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Djerba
[Histoire de l'île de Djerba]
Djerba est une île de la mer Méditerranée, située à l'Est de la Tunisie, au Sud du golfe de Gabès , et séparée de la terre ferme par un détroit qui, dans la partie occidentale, la plus profonde (3 à 17 m), n'a que 2500 m de largeur et est enjambé par une route; il en a presque le double dans sa partie occidentale, mais là le fond est obstrué d'îlots, d'écueils, de bancs de sable, et, à la marée basse, il y a un véritable gué, recouvert à peine de 60 cm d'eau, le trik el djemel ou chemin des chameaux; à quelques kilomètres de là. 
L'Ile de Djerba, dans l'Antiquité île des Lotophages ou Meninx major, apparaît avec le nom de Girba dans les documents du IIIe siècle de notre ère, et des ruines assez nombreuses témoignent de sa prospérité à cette époque. On peut ainsi noter les restes d'un pont romain qui reliait Djerba au continent. Au Moyen âge, elle fut fréquentée par les marchands italiens, provençaux et espagnols; ceux-ci la nommaient los Gelves. Les frères Barberousse s'y établirent vers 1510 et en firent leur port de refuge; aussi joua-t-elle un rôle mémorable dans les luttes entre les Turcs et les Espagnols; chez ceux-ci, l'île de Gelves rappelle de douloureux souvenirs, trois grandes défaites dont la dernière en 1560. Après cette dernière, les Turcs élevèrent une pyramide de crânes d'Espagnols, appelée le Bordj Rious, à Houmt es-Souk, qui n'a été détruite qu'en 1850. Les Français ont eu une garnison et un fort à Houm es-Souk.-
Carte de l'île de Djerba.
Carte de l'île de Djerba.

Djerba a une forme assez irrégulière, surtout sur sa rive méridionale, et a 32 km de l'Est à l'Ouest, et 30 du Nord au Sud; sa superficie est d'environ 64,000 hectares. 

L'île est plate et les quelques ondulations qu'on aperçoit çà et là s'élèvent à peine de quelques mètres au-dessus du niveau de la mer. Il n'y a pas de cours d'eau véritables; mais, après les pluies, le sol est sillonné par quelques ruisseaux temporaires.

Les terres sont surtout irriguées au moyen de l'eau des citernes et des puits ; elles sont d'une fertilité remarquable et cultivées avec le plus grand soin. L'île n'est qu'une succession de vergers plantés d'oliviers (les plus beaux de la Tunisie), de figuiers, d'abricotiers, d'amandiers, de grenadiers; des vignes donnent un vin doré analogue à ceux de quelques îles de la mer Egée; des bouquets de palmiers, qui se dressent çà et là, fournissent des fruits assez médiocres et du vin de palme. On sait que dans l'Antiquité l'île de Djerba était renommée comme la terre productrice du délicieux lotus (un jujubier ou suivant d'autres auteurs une espèce de prunier appelé damouche par les habitants de Djerba) et était appelée pour cela île des Lotophages.

Il y a longtemps que la richesse agricole de Djerba ne suffit pas à nourrir les habitants; avant que le dévelopemment du tourisme ne transforme les conditions économiques sur l'île, ceux du bord de la mer n'avaient pas d'autre recours que de s'adonner à la pêche du poisson, des éponges et des poulpes ;tandis beaucoup dans l'intérieur se son tournés vers la poterie blanche estimée ou le tissage des étoffes de soie, de lame, de coton, de longue date recherchées dans toute l'Afrique du Nord.

Les habitants parlent une langue berbère et autrefois écrivaient en caractères libyques.

Djerba est peuplée de 140 000 habitants. Les maisons sont réparties au milieu des jardins; certains points où elles sont agglomérées sont dénommées houmt ou quartiers. Houmt Souk (près de 45 000 habitants), au Nord de l'île, et Ajim (environ 25.000 habitants), au Sud, sont les deux seules villes de Djerba.

Des forts anciens, destinés à défendre l'île contre les Espagnols et les chevaliers de Malte, se dressent encore çà et là sur son pourtour, notamment dans la partie méridionale (Bordj el Marsa, Bordj Tabella, Bordj el Bab, Bordj el Kantara, etc.). 



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