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Dürer
(Albrecht). - Peintre-graveur né à Nuremberg« Sa recommandation quotidienne, écrit-il de son père, était pour nous exhorter à aimer Dieu et à nous conduire loyalement envers notre prochain. »Le petit Albrecht suivit les cours de l'école, puis il entra dans l'atelier paternel pour y apprendre le métier d'orfèvre; mais une inclination précoce et irrésistible le poussait vers la peinture. Nous avons des témoignages singulièrement éloquents de cette vocation. C'est d'abord son propre portrait dessiné par lui-même à la pointe d'argent, conservé à l'Albertine de Vienne et qui porte cette inscription de sa main : « J'ai fait ce portrait d'après moi-même, en me regardant dans un miroir, l'année 1484, quand j'étais encore un enfant. »C'est une oeuvre extraordinaire et l'on peut dire miraculeuse, si l'on pense à l'âge de l'auteur. C'est ensuite un dessin à la plume de 1485 appartenant aujourd'hui au Cabinet des estampes et dessins du musée de Berlin Son père avait d'abord résisté au désir du jeune artiste; il lui accorda enfin l'autorisation souhaitée et, le 30 novembre. 1486, Albrecht Dürer entrait en apprentissage chez Michel Wolgemuth, qui habitait une maison toute voisine du n° 493 de la rue Unter der Verten où logeait la famille Dürer, et qui travaillait comme graveur pour le célèbre imprimeur Antoine Koburger, parrain du petit Albrecht. L'élève ne demandait qu'à profiter des leçons de son maître, et il apprit de lui tout ce que le brave artiste pouvait lui transmettre de son métier de peintre et de graveur. Un dessin à la plume de 1489 représentant un cortège de cavaliers dans un grand paysage (musée de Brême) et un autre dessin du cabinet de Berlin (trois lansquenets appuyés sur leurs lances et parlant avec animation) montrent l'influence exercée par Wolgemuth pendant ces années d'apprentissage. Mais, à cette date, l'apprentissage allait prendre fin; Dürer était sur le point d'entreprendre de lointains voyages; il conserva du moins de fidèles relations avec son vieux maître, et deux portraits qu'il fit de lui, l'un à la pierre noire d'une vivacité saisissante d'expression (1516), à la collection Albertine, l'autre peint (Pinacothèque de Munich) avec une inscription disant que Michel Wolgemuth mourut le 30 novembre 1519 avant le coucher du soleil, témoignent de sa reconnaissance et de sa vénération. « Quand j'eus fini mon apprentissage, a écrit Dürer dans son journal, mon père me fit voyager; mon absence dura quatre ans, jusqu'à ce que mon père me rappelât. Je partis après Pâques en 1490; je revins après la Pentecôte en 1494. »Avant son départ, il avait peint le portrait de son père (galerie des Offices à Florence Deux mois après il se mariait. « Et quand je fus de retour, écrit-il, Hans Frey entra en pourparlers avec mon père et me donna sa fille nommée Agnès qui reçut une dot de 200 florins; le mariage eut lieu le 14 juillet de l'an 1494. »C'est probablement pendant les pourparlers qui précédèrent le mariage que Dürer peignit, pour être envoyé à sa fiancée, le portrait où il s'est représenté en costume élégant, tenant à la main un érynge à fleurs bleues (appelé en allemand Mannstreue «- fidélité du mari ») avec cette inscription Minn Sach die gat als es oben schtat (mes affaires suivent le cours qui leur est assigné là-haut). Ce portrait, dont Goethe a décrit avec admiration une copie aujourd'hui au musée de Leipzig -
Albrecht Dürer; autoportrait, 1498 (Musée du Prado, Madrid). Dürer a laissé plusieurs portraits
de sa femme : nous citerons un dessin sommaire à la plume (à
l'Albertine) avec cette mention : Mein Agnes; un autre à
la pointe d'argent d'une admirable simplicité (musée de Brême);
une aquarelle de 1500 (à l'Ambrosienne ( Parmi les oeuvres de jeunesse de Dürer, il faut encore citer un Christ enfant à la détrempe sur parchemin (1493); des copies des gravures de Mantegna (Combats de Tritons et Bacchanale) (à l'Albertine), et une Mort d'Orphée (musée de Hambourg), dessinée sans doute d'après quelque maître italien (1494), mais marquée au coin de sa forte originalité; enfin un Enfant Jésus couché (d'après un autre maître italien, peut-être Lorenzo di Credi; collection du baron Schickler). Deux maîtres surtout excitaient alors
son attention, son étude, son admiration : Mantegna et Schongauer
dont il rassembla et garda pieusement les dessins. Il n'avait pu rencontrer
ni l'un ni l'autre à son premier voyage, Schongauer étant
mort et Mantegna fixé à Mantoue « pour devenir un grand peintre, un éminent artiste, il faut copier assidûment les oeuvres des bons maîtres jusqu'à ce que l'on ait acquis une complète liberté de main. »Mais, par-dessus tout, il avait le respect et l'amour de la nature. A plusieurs reprises, il recommande de reproduire « soigneusement les caractères que le Créateurs donnés à la nature », de « ne rien retrancher dans les données fournies par elle et de ne rien y ajouter qui soit incompatible avec ses enseignements ».Il a accumulé les études de nu (Bain de femmes, 1496; musée de Brême, dessin à la plume) ; études à la plume du British Museum sur les proportions du corps humain (1500); études d'animaux, chevaux, chiens, cerfs, etc., aux Uffizi, à l'Ambroisienne, à Bâle « Regarde attentivement la nature, écrit-il encore, dirige-toi d'après elle et ne t'en écarte pas, t'imaginant que tu trouveras mieux par toi-même. Ce serait une illusion; l'art est vraiment caché dans la nature; celui qui peut l'en tirer le possédera. Plus la forme de ton oeuvre est semblable à la forme vivante, plus ton oeuvre paraît bonne. Cela est certain. N'aie donc jamais la pensée de faire quelque chose de meilleur que ce que Dieu a fait, car ta puissance est un pur néant en face de l'activité créatrice de Dieu [...]. Aucun homme ne peut exécuter une belle figure en ne consultant que son imagination, à moins qu'il n'ait peuplé sa mémoire d'une multitude de souvenirs. L'art cesse d'être uniquement le produit du sentiment individuel ; transmis et appris, il se féconde lui-même. Le mystérieux trésor amassé au fond du coeur se répand alors au moyen des oeuvres, au moyen de la nouvelle créature que l'on tire de son sein en lui donnant une forme sensible [...]. »Toute son esthétique est enfermée dans ces lignes. Il a voulu à certaines heures agrandir et élargir le domaine de l'art allemand en lui annexant la beauté que les maîtres italiens avaient remise en honneur, mais il était trop de son pays pour que son intransigeant naturalisme et sa rude sincérité pussent s'assouplir aux belles manières ultramontaines. C'est quand il a regardé directement de son oeil profond et clair la nature vivante, que, fort de sa science laborieusement et consciencieusement acquise, maître de tous ses moyens, il a donné la mesure de son génie et répandu dans ses oeuvres, avec le sentiment intense de la vie, tout le « trésor mystérieux » de son imagination puissante et féconde, de sa pensée noblement inquiète, de son coeur sincère et loyal.
Barbara Dürer; par Dürer, ca 1490. (Musée de Nuremberg). Il est impossible d'énumérer ici et encore moins d'étudier cette oeuvre immense : peintures, gravures sur bois, estampes au burin et à l'eau-forte, dessins. Nous mentionnerons les plus importantes et, autant que possible, dans l'ordre chronologique. Un de ses premiers grands tableaux (sur toile à la détrempe) est le triptyque du musée de Dresde (n° 1869), la Vierge avec l'enfant, Saint Sébastien et Saint Antoine, exécuté sous l'influence de Mantegna. C'est aussi sous cette influence qu'il peignait, en 1500, Hercule tuant les oiseaux du lac Stymphale du Musée de Nuremberg (n° 184), dont le musée de Dartpstadt possède une esquisse; ce sont des oeuvres fortes et curieuses, mais plus étranges que belles, où son originalité ne s'est pas encore complètement dégagée. On en trouve, à cette date, la manifestation beaucoup plus significative dans la suite de gravures sur bois l'Apocalypse, composée de quinze pièces (Bartsch, 60-75), publiées pour la première fois en 1498, mais auxquelles il travaillait dès 1495. Il en publia en même temps une édition allemande (Die heimliche Offenbarung Johannis) et une latine (Apocalipsis cum figuris). Le texte de l'édition allemande était emprunté à la bible de Koburger et se termine ainsi : Fin du livre contenant les mystérieuses révélations de saint Jean, apôtre et évangéliste, imprimé à Nuremberg par Albrecht Dürer, peintre, l'an MCCCCXCVIII après la naissance du Christ.Dans les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse par exemple, qui sent la quatrième estampe de la série, on trouve déjà toute la profondeur d'invention, toute l'énergie d'expression des plus belles oeuvres du maître. Comme peintre, son originalité se
manifesta dès 1500 dans l'Ensevelissement du Christ (n°
238 de la Pinacothèque de Munich), dont il fit deux ans plus tard
une variante, connue sous le nom de tableau d'Autel des Holzschuer
(n°18 du Musée de Nuremberg); dans le triptyque (nos 240-242
de la Pinacothèque de Munich) représentant la Nativité
avec, sur les volets Pour la force dramatique de la composition,
la
Mise au tombeau de Munich est surtout caractéristique et tout
à fait dans les traditions pathétiques du vieil art allemand.
Dans l'Autel Baumgärtner pour lequel il fit un grand nombre
d'études et d'esquisses, il exprima pour la première fois
avec un charme pénétrant le type de la Vierge, douce fille,
auquel il devait si souvent revenir et dont la beauté, tout intérieure
et morale, se trahit plus par le reflet d'une âme pure et tendre
que par la régularité ou l'élégance des traits.
C'est de cette époque que datent également quelques portraits
de grand prix : celui d'Oswalt Krell, 1499 (n° 236 de la Pinacothèque
de Munich); son propre portrait de 1498 au musée de Madrid Albertus Durerus Noricus ipsum me propriis sic effingebam coloribus oetatis anno XXVIII,signé du monogramme qu'il avait adopté depuis 1497, et où il s'est représenté de face, des longs cheveux retombant en boucles soyeuses sur ses épaules, la main droite (cette main dont Camerarius écrirait qu'on ne pouvait rien voir de plus beau!) posée sur la poitrine, les doigts longs et nerveux jouant dans la fourrure de son manteau; le portrait d'un inconnu (n° 237 de Munich), celui d'une femme (Augsbourg La Vierge allaitant son enfant (1503),
n° 1525 de la galerie du Belvédère à Vienne, trahit
une nouvelle influence, celle du graveur Jacopo de Barbari que Dürer
avait sans doute connu lors de son premier passage à Venise Sur les vingt bois de la Vie de la Vierge,
il y en avait seize d'imprimés et d'achevés, quand Dürer,
dans la seconde moitié de l'année 1505, se mit pour la seconde
fois en route pour Venise Exegit quinquemestris spatio Albertus Durer Germanus. MDVI [et le monogramme AD].Ce précieux tableau, porté à Prague Pater. I. manus. tuas. Comendo Spiritu. Meu, le monogramme et la date 1506.Le tableau ne mesure que 20 centimètres sur 16; il n'en est pas moins au nombre des plus grandes oeuvres de maître. La Bibliothèque nationale en possède des dessins et des études préparatoires. C'est également à Venise Dürer veillait avec une activité jalouse sur ses droits de propriété. C'était surtout ses bois, plus faciles à imiter que tout le reste, qu'il avait sans cesse à défendre contre les copistes et les contrefacteurs; le conseil de Nuremberg le protégea par plusieurs arrêts. Les artistes italiens ne s'étaient pas fait faute non plus de le copier, et c'est à eux que s'adressait Dürer quand il écrivait en 1506 : « Beaucoup me sont hostiles et cherchent à copier mes oeuvres dans les églises et partout où ils peuvent les rencontrer. » et il ajoutait : « Après cela, ils les dénigrent et disent qu'elles ne valent rien parce qu'elles ne sont pas conformes au style antique. »On sait que parmi les copistes, avec lesquels il eut de vifs démêlés, il faut ranger Marc-Antoine lui-même, qui avait reproduit sur cuivre la Vie de la Vierge et contre lequel il porta plainte devant Ia seigneurie. Elle décida que Marc-Antoine pouvait librement copier les estampes de Dürer à condition de ne pas mettre sur les copies le monogramme de celui-ci; et en effet les planches dans lesquelles Marc-Antoine reproduisit plus tard la Petite Passion, gravée sur bois, ne portent pas, comme les copies de la Vie de la Vierge, le monogramme de Dürer, mais seulement la petite tablette vide dont Marc-Antoine se servit souvent dès lors pour remplacer son propre monogramme. -
Portrait d'une Venitienne, par Dürer, 1505. (Musée d'histoire de l'art de Vienne). En 1507, avant le mois de juin, Dürer était de retour à Nuremberg et il y achevait son Adam et Eve, dont il avait commencé les études (le British Museum en possède trois) à Venise Les années suivantes virent se produire
plusieurs tableaux importants c'est en 1508, pour le grand-électeur
Frédéric le Sage, le Martyre des dix mille vierges
de la galerie impériale de Vienne; en 1509, l'Assomption de la
Vierge, triptyque, communément appelé l'Autel de Heller,
malheureusement détruit dans un incendie, que lui avait commandé
le riche marchand drapier Jacob Heller de Francfort, et dont le musée
de Francfort possède une copie excellente; en 1509 également,
il achève la délicieuse Madone avec l'enfant sur les genoux,
entourée d'anges musiciens et de saint Joseph modestement relégué
à l'écart (aquarelle) au musée de Bâle Albertus Durer Noricus faciebat anno a Virginis partu 1511;en 1512, il peignait la charmante petite Vierge au lis de la galerie et celle non moins charmante du Belvédère (n° 1526), connue, sous le nom de la Vierge à la poire (la peinture en est extraordinairement limpide, douce et harmonieuse); en 1510, il avait peint en grisaille, avec une admirable finesse et une rare vigueur, un diptyque dont un volet, Samson Depuis 1512, Dürer, qui n'avait pas trouvé dans la peinture les profits ni la renommée qu'il croyait avoir mérités, ralentit sensiblement cette active production; les rares tableaux qu'il exécuta jusqu'en 1520 ne sont comparables pour la dimension ni la valeur à ceux que nous venons d'énumérer. « A une gamme de couleurs claires et brillantes, dit Thausing, succède un coloris sec et terne. L'emploi large et sommaire des couleurs à l'huile ne permet plus guère, au peintre d'obtenir les tons fondus des anciennes couleurs a tempera. »C'est seulement après 1520, quand il a vu, dans le voyage qu'il fit avec sa femme, de juillet 1520 à 1521 dans les Pays-Bas, les chefs-d'oeuvre des maîtres flamands, qu'il se reprendra à peindre mais, pendant ces années intermédiaires, il laissa inachevés plusieurs projets de grands tableaux dont ses dessins ont conservé la première pensée (comme la Chute des anges du British Museum); il termina en 1518 la Lucrèce (n° 244 de la Pinacothèque de Munich) pour laquelle il avait, dès 1508, déjà fait plusieurs études et dessins (Albertine) ; en 1516, il avait peint le portrait de Michel Wolgemuth (n° 243 de la Pinacothèque) dont les esquisses sont également antérieures. -
Le Cavalier la Mort et le Diable, par Dürer, 1513. (Musée de Nuremberg). C'est en 1512 qu'il commença à travailler pour l'empereur Maximilien dont il fut l'artiste de prédilection, qui le combla d'égards, prit plaisir à venir le voir travailler, et alla jusqu'à demander pour son peintre au conseil de Nuremberg une exemption d'impôts de cent florins. C'est pour l'empereur poète et artiste, si naïvement sensible au plaisir d'assister à sa propre glorification, que Dürer entreprit les importants travaux du Triomphe. On le divisa en deux parties : l'Arc triomphal (Ehrenpforte) dont le dessin fut confié à Dürer en 1512 et dont Johannes Stabius rédigea les inscriptions, et le Cortège triomphal. L'Arc triomphal, terminé en 1515 (Bartsch, 138), se compose de quatre-vingt-douze planches qui, jointes ensemble, ont 3,409 m de haut, sur 2,922 m de large. Il est disposé, comme dit l'inscription, « à la façon des arcs de triomphe érigés en l'honneur des empereurs de l'ancienne Rome-».Jamais on n'avait conçu ni exécuté de gravure sur bois de cette dimension. Dürer traça à la plume et au pinceau les dessins sur les planches; Hieronymus Andrae exécuta les tailles avec une surprenante précision. La seconde partie, comprenant le Cortège triomphal (improprement appelé le Char triomphal), fut confiée à plusieurs mains. Hans Burgkmair en eut la plus grande partie. Le Cortège ne fut d'ailleurs jamais terminé, Maximilien étant mort trop tôt. Mais cette oeuvre gigantesque ne saurait être comparée aux dessins à la plume que Dürer composa pour le Livre de prières de Maximilien (bibliothèque de Munich). La fantaisie la plus libre et souvent la plus profonde, les ornements inattendus et les plus gracieux, le sentiment le plus intense de la nature, les intuitions les plus saisissantes de l'imagination y sont prodigués à chaque page; on y voit revivre quelque chose du mystère de l'ancienne ornementation des peuples septentrionaux, telle qu'on la trouve d'une part dans les bijoux scandinaves, et de l'autre dans les entrelacs des manuscrits irlandais. Mais c'est peut-être le burin à
la main que Dürer fut le plus vraiment lui-même, et manifesta,
avec la plus farouche énergie, la liberté la plus grande
et la subtilité la plus profonde, sa pensée et son génie.
Au point de vue technique, pour la souplesse du modelé, la finesse
et la vigueur des contours, la douceur harmonieuse des planches creusées
d'un nombre infini de tailles et jamais fatiguées, il est un buriniste
incomparable; il faut ajouter que, sous ce rapport, il dut beaucoup à
son maître Wolgemuth et s'inspira longtemps de ses travaux. Nous
avons cité déjà Adam et Eve de 1504; il faut,
sans vouloir tout mentionner, y ajouter le Grand Cheval (1505);
la Vierge et l'enfant Jésus de 1507; l'Enfant prodigue;
la Petite Fortune et la Grande Fortune ou Némésis, Saint
Eustache, les suites de la Passion (Bartsch, 3-18); le Chevalier,
la Mort et le Diable, Saint George, la Nativité, Jésus sur
la croix, plusieurs Vierges (vierges aux cheveux longs, aux
cheveux courts, à la couronne d'étoile, couronnée
par deux anges, etc.); le Cheval de la mort, Saint Jérôme,
la Mélancolie (1514), les Deux Amants en promenade, le Paysan
au marché, etc. ; parmi les gravures à l'eau-forte et
à la pointe sèche, Jésus au jardin des Oliviers,
Sainte
Famille à la muraille, l'Homme de douleurs (assis et aux mains
liées), la Face de Jésus tenue par un ange, le Ravissement
d'une femme, etc., et plusieurs portraits.
Les douze ans de Jésus parmi les scribes, par Dürer; 1506 (Madrid). Le voyage dans les Pays-Bas qu'il fit en
1520 fut pour Dürer l'occasion d'un long triomphe. Le récit
détaillé nous en a été conservé dans
le journal du maître, document à tous les points de vue infiniment
précieux. Il fut reçu avec de grands honneurs et il a noté,
avec une joie naïve, tous les témoignages de déférence
et d'admiration qu'il recueillit à Anvers « Ô Seigneur, si Luther est mort, qui nous expliquera désormais le saint évangile avec la même netteté! »Au retour de ce voyage et établi de nouveau à Nuremberg, il fut bientôt atteint de la maladie chronique qui devait l'emporter et dont il avait pris le germe dans son voyage des Pays-Bas. Peu de temps après son retour, il avait fait un dessin à la plume où il s'était représenté nu jusqu'à la ceinture et montrant sur son flanc gauche une petite tache jaune avec cette inscription : « Là où est la tache jaune, à l'endroit désigné par le doigt, c'est là que je souffre » (musée de Brême).C'est dans ces dernières années que se placent le Portrait de vieillard du Louvre ME AL. DV, QUIQCQUID ALBERTI DURERI MORTALE FUIT, SUB HOC CONDITUR TUMULO. EMIGRAVIT VIII idus APRILIS MDXXVIII.Apprenant cette mort, qui excita une universelle émotion, Melanchthon écrivait : Doleo tali et viro et artefice Germaniam orbatam esse.Pendant les dernières années de sa vie, Dürer s'était consacré à la recherche des « principes de l'art » qui l'avaient toujours préoccupé. « Un homme ignorant ressemble à un miroir non poli », disait-il, à Melanchthon. Il publia l'Art de mesurer; instruction sur la manière de mesurer à l'aide du compas et de L'équerre les lignes, les plans et les solides, composé par Albrecht Dürer, destiné à tous les amateurs de l'art et imprimé en 1525. En 1527, il publia un Traité de la fortification des villes, des châteaux et des bourgs; enfin le Traité des proportions (ici se trouvent réunis quatre livres sur les proportions humaines; ils ont été composés par Albrecht Dürer de Nuremberg, et imprimés à l'usage de ceux qui aiment cet art, MDXXVIII). Le premier des quatre livres était seul imprimé, quand il mourut. (André Michel, ca. 1900).
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