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Sage (de Sapere = avoir de la saveur, du goût, du sens, de la raison) : a) Celui qui sait ce qui est, ce qu'il faut faire (ex. :  les Sept Sages de la Grèce). - b) Celui qui réalise un idéal moral.

Sagesse (de Sage) : a) Dans l'Antiquité grecque, la sagesse signifiait, science, et ce fut le premier nom de la philosophie. - b) Chez les moralistes anciens, ce mot désigne la première des quatre vertus fondamentales et s'appelle aussi prudence : c'est la vertu de l'intelligence, autrement dit, la science, et particulièrement la science des choses par leurs causes. - c) Plus tard, on l'entendit de la vertu : vertu morale qui dispose l'intelligence à discerner ce qu'on doit faire et éviter dans la conduite de la vie.

Saint-simonisme. - Doctrine, système de Saint-Simon et. dos disciples de Saint-Simon. D'après les saint-simoniens, à l'injustice, à l'isolement de la société actuelle doivent succéder la justice et l'association, mais il faut avant tout renverser le principe de la propriété héréditaire, d'ailleurs de plus en plus ébranlé, et hiérarchiser l'humanité suivant le principe : 

« A chacun selon sa capacité, à chaque capacité selon ses oeuvres ». 
Dans l'histoire de la société, on distingue des états organiques et des états critiques, suivant que domine le principe de l'association ou celui d'antagonisnme. L'antagonisme social doit disparaître et céder la place à l'association universelle. Le christianisme a déterminé la première pacification de l'humanité; il faut faire cesser totalement l'exploitation de l'humain par l'humain, dont les trois phases sont marquées par l'esclavage, le servage et le prolétariat.

L'Etat, et non plus la famille, héritera des richesses accumulées et répartira les instruments de travail suivant les besoins et les capacités. Une banque centrale, avec des banques spéciales, organisera la production méthodique sans disette ni encombrement.

Il faut une religion plus puissante que les religions antérieures, réhabilitant la matière actuellement sacrifiée à l'esprit; les prêtres coordonneront les efforts des savants et des industriels; c'est vers une théocratie nouvelle que s'acheminera la société; l'enseignement exercera l'activité matérielle de l'enfant pour l'industrie, la faculté rationnelle pour la science, la sympathie pour les beaux-arts. (NLI).

Salamanque (Ecole de). -

Sanction (Sanctio, de sanctum, supin de sancire = établir par un acte religieux, établir par une loi, régler, sanctionner) : a) Acte d'établir une loi; peine établie par une loi pour réprimer les infractions aux prescriptions légales. - b) Puis, peine ou récompense jointes à un ordre pour en assurer l'observation. - c) Par extension, toute peine, ou avantage qui résulte, soit du cours naturel des choses, soit de la façon d'agir.

Sânkhya. -  Un des six grands systèmes de la philosophie indienne, ou Darçanas, dont on attribue l'invention au sage Kapila.

Savoir (de Sapere = avoir de la saveur, avoir du sens) : a) Ce que l'on sait : la philosophie est le «savoir complètement unifié» (Spencer). b) Savoir s'emploie comme synonyme de Science. 

Scepticisme (du latin scolastique Scepticismus, de skeptiko = qui examine, skeptomai = examiner. Racine skep = voir). 

a) Doctrine d'après laquelle la certitude de la vérité spéculative est plus ou moins inaccessible à l'esprit humain. - Le scepticisme examine sans conclure : il consiste à soutenir que rien n'est certain, que tout est douteux et laisse l'esprit en suspens. Les Sophistes, qui prétendaient avec Protagoras que l'humain est la mesure de toutes choses, étaient des Sceptiques. Pyrrhon systématisa toutes les objections élevées contre les sens et la raison : pyrrhonisme est synonyme de scepticisme.

Les dix époques ou raisons de suspendre son jugement sont réduites par Agrippa aux cinq suivantes :

1° contradiction des jugements humains; 

2° relativité de nos conceptions; 

3° progrès a l'infini dans la démonstration; 

4° caractère hypothétique de la raison qui ne peut réussir à prouver sa propre légitimité;

5° cercle vicieux inévitable ou diallèle, parce que le démontré s'appuie toujours sur l'indémontrable.

La forme moderne du  Scepticisme est la relativité de la connaissance humaine : les sciences ont fait trop de progrès pour que les contradictions des jugements humains puissent servir d'arguments contre la certitude, mais la métaphysique n'a jamais été plus attaquée sous prétexte que nous connaissons nécessairement avec nos facultés (subjectives) de connaître, et que les choses en soi nous échappent par leur définition même, puisque, dès qu'elles se manifesteraient, elles deviendraient des phénomènes d'elles-mêmes (Relativisme, Criticisme).

 b) Tournure d'esprit qui porte à nier.

Schématisme (de Schème) : d'après Kant, les catégories de l'entendement sont des fonctions unificatrices de l'esprit, qui par elles-mêmes ne sont pas applicables aux données de l'expérience. D'autre part, les données de l'expérience ou impressions empiriques participent à l'étendue et à la durée au moyen des intuitions pitres ou formes a priori de la sensibilité, l'espace et le temps. Pour que les impressions sensibles, ainsi élaborées, apparaissent à la conscience comme phénomène, c'est-à-dire comme objet, il faut que les catégories de l'entendement leur soient appliquées. Le but du Schématisme transcendantal est précisément, de montrer comment s'opère cette application. Voir Schème, 4°. - Le mécanisme de cette application est si arbitraire et si compliqué qu'il est abandonné même par les partisans du Kantisme.

Schéma, Schème, Schématisme (Schema = manière d'être, figure, esquisse ).

1°) Tracé figurant, par les proportions et relations de certaines lignes, les lois de variation de certains ordres de phénomènes en physique, en mécanique, en statistique. 

2°) Figure simplifiée d'un objet réduit aux traits essentiels (ex. :. tracé figurant la disposition d'un organe). 

3°) En Philosophie : 

a) C'est la forme sous laquelle on se représente un concept.

b) On entend aussi par schème une sorte d'image vague, peu déterminée (par exemple,  on se représente le cheval, le chien, le lion, etc., sous le schème de quadrupède. C'est alors l'image composite.

4°) Un schème, dans la langue de Kant, est une forme qui rend applicables aux phénomènes les concepts purs de l'entendement. Le schème est fourni par l'imagination et sert d'intermédiaire entre les concepts purs et les intuitions empiriques : on dira, par exemple, que la succession est le schème de la causalité parce que, lors même que la cause et l'effet sont simultanés, nous attribuons à la cause une sorte d'antériorité par rapport à l'effet. De même la permanence serait le schème de la substance.

Kant donne le nom de schématisme de l'entendement pur au procédé par lequel nous nous servons
du schème pour appliquer les concepts aux objets ou plutôt aux intuitions : la pure pensée ne s'applique aux choses que par l'intermédiaire des images individuelles et des images généralisées ou schèmes. Les schèmes transcendantaux correspondent aux catégories : ce sont, par exemple, pour la catégorie de la quantité, l'unité, la pluralité, la totalité.

Scholie, scolie (scholion = explication, commentaire, note, de scholè = loisir consacré à l'étude, école) : remarque sur un théorème pour en compléter ou limiter l'application.

Science (Scientia, de sciens, participe présent de scire = savoir) : a) C'est un synonyme de savoir. - b) Subjectivement : sens péripatéticien et scolastique connaissance des choses par leurs causes; - c) Objectivement : ensemble d'énoncés sur le monde reliés entre eux par une méthode. Savoir, a dit Kepler, c'est mesurer; la quantité seule peut être mesurée exactement; toute science est donc un système de connaissances quantitatives.

On distingue quelquefois les sciences spéculatives et les sciences pratiques, mais toute science est de sa nature spéculative ou théorique, et quand elle devient pratique, c'est qu'elle se transforme en art, en technique.

On a essayé bien des fois de donner une classification des sciences. Celle qui a régné le plus longtemps est celle du Moyen âge. Toutes les sciences étaient réparties dans le quadrivium et le trivium. Mais cette classification n'a aucune importance philosophique. Les plus célèbres, dans les temps modernes, sont celles de Bacon, d'Ampère et de Comte.

Bacon classe les sciences d'après les facultés qui les engendrent. La raison donne les sciences philosophiques et théologiques, l'imagination les sciences poétiques, la mémoire les sciences historiques (histoire proprement dite et histoire naturelle). On voit assez l'insuffisance et l'arbitraire de cette classification mise en honneur par d'Alembert dans la préface de l'Encyclopédie : d'abord toutes nos facultés concourent, bien loin que chacune d'elles agisse isolément, dans tel ou tel ordre de sciences; ensuite ces facultés elles-mêmes sont énumérées arbitrairement; enfin l'esprit est choqué de trouver dans un même groupe l'histoire civile et politique et l'histoire naturelle.

La classification d'Ampère, fondée non plus sur les facultés du sujet, mais sur les différences des objets, est tout autrement complète et rigoureuse. Qu'il suffise d'indiquer les grandes divisions, sciences cosmologiques (de la matière) et noologiques (de l'esprit), subdivisées, les premières, en cosmologiques proprement dites ou de la matière inorganique, et physiologiques ou de la matière organisée, etc. Il poursuit cette division avec une rigueur systématique et obtient cent vingt-huit sciences. C'est un des plus grands efforts de l'esprit philosophique et encyclopédique au XIXe siècle : cependant cette classification compliquée est généralement abandonnée.

Auguste Comte range les sciences : 1° dans l'ordre où elles s'inipliquent théoriquement; 2° dans l'ordre où elles se sont développées historiquement, et cet ordre est le même que le précédent. Il obtient ainsi la série suivante : 1° mathématiques; 2° astrononmie; 3°physique; 4° chimie ; 5° biologie; 6° sociologie. Pour Comte, la psychologie rentre dans la biologie, et la logique, omise également, n'est que la méthodologie de chaque science. Herbert Spencer a critiqué et, sur certains points, amélioré et complété la classification positiviste, mais sans beaucoup modifier ses traits essentiels.

Scientisme. - Croyance selon laquelle les résultats des sciences se placent au-dessus de toute critique philosophique. Cet acte de foi-paradoxal, qui au nom de la raison nie la raison, conduit notamment à affirmer que les questions philosophiques (voire les questions relevant des diverses sciences sociales) peuvent se résoudre par le seul chemin des sciences de la nature. C'est alors une forme extrémiste du réductionnisme, autrement dit un dévoiement d'une démarche méthodologique, qui se trouve ainsi érigée en mysticisme, au nom d'un prétendu rationalisme, qui est justement tout le contraire d'un rationalisme bien compris.

Le scientisme a eu son heure de gloire à la fin du XIXe siècle. RenanMarcelin Berthelot  furent les pontifes de ce qu'on a nommé la « Nouvelle Idole ». A cette époque, "LA science" (expression sublimée des sciences) devait être en mesure, croyait-on, la réponse ultime à toutes les interrogations, elle devait satisfaire tous les besoins intellectuels et moraux de l'humain. 

Les scientifiques sont aujourd'hui dans leur immense majorité beaucoup plus prudents quant à la capacité des sciences à produire des vérités ultimes. Quelques scientistes subsistent encore. On en rencontre surtout parmi les chercheurs en sciences de la nature (de la cosmologie à la biologie, donc). Des sectateurs fanatiques, que l'on remarque d'autant plus aisément qu'ils peuvent mieux que les autres compter sur relais de médias de masse, toujours avides d'idées simplistes, à défaut d'être honnêtes. 

Scolastique (La) (Scholasticus, scolasticus = qui a du loisir, qui consacre son loisir à l'étude, relatif à l'étude, à l'école, de schola, scola = loisir, lieu d'étude, école) : indique la philosophie de l' « École », c'est-à-dire l'ensemble des doctrines professées dans les Écoles et Universités catholiques depuis le Xe siècle.

Scolastique (philosophie) (Philosophia scholastica, puis Scholastica, tout court). - Philosophie du Moyen âge fondée sur la tradition péripatéticienne et sur l'autorité de l'Eglise. Thomas d'Aquin, l'ange de l'école, l'a résumée et systématisée dans sa Somme.

La soumission plus ou moins complète de la philosophie au dogme, de la raison à la foi (la philosophie est la servante de la théologie), l'usage excessif de la déduction et du syllogisme, l'extrême subtilité des analyses, trop souvent verbales, la tendance à réaliser les abstractions et à créer des entités explicatives qui n'expliquent rien : tels ont été les abus de la scolastique, dont le règne ne finit qu'avec Bacon et Descartes.

Mais elle a rendu de grands services à l'esprit humain en maintenant le goût de la philosophie et la passion de la dialectique, en créant un langage technique d'une rigoureuse logique, sur lequel nous vivons encore et qui a contribué largement à donner à la langue française sa clarté et sa précision.

Il faut donc se garder de mépriser « le fatras scolastique », et faire comme Leibniz, qui puisait largement dans cet arsenal de mots et d'idées.

Scotisme. - Ce mot désigne d'une manière générale la philosophie de Duns Scot et d'une manière particulière, qui est la plus fréquente, l'opposition de cette philosophie avec celle de saint Thomas, le thomisme, sur le point particulier de la liberté en Dieu. Duns Scot, pénétré de l'idée que l'âme est une, critiquait et condamnait toute théorie qui considère les facultés comme ayant une existence distincte et séparée de l'âme elle-même. En Dieu il plaçait l'attribut volonté avant l'attribut intelligence : Dieu est une liberté infinie qui n'est point déterminée par les lois des intelligences, mais qui pose ces lois pour elle-même et pour tous les esprits. Sur la primauté de la liberté en Dieu par rapport à l'intelligence, Descartes a repris la tradition du scotisme : Dieu, selon lui, établit librement les vérités nécessaires comme un roi établit des lois en son royaume. Leibniz a au contraire repris la tradition du thomisme : les principes pensés par l'intelligence divine s'imposent à la volonté de Dieu, qui est nécessité moralement à choisir le meilleur.

Ajoutons que les Scotistes ont enseigné, contrairement aux Thomistes, que la matière des corps terrestres et des corps célestes est identique. Ils ont vivement combattu la prémotion ou prédétermination physique. Le principe d'individuation est, selon eux, une entité surajoutée à l'essence des êtres, qu'ils nomment Eccéité.

enfin, Scot restreint la pluralité des formes aux êtres vivants ; beaucoup de ses disciples l'attribuent à tous les êtres de la nature. Il a imaginé, ou du moins ses disciples, une distinction formelle, qui a beaucoup nui au Scotisme. Cette distinction, en effet, n'étant de l'aveu même des Scotistes, ni réelle, ni de raison, est inconcevable, parce qu'il n'y a pas place punir une distinction intermédiaire. 

Sécant, sécante (mathématiques). - Cette expression a plusieurs sens, qui cependant, malgré leurs différences apparentes, dérivent tous de la même idée. Comme l'indique l'étymologie, une figure sécante veut dire qui coupe, qui rencontre. Par exemple, par rapport à une surface, un plan sécant est un plan qui rencontre cette surface. Une droite est sécante on extérieure à un cercle tracé dans un plan qui contient cette droite,suivant qu'elle le coupe ou non; si elle le touche en un seul point, elleest tangente; de même, des droites parallèles, dans un mêmeplan, mi des plans parallèles dans l'espace, sont coupés par une sécante, si cette dernière droite n'est pas elle-même parallèle aux droites ou aux plans donnés. Toutes ces figures se prêtent à de nombreuses propositions classiques de géométrie sur lesquelles il n'y a pas lieu d'insister ici.

En trigonométrie, dans la définition élémentaire des fonctions circulaires, on appelle sécante d'un arc AM le segment de droite OT qui part du centre du cercle trigonométrique et qui aboutit au point de rencontre du rayon OM prolongé avec la tangente AT à l'origine de l'arc AM.

Secte (Secta, voie qu'on suit, manière d'agir, école, secte, de sequor = secutus sum = suivre) : a) Groupe d'individus professant une même doctrine : ex. : la secte épicurienne. - b) Sens péjoratif : groupe d'individus passionnément attachés à une doctrine et par suite, intransigeants à l'égard des autres.

Section (du latin sectio; de secare = couper). - Action de couper : coupe, endroit où une chose est coupée, tranchée.

En géométrie, onn nomme en général section d'une surface la ligne déterminée sur elle par la rencontre d'une autre surface définie. Les sections planes sont naturellement celles qu'on étudie d'abord. C'est en coupant les surfaces simples par des plans que les géomètres grecs s'élevèrent d'abord à la conception de courbes plus compliquées que le cercle. Les sections coniques, dans lesquelles rentrent les sections cylindriques, furent les premières qui se présentèrent à leurs recherches.

Si le plan sécant rencontre toutes les génératrices d'une nême nappe du cône, la section est une ellipse. Si le plan sécant rencontre les génératrices des deux nappes, la section est une hyperbole. Si le plan sécant est parallèle à une génératrice, la section est une parabole. 

Section antiparallèle du cône oblique : Les Anciens nommaient cône oblique un cône ayant encore pour directrice la circonférence d'un cercle, mais son sommet situé hors de l'axe de ce cercle; c'est pour nous un cône du second degré. Les sections planes d'un cône du second degré sont encore des courbes du second degré. Mais, parmi ces sections, il en est de remarquables, il existe un premier système de sections circulaires : ce sont les sections du cône par des plans parallèles à la directrice. Les sections circulaires du second système sont fournies par des plans perpendiculaires au plan de symétrie ou principal du cône, qi coupent ce plan principal Suivant des droites inclinées sur les génératrices principales comme les traces des sections circulaires du premier système, mais de façon que les angles égaux ne correspondent pas aux mêmes génératrices C'est en raison de cette dis position qu'on a donné le nom d'antiparallèles aux sections du second système.

Secundum quid : expression scolastique signifiant : sous un certain rapport, dans une certaine mesure (ex. : telle affirmation est vraie secundum quid). S'oppose à Simpliciter

Séismologie. - Branche de la géophysique qui étudie les séismes ou tremblements de terre.

Sémantique (Sèmantikos = qui signifie, de sèmainô = marquer d'un signe, expliquer, signifier, de sèma = signe). -  Etude des éléments du langage considérés du point de vue de leurs significations. Ce mot  a été proposé par Michel Bréal. Telle que la définit Bréal, la sémantique ne se réduit pas à l'étude des changements de sens subis par les mots : elle embrasse tous les phénomènes du langage, en tant qu'ils sont des manifestations de l'intelligence humaine. La sémantique n'est donc pas une partie distincte de la grammaire. Phonétique, étymologie, morphologie, syntaxe peuvent être étudiées soit à un point de vue purement formel, soit au point de vue sémantique. Sémantique est donc synonyme de « psychologie du langage ». C'est la sémantique, par exemple, qui rend compte des phénomènes d'analogie, c'est-à-dire des irrégularités phonétignes ou morphologiques dues à l'association des idées. Les changements réguliers dans les formes ou les constructions relèvent également de la sémantique, ainsi que la création des néologismes, etc.

Semblable (de Sembler, de similare = être semblable, rendre semblable, de similis = semblable) : a) En général, ce qui présente avec un autre objet une grande ressemblance : ex. : nous appelons les autres humains nos semblables. - b) En un sens large, semblable équivaut à analogue, c'est-à-dire à ce qui a, avec d'autres, quelque chose d'identique et quelque chose de différent.

Sens (Sensum, de sensum, supin de sentire = percevoir par les sens, sentir, penser) : ce qu'un mot ou tout autre signe disent à l'esprit. - Sens : a) usuel; b) arbitraire. - Sens composé et sens divisé : une expression est prise, comme disent les Scolastiques, in Sensu composito, quand ses éléments doivent être pris ensemble connue formant un tout solidaire. Elle est prise in Sensu diviso, quand certains de ses éléments doivent être entendus indépendamment des autres.

Sens: a) Faculté d'éprouver une catégorie de sensations. - b) Faculté de Connaître d'une manière immédiate, intuitive : sens intime; sens moral, sens du vrai, du beau. - c) D'où, intelligence spontanée, facile, droite.

Les sens et leurs organes sont les divers moyens par lesquels nous entrons en relation avec le monde extérieur : le toucher (sens intellectuel), la vue, l'ouïe (sens esthétiques), le goût et l'odorat (sens chimiques).

Quelques psychologues ont admis autrefois aussi un sens vital qui nous renseigne sur les modifications de notre propre corps, et un sens musculaire spécialement affecté aux mouvements que nous imprimons aux muscles par l'intermédiaire des nerfs.

Outre les sens externes, les Scolastiques admettaient des sens internes, sans organes extérieurs le sens commun (qui réunit les impressions et nous fait rapporter, par exemple, à un objet unique, la chaleur, la lumière, les crépitements de la flamme); l'imagination (qu'ils distinguaient quelquefois en imagination proprement dite et fantaisie) ; l'estimative (analogue à l'instinct) ; la mémoire (en tant qu'elle a pour objet le sensible, non l'intelligible).

Aujourd'hui on appelle encore quelquefois la conscience psychologique sens intime ou sens interne.

Sens (Bon) : a) Capacité naturelle de bien juger et d'apprécier les choses à leur valeur. - b) Synonyme de raison chez Descartes.

Sens commun. - Cette expression, qui traduit deux expressions latines, sensus communis et sensorium commune, ne désigne plus le sensorium (ou lieu cérébral de convergence des impressions sensibles, organe du sens commun), mais les vérités communes ou soi-disant communes à tous les hommes. C'est donc un nom populaire de la raison.

L'école écossaise aimait à invoquer les vérités du sens commun qu'elle appelait encore des préjugés légitimes.

Dans le sens de criterium de la vérité, le sens commun se confond avec le consentement général.

Quelquefois enfin, cette expression s'entend du bon sens, de la rectitude de jugement, et c'est ce qui a fait dire que le sens commun n'est pas si commun qu'on pense.

Sens propre : a) Sens propre des mots : ce qu'ils signifient à proprement parler. S'oppose à sens figuré : ce qu'ils signifient par métaphore. - b) Attache excessive à sa façon particulière de voir et de juger.

Sensation (de Sensus = action de s'apercevoir, sensation) :  phénomène psychique, agréable ou pénible, qui a pour antécédent une stimulation nerveuse transmise au cerveau. .La sensation, ou acte de sentir, diffère à la fois de l'impression qui la précède et de la perception qui la suit.

Les psychologues admettent des sensations agréables, désagréables et indifférentes. Ils réservent le nom de sentiment aux états affectifs non localisés, et qui ont pour antécédent une idée plutôt qu'une impression des corps extérieurs.

La sensation a un double caractère : elle est affective en tant que pénible ou agréable, et elle est représentative en tant qu'elle détermine la perception et nous renseigne sur l'objet qui la produit. On dit quelquefois que le caractère affectif et le caractère représentatif des sensations sont en raison inverse l'un de l'autre. 

L'expression sensations spécifiques indique la différence d'espèce des sensations visuelles, auditives, tactiles, odorantes, gustatives.

La localisation des sensations consiste à leur assigner un siège dans les parties superficielles ou profondes de notre corps.

Sensation transformée. - On appelle système de la sensation transformée la théorie de Condillac qui explique toutes nos idées par la sensation : comme représentative, elle se transforme en attention, comparaison, jugement; comme affective, elle se transforme en désir et volonté. La volonté n'est elle-même que le désir qui l'emporte sur les autres, comme l'attention n'est que la sensation dominante : la sensation explique donc tout l'humain intellectuel et moral selon Condillac et les idéologues (Sensualisrne).

A ce système ingénieux manque l'idée d'activité ou l'idée d'effort que Maine de Biran devait restaurer en philosophie : si tout est sensation ou sensation transformée, qu'est-ce qui transforme la sensation, sinon un principe d'activité, une énergie que l'on retrouve dans l'exercice de tous nos sens, puisque la langue même nous force à distinguer, voir et regarder, entendre et écouter, toucher et palper, goûter et savourer, odorer et flairer?

Sensibilité (Sensibilitas, de sentire = apercevoir par les sens, sentir) : 

a) Faculté d'éprouver et de produire des phénomènes ayant un caractère affectif,  d'éprouver le plaisir et la douleur, les sensations et les sentiments. Elle comprend aussi les inclinations et les passions.

On la divise quelquefois en sensibilité physique (sensation) et sensibilité morale (sentiments).

Y a-t-il des faits sensibles indifférents, c'est-à-dire ni agréables ni douloureux, c'est une question débattue en psychologie. Biran admettait l'existence d'états affectifs inconscients, non sentis. 

 b) Ensemble des phénomènes affectifs.

c) Tendance à s'émouvoir facilement, à éprouver de la sympathie pour les autres. 

d) Subtilité, délicatesse des sens.

Sensible (Sensibilis, de sentire = apercevoir par les sens, sentir) : ce qui se rapporte à la sensibilité, soit au sens actif, soit au sens passif.

Sensorium ou Sensorium commune  (en grec aisthétérion). - Cette dénomination paraît avoir sa première origine dans la philosophie d'Aristote, d'où elle est passée dans la scolastique et la philosophie moderne. Aristote, eneffet, distingue,d'une part, les sens propres ou particuliers, tels que la vue, l'ouïe, etc., qui ne nous font connaître chacun qu'une propriété spéciale des objets extérieurs, et un sens commun, qui centralise et réunit les données des précédents de manière à nous faire connaître les objets extérieurs dans la réalité concrète, c.-à-d. avec, l'ensemble de leurs propriétés

Les sens propres ont des organes externes, oeil, oreille, etc. ; l'organe du sens commun devait être nécessairement interne : c'étaitla région du cerveau où viennent aboutir et se rencontrer les prolongements des organes externes affectés aux différents sens particuliers. Cet organe supposé était proprement le sensorium commune, centre cérébral où les sensations sont rapprochées, combinées entre elles, fusionnées avec des images, des souvenirs, etc., en un mot, transformées en perceptions.  C'était, en général, cet organe que l'on considérait comme le siège de l'âme elle-même; de sorte que, sur l'un ou sur l'autre sujet, les hypothèses philosophiques ont subi à peu près les mêmes variations. 

Après qu'on ait abandonné l'idée d''un "organe du sens commun" le mot de sensorium a continué d'être employé par les physiologisqtes du XIXe siècle pour désigner, en dehors de toute hypothèse, la partie du cerveau, quelle qu'elle soit d'ailleurs, où se font la comparaison consciente des sensations et l'élaboration de la pensée.

Sensualisme(de Sensualis, relatif aux sens, de sensus, action de percevoir par les sens, de sentine = sentir). -  Mot très défectueux par lequel on désigne toute doctrine qui fait dériver toute la connaissance de la sensation. Il est de tradition, dans l'école éclectique, de désigner ainsi, en particulier, le système de la sensation transformée de Condillac et de ses disciples. Il a le grand inconvénient d'insinuer une idée défavorable et de présenter une nuance très fausse par sa parenté avec sensuel, sensualité. (On a proposé de dire plutôt sensationisme, puisque, d'après ce système, toutes nos idées viennent de la sensation, rien n'est dans l'esprit qui n'ait été auparavant dans les sens. Mais le rapprochement de ce mot avec celui de sensationnalisme ne rend pas ce choix plus heureux). Sensisme s'emploie quelquefois comme synonyme de Sensualisme. 

Comme affective, la sensation produit, selon Condillac, le désir de la volonté, toutes nos facultés actives; comme représentative, elle engendre l'attention (sensation la plus forte), la comparaison (double attention) et le jugement; bref, toutes nos opérations intellectuelles. La difficulté du système consiste a passer de la sensation, état passif, à l'attention, état astif, et du désir qui est fatal â la volonté qui est libre ( Sensation transformée).

Sentiment (de Sentir). - a) Phénomène psychique, agréable ou pénible, qui a pour antécédent un autre phénomène psychique. Le sentiment diffère de la sensation en ce qu'il a pour antécédent une idée (claire ou confuse) et qu'il ne se localise pas dans telle ou telle région du corps. La joie et la tristesse sont des sentiments, la faim et la soif sont des sensations.

b) Dans la langue du XVIIe siècle, sentiment signifie acte de sentir en général et la distinction précédente n'est pas usitée : Malebranche dit que nous connaissons l'âme par sentiment.

c) Ensemble d'émotions ayant pour causes des inclinations sociales ou altruistes. 

d) Connaissance immédiate, ordinairement vague. 

e) Opinion, avis  ('ex. : tel est mon sentiment).

Séquence (Sequentia = suite, de sequens, sequentis, participe présent de sequire = suivre) : les philosophes anglais emploient ce mot dans le sens de succession (ex. : loi de séquence des phénomènes).

Série (Series = rangée, suite, enchaînement, de serere = lier, enchaîner). 

a) Suite ordonnée de termes variant d'après un ou plusieurs caractères déterminants.

b) En mathématiques, on appelle série, dans un sens qui découle du précédent, une suite de termes en nombre infini, qui se succèdent et se, forment d'après une loi donnée, en sorte que le terme de rang n puisse s'écrire dès que l'on tonnait le nombre n. Les séries comprennent deux catégories bien distinctes : 

1° les séries convergentes dont la somme des n premiers termes tend vers une limite finie quand le nombre n croit indéfiniment;

2° les séries divergentes dans lesquelles la somme des n premiers termes ne tend vers aucune limite quand n croît indéfiniment ou tend vers plusieurs limites, suivant la manière dont n croît.

Les progressions géométriques dont la raison a un module inférieur à l'unité sont les séries convergentes les plus simples. Les progressions arithmétiques sont des séries divergentes; les progressions géométriques dont la raison a un module supérieur à un sont également divergentes.

c) Auguste Comte emploie ce mot pour signifier les différentes classes de faits sociaux : moraux, religieux, économiques, etc. 

Sigillographie (du latin sigillum = sceau, et du grec graphein = décrire). -  Branche de l'archéologie et de la diplomatique, qui a pour objet l'étude des sceaux.

Signe (Signum = signe, marque). -  Un signe est un phénomène dont la présence éveille ou suggère la pensée d'un autre phénomène. Les signes physiognomiques révèlent nos émotions et même nos pensées.

Dans la théorie du langage, on a coutume de distinguer les signes naturels et les signes artificiels ou de convention : un cri est le signe naturel de la douleur; un mot est le signe artificiel d'une idée.

Il est assez généralement reconnu que nous ne pouvons penser sans signes, non plus que sans images : toutefois il faut remarquer que logiquement, sinon chronologiquement, l'idée précède le signe et peut seule lui donner un sens en tant que signe.

Signe (mathématiques). - Bien que le terme général de signes puisse s'appliquer aux divers symboles de l'analyse, on l'emploie en mathématiques plus particulièrement en l'appliquant aux deux signes +, -, qui symbolisent l'addition et la soustraction. C'est la généralisation de l'usage du signe - qui a conduit à la théorie des quantités négatives. Les applications de cette théorie sont innombrables dans toutes les mathématiques, et nous n'en pouvons même ici donner des exemples. 

Il nous paraît plus utile d'insister sur l'extension de ces notions à la géométrie. Dès que l'on considère des segments portés sur une même droite on sur des droites parallèles, il est indispensable, si l'on veut arriver à une conception un peu précise et complète des faits géométriques, d'affecter chaque segment d'un signe qui exprime son sens, le sens positif étant d'ailleurs arbitraire et fixé par convention. Les angles ne peuvent non plus entrer dans le calcul sans être affectés d'un signe. De même, par voie de conséquence, les aires des figures planes doivent, elles aussi, être affectées d'un signe, qui correspond au sens de circulation, suivant lequel le périmètre est supposé parcouru. II est enfin possible de donner éga-lement un signe au volume d'un tétraèdre.

C'est grâce à l'introduction des signes qu'on a sur une droite, entre trois segments AB, BC, CA, la relation AB + BC + CA = 0 qui existe toujours, quelles que soient les positions des points A, B. C sur la droite. Il y a lieu de remarquer aussi la relation : (OAB) + (OBC) + (OCA) = (ABC) entre les aires des quatre triangles OAB,... sur un même plan, relation qui est toujours vraie, si l'on tient compte des signes, pour quatre points arbitraires du plan. (C.-A. Laisant).

Signification (Significatio, de signi-ficare = faire signe, signifier) : a) Ce qu'un signe représente. - b) Propriété qu'a un signe de suggérer l'idée d'un autre fait. 

Sinéquisme. -

Sinus (trigonométrie). - Si, dans un cercle de rayon un, appelé cercle trigonométrique, on considère un angle AOM, correspondant à l'arc AM, et si l'on abaisse la perpendiculaire MP sur OA, le segment PM est dit le sinus de l'angle, ou de l'arc. L'angle et l'arc sont évidemment mesurés par le même nombre, et le sinus est lui-même mesuré par un nombre, positif ou négatif, compris entre les limites - 1 et +1. 

Dans la même figure, on appelait jadis sinus-verse le segment PA ; cette appellation a été depuis totalement abandonnée.


Social (Socialis = fait pour vivre en société, de sociare = rendre commun) : 

a) Social s'oppose à Individuel et signifie tout phénomène de relation entre les individus formant un groupe, une société. 

b) Social, pris strictement, s'oppose à politique. Est politique tout ce qui se rapporte à la souveraineté. Est social tout ce qui a trait à la constitution de la société, tout ce qui est relatif aux intérêts collectifs des individus considérés dans leurs rapports mutuels, spécialement les rapports des classes de la société, en tant qu'elles ont des intérêts distincts ou opposés.

Socialisme (de Social) : Nom commun des théories qui subordonnent à des degrés divers l'individu à l'État et la propriété individuelle à la propriété collective.

1°) Ce mot a été employé par Pierre Leroux, par opposition à Individualisme. Il entend par là :

« l'exagération de l'idée d'association ou de société » (De l'Individualisme et du Socialisme, 1847). 
Il se donne comme l'inventeur de ce mot. Quoique ce mot ait été employé avant lui, il peut se faire qu'il n'en ait pas eu connaissance. 

2°) En général, le Socialisme est la doctrine qui réclame « certains modes d'ingérence de l'État dans les relations entre producteurs ou entre producteurs et consommateurs ». 

Il prend les noms de communisme, collectivisme, socialisme d'État, coopératisme, etc., selon ses tendances. Le Saint-simonisme est une forme du socialisme ou du communisme.

Platon, qui admettait la communauté des biens, des femmes, des enfants, était communiste.

On voit que les formes du socialisme sont trop multiples pour qu'on puisse donner de cette doctrine une définition rigoureuse.

L'anéantissement complet de l'individu au profit du corps social est énergiquement exprimé dans cette formule hégélienne : l'État est la substance des individus.

Société (Societas = réunion, de socius = compagnon) : sens général : union de personnes tendant à une même fin par des moyens communs.

Sociologie. - (socius = membre d'une société; logos = science). Mot hybride (formé de la juxtaposition  d'un mot latin et d'un mot grec) qui désigne la science qui étudie les sociétés humaines.

Ce mot, forgé par Auguste Comte, a d'abord servi à désigner la science sociale telle que la conçoit la philosophie positive. Pour le Positivisme de Comte, la sociologie est la dernière et la plus complexe de toutes les sciences : telle que Comte la conçoit, elle comprend l'histoire, l'économie politique, la politique. C'est une théorie de la statique sociale (ordre) et de la dynamique sociale progrès).

Sociologisme (de Sociologie) : doctrine de l'École sociologique qui prétend expliquer les principaux faits religieux et résoudre les problèmes philosophiques par l'influx social.

Sociologique (Morale) : système pour lequel la vraie morale est celle qui est réclamée par l'état social du temps (Durkheim, Lévy-Brühl).

Socratique (Philosophie). - La révolution socratique, comme toute révolution philosophique, porte surtout sur la méthode : Socrate ramena la pensée, des spéculations cosmogoniques où elle se perdait, à l'étude de l'humain, « du ciel sur la terre ». La méthode socratique comprenait deux procédés essentiels, l'ironie, pour réfuter les Sophistes, et la maïeutique, pour la découverte du vrai. Socrate recommandait et pratiquait l'induction comme moyen de passer des cas particuliers aux concepts généraux, et la définition comme moyen de fixer avec précision le sens des mots et la compréhension des idées générales. 

A l'école socratique, dont le plus célèbre représentant fut Platon, il faut joindre les demi-socratiques : Aristippe, qui professa la morale du plaisir; Antisthène, le chef de l'école cynique, et Euclide de Mégare, chef de l'école éristique.

Solidarisme (de Solidaire) : doctrine qui donne la solidarité comme le principe de la morale, de la politique et de la science économique.

Solide (Solidus = tout d'une pièce, solide, de l'archaïque sollus = tout entier). - En géométrie, c'est un objet tri-dimensionnel délimité par des surfaces.

Solipsisme (de Solus = seul; ipse = moi-même) : a) Subjectivisme théorique, d'après lequel on ne peut rigoureusement démontrer l'existence du monde extérieur et des autres hommes. - b) Kant emploie ce mot dans le sens d'égoïsme.

Solution (Solutio = action de délier, relâchement, de solutum, supin de solvere = disjoindre). - La solution d'un problèmeest la réponse à la question posée dans l'énoncéde ce problème. Lorsque l'on résout un problème parl'algèbre, on trouve souvent des solutions qui ne répondent pas à la question posée dans l'énoncé, et il ne faut pas s'en étonner, car il y a toujours dans la mise en équation d'un problème quelque chose de sous-entendu. Quand on dit soit x, une inconnue, elle satisfait à telle condition, il n'en résulte pas que tout a qui satisfera à cette condition sera un x. S'agit-il, par exemple, de trouver sur un cercle  les points d'où l'on peut mener des tangentes égales à deux cercles donnés A, B, ces points se trouveront à l'intersection du cercle e avec l'axe radical des cercles A, B. Or, le calcul fournit des points qui, quoique souvent réels et au nombre de deux, peuvent ne pas convenir à la question s'ils se trouvent sur la partie de l'axe radical intérieure à A et B. Si, par exemple, on a pris -pour inconnue x le distance du point cherché au centre du cercle c, on a sous-entendu que six satisfait à la question, il satisfera aussi à l'équa-tion du problème, mais la réciproque n'est pas vraie. Il faudra donc toujours dans toute question résolue par l'algèbre s'assurer à posteriori que les solutions conviennent à la question. (H. Laurent).

Somme. - On donne le nom de somme, ou total, en arithmétique, au résultat d'une addition. Cette dénomination s'étend à toutes les généralisations de l'addition. C'est ainsi par exemple qu'on parle souvent de sommes géométriques (sommes de vecteurs) on de sommes de quantités complexes quelconques.

Sommet. - Ce mot s'emploie dans plusieurs sens. Lorsqu'il s'agit d'un polygone, c'est le point d'intersection de deux côtés consécutifs. Dans un angle polyèdre, c'est le pointcommun aux faces qui le composent : dans un polyèdre, les sommetsdu polyèdre sont les points communs à trois ou à unplus grand nombre de faces, c.-à-d. ceux des angles polyèdresque le solide présente, Le sommet d'un cône est le point commun à toutes ses génératrices. On appelle plus spécialement sommet d'une pyramide celui qui est opposé à la base. Dans la théorie des courbes planes, on appelle sommet un point de L courbe par lequel la courbure passe par un maximun ou un minimum. Lorsqu'il s'agit des coniques, il s'ensui que pour un sommet la normale à la courbe est un diamètre, et qu'on a cette nouvelle définition : les sommet sont les points où les axes de symétrie rencontrent la courbe La recherche des sommets se ramène donc à celle des axes On considère aussi, avec la même définition, les sommet d'une quadrique, qui se trouvent être en même temps ceux des sections principales de la surface. (C.-A. Laisant).

Sophisme (Sophisma = adresse, invention ingénieuse, sophisme, de sophizô = rendre habile, de habile. Racine soph = avoir de la saveur, du sens. sapere, sapiens) :

a) Argument non concluant, mais valide en apparence, qui a pour but d'induire en erreur. 

b) Argument composé de prémisses vraies ou jugées telles, qui vise à créer un embarras logique en aboutissant à une conclusion manifestement inadmissible.

Quelques-uns veulent que le sophisme soit faux quant à la matière, et le paralogisme quant à la forme; mais, dans l'acception générale, le sophisme ne diffère du paralogisme que par l'intention de tromper.

On distingue des sophismes de grammaire (ambiguïté des mots), et des sophismes de logique (cercle vicieux, pétition de principe, etc.); parmi ceux-ci on distingue encore des sophismes de déduction et d'induction.

Voici, d'après la Logique de Port-Royal, l'énumération et les noms usités des principaux sophismes :

1° Prouver autre chose que ce qui est en question (ignoratio elenchi, ou ignorance du sujet);

2° Supposer vrai ce qui est en question (pétition de principe ou cercle vicieux);

3° Prendre pour cause ce qui n'est pas cause (succession ou simultanéité transformée en causalité, non causa pro causa, post hoc, ergo propter hoc);

4° Dénombrement imparfait (sophisme d'induction reposant sur des faits insuffisants);

5° Juger d'une chose par ce qui ne lui convient que par accident (illusion de l'accident, fallacia accidentis);

6° Passer du sens divisé au sens composé, ou du sens composé au sens divisé (fallacia compositionis, divisionis, illusion de composition, de division);

7° Passer de ce qui est vrai à quelques égards à ce qui est vrai simplement (a dicta secundum quid ad dictum simpliciter).

Il faut remarquer que les noms traditionnels latins sont encore assez souvent employés; c'est pour cela qu'ils sont donnés ici.

Jeremy Bentham a nommé sophismes parlementaires :

1° Le sophisme d'autorité (abuser de l'autorité qu'on s'est acquise dans un ordre spécial de questions pour s'arroger la même autorité dans une question toute différente et enlever une décision).

2° Le sophisme de péril (agiter le drapeau rouge ou le drapeau blanc, évoquer le spectre de la guerre civile ou de la guerre étrangère, de la submersion migratoire, etc.).

3° Le sophisme de dilation (accepter une mesure proposée en la renvoyant aux calendes grecques : d'ici là, le roi, l'âne ou moi nous mourrons).

4° Le sophisme de confusion (confondre sciemment les questions. Scipion sommé de rendre des comptes s'écrie : « A pareil jour nous avons vaincu les Carthaginois; allons au Capitole remercier les dieux ».

Sophistes (Sophistès = habile en quelque chose, de rendre habile, de sophos = habile, sage) : 
a) Celui qui est habile ou savant. 

 b) Celui qui fait profession d'enseigner l'habileté et la science.

c) A partir de Platon celui qui recourt habituellement aux sophismes (ex. : les Sophistes grecs). 

L'école des Sophistes, dont les principaux sont Gorgias et Protagoras, Prodicos, Hippias, était une école de rhéteurs et de sceptiques qui professaient la relativité de la connaissance et surtout la relativité, c'est-à-dire, au fond, l'inanité de toute morale. Ils opposaient le bien selon la nature et le bien selon la loi : la loi n'était à leurs yeux qu'un artifice des faibles pour se défendre contre les forts qui ont, de par leur force même, tous les droits.

Les Sophistes ont néanmoins le mérite d'avoir préparé Socrate qui les combattit, parce qu'avant lui ils ramenèrent la philosophie « du ciel sur la terre », c'est-à-dire des spéculations cosmologiques aux problèmes de la morale et de la politique et à l'étude systématique de l'humain.

Leur art, c'est-à-dire l'argumentation captieuse et spécieuse, est la sophistique.

Sophistique. - a) Art de rendre le; humains meilleurs c'est-à-dire supérieurs à ce qu'ils étaient (Cf. Platon, Protagoras). - b) Art de soutenir le pour et le contre, de donner à l'erreur un faux air de vérité, de rendre une thèse vraisemblable ou absurde selon l'intérêt du moment (Sophisme). C'est l'attitude commune aux Sophistes grecs . 

Sorite (Sorites, sôreitès = mis en monceau, de sôreuô = entasser, sôros =  tas). 

a) Primitivement, le sorite fut l'argument du tas, qu'on peut faire à l'occasion de tout ce qui offre une transition graduelle. Exemples :

1) Tas de blé : si l'on ajoute un grain de blé à un grain de blé, on n'a pas un tras de blé, alors si on ajoute un grain de blé de plus, on n'aura jamais de tas. Il s'ensuit que si l'on répète l'opération indéfiniment, il n'y aura jamais de tas. 

2) Cheveux de la tête : on démontrait qu'en enlevant un à un tous les cheveux de la tête d'un homme, on ne le rend pas chauve, parce qu'on ne petit dire à quel moment précis la calvitie commence.

Les Sceptiques et les philosophes de l'Académie maniaient volontiers cet argument sophistique. 

b) Aujourd'hui, le Sorite est un argument correct, formé d'un enchaînement de syllogismes arrangés de telle sorte que l'attribut d'une proposition est toujours le sujet de la suivante et que toutes les majeures manquent, excepte la première, et toutes les conclusions, excepté la dernière.

On peut citer le sorite du Renard, de Montaigne : « Ce qui fait bruit remue, ce qui remue est liquide... Donc cette rivière ne peut me porter. »

Source. - L'origine est le premier commencement des choses qui ont une suite; la source est le principe ou la cause qui produit une succession des choses. L'origine met au jour ce qui n'y était point; la source répand au dehors ce qu'elle renfermait dans son sein. Les choses prennent naissance à leur origine; elles tiennent leur existence de leur leur source. L'origine nous apprend dans quel temps, en quel lieu de quelle manière les objets out paru au jour. La source nous découvre le principe fécond d'où les choses découlent, procèdent, émanent avec plus ou moins de continuité ou d'abondance.

Sous-multiple. - Expression synonyme de diviseur ou partie aliquote. Il est tout à fait regrettable de rencontrer ainsi des termes divers pour représenter la même chose, et il est à désirer qu'on arrive enfin, surtout dans l'enseignement, à se débarrasser de ces mots surannés et parasites qui servent, en fait, à jeter de la confusion dans les idées. Ici, le mot « diviseur » semble le mieux approprié. Il est vrai de dire qu'on fait en outre un usage spécial du mot sous-multiple, dans le système des mesures, pour indiquer les unités dérivées de l'unité principale, plus petites qu'elle et contenues dans cette unité principale un nombre exact de fois; c'est ainsi qu'on dit que le décimètre, le centimètre, etc., sont des sous-multiples du mètre. Mais, même dans ce domaine restreint, l'emploi de ce vocable ne présente effectivement pas d'avantages sérieux. (C.-A. L.).

La soustraction est l'opération inverse de l'addition. Si A + B = C représente le symbole d'une addition et son résultat, on appellera soustraction l'opération qui a pour objet de trouver A, connaissant C et B, ou de trouver B, connaissant C et A. Cette définition se prête à toutes les généralisations possibles de l'opération addition, étendue même à d'autres éléments que les quantités algébriques ordinaires. Mais il faut bien remarquer que, si l'addition cesse d'être commutative, la soustraction n'est plus uniformément définie et que le reste ou la différence (on appelle ainsi le résultat de l'opération) n'a de sens précis qu'autant qu'on désigne expressément, si l'on doit opérer sur le premier ou le second des éléments qui composent la somme. On le comprend en remarquant que de A + B = C, B+ A = C', ou déduit C - A = B, C' - B = A, en opérant par rapport au premier élément; et C - B = A, C' - A=B, en opérant par rapport au second; si bien qu'il y a en réalité deux soustractions différentes. Ceci ne se présente du reste, ni dans les opérations sur les quantités algébriques, réelles ou imaginaires, ni dans celles qui concernent les vecteurs ou les quaternions. Mais dans la soustraction sphérique, définie comme opération inverse de l'addition sphérique, cette non-uniformité de la soustraction apparaîtrait. (C.-A. Laisant).

Souverain (du latin populaire superanum, de super = au-dessus, ancien comparatif de sub, qui, avec l'accusatif, signifie : en s'élevant vers) : ce au-dessus de quoi ou celui au-dessus de qui il n'y a rien de plus élevé (le souverain bien, le peuple souverain).

Spécieuse, Spécieux (Qui a belle apparence, de species = aspect, forme, de specere = regarder) : 

a) « Spécieuse générale ou universelle » : c'est le nom donnéé à l'algèbre logique que Leibniz essaya de constituer. 

b) Argument spécieux celui qui paraît probant et ne l'est pas.

Spécification (du latin scolastique Specificatio, de specificatum, supin de specificare, spécifier, de species = aspect, forme, et facere = faire) : opération par laquelle : 
a) On distingue les espèces d'un même genre. 

b) On distingue une notion ou un fait, par un caractère particulier, des notions ou faits qui leur ressemblent. 

c) Axiome scolastique : Actus specificantur ab objectis; c'est-à-dire la nature des actes est déterminée par leurs objets.

Spéculatif, spéculation (Speculativus, de speculatum, supin de speculari = épier, de specere = regarder), se dit des recherches et des études entreprises pour le seul plaisir de savoir et sans arrière-pensée d'utilité pratique. Les sciences, suivant la nature des questions dont elles s'occupent, présentent un caractère plus ou moins spéculatif : ainsi la philosophie, dans son ensemble, est une science plus spéculative que la physique; et entre les parties de la philosophie, la psychologie et la métaphysique sont plus spéculatives que la logique ou que la morale, qui, sans se résoudre entièrement dans l'art de penser ou de se conduire, ont un coté pratique que la métaphysique ne présente pas, et que la psychologie n'offre qu'indirectement. (B-E.).

Sphère. - En géométrie, on nomme  sphère une surface définie comme le lieu géométrique des La surface de la sphère est égale à 4.Pi.R2, son volume à 4/3.Pi.R3 . (avec Pi = 3,1415926...). La géométrie des figures tracées à la surface d'une sphère, ou géométrie sphérique, a fait l'objet de travaux, fort étendus. 

Les triangles sphériques à eux seuls présentent pour nous un intérêt capital, puisque nous vivons à la surface de la Terre dont la surface est sensiblement celle d'une sphère. La trigonométrie sphérique a d'incessantes applications en navigation et en astronomie (sphère céleste).

D'une façon générale, on donne en mathématiques la qualification de sphérique à tous les objets qui se rattachent plus ou moins directement à la sphère. C'est ainsi qu'on a des coniques sphériques, des coordonnées, des fonctions sphériques, etc.. -

Spinozisme. - Panthéisme de Spinoza et quelquefois simplement panthéisme. Le panthéisme de Spinoza est un panthéisme d'immanence par opposition au panthéisme d'émanation qui est celui des Alexandrins. La substance est immanente aux choses; les attributs de la substance, ceux du moins qui nous sont connus, sont la pensée et l'étendue; les modes des attributs constituent les esprits et les corps.

Ce panthéisme est fataliste parce que la liberté humaine n'est pas autre chose que l'ignorance des motifs qui toujours nous déterminent fatalement; il est acosmiste, et non pas athéistique, parce que le monde ou nature naturée n'a de réalité qu'en Dieu et par Dieu, nature naturante.

La forme du système est déductive et même purement géométrique : Spinoza, dans son Ethique, procède par axiomes, définitions, démonstrations, corollaires, comme les géomètres, ou comme il pense que procèdent les géomètres.

Il aboutit à l'amour intellectuel de Dieu comme au souverain bien de l'humain qui, par les idées adéquates, est non seulement immortel, mais éternel.

Spirale (Géométrie). - On donne en général le nom de spirales à des courbes planes fui décrivent autour d'un point fixedes circonvolutions à l'infini. Ce point fixe est habituellement appelé pôle de la spirale. Quelquefois, la courbe passe par ce pôle; quelquefois aussi, elle s'en rapproche indéfiniment sans l'atteindre jamais, c.-à-d. que le pôle est un point asymptotique. On peut imaginer des spirales à l'infini; l'étude analytique en est faite surtout en coordonnées polaires, par la nature même des choses. Les spirales les plus connues et les plus étudiées sont : la spirale d'Archimède, où le rayon vecteur issu du pôle est proportionnel à l'angle polaire du point correspondant; la spirale hyperbolique, ou le rayon est inversement proportionnel à l'angle polaire; la spirale logarithmique, qui coupe sous un même angle constant tous les rayons vecteurs, et qui présente une foule de Spiritualisme (de Spiritualis = mû par l'air, spirituel, de spiritus = souffle, esprit). - Toute doctrine qui admet l'existence de deux substances essentiellement distinctes : l'esprit caractérisé par la pensée et la liberté; la matière caractérisée par l'étendue et la communication mécanique du mouvement. Elle affirme conséquemment l'immatérialité et l'immortalité de l'âme. - Ce mot a son sens précis dans la doctrine cartésienne où l'âme, substance pensante, s'oppose au corps, substance étendue.

Il est quelquefois fort difficile de décider si une doctrine moniste est spiritualiste ou matérialiste, puisqu'elle admet l'unité de la substance et que la substance unique peut être l'esprit aussi bien que la matière.

L'accusation de matérialisme est donc souvent une accusation banale et un simple procès de tendances.

Les spiritualistes admettent généralement la liberté de l'humain, mais ils peuvent aussi la définir de telle sorte que l'humain devient un automate spirituel. Ils admettent également l'existence de Dieu, mais les uns lui accordent l'existence personnelle, les autres en font un simple idéal de la raison.

On voit par là, que le spiritualisme est une tendance plutôt qu'une doctrine : c'est la tendance à expliquer l'inférieur par le supérieur et à faire prédominer l'esprit de synthèse sur l'esprit d'analyse.

Spiritualité (du latin scolastique Spiritualitas, de spiritualis, de spiritus = souffle, esprit) : a) Caractère de ce qui est spirituel. - b) Doctrine concernant la vie spirituelle, surnaturelle de l'esprit (ex. : les Exercices spirituels d'Ignace de Loyola). 

Spirituel (Spiritualis, de spiritus = souffle, esprit) : ce qui est opposé a) à matériel; - b) à charnel, naturel; - c) à temporel.

Spontané (Spontaneus, de spons, spontis = volonté libre, initiative, de spondere = s'engager) : 

a) Ce qui est dû à l'initiative propre de l'agent et non à une cause extérieure. S'oppose alors à Provoqué, Réceptif. Par exemple, l'observation, par opposition à l'expérimentation qui est une observation provoquée. 

b) Ce qui prévient la réflexion, se fait sans examen préalable. S'oppose à réfléchi.

Spontanéité (de Spontané) : se prend dans les deux sens de Spontané. 

Initiative du mouvement. La spontanéité s'oppose à la réflexion. Notre activité est fatale, si, comme dit Malebranche, nous sommes agis; elle est spontanée dans l'instinct, libre dans la volonté.

D'après Kant, l'entendement est « la spontanéité de la connaissance ou la faculté que nous avons de produire nous-mêmes des représentations », tandis que la sensation est une réceptivité.

Stable, Stabilité (Stabilis, stabilitas = solide, solidité, de statum, supin de stare = se tenir debout) : stabilité des lois de la nature. - Fondement de l'induction d'après Reid, Dugald-Stewart, Royer-Collard.

Stade (Stadium, Stadion) : a) Période ou moment d'un développement, d'une démonstration. - b) Argument de Zénon d'Elée contre le mouvement.

Statique (Statikos = propre à arrêter, à peser, qui concerne l'équilibre des corps. Racine : Sta = placer debout, d'où, avec redoublement, sistèmi, istèmi) :

a) La Statique est la partie de la mécanique qui étudie les conditions de l'équilibre.

b) Statique de l'esprit (Herbart). - Loi statique de la pensée. - Statique sociale (Comte).

c) Considération d'un objet dans un état donné et abstraction faite de ses changements.

Statistique (de Status = station, état, situation, de statum, supin de stare = se tenir debout) : science qui consiste à recueillir et coordonner des faits nombreux relatifs à un ensemble d'objets ou d'êtres de même espèce dans le but de découvrir la loi qui les régit.

Statut social (Statutum = décret, statut, de statutus = participe passif de statuere = placer, établir) : 

a) Ensemble des rapports légaux qui s'établissent entre les humain par le fait seul de la situation qu'ils occupent dans la société (politique, familiale, professionnelle) dont ils font partie. S'oppose à contrat qui requiert un acte de volonté

b) Ensemble de règles relatives à un groupement d'individus; ex. : statut de la presse.

Stoïcisme (stoa = portique : le Poecile, portique d'Athènes, où se tenaient les premiers Stoïciens). -  Ecole fondée par Zénon de Cittium. On connaît surtout des Stoïciens la morale rigide, les paradoxes qui se résumaient dans la maxime que la douleur n'est pas un mal. Leur philosophie était un panthéisme naturaliste.

Ils considéraient le monde comme un vaste animal : les corps en étaient les membres, Dieu en était l'âme ou le principe actif, la force interne, ou, comme ils disaient encore, la raison séminale. Obéir à cette raison qui est hors de nous, c'est-à-dire aux lois de la nature qui la manifestent, c'est obéir à notre raison qui lui est  identique, c'est n'obéir qu'a nous-mêmes, puisque la raison est la partie maîtresse ou directrice de l'âme : c'est rester libre en dépit ou plutôt à cause de la fatalité universelle.

Stoïque n'est nullement synonyme de Stoïcisme : ce dernier mot désigne un système, le premier une qualité, qui consiste dans la fermeté, l'imperturbabilité à l'épreuve de la douleur; on peut être stoïque sans être stoïcien. De même on peut être épicurien sans admettre la doctrine d'Épicure

Structuralisme. -

Sturm (théorème de). - Le théorème de Sturm permet de determiner, beaucoup plus simplement que par la méthode de Lagrange, le nombre des racines réelles d'une équation numérique donnée comprises entre deux limites données et il a rendu de grands services à la physique mathématique. Il s'énonce ainsi :

Si l'on appelle x le premier nombre d'une équation algébrique à coefficients réels, x1 la dérivée de ce premier nombre, x2 le reste changé de signe de la division de x par x1 poussée aussi loin que possible, x3 le reste changé de signe de la division de x1 par x2 poussée également le plus loin possible, x4, x5,... les polynômes successifs obtenus en poursuivant les opérations de la même façon, enfin xr, le plus grand commun diviseur de x et x1 ou le reste de la dernière division  si, ensuite, dans la série des polynômes x, x1, x2,... xn - 1, xn, xn+1..., xr, on substitue successivement à x deux nombres quelconques, a et b, le nombre des racines réelles de x = 0 comprises entre a et b sera donné par la différence des nombres de variations que présenteront les deux suites de résultats, sans que, d'ailleurs, les racines multiples soient annoncées, quel que soit l'ordre de leur multiplicité, autrement que par la perte d'une seule variation.
Subalternes (propositions). (Subalternus, de sub= sous, et alternus = alternatif, de alter = l'un des deux, de la forme archaïque alis = autre). -  Des propositions subalternes sont des propositions formées avec le même sujet et le même attribut; opposées en quantité, l'une universelle, l'autre particulière; et de même qualité, toutes deux affirmatives ou toutes deux négatives. 

Telle est la nature de leurs rapports, que la vérité des propositions universelles entraîne celle des propositions particulières : Si tout homme est animal, quelque homme est animal; et Si nul homme n'est parfait, quelque homme n'est pas parfait. Mais la vérité des particulières n'entraîne pas celle des universelles. 

En revanche, la fausseté des universelles n'empêche pas nécessairement la vérité des particulières; quoiqu'il ne soit pas vrai que tout nombre soit exactement divisible, il est vrai que certains nombres sont exactement divisibles (Logique de Port-Royal, 2e partie, ch. IV). (B-E.).

Subconscience, Subconscient (Sub = au-dessous, un peu; conscientia = conscience) : ce mot signifie selon le sens qu'on attache à sub : a) un phénomène inconscient (sub = au-dessous de la conscience) ; tels les faits physiologiques, ; b) un phénomène de faible conscience (sub = un peu) ; tels certains faits psychologiques.

Subjectif (Subjectivus, de subjectum, supin de subjicere = jacere, mettre sous, soumettre) : a) Celui qui juge des choses, sans tenir compte de leur obiectivité, d'après ses impressions personnelles ; on dira c'est un subjectif. - b) Ce qui se rapporte au sujet pensant (ex. : la philosophie subjective). - c) Ce qui appartient au sujet pensant par opposition au monde physique (ex. : qualités secondes de la matière). - d) Ce qui est apparent, illusoire (ex. : sensation subjective, celle qui n'a pas de cause externe (ex. : dans l'hallucination) . - e) Ce qui appartient à la pensée humaine par opposition aux choses en soi (ex. : l'espace et le temps, d'après Kant). - S'oppose à Objectif.

Subjectivisme (de Subjectif) : doctrine philosophique qui tend à ramener à des phénomènes de conscience individuelle les jugements de valeur ou de réalité. Elle revêt divers aspects, selon qu'elle s'applique à la psychologie, à la logique, à la morale, à l'esthétique ou à la métaphysique. Elle prend aussi différents noms : relativisme, idéalisme. - On parle aussi d'idéalisme subjectif ou même simplement idéalisme). Il est douteux cependant que le subjectivisme ait jamais été professé d'une façon absolument systématique : il paraît moins être un système qu'une certaine tendance ou orientation générale de la spéculation métaphysique, celle qui consiste à subordonner ou à ramener toute autre réalité à celle du sujet pensant. En ce sens, Berkeley, Fichte, Stuart Mill, Ferrier, etc., sont subjectivistes à des degrés divers. Le subjectivisme absolu, qui n'a sans doute été professé dans toute sa rigueur par aucun philosophe, consisterait à n'admettre d'autre réalité que celle du moi individuel : c'est ce qu'on a quelquefois appelé l'égotisme.

Sublimation (Sublimatio = action d'élever, de sublimatum, supin de sublimare = élever, de sublimis = haut, de sub-levare = soulever) :  Terme employé par Freud pour signifier la transformation « de certains instincts ou sentiments inférieurs en instincts ou sentiments supérieurs ». 

Sublime (Sublimis = haut, élevé, en l'air, de sub-levare = soulever). - Kant a montré qu'il diffère de la beauté, surtout par son caractère d'illimitation et par le plaisir mêlé de douleur qu'il nous procure en nous attirant et nous repoussant tour à tour. Il distingue deux sortes de sublime le sublime mathématique ou de grandeur (le ciel étoilé), et le sublime dynamique ou de puissance (un orage sur mer).

Subsomption (du latin scolastique subsumptio, de sub = dessous, et sumptio = action de prendre, de sumptum, supin de sumere = prendre) : 

a) D'une façon générale, c'est penser un individu comme compris dans une espèce, ou une espèce comme comprise dans un genre. 

b) Chez les Scolastiques, subsumer c'est, dans une argumentation, prouver que la distinction, apportée à la majeure ou à la mineure d'un syllogisme par le défendant d'une thèse, est sans valeur. 

c) Chez Kant, c'est appliquer l'une des catégories de l'entendement aux intuitions de la sensibilité par l'intermédiaire des schèmes.

Substance (Substantia, de sub-stare = se tenir dessous) : 
a) D'une façon générale : ce qui reste permanent dans les choses qui changent. - S'oppose à accident.

b) La substance est ce qui existe en soi et supporte ou soutient les qualités; c'est, comme on dit encore, leur suppôt ou sujet d'inhérence. 

Substance pensante, substance étendue, expressions qui désignent l'âme et la matière dans le système de Descartes. 

La substance universelle est le Dieu immanent de Spinoza.

Substantialisme, Substantialiste (de Substantialis, de substantia) : Doctrine qui admet l'existence d'une substance ou de substances. - Hamilton classe les théories sur le monde extérieur en 

a) Réalisme ou Substantialisme, qui admet la réalité substantielle du monde extérieur (ex. : Théorie de l'inférence de Descartes). 

c) Nihilisme ou Non-substantialisme, qui la rejette (ex. : Immatérialisme de Berkeley). 

Substrat, Substratum (Substrat c'est le mot latin substratum francisé. Substratum vient de sub = sous, et de stratum = tendu, participe passif de sternere, stratum = étendre par terre) : 
a) Signifie ce qui, dans une chose, est distinct de ses manières d'être; en ce sens il est synonyme de substance. 

b) S'emploie, au lieu de sujet ou de substance, pour désigner ce sans quoi quelque chose ne pourrait exister ou se produire : c'est un point d'appui : par exemple,le cerveau est le substrat de la pensée.
 

Suite (du latin populaire sequita, substantif participe de sequere = suivre, forme populaire pour sequi) : 
a) Ce qui succède à autre chose : ex. :. la nuit succède au jour. 

b) Ensemble de termes ou d'objets qui se succèdent : ex. : une suite de faits dans un récit. C'est aussi le sens que prend le mot suite en mathématiques :  termes qui se succèdent en suivant une certaine loi (ex. : la suite des nombres premiers).

c) Ce qui résulte d'autre chose comme conséquence ou effet : ex. : la conclusion d'un raisonnement est la suite logique des prémisses.

Sujet (Subjectum = ce qui est mis dessous, participe passif pris substantivement de subjiceresub-jacere = mettre sous) :
a) En logique : l'être auquel est attribué le prédicat, - et, par suite, l'être réel en tant qu'il a des qualités ou exerce une action.Ainsi, le sujet ou premier terme de la proposition désigne l'idée d'être ou de substance dont l'attribut est affirmé par le jugement.

b) en psychologie, on appelle sujet l'esprit, qui connaît, par rapport à l'objet qui est connu. Le moi est le sujet des phénomènes. C'est depuis Kant que sujet s'emploie pour signifier le moi un et identique, en tant qu'on l'oppose soit à la multiplicité et à la variété des phénomènes psychologiques, soit à l'objet de la pensée.

 c) En sociologie : celui qui est soumis à une autorité souveraine : les sujets du roi.

 S'oppose à Objet.

Supposition (Suppositio, de suppositum, supin de supponere = sub-ponere, placer dessous, supposer) :

 a) S'emploie à la place de hypothèse, avec un sens peut-être moins technique.

b) Les Scolastiques donnent un sens particulier à supposition. Comme les mots ne sont que des signes tenant la place des choses (Signo sunt rerum suppositiva), ils entendent par supposition, en général, l'usage d'un terme à la place d'une chose : Suppositio est usus termini pro re aliqua. Elle comporte un grand nombre d'espèces.

Surface. - Partie extérieure, dehors d'un corps. En mathématiques toute figure nous apparaît limitée par une surface qui, à nos yeux, détermine sa forme extérieure et la sépare de l'espace environnant. Néanmoins, une fois cette notion première acquise, on fait abstraction de son origine expérimentale et géométriquement on conçoit la surface indépendamment de la matière. Parfois, dans le langage usuel, on confond la surface et l'aire d'une figure. Mais, à vrai dire, on doit les distinguer. Tandis que le terme « surface » rappelle en même temps la forme et l'étendue de la figure considérée, le mot « aire » s'applique exclusivement au nombre qui mesure cette étendue.

En géométrie analytique, on définit généralement une surface comme le lieu des positions d'une courbe (la génératrice) qui se déplace et se déforme dans l'espace suivant une loi donnée. La surface de révolution est engendrée par une ligne qui tourne autour d'une droite fixe (l'axe) à laquelle elle reste invariablement liée. Les surfaces réglées, qu'engendre le mouvement d'une ligne droite, se divisent en deux grandes classes : 

1° les surfaces développables, qui peuvent par déformation s'étendre sur un plan sans déchirure, ni duplicature (ex. : le cylindre et le cône);

 2° les surfaces gauches, dans lesquelles deux positions de la génératrice infiniment rapprochées ne se trouvent jamais sur le même plan.

Lorsque la détermination d'une surface ne dépend que d'un paramètre arbitraire, si l'on considère deux positions très voisines de cette surface, elles ont, en général, une courbe d'intersection qui tend vers une position limitée. Le lieu géométrique de ces courbes pour toutes les surfaces représentées par l'équation proposée se nomme l'enveloppe de la surface mobile et chacune des surfaces mobiles s'appelle surface enveloppée. (NLI).

Surhomme (de Sur = au-dessus, et homme). - Mot créé pour traduire l'expression allemande correspondante chez Nietzsche : Uebermensch) : celui qui se met au-dessus « du bien et du mal » et ramène tout à la force et au succès. Cette déification de l'individu a été imaginée par Nietzsche.

Suspension (Suspensio = action d'être suspendu, action de suspendre, de suspensum, supin de suspendere = sub-pendere = attacher en haut, suspendre). - Acte ou état d'esprit du philosophe pyrrhonien, qui consiste à s'abstenir de juger. 

Syllogisme (Syllogismus, Syllogismos = calcul, raisonnement, de syllogizomai = assembler par la pensée, d'où calculer, raisonner, de syllogos = rassemblement, de syllegô = syn-legô = unir avec, rassembler) : argument composé de prémisses telles que la conclusion en découle nécessairement. 

Le syllogisme, type du raisonnement déductif, est constitué par trois propositions telles que, les deux premières (les prémisses) étant posées, la troisième (la conclusion) s'ensuit nécessairement. Les deux prémisses s'appellent : la première la majeure, la seconde la mineure. Il y a trois termes dans le syllogisme, chacun répété deux fois : le grand terme qui a le plus d'extension, le petit terme qui en a le moins, et le moyen terme qui en a plus que le petit et moins que le grand. Le moyen terme est toujours éliminé de la conclusion.

Les règles du syllogisme sont au nombre de huit, dont quatre regardent les termes et quatre les propositions. Les figures du syllogisme sont au nombre de quatre et se distinguent entre elles par la place du moyen terme dans les prémisses. Ces quatre figures donnent, en combinant la quantité et la qualité des trois propositions, soixante-quatre modes dont dix seulement sont concluants. 

Les modes sont représentés par les mots techniques barbara, celarent, etc. Ils peuvent se transformer quelquefois les uns dans les autres par la conversion des propositions.

Les Scolastiques employaient, pour se rappeler plus aisément la distinction des figures, ce vers technique :

Sub prae, tum prae prae,
tum sub sub, denique prae sub...
dans lequel sub est l''abréviation de sujet (subjectum), et prae celle de prédicat ou attribut :
Première figure: le moyen terme est sujet dans la majeure, attribut dans la mineure;

Deuxième figure : le moyen terme est attribut dans la majeure et dans la mineure;

Troisième figure : le moyen terme est sujet dans la majeure et dans la mineure;

Quatrième figure: le moyen terme est attribut dans la majeure, sujet dans la mineure.

Voici, en quelques mots, les règles du syllogisme que l'on résumait en huit vers latins :

Termes :

Nombre : qu'il n'y ait que trois termes, le grand, le petit et le moyen;

Moyen : que la conclusion ne contienne jamais le moyen et qu'il soit pris au moins une fois dans toute son étendue;

Extrêmes : que les extrêmes n'aient pas plus d'extension dans la conclusion que dans les prémisses.

Propositions :
Qualité : Deux affirmatives ne peuvent donner une conclusion négative; et de deux négatives on ne peut rien conclure.

Quantité : De deux propositions particulières ne suit aucune conclusion;

Quantité et qualité : La conclusion est négative si une des prémisses est négative, particulière si une des prémisses est particulière.

Toutes ces règles se réduisent à une seule : il faut que la majeure contienne la conclusion et que la mineure fasse voir que la conclusion est réellement contenue dans la majeure.

On nomme arguments syllogistiques des syllogismes irréguliers ou combinaisons de syllogismes l'enthymème, l'épicherème, le prosyllogisme, le dilemme, le sorite.

Le syllogisme, qui a tant exercé la sagacité et la subtilité des scolastiques, est surtout un bon exercice logique, un instrument de contrôle ou d'exposition, non un moyen d'invention ou un instrument de découverte scientifique.

Syllogisme (modes du). - On nomme modes du syllogisme les dispositions particulières qui résultent, dans le syllogisme, de l'emploi et des différentes combinaisons des quatre espèces de propositions à titre de prémisses

Les combinaisons possibles sont au nombre de 16 dans chaque figure; mais toutes ne donnent pas de conclusions, et, soit en vertu des règles généralesdu syllogisme, par exemple, lorsqu'il s'agit de deux propositions particulièresou de deux négatives dont on sait que le rapprochement ne conduità aucune conclusion, soit en vertu de convenances modes concluants, les seuls dont on s'occupe, n'est que de 19, savoir : 4 dans la première figure, 4 dans la deuxième, 6 dans la troisième, et 5 dans la quatrième. 

Ce sont ces modes que l'on désigne par les notations innémoniques : Barbara, Celarent, etc. (B-E.).

Symbole (Symbolum, Symbolon =  marque, signe de reconnaissance, de symballô = syn-ballô = jeter, mettre ensemble) : ce qui représente autre chose en vertu d'une correspondance analogique.

Symbolique (de Symbolikos = qui explique à l'aide d'un signe, de symbolè = rapprochement) : a) Ce qui emploie des symboles (écriture symbolique, logique symbolique). - b) Ce qui constitue un symbole (ex. : la balance est symbolique de la justice).

Symbolique (La) (de Symbole) : a) C'est la théorie des symboles. - b) La Symbolique, au sens de Leibniz, c'est la Caractéristique universelle ou ce que l'on appelle aujourd'hui la logique formelle.

Symbolisme (de Symbole) : a) Système de symboles (ex. : le symbolisme algébrique). - b) Méthode qui consiste à interpréter les croyances mythogiques des Anciens en leur attribuant une valeur allégorique. Elle fut employée par les Néo-Platoniciens. - c) Symbolisme dans la littérature et dans l'art.

Symétrie (pour Symmétrie, de symmetria =  réduction à une commune mesure, symétrie, de syn = avec, metron = mesure) : Disposition de parties semblables, semblablement disposées dans un ensemble. 

a) Au sens large, par analogie à la symétrie proprement dite des figures géométriques : toute disposition dans laquelle il y a des éléments qui se répondent. 

En géométrie, une symétrie correspond à la disposition de deux figures dont tous les points sont deux à deux, à égale distance d'un point, d'une ligne droite ou d'un plan. 

En algèbre on parle de symétrie ou de fonction symétrique pour désigner une fonction de plusieurs variables telles qu'on peut permuter deux quelconques d'entre elles sans que la fonction change.

b) Juste proportion, correspondance régulière qu'ont entre elles les parties d'un tout.

Sympathie (Sympathia, sympatheia = participation à la souffrance, compassion, puis, en général, communauté de sentiments, de sympathès = qui éprouve de la sympathie, de syn = avec, pathos = ce que l'on éprouve) : phénomène en vertu duquel un être reproduit les modifications subies par un autre être.

On appelle morale de la sympathie la morale d'Adam Smith, qui donne pour criterium de la moralité des actes le degré de sympathie qu'ils font naître chez autrui. Mais la sympathie est un sentiment, et, comme tel, variable d'une personne à une autre et même dans le même individu dans les divers temps. Adam Smith est donc obligé de recourir à un spectateur impartial, témoin idéal de nos actes et dont la sympathie les jugerait. Ce témoin pourrait bien être la conscience morale appelée d'un autre nom, la loi morale, seule vraiment impartiale et impassible.

Symptose (arc de) (géométrie). . - C'est la corde commune réelle de deux coniques qui se coupent en des points imaginaires.

Syncatégorématique (du latin scolastique Syncategorematicus, de syn = avec, katègorèma = accusation, qualité attribuée à un objet, de katègoreô = accuser, énoncer, de kata agoremô = parler en public, de agora = assemblée, de ageirô = réunir) : l'infini en puissance ou indéfini est appelé syncatégorématique, parce qu'il ne contient pas actuellement toutes ses parties, mais peut être augmenté indéfiniment, par opposition à l'infini en acte qui est dit catégorématique. - Un terme syncatégorématique est celui qui, pour avoir une signification, doit être adjoint à d'autres termes. - S'oppose à catégorématique.

Syncrétisme, c.-à-d. en grec réunion. On désignait ainsi la réunion des villes rivales de la Crète contre l'ennemi commun. On l'employa ensuite pour exprimer le mélange de plusieurs doctrines différentes. A Alexandrie, le syncrétisme philosophique se montra avec Philon le Juif, Potamon, Numénius et d'autres.

A la Renaissance, on vit un syncrétisme à la fois philosophique et religieux dans les tentatives de Pic de la Mirandole, de Reuchlin, de Marsile Ficin et de plusieurs autres, qui essayèrent de concilier les dogmes du christianisme, les uns avec Platon et la Kabbale, les autres avec les doctrines d'Alexandrie, de Pythagore et du Stoïcisme.

Le nom de Syncrétistes fut donné, au XVIIe siècle, aux partisans de l'Allemand Georges Calixte ou Callisen, qui voulait réunir dans un même symbole les catholiques et les protestants. Le syncrétisme diffère de l'éclectisme en ce qu'il n'est qu'un mélange sans choix et sans critique de doctrines opposées, et souvent inconciliables.

Synchronisme (du grec syn = avec, ensemble, et chronos = temps), rapprochement de personnes qui ont vécu à une même époque, ou d'événements qui sont arrivés simultanément dans divers pays. Des Tableaux synchroniques ont été dressés par Lamp, Bredow, Vater, Blair, Leclerc, Buret de Longchamps. On en trouve aussi dans les Atlas de Gueudeville, de Bucy de Mornas, de Kruse, de Lesage, etc.

Syncrétisme (Synkrètismos, littéralement réunion à la manière des Crétois, dont toutes les villes se liguaient contre l'ennemi commun, de syn = avec, krètizô =  agir en Crétois) : se dit, par analogie :

a) De toute tentative pour réunir vaille que vaille en une seule plusieurs doctrines différentes. 

 b) Du rapprochement plus ou moins forcé de ces doctrines. Philon d'Alexandrie, par exemple, a tenté d'amalgamer la philosophie grecque et les doctrines orientales. Le Syncrétisme est la tendance de l'École d'Alexandrie. - Dans le Syncrétisme, il y a simple mélange et juxtaposition de doctrines; tandis que, dans l'Éclectisme, il y a effort de fusion et de conciliation.

 c) Syncrétisme s'emploie encore pour signifier : Vue d'ensemble confuse d'un tout complexe.

Syndérèse (de syntèrèsis = conservation, observation, de syntèreô= conserver, observer; le changement de t en d proviendrait de la façon de prononcer le grec au Moyen Age. D'après Ueberweg, ce mot proviendrait d'une faute de copiste dans un texte de S. Jérôme, où il faudrait lire syneidèsis. Ceux qui écrivent syntérèse, prétendent qu'il faut lire, dans le même texte syntèrèsis)- :
a) Ce mot signifie dans la langue scolastique :
1°) la connaissance habituelle des principes constitutifs de la loi morale; 

2°) la conscience morale.

b) Dans un sens plus restreint, il signifie remords (Bossuet, De la connaissance de Dieu, Ch I, § VII).
Synéchisme (de l'anglais Synechism : mot par lequel C. S. Peirce désigne  sa doctrine épistémologique, qui accorde une importance capitale à l'idée de continuité en philosophie. 

Synergie, Synergique (Synergia = coopération, de synergos = qui prête son concours, fait le même travail, de syn = avec, ergon = travail) : c'est le concours de plusieurs activités pour remplir une même fonction.

Syngénèse, Syngénésie (de syn = avec, genos = naissance, genesis = origine; Racine gen = engendrer, naître) : système qui suppose que les premiers individus de chaque espèce contiennent en germe tous leurs descendants. Malebranche soutient cette hypothèse que rien ne vient fonder (Entretiens sur la Métaphysique et sur la Religion, Xe, § 3-5).

Synthèse  (Synthesis = action de mettre ensemble, de syn- tithèmi = rassembler) : La synthèse, opération inverse de l'analyse, consiste à reconstituer le tout au moyen de ses éléments. Elle est logique et mathématique ou bien expérimentale.

a) Sens général : action de réunir divers éléments jusque-là donnés séparément.

b) Marche de l'esprit allant des notions simples aux composées, ou de propositions certaines à d'autres qui en résultent nécessairement. 

c) Vue générale qui résulte de la comparaison d'un ensemble de détails : par exemple, synthèse historique : 

« Pour un jour de synthèse, il faut des années d'analyse. » (Fustel de Coulanges, Histoire des Institutions politiques de l'Ancienne France, T. 1, Introduction, p. XIII, Paris, 1891). 
d) Acte de l'esprit qui forme un tout de diverses représentations, sentiments ou tendances. La synthèse mentale, qui coordonne des faits nouveaux, est une opération distincte de l'association des idées qui reproduit des groupes de phénomènes formés autrefois
Synthétique (synthetikos = qui concerne l'arrangement, de synthetos = composé, formé de parties réunies, de syntithèmi = rassembler) : ce qui constitue une synthèse aux sens divers de ce mot ou ce qui résulte d'une synthèse. 

Jugement synthétique : 

a) a posteriori; 

b) a priori. 

S'oppose à analytique.

Syrie (Ecole de). -

Systématique (Systèmatikos = qui forme un tout, repose sur un ensemble de principes, de systèma = ensemble) : ce mot se prend :

 a) En bonne part (ex. : un esprit systématique, c'est un esprit capable de réaliser une puissante synthèse). 

 b) En mauvaise part : (ex. : un esprit systématique, c'est un esprit étroit et entêté qui ramène tout, de force, à une idée dominante préconçue). - L'opposition systématique aux actes d'un gouvernement est l'attitude de ceux qui en critiquent tous les actes, qu'ils soient bons ou mauvais. C'est une opposition de parti pris.

Systématique (La): c'est, dans une science, la partie qui fait la classification des objets étudiés, par exemple en zoologie, en botanique.

Système (Systema =  réunion en un corps de plusieurs objets, ensemble, ensemble de doctrines, de syn-istèmi = placer ensemble, rassembler, de syn = avec et de la racine sta = se tenir debout). Système a la même étymologie que synthèse : un système est donc une synthèse d'idées et de vérités se rapportant à un même sujet.

 a) Le mot système implique l'idée de coordination de matières scientifiques, philosophiques, etc.

b) Un système philosophique est, une synthèse d'idées se rapportant, à un même objet (ex. : système du doute méthodique de Descartes).

c) Système s'emploie encore pour signifier un ensemble d'éléments qui forment par leur dépendance mutuelle un tout organisé; ex. : un système planétaire.

L'esprit de système désigne souvent le trop grand attachement à des idées préconçues, et il est certain qu'il y a beaucoup de systèmes arbitraires et artificiels, mais l'esprit de système n'est nullement antiscientifique, puisque la nature est elle-même systématique dans toutes ses productions. Seulement nos systèmes n'épuisent jamais la nature; elle s'en affranchit et les déborde de toutes parts  : c'est ce qui a fait dire à Leibniz que les systèmes sont vrais par ce qu'ils affirment et faux par ce qu'ils nient.

C'est aussi ce qui a donné l'idée de substituer aux systèmes particuliers l'éclectisme qui choisit dans tous les systèmes, et la conciliation qui les éclaire et les complète l'un par l'autre en montrant leur accord dans un système supérieur : mais l'éclectisme, s'il choisit sans discernement, n'est qu'un syncrétisme aveugle, s'il choisit avec discernement, implique une règle de choix, c'est-à-dire un système particulier; et la conciliation, de l'aveu même de ceux qui la préconisent, applique systématiquement la formule leibnizienne citée plus haut. Toute philosophie est donc systématique.

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