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Cousin (Victor),
philosophe et écrivain né à Paris
en 1792, mort en 1867; fit de brillantes études au lycée
Charlemagne; fut élève de l'école normale dès
sa fondation, y professa lui-même, à sa sortie, la littérature
grecque, puis la philosophie; suppléa de 1815 à 1821, à
la faculté des lettres de Paris, son ancien maître Royer-Collard,
qu'il suivit d'abord docilement dans les voies de la philosophie écossaise,
mais dont bientôt, à la suite d'un voyage en Allemagne ,
il abandonna les traces pour initier son auditoire à la métaphysique
de Kant de Fichte, de Schelling
et de Hegel; fut, lors de la réaction de
1822, suspendu de ses fonctions à la Faculté, et, par suite
du licenciement de l'École normale, privé de tout emploi
public; devint précepteur d'un fils du maréchal Lannes, et
entreprit d'importantes publications philosophiques : édition des
œuvres inédites de Proclus (texte grec
avec commentaire latin, 1820-27, 6 vol. in-8; 2e édit., 1865, 1
vol. in-4), et des oeuvres complètes de Descartes
(1826, il vol. in-8); traduction des œuvres complètes de Platon
(1825-40, 13 vol. in-8).
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Victor
Cousin (1792-1867).
Après un second voyage en Allemagne,
pendant lequel il fut, comme suspect de Carbonarisme,
arrêté à Dresde et emprisonné six mois à
Berlin,
il fut rétabli par le ministère Martignac (1827) dans la
chaire de la Faculté des lettres, où il enseigna avec le
plus grand éclat à côté de Villemain
et Guizot. Comblé d'honneurs après
1830, nommé coup sur coup conseiller d'Etat, pair de France, directeur
de l'École normale, membre du conseil royal de l'Université,
professeur titulaire à la Faculté des lettres (où
il se fit dès lors suppléer), et en même temps élu
membre de l'Académie française (1830) et de l'Académie
des sciences morales et politiques à sa création (1832),
il fut un instant ministre de l'instruction publique dans le cabinet Thiers
(1840). Avant comme après ce ministère, dont il a résumé
les actes dans la Revue des Deux Mondes (Huit mois de ministère,
il fut, en qualité de conseiller de l'Université, le chef
unique de l'enseignement philosophique en France ,
qu'il dirigea dans le sens de l'éclectisme et du spiritualisme,
dont il prit à tâche d'écarter les opinions dissidentes,
et qu'il défendit de sa parole et de sa plume contre les attaques
du parti ultracatholique (Défense de l'Université et de
la Philosophie, 1844, in-8; etc.).
C'est alors qu'il fit ses principales publications
philosophiques, la plupart simples reproductions ou remaniements de ses
anciens cours, qui donnèrent une vive impulsion aux recherches savantes,
et qui forment un précieux répertoire d'expositions et d'observations
relatives aux divers systèmes de philosophie, mais d'où il
est difficile de tirer un corps de dotrines bien arrêté :
Cours
de l'histoire de la philosophie au XVIIIe
siècle (1840, 3 vol. in-8); Cours d'histoire de la philosophie
moderne (1841, in-8); Cours d'histoire de la philosophie morale
(ce dernier ouvrage a été publié par Vacherot
et Danton, 5 vol. in-8); Leçons sur la philosophie de Kant (1842,
in-8); de la Métaphysique d'Aristote (1835), œuvres inédites
d'Abélard (1836); Fragments Philosophiques,
etc.
A la même époque appartiennent
quelques publications critiques ou pédagogiques des Pensées
de Pascal (1842), où il appelait l'attention
sur les altérations du texte des Pensées; Jacqueline
Pascal (1842); de L'Instruction publique en Hollande (1839) et en Allemagne
(1840 Écarté de la carrière publique en 1848, il se
borna à prendre part aux publications moralisatrices demandées
par le gén. Cavaignac à l'Académie des sciences morales
et politiques, et publia Justice et Charité, et une édition
populaire de la Profession de foi du vicaire savoyard. Il perdit, en 1852,
la direction de l'enseignement de la philosophie en France, par la suppression
de la section permanente du conseil de l'instruction publique, et passa
dans la retraite ses dernières années, qu'il consacra à
de nouveaux remaniements de ses anciennes leçons (parmi lesquels
on distingua son volume du Vrai, du Beau et du Bien (1853), et son
Hist.
générale de la philosophie depuis les temps les plus anciens
jusqu'à la fin du XVIIIe siècle
(1863,
1 vol. in-8), et à des publications des plus intéressantes
pour l'histoire des lettres et de la société au XVIIe
siècle : Mme de Longueville (1853 et suiv.); Mme de Sablé
(1854);
Mme de Chevreuse, Mme de
Hautefort (1856); la Société française au XVIIe
siècle d'après la grand Cyrus
(1858); la Jeunesse de Mazarin (1865).
(A19). |
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