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Madrid
Madrid, Mantua Carpetanorum, puis Majoritum et Madritum, est la capitale de l'Espagne, au centre du pays, sur la rive gauche du Manzanares, à 1400 km au Sud-Sud-Ouest de Paris; 3,2 millions d'habitants (agglomération : 5,5 millions). Madrid est le siège du gouvernement, des Cortès législatives (Parlement) et des administrations centrales. Université, qui était précédemment à Alcala de Hénarès. Rues larges, régulières; les plus belles sont celles d'Alcala qui est plantée d'arbres, d'Atocha, de San-Bernardino, de Toledo, de Fuencarral); des dizaines de places (entre autres la Plaza Mayor, bâtie par Philippe III, la Puerta del Sol, et celle du Palais-Royal).
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Madrid.
Madrid en 1854, par Alfred Guesdon.

Le climat de Madrid semble avoir été encore au XVIe siècle sain et agréable. Le déboisement des environs l'a rendu sujet à de brusques variations. L'été, la chaleur y est accablante; en hiver, le froid est rendu plus pénible par le vent du Nord, venu des montagnes.

"L'air y est si subtil, dit un proverbe espagnol, qu'il tue un homme et n'éteint pas une lumière."
Parmi les monuments intéressants, on peut citer le Palais royal, bâti de 1737 à 1764, sur les plans de Sachetti; le Cason del Buen Retiro, le palais des Conseils, la Moncloa (présidence du gouvernement), l'hôtel des postes, le pont de Ségovie sur le Manzanares, l'arc-de-triomphe d'Alcala; l'église San Francisco el Grande du XVIIIe siècle, devenue Panthéon national; le beau parc de Madrid, établi sur les anciens jardins du Buen Retiro créés par Philippe IV et la promenade du Prado, qui est, le soir, un des rendez-vous préféré des promeneurs; la Puerta del Sol, déjà nommée, place où se croisent les principales artères de la capitale et toujours fort animée; surtout le musée du Prado, qui renferme une riche collection de tableaux des meilleurs maîtres espagnols, italiens, français et flamands. Ajoutons que la bibliothèque royale est une des plus riches de l'Europe.

Madrid est fort animée, mais les fêtes populaires et religieuses qui s'y succédaient jadis ont disparu ou perdu depuis longtemps de leur éclat; le peuple se passionne, cependant, pour les courses de taureaux, le football. Les théâtres, fort nombreux, sont très fréquentés.
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Madrid : Puerta del Sol.
La Puerta del Sol, à Madrid, sur une ancienne photographie.

On ne sait rien de précis sur la fondation de Madrid, et rien ne prouve que la ville existât au temps des Romains, même si l'on pense que ce pouvait être déjà un village. Nommée Magerit par les Arabes, Madrid fut conquise, en 939, par Ramiro II, qui ne put s'y maintenir, puis définitivement en 1083, par Alphonse VI, qui lui accorda des fueros. Des Cortès y furent tenues au XIVe s. Henri III, roi de Castille, la répara et l'agrandit vers 1400. Un concile en 1473. Mais la situation peu sûre de la ville en éloigna longtemps les rois. Charles-Quint alla s'y établir, et c'est à Madrid que fut détenu François Ier, et que fut signé entre les deux souverains le Traité qui porte le nom de cette ville. 

Le Traité de Madrid. - Ce traité, signé le 14 janvier 1526, mit fin à la première guerre de François Ier et de Charles-Quint. Après Pavie, François Ier fut emmené prisonnier en Italie, puis au château de Madrid, où il tomba gravement malade. Pendant ce temps, Louise de Savoie entamait des négociations que l'impatience du roi de France finit par faire aboutir. François Ier cédait à Charles la Bourgogne, sous la réserve de l'hommage, renonçait à Naples, Milan, Gênes, à la suzeraineté de la Flandre et l'Artois, réintégrait dans ses biens le connétable de Bourbon et promettait d'épouser la soeur de l'empereur, reine douairière du Portugal. Il devait, de plus, livrer ses deux fils en otage. Il obtint à ce prix sa liberté et retourna en France. Son premier acte fut de désavouer le traité, comme entaché de violence. Les députés de la Bourgogne protestèrent, aux états de Cognac, contre l'aliénation de leur province, et, comme Charles-Quint s'indignait du manque de foi de François Ier, celui-ci répondit qu'il en avait "menti par la gorge", et le provoqua en champ clos.
Armes de Madrid.
Armes de Madrid.
Philippe II, en 1560, désireux de faire oublier les capitales des anciens royaumes de la Péninsule, en fit sa seule capitale. Madrid devint aussitôt le centre intellectuel et artistique de l'Espagne, et c'est là que Cervantes, Lope de Vega, Calderon, Quevedo, Moratin, Velazquez produisirent leurs chefs-d'œuvre.
Madrid.
Plan de Madrid vers 1900. : 1. Palais royal et musée Armeria. -2. Cathédrale. -3. Hôtel de Ville (Casa de Ayuntamiento). - 4. Sénat, ministère de la Marine et Musée naval. - 5. Université.- 6. Ministère de la Justice.-7. Palais de Justice. - 8. Monnaie. - 9. Palais de la Bibliothèque et des Musées nationaux. -10. Ministère de la Guerre. -11. Banque d'Espagne.-12. Palais des Congrès.-13. Bourse du Commerce, - 14. Prado. - 15. Académie royale des Beaux-Arts (Calle de Alcala). - 16. Musée du Prado. - 17. Musée d'artillerie. -18. Faculté de médecine. - 19. Hôpital général.-20. Basilique de N. S. de Atocha. - 21. S. Francesco et Grande. - 22. Ministère de l'Intérieur et Puerta del Sol. - 23. Théâtre royal. - 24. Théâtre espagnol. - 25. Théâtre de la Comédie.
N'étant pas place de guerre, Madrid a été souvent occupée, sans pouvoir opposer de résistance : les Français y entrèrent en 1808. Le 2 mai 1808, après l'abdication de Charles IV, eut lieu à Madrid un soulèvement inutile et sanglant contre les Français ("Dos de Mayo"). Les Anglais occupèrent Madrid en 1812. En 1823, le duc d'Angoulême y entrait de nouveau avec les troupes françaises. Depuis, Madrid a pris part, à plusieurs reprises, aux révolutions qui ont troublé l'Espagne, notamment à celle qui renversa la reine Isabelle, en 1868.

Au XXe siècle, Madrid a encore connu des heures difficiles lors de la Guerre civile. Deux jours après le soulèvement de l'Armée, le 18 juillet 1936, les Républicains prirent le contrôle des casernes, puis défendirent la ville contre le troupes franquistes qui en firent le siège à partir du 6 novembre. Après une résistance héroïque, Madrid fut l'un des derniers bastions républicains à tomber, le 28 mars 1939. (NLI).
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Madrid : Calle de Alcala.
La rue d'Alcala, à Madrid, au début du XXe siècle.


Carlos Serrano, Madrid 1936-1939 (un peuple en résistance ou l'épopée ambiguë), Autrement, 2008. - Le "dos de Mayo", 1808. Sur les hauteurs de la Moncloa les troupes de Napoléon fusillent les partisans espagnols. D'un coup naît le mythe d'un Madrid patriote, d'un peuple en résistance. Symbole que l'on retrouve à l'été 1936 face aux troupes de Franco, aux envahisseurs de l'intérieur. Les militants ouvriers républicains renouent alors avec leurs ancêtres patriotes et leur "légitimité nationale". A l'annonce de l'insurrection, le peuple madrilène, tout entier mobilisé par la perspective d'une révolution sociale, s'organise en milices, en junte de défense. Intense ferveur chantée par une littérature épique. A cette résistance populaire répondra l'internationalisation du conflit : Brigades internationales, ouvrières et communistes, contre troupes marocaines, italiennes et allemandes. Madrid devient la capitale des idéaux en lutte. Ce caractère universaliste d'un combat si profondément espagnol est ce qui l'inscrit dans la mémoire collective. Espérance révolutionnaire, défense de la République et lutte antifasciste se confondent dans une légitimité historique. La bataille de Madrid constitue en ce sens un des repères de la conscience européenne. (couv.).

C-J Sansom, Un hiver à Madrid (roman), Pocket, 2010. - 1940. La guerre civile espagnole a pris fin. Madrid est en ruines, la population est affamée, et les Allemands poursuivent leur offensive à travers l'Europe. Au coeur de ce chaos, Harry Brett, vétéran de la bataille de Dunkerque et interprète à l'ambassade britannique, est chargé par les services secrets anglais d'espionner Sandy Forsythe, un ancien camarade d'école qui se livre à de louches transactions avec des membres de la Phalange, l'organisation nationaliste fascisante. Alors qu'il accepte à contrecoeur ce jeu dangereux, Harry va se retrouver confronté aux fantômes de son passé, et surtout repartir sur les traces de Bernie, son meilleur ami, fervent communiste engagé dans les Brigades internationales et porté disparu lors de la bataille sanglante du Jarama. Avec Barbara, une ancienne infirmière de la Croix-Rouge, qui était autrefois la maîtresse de Bernie, Harry va tenter de faire évader son ami du camp de détention secret du régime franquiste où il est prisonnier… Mais Harry et Barbara ignorent encore qu'ils ne sont que des pions manipulés par des politiciens sans scrupules, dans une partie d'échecs où tous les coups sont permis. Chacun d'entre eux y perdra quelque-chose : ses illusions, ses certitudes, ses espoirs, voire la vie, tandis que l'Europe gronde du bruit de l'avancée nazie… (couv.).

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Dictionnaire Villes et monuments
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