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Les
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| Eugène Delacroix
est un peintre, fils du conventionnel Charles Delacroix, né à
Charenton-Saint-Maurice En 1822, malgré le mauvais vouloir
de son maître Guérin, il envoie au Salon le Dante
et Virgile qui y obtient le plus grand succès
que puisse désirer un artiste : des admirations enthousiastes et
un déchaînement de critiques injustes; succès qui ne
l'empêchait pas (y contribuant peut-être, au contraire) d'obtenir
cette même année 1822 la dernière place dans le concours
pour le prix de Rome, échec peu fait pour le tirer d'une situation
toujours embarrassée, à laquelle il résistait avec
les profits de caricatures et de lithographies,
continuant de travailler avec une énergie croissante. En 1824 il
expose le Massacre de Scio qui accentue encore la tempête
qu'avait soulevée son premier Salon. Théophile
Gautier seul en parle avec une admiration sans réserves, mais
Delécluze, H. Beyle, Thiers ne ménagent
pas leurs restrictions : pour l'un il fait trop horrible cette scène
d'horreur; pour l'autre, il y a là trop peu de souci du beau; pour
celui-ci, enfin, le soin d'éviter l'académique lui fait fuir
la ligne simple et harmonieuse. De cette époque datent le Tasse
dans la maison des fous,
l'Empereur Justinien
composant ses Institutes « Eugène Delacroix est devenu la pierre de scandale des expositions. » (Vitet.) « La majeure partie du public trouve ce tableau ridicule. » (Moniteur universel.) « Que M. Delacroix se rappelle que le goût français est noble et pur et qu'il cultive Racine plutôt que Shakespeare. » (Ibid.) « L'oeil ne peut y débrouiller la confusion des lignes et des couleurs [...] le Sardanapale est une erreur de peintre. » (Delécluze.). Et tutti quanti.
Delacroix. Sardanapale, 1828. Cependant, cette année-là,
après une brouille momentanée avec le directeur des beaux-arts,
il est chargé par le ministre de l'intérieur de peindre la
Mort
de Charles le Téméraire,
et le duc Louis-Philippe d'Orléans lui commande Richelieu
disant la messe. De la même année la Bataille de Nancy En 1832, Delacroix quittait Paris
Delacroix. L'orpheline au cimetière, 1824. Avec ses erreurs et ses défauts, peut-être, Delacroix reste le peintre le plus considérable du XIXe siècle. Cette fécondité extraordinaire dans le nombre des productions a son analogie dans la nature de son oeuvre elle-même : l'érudition considérable du peintre d'histoire, la profondeur du psychologue et la fougue des passions humaines sont poussées à un tel degré d'intensité que tout d'abord devant une toile de Delacroix c'est l'étonnement qui précède l'admiration ; mais celle-ci suit de près. La maestria dans les effets de lumière, l'agencement savant et harmonieux des lignes, la splendeur du décor vous empoignent, et c'est à peine si parfois une petite négligence échappée à ce génie tout entier requis par l'idée, vient apparaître comme pour nous rappeler que l'absolue perfection n'est pas à portée d'humain. Néanmoins c'est avec ,justice qu'on l'a appelé le maître de l'école française. Delacroix reçut des critiques de tels assauts que forcément il devait devenir polémiste. On a de lui des pages curieuses sur son art et ses lettres sont du plus haut intérêt pour le critique et le psychologue. (Henri d'Argis). |
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© Serge Jodra, 2006. - Reproduction interdite.