.
-

L'histoire de l'Asie
Le Moyen-Orient non arabe
Iran, Afghanistan
Kurdistan, Tadjikistan
Géorgie, Arménie,
Chypre, Israël
-
L'Orient arabe
Jordanie
Territoires palestiniens
Syrie, Liban
Arabie Saoudite, Irak
Yémen, Oman
EAU, Qatar, Bahrein, Koweit

L'Asie du Sud-Est

Vietnam
Cambodge, Thaïlande, Laos
Philippines
Malaisie, Brunéi, Singapour
Indonésie, Timor oriental
Birmanie

Le monde indien

Inde, Pakistan et Bangladesh
Népal et Bhoutan
Sri Lanka, Maldives
La Chine et l'extrême Orient
Chine
Tibet, Hongkong, Macao, Taiwan
Japon
Corée
Corée du Nord
Corée du Sud
L'Asie centrale et la Sibérie
La civilisation des Steppes
Les Scythes, les Sarmates
Les Huns, les Avars
--
Le monde turco-mongol
Les Turks
Turquie, Turkménistan, Kirghizistan, Ouzbekistan, Kazakhstan, Azerbaïdjan
Les Mongols
Mongolie
--
La Sibérie

La préhistoire de l'Asie 

Paléolithique.
Les premières traces d'hominidés en Asie remontent à environ 1,8 million d'années. L'Homo erectus est l'un des premiers à avoir habité l'Asie, avec des sites importants comme Zhoukoudian près de Pékin, en Chine. Les populations du Paléolithique utilisaient des outils en pierre pour la chasse et la cueillette. Les bifaces et les hachereaux sont des exemples typiques de cette période.

L'arrivée des Homo sapiens en Asie se situe autour de 50 000 à 40 000 ans avant notre ère. Ils ont apporté des techniques plus avancées de fabrication d'outils et d'armes. Des traces d'art rupestre, comme celles trouvées dans les grottes de Bhimbetka en Inde, montrent l'expression artistique et les croyances spirituelles des peuples de cette époque.

Mésolithique.
Vers la fin du Paléolithique et le début du Mésolithique, les sociétés asiatiques ont commencé à adopter des modes de vie plus sédentaires. La domestication des plantes et des animaux a marqué le début de l'agriculture. Les outils microlithiques, plus petits et plus sophistiqués qu'aux époques précédentes, sont devenus courants, reflétant des techniques de chasse et de pêche plus avancées.

Néolithique.
Le Croissant fertile, qui s'étend de l'Égypte à l'Irak actuel, est considéré comme l'un des berceaux de l'agriculture. Vers 10 000 avant notre ère, des cultures comme le blé et l'orge y étaient pratiquées. En Asie de l'Est, la culture du riz a commencé à se développer dans la vallée du Yangtsé en Chine vers 7000 avant notre ère.

L'un des premiers villages néolithiques en Chine, Jiahu, montre des signes d'une culture complexe avec la domestication des animaux, la culture des céréales et même des formes rudimentaires de musique. Situé dans la vallée de l'Indus au Pakistan actuel, Mehrgarh est l'un des premiers sites à montrer des preuves de pratiques agricoles et de domestication des animaux en Asie du Sud.

Chalcolithique.
La période chalcolithique, ou âge du cuivre, a vu l'introduction de la métallurgie. Les outils et les armes en cuivre ont progressivement remplacé ceux en pierre. Les sociétés ont commencé à se structurer davantage, avec des signes de hiérarchies sociales, de commerce à longue distance et de spécialisation artisanale.

Ces développements ont préparé le terrain pour les grandes civilisations comme celles de la Mésopotamie, de la vallée de l'Indus, de la Chine et de bien d'autres. 

Les premières civilisations

L'Asie renferme les civilisations les plus vieilles de l'histoire (en exceptant l'Egypte qui touche à l'Asie), Non seulement la civilisation européenne y a une partie de ses origines, mais deux autres civilisations aussi importantes s'y sont développées et continuées jusqu'à nos jours, en Inde et en Chine. Dans la Chine, l'Inde et la Mésopotamie, la plaine de l'Asie antérieure, l'histoire  commence à s'écrire environ 3000 ans avant notre ère.

Civilisation de la vallée de l'Indus.
La civilisation de la vallée de l'Indus  (civilisation harappéenne ou civilisation de Mohenjo-Daro) florissait dans la vallée de l'Indus (actuel Pakistan et nord-ouest de l'Inde) entre  3300 et 1300 av. JC. Elle se signale par des cités au plan bien ordonnée avec systèmes d'égouts, une architecture avancée, avec des constructions en briques et l'exsitence d'un système d'écriture (non encore déchiffrée). Son économie était basée basée sur l'agriculture, le commerce, et l'artisanat. Son déclin, puis sa disparition, sont encore mal compris. Ils ont probablement été dû à des changements environnementaux ou des invasions.

Civilisation de la Chine ancienne.
Le dynasties Xia (2070 - 1600 av. JC), Shang (1600 - 1046 av. JC), et Zhou (1046 - 256 av. JC) sont les premières dynasties chinoises. Le développement de l'écriture chinoise date de la dynastie Shang. Sous la dynastie Zhou est introduit le du mandat céleste, ainsi que les philosophies confucianiste et taoïste. Dès cette époque, la société chinoise est  hiérarchisée avec une forte influence religieuse et philosophique. Parmi les inventions significatives, on compte la soie, la porcelaine et une métallurgie avancée.

Civilisation mésopotamienne.
La civilisation babylonienne s'est épanouie entre les fleuves Tigre et Euphrate (actuels Irak, Syrie). Elle recouvre plusieurs puissance susccessives, celle de Sumer, d'Akkad, de Babylone et de l'Assyrie. Vers 2500 av. JC. nous trouvons le vieil empire babylonien, aux prises avec ses voisins de l'Elam (Susiane) qui avaient succédé aux peuples moins bien connus d'Akkad et de Sumer. A partir du XIXe siècle avant notre ère, les Babyloniens reprirent le dessus. Vers 1100, la prépondérance passa aux Assyriens établis dans la Mésopotamie septentrionale ils dominèrent l'Asie, des terrasses de l'Iran aux côtes de l'Asie Mineure, et pénétrèrent jusqu'en Egypte; en 625, Ninive leur capitale, tomba; sa chute fut suivie de celle de Babylone (533). Les babyloniens ont développement l'écriture cunéiforme. Ils ont produit les premiers codes de lois écrits (Code de Hammurabi) et ont fait des avancées en astronomie, en mathématiques et en agriculture.

Civilisation perse (empire achéménide).
Les Perses, sortis du Sud-Ouest de l'Iran, réunirent toute l'Asie antérieure, de l'Indus et de l'Iaxartes (Syr-daria), jusqu'à la Méditerranée. Leur empire a duré de 550 à 330 av. JC. C'était un empire multiculturel, marqué par la tolérance religieuse et culturelle. On lui doit des infrastructures comme la Route Royale, qui reliait les diverses parties de l'empire. Au bout de deux siècles, Alexandre conquit cet empire, dont il recula les frontières vers le Touran et le Pendjab (336-323). A sa mort sa monarchie fut démembrée; un royaume grec s'établit dans la Mésopotamie et la Syrie (Séleucides), un autre dans la Bactriane (Turkestan méridional, Iran oriental et septentrional). Ces peuples partagèrent l'Asie antérieure avec les Romains, qui jamais n'entamèrent l'Iran; les deux peuples sa disputèrent l'Arménie. Par la la suite, les Perses remplacèrent les Parthes, au IIIe siècle ap. J.-C.

Civilisation indienne (empires Maurya et Gupta).
L'Empire Maurya (322 - 185 av. JC) et l'Empire Gupta (320 - 550 de notre ère) ont régné sur le sous-continent indien. L'empire Maurya correspond à unification de l'Inde sous Ashoka et à la propagation du bouddhisme. L'empire Gupta est  une période de prospérité culturelle, scientifique et artistique (âge d'or de l'Inde ancienne). On note des avancées en mathématiques (concept du zéro), en astronomie, en médecine et en littérature.

Civilisation japonaise (périodes Yayoi et Kofun).
Au Japon, les périodes Yayoi (300 av. JC. - 300 ap. JC) et Kofun (250 - 538 de notre ère) correspondent à l'introduction de la riziculture inondée, au développement de la métallurgie (fer et bronze), aux premiers grands tertres funéraires (Kofun) et à la formation des premières structures étatiques.

L'Asie du VIIe siècle au XVIe siècle

L'expansion de l'Islam.
Au VIIe siècle, les Arabes, restés jusqu'alors en dehors du mouvement, sortirent de leur presqu'île et conquirent en quelques années toute l'Asie orientale jusqu'à l'Indus, en y ajoutant le Touran au début du VIIIIe siècle. A partir du IXe siècle, le déclin de leur empire en amena le démembrement;, les Samavides régnèrent sur le Touran et l'Iran oriental, les Bouides (Les dynasties musulmanes au Moyen-âge) sur la Mésopotamie et l'Iran occidental. Puis, apparurent les Ghaznévides, dont le principal, Mahmoud (998-1030), conquit l'Iran oriental, la Touran et l'Inde septentrionale, annexant le bassin de L'Indus et dévastant celui du Gange. Son rapide déclin permit l'élévation des Ghourides (Afghanistan et Pendjab); mais surtout il ouvrit la route à des conquérants nouveaux, les nomades de Touran, les Turks. Dirigés  par les Seldjoukides, ils conquirent, au XIe siècle, le Kharezm (Turkestan méridional), la Perse, la Mésopotamie, L'Arménie, la Syrie,  l'Asie Mineure où ils dominaient sous la prééminence nominale du calife de Bagdad. Al-Mouktadi (1075-1092) régnait de Kashgar à Jérusalem et à Nicée. A sa mort son royaume fut démembré; c'est le sort commun des grandes monarchies orientales. La Perse, le Kirman, l'Asie Mineure, la Syrie, se retrouvèrent indépendants. Un empire se formait dans le Kharezm, au début du XIIIe siècle quand il fut surpris par l'invasion mongole.

L'Inde.
Entre le VIIe et le XIIe siècle,  l'Inde a connu l'essor de plusieurs dynasties régionales telles que les Chalukya, les Rashtrakuta et les Chola dans le sud, et les Palas et les Pratiharas dans le nord. Ces dynasties ont favorisé l'expansion du commerce et des échanges culturels à travers l'Asie du Sud. Les trois siècles suivants sont marqués par l'arrivée des sultanats musulmans, tels que le sultanat de Delhi, qui ont apporté des changements importants dans la société indienne avec l'introduction de nouvelles pratiques politiques, sociales et religieuses. Le sud de l'Inde a également connu l'émergence de l'empire Vijayanagar, qui a été un important centre de culture et de pouvoir dans la région.

La Chine.
La dynastie Tang a dominé la Chine du VIIe au XIe siècle, établissant une période de prospérité et d'expansion culturelle. La capitale Chang'an est devenue l'une des plus grandes villes du monde à cette époque. Du Xe au XIIIe, La dynastie Song marque une  période de développement économique et technologique remarquable. Les innovations telles que l'imprimerie, la poudre à canon et la boussole ont émergé pendant cette période. Du XIIIe au XVIe siècle, la dynastie mongole Yuan, fondée par Koubilai Khan, a gouverné la Chine. La dynastie Ming a succédé aux Yuan, ramenant la Chine sous le contrôle des dirigeants chinois Han et établissant une période de prospérité économique et culturelle.

Le Japon.
Entre le VIIe et le XIIe siècle, la période Heian a marqué une ère de développement culturel, littéraire et artistique au Japon, caractérisée par l'émergence de la cour impériale à Kyoto et l'influence de la culture chinoise. Les périodes Kamakura et Muromachi qui suivent ont vu  l'ascension du shogunat militaire et le début d'une ère de guerres féodales (ère Sengoku). Cela a conduit à des conflits constants entre les seigneurs de guerre locaux pour le pouvoir, marquant une période de bouleversement politique et social.

Les Mongols.
L'empire fondé pour Gengis-khan, par les pasteurs mongols, s'étendit sur presque toute l'Asie; en 1206, ils avaient reconnu Gengis pour chef; en 1209, ils forcèrent la grande muraille, en 1245 ils prirent Pékin; en 1220 l'empire de Mohammed, le Kharezmien fut détruit, le Kharezm et le Tran compris jusqu'à Kélat et à Tabriz; des dévastations terribles ruinèrent ces pays; en 1224, les Mongols s'emparèrent du Kiptchak (steppes du Nord de la Caspienne et de la mer Noire); en 1241, ils étaient en Silésie et en Hongrie. Sous Ogotaï et Koubilaï, successeurs de Gengis Khan (mort en 1227), les conquêtes continuèrent; le califat de Bagdad sombra en 1258, la Mésopotamie et la Syrie furent dévastées; enfin le Sud de la Chine fut conquis définitivement; l'Indochine suivit son sort. Karakoroum fut alors la capitale du plus vaste empire qu'on ait vu sur la terre; mais il se morcela bientôt : la Chine, la Boukharie, le Kiptchak (La Horde d'or), la Perse suivirent des destinées séparées. A la fin du XIVe siècle, Tamerlan rétablit autour de sa capitale, Samarcande, un empire presque aussi vaste; en trente-cinq campagnes il dompta le Touran (Kharezm et Kachgarie), l'Iran, l'Arménie et le Caucase, le Kiptchak, l'Inde septentrionale ; vainqueur de Bayézîd I, il conquit encore la Syrie et l'Asie Mineure. Il préparait la conquête de la Chine quand la mort l'arrêta (1405). L'Asie ne revit plus de conquérants de cette taille. Ses diverses régions reprirent leur vie à part. La Chine, en 1368, avait rejeté les Mongols dans leurs steppes; les héritiers de Tamerlan dominèrent en Inde; les Turks reprirent, dans l'Asie occidentale, le cours de leurs succès.

La puissance ottomane.
Les Turcs Ottomans, maîtres de Constantinople, s'étendirent, au XVIe siècle, jusqu'aux terrasses de l'Iran et firent reconnaître leur nomination à l'Arabie Occidentale. Dans l'Iran, les Persans reprirent l'ascendant; la dynastie nationale des Sofis supplanta la dynastie mongole (1499); mais au XVIIIe siècle les montagnards afghans, conduits par Madischaq, s'emparèrent de tout l'Iran et, en 1794, la dynastie turkmène des Qadjars occupa le trône de Perse. L'Inde septentrionale fut conquise par Baber, souverain du Ferghana, descendant de Tamerlan; ses descendants, parés du titre de grand Moghol, réunirent presque toute la péninsule (sans Akbar); mais leur empire était déjà en décadence quand arrivèrent les Européens. L'Indochine, intermédiaire entre l'Inde et la Chine, a subi tour à tour les deux influences. Elle est restée en dehors de l'histoire générale de l'Asie (Vietnam, Birmanie, Cambodge, Malacca, Siam (Thaïlande), etc.]. La Chine, affranchie des Mongols, vit, deux cents ans plus tard, sa frontière du Nord envahie par les Mandchous; ceux-ci, groupés par Taché (1616), finirent par conquérir, la Chine vers 1640; Kangxi (1662-1722) y ajouta la Mongolie et le Tibet, à la fin du XVIIe siècle, les Dzoungares fondèrent un empire qui s'étendit de l'Altaï à l'Himalaya; en 1757, les Chinois le détruisirent. Depuis, la Chine est restée maîtresse de l'Asie centrale; elle a subi , dans la seconde moitié du XIXe siècle, deux crises terribles lors de la révolte des Thaïping et des Musulmans (Dzoungares de l'Illi, Nienfei des provinces du Nord-Ouest. et insurgés du Yun-nan).
-

Laos : That Dam, le Stupa Noir,  Vientiane.
That Dam, le Stupa Noir, à Vientiane (Laos). - Il est supposé contenir des 
reliques bouddhiste. Selon la légende, un dragon à sept têtes vit sous l'édifice
et protège la ville. Source : The World Factbook.

Du XVIe siècle à nos jours

Les grands empires.
Inde.
En Inde, Babur, descendant de Gengis Khan et de Tamerlan, franchit l'Hindū Kūsh et fonde en 1526 l'empire moghol après sa victoire à Panipat. Ses successeurs, en particulier Akbar au XVIe siècle, étendent et consolident cet empire par une administration centralisée, une fiscalité agraire efficace et une politique de tolérance religieuse envers la majorité hindoue. Sous Shah Jahan, qui fait édifier le Taj Mahal au XVIIe siècle, puis sous Aurangzeb, qui pousse les frontières de l'empire vers le sud mais abandonne la tolérance religieuse de ses prédécesseurs, l'empire atteint son apogée territoriale avant d'entamer un lent déclin au XVIIIe siècle, fragmenté par les révoltes marathes, l'autonomie croissante des gouverneurs provinciaux et les invasions afghanes et perses.

Chine.
En Chine, la dynastie Ming, installée depuis 1368, connaît au XVIe siècle une prospérité commerciale et culturelle, marquée par l'essor de la production de porcelaine et de soie destinée à l'exportation, payée en argent venu des Amériques via Manille. Le pouvoir impérial se rigidifie cependant, miné par la corruption de cour, la pression fiscale et les incursions des Mandchous au nord-est. En 1644, les rebelles paysans prennent Pékin et l'empereur Ming se pend, mais ce sont finalement les armées mandchoues qui s'emparent du pouvoir et fondent la dynastie Qing, dernière dynastie impériale chinoise. Les empereurs Qing, en particulier Kangxi, Yongzheng et Qianlong au XVIIIe siècle, étendent l'empire vers l'Asie centrale et le Tibet, tout en maintenant un commerce extérieur strictement contrôlé, limité pour les Européens au seul port de Canton.

Japon.
Au Japon, après un siècle de guerres féodales, Tokugawa Ieyasu unifie le pays et fonde en 1603 un shogunat qui dure deux siècles et demi. Le régime impose une paix intérieure rigide, fige la société en ordres héréditaires et, à partir des années 1630, ferme presque entièrement l'archipel aux étrangers, à l'exception d'un comptoir hollandais surveillé à Nagasaki. Cette politique de sakoku préserve le Japon des ingérences coloniales européennes pendant que le pays développe une économie urbaine raffinée, une culture marchande florissante et un réseau routier intérieur dense, sous l'autorité formelle mais désormais purement symbolique de l'empereur de Kyoto.

Asie du Sud-Est.
En Asie du Sud-Est, les sultanats malais et les royaumes javanais sont progressivement pris dans les rivalités commerciales européennes. Les Hollandais, par l'intermédiaire de leur Compagnie des Indes orientales fondée en 1602, supplantent les Portugais et imposent un monopole sur le commerce des épices dans l'archipel indonésien, multipliant les guerres locales pour contrôler les Moluques et Java. Les Espagnols, depuis Manille fondée en 1571, christianisent les Philippines et les intègrent au commerce transpacifique du galion reliant Acapulco à l'Asie. La péninsule indochinoise reste pour sa part organisée autour de royaumes indépendants (Đại Việt, Siam, Birmanie, Cambodge, Laos) qui se disputent les zones d'influence sans subir encore d'emprise coloniale durable.

Les Européens en Asie.
Au début du XVIe siècle, les navigateurs portugais ont ouvert la route maritime des Indes en doublant le cap de Bonne-Espérance. Vasco de Gama atteint Calicut en 1498, et dans les décennies qui suivent, le Portugal installe des comptoirs fortifiés le long des côtes asiatiques : Goa en 1510, Malacca en 1511, Macao en 1557. Ces établissements visent moins la conquête territoriale que le contrôle du commerce des épices, de la soie et des métaux précieux, à travers un réseau de places fortes et de routes maritimes surveillées par une marine supérieure. L'arrivée européenne est cepenndant resté longtemps marginale face à la puissance des grands empires qui dominent alors l'Asie. Il faut attendre le XVIIIe siècle et surtout le XIX pour que cela change.

Le XVIII siècle voit la rivalité franco-britannique se transporter en Inde à la faveur de l'affaiblissement moghol. La Compagnie britannique des Indes orientales, après sa victoire à Plassey en 1757 sous Robert Clive, s'empare du contrôle du Bengale et engage une expansion méthodique qui la rend maîtresse, au tournant du XIX siècle, de la plus grande partie du sous-continent, gouverné indirectement par un système d'alliances avec les princes locaux et une administration commerciale dotée de ses propres armées.

La Chine des Qing, encore perçue en Europe comme un empire puissant, s'effondre face à la première guerre de l'Opium déclenchée par les Britanniques en 1839 pour défendre leur commerce de l'opium indien, interdit par Pékin. La défaite chinoise débouche sur le traité de Nankin en 1842, qui cède Hong Kong et ouvre plusieurs ports au commerce étranger sous régime d'extraterritorialité. Une seconde guerre de l'Opium, menée conjointement par la France et le Royaume-Uni entre 1856 et 1860, aggrave l'humiliation, marquée par le sac et l'incendie du palais d'Été. Ces défaites ouvrent un "siècle d'humiliations" durant lequel les puissances étrangères imposent des concessions, tandis que l'empire est secoué de l'intérieur par la révolte des Taiping entre 1850 et 1864, guerre civile dévastatrice qui fait plusieurs dizaines de millions de morts.

En Inde, la révolte des cipayes éclate en 1857, insurrection militaire et populaire d'une ampleur considérable contre la domination de la Compagnie. Sa répression brutale entraîne la dissolution de la Compagnie des Indes orientales et le passage direct du sous-continent sous administration de la Couronne britannique en 1858 : c'est le début du Raj britannique, formalisé par le titre d'empereur des Indes attribué à Victoria en 1876. Le Royaume-Uni développe alors chemins de fer, télégraphe et administration moderne, tout en maintenant une exploitation économique qui provoque des famines récurrentes et nourrit, à partir de la fin du siècle, l'émergence d'un mouvement nationaliste indien autour du Congrès national indien fondé en 1885.

L'Asie du Sud-Est bascule à son tour sous domination coloniale complète. Les Pays-Bas consolident leur emprise sur l'ensemble des Indes orientales néerlandaises, la France constitue à partir des années 1860 l'Indochine française en s'emparant de la Cochinchine puis en imposant son protectorat sur l'Annam, le Tonkin et le Cambodge, avant d'y rattacher le Laos en 1893. Le Royaume-Uni annexe progressivement la Birmanie au cours de trois guerres successives entre 1824 et 1885, et étend son influence sur la péninsule malaise. Seul le royaume de Siam, sous les rois Mongkut puis Chulalongkorn, parvient à préserver son indépendance en jouant des rivalités franco-britanniques et en engageant ses propres réformes de modernisation.

Alors que Portugais, Hollandais, Anglais et Français ont abordé l'Asie par mer; les Russes, venus par terre, s'y sont taillé au Nord un immense empire; de 1579 à 1581, le cosaque' Ermak conquit le royaume de Sibri (Sibérie), il en fit hommage à Ivan le Terrible; en 1639 les Cosaques atteignaient la mer d'Okhotsk; en 1689 fut conclu avec la Chine le traité de Nertchinsk qui laissait aux Chinois tout le bassin de l'Amour; il n'empêcha pas les colons et chasseurs russes de s'y établir : l'expédition de Middendorf en révéla toute l'importance et, en 1860, les Russes se firent céder, non seulement tout le pays jusqu'à l'Amour, mais la Mandchourie maritime entre l'Oussouri et la côte; ils y fondèrent le port de Vladivostok. Ensuite, les Russes ont tourné leurs efforts du côté du Touran; ils ont fait reconnaître leur suprématie aux Kirghiz et, depuis 1863, se sont emparés de tout le bassin du Syr-daria, Khiva a été soumise  en 1874, Merv s'est soumise en 1882; Boukhara et Khiva n'eurent plus qu'une indépendance nominale et Hérat fut sérieusement menacée. La conquête du Caucase a été plus laborieuse; il a fallu d'abord enlever à la Turquie et à la Perse les provinces du Sud (XVIIIe siècle), puis soumettre les montagnards désormais enveloppés de tous côtés, ceux de l'Ouest, dirigés par Chamyl, ont résisté jusqu'en 1864. En 1878, un nouveau lambeau de territoire a été arraché à la Turquie.

A la fin du XIXe siècle, les Russes, maîtres de l'Asie septentrionale, et les Anglais, maîtres de l'Asie méridionale, sont naturellement rivaux; dans la région du Pamir leurs frontières se touchent presque et leurs protégés turkmènes ou afghans sont déjà aux prises. Dans toute l'Asie antérieure, de Constantinople / Istanbul à Kaboul, l'influence russe et l'influence anglaise se disputent la terrain; dans le Pacifique, les Anglais ont un instant occupé Port-Hamilton pour surveiller Vladivostok.

Le Japon et la Chine.
Le Japon échappe à la colonisation et se transforme radicalement après l'arrivée, en 1853, des navires noirs du commodore américain Matthew Perry, qui force l'ouverture du pays. La crise politique qui s'ensuit aboutit en 1868 à la restauration de Meiji : le shogunat est aboli, le pouvoir impérial restauré formellement, et le pays engage une modernisation accélérée selon le modèle occidental (armée, marine, industrie, éducation, droit). Cette transformation porte rapidement ses fruits sur le plan militaire : le Japon écrase la Chine lors de la guerre sino-japonaise de 1894-1895, obtenant Taïwan et l'indépendance formelle de la Corée, puis surprend le monde en défaisant la Russie en 1905, première victoire d'une puissance asiatique sur une puissance européenne dans un conflit majeur. Le Japon annexe purement et simplement la Corée en 1910.

En Chine, l'effondrement de l'autorité impériale s'accélère après la défaite de 1895 et l'échec de la révolte xénophobe et antichrétienne des Boxers en 1900, sévèrement réprimée par une coalition internationale. La dynastie Qing tente des réformes tardives sans parvenir à se sauver : la révolution de 1911 emporte le dernier empereur, Puyi, encore enfant, et la République de Chine est proclamée en 1912 sous Sun Yat-sen, avant de sombrer rapidement dans une période de fragmentation entre seigneurs de la guerre régionaux.

D'une guerre mondiale à l'autre.
La Première Guerre mondiale profite indirectement à l'Asie : le Japon, allié de l'Entente, s'empare des possessions allemandes du Pacifique et de la concession de Qingdao en Chine, tandis que des centaines de milliers de travailleurs chinois et indiens sont mobilisés en Europe pour l'effort de guerre. Le traité de Versailles, en attribuant au Japon les anciennes concessions allemandes en Chine plutôt que de les restituer à Pékin, déclenche en 1919 le mouvement du 4 Mai, sursaut nationaliste et intellectuel chinois qui contribue à la fondation du Parti communiste chinois en 1921 et à la radicalisation du nationalisme du Kuomintang dirigé après 1925 par Tchang Kaï-chek.

Les décennies 1920 et 1930 sont marquées par la montée en puissance d'un Japon de plus en plus militariste et impérialiste. L'armée japonaise envahit la Mandchourie en 1931 et y installe un État fantoche, le Mandchoukouo, avant de déclencher en 1937 une guerre totale contre la Chine, marquée par des atrocités massives comme le massacre de Nankin. Cette guerre sino-japonaise, qui fait des millions de morts et déplace des dizaines de millions de civils, se fond progressivement dans le second conflit mondial après l'attaque japonaise sur Pearl Harbor en décembre 1941, qui ouvre un front Pacifique où le Japon conquiert rapidement l'Asie du Sud-Est (Indonésie, Indochine, Birmanie, Philippines, Malaisie, Singapour) aux dépens des puissances coloniales européennes affaiblies par la guerre en Europe.

L'occupation japonaise, d'abord présentée comme une libération panasiatique contre le colonialisme occidental, se révèle rapidement brutale, marquée par le travail forcé, les pénuries alimentaires et la répression. Elle affaiblit durablement le prestige des puissances coloniales européennes, vaincues ou chassées par une armée asiatique, et nourrit dans toute la région des mouvements nationalistes qui se préparent, à mesure que la guerre tourne en faveur des Alliés à partir de 1944, à réclamer l'indépendance dès la défaite japonaise. Cette défaite survient en août 1945, après les bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki et l'entrée en guerre soviétique en Mandchourie, mettant fin à quatre siècles et demi durant lesquels l'Asie est passée d'une mosaïque de grands empires autonomes à un continent largement recomposé par la domination coloniale européenne et l'irruption d'une puissance japonaise désormais terrassée.

L'Asie depuis la moitié du XXe siècle
La capitulation du Japon, qui met fin à la Seconde Guerre mondiale dans le Pacifique en août 1945, est aussi sanctionnée par la perte de ses possessions coloniales (Corée, Taïwan, Mandchourie, Asie du Sud), qui basculent dans une période d'incertitude. Les forces américaines occupent l'archipel japonais sous l'autorité du général MacArthur, qui impose une nouvelle constitution en 1947, désarme le pays, démantèle les zaibatsu et engage une refondation démocratique qui prépare, dans la décennie suivante, le décollage économique nippon.

Parallèlement, la fin de la guerre libère aussi un immense mouvement de décolonisation. En Indonésie, Sukarno et Hatta proclament l'indépendance dès août 1945, mais les Pays-Bas tentent de reconquérir l'archipel par la force jusqu'en 1949, année où ils reconnaissent finalement la souveraineté indonésienne sous la pression internationale. En Indochine, Hô Chi Minh proclame de son côté la République démocratique du Viêt Nam en septembre 1945; la France refuse cette indépendance et s'enlise dans une guerre coloniale qui s'achève par le désastre de Diên Biên Phu en 1954. Les accords de Genève qui suivent partagent le Viêt Nam au niveau du 17e parallèle, dans l'attente d'élections jamais tenues, ouvrant la voie à des décennies de conflit.

En Asie du Sud, le Raj britannique se disloque en 1947. L'indépendance s'accompagne d'une partition douloureuse entre l'Inde, à majorité hindoue, et le Pakistan, musulman, scindé en deux ailes séparées par mille kilomètres de territoire indien. Les déplacements de population s'accompagnent de massacres communautaires qui font plusieurs centaines de milliers de morts. Le Cachemire, dont le statut reste disputé, devient immédiatement un point de friction qui déclenche une première guerre indo-pakistanaise. Nehru installe en Inde un régime parlementaire et une politique de non-alignement qui marquera la diplomatie du tiers-monde.

En Chine, la guerre civile entre nationalistes du Kuomintang et communistes de Mao Zedong, suspendue durant la lutte contre le Japon, reprend de plus belle. Malgré le soutien américain, les troupes de Tchang Kaï-chek s'effondrent face à l'avancée communiste. En octobre 1949, Mao proclame la République populaire de Chine à Pékin, tandis que les nationalistes se replient sur l'île de Taïwan, où ils maintiennent jusqu'en 1971 la fiction d'être les représentants légitimes de la Chine aux Nations unies. Ce basculement, le plus important bouleversement géopolitique de l'après-guerre en Asie, ancre durablement la rivalité entre les deux rives du détroit de Formose.

La péninsule coréenne, libérée du Japon mais divisée entre zones d'occupation soviétique au nord et américaine au sud le long du 38e parallèle, devient le théâtre du premier conflit armé majeur de la guerre froide. En juin 1950, les troupes nord-coréennes de Kim Il-sung franchissent la frontière. Sous mandat onusien, une coalition menée par les États-Unis intervient pour repousser l'offensive, avant que l'entrée en guerre de la Chine populaire ne renverse à nouveau le front. Le conflit s'achève par un armistice en 1953, sans traité de paix, le long d'une ligne proche de la frontière initiale : la péninsule reste divisée jusqu'à aujourd'hui, lourdement militarisée le long de la zone démilitarisée.

Les années 1950 voient l'émergence d'un mouvement des pays non-alignés, scellé symboliquement par la conférence de Bandung en 1955, où Nehru, Sukarno, Nasser et Zhou Enlai affirment la volonté des nations afro-asiatiques de ne pas s'inféoder aux deux blocs. En Chine, Mao engage en 1958 le Grand Bond en avant, une collectivisation accélérée et une industrialisation forcée qui provoquent une famine catastrophique, estimée à plusieurs dizaines de millions de morts. La rupture sino-soviétique se consume au tournant des années 1960, sur fond de désaccords idéologiques et de rivalité pour le leadership du mouvement communiste mondial, jusqu'à des accrochages frontaliers en 1969.

Au Viêt Nam, la guerre reprend après l'échec des accords de Genève. Le Sud, dirigé par Ngô Dinh Diêm puis par une succession de régimes militaires soutenus par Washington, affronte une insurrection communiste appuyée par Hanoï. Les États-Unis engagent des troupes combattantes à partir de 1965, déversant un tonnage de bombes sans précédent sur la région, tandis que le conflit s'étend au Laos et au Cambodge voisins. L'offensive du Têt en 1968 retourne l'opinion américaine contre la guerre. Les accords de Paris de 1973 permettent le retrait des troupes américaines, mais les combats se poursuivent jusqu'à la chute de Saïgon en avril 1975 et la réunification du Viêt Nam sous régime communiste. Au Cambodge, les Khmers rouges de Pol Pot prennent le pouvoir la même année et imposent un régime de terreur qui extermine près du quart de la population du pays avant d'être renversés par une invasion vietnamienne en 1979.

En Chine, la mort de Mao en 1976 met fin à la Révolution culturelle, décennie de chaos politique et de persécutions qui a ravagé les institutions et l'élite intellectuelle du pays. Deng Xiaoping s'impose progressivement et lance, à partir de 1978, une politique de réforme et d'ouverture : décollectivisation des campagnes, création de zones économiques spéciales, ouverture aux investissements étrangers. La croissance chinoise s'accélère sur des bases nouvelles, sans que le Parti communiste ne renonce à son monopole politique, comme le rappelle brutalement la répression du mouvement étudiant de la place Tiananmen en juin 1989.

Pendant ce temps, le Japon connaît un essor économique spectaculaire, porté par l'exportation, l'innovation industrielle et un État stratège, jusqu'à devenir la deuxième économie mondiale dans les années 1980. Les "quatre dragons " (Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong et Singapour) suivent une trajectoire comparable d'industrialisation rapide tournée vers l'exportation, sous des régimes autoritaires qui se libéralisent progressivement : la Corée du Sud sort de la dictature militaire à la fin des années 1980, Taïwan engage sa démocratisation à la même époque. L'Association des nations de l'Asie du Sud-Est, fondée en 1967 par l'Indonésie, la Malaisie, les Philippines, Singapour et la Thaïlande, devient le cadre d'une intégration régionale prudente, élargie après la guerre froide au Viêt Nam, au Laosen Birmanie et au Cambodge.

En Asie du Sud, l'Inde et le Pakistan s'affrontent à nouveau en 1965, puis en 1971, lorsque la répression de l'armée pakistanaise contre le Bengale oriental, soutenue par une intervention indienne, débouche sur l'indépendance du Bangladesh. L'Inde fait exploser sa première bombe nucléaire en 1974, suivie par le Pakistan en 1998, installant une dissuasion mutuelle instable sur la ligne de contrôle du Cachemire. En 1991, confrontée à une crise de la balance des paiements, l'Inde engage sous Manmohan Singh une libéralisation économique qui ouvre une phase de croissance soutenue.

L'Afghanistan bascule en 1979 dans une guerre qui mobilise durablement la région : l'intervention soviétique pour soutenir un régime communiste fragile se heurte à une insurrection moudjahidine financée par les États-Unis, le Pakistan et l'Arabie saoudite. Le retrait soviétique en 1989 laisse le pays exsangue, livré à une guerre civile dont émergent les talibans, qui prennent Kaboul en 1996. À l'ouest, la guerre Iran-Irak, déclenchée par l'invasion irakienne en 1980, ensanglante pendant huit ans le Golfe sans déplacer durablement les frontières, tandis que la révolution iranienne de 1979 a déjà renversé le Shah et installé une République islamique sous l'autorité de l'ayatollah Khomeini.

L'effondrement de l'Union soviétique en 1991 redessine la carte de l'Asie centrale : Kazakhstan, Ouzbékistan, Turkménistan, Kirghizistan et Tadjikistan deviennent des États indépendants, dirigés pour la plupart par les anciennes nomenklatura locales, dans une région désormais convoitée pour ses ressources énergétiques. La même décennie voit la rétrocession de Hong Kong par le Royaume-Uni à la Chine en 1997, sous la formule « un pays, deux systèmes » censée garantir l'autonomie du territoire pour cinquante ans.

La crise financière asiatique de 1997 frappe brutalement la Thaïlande, l'Indonésie, la Corée du Sud et leurs voisins : effondrement des monnaies, fuite des capitaux, intervention du Fonds monétaire international assortie de plans d'austérité douloureux. En Indonésie, la crise précipite la chute du régime de Suharto après trente-deux ans de pouvoir. La région se redresse pourtant rapidement, et la Chine poursuit sa montée en puissance, intégrant l'Organisation mondiale du commerce en 2001 et devenant l'atelier industriel du monde, avant de dépasser le Japon comme deuxième économie mondiale en 2010.

Les attentats du 11 septembre 2001 entraînent l'intervention américaine en Afghanistan, qui renverse le régime taliban sans parvenir à stabiliser durablement le pays; les talibans reprennent le pouvoir en 2021 après le retrait précipité des forces occidentales. La Corée du Nord, isolée et appauvrie, poursuit son programme nucléaire malgré les sanctions internationales et procède à son premier essai en 2006, devenant une puissance nucléaire de facto reconnue par aucun traité. À Taïwan, la démocratisation se consolide tandis que les tensions avec Pékin, qui considère l'île comme une province renégate, restent vives, ponctuées de crises dans le détroit.

Dans les années 2000-2010, les Révolutions de couleur et les Printemps arabes ont été des mouvements qui ont secoué plusieurs pays asiatiques et du Moyen-Orient, illustrant les aspirations pour la démocratie et les droits humains dans la région.

Dans les années 2010 et 2020, la Chine de Xi Jinping affirme une ambition de puissance globale, à travers les nouvelles routes de la soie qui financent infrastructures et ports de l'Asie à l'Afrique, une modernisation militaire rapide et des revendications territoriales affirmées en mer de Chine méridionale, contestées par le Viêt Nam, les Philippines et d'autres riverains. À Hong Kong, d'immenses manifestations prodémocratie secouent le territoire en 2019, suivies d'une reprise en main par Pékin qui impose en 2020 une loi de sécurité nationale mettant fin de fait à l'autonomie promise. En Inde, Narendra Modi installe à partir de 2014 un nationalisme hindou qui transforme le paysage politique, pendant que le pays s'affirme comme la nation la plus peuplée du monde et un pôle de croissance technologique. La Birmanie, après une décennie d'ouverture démocratique partielle, retombe en 2021 sous le contrôle direct de la junte militaire à la suite d'un coup d'État contre le gouvernement d'Aung San Suu Kyi, déclenchant une guerre civile diffuse qui se poursuit dans les années suivantes.

La pandémie de covid-19, apparue à Wuhan fin 2019, paralyse durant plus de deux ans les économies asiatiques, entre confinements stricts en Chine et stratégies plus souples ailleurs, avant que la région ne retrouve une croissance vigoureuse portée par la reprise des chaînes de valeur industrielles. Dans la seconde moitié des années 2020, la rivalité sino-américaine structure désormais l'ensemble de la géopolitique régionale : guerre technologique sur les semi-conducteurs, rapprochements stratégiques entre Washington, Tokyo, Séoul, Canberra et New Delhi face à l'affirmation chinoise, tensions persistantes sur Taïwan et en mer de Chine méridionale, tandis que l'Inde tente de se positionner comme un pôle alternatif de croissance et de puissance entre un Occident en quête de partenaires fiables et une Chine omniprésente. L'Asie, devenue depuis longtemps le centre de gravité économique de la planète, demeure ainsi traversée par les lignes de fracture héritées de la décolonisation et de la guerre froide, recomposées par huit décennies de croissance, de conflits et de transformations politiques.



Olivier Roy, L'Asie centrale contemporaine, PUF (QSJ), 2010. - Les cinq républiques d'Asie centrale, créées par le système soviétique, sont devenues indépendantes en 1991. Quelles références identitaires font aujourd'hui des républiques d'Asie centrale un ensemble homogène? En analysant les origines du nationalisme qui constitue leur soubassement idéologique, cet ouvrage donne au lecteur la clef des enjeux politiques majeurs de cette région du monde. (couv.).

François Gipouloux, La Méditerranée asiatique : villes portuaires et réseaux marchands en Chine, au Japon et en Asie du Sud-Est, XVIe-XXIe siècle, CNRS Editions, 2009. - La Méditerranée au XIVe siècle, un modèle pour comprendre l'Asie de l'Est du XXIe siècle? C'est la thèse de François Gipouloux dans cette somme ambitieuse qui bouscule les représentations dominantes, avec pour illustration l'un des grands poumons de l'économie mondiale, un espace maritime bordé de villes-Etats, de pôles industriels et de places financières : la Méditerranée asiatique, de Vladivostok à Singapour en passant par la mer Jaune et la mer des Célèbes. Un modèle géographique et institutionnel innovant, qui se caractérise par l'autonomie des centres urbains, une souveraineté diffuse et des pratiques d'affaires communes. Aspirée par la dynamique à l'oeuvre dans ce corridor maritime, la Chine bascule lentement de son assise continentale, collectiviste et autarcique, vers l'Asie maritime, ouverte et commerçante. Elle réactive ainsi une tradition éteinte depuis la fin des grandes expéditions qui, au début du XVe siècle, avaient conduit les flottes chinoises sur les côtes de l'Afrique. Une étude fondamentale, dans la tradition des grands travaux de Fernand Braudel. (couv).

.


[Histoire politique][Biographies][Cartothque]
[Aide][Recherche sur Internet]

© Serge Jodra, 2007 2026. - Reproduction interdite.