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La Cappadoce

Cappadoce est une région de Turquie d'Asie (Anatolie), réputée pour ses paysages sculptés par l'érosion, ses formations rocheuses en forme de cheminées de fées, et ses cités souterraines. Le terrain unique de la Cappadoce est le résultatd'éruptions volcaniques survenues il y a des millions d'années. Les cendres volcaniques se sont transformées en tuf, une roche tendre que le vent et l'eau ont lentement façonnée au fil du temps.

Cette région historique, qui s'étend principalement dans les provinces de Nevşehir, Kayseri, et Aksaray, est imprégnée d'une riche histoire humaine, allant des Hittites aux Byzantins, en passant par les Romains et les premiers chrétiens. Les églises rupestres ornées de fresques dans la vallée de Göreme témoignent d'une intense activité religieuse entre le IVe et le XIe siècle. Ce patrimoine exceptionnel a valu à la Cappadoce d'être classée au patrimoine mondial de l'Unesco.

Géographie de la Cappadoce.
Le paysage cappadocien résulte d'une interaction entre des forces géologiques puissantes et des éléments naturels tels que le vent et l'eau. Au Miocène et au Pliocène, une intense activité volcanique a recouvert la région de couches épaisses de cendres, de lapilli, de basalte et de tuf, provenant principalement des volcans Erciyes, Güllüdağ et Hasan Dağı. Ces dépôts volcaniques, d'épaisseurs variables, ont constitué le matériau de base du paysage.

La roche dominante en Cappadoce est le tuf, une roche volcanique poreuse et relativement tendre, formée par la consolidation des cendres et des débris volcaniques. Au-dessus du tuf, dans certaines zones, on trouve des couches de basalte, une roche volcanique plus dure et résistante à l'érosion. Cette superposition de roches de dureté différente est cruciale pour comprendre la formation des paysages emblématiques de la Cappadoce. L'érosion, principalement due à l'action du vent, de la pluie et des cours d'eau, a joué un rôle fondamental dans la sculpture de ces paysages. Le tuf, plus tendre, est érodé plus rapidement que le basalte, ce qui a conduit à la formation de colonnes de tuf protégées par un chapeau de basalte plus résistant, les fameuses "cheminées de fées".

On y trouve de vastes plateaux élevés, entrecoupés de profondes vallées et de canyons sinueux. Ces vallées, comme la vallée d'Ihlara, la vallée de Devrent ou la vallée Rose, ont été creusées par l'érosion fluviale et éolienne dans les couches de tuf. Les versants de ces vallées sont souvent abrupts et parsemés de cheminées de fées de toutes formes et tailles, créant un paysage spectaculaire et labyrinthique. Les couleurs des roches varient également en fonction de leur composition minérale et de l'oxydation, allant du blanc crème au rose, en passant par l'ocre et le rouge, ce qui ajoute à la richesse visuelle de la région.

Le climat de la Cappadoce est de type continental semi-aride. Les étés sont chauds et secs, avec des températures pouvant dépasser 30 °C, tandis que les hivers sont froids et neigeux, avec des températures pouvant descendre en dessous de 0 °C. Les précipitations sont relativement faibles, concentrées principalement au printemps et en automne. Ce climat sec contribue également à l'érosion, mais il a aussi façonné la végétation de la région, qui est principalement de type steppe, avec une végétation rase et adaptée à la sécheresse. On trouve cependant des zones plus vertes dans les vallées, où l'eau est plus accessible, permettant le développement d'une agriculture locale, notamment de la vigne, des arbres fruitiers et des céréales.

L'hydrologie de la Cappadoce est dominée par le fleuve Kızılırmak (Halys dans l'Antiquité), le plus long fleuve de Turquie, qui traverse la région à sa périphérie nord. D'autres cours d'eau plus modestes sillonnent les vallées, mais l'eau reste une ressource précieuse et parfois rare. La porosité du tuf fait que l'eau s'infiltre facilement dans le sol, alimentant des nappes phréatiques souterraines. C'est cette eau souterraine qui a permis le développement des fameuses villes souterraines de Cappadoce, creusées dans le tuf tendre pour servir de refuge et de lieu de stockage.
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Habitations troglodytiques en Cappadoce.
Habitations troglodytiques en Cappadoce.
Source : The World Factbook.
Histoire de la Cappadoce.
Les premières traces d'habitation humaine dans la région remontent au Paléolithique, mais c'est à partir du Néolithique et de l'âge du Bronze que des populations agricoles sédentaires se développent. Au deuxième millénaire avant notre ère, la Cappadoce, alors connue sous le nom de Hatti, devient un centre important de la civilisation hittite. Hattusa, la capitale hittite, se trouvait à proximité, et la Cappadoce était intégrée à leur royaume. Les Hittites ont laissé une empreinte durable, notamment par leurs inscriptions et leur organisation politique et sociale. Après la chute de l'empire hittite vers 1200 av. JC, la Cappadoce entre dans une période de transition. Elle est influencée par les Phrygiens puis par les Cimmériens, avant de passer sous domination perse au VIe siècle av. JC. Les Perses 'achéménides divisent la Cappadoce en deux satrapies, la Grande Cappadoce et la Petite Cappadoce. La culture perse et zoroastrienne laisse des traces, bien que la population locale conserve une identité propre. A cette époque, la Cappadoce  était bornée au Nord par le Pont (mer Noire), à l'Ouest par la Galatie et la Phrygie, au Sud par la Cilicie et à l'Est par l'Euphrate, qui la séparait de l'Arménie. La Cappadoce contenait, entre autres provinces, la Sargarausène la Garzauritide, la Tyanitide, la Cataonie; le Pont en faisait partie, sous le nom de Cappadoce du Pont-Euxin.

Avec la conquête d'Alexandre le Grand au IVe siècle av. JC., la Cappadoce entre dans le monde hellénistique. Après la mort d'Alexandre, elle fait partie du royaume séleucide, avant de devenir un royaume indépendant au IIIe siècle av. JC, sous la dynastie des Ariarathides. Ce royaume de Cappadoce, situé entre les empires séleucide et pontique, puis entre Rome et le Pont, parvient à maintenir une certaine autonomie grâce à une diplomatie habile et à sa position géographique stratégique. Les rois de Cappadoce adoptent la culture hellénistique, tout en conservant des éléments de leur héritage anatolien. La ville de Mazaca, rebaptisée Césarée par les Romains, devient la capitale du royaume et un centre important de commerce et de culture.

Au Ier siècle av. JC, la Cappadoce est de plus en plus impliquée dans les affaires romaines. Elle devient un royaume client de Rome, puis fut réduite en province romaine que sous Tibère, après la mort du roi Archélaus, en 17 ap. JC. Sous la domination romaine, la Cappadoce connaît une période de prospérité relative, grâce à la Pax Romana et à la construction de routes et d'infrastructures. Césarée devient une ville romaine importante, et la région est intégrée à l'économie et à l'administration de l'Empire romain. Le christianisme se répand en Cappadoce dès les premiers siècles, en partie grâce à sa situation sur les routes commerciales et à sa communauté juive importante. La région devient un centre majeur du christianisme, avec des évêchés et des monastères qui se développent.

Au IVe siècle, sous l'Empire romain tardif puis byzantin, la Cappadoce continue de jouer un rôle important. Elle est une source de soldats et de fonctionnaires pour l'Empire, et sa position stratégique la rend cruciale pour la défense des frontières orientales. Les invasions perses sassanides puis arabes au VIIe siècle mettent la Cappadoce à rude épreuve, la région devenant une zone de conflit et de frontières. Cependant, elle reste sous contrôle byzantin, et les empereurs byzantins renforcent les fortifications et l'organisation administrative de la région. Au cours de la période iconoclaste (VIIIe-IXe siècles), la Cappadoce, avec ses communautés monastiques et ses églises rupestres, devient un refuge pour les partisans des icônes. Les églises rupestres de Göreme et d'autres sites témoignent de cette période, avec leurs fresques souvent réalisées en secret ou après la fin de l'iconoclasme.
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Les villes souterraines de Cappadoce

Au coeur de la  Cappadoce s'étend un réseau complexe de villes souterraines. Ces cités, creusées à même le tuf volcanique tendre de la région, représentent bien plus que de simples abris; elles incarnent des communautés entières, conçues pour offrir refuge et autonomie pendant des périodes prolongées. Les premières traces d'utilisation de grottes en Cappadoce remontent à l'époque hittite, au deuxième millénaire avant JC, bien que l'ampleur et la complexité des villes souterraines que nous connaissons aujourd'hui soient le fruit d'évolutions ultérieures.

L'impulsion principale pour la construction de ces villes souterraines à grande échelle fut la nécessité de se protéger des invasions et des raids. La position géographique de la Cappadoce, au carrefour de nombreuses civilisations et empires, en a fait une région fréquemment convoitée et sujette aux conflits. Dès l'époque perse, puis romaine, et surtout pendant la période byzantine, la Cappadoce fut exposée aux incursions de diverses armées, notamment arabes à partir du VIIe siècle. C'est principalement durant cette période byzantine, et plus particulièrement durant les raids arabo-byzantins, que les villes souterraines ont connu leur développement le plus significatif et ont été utilisées de manière intensive.

Ces villes n'étaient pas de simples caches temporaires, mais de véritables centres de vie souterrains. Elles étaient conçues pour abriter des populations entières, parfois des milliers de personnes, pendant des mois, voire des années. La conception de ces villes témoigne d'une planification minutieuse et d'une compréhension approfondie des besoins d'une communauté en situation de siège. Elles étaient organisées sur plusieurs niveaux, souvent jusqu'à huit ou dix étages de profondeur, reliés par des tunnels étroits et des escaliers. Chaque niveau était dédié à des fonctions spécifiques : habitations, entrepôts de nourriture, cuisines, étables pour le bétail, pressoirs à vin et à huile, églises, et même des écoles.

Un des aspects les plus remarquables de ces villes est leur système de ventilation. Les ingénieurs de l'époque ont réussi à créer des puits de ventilation ingénieux qui permettaient à l'air frais de circuler à travers les différents niveaux, assurant ainsi la respiration de la population et la conservation des aliments. Ces puits étaient souvent dissimulés et pouvaient également servir de puits d'eau en cas de besoin. L'approvisionnement en eau était également crucial et des puits profonds étaient creusés pour atteindre les nappes phréatiques. De plus, des citernes étaient aménagées pour collecter et stocker l'eau de pluie.

La défense était un élément central de la conception de ces villes. Les entrées étaient étroites et dissimulées, menant à des tunnels labyrinthiques conçus pour ralentir et désorienter les envahisseurs. Des portes de pierre circulaires, pesant plusieurs tonnes et manoeuvrables de l'intérieur, étaient placées à des points stratégiques pour bloquer les passages et isoler les différents niveaux. Ces portes, une fois fermées, rendaient l'accès extrêmement difficile pour les assaillants. Des pièges et des points de défense étaient également aménagés tout au long des tunnels pour repousser les intrus.

Au sein de ces villes souterraines, la vie continuait malgré le contexte de menace extérieure. Les églises creusées dans la roche témoignent de l'importance de la religion dans la vie des habitants. On y trouve des chapelles avec des absides, des autels et des fresques, parfois encore visibles aujourd'hui. Les espaces de vie étaient rudimentaires mais fonctionnels, avec des niches creusées dans les murs pour servir de lits ou de rangements. Les cuisines étaient équipées de foyers et de cheminées rudimentaires pour évacuer la fumée. Les étables permettaient de protéger le bétail, une ressource essentielle pour l'alimentation et l'agriculture.

Avec la diminution des raids arabes et la stabilisation relative de la région sous l'Empire byzantin puis ottoman, l'utilisation des villes souterraines comme refuges permanents a progressivement diminué. Elles ont continué à être utilisées ponctuellement comme abris temporaires en cas de besoin, ou comme entrepôts et caves par les populations locales. Cependant, la mémoire de leur fonction principale s'est estompée au fil des siècles et leur existence a été largement oubliée du monde extérieur.

La redécouverte des villes souterraines de Cappadoce au XXe siècle a révélé au monde un patrimoine historique et culturel exceptionnel. La ville de Derinkuyu, par exemple, a été redécouverte en 1963 lorsqu'un habitant, en rénovant sa maison, a abattu un mur et a découvert un passage menant à la ville souterraine. Depuis lors, plusieurs villes souterraines ont été retrouvées et ouvertes au public, notamment Kaymakli, Özkonak, Mazıköy et bien d'autres. Ces sites sont aujourd'hui des attractions touristiques majeures.

Au Xe et XIe siècles, sous la dynastie macédonienne, l'Empire byzantin connaît une période de renaissance et d'expansion. La Cappadoce est intégrée à un système de thèmes, des divisions administratives et militaires, et connaît une nouvelle période de prospérité. L'agriculture, le commerce et l'artisanat se développent. Cependant, cette période de stabilité est brutalement interrompue par l'arrivée des Turcs seldjoukides. La bataille de Manzikert en 1071 marque un tournant décisif. Les Byzantins sont vaincus, et l'Anatolie s'ouvre aux Turcs. La Cappadoce est progressivement conquise par les Seldjoukides, même si certaines forteresses byzantines résistent pendant un certain temps.

Après Manzikert, la Cappadoce passe sous domination seldjoukide, intégrée au Sultanat de Roum. Les Turcs s'installent en nombre, et la région subit des changements démographiques et culturels importants. L'islam se répand, et les églises sont parfois transformées en mosquées, bien que de nombreuses communautés chrétiennes continuent d'exister. Au cours du XIIe et XIIIe siècles, la Cappadoce fait partie intégrante du Sultanat de Roum, qui connaît son apogée avant de se fragmenter sous la pression mongole. Konya, située plus à l'ouest, devient la nouvelle capitale de la région, mais Césarée (Kayseri) conserve son importance en tant que centre commercial et administratif. La culture turque et persane se mélange à l'héritage byzantin et anatolien, créant une synthèse culturelle unique. Des caravansérails sont construits, favorisant le commerce sur la Route de la Soie.

À la fin du XIIIe siècle, le Sultanat de Roum s'affaiblit considérablement, divisé en plusieurs principautés turques (beyliks) suite aux invasions mongoles et aux pressions internes. La Cappadoce se retrouve fragmentée entre ces différents beyliks, et son histoire devient plus locale et morcelée. Cette période marque une transition progressive de la domination byzantine à l'influence turque, bien que la population locale, notamment la population grecque orthodoxe, ait conservé une certaine autonomie et ses traditions culturelles et religieuses. L'arrivée des tribus turkmènes et la consolidation des beylicats puis de l'Empire Ottoman ont transformé le paysage politique et social de la région. Cependant, contrairement à d'autres régions d'Anatolie, la Cappadoce n'a pas subi de bouleversements démographiques immédiats et massifs. Les communautés grecques chrétiennes, qui avaient profondément façonné le caractère de la Cappadoce avec ses églises rupestres et ses monastères, ont continué à prospérer sous la domination ottomane, bien que dans un contexte politique et social transformé.

Sous l'Empire Ottoman, qui s'étendit sur la Cappadoce au cours du XVe et XVIe siècles, la région fut intégrée dans le système administratif ottoman. La Cappadoce n'était pas un centre politique ou militaire majeur de l'Empire. Elle devint plutôt une région relativement périphérique, caractérisée par une économie agricole et une population diversifiée, comprenant des Turcs musulmans et des Grecs orthodoxes, ainsi que des communautés arméniennes et d'autres minorités. Le système des millets ottomans permit aux communautés non musulmanes, comme les Grecs orthodoxes, de conserver une certaine autonomie en matière religieuse, éducative et juridique, sous la direction de leur propre clergé, en l'occurrence le Patriarcat Oecuménique de Constantinople. Cette autonomie a joué un rôle crucial dans la préservation de l'identité culturelle et religieuse grecque en Cappadoce au fil des siècles de domination ottomane.

La Cappadoce ottomane connut une période relativement stable et paisible, loin des grands centres de pouvoir et des conflits majeurs de l'Empire. La région était principalement agricole, avec une économie basée sur la culture des céréales, la viticulture et l'élevage. Les monastères et les églises rupestres, vestiges de l'époque byzantine, continuèrent à être utilisés et entretenus par les communautés grecques orthodoxes, témoignant d'une continuité culturelle et religieuse malgré le changement de pouvoir politique. La vie quotidienne en Cappadoce était rythmée par les saisons agricoles, les fêtes religieuses et les traditions communautaires. Les villages, souvent creusés dans les formations rocheuses volcaniques caractéristiques de la région, conservaient une organisation sociale et un mode de vie traditionnels.

Au cours du XIXe siècle, l'Empire Ottoman commença à décliner et à faire face à des pressions internes et externes croissantes. Les idées nationalistes se répandirent parmi les différentes communautés de l'Empire, y compris parmi les Grecs. En Cappadoce, bien que la région n'ait pas été un foyer majeur de nationalisme grec, l'influence des mouvements nationaux grecs se fit sentir. Les écoles grecques et les églises, tout en conservant leur fonction religieuse, devinrent aussi des centres de diffusion de l'identité culturelle et linguistique grecque. La situation des populations non musulmanes dans l'Empire Ottoman devint de plus en plus précaire à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, avec des périodes de tension et de violence intercommunautaire dans certaines régions, bien que la Cappadoce ait été relativement épargnée par les violences de masse qui touchèrent d'autres parties de l'Empire.

Le début du XXe siècle fut une période de bouleversements majeurs pour la Cappadoce, comme pour l'ensemble de l'Empire Ottoman et de la région. La Première Guerre mondiale et la désintégration de l'Empire Ottoman eurent des conséquences profondes. Après la guerre d'indépendance turque et l'établissement de la République de Turquie, une politique d'homogénéisation nationale fut mise en oeuvre. L'événement le plus dramatique pour la Cappadoce fut l'échange de populations entre la Grèce et la Turquie, consécutif au Traité de Lausanne en 1923. Cet échange de populations, bien que présenté comme un accord bilatéral, fut en réalité une expulsion forcée des populations grecques orthodoxes d'Anatolie et des populations musulmanes de Grèce. La Cappadoce, qui avait abrité des communautés grecques orthodoxes depuis l'Antiquité, fut presque entièrement vidée de sa population grecque. Des milliers de Grecs cappadociens furent contraints de quitter leurs foyers, leurs villages et leurs terres pour être transférés en Grèce, tandis que des musulmans de Grèce étaient installés en Turquie, bien que rarement en Cappadoce, car la région était déjà peuplée.

L'échange de populations marqua une rupture brutale dans l'histoire de la Cappadoce. La région perdit une part essentielle de son identité culturelle et religieuse, celle de ses populations grecques orthodoxes qui avaient façonné son paysage et son histoire pendant des siècles. Les églises rupestres et les monastères, autrefois lieux de culte vivants, devinrent des monuments historiques, témoins d'un passé révolu. Les villages autrefois grecs furent repeuplés par des populations turques venues d'autres régions, modifiant profondément le tissu social et culturel de la Cappadoce.

Après l'échange de populations, la Cappadoce connut une période de transformation et d'intégration dans la République de Turquie moderne. La région resta principalement agricole, mais commença progressivement à développer un secteur touristique, notamment à partir des années 1980, en mettant en valeur son patrimoine naturel et historique unique. Les formations géologiques spectaculaires, les villes souterraines, les églises rupestres et les paysages lunaires de la Cappadoce devinrent des attractions touristiques majeures, attirant des visiteurs du monde entier. Le tourisme devint une source de revenus importante pour la région, stimulant le développement économique et la préservation du patrimoine.

Aujourd'hui, la Cappadoce est une région touristique de renommée mondiale, célèbre pour ses paysages, ses vols en montgolfière au lever du soleil et son riche patrimoine historique et culturel. Bien que la population grecque orthodoxe ait disparu, son héritage est toujours visible dans les églises rupestres, les villages troglodytes et les traditions culturelles locales. 

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Dictionnaire Territoires et lieux d'Histoire
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