), qui va s'approfondissant et s'élargissant de plus en plus. Aussi sa méthode est-elle l'éclectisme ou plutôt cette méthode de conciliation que R. Fouillée, a essayé, plus tard, de renouveler. « J'ai été frappé, dit Leibniz, d'un nouveau système; depuis, je crois voir une nouvelle face de l'intérieur des choses. Ce système paraît allier Platon avec Démocrite, Aristote avec Descartes, les scolastiques avec les modernes. Il semble qu'il prend le meilleur de tous côtés et qu'après il va plus loin qu'on n'est allé encore. »Toutefois, il ne se propose nullement de combiner ou même de concilier les systèmes dans leur forme historique : ce qu'il prend pour objet de sa conciliation, ce sont les principes, les idées maîtresses de ces systèmes, envisagées directement en elles-mêmes et scrutées par une réflexion personnelle et indépendante. Ainsi Leibniz part de la philosophie de Descartes qui est « comme l'antichambre de la vérité », mais il en modifie profondément la méthode et les principes. En effet, la méthode philosophique, telle que Descartes l'a comprise, n'est en somme qu'une extension de la méthode mathématique, et c'est pourquoi Spinoza n'a fait que pousser à ses dernières conséquences la doctrine du maître en prétendant démontrer la philosophie more geometrico. Mais la méthode mathématique elle-même, quoique Descartes ait pu penser sur ce point, n'est qu'une application particulière de la logique, de cette même logique formelle dont Aristote a posé les règles dans sa théorie du syllogisme. Or, la logique repose tout entière sur le seul principe de contradiction, principe marqué d'un caractère de nécessité absolue ou géométrique, qui efface toute distinction entre le possible et le réel. Dès lors, la méthode philosophique de Descartes devait nécessairement le conduire à mettre en toutes choses une insupportable fatalité. II a sans doute échappé à ce fatalisme rigide où s'est enfermé Spinoza, mais par une véritable inconséquence, en juxtaposant violemment à la nécessité universelle exigée par sa méthode la liberté arbitraire qu'il lui plaît d'attribuer à Dieu. Aussi Leibniz, tout en faisant une part dans la méthode philosophique à la démonstration logique et mathématique fondée sur le principe de contradiction, donne cependant comme fondement à cette méthode dans ce qu'elle a de propre et d'original un principe tout différent, le principe de raison suffisante par lequel se trouve posé le vrai critérium du possible et du réel, et ce nouveau principe, qui ouvre à la spéculation ' métaphysique un champ de découvertes sans bornes, met partout une nécessité morale, également éloignée de la nécessité géométrique de Spinoza et de la liberté indéterminée de Descartes. Leibniz se trouve amené par là même à faire une place à l'expérience dans la méthode générale de la philosophie, laquelle se trouve définitivement constituée par la réunion de ces trois éléments : 1° démonstration logique et mathématique fondée sur le principe de contradiction;Si la démonstration logique et mathématique nous permet de déterminer a priori le possible et l'impossible, elle est impuissante à nous découvrir le réel. D'autre part, l'expérience nous fait bien connaître le réel, mais a posteriori, c.-à-d. à titre de fait brut, sans nous expliquer ni comment il est possible, ni pourquoi il se réalise en effet. D'où il suit qu'il nous faut nécessairement les compléter l'une par l'autre, et toutes les deux ensemble par un procédé supérieur qui soit proprement celui de la recherche philosophique. Cette méthode nouvelle, Leibniz
l'applique au problème fondamental de la métaphysique
qui est à ses yeux le problème de la substance.
Descartes
avait donné de la substance une définition équivoque
et incomplète qui en faisait une chose (res) sans essence,
sans activité propre, seule capable cependant d'exister
en soi et par laquelle tout le reste existerait. Spinoza
en avait conclu que si les attributs de la pensée
et de l'étendue sont distincts et même
opposés, la substance, antérieure à ces attributs,
est nécessairement une, et qu'il n'y a pas d'autre substance que
Dieu.
- Or cette fausse notion de la substance obscurcit toute la philosophie « Pour éclaircir l'idée de substance, dit Leibniz (De Primae Philosophiae emendatione et notione substantiae), il faut remonter à celle de force ou d'énergie, dont l'explication est l'objet d'une science particulière appelée dynamique. La force active ou agissante n'est pas la puissance nue de l'école; il ne faut pas l'entendre en effet, ainsi que les scolastiques, comme une simple faculté ou possibilité d'agir qui, pour être effectuée ou réduite à l'acte, aurait besoin d'une excitation venue du dehors et comme d'un stimulus étranger. La véritable force active renferme l'action en elle-même : elle est entéléchie, pouvoir moyen entre la simple faculté d'agir et l'acte déterminé ou effectué : cette énergie contient ou enveloppe l'effort (conatum involvit) et se porte d'elle-même à agir sans aucune provocation extérieure. L'énergie, la force vive, se manifeste par l'exemple du poids suspendu qui tire ou tend la corde; mais, quoiqu'on puisse expliquer mécaniquement la gravité ou la force du ressort, cependant la dernière raison du mouvement de la matière n'est autre que cette force imprimée dès la création à tous les êtres, et limitée dans chacun par l'opposition ou la direction contraire de toutes les autres. »Dans cette notion de la force est en quelque sorte comprise toute la philosophie de Leibniz; il suffirait de la développer pour en faire sortir ses théories de la nature, de l'âme Nouvelle méthode fondée sur
le principe de raison suffisante, nouvelle conception
de la substance ramenée à la
force et servant de principe à un système de métaphysique
Leibniz dans l'histoire
de la philosophie.
Cette philosophie de Leibniz et de Wolf
fut celle que Kant étudia d'abord à
Koenigsberg Mais, quoique diffuse et secrète,
l'influence exercée sur la science et
la philosophie |
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