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Géographie physique de l'Afrique
Les côtes et les îles de l'Afrique
Aperçu Les côtes et les îles Géologie Orographie Hydrographie Climat, flore, faune

Les côtes et les îles côtières

Le développement des côtes de l'Afrique est relativement  faible. Absolument même il reste très au-dessous de celui de l'Europe. On l'évalue à 27,600 km dont 5200 sur la mer Méditerranée, 10,800 km  sur l'océan Atlantique, 8600 sur l'océan Indien, 3000 sur la mer Rouge.

Côtes de la mer Méditerranée. 
Les côtes africaines de la Méditerranée sont divisées en trois parties, d'étendue presque égale, par le vaste enfoncement du littoral qui comprend les golfes des Syrtes. 

De Port-Saïd à Benghazi.
La première section à partir de Port-Saïd, débouché du canal de Suez, est assez morne. On trouve d'abord le delta du Nil et son rivage formé d'alluvions, qui n'est qu'un mince cordon séparant la mer de vastes lagunes. On remonte successivement le lac Menzaleh à demi-asséché ou envasé, la bouche de Damiette, le lac Bourlos (El-Brulus), la bouche de Rosette, le lac Edkou (Ikdu), la pointe d'Aboukir, et le lac Mariout, formé aujourd'hui de plusieurs plans d'eau distincts, avec la ville d'Alexandrie sur le cordon littoral qui se prolonge au Sud-Ouest. Au delà du delta, l'arrière pays devient désertique. On note sur la côte la vile d'El-Alamein. 

Cette partie de la côte, basse, longée de plages, est peu hospitalière lorsqu'on vient de la mer, car elle ne s'abaisse que lentement et l'on trouve au large de dangereux bas-fonds. 

Le golfe de Soloum marque la frontière entre l'Egypte et la Libye. A partir de là, la côte s'élève; on arrive aux plateaux calcaires et pierreux d'Akabah qui domine la mer de ses hautes falaises dont les ravins innombrables plongent dans la mer. Après Tobrouk et son port ( l'ancien fort de Bir Hakeim se trouve près de là, à l'intérieur des terres), on atteint le golfe de Bamba où commence le plateau de Barka (Djebel Akhdar) où les falaises deviennent inaccessibles, sauf dans les quelques petits ports qu'abritent les baies du littoral (Derna, Grenna, Benghazi). Après le cap Sem, haut de 500 mètres, la côte tourne au Sud et l'on pénètre dans un vaste golfe de 19 degrés de large compris entre le plateau de la Barka (Cyrénaïque) et l'extrémité du massif montagneux de l'Atlas (Tunisie).

De Benghazi au cap Bon.
La côte se dirige au Sud à partir du cap ou Ras-Teïonés à peu près jusqu'au petit port de Braïga (Brega), puis jusqu'aux environs de Gabès, pendant plus de 1000 km. La plus grande partie de cette côte est baignée par le golfe de Sidre (As-Sidrah)) ou de la grande Syrte (Surt), jusqu'au cap Masrata (Misratah). Le rivage est complètement désert. 

Après le cap Masrata on trouve Tripoli et l'on pénètre bientôt dans la petite Syrte, plus enfoncé mais moins grand que l'autre. La frontière entre la Libye et la Tunisie se trouve entre Bu Kammash et Ben Guerdane, dans un secteur où la côte est bordée de lagunes. Face à la péninsule de Zarzis se trouve l'île de Djerba reliée au continent par une route et qui marque la limite méridionale du golfe de Gabès. La limite septentrionale de ce dernier est à peu près marquée par les îles Kerkennah, reliées entre elles par des ponts et situées à la hauteur de Sfax.

Le littoral des Syrtes et du golfe de Gabès est bas, sablonneux, semé de dunes et de lagunes; parfois cependant des chaînes de rochers se prolongent en écueils au-delà du rivage, par exemple celle qui forme les trois pointes du cap Masrata. 

Au Nord du golfe de Gabès le rivage de Tunisie se continue vers le Nord plus fertile et avec quelques bons mouillages. Signalons le golfe de Hammamet entre Monastir et Nabeul et sur lequel se trouve Sousse, le cap Kapoudia et le cap Bon terminant une petite presqu'île et au large de laquelle est, à l'Est, l'île italienne de Pantelleria et au Nord-Ouest, les îles tunisiennes de Zembra et Zembretta (parc national). Face à Monastir se trouvent deux petites îles : Kengelyara et Kuriat.

Du cap Bon au cap Spartel.
Au cap Bon ou Ras Addar commence le Rif (du latin ripa), le littoral de la région de l'Atlas. La côte suit une direction générale pendant près de 2000 km jusqu'au détroit de Gibraltar.

Nous y trouvons, en Tunisie, le golfe et la lagune de Tunis, le cap Blanc ou Ras-el-Abiad, le plus septentrional de l'Afrique (37° 20' 49" N.), la lagune de Bizerte, et l'îlot de Tabarka, aujourd'hui relié au continent par une bande de terre qui sépare deux petits ports.

La frontière avec l'Algérie passe à une dizaine de kilomètres plus à l'Ouest, à vol d'oiseau. Ici commence le golfe d'El Kala, qu'un petit cap sépare du golfe d'Annaba. Puis viennent le cap de Fer au rivage rocheux et tourmenté, le golfe de Stora ou de Skikda (anc. Philippeville), le cap Bougaroni, le cap Cavallo, le golfe de Bejaïa (anc. Bougie), le cap Carbon, le cap Matifou, la rade d'Alger, la pointe Pescade, le cap lvi, le golfe d'Arzew avec aussi la ville de Mostagnaem, le cap Carbon occidental, le golfe d'Oran, les îlots Habibas aux contours découpés, l'île volcanique de Rachgoun (Rechgoun) sur lequel on a bâti un phare. 
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Une plage près d'Alger.
Une plage à l'Ouest d'Alger.

Un peu au-delà se trouve la frontière avec le Maroc entre les villes de Marsa-ben-Mehidi et Saïdia. La côte est encore jalonnée de caps :  le cap Milonia (Ras Kebdana), avec, au Nord, les îles Zaffarines ou Chafarinas (Isla del Congreso, I. Isabel II et I. del Rey); le cap Tres Forcas (Trois Fourches), à l'Est duquel est l'enclave espagnole de Melilla. D'autres possessions espagnoles sont encore à signaler à l'Ouest de Melilla. Dans la baie d'al-Hoceima se trouvent trois petites : îles le Peñón de Alhucemas, qui porte un fort et quelques maisons, et ses deux dépendances inhabitées : l'Isla de mar et l'Isla de Tierra (à 190 m du rivage). Plus à l'Ouest encore, à côté de la localité marocaine de Badès (Badis) est une autre possession espagnole, le Peñon de Velez de la Gomera, ancienne île rattachée aujourd'hui à la terre par une bande de sable, et qui accueille une petite garnison. Enfin, la péninsule Santa Catalina, avec le rocher de Ceuta, est une autre enclave espagnole. Elle se trouve en face du détroit de Gibraltar qui baigne cette côte sur une longueur de 52 km jusqu'au cap Spartel, situé  à l'Ouest de Tanger. Sur ce dernier segment de côte, on peut noter une dernière petite île, sous administration espagnole, l'île Perejil, qui se trouve 240 m du rivage. Revendiquée comme les autres par le Maroc, cette dernière île a été placée sous les feux de l'actualité lorsque un petit détachement marocain y a pris pied quelques jours en juillet 2002, ouvrant une crise aigue entre le Maroc et l'Espagne.

Tout ce littoral, tunisien, algérien, marocain, est un des plus accidentés de l'Afrique; on y trouve nombre de caps et de baies, sinon de véritables golfes, et des ports sûrs. Le rivage parfois marécageux est généralement escarpé.

Côtes de l'océan Atlantique. 
Au cap Spartel commencent les 10,800 km de côtes baignées par océan Atlantique. Nous y distinguerons plusieurs sections : du détroit de Gibraltar au cap Vert; - du cap Vert au cap des Palmes; - du cap des Palmes au cap Lopez; - du cap Lopez au cap Frio;- du cap Frio au cap des Aiguilles.

Du détroit de Gibraltar au cap Vert.
Dans la première section le littoral se dirige au Sud-Ouest puis au Sud-Sud-Ouest, au Sud-Ouest jusqu'au cap Blanc; c'est une côte plate et sablonneuse où les embouchures des cours d'eau sont souvent obstruées par des bancs de sable; il n'y a, malgré les ports de Tanger, de Rabat, d'Essaouira (Mogador, avec, en face, l'île du même nom), pas de bon mouillage à signaler. 

Après Essaouira et le cap Blanc du Nord, on rencontre bientôt l'extrémité occidentale de la chaîne de l'Atlas qui forme la masse rocheuse du cap Cantin (Cap Beddouza), puis le cap Rhir, brusque terminaison de l'Atlas saharien qui domine la mer de 900 mètres. Au Sud est l'excellent port d'Agadir, puis le cap Noun (cap Chaunar), jadis si redouté des navigateurs portugais, en face des îles Canaries. Le cap Noun est formé par un rameau de l'Atlas. 

Après l'embouchure de l'oued Draa et le cap Juby, on est, après la ville de Tarfaya, au bord du Sahara Occidental. La côte se dirige du Sud-Ouest du cap Ghir au cap Blanc du Sud. Elle est plate et sablonneuse, couverte de dunes de sable blanc, parmi les plus hautes du monde; elles se prolongent en bancs de sable dans la mer et l'on peut s'aventurer sans perdre pied jusqu'à plusieurs kilomètres au large. Nous rencontrons le cap Boujdour (Bojador) avec un banc de récifs au large, la  longue presqu'île de Dakhla, qui abrite une baie avec l'îlot de Herné (Kerné), le golfe de Cintra, enfin la presqu'île partagée entre le Sahara occidental et la Mauritanie et dont l'extrémité, l'ancien cap Blanc du Sud est aujourd'hui appelé Ras Nouâdhibou, du nom de la ville mauritanienne qui y est bâtie. Au Sud, sont la baie et les îles d'Arguin, en face d'un banc redouté où se perdit la Méduse

Toute cette côte, balayée par des marées terribles, défendue par des bas-fonds, absolument stérile, est très redoutée des marins. Elle garde ce caractère après l'embouchure du fleuve Sénégal, qui sépare la Mauritanie du Sénégal, jusqu'au cap Vert.

Du cap Vert au cap des Palmes.
Le cap Vert (ou péninsule du Cap Vert), ainsi nommé à cause des forêts qui le couvraient, est l'extrémité la plus occidentale de l'Afrique (17° 31' 47" O, à la pointe des Almadies). Il abrite au Sud l'île des Madeleines, la rade de Dakar et l'îlot basaltique de Gorée, qui occupe une place si tragique dans l'histoire de la traite esclavagiste. 
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Carte de Dakar.
Dakar, sur la péninsule du Cap Vert, à la pointe occidentale de l'Afrique, 

La côte, qui suit la direction Sud-Est du Cap Vert (Sénégal) jusqu'au cap des Palmes (Sud du Libéria), est désignée souvent par le nom général de Rivières du Sud par rapport au Sénégal. Elle est découpée; le navigateur qui la longe rencontre de nombreux et larges estuaires, de petites baies et quelques îles l'estuaire de la Gambie, de la Casamance, du rio Grande, le rio Pongo, les îles de Loos, la Mallacorée, l'île Matakong, les rivières Scarcies, la haute presqu'île de Sierra-Leone, ainsi nommée du rugissement des vagues qui la battent, l'île de Sherbro (Cherboro) où commence la côte des Graines, l'estuaire de la rivière Saint-Paul, enfin le cap Palmas ou des Palmes. 

Les Rivières du Sud peuvent se subdiviser en trois segments côtiers : 

• La côte de la Sénégambie, qui correspond à tout le littoral méridional du Sénégal, avec l'enclave que forme la Gambie, dont la capitale Banjul est bâtie à l'extrémité de la presqu'île qui marque l'embouchure du fleuve Gambie. Les îles du delta du saloum (au Sénégal) forment une forêt protégée, et l'on retrouve un écosystème similaire à l'embouchure de la Casamance (également au Sénégal).

• La côte des Guinées et du Sierra Leone commence au cap Skirring, à partir duquel on est en Guinée-Bissau. Face aux échancrures du continent se trouve l'archipel des îles Bissagos,  basses et très fertiles. Les échancrures de la côte se poursuivent en Guinée jusqu'à la capitale (Conakry), bâtie, tout en longueur, sur une presqu'île (naguère une île), qui s'avance vers trois îles de Loos : Tamara (Fotoba), Room (Roume) et Kassa. 

Enfin le littoral du Sierra Leone se signale par les embouchures de plusieurs fleuves aux estuaires imposants. Au Nord, principalement celui des rivières de la Petite Scarcies (Kaba) et de la Grande Scarcies (Kolente), devant lequel se tient l'île de Kortimaw, et celui qui prend le nom de Sierra Leone (ou de baie Tagrin), et qui est alimenté par plusieurs cours d'eau (Rokel, Bunce, Port Loko, etc. C'est au débouché de cette baie que se trouve capitale, Freetown,  sur une péninsule montagneuse qui se prolonge au Sud par les petites îles Bananas. Plus au Sud encore, la rivière Sherbro a son estuaire en partie bordé par la grande île du même nom.

• La côte du Poivre ou des Graines, qui correspond principalement au littoral du Libéria, est par comparaison aux segments précédents, très simple. C'est un littoral plat, sans grandes découpures. Aucune rivière n'y possède de large estuaire. Seuls accidents de cette côte : le lac Piso (en fait une baie presque complètement fermée, et qui communique avec l'océan par un étroit goulet formé par un enchevêtrement de chenaux) et, plus à l'Est le cap Mesurado, sur lequel se trouve la capitale du pays, Monrovia, bâtie entre la mer et le lac formé par la rivière Mesurado près de son embouchure. 

Du cap des Palmes au cap Lopez.
Du cap des Palmes, à la frontière du Libéria et de la Côte d'Ivoire, au cap Lopez, au Gabon, s'étend le golfe de Guinée, bordé par la côte de Guinée, ou plus exactement de haute Guinée. Ce littoral, orienté de l'Ouest à l'Est, est si bas que de la haute mer on ne pourrait souvent l'apercevoir sans les arbres qui le signalent. Ses plages de galets se prolongent par des récifs et de grands bancs de sable; tels sont le banc Sainte-Anne au large de la côte de Sierra-Leone et le banc de Biafra en face du delta du Niger. Les lames, venant se briser en volutes énormes sur le rivage, forment une barre qui empêche de débarquer autrement qu'avec des pirogues. Il n'y a pas de mouillages pour les navires, qui sont forcés de rester à l'ancre parfois assez loin de la côte. Celle-ci est formée en bien des points par de simples langues de sable séparant de la mer de vastes lagunes qui s'avancent fort loin dans les terres. 

Très fréquentés par les Européens pendant quatre siècles, ces rivages ont reçu des dénominations qui rappellent leurs différentes spécialités commerciales d'autrefois : côte d'ivoire ou des Dents, côte de l'Or (littoral du Ghana), côte des Esclaves (littoraux du Togo et du Bénin, et partie occidentale du littoral du Nigéria); le delta du Niger, baigné par le golfe du Bénin, porte plusieurs noms, côte de Bénin à l'Ouest, de Calabar à l'Est, celle-ci baignée par la baie de Biafra. Les particularités les plus remarquables du littoral de la haute Guinée sont : les lagunes Ebrié et Assinie, le cap des Trois-Pointes (au milieu de la côte de l'Or), les lagunes d'Avon, de Popo, de Denham, de Lagos.
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Carte de la côte du Nigeria dans la région de Sapele.
Carte de la côte du Nigeria dans la région de Sapele, entre Lagos et le delta du Niger.
Le Forcados est alimenté par le bras le plus septentrional du delta du Niger.

Le delta (ou bouches) du Niger forme une ample saillie dont le point extrême vers le Sud est le cap Noun ou Formose, à l'endroit où débouche le bras principal du fleuve. La baie de Biafra est principalement bordée par les côtes du Cameroun, et est dominée par les monts Cameroun, sorte de haute presqu'île. En face, l'île de Bioko (anc. Fernando Poo), qui appartient à la Guinée Equatoriale. La côte suit désormais la direction du Sud, le long de la partie continentale de la Guinée équtoriale et au Gabon; après l'île et la baie Corisco, on rencontre, sous l'équateur, la baie du Gabon, vaste estuaire de 75 km de long sur 17 km de large, sur la rive duquel est contruite la capitale gabonaise Libreville, et où ne débouchent que de petites rivières; on arrive ensuite à l'estuaire de l'Ogôoué et à la pointe basse du cap Lopez, péninsule où est bâtie la ville de Port-Gentil.
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Carte de la baie de Corisco et de l'estuaire du Gabon.
Carte de la baie de Corisco et de l'estuaire du Gabon.

Du cap Lopez au cap Frio.
Du cap Lopez au cap Frio (Nord-Ouest de la Namibie), le littoral de la haute Guinée, orienté du Nord au Sud, décrit une vaste courbe concave, de 1800 km de développement. Il forme les côtes méridionales du Gabon, les côtes de la République du Congo (RC), du Cabinda (dépendance de l'Angola), de la République Démocratique du Congo (RDC), de l'Angola, la partie la plus septentrionale de la côte de la Namibie. Ce littoral est coupé par les estuaires du Congo, qui marque la frontière entre la RDC et l'Angola, du Coanza (Cuanza), dont l'embouchure se situe un peu au Sud de Luanda, la capitale de l'Angola, et du Cunèné, qui marque la frontière entre l'Angola et la Namibie. 

On a affaire à un rivage qui n'offre aucune grande saillie; il s'élève de plus en plus vers le Sud et parfois ses hautes falaises sont absolument inaccessibles. Citons la baie de Mayoumba, l'embouchure du Congo, qui refoule la mer jusqu'à une vingtaine de km, la presqu'île basse de Luanda, l'embouchure du Coanza, la baie de Lobito protégée par une longue et étroite bande de terre, la baie de Saco avec la ville de Namibe (anc. Moçamedes), la baie de Tombua, les désertiques presqu'île et île des Tigres, enfin le cap Frio.
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Le cap Ledo, en Angola.
Le cap Ledo, en Angola. Photo : Jlrousa (licence : Creative Commons).

Du cap Frio au cap des Aiguilles.
Passé le cap Frio, la côte s'incline vers le Sud-Est jusqu'au cap de Bonne-Espérance. Elle est encore plus monotone et déserte; interrompue seulement par les baies Walvis ou des Baleines, de Spencer avec l'île Mercury, et d'Angra-Pequena. En face de la baie d'Angra-Pequena se trouve l'île Ichaboe (Itchabo) à qui ses réserves de guano valurent une célébrité momentanée (1843-1845). Un peu plus au Sud, la baie de Luderitz, avec la localité du même nom, et les îles du Pingouin et du Phoque, et, plus au Sud encore, la baie Sainte-Elizabeth où se trouve l'île de la Possession, donnent un peu de caractère à ce rivage par ailleurs assez morne. Sablonneux, à peine semé de quelques dunes et de quelques rochers, il est sans eau ni végétation et à peu près inhabité. 

Au Sud du fleuve Orange, qui marque la frontière entre la Namibie et l'Afrique du Sud, la côte devient un peu plus escarpée. A partir de la baie de Sainte-Hélène elle est tout à fait accidenté. Cette large baie, ouverte au Nord, est fermée au Sud par le cap Castle qui la sépare de la baie de Saldanha, un des meilleurs ports du monde, d'une parfaite sécurité, mais sans eau douce. En se dirigeant vers le Sud, on rencontre, à moins de dix kilomètres du rivage, les îles Dassen et Robben (cette dernière connue pour avoir servi de prison à l'époque de l'apartheid). Puis viennent la baie de la Table, avec la ville du Cap (Cape town), et le promontoire long de 61 km, large d'une douzaine, que termine au Sud le cap de Bonne-Espérance (263 m d'altitude).

Derrière est la baie Simon ou False Bay, largement ouverte au Sud, limitée à l'Est par le cap Hangklip haut de 430 m. Un isthme bas et sablonneux sépare seul la baie de la Table de False-Bay. Une faible montée des eaux suffirait pour transformer la presqu'île du Cap en une île. 

A quelque distance au Sud-Est, on atteint la baie Walker, puis le cap des Aiguilles. Le cap des Aiguilles (Agùlhas) est la pointe méridionale de l'Afrique (à la latitude de 34° 50' 2" S), 20 degrés plus au Nord que le cap Horn. Au large une terrasse sous-marine prolonge le continent par le banc des Aiguilles, parages très dangereux pour les navires. Les bas-fonds, la rencontre des océans Indien et Atlantique produisent un terrible ressac.
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Le cap des Aiguilles, en Afrique du Sud.
Le cap des Aiguilles, en Afrique du Sud. Photo : Allan Watt (licence : Creative Commons).

Côtes de l'océan Indien.
Les côtes de l'océan Indien sont orientées du Sud-Ouest au Nord-Est pendant 11,600 km (en comptant la mer Rouge). Elles ne sont pas très accidentées, et présentent surtout des courbes alternativement concaves et convexes, d'une amplitude grandissante à mesure que l'on avance vers le Nord. Nous les diviserons en trois parties: du cap des Aiguilles au cap Delgado; - du cap Delgado au cap Guardafui; - du cap Guardafui au canal de Suez. 

Du cap des Aiguilles au cap Delgado.
La côte qui se dirige vers I'Est est d'abord dentelée presque régulièrement du cap des Aiguilles à la baie Algoa, où se trouve bâtie la voille de Port Elizabeth. Les accostages sont difficiles pour les raisons que nous avons indiquées. Après la baie Algoa le rivage tourne au Nord-Est et nous sommes franchement dans l'océan Indien. 

Jusqu'à la baie de Natal nous rencontrons seulement quelques baies et criques peu accentuées. Le rivage est escarpé, les fleuves descendent à la mer en cascades; de beaux rochers et des forêts donnent à l'ensemble un caractère pittoresque, notamment à la baie de Natal, profonde échancrure autour de laquelle est bâti le grand port de Durban. 

Le rivage est ensuite bas et marécageux, bordé d'épaisses forêts; la baie et la lagune de Sainte-Lucie nous acheminent, après avoir franchi, à la Punta do Ouro, la frontière avec le Mozambique à la baie de Maputo, capitale du pays, au fond de la première concavité de la côte. 

Viennent ensuite l'embouchure du Limpopo et le cap Corrientes, devant la baie d'Inhambané, au début du canal de Mozambique qui sépare du continent l'île de Madagascar. D'une largeur qui varie entre 500 et 1200 km, ce canal est redouté des marins; parcouru par un courant violent, semé de bancs de sable dont les plus célèbres sont au Sud, les Bassas da India, au Nord le banc de Saint-Lazare, hérissé de récifs et d'îlots coralliens, surtout au Nord. 

Le long du canal de Mozambique, on remarque, sur le littoral africain, les îles de Benguerra et de Bazaruto et la baie Sofala au fond de la deuxième concavité, avec l'estuaire du rio Pungwe, au débouché duquel est la ville de Beira, puis le delta du Zambèze, le port de Quélimané dans l'estuaire de la Cuaca, une petite série d'îlots entre Pebane et Angoche (île de feu, Coroa, Casuarina, Epidendron, et plus au Nord, Caldeira, Nejovo, Puga-Puga, Mafamede, etc.), les hautes falaises de Licimgo (100 à 200 m d'altitude sur une quarantaine de km de longueur), le havre de Mokamba et la presqu'île de Mozambique, le chapelet d'îles entre Pemba et Quionga (Quipaco, Quisiva, Mefunvo, Quilaluia, Sengar, Quirimba, Ibo, Metemo, Rotas, Mogudula, Quifula, Macaloé, Quissanga, Medjumbe,  Kero Niuni, Mionge, Mechanga, Tambuzi, Suna, Congo, Quifuqui et Metundo, Quisungura, Vamizi, Queramimbi, Rongui, Comezi,Tecomaji, etc.). Sur cette partie, jusqu'au cap Delgado, situé au débouché de la Rovuma qui marque la frontière entre le Mozambique et la Tanzanie, la côte va droit au Nord.

Du cap Delgado au cap Guardafui
Entre le cap Delgado et le cap Guardafui, la côte suit une direction générale Nord-Nord-Est; plus exactement, elle dessine la troisième courbe concave (côte de Zanguebar, c'est-à-dire de Tanzanie), et la troisième convexité (côte des Somali). 

Le rivage de la côte tanzanienne est bas et marécageux; des récifs coralliaires en rendent l'accès difficile; quelques deltas fluviaux, surtout ceux de la Rovuma et de la Rufidji, accentuent l'insalubrité du pays. Au large, sont plusieurs îles, les plus grande étant Mafia (en face de l'embouchure de la Rufiji), Zanzibar et Pemba; celle-ci boisée et fertile, celle-là d'une importance exceptionnelle. 
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Une plage de Stone Town, à Zanzibar.
La côte de Zanzibar, à  Stone Town.

La baie de Zanzibar est le point extrême de la concavité de la côte de Zanguébar et dès lors le littoral court régulièrement au Nord-Est, le long du Kenya où l'on remarque les ports de Mombasa et de Malindi. Bientôt commence la Somalie, vaste territoire compris entre l'océan Indien et le golfe d'Aden. 

Les rivages sur l'océan sont formés par des falaises à pic, dont la hauteur moyenne dépasse 100 m, et atteint jusqu'à 5 et 600 m. A partir de l'embouchure de la Djouba (Wedi Jubba), l'uniformité n'est rompue par aucune embouchure fluviale; quelques pointes à peine indiquées, sauf le cap Hafun (Râs Hafun ou Xaafun), extrémité orientale du continent (51°24'55" E), après lequel on arrive bientôt au cap Guardafui. En pleine mer, à la hauteur du cap, sont plussieurs îles dépendantes du Yémen : Abd-el-Kuri, Samha et Darsah, et surtout Socotra.
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La Corne de l'Afrique vue depuis l'espace.

La Corne de l'Afrique vue depuis l'espace. Le Ras Hafun est la presqu'île près du centre
de la photo, le cap Guardafui est juste au dessus, à l'extrémité de la "Corne".

A partir du cap Guardafui, la côte va d'abord vers l'Ouest-Sud-Ouest, jusqu'à Berbéra; elle est montagneuse, puis elle remonte au Nord-Ouest, et jusque vers Zéila reste très plate. Après Zéila, on quitte la Somalie pour entrer sur le territoire de la république de Djibouti, où commencent les montagnes qui encaissent la baie de Tadjoura et escarpent la côte d'Obok; en face sont les îlots Mouchakh (Moucha). Par le détroit de Bab-el-Mandeb que garde l'île de Périm, on pénètre dans la mer Rouge, mer inhospitalière, hérissée de récifs corraliens. 

Côté africain, le rivage appartient  à l'Erythrée à partir du cap Doumeira (et jusqu'à la latitude de 17°58'25"N). Il est oblique au Nord-Ouest est également corallien, en général élevé, mais parfois bordé d'un liseré bas et marécageux. On y aperçoit successivement les baies d'Assab, d'Adulis, les îles Dessi et Dahlak, la baie et la presqu'île de Massaoua (Massawa). Sur la partie de la côte qui appartient au Soudan, on note baie de Souakim (Suakin), la ville de Port Soudan, plusieurs caps (râs en arabe) parmi lesquels nous distinguerons le Râs el Enf, qui marque en principe limite de l'Egypte et du Soudan, et le Râs-ez-Zéït à l'entrée du golfe de Suez.
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Carte de la côte du Soudan : Massaoua et l'archipel des Dahlak.
L'archipel des Dahlak et la côte de l'Erythrée entre Mersa Fatma et Massaoua.

Les îles au large de l'Afrique

Outre les petites îles échelonnées le long du littoral et que nous avons énumérées, on est convenu de rattacher à l'Afrique un certain nombre d'archipels ou d'îles isolées dans l'océan Atlantique ou dans l'océan Indien; les unes sont de véritables dépendances du continent; pour d'autres, la relation est de pure convention. 

Dans l'océan Atlantique, les Açores à 900 km du Portugal, à plus de 1200 km du Maroc, dépendent au moins autant de l'Europe que de l'Afrique. Ces îles volcaniques sont au nombre de dix, éparpillées sur une assez grande étendue de mer. A 700 km, au Sud-Est des Açores, à 600, au large du Maroc, se trouvent Madère et sa voisine Porto-Santo, remarquables par leur fertilité; autour, quelques îlots déserts ou semi-déserts.

Plus près de la côte, et plus au Sud, les îles Canaries, groupe plus important, avec sept îles principales (Lanzarote, Fuertaventura, la Grande-Canarie Ténériffe, Gomera, Palma, l'île de Fer), dominées par le célèbre pic de Ténériffe ou de Teide (3715 m), point de repère bien connu des marins.

Entre 22° et 16° de latitude Nord, au large du cap Vert, les îles du cap Vert, volcaniques et calcaires, très nombreuses : la principale est São Tiago.

Dans le golfe de Guinée, quatre îles, orientées sur le même alignement que les monts Cameroun : Bioko, avec le pic Clarence (3100 m), l'île du Prince, Saint-Thomas (São-Tomé et Principe) et Annobon, simple îlot, qui appartient à la Guinée Equatoriale comme Bioko.

Au milieu de l'océan Atlantique, plusieurs dépendances du Royaume-Uni : l'Ascension (16° 44' O. et 7° 57' S.); au Sud-Est, le rocher de Sainte-Hélène; enfin, vers le 37e degré de latitude Sud, les trois petites îles de Tristan da Cunha.

Dans l'océan Indien, on trouve tout d'abord une île beaucoup plus considérable que celles dont nous venons de parler; il s'agit de Madagascar (595,000 km2). C'est une île qui n'a pas les caractères généraux du continent africain, un monde à part, une sorte de petit continent. 

Les Mascareignes, à l'Est de Madagascar, sont également très différentes du reste de l'Afrique, et, ajoutons-le, de la grande île elle-même. Ce sont, en allant du Sud-Est au Nord-Est la Réunion, l'île Maurice, et Rodrigues

Au Nord de Madagascar se trouvent un certain nombre de petites îles volcaniques et coralliennes : les Comores (grande et petite Comore et Mayotte), entre la côte de Mozambique et Madagascar; les îlots Aldabra, Farqhar, les Amarantes, formées de onze petites îles rattachées aux Seychelles entre 3° et 7° de latitude Sud, avec une trentaine d'îlots; ceux du Nord, les plus importants, forment un archipel à part, l'archipel Mahé, avec les îles de Mahé et Praslin. (GE).



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