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La gravure
(du grec graphein, écrire, tracer) est l'art de tracer un
dessin
sur une matière dure. Après n'avoir offert pendant longtemps
qu'un intérêt secondaire, cet art a pris tout d'un coup une
grande importance, lorsqu'on eut appris à tirer des planches gravées,
par le moyen de l'impression, un nombre indéfini d'épreuves
ou estampes, auxquelles on donne également le nom de gravures. Toutes
les espèces de gravure se ramènent à trois : la Gravure
en creux, la Gravure en relief, et la Gravure en bas-relief.
Gravure
en creux.
La matière employée est
toujours un métal. On prit, à l'origine, de petites plaques
d'argent, quelquefois d'or, parce que la gravure ne servait qu'à
orner des bijoux. Mais lorsque Maso Finiguerra eut trouvé, en 1452,
le moyen de tirer épreuve d'une plaque qu'il avait gravée
pour l'église Saint-Jean à Florence ,
Mantegna,
Baccio Baldini,
Botticelli, Antoine Pollajuolo,
Francia, et d'autres artistes gravèrent sur des planches plus grandes,
avec l'intention de tirer des épreuves : depuis ce moment, on fit
usage d'un métal moins précieux, ordinairement le cuivre
rouge, et aussi le cuivre jaune, l'acier et l'étain. On grave en
creux de diverses manières, au burin, à l'eau-forte, au pointillé,
en manière de crayon, en mezzotinte, au lavis; il faut ajouter la
gravure de musique, la gravure mécanique, la gravure en typographie,
et la gravure héliographique.
La Gravure au burin ou taille-douce
est la plus ancienne et celle dont on obtient les plus beaux résultats.
II est rare qu'on emploie le burin seul; ordinairement on se contente de
terminer avec cet instrument le travail préparé avec l'eau-forte,
et les linges, les plumes, les parties les plus délicates des chairs
sont terminées avec la pointe sèche. Les tailles sont généralement
croisées, excepté dans les parties qui approchent des lumières;
graver avec un seul rang de tailles est une singularité ou un tour
de force. La manière dont les tailles sont croisées n'est
pas indifférente : elles sont en carré pour les pierres et
autres objets inflexibles, en losange pour les chairs ou les draperies.
Avec les tailles croisées, on doit tâcher d'en avoir une principale
qui soit placée dans le sens des muscles si c'est des chairs qu'on
grave, dans le sens des plis si ce sont des draperies, et, si c'est un
terrain ou un monument, dans le sens de sa plus grande longueur et suivant
la perspective. On ne multiplie le croisement des tailles que dans les
fonds et quelques parties d'ombre. Elles ne sont pas toujours de même
force, mais on les fait plus fines et plus déliées dans les
fonds et dans les demi-teintes, et souvent même, en approchant des
lumières, on les termine par quelques points qui ont l'air de prolonger
la taille. Dans les premiers plans, les travaux doivent être plus
larges; mais il faut éviter d'y placer des tailles qui choquent
l'oeil par leur épaisseur et qui laissent des blancs entre elles.
Au XIXe siècle,
les graveurs préparaient et avançaient beaucoup leurs travaux
à l'aide de l'eau-forte : mais, au XVe
siècle, ce moyen était inconnu; on en faisait encore peu
d'usage au XVIe, et, dans le XVIIe.
L'école française de gravure a commencé dans la seconde
moitié du XVIe siècle, avec
Jean Duvet, Étienne Delaulne, Noël Garnier, Nicolas Béatricet,
P. Voeiriot, Jacques Périsin, Tortorel et René Boivin. Sous
Henri
IV fleurirent Léonard Gaultier, Jacques
Androuet du Cerceau, Étienne Dupérac, Philippe Thomassin
et Thomas de Leu. Au temps de Louis XIII, Callot,
Lahelle,
Chaperon, Pérelle, brillèrent
d'un vif éclat. Pendant le règne de Louis
XIV, l'école française devint la première de l'Europe,
avec Poilly, Étienne Baudet, Pesne, Guill. Château, Claudine
Stella, Gérard, Audran, Édelinck,
Nanteuil,
Masson, Van Schuppen, etc. Sous Louis XV, Benoît
et Jean Audran, Nicolas Dorigny, Charles et Louis Simoneau, Gaspard Duchange,
Nic.-H. Tardieu, Alexis Loir, Louis Desplaces, soutinrent la gloire de
l'école, et après eux vinrent les deux Dupuis, Laurent Cars,
Philippe Lebas, les Drevet et les Balechou.
Les étrangers venaient alors en France apprendre à manier
le burin, par exemple, les allemands Wagner, Preisler, Schmidt et Wille,
les anglais Strange, Ingram et Ryland : l'Angleterre fit venir de France
Aliamet,
Lempereur et Vivarais. Mme de Pompadour donna
l'exemple d'abandonner les principes sévères de l'école,
pour faire du joli et de l'effet; mais Ant. Trouvain, les deux Chéreau,
Daullé, Larmessin, conservèrent les bonnes traditions.
A la fin du XVIIIe siècle, Saint-Aubin,
Avril,
Duplessis-Bertaux et Boissieu amènent
jusqu'à la grande école du XIXe,
formée d'après les inspirations de David, et qui a pour représentants
Bervic,
Desnoyers, Massart, Richomme, Henriquel Dupont, Sixdeniers, Lemaître,
Martinet, François, Blanchard, etc.
A la fin du XIXe siècle, on peut
aussi mentionner Toschi, Anderloni, Garavaglia et Mercuri en Italie, Sharp,
Wollett, Earlom et Green en Angleterre.
Pour la Gravure à l'eau-forte,
on prend une planche de cuivre ou d'acier, on la couvre d'un vernis inattaquable
aux acides, et, avec une pointe, on dessine en enlevant ce vernis, qu'on
a eu soin de noircir à la fumée d'un flambeau. Parmi les
artistes, les uns prennent. une pointe fine, les autres une échoppe
ou grosse pointe, dont Ie bout, en forme de triangle irrégulier,
sert à faire des pleins ou des déliés, suivant la
manière de tenir l'instrument. II en est qui varient la grosseur
de leur pointe, d'après la nature du travail qu'ils veulent faire.
Le travail de la pointe étant terminé, il reste à
faire mordre, ce qui consiste à verser sur la planche de l'eau-forte
ou acide nitrique mélangé d'eau, qui entame le métal
aux endroits ou la pointe l'a mis à découvert. On nomme eaux-fortes
de peintre les planches gravées ainsi d'une manière définitive,
et eaux-fortes de graveur celles où l'on a seulement préparé
un travail qui doit être terminé au burin. Pour graver sur
verre, on emploie l'acide fluorique au lieu d'eau-forte.
Les Italiens ont attribué à
François Mazzuoli, dit le Parmesan, l'invention de la gravure à
l'eau-forte; cet artiste est seulement le premier qui ait pratiqué
cet art en Italie (1530). Les Allemands ont revendiqué la découverte
pour Albrecht Dürer (1540). Mais il existe
au British Museum de Londres
une gravure allégorique et satirique de Wenceslas d'Olmütz,
où l'on trouve la date de 1496, et qui est, par conséquent,
antérieure aux compositions de Dürer et de Mazzuoli. Un certain
nombre de peintres ont gravé à l'eau-forte, entre autres,
Berghem,
Paul Potter, Swanevelt, Everdingen, Henri Roos, Rembrandt,
Annibal
Carrache, le Guide, Salvator Rosa, Castiglione,
Claude
Lorrain, Bourdon,
Coypel.
Parmi les graveurs qui employèrent à la fois le burin et
l'eau-forte, on remarque
Gérard Audran,
qui a porté ce procédé à la perfection, Chasteau,
Hollar, Desplaces, Duchange, Le Bas, Vivarais, Marc-Antoine Raimondi, les
Ghisi, Longhi, Bartolozzi. Quelques-uns ne se sont servis du burin que
pour reprendre des parties qui n'avaient pas mordu à l'eau-forte;
tels sont Bartoli, La Belle, Callot, Abraham
Bosse, Sylvestre, Chauveau, Le Potre, Leclerc, Morin, Pérelle, Périer,
Wagner. Le meilleur graveur à l'eau-forte de de la deuximième
moitié du XIXe siècle est
Charles Jacque.
La Gravure au pointillé n'emploie
pas les tailles, mais des points disposés par séries.
On les obtient par l'eau-forte, le burin donne ensuite l'empâtement
nécessaire aux ombres et aux demi-teintes, et la roulette
fond ces dernières avec les lumières. Les plus anciennes
estampes au pointillé, d'origine hollandaise, datent du commencement
du XVIIe siècle, et présentent
un assemblage de points ordinairement triangulaires et d'une grosseur inégale.
Morin et Boulanger ont gravé de cette manière plusieurs portraits
et des sujets historiques. A la fin du XVIIIe
siècle, Bartolozzi mit le pointillé à la mode, particulièrement
en Angleterre, et l'on vit se répandre une énorme quantité
de mauvais ouvrages, surtout des scènes domestiques et sentimentales.
Au XIXe siècle, Hopwood a
fait des portraits d'un beau fini et d'un joli effet.
La Gravure au maillet est une variété
de la gravure au pointillé : les pointes avec lesquelles on
fait les points sont enfoncées dans le métal à l'aide
d'un petit maillet. Lutma est presque le seul artiste qui ait opéré
ainsi, et il n'a laissé que quatre têtes ou portraits
dans ce genre.
La Gravure en manière de crayon
a été inventée en 1756 par François et Demarteau,
graveurs parisiens. Pour imiter l'irrégularité d'un crayon
passé sur les grains du papier, on prend une planche de cuivre vernie;
on emploie, au lieu de la pointe ordinaire, une pointe divisée en
plusieurs parties inégales, et on trace ainsi les contours; puis
on imite les hachures soit avec ces pointes, soit avec des roulettes qui
présentent également à leur circonférence des
aspérités inégales. Cette manière de graver,
qui était surtout en usage pour l'exécution des modèles
destinés aux écoles de dessin, est remplacée aujourd'hui
avec avantage par la lithographie.
La Gravure en mezzotinte ou à
la manière noire, dont l'invention est, à tort, généralement
attribuée à Louis Siegen, lieutenant-colonel au service du
landgrave de Hesse-Cassel ,
vers 1643, remonte à 1601, et appartient à François
Aspruck, graveur tout à fait inconnu, et dont il existe à
la Bibliothèque nationale de Paris
plusieurs planches datées. Les procédés en ont été
bien perfectionnés depuis. On prend un cuivre ordinairement jaune,
plané avec grand soin; on y fait faire le grain par un ouvrier au
moyen d'un berceau, large ciseau dont le bout, fait en portion de cercle,
est strié et présente des pointes très aiguës.
L'ouvrier, en berçant sa main, fait entrer ces pointes dans la planche.
II passe le berceau successivement par bandes parallèles sur la
hauteur, puis sur la largeur, et ensuite par chaque diagonale, en recommençant
jusqu'à vingt fois de chaque côté. L'épreuve
qu'on tire alors donne un noir parfait. Puis, le graveur, ayant décalqué
son dessin sur le cuivre, prend un racloir, lame aiguisée des deux
côtés, avec laquelle il abat le grain de la planche, d'abord
en entier dans toutes les parties claires, ensuite plus légèrement
dans les demi-teintes et les parties plus ou moins ombrées. On emploie
aussi, au lieu du racloir, un ébarboir, barreau d'acier à
trois ou quatre faces, dont les angles moins aigus font un travail plus
doux. Mais, en tout cas, le racloir ne saillit pas dans les clairs purs,
parce qu'il peut occasionner quelques légères rayures; on
les efface au moyen du brunissoir, instrument d'acier très poli.
Cette manière d'opérer est le contraire de la gravure ordinaire:
car la pointe ou le burin semble faire l'effet d'un crayon noir sur un
papier blanc, tandis que le racloir produit celui d'un crayon blanc sur
du papier de couleur. La gravure à la manière noire est plus
prompte et plus expéditive que l'eau-forte et le burin; elle est
susceptible de grands effets à cause de l'obscurité qu'elle
laisse dans les masses; mais elle manque de fermeté et de hardiesse,
ainsi que de finesse, par suite de l'espèce de velouté produit
par le grain. Vaillant est à peu près le seul artiste français
qui ait employé la gravure à la manière noire sous
le règne de Louis XIV; on trouve ensuite
Leblond sous Louis XV, et, au XIXe
siècle, Jazet. Les Anglais y excellent : il n'est pas de graveur
plus remarquable que Martin et Thomas Landseer, également du XIXe
siècle.
La Gravure au lavis ou aqua-tinta
imite les dessins au lavis faits à l'encre de Chine, au bistre ou
à la sépia. Elle produit à peu près les mêmes
effets que la mezzo-tinto; mais, comme la gravure à l'eau-forte,
elle s'exécute au moyen d'une action : on grave d'abord à
l'eau-forte les contours de la figure; on couvre ensuite d'un vernis noir
impénétrable à l'acide nitrique les parties de la
planche où il ne doit y avoir ni trait ni ombre. Puis on saupoudre
la planche de colophane réduite en poudre très fine, et on
l'expose à une chaleur ardente jusqu'à ce que la résine
soit fondue. Par ce moyen, il se forme, entre les molécules de la
colophane, de petits espaces par lesquels l'acide nitrique peut s'insinuer
et mordre. L'acide est alors versé sur la planche, et on l'y laisse
cinq minutes, temps suffisant pour les ombres faibles. On couvre ces ombres
faibles avec du vernis, et on fait agir l'acide une seconde fois, et ainsi
de suite jusqu'à ce que les ombres les plus fortes soient tracées
à leur tour. Telle est la méthode pour les sujets d'histoire
et d'architecture. Pour le paysage, on emploie un autre procédé,
qui consiste à étendre sur la planche un bon vernis de graveur;
puis on recouvre au pinceau toutes les parties qui doivent être gravées,
avec un mélange d'huile d'olive, d'essence de térébenthine
et de noir de fumée. Ce mélange amollit le vernis, qui peut
être enlevé avec un linge fin, en laissant paraître
sur le cuivre les marques faites avec le pinceau. Alors on agit, comme
dans le premier procédé, à l'aide de la colophane,
et on répète l'opération plusieurs fois, suivant qu'on
veut obtenir des teintes plus ou moins foncées. La gravure su lavis
a été inventée en 1660 par Hercule Zeghars, ou en
1762 par Fr.- Phil. Charpentier, graveur de Paris. D'autres l'attribuent
à Leprince.
La Gravure sur pierre s'exécute
sur pierre lithographique; elle a été imaginée vers
18 ; c'est un procédé qui a son avantage pour la facilité
du travail, mais il ne réussit bien que pour le dessin au trait,
ou le dessin topographique ou géographique; il ne souffre pas de
médiocrité; aussi, en général, ce genre de
gravure est sec et froid, comparé à la gravure sur
cuivre ou sur acier.
Pour la Gravure de musique, on s'est
servi d'abord de planches en cuivre, puis en étain et en zinc. Bien
qu'on emploie le burin pour quelques parties, presque tout le travail se
fait au moyen de poinçons qu'on frappe avec un marteau. S'il y a
des paroles à graver, c'est par là que l'on commence, et
c'est l'affaire du graveur en taille-douce. C'est au commencement du XVIIIe
siècle qu'on se mit à graver la musique, qui était
précédemment imprimée. L'idée en est attribuée
au compositeur allemand G.-Ph. Telemann.
On a imaginé, au XIXe
siècle,
diverses Machines à graver. Celle de Conté sert à
faire avec une très grande régularité des séries
de lignes parallèles, également espacées, comme cela
est nécessaire pour les ciels des grandes gravures. Elle se compose
essentiellement d'une règle ou d'un cylindre portant des ondulations
que l'on fait mouvoir au moyen d'une vis de rappel parfaitement régulière,
et d'une pointe qui trace une ligne le long de cette règle ou de
ce cylindre. La machine de Collas sert à reproduire, gravés
en taille-douce, sur une planche d'acier ou de cuivre, les effets de relief
ou d'enfoncement d'une médaille, d'un bas-relief.
La Gravure en typographie comprend
toutes les opérations à l'aide desquelles se font les poinçons
d'acier servant à frapper les matrices employées pour couler
les caractères d'imprimerie. Elle est très importante; car
de la bonté et de la beauté de ce qu'elle produit dépendent
les succès du fondeur et de l'imprimeur.
La Gravure héliographique
s'exécute sur acier et sur verre. Après avoir obtenu, sur
une plaque enduite d'un vernis de benzine, d'essence de zeste de citron
et de bitume de Judée, une bonne image à l'aide de la chambre
obscure, on la place dans une botte semblable à celle qui sert à
passer la plaque daguerrienne au mercure. Dans le fond de cette boîte,
que l'on ferme hermétiquement, est une capsule de porcelaine contenant
de l'essence de spic pure, que l'on chauffe très fort avec une lampe
à alcool. La plaque étant bien séchée à
l'air, on la fait mordre par l'eau-forte.
Gravure
en relief.
Cette manière de graver, plus longue
et plus difficile que la gravure en creux, est aussi moins ancienne; on
croit que les Chinois la pratiquaient dans le XIe
siècle. Mais, comme l'impression en est plus simple et plus facile,
c'est d'elle qu'on a tiré des épreuves en premier. La gravure
en relief s'exécute ordinairement sur du bois, mais aussi quelquefois
sur cuivre jaune et sur acier. Au XIIIe
siècle on exécutait en Allemagne des cartes géographiques
gravées en relief sur bois .
La gravure en relief sur cuivre et sur
acier sert à exécuter les estampilles, les poinçons,
les vignettes employées dans la fabrication des actions des compagnies
industrielles; les ornements que les relieurs placent sur le dos ou le
plat des livres, etc. On grave sur bois à une ou à plusieurs
tailles. Pour graver à une seule taille, le buis est le plus généralement
employé. On prend aussi du poirier
pour les sujets de grande dimension, ou quand le travail n'exige aucune
finesse, comme pour la fabrication de l'indienne ou du papier peint. Lorsque
la planche est bien dressée et polie, on la couvre d'une légère
couche de blanc de céruse ou de zinc délayée avec
de l'eau gommée et un peu d'alun : le dessinateur trace alors avec
un crayon dur la composition qu'il veut publier, et tout le travail du
graveur se borne à enlever les parties du bois restées blanches,
et à laisser en saillie les traits et les hachures que l'artiste
a dessinés et qui deviennent alors autant de tailles. Dans la gravure
en creux, le sillon du burin ou de la pointe doit être rempli d'encre
et produire les traits aperçus sur l'épreuve; dans la gravure
en relief, ce qu'on enlève est la partie qui ne doit pas laisser
de trace sur le papier, et on épargne les tailles qui doivent marquer
à l'impression : de là vient le nom de gravure en taille
d'épargne que l'on donne à la gravure en relief.
Autrefois, les graveurs sur bois étaient
appelés tailleurs de bois, et on donnait le nom de taille à
la planche taillée ou gravée. Aussi, quand on parle de gravure
à plusieurs tailles, il ne s'agit pas du nombre des hachures ni
de leur croisement, mais des tailles ou planches diverses qu'on emploie
pour graver en couleur. La gravure à plusieurs tailles est aussi
connue sous les dénominations de gravure en camaïeu
et de gravure en clair-obscur.
La gravure sur bois offrit à peine,
à l'origine, les caractères d'un art : elle servit à
tailler des sceaux économiques, des lettres en relief, dont les
scribes et enlumineurs faisaient usage pour imprimer les majuscules. On
a des preuves que cette coutume s'établit dès le XIIe
siècle. La plus ancienne mention d'un graveur en bois que l'on ait
découverte jusqu'ici se trouve dans un obituaire
des Franciscains, à Nordlingen,
lequel s'arrête au commencement du XVe
siècle: ce graveur se nommait Fr.-H. Luger, et était Iaïc.
Par conséquent, les Allemands sont aussi peu fondés à
réclamer l'invention de la gravure sur bois pour Ulrich Vilgrim
que les Italiens pour Ugo da Carpi. Au XVe
siècle, l'art de tailler le bois pour en obtenir des estampes se
répandit des monastères dans
le monde séculier : de nombreux ateliers fonctionnèrent à
Ulm, Nuremberg ,
Augsbourg ,
etc., et fournirent d'images l'Italie, la France et les Pays-Bas. En même
temps que l'imprimerie substituait les livres aux manuscrits, la gravure
se substituait à la peinture en miniature. Dans les estampes de
ce temps, les figures, aussi bien que les fonds, les terrains, les arbres,
les édifices, sont encore faits au trait, à peine ombrés
de quelques hachures, et propres à recevoir une enluminure : c'est
l'art dans son enfance, avec sa naïveté, sa grâce quelquefois,
mais aussi avec ses incorrections, son ignorance de la perspective et du
clair-obscur, son peu d'habileté mécanique.
Mais le perfectionnement de l'exécution
artistique ne tarda pas à être sensible : pendant tout le
XVe siècle, l'art de graver sur
bois fit des progrès continus; Albert Dürer et ses élèves
lui donnèrent le plus grand éclat qu'il ait jamais atteint
avec l'ancienne école. Parmi les graveurs français, on cite
Tollat, Raefé, Pierre Voeiriot, Noël Garnier, Bernard Salomon
dit le petit Bernard, Jean Le Maître, Moni, Georges Mathieu, Cruche,
et les célèbres Jean Cousin.
Puis, la gravure en relief pencha peu à peu vers son déclin,
en jetant sur les Pays-Bas, pendant la seconde moitié du XVIe
siècle, les derniers rayons de sa splendeur. On remarqua, sous Henri
IV, Leclerc et Pierre Rochienne, et, sous Louis
XIII, Étienne Duval et Palliot.
La décadence, un moment suspendue
par Rubens, devint plus rapide après la
mort de cet illustre artiste, et, pendant le XVIIIe
siècle, ce fut un art presque abandonné. La France seule
le cultiva d'une manière assez brillante pour prouver qu'il ne périrait
point ; deux familles se distinguèrent principalement à cette
époque, les Papillon et les Lesueur; auprès d'elles une foule
d'artistes secondaires ornèrent les livres de frontispices, de vignettes,
de fleurons, et même exécutèrent de grandes planches.
A la fin du siècle, si l'on excepte Godard d'Alençon ,
l'école française faiblit à son tour. Mais l'oeuvre
fut alors reprise et continuée par l'Angleterre ,
dont les artistes, de 1800 à 1825, furent les seuls en Europe capables
de graver avec goût : on doit mentionner Thomas Bewick, Th. Hood,
Harvey, Sears, Tabagg, Branstone, Clennell, Nesbitt, Thompson, etc. Ils
substituèrent la gravure sur bois debout et au burin à la
gravure sur bois de fil et au canif.
En France, la gravure sur bois ne s'était
conservée qu'en province, à Épinal, par exemple, où
on l'employait pour illustrer de rudes empreintes les livres populaires,
et confectionner ces images grossières qui tapissaient les cabarets
et les chaumières. A Paris ,
quelques fleurons et culs-de-lampe étaient exécutés
pour les publications de luxe par Best, Andrew, Leloir et Brevière.
Le succès que le Penny Magazine, le Saturday Magazine et autres
recueils illustrés, vendus à bas prix, obtenaient en Angleterre,
donna l'idée de créer en France le Magasin pittoresque en
1833. Les fondateurs de l'entreprise, Charton et Lachevardière,
s'associèrent Best, Andrew et Leloir; une nombreuse école
de graveurs se forma sous leur direction, et, après quelques années
laborieuses et pénibles, le Magasin pittoresque a publié
de véritables chefs-d'oeuvre de gravure, bien supérieurs
à tout ce qui se fait en Angleterre. Parmi les artistes qui se firent
un nom, on distingue Belhatte, Cherrier, Chevauchet, les deux Lacoste,
Maurisset, Porret, Rouget, Tellier.
L'Illustration et le Monde illustré
donnent
ensuite, avec une étonnante rapidité, des gravures considérables
comme étendue et comme valeur. Nous citerons encore l'Histoire
des peintres de toutes les écoles, publiée par Charles
Blanc, et pour laquelle Dujardin, Gusman, Carbonneau, Dupré, Gauchard,
Trichon, Ligny, Quartiey, Timms, Whitehead, Pannemaker, etc., ont gravé
les tableaux des grands maîtres, d'après les dessins de Cabasson,
Pâquier, Hadamard, Bocourt, Freeman, Beaucé, Gaguiet, Marvy,
Daubigny,
etc. L'Histoire de la Touraine ,
publiée par Mame, les Galeries de l'Europe, l'Imitation de Jésus-Christ,
rivalisent avec l'Histoire des peintres.
Gravure
bas-relief.
C'est moins un genre de gravure qu'une
espèce particulière de ciselure
et de sculpture. Ella comprend la gravure de médailles et la gravure
sur pierres fines ( Glyptique).. |
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Ecoles de Gravure.
École
italienne.
Les premiers graveurs italiens furent
des dessinateurs originaux, qui reproduisaient par Ie burin leurs propres
conceptions, tels que Botticelli, Andrea
Mantegna, Pollajuolo; ils le firent avec une correction
et une fermeté de dessin admirables. Mais à partir de Marc-Antoine
Raimondi, l'école des graveurs sur métal se consacre à
populariser les oeuvres des grands peintres, ce qui la mit dans une excellente
condition de progrès. Raimondi, élève de Raphaël,
a reproduit, sous sa direction, les dessins des cartons de son maître,
et a contribué à les populariser. Il est demeuré chef
d'école, et a laissé de nombreux élèves, Augustin
de Venise ,
Marc de Ravenne, Vico de Parme, Buonasone de Bologne, les Ghisi, etc.,
remarquables par un dessin généralement correct, un burin
précis, serré, mais sec. Ugo da Carpi
parvint à donner trois et quatre tons à la gravure en carreler.
Volpato, Raphaël Morghen, malgré leur réputation, furent
des graveurs monotones, qui ne surent pas prendre le caractère de
leurs modèles, et portèrent partout une manière brillante
et molle, la même pour traduire le Corrége
et Nicolas Poussin. Ils ont dû leurs succès
à l'heureux choix des modèles d'après lesquels ils
ont travaillé. Les Muller, malgré leur origine germanique,
ap partiennent à l'école italienne ; la Vierge à chaise
de J. Godard Muller, et la Vierge de Sixte V de Guillaume Muller, sont
des oeuvres estimables.
Au XIXe
siècle, l'École italienne suit les traditions de l'École
française : elle en a la facilité et le brillant. Nous citerons,
parmi ses graveurs les plus remarquables, Toschi, auteur de l'Entrée
d'Henri IV à Paris, d'après Gérard; Mercuri, à
qui l'on doit les Moissonneurs dans les marais Pontins, d'après
Léopold
Robert; Calamatta, qui a gravé le
Voeu
de Louis XIII, d'après Ingres,
etc.
Ecole
française.
Elle est originaire d'Italie. Nous ne
dirons qu'un mot de Noël Garnier et de Jean Duvet, malgré le
mérite de ce dernier; mais on ne saurait reconnaltre dans Duvet,
dessinateur fougueux et confus de l'Apocalypse ,
le génie caractéristique de la nation. Étienne
de Laulne, Androuet du Cerceau, sont de véritables dessinateurs
français : l'un et l'autre ont eu le génie de la grâce.
Rien de curieux pour l'histoire du temps, pour en connaître les moeurs
et les traits caractéristiques, comme le recueil de pièces
historiques dû à Tortorel et à Périssim, et
les estampes de Woëriot, de Thomas de Leu, de Léonard Gaultier.
Dans ce premier âge de la gravure française, qui s'étend
jusqu'au commencement du XVIIe siècle,
l'estampe se recommande moins par le mérite de l'artiste que par
l'intérêt du sujet. Cette observation est encore vraie appliquée
à Abraham Bosse; son oeuvre si vaste renferme sur l'époque
de Louis XIII, la vie domestique du temps,
moeurs, habillement, meubles, etc., des documents pleins d'intérêt.
Callot a une place à part; il est
le premier grand graveur français, par l'esprit, l'entrain, la sagacité
mordante, le bon sens sceptique et gouailleur. Il a manié la pointe
avec une dextérité inimitable. Une eau-forte de Callot
se reconnaît au premier coup d'oeil entre toutes les gravures du
monde. Mais Callot est une individualité plus remarquable
par sa propre originalité que par son influence sur la marche et
les destinées de l'art. En France cette influence fut peu sensible.
En Italie elle fit naître quelques imitateurs, tels que Ceanta Gallina,
Cantarini, Della Bella (La Belle). Cependant la France, le pays des artistes,
penseurs et philosophes, un pays où l'art n'est pas pittoresque
où les peintres mettent dans leurs productions plus d'idées
que de dessin, et plus de dessin que de couleur, devait voir tôt
ou tard la gravure briller d'un vif et durable éclat. Cette
supériorité commence avec Nicolas Poussin,
dont les ouvrages prêtaient tant à la gravure, et qu'elle
a reproduits d'une manière très remarquable. Étienne
Baudet, Guillaume Château, les Stella, Jean Pesne surtout, sans égaler
comme éclat de burin, comme science de l'outil, les interprètes
de Rubens, ne leur sont pas inférieurs
sous le rapport de la fidélité et du sentiment.
Nous entrons alors dans le second âge
de la gravure française. Les Poilly, Edelinck, Nanteuil, Masson,
Van Schuppen, élève de Nanteuil, Pierre Drevet, élève
de Masson, portent l'art à une hauteur dont le nom de Gérard
Audran marque le point extrême. On ne se lasse pas d'admirer
dans les portraits et les grands sujets traités par ces maîtres
la correction du dessin, l'habile distribution de la lumière, l'adresse
avec laquelle le même instrument fait reconnaître l'éclat
du métal, la fermeté des chairs, le scintillement de l'eau,
la transparence de la dentelle, la douceur de l'hermine et le degré
de verité et de finesse d'une étoffe. A Le
Brun revient une bonne part dans ce progrès. En possession de
la direction de toutes les branches de l'art, il n'épargna pas les
conseils à Gérard Audran, et celui-ci les mit à profit
avec tant d'intelligence, qu'en interprétant Le Brun il sut l'égaler,
et rendre quelquefois même sa traduction supérieure à
l'original. Les Batailles d'Alexandre, les plafonds de Versailles ,
presque toutes les pièces gravées pour le Cabinet du roi,
se recommandent par la fermeté brillante de l'exécution et
la largeur du style.
A partir de Gérard
Audran, le sceptre de la gravure appartient à la France. Ce
sont d'abord les élèves de Gérard : Benoist et Jean
Audran, Nicolas Dorigny, Charles et Louis Simoneau, Gaspard Duchange, Alexis
Loir, Louis Desplaces, Nicolas-Henri Tardieu; viennent ensuite les élèves
de Tardieu, Laurent Cars et Philippe Le Bas; ceux de Le Bas, Alliamet,
Cochin,
Wille, et puis Bervic, l'élève de Wille; Boucher-Desnoyers,
l'élève de Bervic; Alexandre Tardieu, Henriquel-Dupont, élèves
de Desnoyers. Ainsi, de Gérard Audran jusqu'à nos jours,
les saines doctrines, par leur transmission, en maintenant la supériorité
de la France, lui ont assué le glorieux patronage qu'elle continue
à exercer auprès des Écoles étrangères.
On a recherché dans leur temps, et on recherche encore, les productions
de Bernard Picard, de Larmessin, de Dupuis, de Daullé, de Beauvarlet,
de Leprince, de Balechou, de Flipart, de Ficquet, de Saint-Aubin, etc.,
avec autant d'empressement que celles des graveurs que nous avons précédemment
nommés.
Pratiqué par ces maîtres habiles,
l'art du XVIIIe siècle fut exprimé
avec ses qualités séduisantes et ses défauts. La gravure
arrive vers la fin du siècle à une véritable originalité
dans la vignette; l'artiste préfère souvent le burin au pinceau.
Mais l'art, dans ce badinage, perd chaque jour sous le rapport de la force
et du style.
Avec le peintre David, il se relève
enfin ; on entre dans une manière large et sévère.
Toutefois, il ne faudrait pas attribuer à David une action directe
sur la gravure; l'influence fut tout à fait indirecte. L'art ramené
à d'autres idées y ramena naturellement le goût et
la pensée des graveurs. Bervic devint un admirateur passionné
des bas-reliefs
du Parthénon .
On pouvait lui reprocher, ainsi qu'à son maître Wille, l'exagération
du procédé, l'affectation de la science et de la dextérité
de l'outil; une étude des graveurs du XVIIe
siècle, alors plus assidue que celle des maîtres dont ils
avaient à interpréter l'oeuvre. Leurs élèves,
avec moins de talent quelquefois, ont fait preuve de plus de modération
consciencieuse. Tardieu, Boucher-Desnoyers, ont laissé un grand
nombre de productions très distinguées, et quelques-unes
capables de supporter la comparaison avec les chefs-doeuvre de l'art qui
les avaient devancés. Nous avons encore aujourd'hui de dignes héritiers
de leurs doctrines, et la main mourante de Desnoyers a passé à
Henriquel-Dupont ce sceptre de la gravure dont la France est en possession
depuis deux cents ans.
École
allemande.
Son caractère peut se résumer
en deux mots : idéal et matérialisme. Le sentiment exquis
de la beauté manque au vieux génie allemand. Albert Dürer
est la personnification la plus complète de l'art de son pays; toute
l'école allemande procède de lui, particulièrement
Aldegrever et Hans Scheuffalen. Bientôt l'école d'Allemagne
fut absorbée par celle d'Italie, et ne compta plus, au XVIe
siècle, que des imitateurs de Marc-Antoine Raimondi. Au XIXe
siècle, l'École allemande s'est attachée à
rendre la pureté des conteurs et la ligne, plus que l'effet pittoresque.
On cite parmi ses graveurs les plus distingués Merz, Felsing, Steinla,
Joseph et François Zeller. Le dernier a obtenu la médaille
d'or à l'Exposition des beaux-arts, en 1859, pour une belle planche
de la Dispute du St-Sacrement, d'après Raphaël.
Ecole
anglaise.
Les graveurs ont commencé par marcher
dans la voie de tout le monde, aux XVIe
et XVIIe siècles : Strange imita
Laurent Cars; Vivarès et Woolet prennent la manière de Le
Bas; mais les uns et les autres surpassent leurs maîitres, et Woolet,
dans le maniement de l'outil, a fait de vrais tours de force. Les Anglais
ont, en général, perfectionné les procédés
et produit des oeuvres remarquables, surtout dans la gravure en manière
noire. Un de leurs perfectionnements, dû à Conseil, est l'alliance
de la manière noire et de la taille douce. Néanmoins on compte
aussi chez eux d'excellents burinistes, et Raynbach, entre autres, s'est
fait une juste réputation par ses tailles-douces d'après
Wilkie, surtout le Colin-Maillard. L'École anglaise réussit
beaucoup dans les gravures d'animaux, et les planches de Landseer vont,
en ce genre, des chefs-d'oeuvre. Le grand style ne s'accorde pas avec la
nature des Anglais; ils tombent alors dans le roide et le théâtral.
Ecole
des Pays-Bas.
Le créateur de celle école
est Lucas de Leyde. II mit dans les estampes le clair-obscur et la couleur
au moyen d'une distribution profondément sentie de la lumière.
Les autres graveurs de cette école ont plus de métier que
de goût et d'invention : Corneille Cort, interprète de Titien,
manque de sentiment, et Jean Muller, fleuri Goltzius et toute son école,
ainsi que celle des Sadeler, se distinguent par la vigueur et la hardiesse
du burin, bien plus que par un vrai sentiment de l'art. - Rubens
a créé une véritable école de gravure : il
forma lui-même des graveurs, les dirigea, leur apprit à s'inspirer,
avant tout, de l'oeuvre qu' ils devaient reproduire par leur burin, et
à mettre de la couleur dans leur travail; aussi, aucun oeuvre n'a
été mieux gravé que le sien. Ses élèves,
Vosterman, Pierre Souteman, Pontius, Bolswert, ont été d'éminents
graveurs, et jamais le burin n'a eu plus d'éclat, ni rencontré
plus de ressources. Cependant Rembrandt fut un homme à part; il
illustra un procédé de gravure à l'eau-forte, qui
lui est particulier, et où il est resté supérieur
à tous ses imitateurs. Nul n'a mieux compris, ni mieux rendu les
oppositions d'ombre et de lumière. Ses défauts sont la vulgarité
jusqu'au trivial, et l'absence absolue du sentiment de la beauté.
Néanmoins, il est resté le plus grand coloriste de l'École
flamande, qui, depuis lui, n'a pas produit un graveur digne de prendre
rang parmi les maîtres. (B.).
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En
bibliothèque - Humbert,
Abrégé historique de l'origine et des progrès de la
gravure et des estampes en bois et en taille-douce, Berlin, 1759, in-8°;
Fournier, Dissertation sur l'origine et les progrès de l'art
de graver en bois, Paris, 1758, in-8°; Abr. Bosse, Traité
de la gravure à l'eau-forte et au burin, Paris, 1758; Traité
de la gravure en bois par Papillon, Paris, 1766, et par Jackson, Londres,
1839; Jansen, Essai sur l'origine de la gravure en bois et en taille-douce,
Paris, 1808, 2 vol. in-8°; Deleschamps, Des mordants des vernis
et des planches dans l'art du graveur, ou Traité complet de la gravure,
1830, in-8°; Léon de Laborde, Histoire
de la gravure en manière noire, 1839, in-8°; J. Renouvier,
Des
types et des manières des maîtres graveurs, pour servir à
l'histoire de la gravure, Montpellier,1856, in-4°; Passavant,
Le
peintre-graveur, contenant l'histoire de la gravure sur bois, sur métal
et au burin, jusque vers la fin du XVIe siècle, Leipzig, 1860,
2 vol. in-8°; J. Renouvier, Histoire de l'origine et des progrès
de la gravure dans les Pays-Bas et en Allemagne jusqu'à la fin du
XVe siècle, Bruxelles, 1860, in-8°; Enciclopedia metodica
delle belle arti,
par l'abbé Pierre Zani, Parme, 1819 (la première
partie, donnant la table des noms propres, renferme 19 volumes in-8°;
la seconde, inachevée, présentant la liste des sujets) est
en 9 vol. in-8°; Künstler Lexicon, par Nagler, Munich, 1835, 22
vol. in-8°; le Peintre graveur,
par Bortsch, Vienne, 1818, 21
vol. in-8°; le Supplément, par Veigel, 1 vol. in-8°;
le Dictionnaire des Graveurs, de Strutt, en anglais, Londres, 1785,
2 vol. in-4°; le Dictionnaire des monogrammes, par Brulliot,
3 vol. in-4°, Munich, 1832-33-34; le Manuel des curieux et des amateurs
de l'art, ou Notice des graveurs et de leurs principaux ouvrages,
Zurich, 1797-1808, 9 vol. in-8°, par Huber et Rost, etc.; le Peintre
graveur français, par Robert Duménil, 8 vol. in-8°,
1835-1850; l'Histoire de la gravure française, de M Georges
Duplessis, ouvrage couronné par l'Académie des beaux-arts,
en 1861, 1 vol, in-8°, etc.; le Discours historique sur la gravure,
d'Emeric David; les excellents articles sur l'Histoire de la gravure,
publiés par M. Henri Delaborde dans la Revue des Deux Mondes,
sont précieux à consulter : conçus à un point
de vue élevé, ils abondent en vues ingénieuses et
profondes. |
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