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L'histoire de Rome
La légende de la fondation de Rome

Jalons chronologiques

La Royauté romaine

La République romaine

Les premiers temps de la République
Des Guerres Puniques à la fin de la République
Les Guerres puniques
Les Guerres civiles
Pompée vs. César
Antoine vs. Octave
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L'Empire romain
Le Haut-Empire (d'Auguste Ă  la fin du Principat)
Le Bas-Empire (A partir de Dioclétien)
Les Barbares et l'Empire

Les persécutions des chrétiens-
Les Empereurs romains


Compléments
L'Italie antique
Les Etrusques
Les Latins
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La ville de Rome
Histoire de la ville
Les monuments
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Les colonies romaines

Géographie historique de l'Empire romain
Les frontières de l'Empire, le limes
Le réseau routier de l'Empire romain
Eléments de la civilisation romaine
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La langue latine
 

La littérature latine

Des origines jusqu'au début du règne d'Auguste
De l'avènement d'Auguste à la chute de Rome
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La pensée, les savoirs
  La philosophie, la gĂ©ographie, la mĂ©decine

Les arts

L'architecture, la sculpture, la numismatique
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La vie romaine, les institutions
Les classes sociales
La gens
L'esclavage

Le commerce dans l'Empire
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Le droit romain
Les lois agraires
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Les fonctions romaines
Consul, Tribun, Empereur...
L'organisation politique du Bas-Empire
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Les assemblées
Le Sénat
Les Assemblées du peuple
L'armée
Les légions, la marine
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Religion et mythologie
 
Les fĂŞtes romaines
Les jeux du Cirque
Les combats de gladiateurs
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L'origine de Rome et du peuple romain est très incertaine, et la connaissance que nous en avons repose sur des traditions oĂą la fiction poĂ©tique se mĂŞle Ă  l'histoire. Les Romains plaçaient ainsi Ă  leurs origines des dieux et des hĂ©ros (La Religion romaine) : Janus, Saturne, Picus, Faunus; Evandre,qui bâtit Pallantium sur le Palatin; ÉnĂ©e, qui s'Ă©tablit Ă  Lavinium; son fils Ascagne ou Jules, Ă  Albe la Longue, et, parmi ses douze successeurs, Procas, ses deux fils Numitor et Amulius. Enfin Romulus et RĂ©mus, fils de Mars et de la vestale' RhĂ©a Sylvia, fille elle-mĂŞme de Numitor, Romulus et RĂ©mus, exposĂ©s sur le Tibre, Ă©taient recueillis par le berger Faustulus et par sa femme Acca Laurentia et allaitĂ©s par une louve sous le figuier Ruminal. Ils rĂ©tablissaient sur le trĂ´ne leur grand-père Numitor, obtenaient de lui le pays entre le Tibre et la route d'Albe, et ouvraient un asile pour les vagabonds au pied du Capitolin. Romulus ayant comptĂ© 12 vautours au ciel, alors que son frère RĂ©mus n'en voyait que 6, donnait son nom Ă  Rome (753 av. J. C).  (La lĂ©gende de la fondation de Rome).

La Royauté romaine

Telle est la lĂ©gende; en rĂ©alitĂ©, Rome est une colonie latine fondĂ©e, probablement un siècle et demi après la date donnĂ© par les historiens romains, par les Latins, les Sabins et les Étrusques. Les circonstances donnĂ©es par les auteurs anciens n'ont donc rien d'historique, et on ne peut mĂŞme pas  se fier aux lĂ©gendes qui font rĂ©gner après Romulus encore six rois  : Numa, Tullus Hostilius, Ancus Marcius, Tarquin l'Ancien, Servius Tullius, Tarquin le Superbe. Dès le 3e et le 4e règne la ville, qui n'avait jusque lĂ  Ă©tĂ© qu'un gros bourg et un asile pour les bandits du Latium, semble avoir pris une importance remarquable; pendant les trois règnes suivants, qu'on peut nommer pĂ©riode Ă©trusque, elle serait devenue forte, riche, très peuplĂ©e, et dĂ©jĂ  elle aurait assujetti la moitiĂ© du Latium une partie du pays des Sabins et peut-ĂŞtre toute l'Etrurie, lorsque la tyrannie des Tarquins dĂ©termina l'expulsion des rois (509).

C'est pendant cette première Ă©poque dont les dĂ©tails sont si incertains, que Rome crĂ©a ses institutions Ă  partir de celles des trois peuples qui concoururent successivement Ă  former le peuple romain, les Latins, les Sabins et les Étrusques. L'aristocratie ou patriciat habitait la citĂ© sacrĂ©e du Palatin (la Rome carrĂ©e); la plèbe sĂ©journait dans l'asile du Capitolin; les patriciens, divisĂ©s en trois tribus, formaient une caste sociale, militaire et sacerdotale, le populus (peuple), tandis que les populations vaincues, transplantĂ©es dans Rome, composaient la plèbe (plebs) (Les classes sociales Ă  Rome). 

La RoyautĂ© Ă©tait Ă©lective, et le pouvoir en Ă©tait tempĂ©rĂ© par l'influence du SĂ©nat, et de l'AssemblĂ©e du peuple. On attribuait Ă  Numa, le deuxième des sept rois, d'avoir inspirĂ© aux Romains le profond sentiment religieux qui les caractĂ©risa  (La Religion romaine). Leur culte primitif, dont, selon la lĂ©gende, il rĂ©gla l'organisation, Ă©tait empruntĂ© aux Osques et Ă  d'autres populations autochtones. Ce culte se serait altĂ©rĂ© lorsque Tarquin l'Ancien y aurait mĂŞlĂ© les sacrifices et les fĂŞtes des Étrusques, et ensuite par l'adoption de tous les cultes des peuples vaincus, qui fit prĂ©valoir le polythĂ©isme des Grecs (La Religion grecque). Tullus Hostilius, le troisième roi, aurait Ă©tĂ© le crĂ©ateur de la milice et de la discipline militaire qui, perfectionnĂ©es par les emprunts faits Ă  tous les peuples que les Romains ont connus, les ont rendus maĂ®tres du monde pĂ©ri-mĂ©diterranĂ©en. Les grands ouvrages d'utilitĂ© publique, les cloaques, etc., furent construits sous les rois. C'est sous les rois enfin, que se forma cette vigoureuse constitution romaine, fĂ©conde en hĂ©ros, comme dit Bossuet, et qui reposait sur la simplicitĂ© des moeurs, le respect du serment, la pratique de la frugalitĂ© et l'amour de l'agriculture. 

La République romaine

C'est sur le plan projeté par le sixième roi, Servius Tullius, que la République fut fondée et fut gouvernée par deux Consuls, qui se renouvelaient chaque année. Dépositaire et gardien des antiques traditions, le Sénat fut, dès le commencement de la république, par sa politique ferme, constante et inébranlable dans ses résolutions, le principal agent de l'expansion des Romains en Italie d'abord et ensuite dans tout le bassin méditerranéen. Avec ses fortes institutions, sa législation généralement sage, quoique l'esclavage fût plus dur chez elle que chez les Grecs, et son excellent régime municipal, Rome portait cependant dans son sein le principe de sa ruine, la jalousie des plébéiens envers les patriciens, l'opposition du peuple au Sénat, la passion désordonnée, de la liberté. L. Junius Brutus, le principal fondateur de la république, qui fut substituée à la royauté l'an 509 av. J. C. immola ses propres fils à cette farouche passion.

Tarquin expulsé tenta vainement de rentrer dans Rome avec le secours des Étrusques. Cette révolution arrêta pour quelque temps les progrès de Rome; les perpétuelles querelles des deux ordres (patriciens et plébéiens) prolongèrent au moins d'un siècle cet état de faiblesse, pendant lequel Rome perdit sa domination sur le Latium et où l'on vit les Eques et les Volsques soutenir une lutte à mort contre Rome et souvent la mettre dans un péril imminent. Il fallut créer un dictateur (498), magistrat investi d'un pouvoir absolu, pour faire face aux difficultés des circonstances. La retraite du peuple sur le Mont-Sacré força le Sénat de consentir à la création des tribuns du peuple, en 493. Rome n'avait pas de législation écrite avant la rédaction de la loi des Douze Tables, oeuvre des Décemvirs, qui fut promulguée en 449 et fut, sur la proposition du tribun Térentillus Arsa, une des concessions arrachées au Sénat par les plébéiens. Mais, la législation des Douze Tables ayant maintenu les privilèges des patriciens, les plébéiens continuèrent d'en réclamer l'abolition, et obtinrent successivement l'abrogation de la loi qui prohibait les mariages entre les plébéiens et les patriciens (444), et l'admission des plébéiens à toutes les grandes magistratures. Le Tribunat militaire fut ensuite pris et abandonné à diverses reprises pour remplacer le Consulat (444-366).

L'abolition des dernières prĂ©rogatives des patriciens par les lois que portèrent le dictateur plĂ©bĂ©ien Publilius Philo, en 339, et le dictateur plĂ©bĂ©ien Hortensius, en 287, consomma la rĂ©volution qui rendit dĂ©mocratique la constitution de la rĂ©publique romaine, originairement aristocratique. Les Romains venaient de briser la puissance des Étrusques par la prise de VĂ©ies, en 395, lorsque les Gaulois s'emparèrent de Rome, qu'ils dĂ©vastèrent en 390. SauvĂ©e par Manlius et relevĂ©e par Camille, après le dĂ©part des Gaulois, elle rĂ©sista Ă  de nouvelles invasions, dĂ©fit ou vit s'Ă©loigner les bandes gauloises, et comprima les sĂ©ditions de tous ses sujets. La dĂ©faite des Samnites, vaincus dans trois guerres successives, 343-341, 326-304, 299-290, soumit l'Italie centrale Ă  la domination romaine. Cette domination fut aussi imposĂ©e Ă  l'Italie mĂ©ridionale après la victoire remportĂ©e sur Pyrrhus Ă  BĂ©nĂ©vent en 275, et la prise de Tarente en 272. MaĂ®tres aussi du Nord de l'Italie, par le succès de leurs guerres contre les peuples gaulois, les Romains affermirent leur puissance en s'attachant les peuples par les privilèges qu'ils accordaient Ă  ceux qui recevaient les titres d'alliĂ©s du droit latin ou d'alliĂ©s du droit italique. Les seconds Ă©taient moins privilĂ©giĂ©s que les premiers. 

L'expansionnisme romain.
L'envoi de colonies fut encore un des moyens efficaces par lesquels ils Ă©tendirent et consolidèrent leur empire. La prĂ©tention Ă  la possession de la Sicile suscita entre Rome et Carthage. une lutte partagĂ©e en trois guerres dites Puniques. La première, 244-241, valut aux Romains la conquĂŞte de la Sicile, qui fut suivie de celle de la Sardaigne et de la Corse. La deuxième guerre Punique fut entreprise en 218 par Hannibal; qui attaqua la puissance romaine au sein mĂŞme de l'Italie; mais elle tourna en 202 Ă  la victoire de Rome, qui, après avoir couru le plus grand danger auquel elle ait jamais Ă©tĂ© exposĂ©e, enleva Ă  Carthage I'Espagne et l'empire de la mer. 

Carte du Latium et de la Campanie.
Le Latium et la Campanie.
MaĂ®tresse de l'Occident, Rome tourna son ambition vers l'Orient. Philippe V, roi de MacĂ©doine, qu'elle avait forcĂ© de renoncer Ă  l'alliance d'Hannibal en 203, fut battu par Flamininus Ă  CynoscĂ©phales en 197, et contraint de renoncer Ă  la suprĂ©matie de la Grèce, dont les Romains proclamèrent l'indĂ©pendance pour masquer et prĂ©parer leurs desseins (La ConquĂŞte romaine de la Grèce). Antiochus le Grand, qui, conseillĂ© par Hannibal, tenta de s'y opposer, fut vaincu Ă  MagnĂ©sie en 190. PersĂ©e, fils de Philippe, qui, voulut renouveler la lutte avec Rome, fut dĂ©fait Ă  Pydna en 168, et la MacĂ©doine fut divisĂ©e en 4 rĂ©publiques, soumises aux Romains. Ils Ă©tendirent aussi leur puissance sur l'Égypte, et les peuples de la Gaule Cisalpine, qui s'Ă©taient soulevĂ©s, les Liguriens et les VĂ©nètes furent subjuguĂ©s. La troisième guerre Punique, commencĂ©e en 149, se termina en 146 par la prise et la destruction de Carthage, dont le territoire fut rĂ©duit en province romaine. Le peuple romain, Ă©mancipĂ© de son tuteur nĂ©cessaire, la crainte, comme parle saint Augustin (de Civitate Dei, I ), s'abandonna sans aucune retenue Ă  cet appĂ©tit de domination, entre toutes les passions des humains la plus enivrante, peut-ĂŞtre. 
« La discorde, l'avarice et l'ambition, filles ordinaires de la prospérité, se développaient surtout après la ruine de Carthage », dit aussi Salluste
La MacĂ©doine subit le mĂŞme sort que Carthage en 148, et la Grèce devint aussi une province romaine (La Grèce sous la domination de Rome), sous le nom d'AchaĂŻeen 146. Le consul CĂ©pion mit fin Ă  un soulèvement des Lusitaniens contre la domination de Rome en faisant assassiner leur chef Viriathe en 140. La rĂ©sistance hĂ©roĂŻque de Numance amena la destruction de cette ville en 133. Deux rĂ©voltes des esclaves en Sicile, 138-132et 104-101, furent noyĂ©es dans le sang d'un million de ces malheureux. A la lutte entre les patriciens et les plĂ©bĂ©iens, dans laquelle les premiers furent dĂ©pouillĂ©s de leurs prĂ©rogatives par les seconds, succĂ©da celle des riches et des pauvres. Les riches formaient la nouvelle aristocratie des nobles (nobiles), composĂ©e des anciennes familles patriciennes et des hommes nouveaux (homines novi), admis aux magistratures. L'administration des provinces conquises fut pour cette noblesse un moyen d'augmenter ses richesses, avec lesquelles le luxe et la corruption des moeurs s'introduisirent Ă  Rome. Le contact avec la Grèce vaincue porta surtout un coup mortel Ă  l'ancienne simplicitĂ© romaine. 

La loi agraire, proposée en 133 par T. Gracchus, et renouvelée par son frère Caius, qui tenta aussi de faire accorder le droit de cité à tous les peuples de l'Italie, succomba avec ce dernier, en 121, par la victoire du parti aristocratique sur les plébéiens. La corruption et la vénalité se manifestèrent ouvertement pendant la guerre contre Jugurtha, qui fraya la route des honneurs à un nouveau démagogue, Marius. Le besoin qu'on eut de lui contre les Teutons et les Cimbres, qu'il défit en 102 et 101, le rendit tout-puissant, et lui permit de faire triompher la faction démocratique. Il tint une conduite équivoque pendant la Guerre sociale, que Sylla termina victorieusement en 88. La rivalité qui couvait entre ces deux habiles capitaines éclata alors à l'occasion de la guerre contre Mithridate, dont ils se disputèrent le commandement. Sylla le reçut du Sénat, et Marius se le fit donner par le peuple. Mais ce dernier, que son compétiteur avait forcé, en s'emparant de Rome, de se réfugier en Afrique, rentra dans Rome en 87, tandis que Sylla était en Orient, et l'anarchie populaire y régna jusqu'en 82, où le vainqueur de Mithridate le remplaça par une sanglante dictature.

Les guerres civiles.
Le mal qui rongeait la rĂ©publique Ă©tait trop profondĂ©ment enracinĂ© pour que les lois par lesquelles Sylla avait voulu restaurer l'ancienne puissance aristocratique pussent ĂŞtre efficaces. PompĂ©e, qui termina par un succès la guerre contre Sertorius en Espagne, la guerre contre Spartacus en Italie, la guerre contre les pirates et la seconde guerre contre Mithridate, rĂ©tablit la puissance des tribuns du peuple pendant son consulat avec Crassus, en 70. CicĂ©ron fut proclamĂ© père de la patrie pour avoir dĂ©jouĂ©, en 63, la conspiration de Catilina, qui fut dĂ©fait et tuĂ© en 62. Mais la rĂ©publique succomba par le pouvoir illimitĂ© auquel parvinrent, Ă  la tĂŞte de leurs armĂ©es, les gĂ©nĂ©raux qui achevèrent de rendre Rome maĂ®tresse du monde ancien. 

Un premier triumvirat se forma en 60 entre PompĂ©e, CĂ©sar et Crassus. Mais la mort de Crassus, tuĂ© en 53dans une expĂ©dition contre les Parthes (La Perse ancienne), rompit l'union entre CĂ©sar et PompĂ©e. Après avoir achevĂ© la conquĂŞte de la Gaule, oĂą il Ă©tait entrĂ© en 58, CĂ©sar, que son rival avait fait rappeler, passa le Rubicon en 49, et marcha sur Rome, d'oĂą PompĂ©e s'enfuit avec le SĂ©nat. La bataille de Pharsale, gagnĂ©e en 48 par CĂ©sar sur PompĂ©e, qui fut assassinĂ© lorsqu'il abordait en Égypte, Ă©leva le vainqueur Ă  la dictature, qu'il se fit dĂ©fĂ©rer Ă  vie en 45, après avoir dĂ©fait Pharnace en Asie en 47, et anĂ©anti le parti de PompĂ©e Ă  Thapsus en Afrique en 46, et Ă  Munda en Espagne en 45. Mais il fut assassinĂ© en 44. Une nouvelle guerre civile, suscitĂ©e par Marc-Antoine et LĂ©pide contre les meurtriers de CĂ©sar, Ă©clata aussitĂ´t. Antoine perdit près de Modène en 43 une bataille oĂą les deux consuls Hirtius et Pansa furent tuĂ©s. 

Le jeune Octave, neveu et héritier de César, qui avait accompagné les consuls, se fit donner le consulat. Il marcha à la rencontre de Marc-Antoine et de Lépide, et conclut avec eux, cette même année 43, un triumvirat, qu'ils ensanglantèrent par les plus cruelles proscriptions. Le parti républicain, rallié autour de Brutus et de Cassius, fut deux fois vaincu à Philippes en 42 par Octave et Antoine, qui se partagèrent entre eux le territoire de la république. Lépide, à qui ils n'avaient laissé que l'Afrique, en fut ensuite dépouillé, par Octave. Antoine, qui avait épousé Octavie, soeur d'Octave, l'abandonna pour s'unir à Cléopâtre. Une rupture éclata alors entre les deux triumvirs, et la bataille navale d'Actium, gagnée par Octave en 31, et suivie de la mort d'Antoine à Alexandrie, et de la réduction de l'Égypte en province romaine, laissa le vainqueur maître absolu de la république. Elle fut remplacée par l'empire en 29, lorsqu'Octave, à sa rentrée triomphante à Rome, reçut le titre d'lmperator.

L'Empire romain

Octave rĂ©unit en sa personne toutes les magistratures suprĂŞmes de la rĂ©publique, et reçut du SĂ©nat, en 27, le nom d'Auguste. Il exclut de ce corps tous les membres qui ne lui Ă©taient pas entièrement dĂ©vouĂ©s, et consolida son autoritĂ© par l'organisation d'une armĂ©e permanente. Cette rĂ©volution, dit Tacite, ne dĂ©plut ni Ă  la noblesse ni aux provinces qui, fatiguĂ©es des divisions du SĂ©nat et du peuple, leur prĂ©fĂ©rèrent un ordre stable. Parvenu au but de son ambition, Auguste s'attacha Ă  rĂ©parer les maux, dont il Ă©tait en partie l'auteur. Son règne fut le siècle classique de la littĂ©rature romaine. La langue latine, arrivĂ©e Ă  sa plus haute perfection produisit ses plus admirables chefs-d'oeuvre. Sans ĂŞtre comparable Ă  la littĂ©rature des Grecs sous le rapport de l'invention, la littĂ©rature des Romains se distingue par un caractère tout particulier, par la grande idĂ©e de Rome qui respire dans toutes ses oeuvres, chez Virgile dans la poĂ©sie comme chez Tite-Live dans la prose. 

Le Haut-Empire : d'Auguste Ă  la fin du principat.
L'Espagne septentrionale, la Gaule occidentale, la RhĂ©tie, la VindĂ©licie, le Norique, la Pannonie et la MĂ©sie furent ajoutĂ©es par Auguste Ă  la domination romaine. Mais la Germanie ne put ĂŞtre subjuguĂ©e. L'empire s'affermit par le despotisme sous la dure tyrannie de Tibère. Consuls, sĂ©nateurs, chevaliers, tous se prĂ©cipitèrent Ă  l'envi dans la servitude, au tĂ©moignage de Tacite. La Cappadoce et la Commagène furent alors rĂ©duites en provinces romaines. La conquĂŞte de la Bretagne; commencĂ©e sous Claude, fut poursuivie sous NĂ©ron. Avec ce tyran, qui ouvrit le temps des persĂ©cutions contre les chrĂ©tiens, s'Ă©teignit la famille d'Auguste. 

Après trois usurpations militaires, une nouvelle famille, qui a donnĂ© Ă  Rome trois empereurs, 69-96, monta sur le trĂ´ne avec Vespasien. JĂ©rusalem fut prise et dĂ©truite par les armes romaines en 70; une insurrection des Bataves fut rĂ©primĂ©e et la conquĂŞte de la Bretagne achevĂ©e. Mais Domitien  fut obligĂ© d'acheter la paix des Daces par un tribut. Avec Nerva, Ă©lu empereur en 96, commença pour l'empire romain, une pĂ©riode heureuse, qui dura jusqu'Ă  la mort de Marc-Aurèle, en 180.  La Dacie, la MĂ©sopotamie, l'ArmĂ©nie et une partie de l'Arabie furent conquises. Hadrien acheva de donner Ă  l'empire une constitution monarchique. Marc-Aurèle mourut pendant une guerre contre les Marcomans et autres peuples germaniques. Commode, fils de Marc-Aurèle, conclut avec eux une paix aux conditions dĂ©favorables. 
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Marc-Aurčle sur un bas-relief.
Prisonniers barbares faisant leur soumission à Marc-Aurèle.
Bas-Relief de l'arc de triomphe élévé à cet empereur
sur la Voie Flaminienne (musée du Capitole).

L'extinction de la famille des Antonins fut suivie d'une Ă©poque d'anarchie, pendant laquelle les prĂ©toriens et les lĂ©gions disposèrent de l'empire livrĂ© au despotisme militaire. Les Goths, les Francs, les Alamans et les Burgondes commencèrent Ă  pĂ©nĂ©trer dans les territoires soumis aux Romains, qui eurent aussi Ă  soutenir la guerre contre les Perses. Sous ValĂ©rien et Gallien, une foule d'usurpateurs, qu'on a appelĂ©s les 30 tyrans en souvenir de ceux d'Athènes, se tirent proclamer empereurs de 253 Ă  267. Pendant les 5 annĂ©es du règne d'AurĂ©lien, 270-275, l'empire fut rĂ©tabli momentanĂ©ment dans ses limites, et redevint redoutable Ă  ses ennemis. 

Le Bas-Empire : de Dioclétien à la chute de Rome.
La fiction de la forme rĂ©publicaine s'Ă©tait maintenue sous le principat, nom sous lequel on a dĂ©signĂ© l'empire depuis Auguste jusqu'Ă  DioclĂ©tien; mais Ă  l'avènement au trĂ´ne de ce dernier (284) commence une nouvelle Ă©poque. Ce prince donna Ă  l'État une organisation complètement monarchique, empruntĂ©e Ă  l'Orient. Pour rĂ©sister aux Barbares, qui s'avançaient de tous cĂ´tĂ©s, il associa Maximien Ă  l'empire, et les deux Augustes s'adjoignirent deux CĂ©sars, chargĂ©s de partager avec eux le gouvernement, et destinĂ©s Ă  leur succĂ©der. 

Sous Dioclétien, les victoires remportées sur les Perses reculèrent les bornes de l'empire en Asie, et dans le même temps, les Chrétiens connurent des persécutions. La division de l'empire amena des guerres intestines. Constantin, dit le Grand, se convertit au christianisme en reconnaissance de la défaite du tyran Maxence (312). Il rendit en 315 un édit autorisant le libre exercice de la religion chrétienne qui était déjà répandue dans toutes les provinces. Resté seul maître de l'empire en 323, il en transféra le siège de Rome à Byzance en 329. Il donna à l'état une constitution basée sur la centralisation et sur la séparation entière des fonctions civiles et militaires. Quatre préfectures furent créées :

1re Préfecture des Gaules, comprenant 5 diocèses.
2e Préfecture d'Italie, comprenant 4 diocèses.
3e Préfecture d'Illyrie, comprenant 2 diocèses.
4e Préfecture d'Orient, comprenant 5 diocèses.
Les villes de Rome et de Constantinople ne dépendaient d'aucun des 4 préfets, et avaient chacune leur préfet de la ville. Lors de la division de l'empire en Empire d'Occident et Empire d'Orient, les deux premières préfectures formèrent l'Empire d'Occident, et les deux dernières, l'Empire d'Orient. Constantin, en mourant, partagea l'empire entre ses trois fils. Le dernier prince de sa famille, Julien, abandonna la foi chrétienne, et échoua dans le dessein de rétablir le polythéisme. Théodose, dit le Grand, arrêta par ses victoires les envahissements des Goths, maintint l'empire intact sous son règne, et proscrivit le culte païen. L'empire avait déjà été divisé en 564 par Valentinien, qui, gardant pour lui l'Occident, avait abandonné l'Orient à son frère Valens. Le partage que Théodose fit à sa mort, en 395, entre ses deux fils, Honorius, à qui il laissa l'Occident, et Arcadius, qui eut l'Orient, fut définitif.
Carte de l'Empire Romain.
L'Empire romain à son apogée (IVe siècle).
DĂ©chirĂ© par les rĂ©volutions intĂ©rieures, et attaquĂ© par les Goths, les Francs, les Burgondes et les Vandales, l'empire d'Occident se composa des deux prĂ©fectures des Gaules et d'Italie  avec Rome et ensuite Ravenne pour capitale. RavagĂ© par les Goths dès le règne de son premier empereur Honorius, et dĂ©vastĂ© par les Vandales, il succomba enfin sous les armes d'Odoacre, chef des HĂ©rules, qui dĂ©pouilla Romulus Augustule de la pourpre impĂ©riale en 476. Rome ne fut plus que la capitale d'un duchĂ© soumis Ă  l'exarque des empereurs d'Orient en Italie. 

S'en était fini de l'empire romain proprement dit. Mais le nom allait encore longtemps survivre, et laisser croire à une résurrection de l'ancienne puissance. Ainsi, au VIIIe siècle encore, quand le peuple et le Sénat romains, fatigués de la domination tyrannique de Constantinople, allèrent se placer sous l'autorité temporelle du pape vers l'an 750, et que peu après, le pape Léon III rétablit l'empire romain d'Occident dans la personne de Charlemagne, qu'il institua le défenseur de l'Église et de la chrétienté, en le couronnant empereur, le jour de Noël de l'an 800, dans la basilique de Saint-Pierre de Rome. Ce nouvel empire d'Occident, ou saint-empire romain, resta vacant à la mort de Bérenger en 924, et fut renouvelé par Othon le Grand en 962. Mais, à dater de cette époque, la Couronne impériale ne fut plus donnée qu'aux rois de la Germanie, et l'empire d'Occident devint (ou prétendit devenir) l'empire germanique, plus tard empire d'Allemagne, tout en conservant le titre de Saint-Empire romain. (A19).

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