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La
religion de Dieu est l'Islam» : ainsi s'exprime le Coran L'Islam se divise
en plusieurs branches. La principale est celle des Sunnites,
largement majoritaire. Elle est suivie par celle des Chiites.
Les autres, telle celle des Khâridjites,
sont numériquement moins importantes. Le soufisme
représente proprement la forme mystique
de l'Islam (aussi bien sunnite que chiite);
le Kalam (Théologie rationnelle), quant à lui,
rassemble des courants à caractère principalement philosophique
(le plus important étant celui des Mo'tazilites,
dont la doctrine est appelée Motazilisme.
Aux branches figurant sur le tableau précédent, il convient d'ajouter : + Le wahhabisme ou salafisme, dans lequel se reconnaissent à la fois les gouvernants actuels de Arabie Saoudite et divers groupes extrémistes. Il correspond à une expression fondamentaliste et rigoriste ( = islamisme) de l'Islam sunnite (hanbalite).On donne sur une autre page un tableau général des Branches de l'Islam. Aspects de la
religion musulmane.
« Je déclare qu'il n'y a d'autre divinité que Dieu et que Mohammed est l'envoyé de Dieu.-»Et, de fait, il peut se présenter des circonstances telles que cette seule déclaration suffise pour assurer son salut. Il est admis, en effet, qu'on peut se dispenser de toute pratique extérieure du culte chaque fois qu'il y aurait danger de mort à le faire, sans profit assuré pour la religion. Sauf le cas où l'on expose sa vie pour la propagation de la foi, dans ce que l'on appelle la guerre sainte, il est interdit au musulman de chercher le martyre. On a craint de provoquer ainsi d'inutiles forfanteries. Si dans la profession de foi il n'est point parlé de la croyance à la vie future, cela tient à ce que toutes les religions monothéistes sont d'accord sur ce principe, et qu'aux yeux des musulmans les religions d'Abraham, de Moïse et de Jésus n'ont été que des degrés par lesquels Dieu a fait passer son culte avant de lui imposer sa forme définitive. L'idée de cette évolution est si profondément enracinée dans l'esprit de tout musulman qu'il refusera toujours de se convertir au Christianisme, par exemple, parce que ce serait un retour à une condition inférieure à celle qu'il a acquise. Il ne pourrait, dans tous les cas, qu'adopter une religion nouvelle s'il ne croyait fermement que Mohammed a clos d'une façon irrévocable la série des prophètes réformateurs. En adoptant une partie des croyances et des pratiques des religions antérieures, l'Islam ne fait donc que confirmer le principe qu'il a admis du progrès en matière religieuse. Le point capital nouveau qu'il a cherché à mettre en relief est l'unité absolue de Dieu que la doctrine chrétienne lui semblait avoir sinon reniée, tout au moins mise en doute par le dogme de la trinité. La seconde affirmation contenue dans son credo a surtout pour objet de montrer que, l'ère de l'évolution religieuse est définitivement close. Tout en adoptant le plus grand nombre des croyances des religions qui l'avaient précédé, l'Islam leur a imprimé un cachet particulier. En général, chez les musulmans le corps humain ne perd jamais ses droits, et les privations qu'on lui impose ne sont point réelles, car elles consistent uniquement dans un déplacement des habitudes qui en elles-mêmes ne sont point modifiées. Dans le ramadan, par exemple, le jeûne n'est pas une véritable abstinence, puisque le fidèle ne fait en somme que prendre la nuit les repas qu'il fait habituellement de jour. Le péché de gourmandise n'existe pas, et quant à la luxure on a peine à en concevoir l'existence lorsqu'il est permis de prendre quatre femmes légitimes et autant de concubines qu'on peut en désirer. Les véritables interdictions, celle de l'usage de la viande de porc ou celle des liqueurs fermentées, sont vraiment bien peu importantes, et les passions humaines peuvent s'exercer en somme dans un cadre très large. C'est là du reste un des côtés par lesquels l'Islam se fait accepter si aisément. Il eût du reste été fort maladroit de vouloir imposer des privations aux Bédouins qui ont si rarement l'occasion de satisfaire leurs moindres appétits. Les jouissances matérielles promises dans le Paradis ont été une conséquence naturelle de l'existence misérable que menaient sur terre les premiers adeptes de l'Islam. Il faut ajouter d'ailleurs que les bienheureux auront des satisfactions d'un ordre plus élevé. Une des questions délicates à résoudre pour le croyant est de concilier la toute-puissance divine avec le libre arbitre qui est la seule justification possible de la rétribution dans la vie future. Diverses doctrines se sont fait jour à ce sujet, mais l'opinion commune qui se dégage dans la masse des musulmans est la suivante. Les actions des humains durant leur vie terrestre ont toutes été prévues et inscrites sur la table que Dieu conserve par devers lui; toutefois elles ne sont indiquées pour cette période qu'en traits généraux, et chacun peut en modifier légèrement la trame en la dirigeant soit vers le bien, soit vers le mal. C'est ainsi qu'on doit s'expliquer la présence de ces deux anges qui accompagnent chaque être humain pour noter l'un les bonnes actions, l'autre les mauvaises. Au jour du jugement dernier chacune de ces actions sera représentée par un poids proportionnel à sa gravité, et la balance décidera qui du bien ou du mal l'emportera. Quand Dieu, touché par les vertus ou les prières d'un humain, voudra lui faire remise d'une de ses fautes, il n'aura qu'à effacer cette faute de la liste de l'ange. En principe les peines et les récompenses de l'autre monde seront éternelles; cependant il existe un purgatoire appelé aarâf; il paraît spécialement destiné aux musulmans qui semblent ne jamais devoir être condamnés au châtiment éternel de l'enfer, mais qui subiront des peines analogues durant un temps proportionné à la gravité de leurs fautes. Étant donné la nature du paradis il est à peine besoin d'ajouter que la résurrection de la chair est admise par les musulmans. En dehors des anges et des démons dont le sort est dès à présent fixé, il existe des génies qui habitent l'espace compris entre le ciel et la terre. Ces génies sont appelés, suivant leur conduite, à jouir de la vie éternelle dans les mêmes conditions que les humains. Parmi les pratiques
extérieures de la foi musulmane, il en est qui sont d'obligation
stricte et d'autres que l'usage seul a établies et dont on peut
à la rigueur se dispenser. Tous les hommes musulmans sont circoncis
et pourtant aucune disposition précise de leur loi ne les contraint
à subir cette opération; cette coutume, ainsi que bien d'autres,
est un legs de la religion juive qui a passé
par-dessus la religion chrétienne.
Arrivé à l'âge de la puberté, le musulman est
tenu, sauf le cas d'empêchement dirimant, de faire cinq prières
par jour après s'être au préalable purifié par
des ablutions; durant tout le mois du ramadan il ne lui est pas
permis de rompre le jeûne du point du jour au coucher du Soleil.
Il doit donner à titre de dîme aumônière une
partie du produit de ses biens quand ils atteignent une valeur minimum
fixée, et enfin, si ses moyens et sa santé le lui permettent
et que les routes soient sûres, il aura à accomplir une fois
dans sa vie le pèlerinage Tous les détails du culte ont été réglés par la tradition et ne diffèrent pas sensiblement d'un pays à un autre, que l'on soit orthodoxe ou schismatique, toutes les prières devant partout se faire en langue arabe : cependant l'Islam a subi dans une certaine mesure l'influence des traditions anciennes des pays dans lesquels il s'est implanté. La vénération due au Prophète s'est ainsi changée en une sorte d'adoration, et le culte des saints est devenu de plus en plus fréquent. L'Islam offre une organisation complète. Non content de régler les devoirs de l'humain envers Dieu, il a aussi déterminé les rapports qui doivent unir les membres d'un même société. La législation, une partie même des moeurs et coutumes se trouvent combinées avec la loi islamique. Le régime des mariages, celui des successions sont, entre autres, l'objet de dispositions formelles de la part du Coran et les hadits sont venus préciser ce qu'il y avait d'un peu vague dans certains cas et compléter sur d'autres points les instructions données aux fidèles musulmans. Malgré quelques divergences, la codification, qui s'est faite peu à peu d'après les bases fixées par le Livre saint, a pris une telle autorité qu'elle a revêtu le même caractère que la loi religieuse pure, et il est impossible de dire aujourd'hui là où commence la législation civile, là où finit la législation religieuse. Le succès de l'Islam est dû en grande partie à ce mélange des dispositions civiles et religieuses; il a donné satisfaction au besoin qu'éprouvent les humains de se réunir en société par la création d'un lien assez fort pour leur imposer quelques sacrifices personnels, assez élastique cependant pour leur permettre de se séparer en groupes distincts. Quant à l'influence que la nouvelle religion a exercée sur le monde, elle a été d'une très haute importance. Les institutions grecques et romaines n'avaient point pénétré profondément les masses répandues dans l'Asie occidentale, non plus que celles de l'Afrique septentrionale. Les villes seules avaient été véritablement grécisées ou romanisées, mais les populations des campagnes étaient restées en dehors du cercle d'action de leurs conquérants et vivaient isolées dans une condition misérable. Les Arabes, qui les premiers ont propagé l'Islam, avaient horreur du séjour dans les villes; ils s'établirent surtout dans les grandes plaines et les larges vallées ou ils se trouvèrent en contact immédiat avec la masse des paysans, vivant avec eux et s'alliant sans répugnance avec les filles des vaincus. Une intimité plus grande s'établit ainsi avec les conquérants et laissa une marque ineffaçable de leur victoire. Dans les villes et chez les montagnards, la résistance à l'Islam fut toujours plus grande, parce qu'il y eut une fusion beaucoup moins aisée; néanmoins l'assimilation finit par devenir complète. Que l'Islam l'ait
trouvée en lui-même ou qu'il l'ait empruntée à
d'autres, la civilisation qu'il apporta aux nouveaux convertis n'en a pas
moins été brillante : les lettres, les sciences,
l'industrie fleurirent partout où les musulmans portèrent
leurs doctrines. La Syrie, l'Égypte, le Nord de l'Afrique et l'Espagne
ont été durant plus de quatre siècles des foyers lumineux
de l'activité intellectuelle, alors que tout le reste de l'Europe
vivait dans un état voisin de la barbarie. Les croisades Jamais religion ne
s'est développée avec une pareille rapidité : en moins
d'un demi-siècle l'Islam s'est étendu des bords de l'Indus
aux rivages de l'océan Atlantique, et si ce mouvement s'est ralenti
il persiste encore aujourd'hui. Après avoir pénétré
dans le subcontinent indien (Inde
La morale La religion et la patrie étant confondues en un seul et même sentiment par l'Islam, on conçoit qu'il se soit répandu au dehors de la péninsule arabique par la voie des armes et que le service militaire soit devenu obligatoire pour étendre au loin les limites de la patrie. Cette obligation qui porte le nom de djihâd et qui est presque l'équivalent de notre mot croisade n'est appliquée depuis longtemps que dans deux circonstances : pour défendre l'islam attaqué et pour convertir les peuples idolâtres. La guerre terminée, les musulmans ont toujours usé d'une large tolérance vis-à-vis des vaincus à qui ils ont laissé leur législation et leurs croyances. Les Maronites qui vivent en Syrie et au Liban sont une preuve évidente de cette tolérance qu'on a souvent niée à cause des excès, dus à des circonstances politiques, qu'ont parfois commis les musulmans à l'égard des Chrétiens et des Juifs. Au point de vue social, l'Islam a introduit en Orient d'excellentes réformes : l'égalité des fidèles est absolue; il n'y a parmi eux aucune caste se transmettant par simple hérédité le pouvoir ou la noblesse avec privilèges. Chacun peut se suffire pour l'exercice du culte et nul n'est investi d'un caractère sacré. La fraternité se traduit par l'obligation de faire l'aumône, non point seulement personnellement, mais surtout par le payement de la dîme, dont le produit centralisé est affecté pour la plus grande part aux déshérités de la fortune. Seule la condition de la femme est restée dans une grande situation d'infériorité, même si elle possède le droit de gérer sans le concours d'autrui toute sa fortune personnelle. Ce sont les moeurs qui ont aggravé ici quelques-unes des recommandations du Coran et les ont faussées en exagérant l'application, mais au fond rien ne s'oppose à ce que la femme occupe dans la société musulmane la place qui lui est attribuée chez les peuples d'Europe. La polygamie n'a pas été inventée par l'Islam qui l'a simplement réglementée en engageant les fidèles à n'en faire usage qu'autant qu'ils en sentiraient un besoin impérieux. L'esclavage a été maintenu, mais les droits et les devoirs du maître ont été tracés de telle sorte que l'esclave est somme toute plus heureux et plus libre que ne l'était le serf attaché à la glèbe; la femme esclave rendue mère par son maître acquiert par ce seul fait son affranchissement, et il est rare que la mort du maître n'assure pas la liberté à tous ses esclaves. L'interdiction du prêt à intérêts a créé aux musulmans une situation désavantageuse en matière commerciale, car ils ont observé scrupuleusement cette prescription qui visait, sans aucun doute l'usure, puisque leur loi admet le prêt commanditaire. (O. Houdas, ca. 1900).
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