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La Grèce antique
Les Grecs anciens nommaient la Grèce Hellas (Hellade); les Romains l'appelèrent Graecia, du nom d'une tribu hellène, celle des Graikoi, établie dans l'Italie méridionale, et plus tard, quand ils en eurent fait la conquête, Achaïa, du nom de la ligue achéenne. La Péninsule et les îles les plus rapprochées, rassemblaient selon certaines estimations entre 3,5 et 6 millions d'habitants sur un espace de 60 000 km² environ. C'était un territoire riche en forêts qui couvraient ses montagnes. Avec son sol argileux et crayeux, et son relief escarpé, la Grèce était peu propre à la culture, à part quelques petites vallées d'alluvions; malgré cela, l'agriculture y fut pratiquée dès les temps les plus reculés : le blé, la vigne, l'olivier, le figuier, la poire, la pomme, la grenade y étaient connues. Au temps d'Homère et d'Hésiode, on savait préparer le vin et l'huile. On élevait des moutons, des porcs, des ânes et des chevaux. Des bois de leurs forêts, du fer de Laconie, du cuivre de l'Eubée, de l'argent de l'Attique, et des marbres précieux de leurs montagnes, les Grecs surent tirer les matières premières nécessaires aux arts et à l'industrie. Mais c'est à la mer surtout que les Grecs allaient devoir leur prospérité D'abord pirates, à l'imitation des Phéniciens, les premiers habitants de la Grèce se livrèrent de bonne heure à la navigation et à la pêche maritime, puis devinrent parmi les principaux agents de commerce maritime dans toute la Méditerranée.

On divise habituellement l'histoire de la Grèce ancienne en plusieurs pĂ©riodes. La première, dite, faute de mieux, prĂ©-hellĂ©nique. Les grands foyers de civilisation sont d'abord insulaires. On les trouve en Crète (civilisation minoenne) et dans les petites Ă®les de la mer ÉgĂ©e. La Grèce continentale est Ă©galement peuplĂ©e dès le PalĂ©olithique, mais c'est surtout Ă  partir de la toute fin du IIIe millĂ©naire, avec l'arrivĂ©e par vagues successives de populations venues d'Asie (via l'Ukraine actuelle?) et parlant des langues indo-europĂ©ennes, que la PĂ©ninsule entre dans l'histoire. On croit que c'est de leur mĂ©lange avec les populations locales que naĂ®t la civilisation achĂ©enne, qui elle-mĂŞme nourrie d'apports minoens, donne naissance Ă  la civilisation mycĂ©nienne (en gros entre 1500 et 1100 av. notre ère), du nom de son foyer principal, Mycènes, dans le PĂ©loponnèse. De nouvelles vagues d'immigrants Indo-europĂ©ens font  leur apparition pendant cette pĂ©riode : les  Ioniens, suivis des Éoliens et des Minyens. Vers le XIIe siècle, c'est au tour des Doriens de faire irruption sur la scène grecque. Leur arrivĂ©e est concomitante avec la disparition de la civilisation mycĂ©nienne et prĂ©lude une pĂ©riode obscure, qui se termine vers la fin du IXe siècle. Vient alors le temps des Hellènes, dont la culture apparaĂ®t comme synthèse de celles des Doriens et des populations antĂ©rieures. Ils fondent la civilisation grecque proprement dite. Elle peut ĂŞtre divisĂ©e en trois (ou quatre) pĂ©riodes : la pĂ©riode dite archaĂŻque qui s'Ă©tend jusqu'Ă  la fin du VIe siècle, la pĂ©riode classique, inaugurĂ©e par les invasions des Perses, et qui correspondra Ă  l'âge d'or de la Grèce ancienne, avec l'apogĂ©e d'Athènes, la  pĂ©riode hellĂ©nistique, Ă  partir des conquĂŞtes d'Alexandre (IVe siècle), qui place sous la Grèce sous la domination macĂ©donienne. A quoi on peut ajoutĂ© la pĂ©riode romaine, au cours de laquelle ce qui reste de la civilisation grecque finit de se disloquer. 
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Carte des peuples helléniques de la Grčce continentale.
Carte schématique de la Grèce continentale
pendant la période préhistorique.

Les premiers âges de la Grèce

Au Néolithique, à partir du VIIe millénaire av. JC, des communautés agricoles s'installent durablement, notamment en Thessalie et en Macédoine, cultivant le blé et l'orge et domestiquant moutons, chèvres et bovins. Des sites comme Sesklo et Dimini révèlent des villages organisés avec des maisons en brique crue, parfois entourés d'enceintes. C'est la lente constitution d'un substrat de populations qui ne parlent pas encore le grec, une langue qui arrivera bien plus tard avec des vagues de migrants indo-européens.

La transition majeure s'opère à l'Âge du Bronze ancien, aux alentours de 3000 av. JC, avec l'apparition de la métallurgie du bronze. Mais c'est dans les Cyclades (Le monde égéen), et surtout en Crète, que le phénomène le plus remarquable émerge. La civilisation minoenne prend son essor vers 2700 av. JC, centrée autour de vastes complexes palatiaux qui ne sont pas de simples résidences royales mais des centres économiques, religieux et administratifs. Les palais de Cnossos, de Phaistos, de Malia, puis plus tard de Zakros, sont des labyrinthes de plusieurs étages, dotés de systèmes sophistiqués de gestion des surplus agricoles, attestés par des milliers de tablettes en linéaire A, une écriture toujours non déchiffrée. La société minoenne semble avoir été profondément pacifique et dominée par une élite marchande qui rayonne sur toute la Méditerranée orientale, exportant huile, vin, céramique et objets d'art. L'art minoen, avec ses fresques aux dauphins, ses déesses aux serpents et ses sauts de taureaux, témoigne d'une civilisation tournée vers la mer, dont la thalassocratie est mythifiée plus tard par Thucydide. Cette apogée est brutalement interrompue au XVIIe siècle par l'éruption cataclysmique du volcan de Santorin, qui anéantit le site d'Akrotiri et affaiblit durablement la Crète par les tsunamis et les retombées de cendres.

Mycènes.
C'est dans ce contexte qu'Ă©merge, sur le continent, une puissance nouvelle parlant une forme archaĂŻque de grec : les MycĂ©niens. Venus par vagues successives du nord, ces Indo-EuropĂ©ens se sont mĂŞlĂ©s aux populations prĂ©existantes pour donner naissance, autour de 1600, Ă  une civilisation guerrière radicalement diffĂ©rente, que l'on dĂ©couvre d'abord dans les tombes Ă  fosse de Mycènes, regorgeant d'armes, de bijoux et de masques d'or, comme le cĂ©lèbre "masque d'Agamemnon". La sociĂ©tĂ© mycĂ©nienne est une monarchie bureaucratique centrĂ©e sur un roi, le wanax, qui règne depuis une citadelle fortifiĂ©e. Mycènes, Tyrinthe, Pylos, Athènes ou Thèbes sont des centres de pouvoir indĂ©pendants, construits sur des collines escarpĂ©es aux murs dits "cyclopĂ©ens", composĂ©s de blocs si Ă©normes que les Grecs ultĂ©rieurs les attribuaient aux Cyclopes. 

Le monde mycénien est un monde de guerre et de hiérarchie rigide. Au sommet se trouve le wanax, puis le lawagetas, chef de l'armée, suivi par une aristocratie de compagnons d'armes, les hequetai, et une masse de paysans et d'artisans consignés dans des registres tenus par des scribes. Ceux-ci ont adapté l'écriture minoenne pour transcrire leur propre langue, créant le linéaire B, déchiffré en 1952 par Michael Ventris, qui a prouvé que cette langue était du grec archaïque. Ces tablettes, faites d'argile crue et cuites accidentellement lors des incendies des palais, ne sont pas de la littérature, mais de sèches listes comptables : rations d'orge, nombre de roues de chars, offrandes aux dieux. On y lit déjà les noms de Zeus, Héra, Poséidon, Dionysos, attestant une continuité religieuse profonde avec la période classique.

Les Mycéniens sont des bâtisseurs et des commerçants redoutables, supplantant les Minoens sur les routes maritimes. Leurs poteries se retrouvent de la Sicile à la côte syrienne. Ils prennent pied en Crète même, occupant Cnossos après la chute des seconds palais. Mais leur monde est instable. Les citadelles se renforcent sans cesse, signe d'une insécurité chronique. Vers 1200, en une génération ou deux, l'ensemble du système palatial mycénien s'effondre. Pylos, Mycènes, Tyrinthe, sont détruites et incendiées. Cet écroulement brutal s'insère dans la grande crise qui secoue toute la Méditerranée orientale à la fin de l'Âge du Bronze récent : l'empire hittite disparaît, l'Égypte des Ramsès repousse de justesse les mystérieux Peuples de la Mer, et les palais mycéniens sont abandonnés. Les causes en sont encore débattues : invasions de populations, révoltes internes, changement climatique, rupture du système économique palatial trop rigide. Le résultat est un effondrement civilisationnel complet.

Les siècles obscurs.
Commence alors la période dite des siècles obscurs, entre approximativement 1200 et 800, bien que le terme soit aujourd'hui nuancé. L'écriture linéaire B est perdue, et avec elle toute bureaucratie. Les citadelles monumentales ne sont plus habitées ou ne le sont que sporadiquement. La population chute de façon drastique, l'architecture monumentale disparaît, les tombes deviennent très pauvres. Les réseaux d'échanges à longue distance se rétractent. C'est une société de villages agricoles, peut-être organisée autour d'un chef de guerre, le basileus, qui n'est plus un monarque divinisé mais un primus inter pares parmi les chefs de famille nobles. C'est dans ce creuset que se forge le monde grec ultérieur. Le fer commence à être travaillé, et cette nouvelle métallurgie, plus démocratique que celle du bronze car le minerai est local, contribue peut-être à une société moins rigidement stratifiée.

Un événement démographique capital marque la fin de cette époque : la migration grecque vers l'Asie Mineure. Des populations de dialectes éoliens, puis surtout ioniens, traversent la mer Égée pour fonder des cités sur la côte anatolienne, comme Milet, Éphèse, Smyrne. En Attique, la tradition ultérieure voudra voir dans l'Athènes de cette époque une cité préservée, qui aurait accueilli les réfugiés mycéniens. C'est aussi la période où se fixe la géographie dialectale du monde grec : Ioniens en Attique et en Asie centrale, Eoliens au nord de cette côte, Doriens dans le Péloponnèse. L'arrivée des Doriens, longtemps présentée comme une invasion massive, est aujourd'hui perçue comme un processus plus lent et complexe d'infiltration et d'assimilation de populations qui occupent des régions comme la Laconie, l'Argolide et la Crète.

Au coeur de ces ténèbres apparentes, la tradition orale tisse une mémoire épique. Les exploits des rois mycéniens, déformés, magnifiés, sont transmis de génération en génération par les aèdes. Le siège de Troie, ville dont les ruines stratifiées montrent une destruction vers 1180, devient le pilier d'une identité grecque en gestation. Les héros homériques sont des figures composites, où se mêlent souvenirs de l'Âge du Bronze et reflets de l'aristocratie des siècles obscurs. Progressivement, les échanges reprennent en Méditerranée; des navigateurs phéniciens réintroduisent des techniques et des marchandises venues d'Orient. C'est à la toute fin du IXe siècle, par contact avec l'alphabet phénicien, que les Grecs réinventent l'écriture, en y ajoutant les voyelles. Ce moment crucial ouvre la porte à la période archaïque, mais il prend racine dans ce lent processus de renaissance qui, au sortir des âges obscurs, a vu émerger les structures sociales, les mythes fondateurs et l'armature politique qui allaient définir la Grèce d'Homère et d'Hésiode, juste avant le VIIIe siècle et de ses bouleversements.

La formation des états grecs

A partir du VIIIe siècle av. JC, le monde grec connaît une transformation politique, économique, sociale et culturelle qui aboutit à la formation d'une multitude d'États indépendants appelés cités-États, ou polis. Contrairement aux grands royaumes centralisés du Proche-Orient ancien ou de Égypte, la Grèce ne s'unifie pas sous un seul souverain. Son relief montagneux, la fragmentation de son territoire et l'importance de la mer favorisent l'émergence de nombreuses communautés autonomes, chacune dotée de ses propres institutions, de ses lois, de son armée et de ses cultes.

Cette évolution prend naissance après l'effondrement de la civilisation mycénienne vers 1200 av. JC. Les grands palais disparaissent, les échanges commerciaux diminuent fortement et l'écriture est abandonnée pendant plusieurs siècles. Cette période, parfois appelée "siècles obscurs", voit les populations se réorganiser autour de petits villages dirigés par des chefs aristocratiques. Les anciens royaumes mycéniens laissent place à des communautés plus modestes, fondées sur les liens familiaux et les solidarités locales.

Au cours du VIIIe siècle, plusieurs facteurs favorisent un renouveau. La population augmente grâce à une amélioration des techniques agricoles et à une période de stabilité relative. Les échanges maritimes reprennent dans toute la mer Égée et en Méditerranée. Les Grecs adoptent et adaptent l'alphabet des Phéniciens, créant le premier alphabet véritablement phonétique utilisé pour noter leur langue. Cette innovation facilite la diffusion des lois, de la poésie et des pratiques administratives.

Parallèlement, les villages voisins commencent à se regrouper dans un processus appelé synoecisme. Plusieurs communautés rurales acceptent de reconnaître un centre commun, souvent une ville fortifiée, où se concentrent les institutions politiques et religieuses. C'est ainsi que naissent progressivement les cités-États. Chaque polis comprend un centre urbain, appelé asty, et un territoire rural, la chôra, qui fournit les ressources agricoles indispensables à la population.

La cité repose sur une communauté de citoyens. Tous les habitants ne possèdent pas ce statut. Les citoyens sont généralement des hommes libres nés de parents citoyens. Ils disposent de droits politiques, participent aux assemblées, servent dans l'armée et prennent part aux cultes civiques. À côté d'eux vivent des femmes, des enfants, des étrangers installés dans la cité et des esclaves, qui ne participent pas à la vie politique.

Les premières institutions sont dominées par les grandes familles aristocratiques. Ces nobles possèdent les meilleures terres, contrôlent les magistratures et monopolisent les fonctions religieuses et militaires. Les anciens rois disparaissent progressivement ou voient leurs pouvoirs réduits à des fonctions essentiellement religieuses. Le gouvernement est désormais assuré par des conseils composés de membres de l'aristocratie.

Cependant, cette domination est rapidement contestée. La croissance démographique provoque un manque de terres cultivables. De nombreux petits paysans s'endettent auprès des grands propriétaires et risquent parfois de perdre leur liberté. Dans le même temps, le développement du commerce enrichit des marchands et des artisans qui réclament une place plus importante dans les affaires publiques. Enfin, les transformations militaires jouent un rôle décisif.

À partir du VIIe siècle, se généralise la tactique de la phalange hoplitique. Les hoplites sont des fantassins lourdement armés qui combattent côte à côte, protégés par leurs grands boucliers. Chaque soldat finance lui-même son équipement. Cette forme de guerre donne une importance nouvelle aux propriétaires moyens capables d'acquérir un armement complet. Leur contribution militaire renforce leurs revendications politiques et affaiblit le monopole de l'aristocratie.

Dans plusieurs cités apparaissent alors des tyrans. Dans la Grèce archaïque, le mot "tyran" ne possède pas encore son sens moderne. Il désigne un homme qui prend le pouvoir en dehors des règles traditionnelles, souvent avec le soutien des classes populaires ou des groupes exclus du gouvernement aristocratique. Certains tyrans favorisent les travaux publics, développent le commerce, encouragent les arts et limitent le pouvoir des grandes familles. Leur domination demeure cependant personnelle et rarement durable.

Chaque cité suit une évolution propre. À Sparte, une organisation militaire originale se met en place. Les citoyens, peu nombreux, consacrent leur existence à l'entraînement militaire afin de maintenir leur domination sur les Hilotes, une population soumise chargée de cultiver les terres. Le pouvoir est partagé entre deux rois, un conseil d'anciens, des magistrats appelés éphores et une assemblée de citoyens aux pouvoirs limités. Ce système privilégie la stabilité, la discipline et la préparation permanente à la guerre.

À Athènes, l'évolution est différente. Les tensions sociales conduisent à plusieurs réformes importantes. Vers 594, Solon abolit une partie des dettes, interdit l'esclavage pour dettes et ouvre progressivement l'accès aux responsabilités politiques selon la richesse plutôt que selon la naissance. Ces réformes atténuent les conflits sans supprimer les inégalités.

Quelques décennies plus tard, Pisistrate s'empare du pouvoir. Son gouvernement favorise les petits propriétaires, encourage les grands travaux, développe les fêtes religieuses et renforce le prestige de la cité. Après la chute de ses fils, une nouvelle étape est franchie grâce aux réformes de Clisthène en 508-507. Il réorganise les circonscriptions territoriales afin de réduire l'influence des grandes familles, crée un conseil de cinq cents membres et renforce le rôle de l'assemblée des citoyens. Ces mesures posent les fondements de la démocratie athénienne.

Pendant cette période, les Grecs entreprennent également un vaste mouvement de colonisation. Entre le VIIIe et le VIe siècle av. JC, des milliers de colons quittent leurs cités d'origine pour fonder de nouvelles villes sur les rivages de la Méditerranée et de la mer Noire. Des colonies apparaissent notamment en Italie méridionale, en Sicile, sur les côtes de France, en Espagne et jusqu'aux rives de la mer Noire. Ces colonies restent généralement indépendantes tout en conservant des liens religieux et culturels avec leur métropole.

La colonisation permet de résoudre en partie le manque de terres, d'accroître les échanges commerciaux et de diffuser la culture grecque. Les métaux, les céréales, le vin, l'huile d'olive et les objets artisanaux circulent désormais dans l'ensemble du bassin méditerranéen. Cette prospérité favorise l'essor des ports, de la monnaie frappée et des activités artisanales.

Malgré leur indépendance politique, les cités grecques partagent une identité commune. Elles parlent des dialectes d'une même langue, honorent les mêmes divinités, célèbrent les grands sanctuaires panhelléniques et participent aux mêmes concours religieux et sportifs. Les sanctuaires de Delphes et d'Olympie deviennent des lieux de rencontre où les rivalités politiques s'effacent temporairement au profit d'une conscience commune d'appartenir au monde grec.

Les Guerres médiques

Les guerres médiques sont une série de conflits qui opposent les cités grecques à l'Empire achéménide entre 499 et 479 av. JC. Leur nom provient du terme Mèdes, utilisé par les Grecs pour désigner les Perses, bien que les Mèdes soient en réalité un peuple distinct intégré à l'empire perse. Ces guerres constituent un affrontement majeur entre un immense empire centralisé et un ensemble de cités indépendantes souvent rivales. Elles jouent un rôle déterminant dans l'histoire de la Grèce, car elles renforcent l'identité commune des Grecs tout en ouvrant la voie à la domination d'Athènes sur le monde égéen.

À la fin du VIe siècle av. JC, l'Empire achéménide est le plus vaste État du monde connu. Fondé par Cyrus II le Grand, il s'étend de l'Inde jusqu'à l'Égypte, en passant par la Mésopotamie, l'Anatolie et une partie des Balkans. Sous le règne de Darius Ier, l'empire est solidement organisé en provinces appelées satrapies, administrées par des gouverneurs, les satrapes. Les cités grecques d'Asie Mineure, situées sur la côte occidentale de l'Anatolie, sont soumises à l'autorité perse tout en conservant une certaine autonomie locale.

En 499, les cités grecques d'Asie Mineure se soulèvent contre la domination perse lors de la Révolte de l'Ionie. Cette révolte est dirigée notamment par Aristagoras de Milet, qui espère se libérer du contrôle de Darius. Les insurgés reçoivent une aide limitée d'Athènes et d'Érétrie. Ensemble, ils incendient la ville de Sardes, provoquant la colère de Darius. Après plusieurs années de combats, les Perses écrasent la révolte en 494, notamment lors de la Bataille de Ladé, où la flotte ionienne est détruite. La cité de Milet est prise et sévèrement punie.

Darius décide alors de d'attaquer Athènes et Érétrie à cause de leur soutien aux rebelles, mais aussi d'étendre son autorité sur l'ensemble de la Grèce. Une première expédition est lancée en 492 sous le commandement de Mardonios. Cette campagne permet aux Perses de reprendre le contrôle de la Thrace et d'obtenir la soumission de la Macédoine. Cependant, une tempête détruit une partie importante de la flotte perse au large du mont Athos, obligeant l'armée à interrompre son avance.

Deux ans plus tard, en 490, une nouvelle expédition est organisée sous les ordres de Datis et d'Artapherne. Les Perses traversent la mer Égée, soumettent plusieurs îles, détruisent Érétrie et débarquent dans la plaine de Marathon, à une quarantaine de kilomètres d'Athènes.

Les Athéniens, rejoints par un petit contingent de Platées, décident d'affronter immédiatement l'ennemi. Les Spartiates, sollicités, ne peuvent intervenir rapidement en raison d'une fête religieuse. L'armée grecque est commandée notamment par Miltiade. Lors de la Bataille de Marathon, les hoplites grecs lancent une attaque rapide qui surprend les Perses. Les ailes grecques encerclent le centre ennemi, provoquant une déroute. Cette victoire démontre que les Perses ne sont pas invincibles et renforce considérablement le prestige d'Athènes.

Après cette défaite, Darius prépare une nouvelle expédition beaucoup plus importante, mais il meurt avant de pouvoir la lancer. Son fils, Xerxès Ier, reprend le projet. Pendant plusieurs années, il rassemble une immense armée provenant de toutes les provinces de l'empire et fait construire un pont de bateaux sur l'Hellespont afin de faire passer ses troupes en Europe. Un canal est également creusé au pied du mont Athos pour éviter les dangers qui avaient causé la perte de la flotte perse lors de la première expédition.

Face à cette menace, les cités grecques restent divisées. Certaines choisissent de se soumettre aux Perses, tandis que d'autres décident de résister. Sous l'impulsion d'Athènes et de Sparte, une alliance militaire est finalement constituée. Les Athéniens doivent beaucoup leur préparation navale à Thémistocle, qui a convaincu ses concitoyens d'utiliser les revenus des mines d'argent du Laurion pour construire une puissante flotte de trières.

Au printemps 480, Xerxès franchit l'Hellespont avec son armée et progresse vers le sud. Les Grecs choisissent de défendre le passage étroit des Thermopyles, tandis que leur flotte surveille le détroit voisin d'Artémision. Le roi spartiate Léonidas Ier dirige un petit contingent d'environ sept mille Grecs.

Pendant plusieurs jours, les défenseurs repoussent les attaques perses grâce à l'étroitesse du défilé, qui empêche les envahisseurs d'utiliser leur supériorité numérique. Cependant, un habitant de la région, Éphialtès de Trachis, révèle aux Perses un sentier permettant de contourner les positions grecques. Comprenant que la bataille est perdue, Léonidas renvoie la majorité des troupes alliées et reste avec ses trois cents Spartiates, des Thespiens et quelques autres combattants pour couvrir leur retraite. Tous sont tués lors de la Bataille des Thermopyles, dont le sacrifice devient un symbole durable du courage militaire.

Après cette victoire, les Perses envahissent la Béotie puis l'Attique. Les habitants d'Athènes sont évacués vers les îles voisines. Les Perses occupent et incendient la ville ainsi que les sanctuaires de l'Acropole.

Thémistocle comprend que la guerre doit désormais être gagnée sur mer. Il persuade les alliés grecs d'affronter la flotte perse dans le détroit étroit de Salamine. En septembre 480, la Bataille de Salamine oppose les deux flottes. Les navires perses, trop nombreux pour manœuvrer efficacement dans cet espace réduit, se gênent mutuellement. Les trières grecques, mieux adaptées au combat dans les eaux resserrées, infligent une lourde défaite aux Perses. Xerxès, craignant que ses lignes de communication soient coupées, retourne en Asie avec une partie de son armée, laissant le général Mardonios poursuivre la campagne terrestre.

Au printemps 479, Mardonios tente une dernière fois d'obtenir la soumission d'Athènes, mais les Athéniens refusent toute négociation. Les forces grecques, dirigées principalement par le régent spartiate Pausanias, affrontent les Perses lors de la Bataille de Platées. Après des combats difficiles, l'armée perse est totalement vaincue et Mardonios est tué. Cette victoire met fin à la menace d'une conquête perse de la Grèce continentale.

Le même jour, selon la tradition antique, la flotte grecque remporte également la Bataille du cap Mycale sur les côtes d'Asie Mineure. Les navires perses sont détruits et les cités ioniennes reprennent espoir de retrouver leur liberté. Les Grecs passent alors progressivement d'une stratégie défensive à une politique offensive contre les possessions perses de la mer Égée.

Les combats ne cessent pas immĂ©diatement. Au cours des dĂ©cennies suivantes, Athènes dirige la Ligue de DĂ©los et poursuit les opĂ©rations contre les Perses en mer ÉgĂ©e, en Chypre et sur les cĂ´tes d'Asie Mineure. Une victoire importante est remportĂ©e vers 466  lors de la Bataille de l'EurymĂ©don, oĂą les forces athĂ©niennes commandĂ©es par Cimon dĂ©truisent simultanĂ©ment une flotte et une armĂ©e perses.

Selon la tradition, les hostilités prennent officiellement fin vers 449 avec la supposée Paix de Callias. L'existence de ce traité est toutefois discutée par les historiens modernes, certaines sources antiques étant contradictoires. Quoi qu'il en soit, les grandes opérations militaires entre Grecs et Perses cessent progressivement au milieu du Ve siècle.

La rivalité d'Athènes, de Sparte et de Thèbes

Les conséquences des guerres médiques sont considérables. Pour les Grecs, la victoire renforce encore davantage le sentiment d'appartenir à une même civilisation malgré les divisions politiques. Athènes acquiert un immense prestige grâce à sa flotte et devient la principale puissance maritime de la mer Égée. C'est dans ce contexte qu'est fondée en 478 la Ligue de Délos, une alliance maritime placée sous la direction d'Athènes. Très rapidement, sous l'impulsion d'Aristide puis de Cimon, cette ligue se transforme en un véritable impérialisme athénien. Le trésor de la ligue est transféré de Délos à Athènes en 454., et les cités alliées qui tentent de faire sécession, comme Thasos, sont sévèrement réprimées et soumises au paiement d'un tribut.

Pendant ce temps, la rivalité traditionnelle avec Sparte reprend de plus belle, entraînant ce que l'on appelle la première guerre du Péloponnèse, qui s'achève par la Paix de Trente Ans en 446. C'est l'époque où Périclès domine la vie politique athénienne. Sous son leadership, Athènes connaît son Âge d'or. La démocratie est consolidée, la ville se couvre de monuments somptueux, notamment le Parthénon sur l'Acropole, et devient le centre intellectuel et culturel du monde grec, attirant philosophes, dramaturges et artistes. Cependant, cette prospérité et cette arrogance impériale attisent les craintes et les ressentiments de Sparte et de ses alliés. En 431, la seconde guerre du Péloponnèse éclate. Ce conflit long et épuisant de près de trente ans va saigner la Grèce à blanc. Il est marqué par la peste d'Athènes qui emporte Périclès, l'expédition de Sicile désastreuse en 413, et l'intervention financière perse aux côtés de Sparte. Finalement, en 404, vaincue à Aigos Potamos et assiégée, Athènes capitule. Ses Longs Murs sont détruits, sa flotte livrée, et un régime oligarchique sanglant, celui des Trente Tyrans, y est brièvement imposé avant que la démocratie ne soit restaurée.

Sparte, victorieuse, impose alors son hégémonie sur le monde grec. Mais cette domination se révèle rapidement brutale et impopulaire. En imposant des gouvernements oligarchiques partout où elle le peut, Sparte s'aliène ses propres alliés de la guerre contre Athènes, notamment Thèbes et Corinthe. Cela conduit à la guerre de Corinthe, un conflit complexe où Athènes, Thèbes, Corinthe et Argos s'allient contre Sparte, tout en étant soutenus secrètement par le Grand Roi perse. Ce dernier, soucieux de maintenir la division en Grèce pour protéger ses frontières occidentales, impose en 387 la Paix du Roi, ou Paix d'Antalcidas. Ce traité consacre le principe de l'autonomie des cités, ce qui permet à Sparte de dissoudre les coalitions qui la menacent, tout en reconnaissant la souveraineté perse sur les cités grecques d'Asie mineure.

L'abus de pouvoir de Sparte finit par provoquer une coalition menée par Thèbes, qui aboutit à la guerre béotienne. Le 6 juillet 371 av. JC, à la bataille de Leuctres, le général thébain Épaminondas révolutionne l'art de la guerre en infligeant une défaite cinglante à l'armée spartiate, brisant ainsi le mythe de l'invincibilité militaire de Sparte. S'ensuit une brève mais brillante hégémonie thébaine. Épaminondas envahit le Péloponnèse, libère la Messénie et prive Sparte de sa base économique et démographique en affranchissant les hilotes. Cependant, cette suprématie thébaine est de courte durée. En 362, à la bataille de Mantinée, bien que les Thébains remportent la victoire tactique, Épaminondas y trouve la mort. Cette disparition plonge la Grèce dans un épuisement général et une fragmentation politique, consacrant, selon les mots de l'historien Xénophon, une confusion et un désordre encore plus grands qu'auparavant.

Les dominations étrangères

Le protectorat macédonien.
C'est dans ce paysage de cités grecques épuisées par des décennies de guerres intestines qu'émerge une nouvelle puissance à la périphérie du monde hellénique : la Macédoine. En 359 av. JC, Philippe II monte sur le trône après une période de crise et d'invasions barbares. En quelques années, il transforme profondément son royaume. Il réforme l'armée en créant une phalange équipée de longues piques appelées sarisses, développe une cavalerie d'élite, perfectionne les techniques de siège et renforce l'administration royale. Il exploite également les riches mines d'or et d'argent de Macédoine, qui financent son armée et sa diplomatie.

Profitant des divisions permanentes des cités grecques, Philippe intervient progressivement dans leurs affaires. Il présente souvent ses campagnes comme des opérations destinées à rétablir la paix entre les Grecs. Après plusieurs interventions en Thessalie et dans la Grèce centrale, il remporte une victoire décisive sur une coalition d'Athènes et de Thèbes lors de la Bataille de Chéronée. Cette bataille marque la fin de l'indépendance politique des grandes cités grecques.

Après Chéronée, Philippe n'annexe pas directement les cités. Il établit une forme de protectorat fondée sur la Ligue de Corinthe, créée en 337 (Le protectorat macédonien). Toutes les principales cités, à l'exception de Sparte, y adhèrent sous la contrainte ou par intérêt. Les États membres conservent leurs institutions, leurs lois et une certaine autonomie intérieure, mais ils renoncent à se faire la guerre, reconnaissent l'autorité de Philippe comme chef militaire suprême et s'engagent à fournir des troupes pour la future guerre contre l'Empire perse. Ce système constitue le premier protectorat macédonien sur la Grèce. En réalité, les décisions importantes dépendent désormais du roi de Macédoine, qui contrôle les garnisons stratégiques et peut intervenir dans les affaires des cités.

En 336, Philippe est assassiné. Son fils, Alexandre le Grand, lui succède. Certaines cités grecques tentent de profiter de cette transition pour retrouver leur indépendance, mais Alexandre réagit rapidement. La révolte de Thèbes est écrasée en 335; la ville est presque entièrement détruite, tandis que ses habitants sont vendus comme esclaves. Cette répression décourage toute nouvelle tentative de soulèvement.

Alexandre lance ensuite la conquête de l'Empire perse. Les contingents fournis par les cités grecques combattent à ses côtés, même si les Macédoniens restent les véritables maîtres de l'armée. Les victoires du Granicus, de l'Issos et de Gaugamèles permettent la destruction de l'Empire achéménide. Pendant cette période, la Grèce reste relativement calme, surveillée par des gouverneurs macédoniens.

À la mort d'Alexandre, en 323, plusieurs cités grecques tentent de se libérer lors de la Guerre lamiaque. Cette révolte est rapidement écrasée par les Macédoniens. Athènes perd une partie de son autonomie politique, tandis que des garnisons macédoniennes sont installées dans plusieurs villes stratégiques. Durant les décennies suivantes, les guerres entre les successeurs d'Alexandre entraînent de fréquents changements d'influence, mais la Macédoine conserve généralement sa domination sur la Grèce.

La conquĂŞte romaine.
Au IIIe siècle av. J.-C., certaines fédérations de cités, comme la Ligue achéenne et la Ligue étolienne, cherchent à retrouver une plus grande indépendance. Elles profitent parfois des difficultés des rois macédoniens pour accroître leur influence. Malgré ces tentatives, la Macédoine demeure la principale puissance grecque jusqu'à l'arrivée d'un nouvel acteur : Rome. (La conquête romaine).

À partir de la fin du IIIe, Rome s'intéresse de plus en plus aux affaires du monde grec. Après avoir consolidé sa domination sur l'Italie puis vaincu Carthage lors des Guerres puniques, la République romaine devient la principale puissance de la Méditerranée occidentale. Les ambitions du roi Philippe V de Macédoine inquiètent plusieurs cités grecques, qui demandent l'aide des Romains.

La Deuxième guerre de Macédoine se termine par la Bataille de Cynoscéphales, où les légions romaines commandées par Titus Quinctius Flamininus battent la phalange macédonienne. Cette victoire démontre la supériorité tactique de la légion sur la phalange dans de nombreuses situations. Lors des Jeux isthmiques de 196, Flamininus proclame solennellement la "liberté des Grecs". En réalité, cette liberté demeure limitée, car Rome exerce désormais une influence décisive sur les affaires grecques.

La Grèce romaine.
Les tensions persistent. Le roi Persée de Macédoine tente de restaurer la puissance macédonienne. La Troisième guerre de Macédoine s'achève par la Bataille de Pydna, où le général romain Lucius Aemilius Paullus Macedonicus inflige une défaite décisive aux Macédoniens. La monarchie macédonienne est supprimée et le royaume est divisé en plusieurs républiques placées sous la surveillance romaine.

Une dernière révolte macédonienne éclate sous la conduite du prétendant Andriskos. Elle est écrasée en 148, et la Macédoine devient officiellement une province romaine.

La même période voit la rupture définitive entre Rome et plusieurs cités grecques. La Ligue achéenne entre en conflit avec Rome. En 146, les Romains remportent la Bataille de Corinthe. La ville de Corinthe est prise, pillée et presque entièrement détruite sur ordre de Lucius Mummius. Cet événement marque traditionnellement la fin de l'indépendance politique de la Grèce.

Au cours du Ier siècle av. JC, la Grèce est entraînée dans les guerres civiles romaines. En 88, le roi Mithridate VI soulève une partie du monde grec contre Rome. Athènes rejoint son camp, mais le général romain Sylla reprend la ville après un long siège en 86 Athènes est sévèrement pillée, bien que plusieurs monuments soient épargnés.

Quelques décennies plus tard, la Grèce devient le théâtre d'un affrontement décisif entre Octave et Marc Antoine. La Bataille d'Actium, remportée par Octave, met fin aux guerres civiles romaines et ouvre la période de l'Empire romain.

Sous la domination romaine, la Grèce perd son indépendance politique mais conserve un immense prestige culturel. Les Romains admirent profondément la civilisation grecque. Dès le IIe siècle, les élites romaines apprennent le grec, étudient la philosophie, la littérature, les sciences et l'art grecs. Les oeuvres d'Homère, de Platon, d'Aristote et des grands dramaturges deviennent des références dans l'éducation romaine.

Les villes grecques connaissent des situations diverses. Certaines déclinent économiquement après les guerres, tandis que d'autres prospèrent grâce au commerce et aux échanges au sein de l'Empire romain. Corinthe est reconstruite comme colonie romaine par Jules César en 44 et retrouve rapidement une grande prospérité commerciale.

Sous l'Empire, les empereurs favorisent souvent les cités grecques. Hadrien manifeste une admiration particulière pour la culture hellénique. Il finance de nombreux monuments à Athènes, achève le gigantesque Temple de Zeus Olympien et encourage le développement intellectuel de la cité. Athènes demeure un important centre d'enseignement où viennent étudier de nombreux jeunes Romains.

La paix romaine, la Pax Romana, favorise la sécurité des routes terrestres et maritimes. Le commerce se développe, les ports grecs retrouvent une activité importante et les villes bénéficient de nouveaux aqueducs, théâtres, thermes et édifices publics financés par les autorités impériales ou de riches notables.

La Grèce joue également un rôle majeur dans la diffusion du christianisme. Au Ier siècle ap. JC, Paul de Tarse effectue plusieurs voyages missionnaires en Macédoine et en Grèce. Il fonde des communautés chrétiennes à Philippes, Thessalonique, Corinthe et Athènes, où il prononce son célèbre discours devant l'Aréopage.

À partir du IIIe siècle ap. JC, la Grèce subit comme le reste de l'Empire romain les invasions, les crises économiques et les guerres civiles. Malgré ces difficultés, la culture grecque demeure l'une des principales composantes de la civilisation romaine. Lorsque l'Empire est définitivement partagé en 395, les territoires grecs passent sous l'autorité de l'Empire romain d'Orient, où la langue et la culture grecques deviennent progressivement dominantes.

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