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L'histoire du Maroc
Aperçu
1- L'Antiquité
2 - La conquête musulmane
3 - Les Almoravides
4 - Les Almohades 5 - L'empire mérinide  6 - Les chérifs saadiens  7 - Les chérifs hasani
Le Maroc occupe l'emplacement de l'ancienne Maurétanie Tingitane et d'une faible partie de la Maurétanie Césarienne. Cette contrée fut soumise à la domination romaine en 33 av. J. C., et définitivement, en 42 de notre ère.  Elle devint ensuite la proie des Vandales au commencement Ve siècle, puis passa sous la coupe des Grecs de Byzance, et enfin des Arabes (à partir du VIIIe siècle). Les Edrisites (Idrissites), fondèrent, en 788, un Etat indépendant des califes de Bagdad, dont Fès était la capitale, et qui fut renversé en 925 par le premier calife fatimide d'Egypte. Tandis que les Fatimides et les Ommeyades d'Espagne se disputaient la possession des débris du royaume des Edrisites, les Almoravides créèrent, au Maroc, à partir de 1051, un nouvel Etat, qui étendit ses conquêtes en Espagne jusqu'au Tage et à l'Ebre. La puissance des Almoravides s'écroula aussi rapidement qu'elle s'était élevée, et fut remplacée, entre 1120 et 1145, en Afrique et en Espagne, par celle des AImohades, qui elle-même succomba en Espagne en 1212 et en Afrique en 1218. Les Almohades furent supplantés par les Mérinites ou Mérinides (1270), auxquels succédèrent à partir de 1550 les Chérifs, qui se disaient  issus de Mahomet. Sous la dynastie des chérifs alaouites (saadiens) de Tafilet, l'empire du Maroc acquit sa plus grande étendue, et résista victorieusement aux armées portugaises qui attaquent aux XIIIe, XIVe et XVe siècles. Le Maroc cessa d'être menacé après la sanglante bataille d'Alcaçar-Quivir, où périt le roi Sébastien (1578). Il s'agrandit tellement par la suite qu'au commencement du XVIIIe siècle, il étendait encore son autorité jusqu'à Tombouctou.

Les discordes intestines des derniers alouites avaient à cette époque déjà  laissé le trône à une dynastie qui s'était substituée à la leur en 1648. Cette dynastie, sortie aussi du Tafilet, eut pour fondateur le chérif Moulay, mort en 1652. Le règne le plus brillant des souverains de cette dynastie est celui de Moulay-Ismaïl (1672-1727), prince impitoyable, mais énergique. Le souverain parvenu au trône en 1822, Moulay-Abderrahman, inquiet des ambitions de la France en Afrique du Nord, depuis sa prise d'Alger en 1830, s'associa en 1844 à la guerre sainte d'Abd el-Kâder (L'histoire de l'Algérie). Mais la défaite de son armée sur l'Isly, le bombardement de Tanger et la prise de Mogador par les Français le forcèrent, cette même année, à renoncer à soutenir l'émir. Moulay-Abderrahman mourut en 1859, et une guerre civile, au milieu de laquelle plusieurs prétendants disputèrent le trône à son fils aîné, Sidi-Mohamhed, s'alluma aussitôt. Cette même année, les Marocains entrèrent aussi en guerre avec l'Espagne, qui conservait le long des côtes du Maroc plusieurs villes, conquises dès le XVIe siècle, et dont elle avait fait des présides ou lieux de déportation : telles Ceuta, le Peñon-de-Velez, Alhucemas, Melilla. Des conflits avaient déjà eu lieu à leur sujet, mais cette fois la guerre fut plus sérieuse. Le Marcoc fut défait, notamment dans deux batailles, dont la dernière fut suivie de la prise de Tétouan par les Espagnols en 1860. La paix fut alors conclue entre les deux Etats : le Maroc fit une cession de territoire, et s'engagea à payer une forte indemnité de guerre.

La compétition que se faisaient Allemands et Français eut aussi quelques décennies plus tard des répercussions sur le Maroc., et les puissance européennes allaient s'entendre pour laisser à la France, déjà présente en Algérie et en Tunisie, étendre sa mainmise sur le Maroc. Il faut remonter au Cabinet Combes pour retrouver l'origine de cet épisode. A ce moment, Delcassé, ministre des Affaires étrangères, avait négocié et conclu, avec l'Espagne un accord secret d'où devait résulter, presque forcément, la conquête en commun de l'empire du Maroc. Il s'était assuré, le consentement de l'Angleterre par un autre accord, la convention de 1904 qui établissait l' « Entente cordiale». Il n'avait rien fait pour s'assurer le consentement de l'Allemagne : négligence d'autant plus imprudente que la Russie, accaparée par sa funeste guerre avec le japon, ne pouvait à ce moment gêner en rien notre puissant voisin.

Les résultats de cette témérité ne tardèrent guère. L'empereur d'Allemagne fit à Tanger (31 mars 1905) un voyage gros de menaces pour la France. Rouvier, alors président du Conseil, justement effrayé des périls qu'une telle aventure pouvait nous faire courir, résolut de convoquer, avant d'aller plus loin, à Algésiras (janvier 1906), une conférence où toutes les grandes puissances seraient représentées, ce qui avait amené la démission de Delcassé. La Conférence, où presque toutes les grandes puissances, même l'Italie, redevenue l'amie de la France, s'étaient prononcées en faveur de celle-ci avait réglé, par un acte solennel, les conditions de l'intervention française au Maroc, accordant à la France et à l'Espagne un droit de police, au moyen d'officiers et de sous-officiers instructeurs que les deux pays fourniraient aux troupes marocaines, mais garantissant à toutes les nations une égalité absolue pour le commerce et l'exploitation des richesses naturelles et le régime économique du Maroc.

Bientôt, l'assassinat d'un Français, le Dr Mauchamp, à Marrakech (1907), puis de deux Européens à Casablanca, conduisirent la France à engager dans le grand Empire de l'Ouest africain des opérations militaires qui ne devaient pas cesser de s'étendre. On alla bombarder et prendre Casablanca. Sur ces entrefaites, le sultan. Abd et Aziz, qui avait traité avec les Français, vit son frère, Moulay Hafid, se révolter contre lui et se faire proclamer â sa place. La France ne défendit pas Abd et Aziz, et Moulay Hafid, pour faire reconnaître son autorité par l'Europe, accepta les traités conclus, y compris l'acte d'Algésiras. Mais Fès, la capitale de l'Empire, était en pleine insurrection. Le général Moinier marcha sur la ville avec des forces importantes et y entra sans coup férir. Mais la colonne de ravitaillement qui le suivait avec le colonel Gouraud fut attaquée et eut à soutenir de furieux combats (1911).

L'Allemagne se mit à susciter incident sur incident, chicane sur chicane, pour les opérations françaises au Maroc. C'étaient, en 1908, les incidents de Casablanca, à propos de l'arrestation, par les gendarmes, de déserteurs de la légion étrangère qu'un agent subalterne de l'ambassadeur d'Allemagne accompagnait et essayait de protéger. Il fallut recourir à un arbitrage que l'Allemagne n'accepta pas sans difficultés. L'affaire se termina en novembre par un compromis signé à Berlin. Le Maroc devint ainsi un protectorat de la France, puis une colonie, jusqu'à l'indépendance acquise en 1956
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Rabat : le mausolée de Mohammed V.
Le mausolée de Mohammed V, à Rabat. Il contient sa tombe, aisni que celles de ses
deux fils, le roi Hassan II et le prince Abdallah. Source : The World Factbook.


Michel Abitbol, Histoire du Maroc, Perrin 2009.

Oeuvre magistrale couvrant l'histoire du Maroc de l'Antiquité à nos jours, cette étude de Michel Abitbol jette une lumière toute neuve sur le passé de ce pays que des liens uniques, attachent à la France et à l'Europe. Analyses politiques, sociales, économiques et culturelles s'entremêlent dans cette immense fresque qui prend en compte toutes les composantes humaines qui font la richesse et l'originalité de la civilisation marocaine : berbères, arabes, juives et européennes. 

L'ouvrage de Michel Abitbol étudie avec le même sérieux et la même exigence des périodes lointaines comme l'époque romaine et les débuts de la conquête arabo-musulmane et celles plus proches comme l'ascension des Alaouites, l'établissement du Protectorat français (et espagnol) et l'accession à l'indépendance. Il analyse avec la même abondance de détails l'oeuvre et l'action de personnages devenus légendaires comme Moulay Idris, fondateur de Fès,''Almoravide Youssef B. Tashfin, bâtisseur de Marrakech, l'Almohade Abd al-Mu'min dont l'empire s'étendit de l'Andalousie à la Libye et Ahmad Al-Mansour, le conquérant de Tombouctou et du Soudan occidental. Ou encore Moulay Isma'il, contemporain de Louis XIV et ses arrières-arrières-petits-fils Mohammed V et Hassan II qui ont présidé aux destinées du royaume chérifien jusqu'à la fin du XXe siècle. 

Fruit d'un labeur de nombreuses années dans les bibliothèques et les collections d'archives de plusieurs pays, c'est une véritable " biographie " du Maroc, depuis sa naissance jusqu'à nos jours, que l'auteur nous livre aujourd'hui. Depuis les travaux de Charles-André Julien et Roger le Tourneau voilà 50 ans, c'est la seule étude qui soit aussi complète, aussi rigoureuse et aussi minutieuse. La multitude de faits relatés, sur la base de sources européennes et arabes, loin de nuire et d'alourdir apporte une note pittoresque et originale à ce tableau et contribue à laisser au Maroc la chaleur de ses couleurs, sa vie et par là même son authenticité historique. (couv.).

Carlos Freire, Amazigh, voyage dans le temps berbère, Hazan ,2006.
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Aucune intention ethnographique, philosophique ou sociologique dans ma démarche, déclare Carlos Freire au terme de ses 8500 kilomètres parcourus en terre berbère. 

« Un regard de passage. Lieux. Visages. Les berbères du Maroc étaient installés dans ce territoire avant l'arrivée des arabes. Ces gens des plateaux de l'Atlas, du Rif et du Moyen Atlas, sont nos contemporains. Leur vie, différente de la nôtre, dans le paysage magnifique qui encadre leur quotidien, existe dans un temps plus lent, plus contemplatif. Le point commun qui a permis nos rencontres a été la curiosité mutuelle autour de l'Autre, du visiteur dans leur cas, du maître de maison, dans le mien. 

Ce sont ces hommes et femmes des vallées et des montagnes du Maroc qui m'ont accordé généreusement et gracieusement un permis de regard pendant mes voyages dans le temps berbère.

Ce temps, c'est ce que nous proposons aux lecteurs de ce livre, avec mes photos, les poèmes traditionnels berbères et le texte de l'écrivain Driss Benzekri, lui-même d'origine berbère, et mon compagnon dans ce livre : un voyage dans un temps berbère tissé de rencontres et de regards en miroirs renversés.» (couv.).

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