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Habitude (Habitudo = forme extérieure, tenue, de habitum, supin de habere  = tenir, avoir) : - C'est une qualité stable qui détermine des comportements fréquents, ou une  tendance acquise à conserver ou à reproduire les états ou actes antérieurs. - Distinctions scolastiques : Habitude entitative, habitude opérative (entitativus, operativus). La première détermine la nature en elle-même : la seconde la détermine par rapport à l'opération. - Habitude, puissance ou faculté. L'habitude s'ajoute à la faculté, qui vient toute de la nature : ainsi la science s'ajoute à l'intelligence. - Habitude, acte. Celui-ci procède de la puissance par le moyen de l'habitude, si celle-ci existe. L'habitude est un acte par rapport à la faculté, et une puissance par rapport à l'acte ou l'opération. Aussi ces expressions, habituellement, actuellement; en habitude, en acte, se répondent-elles comme l'acte et la puissance, l'opération et son principe. - Habitude innée, acquise, infuse. La première vient toute seule : ainsi l'intelligence habituelle des premiers principes ; la seconde s'acquiert : ainsi la science humaine ; la troisième est un don de Dieu : ainsi les vertus théologales. - Habitude intellectuelle morale. La première est un principe de connaissance : ainsi la science et l'art ; la seconde, un principe d'action : ainsi la vertu. - Axiomes scolastiques : L'habitude est une seconde nature; car elle détermine la nature, elle s'y ajoute si bien qu'on agit par habitude comme on agirait par nature. - L'habitude vient de l'exercice. Il s'agit de l'habitude acquise.

Habitus (de habitus = manière d'être) : l'une des catégories d'Aristote c'est l'accident qui résulte de la superposition de deux substances.;

Haine (pour haïne, de haïr, du terme germanique hatan ou hatjan) : inclination à vouloir le mal des autres. - Passion d'éloigner de nous quelque chose.

Harmonie (Harmonia = ajustement, proportion, de harmozein = ajuster) : a) Ce mot, en général, implique une idée de finalité, d'ordre organique, qui consiste en ce que les diverses parties d'un être ou d'un ensemble conspirent à un même effet; par exemple, l'harmonie de l'univers. - C'est un élément du beau. - b) Harmonie préétablie (Leibniz).

Harmonie préétablie. -  Dans le système de Leibniz, développement parallèle des âmes et des corps, sans action des uns sur les autres, en vertu d'une harmonie préétablie par Dieu. L'âme et le corps sont comparés à deux horloges réglées à l'origine l'une sur l'autre et continuant à marquer la même heure sans qu'il y ait entre elles la moindre influence réciproque. Il faut même entendre l'harmonie préétablie dans un sens plus large : l'univers est comparé à un orchestre où chaque musicien joue sa partie sans écouter ses voisins; mais, comme la partition est écrite d'avance, il en résulte une symphonie parfaite. Ainsi les monades se développent chacune selon sa loi interne et de cette évolution simultanée de tous les êtres résultent les lois du monde et l'harmonie de l'univers.

A certains pythagoriciens qui définissent l'âme l'harmonie du corps, Platon objecte qu'elle n'est pas simplement cette harmonie, mais la cause qui l'explique parce qu'elle la produit.

Hasard. - L'idée du hasard est la négation de toute cause et de toute loi dans la production des phénomènes et des êtres; c'était la négation du destin chez les Anciens, chez les modernes c'est celle de Dieu et de la Providence. II y eut une école qui voulut élever l'idée du hasard au rang de système scientifique; ce fut celle d'Épicure (Epicurisme). En expliquant l'univers et tous les êtres par le choc accidentel des atomes, Epicure livrait tout au hasard, et méconnaissait l'idée de loi. Ce fatalisme était en contradiction avec les plus simples données de l'expérience; celui des Stoïciens reconnaissait au moins la nécessité d'un ordreéternel et immuable. Le hasard, s'il était quelque chose, ne serait qu'un principe de désordre; il suffit de promener ses regards sur la Terre, de lever les yeux au ciel, pour y voir des marques constantes d'ordre et d'harmonie. Pour celui qui l'emploie, le mot hasard veut dire : je ne sais pas. L'ignorant en cristallographie peut attribuer au hasard la formation des cristaux, Haüy l'explique par une loi mathématique d'une grande simplicité. Le hasard perd de son empire, a-t-on pu dire, à mesure que les sciences font des progrès. (R.).

Héautognosie (de héautou = de soi-même; gnôsis = connaissance) : connaissance de soi-même par la conscience réfléchie.

Héautonomie (de héautou = de soi-même; nomos = loi) : Kant appelle ainsi la loi selon laquelle l'esprit s'impose à lui-même la conception des choses; c'est une condition de la possibilité de la science.

Hédonisme (hédonè = plaisir). - Se dit de tout système morale qui fait du plaisir le but de la vie. L'hédonisme peut être égoïste, comme celui d'Aristippe, ou altruiste s'il établit que le plaisir d'autrui entre comme partie intégrante dans mon propre plaisir. L'eudémonisme peut être identique à l'hédonisme, mais il peut aussi s'en distinguer profondément, car le bonheur diffère du plaisir et relève de la qualité plus que de la quantité et de l'intensité des plaisirs.

Hédonistique (Hèdonikos = relatif au plaisir, de hèdonè = plaisir) : principe hédonistique : « L'homme cherche toujours à se procurer le maximum de satisfaction avec le minimum de peine ». Il rentre dans le principe du moindre effort.

Hégélianisme. - Philosophie de Hegel. Le principe de cette philosophie, qu'on appelle quelquefois
un idéalisme objectif et un panlogisme, consiste à affirmer que non seulement tout ce qui est réel est rationnel, mais que tout ce qui est rationnel est réel. Le monde et l'idée se développent régulièrement dans la nature et dans l'histoire selon la loi logique de la thèse, de l'antithèse et de la synthèse. Au début de cette évolution universelle, Hegel pose l'identité de l'être et du non-être dans le devenir. L'idéalisme objectif de Hegel est donc la philosophie du devenir, un vaste système d'évolution intellectuelle qui a la prétention de reconstruire rationnellement la science et l'histoire.

Hegelienne (Ecole). -

Heidelberg (Ecole de). -

Héliocentrisme (de Hélios = soleil; kentron = centre d'une circonférence). - Conception cosmologique qui place le Soleil au centre de l'univers. Le système de Copernic est héliocentrique.

Hellénisme (Hellènismos, de Hellen = Grec) : ce mot indique l'ensemble de la philosophie et de la littérature grecques et leur influence sur la civilisation.

Helsinski (Groupe de). -

Hérédité (Hereditas = héritage, de heres = héritier) : reproduction, chez les descendants, du type spécifique et de certains caractères individuels de leurs ascendants. 

Herméneutique (du grec hermènéia = interprétation; Hermèneutikè = qui concerne l'interprétation, de hermèneunô =, faire connaître interpréter; sous entendu technè = art).  - En philosophie, l'herméneutique est l'explication des termes comme préparation nécessaire à l'intelligence d'une doctrine, telle que l'Herménéia d'Aristote, qui a pour objet l'exactitude de la proposition, et où il examine la valeur des termes dont elle se compose. En théologie, elle devient quelquefois l'éxégèse, en joignant à l'interprétation des mots celle de la doctrine, comme on le voit chez Origène. En jurisprudence, I'herméneutique recherche et examine les sources du Droit. (R.)

Hermétisme (de Hermès Trismégiste). Se dit de la philosophie et des livres attribués à Hermès Trismegiste ou plutôt qui lui sont consacrés, et qui passaient faussement pour contenir les traditions de l'ancienne Egypte, mais qui remonte à l'époque alexandrine. - Hermétique se dit par extension de la science des alchimistes, du « grand oeuvre » ou transmutation des métaux.

Hétérogène (héteros = autre; genos = genre, nature). - Hétérogène signifie d'une autre nature et s'emploie quand on parle des parties d'un tout. Les parties d'un végétal ou d'un animal sont hétérogènes; celles de l'eau sont homogènes. Herbert Spencer définit la loi du progrès ou de l'évolution « le passage d'une homogénéité indéfinie, incohérente à une hétérogénéité définie, cohérente ». Dans une société archaïque, tous les individus remplissent les mêmes fonctions : c'est l'homogénéité; dans une société plus complexe, chaque individu a son emploi particulier, ses fonctions spéciales, élevées ou modestes : cette division du travail, c'est l'hétérogénéité amenée par le progrès.

Il en est de même pour l'évolution organique particulière de tout être vivant; et plus la diversité des parties s'accentue, plus l'unité du tout se fortifie : le ver de terre peut être coupé en deux sans que les deux tronçons cessent de vivre; le corps humain ne le peut pas, parce qu'il a plus d'unité, ayant une plus grande hétérogénéité.

Hétérogénie (de Hétérogène) : thèse évolutionniste d'après laquelle l'organique provient de l'inorganique.

Hétéronomie (de heteros = autre; nomos = loi). - Un être est hétéronome quand il reçoit sa loi du dehors au lieu de la tirer de lui-même; l'hétéronomie est donc la condition de celui qui reçoit  du dehors la loi à laquelle il se soumet. - Hétéronomie de la volonté chez Kant : quand la loi d'un être est l'expression de sa nature même, il est autonome; notre volonté est autonome, selon Kant, parce que la loi morale ne lui est pas imposée par une volonté étrangère. Il n'y a pas de bien extérieur ou supérieur qui la régisse ou s'impose â elle : le bien est le bien justement parce que la loi autonome de la volonté le crée tel par son caractère impératif et obligatoire.

Heuristique (de Euriskô = découvrir) : ce qui sert à découvrir quelque chose. - En histoire : l'euristique est la recherche des documents.

Histoire (Historia = recherche, information; puis, relation de ce qu'on a appris; de historein = s'informer) : sens général : connaissance des états par lesquels a passé un objet quelconque : un peuple, une institution. une espèce vivante, une science, une langue, etc. - Science qui étudie l'enchaînement des faits qui se sont déroulés dans le passé.

Histoire (philosophie de l'). - La philosophie de l'histoire est une approche philosophique de l'histoire qui s'attache à donner un sens à l'enchaînement des faits historiques, à établir des lois générales du développement humain à travers les âges. Son
fondateur est Vico, mais Hegel l'a systématisée et agrandie à tel point qu'il peut être appelé son second
fondateur.

La théorie de l'évolution corrigeant ce qu'il y avait de trop exclusivement logique et dialectique dans les vues de Hegel, rattachant en outre le développement humain à l'évolution de tous les êtres organisés, a renouvelé
la philosophie de l'histoire.

Les historiens proprement dits se sont généralement montrés très sceptiques au sujet de cette
philosophie : pour eux, elle est purement chimérique dès qu'elle affiche la prétention de dépasser la simple généralisation des faits et de les subordonner à des idées préconçues et systématiques.
 

Histoire naturelle. - Prise dans son sens le plus large, cette discipline comprendrait l'histoire de l'univers, c.-à-d., outre celle du globe terrestre et des êtres qui l'habitent, l'astronomie, l'astrophysique, etc. Même bornée à l'étude de la Terre, elle devrait comprendre encore d'une part la géographie physique et la météorologie, d'autre part, avec l'histoire de tous les êtres vivants, l'anthropologie et tout ce qui concerne l'humanité. 

Aujourd'hui, on ne désigne plus sous le nom collectif d'histoire naturelle que les différentes sciences qui s'occupent de la constitution de la terre et des créatures terrestres à l'exclusion de l'humain, quoique celui-ci soit un animal. 

L'histoire naturelle a eu pour créateur Aristote, dont l'oeuvre fut continuée par Théophraste. Après le long assoupissement du Moyen âge, il y eut un réveil au XVIe siècle avec Césalpin, Harvey, les Bauhin ; le XVIIe siècle offre de grands noms : Leeuwenhoek, Swammerdam, Perrault, Tournefort, etc.; enfin Linné et Buffon apparaissent au XVIIIe siècle et préparent l'avènement des de Jussieu, des Cuvier, des Lamarck, des de Candolle, des Geoffroy Saint-Hilaire, des Milne-Edwards, des Darwin, etc.
 
Histologie (histos = tissu). - Branche de la biologie, et plus spécialement de l'anatomie, qui étudie les tissus vivants.

Histologisme. - Quelques philosophes ont employé ce mot comme synonyme d'organicisme, opinion de ceux qui prétendent que la vie est le résultat de l'organisation.

Historicisme. -

Historisme (de Histoire) : tendance qui consiste à regarder les faits juridiques, linguistiques, moraux comme la résultante du travail inconscient de la collectivité : de là, pour comprendre cette production collective, la nécessité de la replacer dans son milieu historique. En Allemagne, F. K. von Savigny a été au XIXe siècle le représentant le plus en vue de cette conception des choses.

Holisme. -

Homéoméries ou homoeoméries, particules similaires en nombre infini, qui étaient, suivant Anaxagore, le principe matériel, la substance de toutes choses ( Aristote, Métaph, I, 3). 

"Il pensait, nous dit Diogène Laërce (Vie d'Anaxagore), que les principes des choses consistent en petites parties toutes semblables les unes aux autres [...], et que l'univers a été formé de corpuscules, de parties menues et conformes entre elles."
Le nombre des homéoméries ne peut être ni augmenté ni diminué. Voilà pourquoi la quantité de matière dont se compose le monde demeure constante, quelles que soient les transformations qu'on y observe. C'est par une erreur de langage que la combinaison des éléments (sugkrisis), et leur séparation (diakrisis) sont appelées naissance et mort. La nutrition d'ailleurs n'est possible que parce que les aliments sont composés des mêmes particules similaires que les organes de la vie qu'ils entretiennent.

D'après cela, on serait tenté au premier abord d'assimiler les homoeoméries d'Anaxagore aux atomes des Épicuriens: Mais il faut noter, entre les deux systèmes, cette différence que les atomistes considéraient leur matière première comme douée par elle-même de la propriété de se mouvoir, tandis, que la, cause du mouvement et de la réunion des homoeoméries est cette intelligence, ce noûs, que Platon et Aristote louent Anaxagore d'avoir nommée pour la première fois le principe de l'arrangement et de l'ordre de l'univers. (B. E.).

Home stead (en anglais, maison d'habitation avec dépendances). - Dans la philosophie sociale, minimum de patrimoine indivisible et inaliénable.

Homo duplex : expression employée quelquefois pour indiquer le double élément du composé humain, le corps et l'âme, ou les tendances antagonistes qui résultent de leur union.

Homogène (homoios =  semblable; genos = genre) : ce dont les éléments sont identiques en nature; ex. : homogénéité du temps et de l'espace absolus. - S'oppose à hétérogène.

Homologue (Homologos = qui parle d'accord, concordant) : ce qu'on peut désigner par un même mot, ce qui a une dénomination commune : par exemples : organes homologues,.

Horrible (Horribilis, de horrere = être hérissé) : opposé au sublime.

Humain. - Comme substantif, correspond au genre Homo, ou plus spécialement l'espèce Homo sapiens (hommes, femmes). Comme adjectif, c'est ce qui est propre (ou supposé tel) à cette espèce.

Humanisme (du radical de Humaniste) : doctrine des lettrés de la Renaissance. Nom donné également au pragmatisme.

Humanité (Humanitas, de humanus = humain). - Ce mot a plusieurs sens : a) l'humanité est le genre humain, l'ensemble des humains;  - b) l'humanité se dit aussi du caractère d'humain, de ce par quoi ce par quoi l'humain est humain, de ce par quoi l'humain diffère des autres animaux, ce qui fait sa dignité : c'est dans ce sens que Kant dit qu'il faut toujours considérer l'humanité comme une fin en soi, jamais comme un moyen pour arriver à une autre fin. - c) au sens moral, c'est l'amour de nos semblables, ou simplement la compassion. - Dans la philosophie d'Auguste Comte, la religion de l'humanité, religion sans dogme, est le culte des morts et des grands hommes, et l'Humanité s'appelle le Grand Être.

Hydraulique. -

Hydrographie, partie de la géographie physique où l'on étudie les parties ou éléments liquides de la Terre. Dans son domaine rentrent toutes les recherches relatives tant aux eaux douces qu'aux eaux salées; pour les premières, la précipitation des condensations atmosphériques qui forment des glaciers sur les hautes montagnes ou se résolvent en pluie dans les plaines, l'examen des sources apparentes ou souterraines, le régime des lacs et des fleuves avec tous les accidents qui les caractérisent; pour les secondes, leur répartition sur le globe et leurs grandes divisions, avec tous les phénomènes qu'elles présentent, différence de salure et de température, banquises, marées, courants. 

Cette dernière partie, que l'on peut appeler, pour la distinguer de la première, hydrographie maritime, a fait, depuis le commencement du XIXe siècle, d'immenses progrès, dus aux grands voyages maritimes, aux nombreuses opérations de sondages faites pour la pose des câbles électriques sous-marins dans l'Océan Atlantique et la Méditerranée, enfin aux belles recherches de Maury, qui, par l'étude attentive des vents et des courants, a fait connaître au commerce les routes les plus abrégées et les plus sûres de la navigation. L'hydrographie maritime forme une branche importante des connaissances navales. (C. P).

Hydrodynamique. -

Hydrostatique. -

Hygrométrie. -

Hyléisme (hylè = matière). Système d'Aristote qui regardait la matière comme éternelle, incréée et capable de recevoir toutes les formes.

Hylémorphisme ( de hylè = matière; morphè = forme). Se dit aujourd'hui du système de la matière et de la forme, au moyen duquel les scolastiques expliquent la constitution des corps et leurs transformations. L'hylémorphisme est opposé à l'atomisme et au dynamisme.

Hylésystémisme. -

Hylobiens (hylè = forêt; bios = vie). - C'est le nom que les Grecs donnaient à certains philosophes indiens qui vivaient solitaires dans les bois et se livraient a la comtemplation. Ils étaient végétariens, c'est-à-dire ne se nourrissaient que de végétaux.

Hylozoïsme (du grec hy, matière, et zoè, vie), forme générale des systèmes qui regardent comme nécessairement unies la matière et la vie. L'hylozoïsme prit différentes formes, selon que l'on croyait que le monde était le résultat d'agrégats matériels, d'atomes animés et vivants, comme Straton de Lampsaque, ou que l'on voyait en lui un seul et même être, un animal, dont l'âme du monde était la vie, comme le pensaient les Stoïciens. En général, tout système qui suppose cette âme du monde, sous quelque nom que ce soit, relève de l'hylozoisme ou s'y apparente; c'est ce qu'on voit depuis les Stoïciens jusqu'à Spinoza. Pour tous la réponse est la même : la vie proprement dite ne se montre que dans l'organisme, et celui-ci ne se voit pas dans toutes les parties de la matière; d'où il suit que la matière et la vie ne sont pas essentielles l'une à l'autre. (R.).

Hyperbole (du grec hyper qui signifie sur, au-dessus, au-delà , et ballô, je jette). - En Géométrie. L'hyperbole est la courbe qui résulte de la section du cône par un plan dont l'inclinaison relativement à l'axe du cône est telle, que si on le prolonge, il coupe également le cône opposé. Elle a été ainsi nommée parce que, dans cette section conique, le carré de l'ordonnée surpasse le produit du paramètre par l'abscisse. 

Hyperbolique (de hyperbolikos = excessif, de hyperbolè = action de lancer au-delà, de hyper-ballô) : nom donné par Descartes au doute méthodique poussé à l'extrême, lequel ne peut être que théorique et provisoire (Cf. Méditations métaphysiques, VI, vers la fin; Principes de la philosophie, P. I, § 30.

Hyperespace (de hyper = au delà; spatium = espace)-: espace à plus de trois dimensions et au delà.

Hypermétaphysique (de hyper = au delà; meta ta physika = après les choses naturelles) : Kant range parmi les hypermétaphysiciens les philosophes n'ayant pas « cette crainte virile qui fait qu'on évite tout ce qui, détournant la raison de ses premiers principes, lui permet de vaguer dans des imaginations sans
fin. » (Critique du jugement téléologique).

Hypostase. - Ce mot, qui joue un si grand rôle dans les écoles d'Alexandrie et d'Athènes, depuis Plotin jusqu'à Proclus, est l'indication d'une doctrine qui suppose un Dieu qui, sans sortir de lui-même, se transforme éternellement en une essence d'un ordre inférieur, pour ne pas tomber dans le mouvement nécessaire au Dieu créateur. Plotin, pour expliquer Dieu et le monde, s'appuie sur la nécessité d'un intermédiaire entre l'absolu et le mobile. Il admet donc en Dieu :

1° une hypostase supérieure qui possède la perfection infinie sans mélange d'action ni de multiplicité;

2° une hypostase inférieure à la première, l'intelligence en soi; 

3° une hypostase capable de produire le monde, mais mobile et inférieure à la précédente. 

Tels sont les trois principes en un seul être, reconnus par toute l'école néoplatonicienne, l'Un, ou le Bien, qui est le Père; l'Intelligence, qui est le fils; l'âme, qui est le principe universel de la vie.

Dans l'Église catholique, le mot hypostase fut employé avant celui de personne, en parlant de la Trinité. Pour exprimer la distinction de la divinité et les attributs des trois personnes, on disait qu'il y avait en Dieu trois hypostases en une seule essence. Le mot est grec (hypostasis), les Latins firent prévaloir le mot personne. (B.).

Hypothèse (Hypothesis = supposition; de hypo = sous; thesis = action de poser dessous, fondement, supposition, de ti-thè-mi = poser) : a) Sens général : conjecture douteuse, mais vraisemblable. b) Sens scientifique : supposition imaginée, de laquelle on tire et vérifie les conséquences, pour expliquer un fait. 

L'hypothèse est une supposition fondée sur les faits et destinée à les expliquer : il en résulte qu'elle doit n'en contredire aucun, rendre compte de l'ensemble et du détail et tout expliquer de la manière la plus simple.
Elle offre le grand avantage de diriger les recherches et de coordonner les résultats : la pierre de touche des bonnes hypothèses qui ne sont que des inductions anticipées, c'est de permettre de prévoir et de prédire les faits non encore observés.

Hypothétique signifie souvent douteux et aussi conditionnel.

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