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Antisthène

Antisthène est un philosophe grec, fondateur de l'école des Cyniques. C'est un des plus remarquables philosophes socratiques; né à Athènes vers 444 av. J.-C., d'une mère étrangère, il appartenait à la classe méprisée des nothos, mort d'une longue maladie en 365 av. J.-C.

Il avait d'abord étudié sous le sophiste Gorgias, et avait enseigné la rhétorique avec succès; mais ayant un jour entendu Socrate, il ferma son école et se livra tout entier à l'étude de la philosophie. Il entra, en 423, à l'école de Socrate et devint bientôt son favori, autant par les qualités de son caractère ferme et indépendant que par la pénétration de son esprit. Il figure parmi les disciples qui assistèrent le maître à son dernier jour. Une tradition, d'ailleurs douteuse, rapporte qu'il réussit à le venger, en faisant bannir Anytus et condamner Melitus à mort. Mais il se brouilla avec Platon et écrivit contre lui, sous le titre de Sathon, un pamphlet grossier, plein d'insinuations infamantes.
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Antisthène.
Le philosophe Antisthène, fondateur de l'école cynique.

Il fonda l'école du Cynosarge,  gymnase consacré à Héraclès, ce qui valut à sa doctrine l'épithète de cynique : les moeurs des philosophes ses successeurs firent bientôt oublier la signification originaire de ce mot (qu'on rattache à la racine kuôn = chien). Même si on l'a même parfois accusé d'être vertueux avec ostentation et que Socrate disait de lui qu'on voyait son orgueil percer à travers les trous de son manteau, lui-même, sans affectation de brutalité et encore moins d'impudeur, se borna à afficher sa pauvreté, à se vêtir d'un simple manteau, à porter le bâton et la besace, qui devinrent comme les emblèmes de l'école. Ses disciples appartenaient, pour la plupart, aux plus basses classes de la société athénienne; le plus connu est Diogène

Se souvenant des leçons de Gorgias, Antisthène nie la valeur des idées générales et de la connaissance scientifique. Du reste, la science est inutile et, dès lors, sa philosophie a un caractère profondément moral; elle se fonde sur ce principe emprunté à Socrate :

 « Le bonheur pour l'homme est dans la pratique de la vertu. »
La recherche du bonheur étant le but de le vie, la vertu en devient le moyen. Antisthène pensait qu'il n'y a de beau que la vertu, de laid que le vice, et s'élevait au-dessus des bienséances sociales, qu'il regardait comme de vains préjugés. Tout ce qui parmi les aspirations et les tendances de notre être est étranger à la pratique de la vertu était considéré par lui comme indifférent ou nuisible. 

Antisthène prétendait continuer ainsi l'enseignement de Socrate, dont la simplicité et l'indépendance l'avaient fortement frappé. Il faut rechercher le travail et la peine. Heraclès est le modèle de la vertu. L'humain le plus sage est celui qui a le moins de besoins et qui méprise les faux biens. La liberté consiste dans l'absence du désir. La vertu est le plus grand des biens. Celui qui la possède ne peut plus la perdre; il est le plus riche des humains et il se suffit à lui-même.

Antisthène est généralement considéré comme le précurseur du Stoïcisme, qu'il semble, en effet, avoir préparé par le culte de l'énergie morale et le détachement de tous les biens vulgaires. Un historien de la philosophie a appelé les Cyniques les «-capucins de l'Antiquité ».

Outre son enseignement oral au Cynosarge, Antisthène a développé ses doctrines dans de nombreux ouvrages, que les critiques anciens rangeaient parmi les meilleurs modèles du style attique, mais qui sont aujourd'hui perdus, à l'exception de quelques  fragments et quelques lettres, peut-être apocryphes, d'abord publiés par Winckelmann (Zurich, 1841). Il aimait à donner à l'exposition de ses idées la forme du dialogue; le plus célèbre était le dialogue intitulé Héraclès : ce héros, que nous avons déjà cité plusieurs fois dans cette page, était du reste le patron de l'école des Cyniques. 

Antisthène a composé aussi des traités de rhétorique et s'est occupé de l'interprétation d'Homère. Comme Xénophane, il se posa en adversaire du polythéisme anthropomorphique.

Richter a composé une dissertation De vites, moribus ac placitis Antisthenis, Iéna, 1724; M. Chappuis a écrit en 1854 une thèse sur ce philosophe. (J.-A. H. / B.).

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