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| Arrière-plans | ||
| L'histoire du Japon |
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plus anciens vestiges humains au Japon appartiennent au Paléolithique.
Il semble que des populations venues à la fois de Sibérie Si l'on en croit les premiers écrits japonais, qui ne datent que du VIIIe siècle de notre ère, la structuration politique de l'archipel, le titre d'empereur ou mikado, remonteraient au VIIe s. av. J.C. Plus fiables sont sans doute les connaissances des faits contemporains des textes. Ainsi, apprend-on qu'en 788, un peuple de l'ouest, que l'on suppose être les Mongols, essaya d'envahir le Japon, mais que son armée et sa flotte furent presque anéanties. Pendant trois ou quatre siècles encore, on vit arriver au pouvoir différents individus appartenant aux grandes familles nobles. La puissance impériale commença de décroître et les princes vassaux, profitant de sa faiblesse, se rendirent presque indépendants. Pour remédier à ces maux, la cour du mikado créa les fonctions de shogun, ou gouverneur généralissime, entre les mains de qui va vite résider le vrai pouvoir, surtout à partir du XIIe siècle quand cette charge devient héréditaire, et jusqu'à la dissolution du shogunat, en 1868. De 1331
à 1392,
des guerres civiles éclatèrent entre empereurs rivaux.
La Période de 1336
à 1573
est connue comme l'époque de la guerre et le pays fut gouverné
par des shoguns de la famille Ashikaga. A la fin de cette période,
trois des plus grands noms de l'histoire japonaise
se firent remarquer : Nobunaga, Hideyoshi et Iyeyasu. Nobunaga conçut
l'idée de réunir tout l'empire sous sa domination, mais il
fut tué par un traître avant qu'il eût accompli cette
oeuvre. Hideyoshi fut plus heureux. Nobunaga persécuta les prêtres
bouddhistes et, de concert avec Hideyoshi, il reçut favorablement
les jésuites Après la mort d'Hideyoshi (1592), le pays fut déchiré par deux partis, l'un dirigé par les adhérents du jeune enfant de Hideyoshi, l'autre par Tokugawa lyeyasu. Ce dernier triompha et fonda le shogunat de Tokugawa, qui gouverna le Japon depuis 1603, jusqu'en 1867. Pendant cette période, le pays jouit d'une paix profonde. Yedo devint capitale. Iyeyasu est regardé comme le plus grand caractère de l'histoire japonaise. Son système de gouvernement régna jusqu'à ces derniers temps. Rien que le shogun fût de facto le maître, le mikado (porte illustre ou sublime porte) était le véritable souverain du Japon, et le shogun n'était ni roi, ni empereur, mais gouverneur militaire, commandant en chef. Les Européens ont commencé
à se rendre au Japon au XVIe
siècle. Sur fond de rivalités entre eux, les Portugais La situation change au milieu du XIXe
siècle, avec l'entrée en scène en 1852
des Américains, puis avec la conclusion de traités entre
le Japon et toutes les grandes puissances occidentales. Une irruption des
étrangers favorisée par le shogun et l'époque et qui
se révèle hautement impopulaire. La succession des événements
conduira à partir de là à la dissolution du shogunat
(1868) et à la prise en main
de tout le pouvoir par le mikado. Cette époque marque aussi le commencement
d'une ère de progrès (dite ère Meiji), mais
aussi la naissance d'une politique expansionniste du pays, qui se lance
dans plusieurs guerres. Dans un premier temps contre la Chine Dates clés : VIIe av. J.C. - Premier mikado? |
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| Au
« pays du Soleil Levant »
Si l'on suit les
récits semi-légendaires, le premier mikado, le premier empereur,
du Japon, aurait été un certain Kami-yamato-no-Iware-biko
(667 av. J.C.),
originaire du Sud de Kien-siou. Il chassa, dit-on, le peuple primitif du
pays, représenté comme un peuple chevelu et sauvage, ressemblant
aux Aïnous qui habitent aujourd'hui Hokkaïdo (et peut-être
encore les îles Kouriles). Il est plus probable que ce peuple se
mélangea graduellement avec ses conquérants. Quoi qu'il en
soit, ce personnage conquiert l'île de Nippon, jusque vers le 30°
latitude, devient en 660, empereur sous le titre de Zim-mou-Tennô
ou Jimmu Tenno, et il choisit pour capitale Yamato (Kashiwabara). Il mourut
en 585,
à l'âge de cent trente-sept ans, et fut remplacé par
son troisième fils, Kami-nuna-gava-mimi-no-mikoto; avec le titre
de Suisei-Tennô. Le héros le plus célèbre de
l'époque ancienne du Japon est Yamato-Daké, fils du 12e
mikado, l'empereur Keiko (74-130),
qui conquiert l'Est du Japon, Ia plaine de Yedo (Kuwanto), et, tantôt
déguisé en femme, tantôt traversant les flammes, accomplit
des merveilles de valeur. Pendant plusieurs siècles ses successeurs
portèrent encore le titre de mikado et exercèrent le pouvoir
le plus absolu. Les femmes n'étaient pas exclues de la succession
et dans l'ancienne histoire du Japon, il y eut plusieurs célèbres
impératrices. A l'avènement de l'impératrice Suiko,
première souveraine du sexe féminin, une tolérance
entière fut accordée à la religion bouddhiste.
Un nouvel âge.
L'introduction du cérémonial chinois écarta les mikados du commandement militaire et fit passer le gouvernement aux mains de leurs lieutenants. Il s'ensuivit une anarchie de plusieurs siècles, durant laquelle se constitua un régime comparable à la féodalité européenne, avec une noblesse de cour et une classe militaire. La famille de Fujiwara, appartenant à la noblesse de cour, eut une influence prépondérante du VIIe au XIIe siècle. L'ascendant passa alors à deux familles militaires, les Taïra et les Minamoto. En 888, Motatsune, premier ministre (Daïjo-daïjin) de la maison de Fujiwara, reçut à titre héréditaire la dignité de kambaku (administrateur en chef). Les mikados étaient complètement tombés sous la tutelle des Fujiwara, ne prenant d'épouses et ne mariant leurs filles et soeurs que dans cette famille. Les Taïra se rattachèrent à un petit-fils de Kammu-Tennô. Leur splendeur fut courte. Les Minamoto passent pour des descendants du 52e mikado, Saga-Tennô. Ils ont donné au Japon de brillants généraux. Les familles Ashikaga et Tokugawa ne sont que des branches des Minamoto. Un de leurs premiers héros fut Yoriyoshi, qui, au milieu du XIe siècle, soumit les peuplades Emishi du Nord de l'île de Hondo. Son fils Yoshiiye éclipsa ses exploits; les légendes le célèbrent sous le nom de Hachiman Taro. Au XIIe siècle, les intrigues de palais cèdent la place aux guerres civiles. L'usage s'était établi de faire abdiquer les mikados et de les cloîtrer lorsqu'ils atteignaient vingt ans, de manière que le souverain nominal fût mineur. Le 75e mikado, Shutoku-Tenno, avait ainsi régné de trois à vingt ans et s'était retiré dans un monastère. Mais à la mort imprévue de son jeune beau-frère, Konoyé-Tennô, qui lui avait succédé, il voulut assurer le trône à son fils.
Scène de bataille. Le temps des shogouns.
Le titre de taï-koun
donné également au shogoun, est d'origine chinoise et n'était
pas usité chez les Japonais. La victoire de Yori-tomo lui permit
d'exercer au Japon un pouvoir semblable à celui des chua
en Annam Dynastie Minamoto : Yori-tomo (1186-1201); Yori-iye (1202); Sane-tomo (1203-1219). - Dynastie Fujiwara : Yori-tsune (1220-1243); Yori-tsugu (1244-1251). - Dynastie Jimmu-ten wo : Mune-taka (1252-1265), Kore-yasu (1266-1289); Hisa-akira (1289-1307); Morikuni (1308-1333) ; Mori-yosi (1333-1335); Nari-yoshi (1334-1338). - Dynastie Ashikaga : Taka-udji (13341357); Yoshi-mori I (1358-1367); Yoshi-mitsu I (13681393); Yoshi-motsi (1394-1422); Yoshi-katsu I (14231425); Yoshi-motsi (réétabli en 1425-1428); Yoshi-nobu (1428-1440); Yoshi-katsu II (1441-1443); Yoshi-nari (1449-1471); Yoshi-nao (1473-1489); Yoshi-mura (1490-1493); Yoshi-mitsu II (1494-1507); Yoshi-mura (réétabli, 1508-1521); Yoshi-naru (1521-1545); Yoshifusa (1546-1565) ; Matu-naga (usurpateur, 1565-1568; Yoshi-sûsa (1568); Yoshi-aki (1568-1573). - Dynastie Taïrano : Taïra-nobu-naga (1574-5582); Aketi-mituhide (usurpateur, 1582); San-ban-si (1582-1586). - Dynastie Toyo-tomi : Hide-yoshi ou Taï-ko-sama (15861590); Hide-tugu (1591-1595); Hide-yori (1600-1615). - Dynastie Toku-gawa : Mina-moto-no-iye-yasû-kô (1603-1605); Hide-tada-kô (1605-1622); Iye-mitu-ko (1623-1649); Iye-tuna-kô (1650-1680); Tuna-yosi-kô (1681-1709); Iye-nobu-kô (1709-1712); Iye-tugu-kô (1713-1715; Yoshi mune-kô (1716-1745); Iye-sige-kô (1745-1762); Iye-haru-kô (1762-1786); Iye-nari-kô (1787-1837); lye-yohi-kô (1838-1853); Iye-sada-kô (1853-1858); Iye-motsi-kô (1858-1866); Yoshi-hisa-kô (1866-1867).Dans leur première période, presque aussitôt après leur avènement, les shogouns subirent le sort des mikados et furent réduits à une autorité nominale; le pouvoir réel fut exercé par des shuklens ou régents appartenant à la famille de Hojo, descendant du beau-père de Yori-iye. Des enfants détenaient à Kyoto et à Kamakura le titre de mikado et de shogoun. Cette situation dura de 1199 à 1334; le plus célèbre des douze régents est Hojo Tokimune qui repoussa l'invasion des Mongols (1274 et 1281). La puissance des Hojo fut détruite à Kamakora par le héros Nitta Yoshisada, de la famille de Minamoto, et à Kyoto par Ashikaga Takaudji, lequel restaura le pouvoir effectif des shogouns. En 1331, Taka-haru (Go-Daïgo), cherchant à secouer le joug de la famille de Hôjô, avait été battu et remplacé sur le trône par Kogon-Tennô. Néanmoins, Daïgo ayant été réinstallé en 1334, les successeurs de Kogon continuèrent de régner à Miako (Kyoto), en sorte qu'il y eut deux. dynasties de mikados : dynastie du Nord et dynastie du Sud. D'ailleurs, la dynastie de Kogon, composée de six princes, dont le dernier, Moto-hito (Go-Komatsu), par suite de l'abdication de l'empereur du Sud, devint, en 1392, seul mikado, jusqu'à 1412. La division du Japon en deux empires n'a duré que soixante ans, de 1332 à 1392. C'est au XVIe
siècle que recommencèrent
les grandes luttes, favorisées par la faiblesse des shogouns d'Ashikaga.
Membre de la famille Ota (maison de Taïra), petits daimios d'Owari,
Nobu-naga commença à lutter contre les shogouns, peu de temps
après l'arrivée des Portugais Tai-ko-sama mourut
le 15 septembre 1598;
sa succession fut disputée entre son fils et Toku-gava-Iye-yasû,
seigneur de Mikawa, qui gouvernait le Kuwanto et résidait à
Yedo. La querelle fut résolue par la sanglante bataille de Sekighara
(1600),
la plus meurtrière et la plus décisive des annales japonaises.
Iye-yasû, s'étant emparé du pouvoir, continua l'oeuvre
de ses deux devanciers et prit, en 1603,
le titre de shogoun. Quoique, deux ans plus lard, il ait abdiqué
en faveur de son fils, il conserva ce titre jusqu'à sa mort, arrivée
en 1616.
Le shôgounat devait durer dans cette famille de Iye-yasû, ou
de Toku-gawa,qui n'était elle-même qu'une branche des Minamoto,
jusqu'à la Révolution de 1868,
époque à laquelle cette fonction fut abolie; l'empereur Mutsu-hito
étant monté sur le trône en 1867,
le dernier titulaire, le quinzième shogoun de la maison de Toku-gawa,
fut Yoshi-hisa-ko, fils du prince de Mito, Nari-akira, qui avait été
adopté par le prince de Hitotsubashi.
On désigne
généralement sous le nom de période féodale
les siècles pendant lesquels le Japon fut administré par
les shogouns. On donnait le nom de daimio (grand nom), titre qui était
déjà connu sous Yori-tomo, aux chefs principaux militaires
de l'empire dont Iye-yasû assura la stabilité aux dépens
de leur puissance réelle en les déclarant tous ses vassaux.
Iye-yasû divisa les daimios en fudaï, qui appartenaient à
la famille de Toku-gawa ou tout au moins à leurs vassaux et en tozama,
daimios n'appartenant pas à la famille du shogoun, qui ne reconnurent
son autorité qu'en 1600.
Ceux-ci furent les principaux fauteurs de la révolution de 1868,
avec les kuge, la vieille noblesse japonaise, mécontente de l'aristocratie
militaire des fudaï. Ces kuge, presque tous de sang impérial,
appartenaient aux neuf familles : Fujiwara, Sugawara, Taira, Minamoto,
Kiowara, Abe, Onakadomi, Urabe et Tamba. Comme le vrai souverain, le mikado,
ces kuge vivaient dans la plus grande oisiveté, et la plupart d'entre
eux dans la plus profonde misère.
Un samouraï. Le Japon et le reste du monde Temps anciens
et Moyen âge.
« Sila ou Silâ est située au plus haut de la ChineDans l'histoire des Mongols, Youen, Youen-chi, le Japon, le Je-peun, est décrit dans le chap. CCVIII de la quatrième section. C'est le pays Je-peun Kouo, transcrit phonétiquement et décrit par Marco Polo sous le nom de Zipangu (ou Cipango « Sypangu est une isle en Levant qui est en la haulte mer, loings de la terre ferme mille cinq cens milles; et est moult grandisme isle. Les gens sont blans et de belle maniere. Ilz sont idolastres, et se tiennent par eux; et si vous dy qu'il ont tant d'or que c'est sans fin; car ilz le treuvent en leurs isles. Ilz sont pou de marchans qui là voisent, pour ce que c'est si loings de la terre ferme. Si que pour ceste raison leur habonde l'or oultre mesure. »Rachid-eddin emploie également ce mot modifié de Zipangu. Le mot de Nippon se trouve déjà au Xe siècle de notre ère sous la forme Al-Nâfun, dans le lkhwân-al-Sâfâ. En réalité, le Japon, qui a été connu des Occidentaux par la relation de Marco Polo (vers 1300), avait été oublié par eux et l'on peut considérer le Portugal Le Portugal.
Les marins, les commerçants et les missionnaires qui ont atteint les premiers le Japon n'avaient évidemment pas pour objectif de faire connaître ce pays. Aussi, les connaissances qu'en ont eu les Européens sont restées très longtemps fragmentaires. Elles ont été apportées par quelques rares voyageurs. Il s'agit principalement de Engelbert Kempfer, qui séjourna au Japon de 1690 à 1692, dont l'Histoire, parut en anglais en 1727; de Charles-Pierre Thunberg, élève de Linné, envoyé au Japon en 1772; et de Siebold, qui a publié le grand ouvrage Nippon, Archiv zur Beschretbung von Japan (Leyde, 1832-1851).Des missionnaires les imitèrent et le Japon fut visité par saint François-Xavier, qui débarque à Kago-shima le 15 août 1549. Ils allaient s'employer à donner une certaine influence au christianisme dans l'archipel. Dans un premier temps, marchands et missionnaires furent favorablement accueillis et un certain nombre de conversions furent même obtenues. Nobu-naga protégea les chrétiens au détriment des bonzes. Une ambassade envoyée par les daimios de Bungo, d'Arima et d'Omura, qui quitta le Japon en 1582, l'année de la mort de Nobunaga, arriva en 1585 à Rome Les Hollandais
et les Anglais.
Le 9 novembre 1640, les Japonais donnèrent l'ordre aux Hollandais de démolir tous leurs magasins nouveaux, ainsi que les établissements qui porteraient des emblèmes chrétiens. François Caron céda à cette injonction, mais le 11 mai 1644, les Japonais forcèrent les Hollandais d'abandonner Firando pour s'installer dans la petite île de Deshima, sous la surveillance de l'autorité de Nagasaki. Cet ordre, qui était en quelque sorte l'expulsion des étrangers du Japon, fut exécuté, et, le 21 mai 1641, les Hollandais quittaient Firando. La factorerie de Firando n'avait pas été pour les Hollandais une possession incontestée. Le capitaine anglais, Saris, commandant le « huitième voyage » de l'Old Company, parti en 1611, établit en 1613une agence à Firando dont R. Wickham fut le premier agent. C'est dans une lettre de Wickham, du 27 juin 1615, adressée à M. Eaton, à Miaco, et conservée dans les archives de la Compagnie, que se trouve la mention la plus ancienne du thé (chaw). En 1616, le privilège accordé aux Anglais de faire le commerce au Japon fut modifié et limité au seul port de Firondo. Les Hollandais, jaloux de leurs rivaux, et infiniment supérieurs en nombre, les attaquèrent en 1618 et les auraient certainement massacrés sans la médiation des Japonais. Malgré cet incident, l'année suivante, Anglais et Hollandais, reconnaissant la nécessité d'une entente, réunirent leurs deux factoreries en une seule. L'arrangement dura peu, car, dès 1621, les Hollandais continuèrent seuls leurs opérations. Firando a toujours été noté pour l'hostilité de ses princes contre le christianisme, quoique les chrétiens fussent nombreux dès 1606 (ou à cause de cela). Le Père Augustin Hernando de Saint-Joseph fit en 1616 de vains efforts pour établir une mission et construire une église à Firando, et l'année 1624 fut marquée par une grande persécution. On peut dire que depuis que les Hollandais furent relégués à Deshima jusqu'à l'arrivée du commodore américain Perry, en 1853, la situation des étrangers au Japon ne changea guère. Vainement en 1807 les Russes essayèrent-ils de débarquer à Yesso (auj. Hokkaïdo), vainement les bateaux français au anglais tentèrent-ils, soit aux îles Lieou-kieou (Ryu-Kyu), soit dans l'archipel japonais proprement dit, d'établir des relations. Le coup de force
de Perry.
Ratifié par le président des États-Unis en 1854, les ratifications de ce traité furent échangées à Shimoda le 21 février 1855. Ces dates sont le point départ d'une ère nouvelle : le 14 octobre de la même année, l'amiral anglais, sir James Stirling, signait à Nagasaki un traité qui ouvrait les ports de Nagasaki (Hizen) et d'Hakodaté (Matsmai); venaient ensuite le vice-amiral russe Euphimius Poutiatine (traité de Shimoda, 7 février 1855), le chevalier hollandais Jan Hendrik Donker Curtius (traité de Nagasaki, 30 janvier 1856). Un nouveau traité fut signé à Yedo, le 29 juillet 1858, par le consul général américain Townsend Harris qui permettait d'établir un agent diplomatique à Yedo, et qui amena la signature d'un nouveau traité avec la Hollande le 18 août 1858, avec la Russie le 7 août, avec la Grande-Bretagne le 26 août, et enfin, avec la France, le 9 octobre 1858. La France, représentée
par le baron Gros, obtenait l'ouverture pour la commerce français
de Hakodaté; Kanazawa et Nagasaki, à partir du 13 août
1859,
de Ni-i-gata, à partir du 1er janvier
1860,
et d'Hiogo, à partir du 1er janvier
1863.
A partir du 1er janvier 1862,
les sujets français étaient autorisés à résider
dans la ville de Yedo, et à dater du 1er
janvier 1863,
dans la ville d'Osaka, mais seulement pour y faire le commerce. Cependant,
l'agitation contre les étrangers augmentait; le 5 juillet 1861,
la légation d'Angleterre était attaquée; l'année
suivante, un Anglais, nommé Richardson, était assassiné
près de Yokohama le 14 septembre 1862
par les gens du daimio de Satsuma. Enfin, le 5 septembre 1864,
les flottes combinées anglaises, françaises, hollandaises
et américaines, détruisent les forts de Shimonoseki. En 1867,
Mutsu-hito devient mikado; immédiatement la révolution éclate,
et la première année du nouveau règne (1868),
qui prend le nom de mei-dji (meiji), le shôgounat est aboli;
les partisans des anciens shôgouns de la maison de Tokugawa sont
battus, les traités avec les puissances étrangères
sont ratifiés, les ports de Kobe, Osaka, puis (1869)
Ni-i-gala et Yedo sont ouverts aux étrangers, la capitale
du mikado est transportée de Kyoto à Yedo, qui prend le nom
de Tokyo (c'est-à-dire la « capitale de l'Est »).
Tout le Japon traditionnel : la cérémonie du thé. L'ère Meiji
( = ère «de lumière » ou « de progrès
»).
Mais toutes ces réformes devaient fatalement aboutir à une réaction, dont la première (1874) est la rébellion de Saga, district de la province de Hizen, dans Kiou-siou, qui fut rapidement écrasée par le général Nodzu cette même année, des pécheurs des îles Riou-Kiou, ayant fait naufrage sur la côte de Formose (Taïwan), furent massacrés; les Chinois ayant refusé de donner satisfaction au Japon pour l'attaque dont cet équipage avait été l'objet de la part des sauvages de l'île, une expédition sous les ordres du général Saigo-Tsugumitsu débarqua sur la côte sud-est : la guerre était inévitable entre les deux empires de l'Extrême-Orient, si les puissances occidentales, et l'Angleterre en particulier, n'avaient servi de médiatrices. Un traité donnant pleine satisfaction au Japon fut signé le 31 octobre 1874; l'année 1875 fut moins heureuse au point de vue extérieur, car le Japon cédait à la Russie toute l'île de Sakhaline, dont elle occupait jusqu'alors le Sud, en échange de l'archipel stérile des Kouriles. Un édit promulgué en 1876, qui devait avoir force de loi à partir du 1er janvier 1877, défendit dorénavant aux anciens samouraï de porter les deux épées. Cet édit et la politique extérieure du gouvernement amenèrent une nouvelle grande rébellion, cette fois, du clan de Satsuma, dirigée par le frère même du général Saigo-Tsugumichi, Saigo-Takamori, qui se mit à la tête d'une force de 14 000 hommes au milieu de février 1877. Battue le 19 août, la révolution fut complètement anéantie le 24 septembre 1877, et Saigo se suicida l'année suivante. Cette mort, l'écrasement des rebelles, le triomphe des nouvelles idées furent la cause, le 14 mai 1878, de l'assassinat à Tokyo, par des gens de Kaga, du célèbre ministre de l'intérieur Okubo-toshimitsu. Les années suivantes furent marquées par la promulgation des codes pénal et criminel (1881), l'établissement de différents rouages administratifs et judiciaires, la fondation d'une nouvelle constitution (1889). SignaIons toutefois les visites au Japon de l'ancien président des États-Unis, Grant (1879), et celle du tsarévitch - le futur empereur Nicolas II -, qui faillit être assassiné à coups de sabre à Otsu, sur les bords du lac Biwa (1891). Encore des guerres La guerre sino-japonaise.
Entre-temps, la Chine Les auteurs de cette révolution étaient : Palk-keum-moun-youi, Kim-ok-kyoum, Saye-koum-pou, Hong-yeng-syetri. Ils paraissent avoir agi pour le compte des Japonais, mais le résultat fut contraire à leurs espérances, puisque ce furent les Chinois, qui, aidés du peuple, eurent le dessus. Les Japonais n'acceptèrent pas longtemps cette situation, Kim-ok-kyoum, réfugié au Japon, était induit par un de ses compatriotes, Hong-tjyong-ou à se rendre avec lui à Chang-haï; il fut assassiné dans cette ville, à coups de revolver, par son compatriote, qui déclara avoir agi par ordre du roi de Corée (28 mars 1894). Le corps de Kim-ok-kyoum, transporté en Corée, y fut coupé en huit morceaux, répartis entre les huit provinces du royaume. La guerre à laquelle le Japon se préparait depuis longtemps ne pouvait tarder à éclater. Avant même
la déclaration officielle de la guerre, les hostilités commencèrent.
Le 20 juillet le navire anglais Kowshing, capitaine Galsworthy, partait
de Takou, pour transporter des troupes à Asan, en Corée.
Il fut coulé près des îles Shup-sinto et, sur 1 500
hommes, 40 seulement, y compris le capitaine Galsworthy et le capitaine
allemand von Hannecken, furent sauvés. Les premières luttes
importantes eurent lieu sur terre : une première attaque, les 27
et 28 juillet, des Japonais sur les troupes chinoises fortifiées
à Asan, ne paraît pas avoir eu de résultats importants,
car les Japonais, sous la direction du général comte Yamagata,
s'engagèrent résolument sur la grande route qui conduit de
Séoul à Pékin D'autre part, le
comte Oyama quittait Hiroshima le 26 septembre et débarquait à
Ta-lien-ouan, au-dessus de Port-Arthur. Un troisième corps japonais,
suivant la côte depuis Wi-ju, était venu renforcer ses troupes
par terre. Déjà, les troupes, sous le commandement du maréchal
Yamagata et du général Nodzu, ont quitter Founghouang-tcheng,
et pris en grande partie la route de Moukden, capitale de la Mandchourie,
berceau de la famille régnante à Pékin
L'européanisation du costume au Japon, au début du XXe siècle. Le XXe
siècle.
Les années qui suivent vont être
marquée par un florissement économique d'ampleur exceptionnelle,
qui rend le Japon de plus en plus à même de rivaliser à
tous les points de vue avec les grandes puissances occidentales. Cela ne
fera aussi qu'accentuer ses visées expansionistes. Un plan d'expansion
militare (le plan Tanaka) est adopté dès 1927.
En 1931, le Japon envahit la Mandchourie
et place à sa tête un dirigeant fantoche, l'ancien empereur
de Chine Conduit à la capitulation le 2 septembre
1945,
après le bombardement à l'arme atomique des villes de Hiroshima
(6 août) et Nagasaki (9 août), décidé par le
président américain Truman qui a succédé depuis
peu à Roosevelt, le Japon est occupé par les troupes américaines
et administré jusqu'en 1951
par l'ancien commandant suprême des forces alliées dans le
pacifique, le général Mac Arthur. Réformé politiquement,
démocratisé, tout en restant une monarchie
dirigée par la même dynastie impériale, et peu à
peu reconstruit économiquement, le Japon continue ensuite sa route
sans à-coups majeurs, pour devenir (pacifiquement, désormais)
la grande puissance mondiale que l'on connaît aujourd'hui. (H.
Cordier / T.)
La plantation dans les rizières japonaises dans les années 1920. |
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