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Raisonnement (du latin ratiocinatio), opération de l'esprit qui consiste à faire passer sa croyance d'un jugement à un autre jugement. On raisonne par analogie, par induction, et par déduction. Raisonner par analogie, c'est s'appuyer sur plusieurs ressemblances partielles entre plusieurs objets, pour affirmer une ressemblance totale; par induction, c'est observer des faits particuliers en plus ou moins grand nombre, pour s'élever à la connaissance des lois qui les régissent, c'est aller du particulier au général (Généralisation).

L'opération contraire, qui consiste à descendre du général su particulier, constitue la raisonnement déductif. Tout raisonnement de cette nature suppose au moins deux vérités acquises, et, par conséquent, deux jugements antérieurs (A=B, et B=C), de la comparaison desquels résulte le troisième (C=A). De plus, il faut que les deux jugements antérieurs, au lieu de quatre termes distincts, n'en renferment que trois (A, B et C), et que l'un d'eux (B) soit commun aux deux jugements; sans cette condition, toute conception de rapport entre eux serait impossible; avec elle, cette conception devient irrésistible et fatale, et il se produit un troisième jugement. Cette conception résulte d'une application que fait la raison d'une vérité nécessaire : deux choses (A et C), égales à une troisième (B ), sont égales entre elles; ou bien : ce (C) qui est dans le contenu (B) est aussi dans le contenant (A). Cela revient à dire que la même chose, substance ou mode, ne peut à la fois être et n'être pas.

Le raisonnement a donc pour base le principe de contradiction. Il n'est accompli que quand notre raison a conçu un troisième rapport et porté un troisième jugement implicitement contenu dans les deux premiers. Il se compose donc de trois jugements : deux antérieurement portés et comparés, appelés prémisses; puis un troisième, déduit de l'une d'elles sur l'indication de l'autre, et qu'on appelle conclusion, expression de la conséquence, ou rapport entre les deux jugements comparés. Les deux premiers jugements ne renferment que trois termes distincts (A, B, C), dont l'un (B) est commun. II est encore appelé terme moyen, parce qu'il sert à faire saisir un rapport entre les deux autres, qui sont les extrêmes, et qui se trouvent réunis dans la conclusion (C =A ou C <A). Ainsi, trois jugements et trois termes distincts, dont chacun figure deux fois, tels sont les éléments de tout raisonnement déductif complet. (déduction et syllogisme). (R.).

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Dictionnaire Idées et méthodes
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