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Le
Moyen-Orient non arabe
L'Asie du Sud-Est
Le monde indien
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La
Chine et l'extrême Orient
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La préhistoire de l'AsiePaléolithique.Les premières traces d'hominidés en Asie remontent à environ 1,8 million d'années. L'Homo erectus est l'un des premiers à avoir habité l'Asie, avec des sites importants comme Zhoukoudian près de Pékin, en Chine. Les populations du Paléolithique utilisaient des outils en pierre pour la chasse et la cueillette. Les bifaces et les hachereaux sont des exemples typiques de cette période. L'arrivée des Homo sapiens en Asie se situe autour de 50 000 à 40 000 ans avant notre ère. Ils ont apporté des techniques plus avancées de fabrication d'outils et d'armes. Des traces d'art rupestre, comme celles trouvées dans les grottes de Bhimbetka en Inde, montrent l'expression artistique et les croyances spirituelles des peuples de cette époque. Mésolithique.
Néolithique.
L'un des premiers villages néolithiques en Chine, Jiahu, montre des signes d'une culture complexe avec la domestication des animaux, la culture des céréales et même des formes rudimentaires de musique. Situé dans la vallée de l'Indus au Pakistan actuel, Mehrgarh est l'un des premiers sites à montrer des preuves de pratiques agricoles et de domestication des animaux en Asie du Sud. Chalcolithique.
Ces développements
ont préparé le terrain pour les grandes civilisations comme celles de
la Mésopotamie, de la vallée de l'Indus Les premières civilisationsL'Asie renferme les civilisations les plus vieilles de l'histoire (en exceptant l'Egypte qui touche à l'Asie), Non seulement la civilisation européenne y a une partie de ses origines, mais deux autres civilisations aussi importantes s'y sont développées et continuées jusqu'à nos jours, en Inde et en Chine. Dans la Chine, l'Inde et la Mésopotamie, la plaine de l'Asie antérieure, l'histoire commence à s'écrire environ 3000 ans avant notre ère.Civilisation de
la vallée de l'Indus.
Civilisation de
la Chine ancienne.
Civilisation mésopotamienne.
Civilisation perse
(empire achéménide).
Civilisation indienne
(empires Maurya et Gupta).
Civilisation japonaise
(périodes Yayoi et Kofun).
L'Asie du VIIe siècle au XVIe siècleL'expansion de l'Islam.Au VIIe siècle, les Arabes, restés jusqu'alors en dehors du mouvement, sortirent de leur presqu'île et conquirent en quelques années toute l'Asie orientale jusqu'à l'Indus, en y ajoutant le Touran L'Inde.
La Chine.
Le Japon.
Les Mongols.
La puissance ottomane.
That Dam, le Stupa Noir, à Vientiane (Laos). - Il est supposé contenir des reliques bouddhiste. Selon la légende, un dragon à sept têtes vit sous l'édifice et protège la ville. Source : The World Factbook. Du XVIe siècle à nos joursLes grands empires.Inde. En Inde, Babur, descendant de Gengis Khan et de Tamerlan, franchit l'Hindū Kūsh et fonde en 1526 l'empire moghol après sa victoire à Panipat. Ses successeurs, en particulier Akbar au XVIe siècle, étendent et consolident cet empire par une administration centralisée, une fiscalité agraire efficace et une politique de tolérance religieuse envers la majorité hindoue. Sous Shah Jahan, qui fait édifier le Taj Mahal au XVIIe siècle, puis sous Aurangzeb, qui pousse les frontières de l'empire vers le sud mais abandonne la tolérance religieuse de ses prédécesseurs, l'empire atteint son apogée territoriale avant d'entamer un lent déclin au XVIIIe siècle, fragmenté par les révoltes marathes, l'autonomie croissante des gouverneurs provinciaux et les invasions afghanes et perses. Chine.
Japon.
Asie
du Sud-Est.
Les Européens
en Asie.
Le XVIIIe siècle voit la rivalité franco-britannique se transporter en Inde à la faveur de l'affaiblissement moghol. La Compagnie britannique des Indes orientales, après sa victoire à Plassey en 1757 sous Robert Clive, s'empare du contrôle du Bengale et engage une expansion méthodique qui la rend maîtresse, au tournant du XIXe siècle, de la plus grande partie du sous-continent, gouverné indirectement par un système d'alliances avec les princes locaux et une administration commerciale dotée de ses propres armées. La Chine des Qing, encore perçue en Europe comme un empire puissant, s'effondre face à la première guerre de l'Opium déclenchée par les Britanniques en 1839 pour défendre leur commerce de l'opium indien, interdit par Pékin. La défaite chinoise débouche sur le traité de Nankin en 1842, qui cède Hong Kong et ouvre plusieurs ports au commerce étranger sous régime d'extraterritorialité. Une seconde guerre de l'Opium, menée conjointement par la France et le Royaume-Uni entre 1856 et 1860, aggrave l'humiliation, marquée par le sac et l'incendie du palais d'Été. Ces défaites ouvrent un "siècle d'humiliations" durant lequel les puissances étrangères imposent des concessions, tandis que l'empire est secoué de l'intérieur par la révolte des Taiping entre 1850 et 1864, guerre civile dévastatrice qui fait plusieurs dizaines de millions de morts. En Inde, la révolte des cipayes éclate en 1857, insurrection militaire et populaire d'une ampleur considérable contre la domination de la Compagnie. Sa répression brutale entraîne la dissolution de la Compagnie des Indes orientales et le passage direct du sous-continent sous administration de la Couronne britannique en 1858 : c'est le début du Raj britannique, formalisé par le titre d'empereur des Indes attribué à Victoria en 1876. Le Royaume-Uni développe alors chemins de fer, télégraphe et administration moderne, tout en maintenant une exploitation économique qui provoque des famines récurrentes et nourrit, à partir de la fin du siècle, l'émergence d'un mouvement nationaliste indien autour du Congrès national indien fondé en 1885. L'Asie du Sud-Est bascule à son tour sous domination coloniale complète. Les Pays-Bas consolident leur emprise sur l'ensemble des Indes orientales néerlandaises, la France constitue à partir des années 1860 l'Indochine française en s'emparant de la Cochinchine puis en imposant son protectorat sur l'Annam, le Tonkin et le Cambodge, avant d'y rattacher le Laos en 1893. Le Royaume-Uni annexe progressivement la Birmanie au cours de trois guerres successives entre 1824 et 1885, et étend son influence sur la péninsule malaise. Seul le royaume de Siam, sous les rois Mongkut puis Chulalongkorn, parvient à préserver son indépendance en jouant des rivalités franco-britanniques et en engageant ses propres réformes de modernisation. Alors que Portugais, Hollandais, Anglais et Français ont abordé l'Asie par mer; les Russes, venus par terre, s'y sont taillé au Nord un immense empire; de 1579 à 1581, le cosaque' Ermak conquit le royaume de Sibri (Sibérie), il en fit hommage à Ivan le Terrible; en 1639 les Cosaques atteignaient la mer d'Okhotsk; en 1689 fut conclu avec la Chine le traité de Nertchinsk qui laissait aux Chinois tout le bassin de l'Amour; il n'empêcha pas les colons et chasseurs russes de s'y établir : l'expédition de Middendorf en révéla toute l'importance et, en 1860, les Russes se firent céder, non seulement tout le pays jusqu'à l'Amour, mais la Mandchourie maritime entre l'Oussouri et la côte; ils y fondèrent le port de Vladivostok. Ensuite, les Russes ont tourné leurs efforts du côté du Touran; ils ont fait reconnaître leur suprématie aux Kirghiz et, depuis 1863, se sont emparés de tout le bassin du Syr-daria, Khiva a été soumise en 1874, Merv s'est soumise en 1882; Boukhara et Khiva n'eurent plus qu'une indépendance nominale et Hérat fut sérieusement menacée. La conquête du Caucase a été plus laborieuse; il a fallu d'abord enlever à la Turquie et à la Perse les provinces du Sud (XVIIIe siècle), puis soumettre les montagnards désormais enveloppés de tous côtés, ceux de l'Ouest, dirigés par Chamyl, ont résisté jusqu'en 1864. En 1878, un nouveau lambeau de territoire a été arraché à la Turquie. A la fin du XIXe siècle, les Russes, maîtres de l'Asie septentrionale, et les Anglais, maîtres de l'Asie méridionale, sont naturellement rivaux; dans la région du Pamir leurs frontières se touchent presque et leurs protégés turkmènes ou afghans sont déjà aux prises. Dans toute l'Asie antérieure, de Constantinople / Istanbul à Kaboul, l'influence russe et l'influence anglaise se disputent la terrain; dans le Pacifique, les Anglais ont un instant occupé Port-Hamilton pour surveiller Vladivostok. Le Japon et la
Chine.
En Chine, l'effondrement de l'autorité impériale s'accélère après la défaite de 1895 et l'échec de la révolte xénophobe et antichrétienne des Boxers en 1900, sévèrement réprimée par une coalition internationale. La dynastie Qing tente des réformes tardives sans parvenir à se sauver : la révolution de 1911 emporte le dernier empereur, Puyi, encore enfant, et la République de Chine est proclamée en 1912 sous Sun Yat-sen, avant de sombrer rapidement dans une période de fragmentation entre seigneurs de la guerre régionaux. D'une guerre mondiale
à l'autre.
Les décennies 1920 et 1930 sont marquées par la montée en puissance d'un Japon de plus en plus militariste et impérialiste. L'armée japonaise envahit la Mandchourie en 1931 et y installe un État fantoche, le Mandchoukouo, avant de déclencher en 1937 une guerre totale contre la Chine, marquée par des atrocités massives comme le massacre de Nankin. Cette guerre sino-japonaise, qui fait des millions de morts et déplace des dizaines de millions de civils, se fond progressivement dans le second conflit mondial après l'attaque japonaise sur Pearl Harbor en décembre 1941, qui ouvre un front Pacifique où le Japon conquiert rapidement l'Asie du Sud-Est (Indonésie, Indochine, Birmanie, Philippines, Malaisie, Singapour) aux dépens des puissances coloniales européennes affaiblies par la guerre en Europe. L'occupation japonaise, d'abord présentée comme une libération panasiatique contre le colonialisme occidental, se révèle rapidement brutale, marquée par le travail forcé, les pénuries alimentaires et la répression. Elle affaiblit durablement le prestige des puissances coloniales européennes, vaincues ou chassées par une armée asiatique, et nourrit dans toute la région des mouvements nationalistes qui se préparent, à mesure que la guerre tourne en faveur des Alliés à partir de 1944, à réclamer l'indépendance dès la défaite japonaise. Cette défaite survient en août 1945, après les bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki et l'entrée en guerre soviétique en Mandchourie, mettant fin à quatre siècles et demi durant lesquels l'Asie est passée d'une mosaïque de grands empires autonomes à un continent largement recomposé par la domination coloniale européenne et l'irruption d'une puissance japonaise désormais terrassée. L'Asie depuis
la moitié du XXe siècle
Parallèlement, la fin de la guerre libère aussi un immense mouvement de décolonisation. En Indonésie, Sukarno et Hatta proclament l'indépendance dès août 1945, mais les Pays-Bas tentent de reconquérir l'archipel par la force jusqu'en 1949, année où ils reconnaissent finalement la souveraineté indonésienne sous la pression internationale. En Indochine, Hô Chi Minh proclame de son côté la République démocratique du Viêt Nam en septembre 1945; la France refuse cette indépendance et s'enlise dans une guerre coloniale qui s'achève par le désastre de Diên Biên Phu en 1954. Les accords de Genève qui suivent partagent le Viêt Nam au niveau du 17e parallèle, dans l'attente d'élections jamais tenues, ouvrant la voie à des décennies de conflit. En Asie du Sud, le Raj britannique se disloque en 1947. L'indépendance s'accompagne d'une partition douloureuse entre l'Inde, à majorité hindoue, et le Pakistan, musulman, scindé en deux ailes séparées par mille kilomètres de territoire indien. Les déplacements de population s'accompagnent de massacres communautaires qui font plusieurs centaines de milliers de morts. Le Cachemire, dont le statut reste disputé, devient immédiatement un point de friction qui déclenche une première guerre indo-pakistanaise. Nehru installe en Inde un régime parlementaire et une politique de non-alignement qui marquera la diplomatie du tiers-monde. En Chine, la guerre civile entre nationalistes du Kuomintang et communistes de Mao Zedong, suspendue durant la lutte contre le Japon, reprend de plus belle. Malgré le soutien américain, les troupes de Tchang Kaï-chek s'effondrent face à l'avancée communiste. En octobre 1949, Mao proclame la République populaire de Chine à Pékin, tandis que les nationalistes se replient sur l'île de Taïwan, où ils maintiennent jusqu'en 1971 la fiction d'être les représentants légitimes de la Chine aux Nations unies. Ce basculement, le plus important bouleversement géopolitique de l'après-guerre en Asie, ancre durablement la rivalité entre les deux rives du détroit de Formose. La péninsule coréenne, libérée du Japon mais divisée entre zones d'occupation soviétique au nord et américaine au sud le long du 38e parallèle, devient le théâtre du premier conflit armé majeur de la guerre froide. En juin 1950, les troupes nord-coréennes de Kim Il-sung franchissent la frontière. Sous mandat onusien, une coalition menée par les États-Unis intervient pour repousser l'offensive, avant que l'entrée en guerre de la Chine populaire ne renverse à nouveau le front. Le conflit s'achève par un armistice en 1953, sans traité de paix, le long d'une ligne proche de la frontière initiale : la péninsule reste divisée jusqu'à aujourd'hui, lourdement militarisée le long de la zone démilitarisée. Les années 1950 voient l'émergence d'un mouvement des pays non-alignés, scellé symboliquement par la conférence de Bandung en 1955, où Nehru, Sukarno, Nasser et Zhou Enlai affirment la volonté des nations afro-asiatiques de ne pas s'inféoder aux deux blocs. En Chine, Mao engage en 1958 le Grand Bond en avant, une collectivisation accélérée et une industrialisation forcée qui provoquent une famine catastrophique, estimée à plusieurs dizaines de millions de morts. La rupture sino-soviétique se consume au tournant des années 1960, sur fond de désaccords idéologiques et de rivalité pour le leadership du mouvement communiste mondial, jusqu'à des accrochages frontaliers en 1969. Au Viêt Nam, la guerre reprend après l'échec des accords de Genève. Le Sud, dirigé par Ngô Dinh Diêm puis par une succession de régimes militaires soutenus par Washington, affronte une insurrection communiste appuyée par Hanoï. Les États-Unis engagent des troupes combattantes à partir de 1965, déversant un tonnage de bombes sans précédent sur la région, tandis que le conflit s'étend au Laos et au Cambodge voisins. L'offensive du Têt en 1968 retourne l'opinion américaine contre la guerre. Les accords de Paris de 1973 permettent le retrait des troupes américaines, mais les combats se poursuivent jusqu'à la chute de Saïgon en avril 1975 et la réunification du Viêt Nam sous régime communiste. Au Cambodge, les Khmers rouges de Pol Pot prennent le pouvoir la même année et imposent un régime de terreur qui extermine près du quart de la population du pays avant d'être renversés par une invasion vietnamienne en 1979. En Chine, la mort de Mao en 1976 met fin à la Révolution culturelle, décennie de chaos politique et de persécutions qui a ravagé les institutions et l'élite intellectuelle du pays. Deng Xiaoping s'impose progressivement et lance, à partir de 1978, une politique de réforme et d'ouverture : décollectivisation des campagnes, création de zones économiques spéciales, ouverture aux investissements étrangers. La croissance chinoise s'accélère sur des bases nouvelles, sans que le Parti communiste ne renonce à son monopole politique, comme le rappelle brutalement la répression du mouvement étudiant de la place Tiananmen en juin 1989. Pendant ce temps, le Japon connaît un essor économique spectaculaire, porté par l'exportation, l'innovation industrielle et un État stratège, jusqu'à devenir la deuxième économie mondiale dans les années 1980. Les "quatre dragons " (Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong et Singapour) suivent une trajectoire comparable d'industrialisation rapide tournée vers l'exportation, sous des régimes autoritaires qui se libéralisent progressivement : la Corée du Sud sort de la dictature militaire à la fin des années 1980, Taïwan engage sa démocratisation à la même époque. L'Association des nations de l'Asie du Sud-Est, fondée en 1967 par l'Indonésie, la Malaisie, les Philippines, Singapour et la Thaïlande, devient le cadre d'une intégration régionale prudente, élargie après la guerre froide au Viêt Nam, au Laosen Birmanie et au Cambodge. En Asie du Sud, l'Inde et le Pakistan s'affrontent à nouveau en 1965, puis en 1971, lorsque la répression de l'armée pakistanaise contre le Bengale oriental, soutenue par une intervention indienne, débouche sur l'indépendance du Bangladesh. L'Inde fait exploser sa première bombe nucléaire en 1974, suivie par le Pakistan en 1998, installant une dissuasion mutuelle instable sur la ligne de contrôle du Cachemire. En 1991, confrontée à une crise de la balance des paiements, l'Inde engage sous Manmohan Singh une libéralisation économique qui ouvre une phase de croissance soutenue. L'Afghanistan bascule en 1979 dans une guerre qui mobilise durablement la région : l'intervention soviétique pour soutenir un régime communiste fragile se heurte à une insurrection moudjahidine financée par les États-Unis, le Pakistan et l'Arabie saoudite. Le retrait soviétique en 1989 laisse le pays exsangue, livré à une guerre civile dont émergent les talibans, qui prennent Kaboul en 1996. À l'ouest, la guerre Iran-Irak, déclenchée par l'invasion irakienne en 1980, ensanglante pendant huit ans le Golfe sans déplacer durablement les frontières, tandis que la révolution iranienne de 1979 a déjà renversé le Shah et installé une République islamique sous l'autorité de l'ayatollah Khomeini. L'effondrement de l'Union soviétique en 1991 redessine la carte de l'Asie centrale : Kazakhstan, Ouzbékistan, Turkménistan, Kirghizistan et Tadjikistan deviennent des États indépendants, dirigés pour la plupart par les anciennes nomenklatura locales, dans une région désormais convoitée pour ses ressources énergétiques. La même décennie voit la rétrocession de Hong Kong par le Royaume-Uni à la Chine en 1997, sous la formule « un pays, deux systèmes » censée garantir l'autonomie du territoire pour cinquante ans. La crise financière asiatique de 1997 frappe brutalement la Thaïlande, l'Indonésie, la Corée du Sud et leurs voisins : effondrement des monnaies, fuite des capitaux, intervention du Fonds monétaire international assortie de plans d'austérité douloureux. En Indonésie, la crise précipite la chute du régime de Suharto après trente-deux ans de pouvoir. La région se redresse pourtant rapidement, et la Chine poursuit sa montée en puissance, intégrant l'Organisation mondiale du commerce en 2001 et devenant l'atelier industriel du monde, avant de dépasser le Japon comme deuxième économie mondiale en 2010. Les attentats du 11 septembre 2001 entraînent l'intervention américaine en Afghanistan, qui renverse le régime taliban sans parvenir à stabiliser durablement le pays; les talibans reprennent le pouvoir en 2021 après le retrait précipité des forces occidentales. La Corée du Nord, isolée et appauvrie, poursuit son programme nucléaire malgré les sanctions internationales et procède à son premier essai en 2006, devenant une puissance nucléaire de facto reconnue par aucun traité. À Taïwan, la démocratisation se consolide tandis que les tensions avec Pékin, qui considère l'île comme une province renégate, restent vives, ponctuées de crises dans le détroit. Dans les années 2000-2010, les Révolutions de couleur et les Printemps arabes ont été des mouvements qui ont secoué plusieurs pays asiatiques et du Moyen-Orient, illustrant les aspirations pour la démocratie et les droits humains dans la région. Dans les années 2010 et 2020, la Chine de Xi Jinping affirme une ambition de puissance globale, à travers les nouvelles routes de la soie qui financent infrastructures et ports de l'Asie à l'Afrique, une modernisation militaire rapide et des revendications territoriales affirmées en mer de Chine méridionale, contestées par le Viêt Nam, les Philippines et d'autres riverains. À Hong Kong, d'immenses manifestations prodémocratie secouent le territoire en 2019, suivies d'une reprise en main par Pékin qui impose en 2020 une loi de sécurité nationale mettant fin de fait à l'autonomie promise. En Inde, Narendra Modi installe à partir de 2014 un nationalisme hindou qui transforme le paysage politique, pendant que le pays s'affirme comme la nation la plus peuplée du monde et un pôle de croissance technologique. La Birmanie, après une décennie d'ouverture démocratique partielle, retombe en 2021 sous le contrôle direct de la junte militaire à la suite d'un coup d'État contre le gouvernement d'Aung San Suu Kyi, déclenchant une guerre civile diffuse qui se poursuit dans les années suivantes. La pandémie de covid-19, apparue à Wuhan fin 2019, paralyse durant plus de deux ans les économies asiatiques, entre confinements stricts en Chine et stratégies plus souples ailleurs, avant que la région ne retrouve une croissance vigoureuse portée par la reprise des chaînes de valeur industrielles. Dans la seconde moitié des années 2020, la rivalité sino-américaine structure désormais l'ensemble de la géopolitique régionale : guerre technologique sur les semi-conducteurs, rapprochements stratégiques entre Washington, Tokyo, Séoul, Canberra et New Delhi face à l'affirmation chinoise, tensions persistantes sur Taïwan et en mer de Chine méridionale, tandis que l'Inde tente de se positionner comme un pôle alternatif de croissance et de puissance entre un Occident en quête de partenaires fiables et une Chine omniprésente. L'Asie, devenue depuis longtemps le centre de gravité économique de la planète, demeure ainsi traversée par les lignes de fracture héritées de la décolonisation et de la guerre froide, recomposées par huit décennies de croissance, de conflits et de transformations politiques.
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