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Histoire de l'art
L'histoire de la peinture
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en Italie
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La Miniature
avant le XIIIe siècle
depuis le XIIIe siècle
Le Vitrail
avant le XIVe siècle
depuis le XIVe siècle
Le Portrait
Le Paysage
La Peinture d'histoire
Autres
Nature morte, Marine, Animaux, Caricature, etc.


La peinture préhistorique
La peinture orientale
La peinture moderne et contemporaine
De 1880 à 1940
Le cubisme
Depuis 1940
La peinture occidentale jusqu'en 1900
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Italie

Moyen Âge
Renaissance
La formation des écoles
Le Cinquecento
Les XVIIeXVIIIe  et XIXe siècles

France

Moyen Âge, Renaissance
Le XVIIe siècle
Le XVIIIe siècle
Le XIXe siècle
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Romantisme
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Réalisme et naturalisme
Impressionnisme

Espagne

Allemagne

Les écoles gothiques
La Renaissance
L'école néo-classique
Le XIXe s. : Allemagne, Autriche, Suisse

Pays-BasetBelgique

La Peinture flamande

Angleterre

Préraphaélisme

Scandinavie

La Préhistoire et la Protohistoire

Les humains n'eurent recours à des couleurs pour donner aux choses et aux êtres qu'il dessinait une apparence naturelle que longtemps après que l'art de reproduire les objets par le trait et la sculpture avait çà et là, et pendant une certaine durée, atteint quelque perfection. Parmi les peintures, gravures et sculptures du Paléolithique, des grottes ornées du Midi de la France et du Nord de l'Espagne, il y a de véritables oeuvres d'art, dégageant une impression intense de gravité et de solennité. Les peintures de la grotte Chauvet (Vallon-Pont-d'Arc, Ardèche) datent de 32000 ans, celles de la grotte Cosquer (Bouches-du-Rhône) de 20 000 ans, celles d'Altamira (Santander) de 18 500 ans, celles de Lascaux (Dordogne), de près de 15 000 ans. Une poignée de styles traversent cet art, parfois abstrait (bâtonnets, points colorés, quadrillages), souvent figuratif (Bovidés, Félidés, Cervidés, Chevaux, Mammouths, silhouettes de mains). On trouve également de beaux exemples de peintures pariétales ailleurs dans le monde : à Ubirr, au Nord de l'Australie, cetraines pourraient remonter à plus de 30 000 ans, au Brésil et dans le Cône Sud, certaines peintures sont datées d'au moins 10 000 à 15000 ans

Les artistes du Paléolithique ne disposaient que de poudre de charbon, de craie, de peroxyde de fer pulvérisé, d'ocre. Ils avaient des mortiers pour les pulvériser. Après eux, les populations néolithiques (Levant espagnol, Proche-Orient, Afrique du Nord, Sahara, Afrique australe, etc.) se livrent à un art pariétal d'apparence beaucoup plus libre. Les représentations humaines, presque complètement absentes de la peinture paléolithique, font leur apparition, et interviennent, par exemple, dans des scènes de chasse débordantes de vie. On peint aussi le corps des morts et le os des morts décharnés. La première application étendue de matières colorantes, a eu ensuite pour objet l'ornementation des poteries, dont la Chine par exemple, donne dès cette époque de beaux exemples. Dans les sépultures néolithiques de l'Egypte, il y a déjà des vases couverts de peintures représentant des motifs ornementaux, spirales, lignes, palmes, des animaux etc. Par une coutume qui fut très générale et est encore répandue, on peignit surtout en rouge, même en Grèce, les statuettes et autres oeuvres d'art primitives.  Les anciens Egyptiens surent colorier de la nuance la plus approchante de la réalité les objets, humains et animaux, qu'ils représentaient par le dessin au trait. 
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Grotte de Marsoulas : Bison préhistorique.
Copie d'un Bison fait au pointillé, grotte de Marsoulas (Haute-Garonne).

L'Antiquité

L'Egypte.
Chez les Egyptiens, la peinture est d'abord employée au revêtement polychrome des objets, ou, sous forme d'ornements, d'emblèmes ou d'hiéroglyphes, à décorer les surfaces murales. Une architecture aussi polychrome que la leur ne pouvait s'accommoder d'une sculpture blanche : bas-reliefs et statues étaient, le plus souvent, revêtus de couleurs voyantes; leurs étoffes, leurs meubles étaient multicolores; leurs momies recevaient des ornements en toile stuquée et peinte; les recueils de prières qu'on remettait aux morts pour les préserver des périls qui les menaçaient dans l'autre monde, étaient ornés de vignettes; la peinture était partout. Il faut surtout la chercher sur les murs des temples ou, mieux encore, sur les parois des tombeaux. 

On y voit que le peintre égyptien n'a jamais cherché à rendre les jeux de lumière et d'ombre que présente la réalité. Point de perspective : c'était un assemblage de silhouettes coloriées, disposées toutes à la même distance du regard. Essentiellement monumentale, cette peinture valait surtout par le dessin, curieux mélange de roide convention et d'habileté. En Egypte, la façon d'exprimer la figure humaine est d'une certaine fantaisie, et, voulant tout rendre, sans se préoccuper d'indiquer la différence des plans, les artistes ont fait des tableaux souvent peu intelligibles. Conventionnelles aussi étaient leurs couleurs : le rouge brun pour le nu des hommes, le jaune clair pour les femmes. Et pourtant ils ont réussi à exprimer la vie, avec une justesse et une intensité remarquables; ils ont excellé, surtout, dans l'expression des traits propres à chaque peuple. Passés maîtres dans le portrait, à cause de leurs idées religieuses autant que de leur savoir faire, ils savaient peindre avec son vrai visage le défunt assis ou debout sur les parois de la chapelle funéraire. Ils furent aussi de grands animaliers

Mésopotamie, Syrie et Iran.
Comme les Egyptiens, les Babyloniens, les Assyriens, les Perses ont rehaussé leurs sculptures de traits en couleurs; leur peinture était purement décorative, et servait de complément aux autres arts. Ils ont aussi abordé, dans les grandes salles de leurs palais, la peinture des ornements, des animaux et des figures humaines. Mais ces civilisations ne nous offrent pas, de ces scènes comme celles qui ornent les tombes égyptiennes. Les monuments, d'ailleurs, sont peu nombreux, et la peinture n'est représentée que par de rares spécimens.

La Grèce.
En Grèce, la peinture fut un grand art : les Grecs l'ont aimée et cultivée pour elle-même; à l'aide de la couleur, ils ont su exprimer la vie et la passion. La peinture grecque de l'époque mycénienne est représentée par des scènes polychromes, où se reconnaissent les influences orientales. A partir du VIIIe s., l'art pictural fait de sensibles progrès : les argiles peintes du VIe siècle nous fournissent des spécimens de ce style archaïque. Les écrivains anciens assignent pour origine à la peinture Sicyone ou Corinthe, deux puissantes cités dans lesquelles l'art prit un merveilleux essor. Mais les premiers peintres grecs dont on puisse, avec quelque certitude, citer les noms, sont Eumarès d'Athènes, contemporain de Solon, et qui rompit, dit-on, avec la raideur et la monotonie de l'ancienne peinture monochrome, et Cimon de Cléonées qui inventa les raccourcis, et imagina de varier les attitudes de ses personnages. C'est à lui, selon toute apparence, que doivent être rapportés les progrès, vers fin du VIe siècle, de la peinture des vases à figures rouges. 

L'école attique du Ve siècle devait réaliser de plus décisives améliorations; de grands peintres apparaissent durant ces belles années où Athènes tient la tête de la civilisation grecque. Le premier pour l'ancienneté et peut-être pour le talent fut Polygnote, qui peignit Ilion prise, dans la Lesché de Delphes, vaste portique servant de promenoir aux pèlerins d'Apollon, décora les sanctuaires de Thespies et enrichit de plus d'un tableaux la Pinacothèque de l'Acropole. Polygnote recherchait de préférence les situations où pouvaient paraître des troubles intérieurs qui bouleversent l'âme : son art était dramatique et réaliste, et il avait le sens de la couleur locale. Malheureusement ses oeuvres ont été anéanties. Micon et Punainos travaillèrent sous sa direction et contribuèrent avec lui à décorer le Poecile. Parmi les maîtres qui suivirent Zeuxis, Parrhasios et Timanthe sont les plus grands. Zeuxis s'inspirait surtout de la mythologie, et semble avoir eu quelque prédilection pour les figures féminines. Au point de vue technique, ce fut un chercheur, et il s'essaya à rendre les jeux de la lumière et de l'ombre. Parrhasios, qui vivait, comme lui, vers la fin de la guerre du Péloponnèse, représentait plus volontiers les légendes mises en honneur par la tragédie. Il excella dans la composition et mit dans ses tableaux une symétrie savante à laquelle n'avaient pas songé ses prédécesseurs; il fit plus, il donna aux corps de l'épaisseur et fit succéder le modelé à la teinte plate. 

C'est donc les Grecs qui ont accompli ce pas décisif vers la peinture moderne. Avec Timanthe, la peinture grecque atteint, dans l'expression des sentiments, une force et une souplesse qu'elle ne dépassera guère; elle donne à penser. Au temps d'Alexandre, toutes les grandes villes de la Grèce avaient une école célèbre de peintres : celle d'Ephèse, avec le grand nom d'Apelle, est restée la plus illustre. Apelle fut le peintre attitré de la déesse Aphrodite, et s'attacha, d'ailleurs, aux abstractions divinisées, aux personnifications de phénomènes de la nature. En même temps il cultiva largement l'art du portrait, et représenta surtout Alexandre, dans toutes les attitudes, à cheval, tenant la foudre, groupé avec les Dioscures et la Victoire, etc. Son habileté technique était très grande. Les documents nous manquent pour apprécier le talent de Protogène, son contemporain et son émule. A côté de ces maîtres, enfin, il y avait une foule de peintres secondaires et même d'enlumineurs qui mettaient à profit les découvertes des grands artistes et entretenaient partout le goût de la couleur. Il ne paraît pas que les Grecs aient peint sur toile. Quant aux procédés, il sembla qu'ils aient connu de bonne heure la fresque, la détrempe et l'encaustique.

Ajoutons qu'Agatharque avait les lois de la perspective, et Apollodore, celles du clair-obscur; et aussi que l'école ionienne-attique (Ve s.), l'école dorienne de Sicyone (VIe s.), la première plus dramatique, la seconde plus scientifique, marquent les deux tendances principales de la peinture grecque. Ce sont les traditions de l'école de Sicyone qui l'avaient emporté à Alexandrie

L'Italie antique.
Les traces de couleurs qu'on a trouvées sur le principal tombeau de Norchia prouvent que les Étrusques connaissaient la décoration polychrome. Les peintures des tombeaux de Vulci ,de Chiusi et de Corneto représentent des jeux, des danses, des courses, des festins, des chasses, des cérémonies religieuses. Les peintres étrusques peignaient à fresque, sur le tuf calcaire, légèrement humecté, dans lequel étaient creusées la plupart des grottes sépulcrales, ou sur un enduit de quelques millimètres d'épaisseur. 

On ne doit pas plus accorder aux Romains le goût de la peinture que celui de la sculpture. Ils ne s'en occupèrent nullement pendant plus de quatre siècles, et les plus anciennes peintures que l'on connaisse à Rome, du moins par tradition, furent exécutées par des Étrusques. Ce n'est que la vue des cités luxueuses de l'Asie et de l'Égypte poussa les Romains dans la même voie qu'elles, et dès lors les peintres grecs travaillèrent pour leurs maîtres et se soumirent à leurs exigences. Les sujets les plus tragiques de l'histoire héroïque et les portraits, voilà pour la peinture de chevalet; la décoration des maisons et des villas suivant le goût du temps, voilà pour le plus grand nombre des artistes. La peinture murale reçut donc un nouveau développement durant la période impériale; cette scénographie intérieure donna naissance à la véritable peinture de paysage, dont la création remonte à Ludius, sous le règne d'Octave; toutefois le paysage était plutôt emprunté à la campagne, telle que les Romains l'avaient faite, qu'à la nature libre des fleuves, des montagnes et de la mer : des villas, des jardins, animés par des scènes d'une gaieté comique, tels étaient les sujets de Ludius.

Les chrétiens des Catacombes empruntèrent et adaptèrent à leurs croyances les motifs et les types de l'art païen, en même temps qu'ils créent une symbolique propre.

le Moyen Age

la peinture byzantine.
Lorsque le siège de l'empire passa de Rome à Byzance, la nouvelle capitale se trouva en charge de conserver, durant plusieurs siècles, au milieu des tourbillons du Moyen âge, les traditions de la peinture : la peinture byzantine est caractérisée par la recherche des coloris éclatants et par l'emploi des fonds d'or destinés à rehausser les teintes. Byzance tire de la Bible une iconographie complète, où se manifestent quelques traditions antiques et certaines influences orientales. Ce furent les peintres byzantins qui firent en grande partie l'éducation picturale de l'Europe occidentale aux Xe et XIe siècles : mais les Byzantins et leurs élèves s'ils se montrent souvent gauches et maladroits dans la reproduction des figures, pâtissent surtout de s'être enfermés dans un formalisme étroit. Au XIIe siècle, on pratique la peinture à fresque, la peinture à la colle, à l'oeuf et même à l'huile
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La peinture dans l'Europe latine
Inspirée d'abord par les enseignements du byzantinisme, la peinture occidentale du Moyen âge s'épanouit aux XIIe et XIIIe siècles dans les églises et les monastères. Elle se développe au XIVe siècle, surtout dans le Nord de la France, grâce à l'emploi des couleurs à l'huile et des tableaux portatifs. C'est à partir de ce moment que commencent à se distinguer les écoles nationales modernes. 
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Miniature du XVe siècle représentant le 
secrétaire de Philippe le Bon.

La Renaissance

L'Italie.
La peinture moderne, en Italie, ne date guère que de Cimabué et de Giotto. Giotto surtout, qui annonce l'aube de la Renaissance. Après que Cimabué a rompu avec la rigidité byzantine et que Giotto est revenu plus résolument encore vers l'imitation de la nature, la peinture italienne se développe suivant différentes tendances : l'école florentine, qui vaut par la justesse des lignes, la netteté élégante de la conception, la hardiesse des mouvements, l'exactitude du dessin; l'école ombrienne, qui allie la grâce à l'inspiration religieuse, et dont l'influence, unie à celle de l'école florentine, suscite l'école romaine; l'école vénitienne, qui a le culte de la couleur, de la lumière, des riches ornements; les écoles milanaise, padouane, génoise, bolonaise, ferraraise, siennoise, napolitaine, etc. 

La puissance de l'école florentine, la première en date de toute l'Italie, est définitivement fondée avec Masaccio au XVe siècle. Cette école, qu'illustreront les oeuvres de Fra Angelico, de Ghirlandajo, de Botticelli, de Léonard de Vinci, de Michel-Ange, d'Andrea del Sarto, se distingue surtout par la netteté de la conception, par la grandeur de l'inspiration, la correction du dessin. L'école romaine, qui se résume en quelque sorte dans Raphaël et dans Jules Romain, son élève, a la beauté des formes, avec la perfection du dessin et du coloris. Mantegna et le Corrège brillent dans l'école lombarde, dont le caractère est moins tranché. Venise est le pays des coloristes : Giovanni Bellini,Giorgione, Titien, le Tintoret, Véronèse. Et l'école bolonaise, qui n'apparaît qu'au XVIe siècle est purement éclectique : les trois Carrache, le Guide, le Dominiquin, l'Albane, le Guerchin, ne s'écartent pas de l'étude consciencieuse des devanciers les plus illustres.

Les Pays-Bas et l'Allemagne.
De bonne heure, les peintres des Pays-Bas associent aux traditions byzantines un sentiment très vif de la vie réelle : ce réalisme s'affirme au XVe siècle avec l'école des Van Eyck, pour céder un moment et partiellement devant l'imitation des peintres italiens; quant à la peinture allemande, qui subit l'influence des Van Eyck, elle compte les deux grandes écoles de Cologne (XVe s.) et de Nuremberg (XVIe s.) et unit avec Dürer le paganisme italien et le mysticisme allemand. Cette école visera surtout, à partir de Dürer et de Holbein, à l'imitation exacte, mêlant, d'ailleurs, à cette prose naïve, une poésie étrange et vague.

La France.
La peinture avait été pratiquée en France dès le temps de Charlemagne. Pendant les XIVe et XVe siècles, les enlumineurs français avaient produit beaucoup d'excellents travaux. Jehan Foucquet (ca. 1415 -1480), qui peint aussi des tableaux, est l'artiste le plus remarquable de cette époque. Puis, après avoir suivi au XVe siècle à peu près la même direction que les peintres flamands (en particulier dans le portrait),  les peintres français se sont mis complètement, au XVIe siècle, à l'école des Italiens (le Primatice). L'un de ces premiers artistes français dignes de mention est Fr. Clouet, dit Jehannet (mort vers 1572). Etabli à la cour de France, il y fit des portraits de personnages célèbres, parmi lesquels on cite celui d'Elisabeth d'Autriche, femme de Charles IX (au Louvre).

XVIIe siècle

Flandre et Hollande.
Au XVIIe siècle, s'épanouit, en Flandre comme en Hollande, un art indigène fait d'observation, de sincérité, de verve, de finesse dans le rendu, d'intensité dans le coloris, et qui excelle dans le portrait, les scènes de genre, le paysage. La représentation fidèle de la nature, par la vérité du coloris ou le fini du travail, apparaît comme le but principal de la peinture, de Van Eyck à Rubens et à Van Dyck. Rembrandt est le maître par excellence de la Hollande, et le clair-obscur n'a pas de secrets pour lui; à la Hollande appartiennent aussi les meilleurs peintres de genre, de paysage et d'animaux.

L'Espagne.
L'Espagne a successivement imité les écoles flamande, puis italienne et surtout napolitaine, mais avec une tendance propre au mysticisme et aussi à une certaine violence réaliste d'expression qu'a développée l'imitation du Caravage. Au XVIIe siècle, s'ouvre une ère nationale avec la grande école de Séville, qui domine celles de Valence, de Madrid, et même de Tolède, sauf pour ce qui concerne Le Greco. A part Velazquez (1599-1660), qui, s'étant voué aux prodiges de l'imitation, voulait fortement éblouir les yeux, la plupart des grands artistes de la Péninsule ont fait de la peinture, les uns un acte de foi, les autres une éloquente prédication de terreur, au profit du salut, en vue des destinées d'un autre monde. Une science profonde du coloris éclate chez Moralès, Ribera, Zurbaran, Velazquez, Murillo, en attendant, au siècle suivant, Goya (1746-1828). 

L'Allemagne et la France.
Au XVIIe siècle, on s'abandonne en Allemagne à l'imitation italienne. Même chose en France, dans un premier temps. L'académisme triomphe ensuite avec Le Brun. La peinture d'histoire, le paysage, la peinture religieuse et le portrait ont pour interprètes les Nicolas Poussin, les Claude Lorrain, les Lesueur, les Le Brun, les Mignard.

XVIIIe siècle

La France.
Les élégances du XVIIIe siècle sont aimablement traduites en France par Watteau, Van Loo, Boucher, Lemoine, et Greuze est le peintre de la société bourgeoise; puis l'école se retrempe par l'étude de l'antique avec Vien et David, fondateurs de cette peinture classique, dont Gros, Gérard, Girodet, Ingres furent les plus brillants représentants. Géricault, Prudhon ont une physionomie plus originale, et Delacroix, chef des romantiques, donne le signal d'une rénovation vigoureuse, en attendant, au siècle suivant, les audaces du réalisme et de l'impressionnisme. Ce qui domine, en somme, dans l'école et dans la tradition dans laquelle elle s'inscrit, C'est la préoccupation de l'idée et de l'intention, le respect du sujet, le souci du fond qui ne doit pas être sacrifié aux pures habiletés de la forme, aux prestiges de l'art pour l'art. 

L'Angleterre.
L'Angleterre n'a longtemps connu que des peintres étrangers : flamands (Van Dyck), allemands (Holbein), italiens ou français, et ce n'est qu'au XVIIIe siècle qu'on voit poindre un art national. L'école anglaise s'interdit les sujets religieux, et excelle dans le portrait, le paysage et  la peinture du genre. Reynolds est le plus illustre de ses portraitistes; le paysage est représenté par Constable et Gainsborough; le satirique Hogarth, et dans des voies différentes, Lawrence, Wilkie, Mulready, Maclise, Landseer, lui ont assuré une originalité piquante et des mérites particuliers d'ingéniosité et d'observation.

Le XIXe siècle

Le XIXe siècle voit apparaître en Angleterre l'école préraphaélite : école spiritualiste, philosophique, poétique, mais encore éminemment nationale. En Allemagne, on retrouve à la même époque, avec les écoles de Munich et de Dusseldorf, une nouvelle inspiration mystique, d'ailleurs assez froide. Mais les évolutions les plus marquantes s'observent en France. Vers 1830, une révolution se fait contre l'école, dite néo-classique, représentée par David, et les romantiques, qui poursuivent le mouvement initié au siècle précédent, vantent le mouvement, le style dramatique, les sujets modernes, et proclament la supériorité de la couleur sur le dessin. Vers 1848, le réalisme triomphe avec Courbet, et, après 1870, l'impressionnisme est mis à la mode par Manet.

Le Néo-classicisme et le Romantisme.
On désigne sous le nom de Romantisme la bataille artistique qui fit pendant à la bataille littéraire, à l'époque de la Restauration. Le classique était alors l'artiste qui, à la suite de David, se guidait sur les types et les sujets de la statuaire antique, qui soignait la ligne, qui ordonnait sagement et froidement sa composition; bref, qui s'adressait à la raison esthétique et non aux émotions. Le romantique, au contraire, substituait au culte d'une beauté soi-disant idéale et d'une convention glacée l'amour du caractère, de l'expression, de la passion et de la couleur. Il exploitait le Moyen âge, opposait christianisme à paganisme, histoire moderne et contemporaine à histoire ancienne et à Plutarque. Le mot d'ordre des novateurs était le vers célèbre :

« Qui nous délivrera des Grecs et des Romains ? »
Si David est le père du classicisme, Gros, son élève, fut celui du romantisme, et cela sans le vouloir. Les Pestiférés de Jaffa (1804) sont le point de départ du mouvement. Le Radeau de la Méduse, de Gericault (Salon de 1819), fut la charte décisive d'affranchissement. Dès 1822, Delacroix inquiétait les classiques avec sa fameuse Barque de Dante; en 1824, avec le Massacre de Scio, il les épouvantait. Plusieurs débuts éclatants grossissaient bientôt la phalange romantique : Ary Scheffer, Eugène Deveria, Léopold Robert, et même Ingres, dont l'art déjà savant, mais nullement davidien, fit accuser le Vœu de Louis XIII de vague romantisme! En même temps, David d'Angers, remuait le marbre classique. Le Salon de 1827 marqua l'écrasement des classiques. Delacroix avec son Sardanapale, Louis Boulanger avec son Mazeppa, Scheffer avec ses Femmes souliotes, mirent en déroute les derniers réactionnaires. C'est alors que le drapeau classique fut relevé par Ingres, qui engagea avec Delacroix la fameuse querelle du « dessin et de la couleur », et débuta dans sa nouvelle manière par une grande oeuvre qui ressemble à une profession de foi classique, l'Apothéose d'Homère (1827). Ingres représente l'Ecole des beaux-arts et l'Institut; Delacroix compte pour lui les artistes et les critiques indépendants, les poètes, la jeunesse. La révolution de 1830 marque bientôt l'art de son esprit bourgeois. Malgré des pages étincelantes de beautés neuves, comme la Barricade de Delacroix, l'opinion ira bientôt à Scheffer, qui se range, à Heim, à Steuben, à Schnetz, à Cogniet, à Léopold Robert, qui a suivi Scheffer, à Horace Vernet, qui «-popularise-» l'armée, et surtout à Paul Delaroche, qui met la peinture d'histoire à la portée des foules. En même temps, la nouvelle école du paysage s'annonce avec Paul Huet; Théodore Rousseau brille à l'horizon; en sculpture, Barye fait rugir ses premiers fauves, et Corot débute. Le réalisme va succéder bientôt au romantisme.

Le Réalisme.
On appelle Réalisme, en esthétique, les tendances des artistes vers l'expression la plus concrète des matérialités. L'histoire des arts n'est que la longue chronique des efforts tentés par les maîtres pour établir l'équilibre entre la pensée et la forme, c'est-à-dire entre l'idéal pour lequel l'oeuvre d'art est conçue, et le réel, grâce auquel elle est réalisée. Pour la peinture, ce n'est que vers 1848, après le grand désordre des luttes et des malentendus classiques et romantiques, que la question du Réalisme (que l'on appellera un peu plus tard Naturalisme) commence à se poser (J.-F. Millet dans ses tableaux rustiques; Gustave Courbet). A propos de Courbet et de ses manifestations quelquefois brutales et agressives, le débat s'ouvre et dure longtemps. Il continue après 1870à propos de Manet et de l'Impressionnisme. En fait, ce qu'on a considéré surtout dans les tentatives nouvelles, c'est leurs excès. On peut affirmer que le réalisme n'est nullement, en principe, l'apologie de la laideur, mais qu'il est l'étude de la vérité aussi bien dans les formes prises en elles-mêmes que dans l'interprétation de la vie particulière et des moeurs et dans l'observation de la lumière enveloppante, et que, par là même, il a été, pour les artistes, la cause du renouvellement, qu'opèreront les Impressionnistes.

L'Impressionnisme.
Les Impressionnistes sont les héritiers directs des peintres réalistes et naturalistes, Corot, Courbet et Manet, qui ont poussé fort loin l'étude du plein air, des moindres nuances des couleurs, des tons, la recherche des rapports entre l'état de l'atmosphère qui éclaire le tableau et la tonalité générale des objets qui s'y trouvent peints. A ce que les Impressionnistes tenaient de leurs devanciers est venue s'ajouter l'influence de l'exotisme, et notamment de l'art japonais. Puis ils partirent de ces points acquis pour développer leur propre originalité et s'abandonner à leurs sensations personnelles. Les chefs de l'école furent Edouard Manet, Claude Monet, Sisley, Degas, Renoir. A ces noms il faut joindre ceux de Guillaumin, Caillebotte, Pissarro. Les Impressionnistes ont contribué à rendre les peintres, les paysagistes surtout, plus exigeants envers eux-mêmes. L''impressionnisme a permis aussi l'émergence d'une peinture plus claire et plus lumineuse, et débarrassée en quelque sorte du bitume académique. Il laisse pourtant les artistes insatisfaits. Le groupe impressionniste se disloque au début des années 1880. Seurat et Signac tentent d'impulser à ce courant un souffle nouveau, en inaugurant une peinture qu'ils appellent Néo-impressionniste, où la touche minuscule, « lentillesque », variée et répétée à l'infini, constitue des diversités extraordinaires de nuances. Pour saisir l'effet, il faut se placer à une grande distance du tableau, ou attendre que le temps ait fondu ces innombrables taches. Mais le procédé a ses limites. Une page doit être tournée.
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Degas : Cours de danse.
La Classe de danse, par Edgar Degas (ca. 1875).

Ailleurs dans le monde.
La peinture et les arts en général ont pris de la vigueur en Amérique du Nord et du Sud tout au long du XIXe siècle. Les États-Unis ont ainsi donné à la peinture la grande figure de WhistLer (1834-1903), peintre de portraits et d'intérieurs pleins d'intimité. Instruit à Paris, il a connu les premiers impressionnistes, parmi lesquels on l'a rangé arbitrairement, car sa technique est toute différente. WhistLer a eu naturellement une grande influence sur le développement de la jeune école américaine, notamment sur Alexander (né en 1858) et Humphreys Johnston. John Sargent (1856-1925), d'origine française comme le décorateur La Farge (1835-1910), fut un virtuose et un coloriste savant.

L'entrée dans l'art de l'Amérique latine a été plus tardive et moins éclatante. A l'Exposition de 1900, parmi les tableaux figurant à la Décennale, qui indiquait la situation de l'art dans le monde entier, à la fin du XIXe siècle, l'Équateur et le Pérou se trouvaient surtout représentés, et par des artistes très parisianisés; Cuba, le Mexique, le Nicaragua offraient quelques rares spécimens; il n'était question ni du Brésil, ni de la république Argentine, dont la participation se réduisait aux seules oeuvres d'Ulpiano Checa, évocateur brillant et superficiel de scènes antiques, au reste classé parmi les Espagnols

Le XIXe siècle a révélé aux Occidentaux la peinture orientale, qui avait poursuivi indépendament de toute influence occidentale une très longue tradition. L'art japonais se fit alors connaître principalement sous la forme d'estampes en couleurs. En 1806 disparaissait Outamaro, peintre de la courtisane idéalisée, représentant d'un XVIIIe siècle galant. Observateur précis, il n'accordait dans son oeuvre qu'une part secondaire à la nature, qui jouera un rôle essentiel chez d'autres artistes du XIXe siècle, à commencer par Hokusaï (1760-1849), peintre de paysages et de scènes réalistes. Hiroshighé (1797-1858) fut aussi un beau paysagiste. 

Ces estampes, introduites en France vers 1860, enthousiasmèrent des écrivains comme les Goncourt ou des peintres comme Manet et Degas. Le Japon avait contribué ainsi à la naissance de l'Impressionnisme. Par contre, l'ouverture du Japon à la influence européenne amena la décadence de l'estampe pratiquée par les élèves d'Hokusaï. Quant aux peintres proprement dits, ils formaient deux groupes : l'un avec Hashimoto Gako, Masao Gejo, suivait la tradition ancienne; l'autre avec des artistes comme Yoshida, Kuroda, Yerisaku Wada, Foujita, s'était rallié à l'art européen. La Chine cessa également au XIXe siècle de rester étrangère à l'esthétique européenne. Là aussi, certains artistes tels Yang-Yé ou Tchang-ticheng se tinrent dans la tradition chinoise ou s'inspirèrent de modèles Japonais; mais d'autres, notamment Emma Chang, se mirent à l'école de l'Europe.

La peinture moderne et contemporaine

La peinture de 1880 à 1940.
Si la peinture impressionniste a eu une influence sur les peintres des décennies suivantes; c'est aussi par les réactions qu'il a suscité contre lui. Dès les les années 1880, on lui reproche son matérialisme, qui lui vaut les attaques des peintres symbolistes comme Odilon Redon (1848-1903) et Maurice Denis. On lui reproche aussi une superficialité, sa part trop grande faite à la seule sensation, que l'on va contrer notamment en abandonnant sa technique. Ce sera ce que feront les «-constructeurs-» et les partisans de la stylisation synthétique : Cézanne (1839-1906), Gauguin (1858-1903), ou encore Vincent Van Gogh (1853-1890). Ces trois peintres vont alors dominer cette période que l'on qualifie de Post-impressionniste. Une période dans laquelle se situent aussi des courants tels que celui de l'Ecole de Pont-Aven et celui des Nabis. La génération suivante tirera le fruit de leurs leçons. En France, les Fauvistes (Fauves), avec Henri Matisse (né en 1869) et Van Donghen, à la suite de Cézanne, ne donneront plus à la nature, objet de l'impressionnisme, qu'une place secondaire; avec eux la couleur prend le premier rang. En Allemagne, les expressionnistes du groupe Die Brücke, Egon Schiele, Edvard Munch, etc., explorent la voie tracée par Van Gogh et Gauguin. 

En 1907, apparaît une autre réaction contre l'impressionnisme. Il s'agit du cubisme. Ce mouvement est initié par Pablo Picasso, Georges Braque et Juan Gris, et repose dans une large mesure sur les principes posés par Cézanne. Jusqu'à la Seconde guerre mondiale, toute la peinture est dominée par le Cubisme, dont émanent de très nombreux courants : le Futurisme, le Rayonnisme, le Vorticisme, l'Orphisme, le Néoplasticisme, le Constructivisme, le Suprématisme, le Purisme, etc. Le Cubisme, trouve, via nombre de ces courants, un prolongement obligé dans la peinture abstraite, qui a aussi eu en Allemagne, à partir de 1909-1910, avec Vassili Kandinsky et les expressionnistes du groupe Der Blau Reiter, une origine et un cheminement indépendant.

Parallèlement, une autre piste a été ouverte, à l'époque de la Première Guerre mondiale avec le Dadaïsme (Duchamp, Picabia) qui se revendique comme un refus de l'art, et qui très vite, dans les années 1920, est supplanté par le Surréalisme (Max Ernst, Joan Miro, Yves Tanguy, Salvador Dali, René Magritte, etc.), un héritier des Symbolistes. Sur le continent américain apparaissent également vers la même époque deux écoles regroupées sous le nom de Réalisme social. De caractère expressionniste, elles puisent dans les divers courants formés en Europe (Symbolisme, Cubisme, etc.). Il s'agit,  au Mexique, des Muralistes (Diego Rivera, Orozco, Siqueiros), apparus dans le contexte de la révolution mexicaine (1910-1920) et, Aux Etats-Unis, du Réalisme social de peintres tels que Ben Shahn ou Grant Wood, et qui s'est développé, quant à lui, sur fond de dépression économique, dans les années 1930.

La peinture depuis la Seconde Guerre mondiale.
A partir du début des années 1940, les principaux courants artistiques ont leur foyer le plus actif aux Etats-Unis, et plus spécialement à New York. C'est de là que provient l'Expressionnisme abstrait (Action Painting, Color Field painting), auquels se rattachent les noms de Jackson Pollock, Mark Rothko et Robert Motherwell. Un équivalent de l'Expressionnisme abstrait se développe cependant parallèlement en Europe sous le nom d'Abstraction lyrique (Georges Mathieu, Pierre Soulages).

La seconde moitié des années 1950 se signale par l'émergence de nouvelles formes d'art, elles aussi principalement abstraites, et principalement américaines dans leur développement. Il s'agit du Pop'Art (Roy Lichtenstein, Andy Warhol), du Minimal Art (Frank Stella, Barnett Newman), de l'Art cinétique (Vasarely), de l'Art conceptuel, etc. Autant de tendances où la peinture tient une place plus ou moins secondaire. Cette période se termine à la fin des années 1970
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Un mural à Venice (Los Angeles). © Serge Jodra.

Les années 1980 marquent le retour d'une "peinture de peintres", et aussi de l'art figuratif, jamais complètement abandonné, mais relégué au second plan. C'est l'époque de l'art Punk, avec ses peintres Néo-expressionnistes (Georg Baselitz, Jean-Michel Basquiat, Rémi Blanchard, etc); on assiste également à la même époque au développement de la peinture de rue (Art urbain). Depuis les années 1990, l'outil informatique a permis l'apparition de nouvelles formes d'art, desquelles émergera peut-être la peinture de demain. (Gaston Cougny / Etienne Bricon / Zaborowski /NLI / A19 / HGP).



Collectif, Petite encyclopédie de la peinture, Solar, 2010

Abigail Wheatlet et al.,L'histoire de la peinture, Usborne Publishing Ltd, 2008.

Gérald Schurr et Pierre Cabanne, Dictionnaire des Petits Maîtres de la peinture (1820-1920), L'Amateur , 2008. - Véritable monument sur l'art du XIXe siècle, cet ouvrage constitue un outil indispensable au chercheur comme à l'amateur, offre la source iconographique la plus riche sur le sujet et se range parmi les livres d'art les plus achevés. Oubliés dans les réserves des musées de province ou de la capitale, remisés dans les greniers, bannis par les bons esprits, les petits maîtres de la peinture du XIXe siècle se sont trouvés réhabilités avec éclat par l'ouverture du musée d'Orsay au milieu des années quatre-vingt. L'historien d'art Gérald Schurr n'avait pas attendu cette bénédiction officielle pour se livrer à un patient travail de chercheur. En 1995, revisitant 4 000 de ces «petits maîtres», Pierre Cabanne apporta un nouvel éclairage sur l'une des périodes les plus importantes de l'histoire de l'art en complétant les notices biographiques et en élargissant ses recherches à nombre de peintres français et étrangers. Ainsi, l'édition de cet ouvrage essentiel a connu deux phases : d'abord publié en sept volumes, elle fut proposée en deux tomes sous forme de luxueux livres d'art. Il manquait une édition plus économique et plus maniable de cet outil de travail; c'est maintenant chose faite. (couv.).

Collectif, Histoire de la peinture, National Geographic France, 2007.

Gilles Marchand, Hélène Ferbos, Chronologie de l'histoire de la peinture, Editions Gisserot, 2002.
 

Pour les plus jeunes.
Cédric Michon, La peinture de la Renaissance, Milan, 2005.




Pages sur l'histoire de la peinture classique (fluctuat.net).

Site Les peintres célèbres.

Site Les Grands Peintres.
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