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Bruno (Filippo,
puis Giordano). - Philosophe né en 1548 à Nola en Campanie
(Italie ),
mort à Rome
en 1600. Il était d'abord
dominicain
(c'est à cette époque qu'il troque son prénom de Filippo
pour celui de Giordano). Ayant conçu des doutes sur la religion,
il sortit de son couvent se rendit à Genève
(1580), et, a après y avoir conféré avec le célèbre
Théodore
de Bèze, embrassa le Calvinisme .
Ayant très vite des démêlés avec les autorités
protestantes ,
il part en France .
A Toulouse ,
Lyon
(où il publie une méthode de mémoriastion, la Clavis
magna), puis à Paris
où, à partir de 1582, il enseigna la philosophie ,
attaquant Aristote, lui préférant
les conceptions des Néoplatoniciens,
et préconisant le Grand art de Raymond
Lulle. Il passa de là en Angleterre
(1583), puis séjourna de nouveau à Paris, à Wittemberg
(1587), à Prague ,
à Francfort .
Giordano Bruno s'était fait un système
de panthéisme fort analogue à
celui qu'enseigna depuis Spinoza : il soutenait
que Dieu est la substance et la vie de toutes choses
(natura naturans), et que l'univers est un animal immense dont Dieu
est l'âme. II mêlait à ce système des idées
pythagoriciennes; il accordait en outre une grande importance à
l'alchimie. On le mentionne aussi très souvent aujourd'hui pour
son adhésion au système de Copernic
(il a été sans doute l'un des premiers à comprendre,
qu'il ne pouvait être rendu acceptable sans une révision profonde
de la physique, et par l'introduction de quelque chose d'encore mal cerné,
mais qui allait devenir le concept moderne de force), et pour sa doctrine
de la pluralité des mondes habités, qui reposait sur des
réflexions bien moins moins originales et profondes. L'univers,
expliquait-il, à la suite de nombreux autres Médiévaux,
est infini et contient une infinité de mondes invisibles et habités.
Ils sont dotés, comme la Terre
- comme chaque minéral et animal -, d'une âme.
Excomunié par les Luthériens,
il rentrera finalement en Italie. Il fut arrêté à Venise
par l'Inquisition ,
dénoncé par son hôte, à qui il avait refusé
de livré ses trétendus "secrets de
magie
naturelle". Sur requête de l'Inquisition romaine, il est ensuite
transféré en 1593 à Rome .
Lors de son procès, on lui reproche d'avoir affirmé que Jésus
n'était pas Dieu, mais un magicien exceptionnellement habile, que
l'esprit saint est en fait l'âme du monde, et qu'il faudra aussi
que le Diable
fût sauvé le jour du Jugement dernier ...
Il sera finalement condamné et brûlé vif, comme hérétique
et violateur de ses vœux, le 17 février 1600. (A19).
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Principaux
ouvrages :
De umbris idearum,
Paris, 1582; Spaccio della Bestia trionfanti (Expulsion de la
bête triomphante), Londres, 1584, allégorie où
il combat la superstition ;
Della causa, principio e uno, 1584; Dell' infinito universo e mondi,
1584; De monade, numero et figura, Francf., 1591. Ses œuvres ont
été recueillies par A. Wagner, Leipzig, 1829-30, 2 v. in-8,
et par Gfrœrer, Stuttgart, 1834-36. On doit à M. Debs J. Bruni
vita et placita, Par., 1844, et à Bartholmess J. Bruno,
1847.
En
librairie - Giordano Bruno, Des
Liens, Allia, 2001. - De la Magie, Allia, 2000. - Le Chandelier,
Les Belles lettres, 1993. - Le Banquet des cendres, L'Eclat, 1992.
Régis
Lecu, L'idée de perfection chez Giordano Bruno, la coïncidence
des opposés, L'Harmattan, 2004. - Collectif, Giordano Bruno,
l'irréductible, Syllepse, 2003. - T. Dagron et H. Védrine,
Mondes, formes et société selon Giordano Bruno, Vrin,
2003. - Hélène Védrine, Censure et pouvoir, trois
procès : Savonarole, Bruno, Galilée,
L'Harmattan, 2001. Jean Rocchi, Giordano Bruno après le bûcher,
Complexe, 2000. - Giovanni Aguileccia, Giordano Bruno, Les Belles
Lettres, 2000. - Frances A. Yates, Raymond
Lulle et Giordano Bruno, PUF, 1998. - De la même, Giordano
Bruno et la Tradition hermétique, Dervy, 1997. - Bertrand Levergeois,
Giordano Bruno, Fayard, 1995.
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