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Statue

Une statue, est un ouvrage de sculpture qui représente la figure  humaine en plein relief et isolée. Les statues se divisent  en pédestres et équestres; quand la figure humaine n'est  représentée que jusqu'au tronc, c'est un buste.
  • L'exécution d'une statue en marbre ou en pierre  comprend : 
  • 1° la plastique, ou composition du modèle en  matière molle;

    2° le dégrossissement du bloc, exécuté  par le praticien; 

    3°, l'oeuvre de l'artiste, qui se fait avec  le ciseau. 

  • Pour les statues coulées en bronze, le travail  comprend la composition du modèle, la fabrication du moule, et le coulage; cette dernière opération est l'oeuvre  du fondeur. 
  • ( Sculpture Chryséléphantine, Polychromie). 

    La statuaire.
    La statuaire, c'est-à-dire l'art de la sculpture spécialement dédié à la réalisation de statues, procède, soit en taillant une matière dure, ordinairement la pierre ou le marbre, soit en coulant dans un moule des, métaux en fusion, le plus souvent, du bronze. Dans tous les cas, l'artiste jette sa première idée dans un petit modèle de cire colorée ou d'argile, que l'on appelle maquette. Ce modèle est ensuite reproduit en argile, sur une grande échelle, et aussi terminé que possible, car c'est d'après cette reproduction que le marbre sera taillé ou le métal coulé. Pour cela, on dispose d'abord sur une base une armature de bois ou de fer, puise on fixe sur cette armature des masses d'argile humectées, et on leur fait prendre en les pétrissant la forme grossière de ce qu'elles doivent représenter. Enfin, on perfectionne le travail avec le pouce et l'ébauchoir. Comme l'argile sèche promptement, on la mouille de temps en temps, parce que, sans cette précaution, elle ne pourrait plus être maniée : on a soin en outre de la couvrir de linges humides toutes les fois qu'on interrompt l'opération. Au lieu d'argile, on emploie souvent la cire pour les petits sujets, et le plâtre pour les figures colossales, Quand le modèle est achevé, on le moule en plâtre, tantôt à bon creux, tantôt à creux perdu. Il ne reste plus alors qu'à reproduire ce modèle en plâtre, soit en marbre soit en métal.

    Exécution d'une statue de marbre.
    La reproduction en marbre est presque toujours confiée à des artisans, appelés praticiens, dont le talent consiste principalement, dans une grande habitude de travailler cette matière. On commence par établir le bloc de marbre sur un massif de maçonnerie très solide, sur lequel on le scelle avec du plâtre.  On fixe le modèle de la même manière et à la même hauteur. Au-dessus de chacun d'eux on place horizontalement et d'une manière invariable, un châssis carré semblable, et assez grand pour dépasser un peu l'aplomb des parties saillantes. Chacun, des côtés des châssis porte un certain nombre de divisions égales et numérotées, d'où l'on peut faire tomber des fils à plomb.

    Les choses étant ainsi disposées, en comprend que si l'on présente horizontalement une fiche dont la pointe touche une partie quelconque du modèle, la section de cette fiche avec un fil a plomb correspondant fournit une mesure qu'on peut reporter exactement sur le marbre. Pour faire cette opération avec plus de précision, ce qu'on appelles mettre eaux points, on se sert du compas, et l'on enfonce dans le plâtre de petits clous de cuivre dont la tête plate porte à son centre un trou pour loger la pointe de l'instrument. Les premiers points que l'on place sont les plus saillants on les fixe trois à trois, de manière que de l'un à l'autre on puisse former un plan sans toucher aux parties intermédiaires, et l'on marque les points correspondants sur le marbre. Alors le praticien taille celui-ci à larges plans, opération qui s'appelle épanneler. Pour atteindre les points situés plus ou moins profondément dans le bloc, on le perce avec un foret et l'on enlève les éclats, jusqu'à ce que le fond du trou soit à découvert. Les points principaux servent ensuite à en déterminer d'autres que l'on multiplie progressivement, de telle sorte que, dans quelques parties, ils ne sont, pas à plus d'un centimètre l'un de l'autre. 
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    Venises : statues du palais des Doges.
    Assemblée de statues (les "Arts libérax") au sommet de la façade de l'Horloge, dans la 
    dans cour intérieure du palais des Doges, à Venise.

    Une fois que le praticien a mis au jour les points dont l'ensemble forme la surface de la statue représentée, il a terminé sa tâche. Alors survient le sculpteur qui, en enlevant cette dernière portion de matière, communique au marbre la vie et l'expression. Enfin, il donne le dernier fini à la statue, soit avec le ciseau, soit à l'aide de la pierre ponce, de la peau de chien de mer, de la prêle et de l'émeri quelquefois même, il passe par-dessus un enduit de cire. Toutefois le ciseau est l'instrument par excellence du sculpteur; c'est le premier et le dernier dont l'artiste doive se servir. Tant que dure le travail, on laisse entre les doigts et pour supporter les membres saillants des tenons plus ou moins volumineux, qu'on fait disparaître lorsque l'oeuvre a reçu la dernière main. 

    Dans l'exécution de leurs statues de marbre, les artistes de l'Antiquité procédaient, comme ceux de nos jours, à d'aide de points de repère; mais nous ne connaissons pas les moyens géométriques qu'ils employaient pour les placer; du reste, le problème peut être résolu de bien des manières. On a aussi inventé des machines à mettre aux points qui donnent des résultats exacts et très prompts. Telle est celle imaginée par le graveur Gatteaux, qui fait en même temps l'office d'aplomb, de compas, de sonde et de trépan. Elle débite en partie le marbre et permet de copier à l'inverse, c'est-à-dire de mettre à droite ce qui est à gauche. Lorsque c'est en pierre ou en bois que l'on veut reproduire le modèle de plâtre, on opère de la même manière que nous venons de dire pour le marbre; il n'y a guère de différences que dans les outils et leur maniement.

    Exécution d'une statue de bronze.
    Le coulage d'une statue en bronze se fait suivant deux méthodes, avec un moule de cire ou avec un moule de sable. La fonte en cire est toujours à cire perdue, c.-à-d. que le moule ne peut servir qu'une fois. En principe, elle consiste à exécuter en cire, autour d'un noyau massif, soit de brique pilée, soit de plâtre, le modèle de la figure qu'on veut reproduire.

    Quand ce modèle a reçu la dernière main de l'artiste, le fondeur commence par disposer, sur différents points de sa surface, des cylindres de cire qui sont destinés à se transformer plus tard en tuyaux, lesquels serviront, les uns de Jets, pour porter le métal fondu dans toutes les parties du moule; les autres d'Events, pour donner issue à l'air; d'autres enfin, de Tire-cire, c.-à-d. de conduits destinés à laisser écouler la cire. Cela fait, il couvre le modèle d'une potée très fine, consistant en un mélange pâteux de terre sablonneuse, de crottin de cheval et de poil de hoeuf, qu'il applique au pinceau par couches successives; puis il entoure le tout d'une Chape solide, d'une épaisse enveloppe de plâtre et de sable. Il chauffe ensuite son travail avec une certaine lenteur, pour faire fondre la cire, qui s'échappe alors par les conduits ou tire-cire ménagés à cet effet, en laissant un vide entre le noyau et la potée, ainsi que dans les cylindres. 
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    La statue de Zadkine érigée à l'angle de la rue de Rambuteau et de la rue de Brantôme, 
    dans le quartier de Beaubourg, à Paris. © Photos : S. Jodra, 2009-2012.

    Lorsque la cire est toute fondue, on bouche les tire-cire et on cuit au rouge le moule et le noyau. Après quoi, on enterre ceux-ci et l'on construit au-dessus un bassin, appelé Écheno, au fond duquel sont les orifices des jets, tandis que les évents s'élèvent un peu au-dessus. Ces opérations achevées, le fondeur établit le fourneau de telle manière qu'il domine l'écheno; puis il allume le feu, et quand le métal en fusion est arrivé au degré de fluidité convenable, il introduit ce dernier dans le bassin, d'où il se répand dans le moule par les jets. La matière qui re jaillit bientôt par ces derniers et par les évents indique que la statue est coulée. Il n'y a plus qu'à la déterrer, scier les tuyaux de métal dont elle est hérissée, à la raccorder, à la réparer, s'il y a lieu, et à lui donner la couleur.

    Pour la fonte en sable, il faut un modèle de plâtre. Sur ce modèle un foule de petits blocs de stable de formes diverses, qui doivent s'arc-bouter réciproquement; ces petits blocs sont successivement ajoutés les uns à côté des autres, et battus, jusqu'à ce qu'on suppose que tous les details du modèle sont parfaitement empreints sur celle de leurs surface qui est en contact avec lui. On couvre ainsi toute la superficie du modèle, en ayant soin de faire en même temps la chape, également par parties, afin de pouvoir la démonter plus facilement. On fait encore, à mesure que le travail avance, les évents et les jets. 

    Le moulage achevé, on dépouille le modèle, c.-à-d. on démonte les pièces qui l'enveloppent, et l'on remonte de nouveau celles-ci sur l'emplacement où aura, lieu le coulage; après quoi on forme leur noyau en remplissant de sable bien battu le vide qu'elles présentent à l'intérieur. Enfin, on les démonte une seconde fois pour le tirage d'épaisseur, c.-à.-d. pour enlever au noyau, sur toute se surface, une couche de matière dont l'enlèvement doit donner l'emplacement du métal à couler. Il ne reste plus alors qu'à faire sécher le moule, et à y introduire le métal en fusion. 

    L'application des procédés qui précèdent exige une multitude d'opérations accessoires dans la description desquelles le cadre de cette page interdit d'enter. Nous dirons seulement qu'ils offrent, l'un et l'autre, quand on veut couler d'un seul jet, des difficultés importantes, et dont on ne peut triompher qu'à force de travail et de dépense. Aussi a-t-on aujourd'hui généralement l'habitude de couler les pièces un peu importantes en plusieurs parties séparées, que l'on assemble ensuite avec le plus grand soin. (DV).



    En bibliothèque. - Sur l'histoire de la sculpture, on peut consulter les auteurs suivants : Emeric David, Recherches sur l'art statuaire, 1805, et Histoire de la sculpture française, publiée par P. Lacroix et Duseigneur, 1853; Cicognara, Histoire de la sculpture, en italien, Venise 1813, et Prato, 1824; Clarac, Musée de sculpture aulique et moderne, 1821-52; Flaxman, Leçons sur la sculpture, Londres, 1829; Folkstone Williams, Histoire de la sculpture sur bois, en anglais, Londres, 1835.
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    Dictionnaire Architecture, arts plastiques et arts divers
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