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Inventaires > Dictionnaire des Idées et Méthodes

D

En logique la lettre D, initiale du mode darii de la première figure du syllogisme, est donnée pour initiale aux noms des modes des autres figures qui doivent se modeler sur le mode darii, quand on veut les ramener à la première figure.

En mathématiques, c'est le signe de la différenciation. En chiffres romains, D vaut 500.

désigne l'ensemble des nombres décimaux.

Dabitis : mode indirect de la première figure du syllogisme.

Darapti : mode de la troisième figure.

Darii : mode de la première figure.

Darwinisme. - Doctrine philosophique de Darwin, qui s'est attaché àe rendre plausible le transformisme au moyen de ses principes de la lutte pour l'existence, de la sélection naturelle, etc. Le Darwinisme ne désigne pas tant le transformisme, déjà professé par Lamarck, que l'explication des moyens qu'aurait employés la nature pour transformer les espèces.

Datisi : mode de la troisième figure du syllogisme.

Datum, data (participe passé de Dare = donner). - Quelques auteurs modernes emploient ces mots latins pour signifier : a) le donné, les données (ex. : les data de l'expérience) ; b) les principes fondamentaux, qui sont des principes ou des axiomes (les data des mathématiques).

Décisif (du latin médiéval Decisivus, de decisio) : ce qui amène à accepter une conclusion ou à prendre un parti; ce qui emporte la décision. - Fait privilégié, chez Bacon.

Décision (Decisio, de decisum, supin de decidere = de-caederee = trancher) : acte de la volonté prenant un parti.

Déclinaison. -

Déduction (Deductio = action de faire sortir, de deductum, supin de de-ducere = faire sortir). -  Opération par laquelle on passe d'une ou plusieurs propositions à une autre proposition qui en résulte nécessairement . C'est un raisonnement qui va du général au particulier, des lois aux phénomènes, des causes aux effets. Est opposé à l'induction.

Déduction transcendantale : Kant nomme ainsi la tentative par laquelle il cherche à justifier cette affirmation : 

« c'est un principe que l'entendement [...] n'emprunte pas à la nature ses lois a priori, il les lui prescrit. » (Prolégomènes à toute métaphysique future). 
Il veut montrer que l'accord des lois de l'entendement avec les lois de la nature vient de ce que l'entendement organise et unifie la nature en lui appliquant ses concepts a priori ou catégories. Bref, c'est la nature qui est rendue conforme à l'entendement par l'entendement lui-même. A la déduction transcendantale s'oppose la déduction empirique, consistant à montrer que c'est l'entendement qui se conforme à la nature : pas la réflexion sur les objets de l'expérience, l'entendement y découvre les lois qu'il applique ensuite à la nature. ( Transcendantal).

Défaut (ancien français Défaute, de défaillir, mot formé sur le type de faute) : ce mot indique la privation de quelque chose dans un sujet dont la nature en comporte la présence; mais, à la différence du mot faute, il n'implique pas nécessairement que cette privation est due à la culpabilité du sujet (ex. : défaut d'intelligence, de mémoire, de force physique).

Défini (Definitus, de definitum, supin de de-finire = délimiter, de finis = borne, fin) : ce qui est l'objet d'une définition. - Ce qui est limité, par opposition à indéfni. - Fini indique ce qui a des limites; ce dont les limites sont ou peuvent être déterminées. 

Définition (Definitio, de definitum, supin de de-finire = délimiter, de finis = borne, fin) :  a) Opération qui détermine la compréhension d'une idée. - b) Objectivement : l'ensemble des termes qui déterminent, expriment la compréhension d'une idée. - c) - Explication de la nature d'une chose ou du sens d'un mot.

Déisme (de Deus). - Ce mot, inconnu de l'Antiquité et du Moyen âge, désigne le système de ceux qui admettent la divinité et rejettent la révélation. Le déisme est donc une forme du rationalisme. - Distinction : Déisme, théisme. Le théiste admet une religion extérieure et un culte public. D'après Kant (Critique de la raison pure : Dialectique transcendantale, L. II, Ch. III, Sect. VII), le déiste reconnaît l'existence d'un être primitif, qui est une force infinie, inhérente à la matière, mais dont le concept reste transcendantal, indéterminable; le théiste va plus loin : il conçoit cet être primitif comme un être qui, par son entendement et sa liberté, contient en soi le principe premier de toute chose.

Délibération (Deliberatio, de deliberatum, supin de deliberare = peser, examiner, de de et libra = balance) : acte par lequel l'esprit examine les motifs et les mobiles qui sollicitent son adhésion.
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Délibéré (Deliberatus, de deliberare, deliberatum = peser, examiner) : l'acte délibéré est un acte libre, fait après examen, en connaissance de cause. - S'oppose à indélibéré.

Démagogie. - Politique fondée sur l'exploitation des passions et des émotions des foules, plutôt que sur la raison de chacun.

Démiurge (demiourgos = qui travaille pour le public, artisan, de dèmios = du peuple, ergon = oeuvre). Dans la philosophie de Platon  (Timée)  intelligence ordonnatrice des choses, qui ne fait qu'un avec l'Unité suprême et le Bien. - Dans l'école d'Alexandrie, le démiurge se distingue de l'Unité ou Cause première, il est l'âme du monde. - Chez certains gnostiques, le démiurge est une sorte de mauvais génie.

Démon (Daimôn = dieu, génie) : Socrate nomme ainsi la divinité intérieure qui, disait-il, l'avertissait de ses devoirs. Peut-être n'entendait-il par là que la voix de sa conscience qu'il personnifiait.

Démocratie. - Système politique dans lequel les citoyens détiennent la souveraineté. Cette souveraineté s'exprime par le choix libre, renouvelé périodiquement, des dirigeants. La démocratie implique aussi la séparation des pouvoirs et la garntie des libertés publiques et individuelles.

Démonstratif (genre)  : un des trois genres établis par Aristote dans la Rhétorique, celui dont la matière est le bien ou le beau. Les Grecs l'appelaient Epidictique. Il comprend les discours qui ont pour objet de plaire et d'instruire par une exposition, touchante de la vérité, par les éloges décernés à la vertu et par le blâme infligé au vice. Sa principale fonction étant de louer la vertu, quelques rhéteurs l'appellent laudatif. Démonstratif vient du latin demonstrare, qui signifie "montrer, exposer;" les discours de ce genre offrent une exposition pure et simple de la vérité. Les discours qui appartiennent à ce genre, tant chez les Anciens que chez les Modernes, sont : le Panégyrique, les Généthliaques, l'Épithalame, l'Oraison funèbre, les Discours académiques, la Mercuriale, l'Homélie ou Entretien, le Sermon, la Conférence religieuse, et l'Instruction. (H. D.).

Démonstration (Demonstratio, de demonstratum, supin de de-monstrare = faire voir) . - Raisonnement qui s'appuie sur des principes certains et aboutit à une conclusion certaine. - Distinctions : Démonstration, raisonnement dialectique. Dans la philosophie d'Aristote, la démonstration diffère du raisonnement dialectique en ce que celui-ci ne conclut que d'une manière probable. - Démonstration pour quoi (propter quid), démonstration par ce que (quia). La première s'appuie sur l'ess ence de la chose, sur sa cause nécessaire et prochaine; la seconde sur des effets ou autres indices. - Démonstration par l'absurde, démonstration indirecte, qui se fait montrant que la contradictoire de la proposition à prouver est absurde. - Démonstration circulaire (Demonstratio circularis), c'est le cercle vicieux.

Dénombrement imparfait. - Sophisme qui consiste à prendre la partie pour le tout, ou à tirer d'un fait particulier une conclusion générale. Exemple : "Un médecin est matérialiste; donc tous les médecins sont matérialistes. " Ce sophisme a pour point de départ la devise : Ab une disce omnes; c'est l'arme favorite des partis. On s'en sert tous les jours pour attribuer à un corps tout entier les vices de quelques-uns de ses membres. Une forme ordinaire de ce sophisme est le dilemme; on pose deux alternatives, sans faire attention qu'il en est une troisième par laquelle l'adversaire peut échapper, comme quand on lui dit : "Ou vous voulez, ou vous ne voulez pas," et qu'il répond : "Je veux bien, mais je ne puis pas." Pour réfuter ce sophisme, il suffit de vérifier la légitimité de la conclusion en la comparant à la majeure; s'il prend la forme du dilemme, il faut établir une division plus exacte. (H.D.).

Dénomination (Denominatio, de denominatum, supin de de-nominare = dénommer, de nomen = nom, de noscere = apprendre) : les Scolastiques entendaient par dénomination toute détermination d'un objet qui permet de le désigner de telle ou telle manière. On distingue les dénominations : a) intrinsèques (Leibniz, Monadologie, n. 9), qui correspondent à ce que les Scolastiques appellent les accidents absolus, et même parfois aux propriétés essentielles des êtres; b) extrinsèques, qui correspondent aux accidents relatifs, c'est-à-dire aux relations qu'un objet soutient avec d'autres objets. - Port-Royal, regarde ce terme comme synonyme de ce qui est accidentel :

 « J'appelle manière de chose ou mode, ou attribut, ou qualité, ce qui, étant conçu dans la chose et comme ne pouvant subsister sans elle, la détermine à être d'une certaine façon et la fait nommer telle. » (Logique de Port-Royal, Partie I, Ch. II).
Dénoter, Dénotatif, Dénotation (de De-notare, denotatum = désigner, de nota = marque, note, de noscere = apprendre) : la connotation d'un terme correspond à la compréhension d'un concept; la dénotation, à l'extension; donc la connotation indique certains attributs; la dénotation, un sujet ou classe de sujets. Certains noms, ceux qui désignent un sujet par une de ses qualités sont à la fois connotatifs et dénotatifs : ils connotent un attribut et ils dénotent un sujet. Stuart Mill (Système de Logique déductive et inductive, L. I, Ch. II, § 5) considère cette distinction, empruntée à la Scolastique, « comme une de celles qui entrent le plus avant dans la nature du langage. » - Les noms connotatifs sont aussi appelés dénominatifs.  Dénomination.

Densité. - En physique, c'est le rapport entre la masse d'un corps et la masse volumique de l'eau (à 4°C).

Déontologie (to deon = ce qu'il faut faire, le devoir; logos = discours) : théorie des devoirs relatifs à telle ou telle classe sociale ou à telle ou telle profession. Terme employé par Bentham (Deontology or the science of morality, Londres, 1834).

Déontologisme (to deon = ce qu'il faut faire; logos = discours) : système moral fondé sur la notion du devoir.

Dérivée (d'une fonction). - C'est : 1°) la valeur de la limite vers laquelle tend la variation d'une fonction réelle f lorsque la variation h de sa variable x tend vers zéro; autrement dit, si le quotient (f (x + h) -f (x)) / h a une limite lorsque h —› 0, la valeur de cette limite reçoit le nom de dérivé de f en x, et est noté f '(x). - 1°) la fonction notée f', qui associe à x cette limite est la fonction dérivée de f.

Désir (substantif verbal de Désirer, de desiderare, de de, particule privative, et sidus, sideris = astre, constater l'absence d'un astre; d'où regretter). - Mouvement  spontané et conscient de l'esprit qui se porte vers un bien qu'il n'a pas. Le désir est donc un appétit et se divise comme celui-ci. - Distinction : Désir passionnel, désir raisonnable ou délibéré. Le premier n'est pas la volonté, comme l'ont cru  les Sensualistes, mais le simple appétit sensible; le second se dis tingue de cet appétit, bien qu'il en soit toujours accompagné de quelque manière.

Désitif (de Desitum supin de de-sinere = s'abstenir, cesser) : les propositions désitives indiquent qu'une chose ou un état a cessé d'être on d'être tel (par ex. : Le français n'est plus la langue diplomatique). - S'oppose à inceptif.

Despotisme (de Despote, de despotès = maître) : autorité oppressive qui viole à son profit les droits de ses subordonnés. 

Destin (substantif verbal de destiner, de destinare, de de et stanare ou stinare = fixer) : fatum des Anciens. - Ce mot signifie non seulement la puissance qui fixerait les événements, mais encore l'ensemble des événements fixés par elle qui composeraient la trame de la vie d'un être.

Destinée (de Destin) : ce mot a d'abord le même sens que destin, puis il indique la finalité d'un être, c'est-à-dire l'avenir en vue duquel il est supposé avoir été fait et qui rend compte de sa nature.

Déterminatif (de Déterminer, de de-terminare = tracer des limites) : ce qui sert à limiter un terme ou une proposition. - Dans un terme complexe l'addition faite au terme simple est déterminative quand elle précise et restreint le sens du terme simple. Une proposition incidente sera donc déterminative quand elle restreindra le terme auquel elle se rapporte (par ex. :. Les tragédies, qu'a composées Racine, sont des chefs-d'oeuvre). - La proposition incidente est explicative quand elle ne restreint pas le terme auquel elle se rapporte. (Explicatif).

Détermination (Determinatio, de de-terminare, délimiter) : ce mot signifie a) L'acte volontaire qui termine la délibération. - b) L'acte qui fixe la nature on les bornes d'un objet de la pensée (pa ex. : en spécifiant les caractères qui servent à distinguer un concept d'un autre, comme le concept jour et le concept nuit. - c) La relation qui unit tellement deux
éléments de connaissance que, si l'un est posé, l'autre l'est aussi ( telle la relation qui unit le propre à l'essence). - S'oppose à indétermination.

Déterminé (de Déterminer, de de-terminare = délimiter) : a) Ce dont la nature ou les limites sont nettement définies. - b) Indique le terme du passage de la puissance à l'acte (par ex. : quand la volonté pose tel acte, elle passe de l'indétermination à la détermination.

Déterminisme (de Déterminer, de de-terminare = délimiter) : Sens général doctrine philosophique d'après laquelle selon laquelle tout effet est déterminé dans ses causes, physiques ou morales, si bien que tout arriverait nécessairement, autrement dit doctrine pour laquelle tous les événements de l'univers, y compris les actions humaines, sont tellement liés entre eux que les événements postérieurs résultent nécessairement des événements antérieurs et qu'il n'y ait qu'une seule résultante possible. - Ce mot déterminisme semble avoir été forgé en Allemagne vers le premier quart du XIXe siècle. - Distinction : Déterminisme intellectuel, physiologique, mécanique. Le premier admet l'influence irrésistible des motifs; le second, l'influence irré sistible des passions; le troisième explique la vie supérieure par le mécanisme. - Le mot déterminisme est quelquefois synonyme de détermination, d'enchaînement fatal de faits ou de phénomènes.

Développable. - On désigne ainsi, en géométrie, les surface qui peuvent être projetée sans déformation sur un plan. C'est le cas par exemple de la surface d'un cône, mais ce n'est pas le cas de la surface d'une sphère. C'est pourquoi les cartes géographiques déforment à des degrés divers (en fonction de la projection adoptée) les territoires représentés.

Développante (mathématiques).  - On dit qu'une courbe est une développante lorsqu'elle peut être comme décrite par l'une de ses extrémités d'un fil enroulé sur une courbe à laquelle il est fixé par son autre extrémité et que l'on déroule de manière qu'il doit toujours tendu. (Il est évident que tous les points du fil tendu décrivent des courbes qui, d'après la définition précédente, sont des développantes de la courbe sur laquelle il est enroulé). Les développantes d'une circonférence sont des transcendantes toutes égales; elles sont utilisées dans la détermination des profils de dents d'un engrenage cylindrique. Les développantes de l'hélice sont des développpantes de cercle.

Développée. - En mathématiques, on appelle développée d'une courbe plane l'enveloppe de ses normales, ou encore le lieu ces centres de courbure. Un arc quelconque de la développée d'une courbe plane est égal à la différence des rayons de courbure qui aboutissent aux extrémités de l'arc considéré. Il résulte de cette propriété fondamentale que la développée d'une courbe algébrique plane est une courbe algébrique rectifiable.

La développée d'une circonférence est son centre; celle d'une cycloïde est une cycloïde égale; celle d'une épicycycloïde, une épicycloïde semblable.

On ne peut pas étendre directement la définition précédente à double courbure; on démontre, en effet qu'il n'y a pas de courbe qui soit tangente aux normales principales d'une ligne à double courbure.

Par extension, on appelle développée d'une courbe gauche une autre courbe dont les tangentes sont toutes normales à la première . Il résulte de cette définition qu'une courbe gauche a une infinité de développées dont le lieu géométrique est la surface polaire de la courbe. 

Les développées d'une courbe gauche sont toutes des courbes gauches, Si l'on applique aux courbes planes cette nouvelle définition, on trouve qu'elles ont aussi une infinité de développées, parmi lesquelles une seule est plane : c'est celle qui est fournie par la première définition. Les autres sont des hélices.

Développement. - En mathématiques, comme de façon générale, c'est une extension ; développent en série : expression d'une fonction comme la somme d'une série de termes; développement d'une surface : projection sur un plan, etc.

Devenir (philosophie). - Dans la philosophie moderne, le devenir c'est le progrès ou l'évolution incessante des choses. Le devenir est opposé à l'être comme le mouvement à ce qui demeure. - Dans la philosophie scolastique, il y a deux expressions qui rendent bien cette opposition : In fieri - In facto esse. - Devenir c'est être en voie d'être, être fait par un changement ou une transformation ce qu'on n'était pas; passer d'une situation, d'un état à un autre.C'est avec Héraclite que le principe du devenir pénètre dans la philosophie européenne. Tout coule, disait-il. Les choses naissent et périssent sans arriver jamais à la plénitude de l'être ; elles sont dans un mouvement continuel de génération et de mort, dans un perpétuel devenir. Dans les temps modernes, cette théorie a été le fond de la philosophie hégélienne. Au sommet des choses est une unité suprême, incompréhensible, ineffable, où le fini et l'infini s'unissent en se confondant; puis cette unité s'oppose à elle-même, se détermine et commence à devenir; puis, revêtant successivement diverses formes, rentre en elle-même, après une évolution fatale. Cette évolution de l'idée est l'évolution même du monde. La philosophie de Herbert Spencer est également une forme de la philosophie du devenir. Ernest Renan, dans sa Lettre à M. Berthelot sur les sciences de la nature et les sciences historiques, a cherché si la réalité phénoménale ne présente pas des périodes successives qui correspondent au devenir de l'idée hégélienne. Il conclut que chaque période est un pas vers la Divinité : 

« Dieu est immanent dans l'ensemble de l'univers, et aussi dans chacun des êtres qui le composent. Seulement, il ne se connaît pas également dans tous. Il se connaît plus dans la plante que dans le rocher, dans l'animal que dans la plante, dans l'homme que dans l'animal, dans l'homme intelligent que dans l'homme borné, dans l'homme de génie que dans l'homme intelligent, dans Socrate que dans l'homme de génie, dans le Bouddha que dans Socrate. »


Devoir. - Le devoir est l'obligation morale ; c'est la première notion de la philosophie pratique, celle qui la fonde : elle ne diffère pas de l'idée de bien manifesté comme loi de la conscience.

Diagonale (Géométrie). - Droite qui joint deux sommets non adjacents d'un polygone, ou deux sommets d'un polyèdre n'appartenant pas à une même face. Un polygone de m côtés peut avoir m(m-3)/2 diagonales.

Les diagonales d'un parallélogramme se coupent toujours en parties égales, de plus, celles du rectangle sont égales et celles du losange perpendiculaires l'une sur l'autre.

Le point de concours des diagonales d'un rectangle est le centre du cercle circonscrit à ce rectangle; de plus, dans le carré, c'est aussi le centre du cercle inscrit dans le polygone.

Les quatre diagonales d'un parallélépipède se coupent toutes en un même point qui partage chacune, d'elles en deux parties égales. Dans un parallélépipède rectangle, ce point est le centre de la sphère circonscrite au polyèdre; dans le cube, c'est à la fois le centre de la sphère circonscrite et de la sphère inscrite.

Dialectique (la) (Dialectica Arsè Dialektikè Technè, de dia-legô = converser, discuter).  - Les Anciens, notamment Aristote, d'après Diogène Laërce, attribuent à Zénon d'Elée l'invention de la dialectique, sorte d'argumentation dialoguée, par laquelle il établissait doctrine de l'immobilité et des idées, et disent que les Mégariques y ont excellé. (Éristique). Dans la philosophie des Eléates, sorte d'argumentation dialoguée, par laquelle on établissait doctrine de l'immobilité et des idées. - Chez Platon, la dialectique consiste à distinguer les genres et les espèces et à expliquer les choses par les Idées en s'élevant du sensible à l'intelligible jusqu'à l'Idée suprême du Bien. - Aristote oppose l'analytique et la dialectique. La première a pour objet la déduction fondée sur des prémisses nécessaires c'est la logique de la démonstration. La seconde a pour objet les raisonnements appuyés sur des opinions probables : c'est la logique de la probabilité (Topiques, L. I, Ch. I, § 5). A côté de ce sens favorable, où elle est synonyme de force de raisonnement, la dialectique a quelquefois, dès cette époque, le sens défavorable de vaine subtilité. (Aristote, De Anima, L. I, C. I, § 8).  - Pour les Scolastiques, la dialectique est l'art de raisonner. C'est la logique formelle : elle fait partie du Trivium. - Kant définit la dialectique en général comme la « logique de l'apparence » et nomme dialectiques les raisonnements illusoires. Il distingue les apparences logiques, empiriques et transcendantales. Ces dernières proviennent de la constitution même de notre esprit, qui s'imagine pouvoir déterminer la nature et l'essence de l'âme, du monde et de Dieu. La dialectique transcendantale a pour objet de démontrer que cette tendance « naturelle et inévitable » de notre esprit est une illusion, dont il faut se garder avec soin. - Pour Hegel, la dialectique consiste à mettre en évidence l'union des contradictoires et à trouver le principe de cette union dans une synthèse. - Étant donnée cette variété de sens attribuée à la dialectique, on ne doit employer ce terme qu'en précisant la signification où on le prend.

Dialectique (Dialektikos = qui concerne la discussion, de dialegô = converser) : a) Syllogisme dialectique : celui dont les prémisses ne sont que probables.
Aristote l'oppose au syllogisme apodictique ou démonstratif (Topiques, I, Ch. I, § 4, 5). b) Aristote (Ibidem, Ch. III, § 2) distingue quatre attributs dialectiques : définition, genre, propre, accident, dont Porphyre a fait les prédicables.

Dialectiques (arguments). - Ce sont, dans le langage de la philosophie de Kant, les arguments purement probables, qui ne reposent que sur des faits contingents, par opposition aux arguments apodictiques, qui reposent sur des vérités nécessaires et produisent la certitude.

Diallèle (diallèla = l'un par l'autre). - Le diallèle est l'argument par lequel les sceptiques espèrent prouver que l'esprit est incapable de saisir la vérité. On l'appelle diallèle parce qu'il réduit l'esprit à revenir s'appuyer sur ce qui est en question pour établir la légitimité de ses opérations. Voici donc cet argument. Le sceptique demande au dogmatique de prouver la puissance qu'aurait, d'après lui, l'intelligence pour atteindre la vérité. Quel que soit le principe d'où essayera de partir le dogmatique, le sceptique lui dira :

« Tenez-vous ce principe pour assuré? - Sans doute. - Mais d'où le tenez-vous? N'est-ce pas de votre esprit? - Oui. - Mais qu'est-ce qui était en question? N'était-ce pas la véracité de l'esprit? Et en admettant ce principe comme assuré, ne montrez-vous pas que vous vous appuyez sur cette véracité même de l'intelligence que cependant il s'agissait de démontrer? Et ainsi tout votre raisonnement se réduit à dire :  L'esprit peut atteindre la vérité, parce qu'il atteint la vérité. » 
C'est ce que Montaigne appelait mettre le dogmatique « au rouet ». Le sceptique réduit donc toute démonstration du principe dogmatique à n'être qu'une pétition de principe. Mais la pétition de principe est un sophisme. Toute opinion soutenue par un sophisme est fausse, donc le dogmatisme est faux et par suite le scepticisme est vrai. Voilà les conséquences que le scepticisme tire du diallèle. Elles sont peut-être rapides et prématurées, car de ce qu'une opinion est mal soutenue et même à l'aide d'un sophisme, il ne s'ensuit rien par rapport à la vérité intrinsèque de cette opinion; le scepticisme prouve simplement que le principe du dogmatisme n'est pas susceptible d'une démonstration discursive, il ne prouve pas du tout que le dogmatisme soit faux. Il lui suffirait, pour être vrai, de s'appuyer sur une évidence intuitive antérieure et supérieure à toute démonstration.

Diamètre. - Segment de droite passant par le centre d'un cercle (ou d'une sphère) et dont les extrémités appartiennent à la circonférence de ce cercle (ou de cette sphère). Le Diamètre vaut deux fois le rayon du cercle (ou de la sphère).

Dichotomie (Dichotomia, de dichotomos = coupé en deux; dicha = en deux parties; tomè =, coupure) : distribution de chaque genre en deux parties contradictoires. - Les Anciens appelaient ainsi l'un des arguments de Zénon d'Élée. Cet argument a été aussi appelé l'Achille, parce que Zénon prenait comme
exemple Achille aux pieds légers poursuivant une tortue. 

« Un mobile plus lent ne peut être rejoint par un plus rapide, car celui qui poursuit doit toujours arriver au point occupé par celui qui est poursuivi et où celui-ci n'est plus [quand l'autre y parvient] ; de sorte que le premier conserve toujours une avance sur le second. » (Aristote, Physique, L. VI, Ch. IX, § 3).
Dichotomique (méthode)-(botanique). - On désigne sous ce nom une méthode destinée à la détermination des espèces et où chaque groupe se subdivise uniquement en deux groupes subordonnés, de manière à ce que l'investigateur n'ait jamais à choisir qu'entre deux caractères pour reconnaître l'espèce qu'il étudie. Lamarck, dans sa Flore française, a donné un exemple célèbre de méthode dichotomique du règne végétal.

Dictamen (mot latin de dictare = dicter, suggérer). - Se dit quelquefois en parlant de la voix de la conscience, de ce qu'elle ordonne ou défend.

Dictature. - Ce terme qui fait référence à une institution romaine, s'applique à un régime politique où tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains d'un seul individu ou d'un groupe restreint d'individus (assemblée, classe sociale).

Dictum de omni, dictum de nullo. - Principe du syllogisme ainsi formulé par Aristote : « Tout ce qui est affirmé du prédicat, peut être affirmé du sujet. » (Catégories, Ch. II, § 3). Forme négative : Tout ce qui est nié du prédicat petit être nié du sujet. Les Scolastiques ont interprété la formule d'Aristote du point de vue de l'extension. Ils désignent ainsi deux principes très généraux du syllogisme, qui reposent eux-mêmes sur le principe d'identité. Le premier est celui-ci : Tout ce qui est affirmé d'un sujet universel, genre ou espèce, est affirmé de toutes les individualités qui y sont comprises (Quidquid de omnibus valet, valet etiam de quibusdam et singulis). Le deuxième : Tout ce qui est nié d'un sujet universel est nié de tous les individus qui y sont compris (Quidquid de nullo valet, nec de quibusdam et singulis valet).
 
 
 

 

Dieu. - Pour le Déisme, le Panthéisme et le Théisme, c'est le nom de la cause première, de l'Être par essence, l'acte pur. Le Déisme s'en tient là. Le Panthéisme et le Théisme importent de la religion, des attributs de Dieu. Pour le Panthéisme, Dieu est la cause intrinsèque du monde, qui peut se confondre  avec l'être en général,. Pour le Théisme, qui est la philosophie religieuse proprement dite, c'est une cause extrinsèque, transcendante. Pour les Acataleptiques, Dieu est le nom de l'inconnaissable. Pour les Athées, c'est le nom de rien. Pour les Agnostiques, dont le nom signifie qu'ils pensent sans référence à une religion, Dieu peut être beaucoup de choses différentes, selon qu'ils s'inscrivent dans une forme de Déisme, d'Acatalepsie ou d'Athéisme. Au fond, on pourrait dire qu'il y a au moins autant de conceptions de Dieu que de philosophies et de philosophes. 

Différence (Differentia, de differre = dis-ferre = disperser, séparer) : relation d'altérité.  - En général, tout caractère permettant de distinguer une chose d'une autre, une idée d'une autre. C'est l'un des cinq Universaux des Scolastiques; attribut essentiel (Propre) de l'espèce et qui la distingue des autres espèces du même genre. Ainsi, le corps et l'esprit étant deux espèces de la substance, l'attribut différentiel du corps est l'étendue, et l'attribut différentiel de l'esprit est la pensée. Le triangle rectangle se distingue de tout autre triangle, parce qu'il a un angle droit. La différence se rapporte donc d'une part au genre, qu'elle divise et partage de l'autre à l'espèce, qu'elle sert à constituer; ce qui fait qu'on l'appelle aussi différence spécifique. De cette façon, l'espèce peut être nommée ou d'un seul nom, comme esprit et corps, ou de deux mots exprimant le genre et la différence joints ensemble, comme substance pensante, substance étendue, ce qui forme une définition. - Distinctions : a) Différence essentielle, différence accidentelle. La première est celle que nous venons de signaler; la seconde est un accident : ainsi Pierre diffère de Paul;  la différence numérique est aussi une différence accidentelle, qui distingue un individu d'un autre . - b) Différence spécifique : ce qui distingue une espèce des autres espèces contenues dans le même genre. - c) Pour parler strictement, il ne faut pas confondre : 1°) différence, qui se rapporte aux espèces d'un même genre; 2°) diversité, qui s'applique aux genres comparés entre eux; 3°) distinction, qui se dit des individus d'une même espèce. - Axiome scolastique : La différence est plus noble que le genre (Differentia nobilior est genere); car la différence se compare genre comme l'acte à la puissance, la forme à la matière. (B-E).

Différencier, différentiation (de Differentiare, latin scolastique, différencier, de differentia). - Séparer distinguer par la différence. Ces mots sont employés quelquefois par opposition à multiplier, multiplication. La multiplication se fait par simple reproduction. Chez Spencer : « Passage de l'homogène à l'hétérogène », c'est-à-dire transformation d'éléments semblables en éléments différents. C'est une loi que les êtres corporels progressent en se différenciant, en passant de l'homogène à l'hétérogène. 

Différentiel (calcul) (de Différence) : on nomme calcul différentiel l'introduction de quantités infiniment petites dans l'analyse mathématique.

Différentielle. - Variation d'une fonction rapportée à une variation infiniment petite d'une des variables de la fonction.

Différentielle (équation). - Equation dans laquelle interviennent les dérivées de fonctions.

Dilemme (du grec dis, deux fois, et lambanéin, prendre), argument composé, dans lequel, après avoir divisé un tout en ses parties, on conclut affirmativement ou négativement du tout ce qu'on a conclu de chaque partie. Ainsi, pour prouver qu'on ne saurait prendre plaisir au jeu, on dira qu'il ne peut en résulter que du gain ou de la perte, ce qui est une manière de diviser le jeu; et l'on continuera : "Le gain n'a pas d'attraits pour moi; la perte me chagrine donc le jeu ne saurait me plaire." On a employé contre le scepticisme le dilemme suivant : "Les sceptiques sont certains de leur doute, ou ils ne le sont pas; s'ils en sont certains, ils croient donc à quelque chose; s'ils n'en sont pas certains, ils n'admettent pas leur propre système. Dans les deux cas, que devient leur doctrine?

La règle principale du dilemme est qu'il n'y ait pas de milieu entre les partis offerts à ceux qui argumentent. Une autre règle est que, si l'on propose à ses adversaires deux ou plusieurs partis à choisir, ces partis soient nécessaires. "Il faut mépriser les richesses; car, si nous en possédons, ou nous craindrons de les perdre, ou nous en ferons un mauvais emploi.

Aucune de ces deux suppositions n'est admissible, car les humains riches peuvent faire un bon usage de leurs biens, et encore ils peuvent ne pas être tourmentés par la crainte d'en être dépouillé. Le dilemme est un argument d'une grande force : dans les écoles de philosophie, on l'appelait autrefois argumentum cornutum, "argument cornu", comme pour dire que ceux qui l'employaient frappaient leurs adversaires des deux côtés à la fois. (M.).

Dilettante, Dilettantisme (de l'italien Dilettante = qui se délecte, amateur). - Le Dilettantisme philosophique est une forme du Scepticisme : le dilettante s'intéresse au mouvement des idées et des doctrines en se désintéressant de leur vérité ou fausseté.

Dimension (Dimensio, de dimensum, supin de di-metiri = mesurer dans tous les sens) : grandeur réelle qui seule ou avec d'autres détermine la grandeur d'une figure mesurable (ex. : Figures à deux ou trois dimensions).

Diplomatique. - Branche de la paléographie qui étudie les chartes, les diplômes, etc, pour en déterminer l'authenticité ou la valeur.

Direct (sens) - Sens contraire des aiguilles d'une montre. Aussi appelé sens trigonométrique, en référence au sens utilisé en géométrie pour mesurer les angles. S'oppose au sens rétrograde. On appelle ainsi le mouvement propre d'une planète, qui s'effectue et qui paraît s'effectuer d'occident en orient. Ce mouvement a toujours lieu pour les planètes supérieures excepté vers leur opposition au Soleil, temps auquel ces planètes paraissent rétrogrades. De même ce mouvement à toujours lieu pour les planètes inférieures, excepté vers le temps de leur conjonction inférieure où elles paraissent rétrogrades. (Libes).

Direction. - C'est en mathématiques l'ensembles des droites parallèles à une droite particulière. En astronomie, comme dans d'autres disciplines, certaines de ces droites de référence sont utilisées pour définir des axes à partir desquels on construira des systèmes de coordonnées. Chaque direction possède deux sens. par ex : Nord, Sud, etc.

Disamis. - Terme de logique qui désigne un mode de la troisième figure du syllogisme, où la majeure est particulière affirmative (I), la mineure universelle affirmative (A), et la conclusion particulière affirmative (I). Exemple : Il y a des méchants qui font les plus grandes fortunes; - tous les méchants sont misérables; - donc il y a des misérables dans les plus grandes fortunes. La lettre D indique que, pour être prouvé, ce mode doit être ramené à un darii de la première figure; la lettre S deux fois répétée signifie que cette opération doit se faire en convertissant simplement la majeure et la conclusion, et la lettre M indique qu'il faut alors transposer les deux premières, de façon que la majeure devienne la mineure et vice versa.

Discontinu (du latin scolastique Discontinuus, du préfixe privatif dis et de continuus, de continere = cum-tenere = tenir fortement, être joint); quantité discontinue, c'est-à-dire dont les parties sont séparées. - S'oppose à Continu.

Discret (Discretus, participe passé de dis-cernere, discretum = séparer, de cernere, cretum = tamiser, diviser) : quantité discrète. Ce terme s'emploie quelquefois comme synonyme de discontinu.

Discrétif (de Discretum, supin de dis-cernere = séparer) : la proposition discrétive est une proposition composée, qui renferme deux assertions exprimant une distinction on une opposition (ex. : L'humain est intelligent, la pierre ne l'est pas; je perdrai la vie, non l'honneur).

Discrétion (Discretio = séparation, de discretum, supin de dis-cernere= séparer) les Néocriticistes opposent au déterminisme universel, comme une loi cosmologique, la loi de discrétion des phénomènes. Ils ont remarqué, en effet, que l'addition ou la soustraction d'une unité suffit pour modifier, d'une façon subite et absolue, les quantités discrètes, tandis que les quantités continues varient d'une façon insensible et relative.

Discrétionnaire (de Discrétion) : un pouvoir discrétionnaire est un pouvoir, non déterminé par la lui, mais laissé au discernement de celui qui en use de là vient qu'on emploie parfois ce mot dans le sens de pouvoir arbitraire.

Discrimination (de Discriminatum, supin de dis-criminare = distinguer, de dis-crimen = intervalle, différence, instant décisif) : ce terme, d'importation anglaise, indique l'acte par lequel l'esprit discerne les uns des autres les objets concrets de la pensée.

Discursif (du latin scolastique Discursivus, de dis-currere = courir çà et là) : une faculté ou une opération est discursive quand elle n'atteint son but qu'en se servant d'intermédiaires. - Le raisonnement est une opération discursive. -  Se dit, en logique, de toute opération où l'esprit est obligé de parcourir un certain nombre d'idées en passant de l'une à l'autre, soit pour les réunir, soit pour en tirer des conclusions. Ainsi, la généralisation, la comparaison, le raisonnement, sont des opérations discursives; la perception immédiate des phénomènes et la conception intuitive des vérités a priori ne présentent pas ce caractère. Les connaissances produites par les opérations discursives sont dites également discursives, ainsi que le genre de certitude qui les accompagne. La méthode de déduction peut s'appeler aussi méthode discursive. - En termes de mystique, l'état discursif se dit de l'état de l'esprit qui raisonne, par opposition à l'état contemplatif, où l'esprit cesse de discourir.

Discussion. - Quand on résout une question de mathématiques, on est souvent obligé de soumettre les quantités où les figures sur lesquelles on raisonne à certaines hypothèses restrictives; lorsque l'on a trouvé la solution de la question, il faut alors examiner les cas particuliers laissés de côté à la suite de ces hypothèses. L'examen de ces cas porte le nom de discussion de la question. 

La discussion consiste aussi dans l'étude des remarques importantes auxquelles peut donner lieu l'examen de la question considérée sous ses diverses faces.

Disjonction (Disjunctio, de disjunctum, supin de dis-jungere = détacher) : caractère d'une alternative, dans laquelle plusieurs attributs possibles, mais s'excluant mutuellement, sont rapportés à un même sujet (ex. : Pierre est debout, ou assis ou couché). - La disjonction est complète quand elle énonce toutes les alternatives possibles.

Disjonctive (proposition)(Disjunctivus, de disjunctum, supin de dis-jungere = détacher). - Une proposition disjonctive est une proposition composée dont les différentes parties sont unies ou séparées par une disjonctive; ce qui revient à dire, au point de vue logique, que le sujet y est divisé suivant les attributs opposés qui, tout en s'excluant réciproquement, conviennent ou répugnent séparément à ses différentes parties. Ex. : Toute action est bonne ou mauvaise; l'homme n'est ni ange ni bête.

Kant, avec sa phraséologie toujours un peu nébuleuse, exprime la même idée en définissant, dans sa Critique de la raison pure, le jugement disjonctif : 

"celui qui contient le rapport de deux ou plusieurs propositions entre elles, par un rapport d'opposition logique, en tant que la sphère de l'une est exclue par la sphère de l'autre."
Le type de la proposition disjonctive est la division proprement dite. Des propositions et des jugements, ce nom s'étend aux raisonnements; ainsi, on appelle le dilemme' argument ou syllogisme disjonctif, parce qu'il a pour majeure une proposition disjonctive. (La Logique de Port-Royal, 2e partie, ch. IX). (B-E.).

Disparate (Disparates, participe passé de dis-parare = séparer, diversifier, de dis-par = dissemblable) : les idées disparates sont celles qui ne sont unies ni par le rapport de genre à espèce, ni par le rapport d'espèce à espèce dans le même genre.

Disposition (Dispositio, de dispositum, supin de dis-ponere = placer de çà et là, distribuer) : manière d'être naturelle qui rend propre à faire quelque chose. - Qualité moins déterminée que l'habitude à laquelle elle sert de genre.

Dissociation (Dissociatio, de dissociatum, supin de dis-sociare = séparer, de socius = joint, uni) : opération par laquelle l'esprit isole les uns des autres des éléments qui étaient primitivement agrégés dans un tout. - Dissociation des idées. - Il faut distinguer la dissociation de l'abstraction, opération par laquelle l'esprit considère à part dans un objet un élément qui n'en est pas séparable.

Dissolution (Dissolutio, de dissolutum, supin de dis-solvo [dissoluo] = dissoudre, défaire) : ce terme signifie, en général, la décomposition d'un agrégat et le retour des éléments agrégés à l'indépendance. - Chez Spencer, s'oppose à évolution, qui implique une marche progressive par différenciation et intégration.

Distance, distant (Distancia, distans, de dis-stare = être éloigné) : longueur de l'intervalle qui sépare une chose d'une autre dans l'espace. 

Distinct (Distinctus, de distinctum, supin de di-stinguere = séparer par des points, isoler, distinguer, de dis, préfixe séparatif et stinguere = piquer) : a) Ce qui est tenu pour autre par l'esprit. b) Ce qui est réellement autre. c) Ce qui est différent de tout autre chose : telle est la connaissance distincte selon Descartes (Principes, Part. I, § 45). - Idée et terme distincts. - Dans l'ordre de la connaissance, distinct est opposé à confus; dans l'ordre réel, à identique.

Distinction (Distinctio, de distinctum, supin de dis-tinguere = séparer par des points, isoler, distinguer). - a) opération ou acte par lequel l'esprit reconnaît qu'une chose diffère d'une autre ; b) caractère qui distingue un objet d'un autre; c) propriété qu'ont deux ou plusieurs objets d'être distincts : c'est l'absence d'unité. - Distinction réelle : absence d'unité entre plusieurs choses. - Distinction logique on de raison : absence d'unité entre plusieurs concepts d'une même chose. Elle est double: 1°) Distinction sans fondement dans la chose. - 2°) Distinction avec fondement dans la chose ou virtuelle. - En termes de scolastique, ce par quoi une chose n'est pas une autre. C'est la négation de l'identité. Les logiciens ont distingué à tort les idées claires d'avec les distinctes; toute idée claire est distincte, et réciproquement. La clarté est l'antithèse de l'obscurité, et la distinction celle de la confusion.

Distributif (Distributivus, de distributum, supin de dis-tribuere, distribuer, répartir, de tribuere, répartir par tribus) : a) En logique, ce terme désigne indifféremment tous et chacun des individus compris dans l'extension d'un genre ou d'un groupe; il s'oppose à colllectif. b) En morale, justice distributive. - Justice distributive dans la répartition de l'impôt. - L'addition et la multiplication logiques sont distributives.

Distributivité (mathématiques). - Propriété d'une opération mathématique par rapport à une seconde telle que, si l'on représente par # et £ ces deux opérations :

(a £ b) # c = (a # c) £ (b # c) ou bien a # (b £ c) = (a # b) £ (a # c)
Dans le premier cas, # est distributive par rapport à son premier terme, et dans l'autre par rapport à son second terme. Ces deux définitions de la distributivité coïncident, si l'opération # est commutative. Par exemple, la multiplication est distributive, relativement à l'addition d'une manière complète, car :
(a + b) X c = (a X c) + (b X c), et a X (b + c) = (a X b)+(a X c).
L'élévation aux puissances est distributive relativement à la multiplication, mais seulement par rapport à son premier terme, car on a :
(a X b)c = ac X bc, et non pas abXc = ab X ac.
Divers, Diversité (Diversus, diversitas, de diversum, supin de divertere = dis-vertere = se détourner, différer) : ces mots : a) signifient, en général, ce qui s'oppose à l'identité. Ils ont pour synonymes Autre (l'heteros d'Aristote) et Altérité ; b) indiquent, dans un sens restreint, une différence qualitative.

Divisé (de Diviser, du latin populaire divisare tiré, par le supin divisum de di-videre = partager, de dis, préfixe séparatif et racine vid, d'où viduus = privé de) : confusion entre le sens divisé et le sens composé.

Diviseur. - Nombre par lequel on divise un autre nombre, appelé dividende, et plus spécialement nombre entier par lequel on peut diviser un autre nombre entier tel que le résultat soit aussi un nombre entier. 

Divisibilité (de Divisible, de Divisibilis = qui peut être divisé, de divisum, supin de di-videre = partager). - La divisibilité est la propriété de ce qui peut être décomposé en parties de même nature. On distingue la divisibilité : a) mathématique : qui, s'appliquant à l'étendue abstraite, est indéfinie; b) physique qui, s'appliquant à l'étendue réelle des corps existants, est limitée. Descartes a prêté à l'étendue concrète la propriété de divisibilité à l'infini, qui ne convient qu'à l'étendue abstraite.

Division (Divisio, de divisium, supin de di-videre, partager, de la racine vid, d'où viduus = privé de). - Distribution d'un tout en ses parties, d'un genre en ses espèces, etc. La division succède à la définition. - En économie politique, la division du travail, c'est la distribution d'un certain travail entre plusieurs ouvriers, de manière à ce que, chacun ne faisant qu'une partie, la fasse mieux et plus rapidement. En divisant ainsi le travail on multiplie les spécialités.

Division (sophisme de). - Sophisme consistant à affirmer séparément des choses jointes ensemble ce qui n'est vrai que dans le sens composé.

Doctrinaire (de Doctrine) : on appelle Doctrinaires les disciples de l'école politique fondée, sous la Restauration, par Royer-Collard et Guizot.

Doctrine : mot qui, dans un sens aujourd'hui vieilli, a signifié science, savoir, et qui ne s'entend plus que d'un ensemble de dogmes religieux ou d'opinions adoptées par une école. Il n'est pas synonyme de système, mot par lequel, on désigne un enchaînement d'idées sur un ordre de faits quelconques; pour qu'un système soit une doctrine, il faut qu'il ait pour but les grandes questions de la morale, celles de la fin actuelle de l'humain ou de sa destinée future. On dira, par exemple, le système, et non la doctrine, de Newton, de Linné, de Cuvier, parce que les études de ces savants sur les astres, les végétaux, les fossiles, n'ont pas trait au monde moral; mais on dit des doctrines religieuses, morales, physiologiques, sociales, etc.

Dogmatisme(de Dogmatiser, du latin ecclésiastique dogmatizare = établir une doctrine). -  a) Ce mot signifie, en général, toute philosophie qui, croyant à la valeur de la raison humaine, affirme pouvoir en tirer certaines vérités. On l'oppose au Scepticisme, qui révoque toute affirmation en doute. On a remarqué que l'excès du dogmatisme jette dans le scepticisme et réciproquement. -b) Depuis Kant, ce mot a souvent un sens défavorable, parce qu'il oppose le Dogmatisme au Criticisme. Le Dogmatisme consiste pour lui à s'appuyer en métaphysique sur les principes dont la raison se sert depuis longtemps, sans en avoir fait, au préalable, la critique, c'est-à-dire sans avoir montré que l'usage qu'elle en fait est légitime (Critique de la Raison pure, préface de la seconde édition).

Dogmatisme médical. - Cette doctrine est celle de l'une des premières écoles de médecine de l'Antiquité. Elle a été initiée par les disciples directs d'Hippocrate, qui ont vite commencéà abandonner la voie de l'observation et de l'expérience que celui-ci avait inaugurée, pour celle des hypothèses. Ainsi, dès le commencement du IVe siècle avant notre ère, Thessalus et Polybe, celui-ci gendre et celui-là fils d'Hippocrate lui-même, fondent cette secte dite des Dogmatiques (Dogmatisme), ainsi appelés parce qu'ils s'occupaient particulièrement à rechercher par le raisonnement l'essence même des maladies et leurs causes occultes.  Cette école faisait dépendre l'état de santé et celui de maladie de l'équilibre ou du non-équilibre des quatre humeurs cardinales du corps humain, à savoir : le sang, la pituite, la bile jaune et l'atrabile. Par compensation et en vertu même de ses idées, elle recommandait étude de l'anatomie. Les Dogmatiques étaient aussi nommés Hippocratiques (Hippocrate et les Hippocratistes), parce qu'ils se rattachaient aux livres d'Hippocrate lui-même, où l'on trouve en effet le germe de cette doctrine. Les opinions du dogmatisme médical régnèrent exclusivement dans les écoles jusqu'à l'apparition, à Alexandrie, de la secte des Empiriques (L'Ecole médicale d'Alexandrie).

Dogmatisme moral : c'est le nom qu'on donne à la philosophie qui cherche à justifier la certitude par «-l'action ». Se dit par opposition au dogmatisme intellectuel. 

« Spéculativement, le dogmatisme moral c'est l'explication de la certitude par l'action : pour connaître l'être et pour y croire, il faut coopérer à se donner l'être à soi-même. Pratiquement, c'est la mise en oeuvre de la méthode critique et de la méthode ascétique pour se dépouiller de toute relativité dans sa manière d'être et dans sa manière de penser. Il se distingue nettement du scepticisme, d'après lequel nous sommes invinciblement enfoncés dans le relatif, et du dogmatisme illusoire, d'après lequel il suffit de penser et d'avoir des idées pour être dans l'absolu » (M. Blondel et L. Laberthonnière, dans Bulletin de la Société française de Philosophie, août 1904). 
Dogme (Dogma = ce qui paraît bon, doctrine, croyance; cf. dokein = juger bon) : a) En philosophie, ce mot signifie un point de doctrine regardé comme fondamental dans une école et accepté par ses membres. - b) En théologie, c'est l'ensemble des affirmations auquelles les membres d'une religion sont tenus de donner leur adhésion.

Donné (Substantif participe de Donner, de donare = gratifier, de donum = présent, don) :  on entend par donné ce qui est immédiat et présent dans l'esprit avant toute élaboration. 

« Une philosophie qui commence par la psychologie, prend pour base le donné » : c'est la « Philosophie du donné ». « J'emploie ce mot comme synonyme d'immédiat, de premier, de conscient. La donné s'oppose à l'inféré, au construit, à l'hypothétique, donc à tout objet en tant qu'objet à tout non-moi, à ]'espace en tant que construit, à l'avenir en tant qu'hypo thétique. » (V. Egger, dans Bulletin de la Société française de Philosophie, août 1905, p. 213).
Donnée. - Terme de mathématiques. Nom général que l'on donne à ce que l'on suppose connu. Par exemple, une ligne donnée, est une ligne dont on connaît la longueur : un angle donné, et un angle dont on connaît la grandeur, etc. En général, une donnée est une connaissance que l'on suppose acquise.

Données (participe passé employé substantivement pour quantités données) : les données d'un problème sont les éléments connus qui servent à déterminer une inconnue. Les Anciens les appelaient hypotheseis = les hypothèses. - Données d'une science : ensemble des principes et des faits sur lesquels s'appuient ses recherches et raisonnements. On parle de : données de la conscience; de données des sens : a) primitives; b) acquises.

Douleur (de Dolorem, de dolere = souffrir) : Définition causale : émotion pénible qui résulte de l'activité contrariée. 

Doute( (Substantif verbal de Douter, de dubitare, de dubius = flottant, irrésolu, de duo = deux). - a) Etat de l'esprit incertain, qui ne sait s'il faut affirmer ou nier.  -b) Suspension du jugement en présence d'assertions opposées.

Douteux (de Doute) : a) subjectivement : état d'incertitude de l'esprit : conscience douteuse; b) objectivement : chose ou proposition incertaine.

Droit( (du latin populaire drectum = directum = mené droit, participe passé de dirigere = dis-regere = aligner, guider). - Ce terme est dérivé d'une métaphore géométrique : ce qui est tracé droit ; d'où ce qui est conforme à une règle, regula, de regere, conduire. La racine est la même dans regula et di-rectum. Donc être dans son droit, c'est être d'accord avec la règle. L'opposé de droit est exprimé par une métaphore contraire : le tort, de tortum, tordu, participe passé de torquere = faire tourner, tordre. - Le droit c'est le pouvoir moral de faire, de jouir de, ou d'exiger quelque chose, etc. Le droit peut être divisé en plusieurs branches selon le domaine auquel il s'applique ou selon le fondement qu'on lui donne. On parlera ainsi de droit civil, droit commun, droit coutumier, droit criminel, droit pénal, droit divin, droit naturel, droit administratif, droit industriel, droit commercial, droit constitutionnel, droit public, droit international, droit maritime, etc.

Droit commun se dit du sroit général par opposition au Droit particulier, au Droit local. La disposition de Droit commun est celle qui s'applique à tous les cas, à toutes les circonstances, à moins qu'il n'y ait une exception formellement prévue par une loi positive. (B.).

Droit divin. - C'est un principe suivant lequel, tout pouvoir est supposé venir de Dieu; le dépositaire de la puissance devient dès lors sacré, et n'a de compte à rendre de sa conduite qu'à Dieu même. Les rois disent tenir leurs droits de Dieu, et voilà ce qui fait leur légitimité aux partisans de la monarchie' absolue. Cette théorie politique a pour contraire celle de la souveraineté du peuple. Ses conséquences rigoureuses sont l'obéissance passive, la condamnation de toute espèce de révolte contre l'autorité, l'impossibilité de restreindre le pouvoir souverain sans le détruire : l'humain, politiquement parlant, n'a pas de droits, il n'a que des devoirs. Les partisans du Droit divin trouvent que ce sont là des inconvénients moindres que ceux qui sont attachés aux autres formes de gouvernement. La foi au Droit divin de l'autorité n'a pas été pas propre seulement aux sociétés où domine le christianisme : dans les sociétés antiques, toute transmission du pouvoir était consacrée par l'intervention de la religion, et l'on ne pensait pas qu'un fait si considérable se pût accomplir sans la volonté des dieux. Mais il est très vrai que le christianisme a donné au principe du Droit divin une force nouvelle :.

Il n'y a point de puissance qui ne vienne de Dieu, dit Saint Paul; et les puissances qui subsistent. ont été établies de Dieu. C'est pourquoi celui qui s'oppose à la puissance s'oppose à l'ordre que Dieu a établi. 
Est-ce à dire qu'il faille, aux yeux de la religion, enlever aux humains le droit de se gouverner eux-mêmes et favoriser le despotisme? On a pu le prétendre pour en faire une objection contre le catholicisme : mais, dans le langage de la théologie, le Droit divin signifie tout simplement que le pouvoir, comme moyen d'ordre, étant nécessaire à l'existence de la société, est, dès lors, voulu de Dieu, ou d'institution divine, de la même manière que la société elle-même. (B.).

Droit industriel. - On peut donner la dénomination de droit industriel à l'ensemble des dispositions législatives réglant les rapports de l'industrie avec les particuliers ou avec l'Etat, et ayant pour but d'apporter des dérogations à la liberté du travail en organisant des monopoles ou en conférant à l'autorité publique le droit d'intervenir pour autoriser ou pour surveiller l'exercice d'une industrie. Ainsi l'on fait entrer dans le droit industriel les lois sur les différentes branches de la propriété industrielle (brevets d'invention, dessins et modèles de fabrique, marques de fabrique et de commerce), les lois sur l'apprentissage, sur les conditions de travail, sur les syndicats professionnels, etc. On peut ainsi comprendre dans le droit industriel la législation du travail ou ensemble des lois concernant la condition des salariés et leurs rapports avec les employeurs. Cette branche du Droit est surtout distinguée des autres par les économistes. Les juristes ont l'habitude de répartir les matières du droit industriel soit dans le Droit administratif et le Droit du travail, soit dans le Droit commercial (brevets d'invention, marques de fabrique et de commerce, etc.). (Ch. Lyon-Caen).


Droits de coutume. - On a appelé ainsi les redevances qui étaient payées, dans certains pays, au seigneur, pour toutes les denrées, blés, vins, bestiaux, qui étaient vendus dans sa seigneurie. Il y avait la grande et la petite coutume; elles différaient uniquement quant au tarif : la grande coutume était de quatre deniers par boeuf, et la petite de un denier seulement.

Les droits de coutume ont été abolis par la loi des 15-28 mars 1790. 

Dans quelques provinces, l'expression droit de coutume désignait une espèce de revenu annuel, ou de rente foncière qui se payait en blé, seigle ou avoine, par les possesseurs de rotures : ceux-ci étaient dits alors « preneurs d'héritage en coutume ». 

On disait aussi quelquefois droit de levage, par exemple dans la Coutume du Maine, article 10. (P. Girodon).

Dualisme '(de Dualis = composé de deux, de duo = deux). - Ce mot s'applique à toute doctrine qui, sur un point déterminé, admit l'existence de deux principes irréductibles. Exemples :  Dualisme des Manichéens, qui admettent deux principes coéternels du bien et du mal). - Dualisme de Platon et d'Aristote; Dualisme de Descartes, qui admet deux sortes de substances : la substance étendue ou corps; la substance inétendue ou esprit. - S'oppose à Monisme : doctrine : a) de Spinoza; b) de Haeckel.

Durée (de Durer, de durare = durcir, d'où persister) . - Permanence du lien qui unit entre eux les moments du devenir, permanence dans l'être, avec succession ou sans succession. S'il y a succession, c'est le temps; sinon, c'est l'éternité. - Pour Bergson, la durée est une qualité propre aux états psychiques qui se succèdent en s'interpénétrant.

Dynamique (la) (Dynamikè = puissante, de dynamis = force; sous-entendu technè =art). - C'est une branche de la physique, et plus spécialement de la mécanique, qui se divise en : a) statique, qui traite des conditions d'équilibre ; b) cinématique, qui s'occupe du mouvement en lui-même et non des causes qui le déterminent; c) dynamique, qui étudie les propriétés du mouvement et, en particulier, les forces qui le produisent. - Par analogie, Herbart a parlé de la dynamique des états de conscience, c'est-à-dire de leurs transformations, et A. Comte et H. Spencer parlent de dynamique sociale.

Dynamique (Dynamikos = puissant, efficace) : a) ce qui implique un devenir. S'oppose à statique; b) ce qui implique activité et finalité. .

Dynamisme, Dynamique (Philosophie) (de Dynamis = puissance). - On donne ce nom aux systèmes philosophiques qui admettent l'existence de forces comme principe des choses. - a) dynamisme interne, chez Newton, Leibniz, opposé au mécanisme de Descartes; b) dynamisme externe, chez Boscovich ou Palmieri. Distinctions : Monodynamisme, duodynamisme, tridynamisme, polydynamisme. Le monodynamisme ou animisme consiste à regarder l'âme comme le seul premier principe de la pensée, de la sensation et de la vie organique dans l'homme ; le duodynamisme ou vitalisme admet deux premiers principes associés entre eux : l'âme intelligente et le principe de la vie organique; le tridy namisme admettait trois âmes; le polydynamisme les mult pliait, comme les organes, sous le nom d'archées. On l'a ramené parfois au  polypsychisme.

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Dictionnaire Idées et méthodes
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